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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 juin 2026 23 min

Canicule, climatisation, affaire Lyhanna... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. Dans un moment où la France étouffe, vous allez nous dire ce que vous proposez au RN pour adapter nos vies à ces vagues de chaleur. Mais d'abord Sébastien Chenu, vous citez désormais le GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, pour dénoncer l'impréparation du gouvernement. Vous dites en substance, les alertes étaient là, il fallait anticiper.

Alors entendre le RN reprocher au gouvernement de ne pas assez écouter les scientifiques du GIEC, alors que Marine Le Pen jugeait que ce même GIEC avait toujours été très alarmiste il n'y a pas si longtemps, ça manque pas de sel, non ? Qu'est-ce que ça signifie Sébastien Chenu ? Est-ce que vous avez évolué profondément sur l'environnement, sur le climat ?

0:48
Sébastien Chenu

Non mais vous savez que nous on a une philosophie qui est tournée vers le localisme, vers la démondialisation. Et cette philosophie-là, elle intègre évidemment le rapport au développement durable et aux modifications de température qu'on peut connaître. Le GIEC, moi je l'ai cité parce que je ne l'ai jamais remis en cause, vous ne trouverez pas de remise en cause des analyses du GIEC. En revanche là où on peut avoir des divergences, et c'est normal, c'est sur les propositions de sortie, ou en tous les cas les recommandations du GIEC. C'est bien sûr qu'ils exagèrent comme votre collègue Thomas Ménager, ils exagèrent parfois le GIEC ou pas.

Non mais il est revenu sur ses propos Thomas Ménager, mais il est revenu peut-être dix fois sur ses propos. Donc il est revenu d'ailleurs sur votre antenne, c'était dans cette maison-là.

1:29
Présentateur

Il a reconnu que c'était des bêtises, il dit oui il y a des bêtises qui ont pu être dites. Est-ce que vous dites la même chose aujourd'hui ? Vous vous rappelez que la députée Katiana Levavasseur avait dit, « Le GIEC est une catastrophe pour le moral déjà très bas des Français ». Elle avait dit ça. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu des bourdes, des maladresses ?

1:48
Sébastien Chenu

Dire une certaine forme de vérité, c'est parfois difficile. La vérité peut être compliquée à entendre, et nous on le sait, puisqu'on est souvent lanceurs d'alerte. Donc c'est vrai que lorsqu'on lit les recommandations, ou en tous les cas les analyses, puis les recommandations du GIEC, ça peut évidemment ne pas faire plaisir. Il ne faut pas les remettre en cause aujourd'hui, vous dites qu'on ne remet pas en cause que du GIEC. Les analyses, je ne les remets pas en cause. Je pense que le GIEC fait des analyses intéressantes. Sur les recommandations, je pense qu'on peut évoluer, et on peut débattre, parce que justement, ce gouvernement, à mon avis, a manqué sur plusieurs points.

Et c'est là où je pense que ça diverge peut-être avec nous. D'abord, ils n'ont eu aucune vision, aucune anticipation. Et on ne le voit pas simplement sur l'isolation, parce qu'on va parler de l'isolation. Évidemment, c'est ce qui intéresse beaucoup les Français. Mais par exemple, vous voyez, il y a eu 71 rames de trains intercités. Et hier, je crois encore, des rames de RER qui ont été arrêtées. Pourquoi ? Parce que les systèmes, justement, de climatisation ne fonctionnent pas. Ça veut dire qu'il y a eu un sous-investissement pendant des années dans le matériel roulant. Or, c'est à l'État de le faire.

Et là, on peut dire, sans qu'il y ait de polémique, que l'État n'a pas anticipé, évidemment, en achetant du matériel. matériel qui aurait été français, parce que je dois dire aussi que l'État, souvent, achetait du matériel espagnol. Il y a eu un déni collectif.

3:05
Présentateur

Et est-ce que vous vous rendez co-responsable de ce déni collectif ?

3:07
Sébastien Chenu

Non, on n'est pas aux affaires. Vous avez des propos, vous étiez responsable politique, vous étiez élu. Oui, je suis élu du Nord. Alstom fait du matériel pour les rames et les trains. Et le gouvernement est allé acheter du matériel en Espagne. Moi, j'aimerais aussi, ça fait partie de notre philosophie, qu'on fasse du patriotisme économique intelligent. Vous dites, est-ce que le déni, il est collectif ? Non, parce que nous, on n'est pas au gouvernement. Et moi, je veux bien qu'on conteste ce qu'on propose.

3:34
Présentateur

Mais vous êtes en responsabilité et vous prétendez accéder à la fonction suprême.

3:37
Sébastien Chenu

On n'est pas encore en responsabilité, selon le terme, malheureusement. Mais, en revanche, je vous dis quelque chose d'intéressant. Vous dites, en responsabilité. Il y a quelqu'un qui est en responsabilité, que je n'ai jamais vu à l'Assemblée nationale. C'est la ministre de l'Écologie et du Développement Durable, Mme Barbu. Et hier, voyez-vous, je crois que dans son agenda public... Vous n'exagirez pas, ils n'ont jamais à l'Assemblée nationale. Non. Vous ne l'avez jamais vu. Je l'ai vu une fois. Voilà. Elle a pris la parole une fois, en un an. alors que c'est un sujet soi-disant extrêmement important que l'écologie...

Et je crois qu'hier même, dans son agenda public, il était écrit qu'elle était à l'Assemblée nationale pour les questions au gouvernement. Elle n'était pas là. Et c'est un sous-ministre, je ne sais plus lequel, qui répond à sa place. La ministre de l'Écologie n'est jamais là pour représenter son portefeuille mystériel et répondre à la représentation nationale. Ça pose un problème. Elle est sur France Inter ce matin. Oui, c'est la première fois, je crois, qu'elle fait un média de cette ampleur depuis qu'elle est ministre. Parce que je pense que la pression est trop lourde. Mais Sébastien Lecournier, le Premier ministre, a fait des réunions. Le Premier ministre a pris ce dossier en main.

Non, mais il n'y a personne à la barre. Si vous voulez, ils n'ont pas de vision. Ils n'ont pas investi. Il y a une ministre qui est absente. Et il y a une idéologie anticlim qui, moi, m'interpelle. Je veux dire, ces gens-là... Pourquoi je dis une vision anticlim ? Parce que, dans leur programme, le fameux fond vert. La climatisation, pardon, en était totalement exclue. Pire pour des maires qui demandaient... Moi, je suis allé dans une école de ma circonscription la semaine dernière à Wavre-Champs ou Denain, où les élèves, évidemment, se posaient la question et les enseignants de savoir s'ils allaient pouvoir continuer à travailler dans des chaleurs pareilles.

Eh bien, si un maire veut utiliser un fond vert pour rénover son école avec de la climatisation dedans, il ne peut pas. Justement, cette subvention lui sera refusée s'il y a de la climatisation. C'est-à-dire que le fait d'être anticlim, anticlimatisation, que ce gouvernement ait finalement, quelque part, se soit mis sous la tutelle de la gauche, l'extrême-gauche, et eux, qui sont souvent anticlimatisation...

5:32
Présentateur

C'est du dogmatisme, c'est de l'idéologie. Mais alors, qu'est-ce que vous proposez ? C'est quoi, votre plan clim ? Parce que ça fait depuis un an que Marine Le Pen en parle et on a l'impression que vous êtes en train de le construire au jour le jour en ce moment.

5:42
Sébastien Chenu

En quoi il consiste ? Je veux dire, ils sont anticlim, enfin, sauf pour eux. Dans leur bureau, ils ont tous la clim. Vous pouvez regarder... Tous ceux qui nous disent qu'il ne faut pas de clim pour les Français, ils ont la clim dans leur bureau.

5:54
Invité

Vous voulez 40 millions de clim, 20 millions pour les particuliers ?

5:57
Sébastien Chenu

J'y viens, j'y viens. Et les écoles ? J'y viens. Carabino, c'est beaucoup. Non mais j'y viens. Pourquoi la climatisation ? D'abord parce que... Et là, je me réfère par exemple au propos du professeur Juvin, qui n'est pas de ma famille politique, mais qui dit qu'effectivement, et qui nous donne, qui tue sur ces propositions liées à la climatisation, qui dit qu'on a raison, la climatisation empêcherait, je crois, jusqu'à 47% des décès liés à la chaleur. Donc ça a un intérêt humain. Et puis de l'autre côté, c'est un intérêt sur la productivité.

C'est-à-dire que ça coûte très cher aujourd'hui, le fait d'avoir des pics de chaleur, dans lesquels les Français arrêtent de travailler, adaptent leurs horaires, ça fait baisser la productivité du pays. Donc un coût humain, un coût économique. Donc il faut la clim. Vous entendez aussi les arguments de certains scientifiques qui disent que, notamment dans les villes, ça va réchauffer l'air extérieur de cette ville. Alors j'entends, mais j'ai lu aussi une analyse que je trouvais intéressante.

Si on climatisait l'ensemble de l'île de France, tous les bâtiments publics, tous les bâtiments industriels, etc., eh bien la température sur la ville de Paris augmenterait d'un demi-degré, mais sauverait un nombre de vies incroyable. Donc vous voyez, le débat, on peut le tenir, on peut l'avoir, mais on ne peut pas commencer en disant non à la clim. Moi je pense que la climatisation, ce n'est pas politique d'ailleurs ce que je dis. Je ne cherche pas à enfoncer un coin. La clim, elle n'est pas de droite, elle n'est pas de gauche. J'essaie de trouver une solution.

7:13
Présentateur

Ça plaît aux Français dans une période de canicule de dire qu'il suffit de tout climatiser et c'est facile. Comment vous faites concrètement ? Parce que peut-être que si c'était si simple, ce serait déjà fait.

7:21
Sébastien Chenu

J'y viens, mais vous voyez, ce que je veux dire, c'est que dans notre démarche, c'est du pragmatisme. Nous, on essaie de trouver une solution qui soulage les Français. Pas une solution idéologique, pas une solution marquée. Mais concrètement, comment vous faites,

7:35
Présentateur

Sébastien Chenet ?

7:36
Sébastien Chenu

Nous, on a un grand plan qui s'appelle le plan 100% Rénov' que Marine Le Pen a déjà présenté. Ce plan, ce serait de climatiser évidemment l'ensemble des bâtiments publics de notre pays. Les EHPAD, les écoles, les bâtiments qui reçoivent du public. Ça ne se fait pas en six mois. Ça ne se fait pas avec un coup de baguette magique et ça ne se fait pas sans rien non plus. Ça fait combien de climatiseurs ? Alors, ce n'est pas que des climatiseurs. Moi, j'ai regardé le rapport Pisani. En réalité, il dit avec un fonds de climatisation, un fonds de climatisation qui permettrait d'isoler et d'adapter.

Alors, ce n'est pas pareil que si c'est un logement pour des particuliers qui ont besoin d'un climatiseur ou si c'est effectivement un EHPAD ou si c'est effectivement un hôpital puisque je vous rappelle qu'il y a des hôpitaux et là aussi, idéologie, attention, danger, il y a un hôpital entre Nantes et Saint-Nazaire qui vient d'être construit sans climatisation. Enfin, au secours. Et donc, ce rapport Pisani-Fieri dit il faut 20 milliards d'euros déjà dans ce fonds. 20 milliards, c'est tout compris sur privés publics.

8:27
Présentateur

20 milliards pour les privés publics, c'est ce que dit Jean-Philippe Tanguy. Mais Jean-Philippe Tanguy, votre collègue au RN, il estime aussi que le coût de l'installation d'un climatiseur, c'est entre 1 000 et 5 000 euros. Si on prend la fourchette basse de ce que dit Jean-Philippe Tanguy, disons environ 1 500 euros multipliés par 40 millions, ça fait 60 milliards. Ça ne fait pas 20 milliards d'euros. Et d'ailleurs, Jean-François Copé, il dit que votre programme, il estime à 50 milliards. Comment vous faites pour en arriver à...

8:53
Sébastien Chenu

Il ne s'agit pas de mettre, par exemple, un simple climatiseur dans un EHPAD. Chez un particulier, vous pouvez faire justement du prêt à taux zéro, aider les Français avec des prêts pour qu'ils s'équipent avec un climatiseur. Ce n'est pas la même chose lorsqu'il faut équiper un bâtiment public. Et là, lorsqu'il faut équiper un bâtiment public... Donc 20 milliards, c'est juste pour les bâtiments publics ? Non, 20 milliards d'euros, c'est chauffage, isolation. C'est le fonds Pisani tel qu'il a été mis pour adapter l'ensemble des bâtiments à des critères d'isolation et de climatisation qui paraissent acceptables. Sur ces 20 milliards d'euros, vous n'avez pas exactement...

Vous n'avez pas les mêmes démarches selon que ce soit le privé ou le public. Nous, on considère qu'il y a, d'un côté, des prêt à taux zéro qui permettent aux Français de s'équiper et de l'autre côté, de la ressource à mobiliser. Moi, j'ai trouvé, vous ne trouvez pas moi, le Rassemblement National, Jean-Philippe, nos députés ont trouvé de la ressource. Parce que si vous dites 20 milliards d'euros, par exemple, sur trois ans, c'est jusqu'à 2030, ça fait à peu près 6 milliards et demi par an.

Eh bien, regardez, s'il faut mobiliser de l'argent, vous avez 3 milliards d'euros qui sont les gains de la fameuse journée de solidarité qui a été imposée, je crois, en 2004, c'était sous Jean-Pierre Raffarin. Ça rapporte 3 milliards d'euros. Vous avez... Ce sont des affectés. Vous avez... Non, mais faire de la politique, c'est choisir des affectations budgétaires. Nous, on choisirait de les affecter. Il faut regarder la façon dont tout ça se construit, mais c'est là...

10:13
Présentateur

Vous ne savez pas sur quoi vous prenez l'argent ? En tout cas, vous dites là, il y a 3 milliards.

10:16
Sébastien Chenu

Je viens de vous dire sur quoi on pouvait prendre l'argent. Et pour le reste, pour les 17 milliards, à minimum ? Non, mais vous divisez ça sur trois ans. Je vous dis, ça fait 6 milliards d'euros, 6 milliards et demi sur trois ans. Et vous regardez, l'ADEME, c'est 1,2 milliard de mémoire. Vous avez déjà à peu près 4 milliards et demi de trouvés.

10:30
Présentateur

L'ADEME, vous l'avez déjà affectée à autre chose dans votre programme, il me semble, non ?

10:33
Sébastien Chenu

Non, non, non, pas du tout. Non, non, non, au contraire. C'est parce que vous l'utilisez pour baisser l'âge de départ à la retraite ? Non, non, non, pas du tout, pas du tout. Au contraire, pas du tout.

10:39
Présentateur

Parce que vous nous parlez tout le temps de l'ADEME quand on vous demande où vous trouvez l'argent dans votre programme. Ah non, pas du tout. Ah si, vous en parlez souvent de l'ADEME.

10:43
Sébastien Chenu

Non, on parle par exemple de l'office de la biodiversité, on vous parle des conseils économiques et sociaux, on vous parle de beaucoup d'agences, il y a beaucoup de l'argent. Quand on veut faire des choix budgétaires, on trouve la ressource budgétaire. Et ces choix, c'est aussi ce qu'on attend d'hommes et de femmes politiques, qu'ils fassent des choix avec des conséquences pour les Français. Ben voyons, on ne va pas faire les mêmes choix, on ne va pas avoir les mêmes objectifs, et ça n'aura pas les mêmes conséquences pour les Français.

11:16
Invité

Hier était donc la journée la plus chaude de l'histoire de France, il fait encore très très très chaud partout en France aujourd'hui, tout le monde pense à son climatisation. Est-ce que vous avez fait une étude sérieuse sur l'impact sur la consommation électrique ? Parce qu'on sait que c'est le pire pour les centrales, c'est-à-dire que tout le monde aura besoin au même moment de climatiser. Est-ce que vous avez vraiment fait des études là-dessus ?

11:33
Sébastien Chenu

Je n'ai pas les moyens de faire l'étude que vous me demandez. Vous avez un plan de climatisation, donc vous avez forcément dû y penser. Permettez, moi j'adorerais pouvoir faire toutes les études et demander à l'appareil d'État de nous aider. Moi je me nourris d'un certain nombre de rapports, je vous ai présenté, je vous ai parlé du rapport Pisani, qui est un rapport public. Je n'ai pas moi-même fait d'études, nous n'avons pas le Rassemblement d'Ancien. C'est une question importante que je vous pose. De faire des études.

Mais sur la production électrique française, nous on considère qu'il y a eu des investissements qui n'ont pas été faits parce qu'il y a eu des investissements qui ont été faits par exemple sur l'éolien, sur de l'intermittence. Et nous, nous considérons qu'effectivement, là, ce n'est pas les bons choix qui ont été faits.

12:10
Présentateur

Avec Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée députée du Nord. Paul, on parle de Liana après le meurtre de Liana. Un rapport de l'Inspection Générale de la Justice et de la Gendarmerie a mis en lumière de graves défaillances.

12:30
Invité

Avec un document qui relance la question des moyens et du fonctionnement de la chaîne judiciaire, vous demandez, M. Chenu, davantage de magistrats, davantage d'enquêteurs, davantage de places de prison, comment vous financez tout cela ?

12:41
Sébastien Chenu

Vous savez, ce sont des logiques budgétaires qui seront différentes si nous arrivons au pouvoir. Ce qu'on voit en la matière, c'est une longue dérive. Une longue dérive de notre appareil judiciaire. Des carences et des défaillances. Elles n'ont pas toutes les mêmes origines. Des carences parce qu'il n'y a pas eu assez d'investissement. Et quand on parle de places de prison, nous, effectivement, on considère que c'est très important de conserver des places de prison. Emmanuel Macron en avait promis, je crois, 15 000 et il en aura construit 3 500. Un établissement pénitentiaire, en moyenne, ça dépend du type d'établissement pénitentiaire, c'est 100 millions d'euros.

Voyez-vous, si nous fermons ce que nous souhaitons, le Conseil économique, social, environnemental, ainsi que ceux qui sont en région, vous pouvez en 5 ans faire 2 prisons déjà. Donc vous voyez, quand on mobilise la ressource publique différemment, on peut remplir des objectifs différents et atteindre des objectifs différents. Vous me dites, où est-ce que vous trouvez l'argent ? Je vous dis, en fermant un certain nombre de structures qui coûtent beaucoup d'argent français, qui n'ont aucune utilité, vous pouvez, de l'autre côté, construire des prisons. Vous voulez augmenter le budget global de la justice ?

13:45
Invité

Il a déjà considérablement augmenté pendant la décennie, Macron.

13:47
Sébastien Chenu

Oui, il a augmenté, mais pas forcément, uniquement dans les bonnes directions.

13:54
Présentateur

Il est de 10,7 milliards d'euros aujourd'hui. Et puis, à combien vous le portez ?

13:58
Sébastien Chenu

Je ne vais pas vous donner un chiffre, mais simplement parce que si vous considérez qu'il faut 80 000 places de prison, ça dépend du nombre d'établissements bancaires. Combien faut-il de greffiers en plus ? Il faut, de toute façon, ça se fait sur 5 ans, il faut considérablement augmenter le budget de la justice.

14:12
Présentateur

Mais votre programme n'est pas prêt, Sébastien Chonu ?

14:14
Sébastien Chenu

Si, mais on est en train de le détailler. Budgétairement, on est en train de l'affiner. Parce qu'un programme, on ne va pas vous dupliquer le programme de 2022 en 2022. Je viens de vous expliquer que, par exemple, un établissement pénitentiaire, c'est en moyenne 100 millions d'euros. Donc, combien faut-il d'établissements pénitentiaires ? De quel type ? Moi, je veux bien qu'on devienne immédiatement les experts à devoir vous annoncer immédiatement le coût du nombre de places de prison exactement à la virgule près. Je ne l'ai pas, je vous dis simplement un établissement pénitentiaire, c'est 100 millions d'euros.

Je vous dis, par exemple, l'enferment, je l'aurai dit, le Conseil économique et social, sur 5 ans, ça permet d'en faire 2. Mais il y a aussi des carences. D'un côté, vous avez les moyens, donc trouver de la ressource pour donner des moyens à la justice, mais aussi, pas uniquement, d'ailleurs, des places de prison, parce qu'on a l'impression qu'on s'enferme aussi dans un débat qui serait celui de construction de places de prison. Pas seulement. Moi, je suis fils d'une greffière. J'allais dire, le monde de la justice, c'est aussi des agents administratifs, c'est aussi des greffiers.

Et on l'a vu dans la problématique administrative, je ne parle pas de la carence judiciaire, de la défaillance absolue de l'IANA, mais on voit dans des problématiques administratives que souvent, les dossiers sont empilés et ne trouvent pas, ou n'arrivent pas au bureau d'ordre et ne trouvent pas leur vitesse de croisière adéquate, parce qu'on manque de greffiers, notamment. Mais il y a aussi des carences, parce que c'est un enjeu de civilisation, sur les peines. Et ça, c'est aussi quelque chose qui n'a pas évolué. Et vous voulez faire évoluer la loi.

Et là encore, je dois dire que quand vous avez un ministre de la justice, c'était Éric Dupond-Moretti, dont la logique était le classement sans suite. une logique assumée. Désengorgeait les tribunaux par le classement sans suite.

15:54
Présentateur

Il faisait exprès de demander de classer sans suite les affaires ?

15:56
Sébastien Chenu

Oui, c'était sa logique. Et bien là, je vais vous dire, non, non, ça a été sa logique. Et bien là, vous éloignez la victime du centre de la problématique. Moi, je pense qu'il faut remettre la victime, les victimes, au centre de la problématique.

16:10
Présentateur

Et justement, Sébastien Chenu, une loi dite intégrale va être examinée en septembre, a annoncé le Premier ministre hier. Intégrale parce que c'est une loi globale qui a vocation à traiter de tous les domaines concernés par les violences sexistes et sexuelles, la justice, la police, la santé, l'éducation, le travail, l'enfance. Est-ce que le RN votera cette loi ?

16:29
Sébastien Chenu

On va regarder ce qu'il y a dedans. Moi, je ne suis pas fermé à ça. Mais un, tous les spécialistes nous disent qu'elle n'aurait rien changé aux problématiques que nous connaissons aujourd'hui, diverses et variées et gravissimes, notamment de pédocriminalité. Beaucoup disent que ça n'aurait rien changé. En tous les cas, sur l'affaire Liana, sur le scandale de l'affaire Liana, ça n'aurait rien changé. Ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas la regarder et pas la voter.

Je note quand même, j'ai une petite réserve dans ce que j'ai cru voir, mais tout ça peut bouger dans cette loi intégrale, c'est que les rédacteurs font beaucoup porter la responsabilité, et je peux l'entendre, sur les familles ou sur les hommes. J'entends que les problématiques de pédocriminalité souvent sont dans les familles et sont dans une immense majorité le fait d'hommes. Attention, moi je pense qu'il faut embarquer tout le monde dans ce sujet, dans cet enjeu de civilisation qui est la lutte, la protection de l'enfance. C'est-à-dire qu'il ne faut pas, d'un côté, faire peser sur les hommes une responsabilité qui n'est pas la leur.

On a besoin des hommes pour protéger les enfants, on a besoin des familles pour protéger les enfants. Je ne voudrais pas qu'à la fin, on dise simplement, c'est les hommes et les familles qui sont problématiques, et l'État qui est la solution. Il faut embarquer tout le monde dans la protection de l'enfance.

17:39
Présentateur

Sébastien Chaudion, on parlait d'écologie tout à l'heure. Ça va coûter de l'argent, votre plan clim, pour la justice aussi, ça va coûter de l'argent. Et aussi, sur le fond, la philosophie du Rassemblement National. Donc aujourd'hui, vous proposez la climatisation, mais qu'est-ce que vous proposez dans votre programme pour lutter contre le réchauffement climatique ? On sait que votre mesure phare, c'est la baisse de la TVA, notamment sur les carburants. Est-ce que c'est dans l'ordre des choses ? Est-ce que, vous avez vu, il fait 40 degrés dehors, vous maintenez cette mesure, subventionnez le carburant ?

18:08
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr, c'est encore autre chose. Nous, notre logique, c'est celle d'une hostilité au libre-échange et à la mondialisation telle que nous la connaissons aujourd'hui. C'est-à-dire qu'effectivement, importer des produits qui viennent du bout du monde, ça a un coût très fort en matière de dérèglement climatique et de développement durable. Eh bien, nous, nous souhaitons, effectivement, par le localisme, par la proximité, par l'industrie de proximité, par le patriotisme économique, changer de logique. Oui, nous changerons de logique.

18:35
Présentateur

Vous avez voté, il y a quelques jours, un moratoire sur tous les nouveaux projets éoliens et solaires. Donc, ça veut dire que vous allez importer de l'énergie du bout du monde ?

18:46
Sébastien Chenu

Parce que l'éolien... L'éolien, on le produit en France ? Et le solaire aussi ? L'éolien, en particulier, est une énergie intermittente. Ça veut dire que, quand il n'y a pas de vent, c'est une lapalisette que de le dire. Ça ne fonctionne pas. C'est une énergie qui coûte beaucoup, qui est très subventionnée et pas du tout à la hauteur des enjeux de demain. Il faut évidemment continuer à aller vers le nucléaire, vers le développement du nucléaire.

19:06
Présentateur

Sébastien Chenu, Jordan Bardella a été critiqué pour avoir été aperçu au Grand Prix de Monaco avec Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles le jour de la marche blanche pour Liana. Pour se justifier, il a eu cette réponse des marches blanches, il y en a tous les jours. Une réponse qui a fait réagir Gabriel Attal, ancien Premier ministre, qui était à votre place il y a quelques jours sur France Info.

19:25
Invité

Vous savez, ce qui m'a le plus interpellé et heurté dans tout ça, c'est plutôt la réaction quand la question lui a été posée et qu'il a répondu non mais des marches blanches il y en a tous les jours. Comme si c'était quelque chose de banal, ce qui s'est passé avec Liana qui a été tuée. Je trouve qu'il y avait une forme de désinvolture sur ce sujet-là. Ça mérite quand même un peu plus de sérieux quand on en parle.

19:42
Présentateur

Est-ce que c'est de la désinvolture comme dit Gabriel Attal ? Est-ce que vous, vous avez compris la réponse de Jordan Bardella ?

19:47
Sébastien Chenu

Non mais est-ce que ce n'est pas un peu minable qu'un ancien Premier ministre en soit là ? Il va s'en remettre que Jordan Bardella soit allé au Grand Prix de Formule 1 de Monaco ? C'est plutôt la réaction justement qui critique.

19:57
Invité

Vous-même vous expliquez qu'il y a eu un avant et après Liana. Vous-même vous dites ça donc ce n'est pas une marche blanche comme une autre. Il y a eu un avant et un après Liana. Gabriel Attal ne critique pas le fait qu'il est au Grand Prix de Monaco.

20:04
Présentateur

Il dit que des marches blanches il y en a tous les jours. Cette phrase Sébastien Chenu. Est-ce que Marine Le Pen interrogée, elle aurait dit des marches blanches il y en a tous les jours ?

20:13
Sébastien Chenu

Mais j'en sais rien. Chacun réagit.

20:14
Présentateur

Vous ne savez pas vraiment ?

20:14
Sébastien Chenu

Non mais je ne sais pas chacun réagit avec son émotion sur le moment. Jordan Bardella ne sous-estime pas le traumatisme parce que moi je pense qu'il y a eu un traumatisme dans le pays lié à cette affaire ce scandale horrible de Liana. Je pense qu'il ne le sous-estime pas du tout. Maintenant, essayez d'en faire un objet de polémique matin, midi et soir sincèrement. Je veux dire la vraie polémique c'est que Gérald Darmanin soit toujours garde des Sceaux et toujours de la justice. Au bout d'un moment il faut mettre les choses au niveau qu'elles doivent être mises. Que Gérald Darmanin soit toujours garde des Sceaux avec des défaillances, des carences et qu'il fasse demain sauter un lampiste.

20:48
Présentateur

Vous auriez dit des marches blanches il y en a tous les jours Sébastien Chaudet ?

20:51
Sébastien Chenu

Mais peut-être j'aurais dit autre chose. Il se trouve que je n'ai pas dit ça mais j'aurais pu peut-être dire qu'il y a un malaise

20:55
Présentateur

au sein du RM. Plusieurs articles de presse ont rapporté qu'il y avait un malaise.

20:59
Sébastien Chenu

Non mais je trouve qu'on essaye de faire déplacer sur une expression de Jordan Bardella un scandale qui est celui d'un système judiciaire totalement défaillant totalement carencé et est un ministre de la Justice qui va faire sauter quelques lampistes pour préserver ses fonctions. Il était à votre place hier vous demandez toujours sa démission parce que Marine Le Pen a changé d'avis là-dessus. Il serait remplacé par quelqu'un qui serait probablement de la même couleur politique que lui mais s'il avait un peu de grandeur s'il était l'homme politique qu'il dit être Gérald Darmanin et bien il aurait remis sa démission évidemment.

21:32
Présentateur

La question qui fait une bolette Sébastien Chenu Laurent Jacobelli votre collègue du RN a beaucoup fait réagir en disant à votre place il y a quelques jours que si les français demandaient un référendum sur la peine de mort et que son rétablissement était approuvé votre parti respecterait la volonté populaire pourtant Marine Le Pen en 2022 disait que c'était inconstitutionnel alors c'est la ligne de votre parti aujourd'hui vous avez encore changé ?

21:55
Sébastien Chenu

Non non non la ligne de Marine Le Pen c'est toujours la même d'abord ce serait très compliqué il faudrait changer énormément de choses sortir d'un certain nombre de traités donc ce n'est pas techniquement possible vous parlez à quelqu'un moi qui suis abolitionniste en plus Mais donc c'était une boulette

22:08
Présentateur

de la part de Laurent Jacobelli ?

22:10
Sébastien Chenu

Non je pense que ce que voulait dire Laurent Jacobelli c'est qu'il faut toujours entendre la volonté populaire mais Marine Le Pen avait indiqué c'était une boulette ou pas ? Comment ? C'était une boulette ou pas ? Non ce n'est pas une boulette c'est une expression qui veut dire il faut entendre la volonté populaire

22:23
Présentateur

Non il n'a pas dit ça il a dit si les français disent qu'il faut rétablir

22:26
Sébastien Chenu

la peine de mort à ce moment là

22:28
Présentateur

on respectera leur volonté

22:29
Sébastien Chenu

Ce n'est pas dans notre programme que de rétablir la peine de mort

22:32
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut respecter la volonté populaire mais si les français demandent quelque chose avec lequel vous êtes fondamentalement en désaccord à ce moment là vous ne respectez pas la volonté populaire Non ça veut dire

22:39
Sébastien Chenu

que lorsque ce n'est pas possible et lorsqu'il faut faire évoluer constitutionnellement les choses ou à travers un certain nombre de traités et qu'on ne peut pas le faire et bien on ne peut pas le faire Donc ce débat ne mérite pas d'être posé pour vous Non ce n'est pas un débat qui mérite aujourd'hui d'être posé Moi j'entends en revanche j'entends ce que disent les français je ne suis pas sourd j'entends ce que disent beaucoup d'habitants de français qui disent il faudrait la peine de mort pour des gens pareils tellement l'horreur du crime saute aux yeux de tout le monde Ce qu'il faut c'est une perpétuité réelle c'est que ces gens ne ressortent pas car s'il y avait une perpétuité réelle il n'y aurait pas ce débat ou en tous les cas cette expression populaire qui dit il faut revenir à la peine de mort Si on était sûr et des malades ne ressortent pas alors ce débat n'aurait pas lieu de s'ouvrir

23:19
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info Merci Paul A demain