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videoyoutube.com· 11 juillet 2026

Marie-Pierre Vedrenne : “On a tiré les leçons du passé“

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

24 départements rouges, 22,2 millions d'habitants au niveau maximal de vigilance, une troisième canicule en deux mois, au moins 2000 décès en excès lors de l'épisode de juin et un gouvernement accusé d'avoir réagi trop tard. Le nouveau plan hors sec doit donc être expliqué mais aussi éprouvé. Est-il opérationnel et suffisamment dimensionné ?

On en parle avec notre invitée Marie-Pierre Védrenne. Bonjour, vous êtes ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur. Alors, le gouvernement présente ce plan hors sec, chaleurs extrêmes, comme un dispositif inédit.

Qu'est-ce qui change aujourd'hui pour une personne vulnérable par rapport aux canicules précédentes, très concrètement ? Nous avons effectivement tiré le leçon des canicules précédentes et nous voulons, à travers ce plan hors sec, anticiper. Ce plan hors sec, c'est quoi ?

C'est l'objectif, effectivement, de sauver des vies, comme vous l'avez présenté dans vos différents reportages. Hors sec, ça veut dire quoi ? C'est l'organisation de la réponse de la sécurité civile.

On le voit, on a un système hospitalier qui peut être sous pression, mais qui tient, justement. Et l'objectif, c'est d'intervenir en amont avec, justement, tous les acteurs de la sécurité civile. Ce plan, il s'adresse à destination des préfets.

Ça vise à coordonner, justement, et à déployer sur de nombreux sujets notre doctrine, en quelque sorte, d'un point de vue opérationnel. C'est donc plein de fiches, en quelque sorte, sur différentes thématiques. Mais la logique prioritaire qui anime ce plan hors sec, c'est, effectivement, d'identifier les personnes en situation de vulnérabilité, afin de les protéger, pour, justement, éviter cette pression opérationnelle aussi derrière.

Donc, ça passe, notamment, vous avez votre reportage précédemment sur identifier aussi des salles qui peuvent être, justement, plus climatisées, qui peuvent être de meilleur confort que des logements. Mais ça passe, véritablement, par l'identification des personnes en situation de vulnérabilité. Et vous avez raison de rappeler que ce plan, il est inédit, parce que nous faisons face, aussi, à une vague de chaleur qui s'étend dans sa durée, qui est intense, qui dure.

Donc, l'identification pour prévenir, pour anticiper et sauver des vies. Alors, on va entrer un peu, après, dans le détail. Mais, vous le disiez, on le sait, canicule en juin 2025.

Là, mai, juin, juillet, il n'y avait pas moyen de déclencher ce plan chaleur extrême un peu plus avant, parce que le mot chaleur extrême, ça fait des années qu'on le vit, et encore plus intensément et plus précocement sur les deux années consécutives. Donc, il n'y avait pas moyen de le lancer plus tôt, parce qu'on vous reproche, je prends un exemple, le président de l'association des directeurs au service des personnes âgées, il dit, tant mieux, bravo pour l'intention, mais c'est peut-être tardif et qu'on n'a pas assez prévenu ce genre de canicule. En amont, il y a eu un travail, et d'ailleurs, je tiens d'abord et avant tout à saluer tous les opérateurs de sécurité civile, aussi les associations agréées, les élus locaux.

Là, l'objectif...

Les associations qui disent qu'elles n'ont pas forcément les bras pour mettre ce plan sec en neuf. L'objectif est justement de mieux identifier pour pouvoir justement répondre à ces situations de vulnérabilité. C'est quoi la logique, justement, derrière ?

C'est une logique d'aller vers, et d'aller vers qui va être renforcée et de sortir d'eux. C'est-à-dire que quand on a vu qu'il y avait beaucoup de morts à domicile. Exactement.

Ça répond à ces objectifs-là. En fait, malheureusement, chaque période de canicule a aussi eu des effets différents, a eu des conséquences différentes. Donc là, on a tiré les leçons du passé, et on s'adapte aussi à cette nouvelle réalité.

Vous avez raison de souligner qu'on voit malheureusement, et spécifiquement, notamment aussi en Ile-de-France, de très nombreuses personnes qui vivent seules, qui ne sont pas souvent identifiées. Donc là, ça vise justement cette coordination et ce volet très opérationnel pour éviter justement tous ces drames. Ajouter des noms à une liste, c'est bien, mais ça ne suffit pas.

Qui va les appeler ces personnes, leur rendre visite, vérifier qu'elles vont bien ? Annoncer un plan hors sec, OK, mais quel moyen humain, quel moyen financier, matériel derrière, sachant qu'on sait qu'on est dans un pays en dette et qui cherche à faire des économies ? On est effectivement dans un pays qui a la nécessité de travailler à la réduction de sa dette, mais on est, avec ce plan hors sec, dans un pays qui vise justement à protéger et à sauver des vies.

Je crois que là-dessus, on est aussi très très clair. Comment les choses se passent ? Moi, j'étais par exemple avec mon collègue hier, Mathieu Lefebvre, avec des maires, et on parlait du déploiement du plan hors sec.

Ils évoquaient que, par exemple, ils ont pris dans cette logique-là aussi une décision en conseil municipal pour créer une réserve citoyenne. On a en fait des listings, notamment dans les mairies, de personnes qui sont en situation, par exemple, de solitude ou de vulnérabilité. Donc c'est une réserve de citoyens qui va pouvoir appeler.

Et nous, ensuite, après, donner et transmettre les informations, notamment à tous les opérateurs de sécurité civile, dans cette logique d'aller vers. Le plan hors sec, c'est ça, c'est l'évolution, c'est le aller vers, aller vers renforcer, et la nécessité, s'il faut, de sortir les personnes de leur domicile pour les mettre dans des lieux plus. Mais je reviens à ma question, qui fait le chèque pour ça ?

Je reprends l'exemple des 30 000 climatiseurs d'appoint promis. On a deux chiffres aujourd'hui. Ils sont ! 6 000 installés, 7 500 livrés.

Il y en a combien en service ? Parce qu'entre 6 000, 7 500 et 30 000, il y a un gap. La ministre de la Santé, effectivement, mène ce travail très conscienceusement, justement, aussi avec tous les services hospitaliers, de bien d'identifier où ils doivent être mis prioritairement.

Donc oui, il y a tout le travail d'approvisionnement qui est fait, les travail aussi avec tous les opérateurs, identifier aussi où sont tous ces climatiseurs pour pouvoir les dispatcher. Donc c'est un travail vraiment très minutieux qui est fait avec tous les acteurs. On le voit bien.

La logique, c'est aussi qu'il n'y ait aucun maillon de la chaîne qui manque pour pouvoir justement répondre à cette pression opérationnelle. C'est ça qu'on fait. C'est toute cette logique qui nous permet justement de déployer, après sur le terrain, de manière très opérationnelle et très concrète, cette réponse à la fois la diffusion des climatiseurs, à la fois l'identification des salles justement qui puissaient être utilisées comme des lieux de rafraîchissement.

Parce que c'est vrai que dans le passé, en tout cas, il n'y a pas toute la classification de toutes ces salles qui ont été faites. Parce que là aussi, on a déployé des dispositifs avec le fond vert, avec beaucoup de choses. Ces salles, ces lieux, ils ont évolué.

Donc il faut pouvoir compiler toutes ces informations pour ensuite pouvoir déployer. Un chiffre qui occupe toujours l'esprit des politiques, c'est les 15 000 morts en surmortalité de la canicule de 2003, avec, vous vous en souvenez sûrement, ce cimetière des indigents d'une centaine de personnes que personne n'a voulu reconnaître. Et on a donc dû les enterrer là-bas.

Ce problème de la mort à domicile, est-ce qu'on n'a pas oublié que la solidarité, c'était aussi un axe gouvernemental, un axe politique, et qu'il a été oublié qu'aujourd'hui, le Premier ministre l'a dit lundi, en se défendant d'une action climatique, il a rappelé que le pouvoir ne pouvait pas tout et que cette solidarité-là appelait à la responsabilité individuelle. Pour autant, la solidarité, c'est aussi des moyens à donner aux associations. Et certaines associations se plaignent en disant, on nous a enlevé, alors pas ce gouvernement-là en particulier, mais au fil du temps, on nous a enlevé des moyens.

Est-ce qu'on ne le paye pas aujourd'hui en voyant ces personnes seules, vulnérables, isolées, mourir de chaud ? On meurt de chaud encore aujourd'hui en France. Je pense que le Premier ministre a tout à fait raison de rappeler la nécessité de solidarité, d'intérêt aussi finalement que nous devons avoir, bien évidemment à nos familles, à nos voisins.

Un coup de fil, justement, ça peut sauver réellement une vie. Et là, je ne crois pas que ça soit non plus que des moyens financiers. C'est justement l'intérêt...

C'est un projet politique, passer un coup de fil à son voisin ? Mais je pense que oui, s'intéresser aux uns et aux autres, c'est une vision politique, c'est une nécessité que nous devons avoir. Moi, je le vois sur de nombreux sujets sur lesquels je travaille en lien avec ces aspects-là.

Vous avez évoqué tout à l'heure les sujets des noyades, le sujet des incendies. On voit aussi des comportements, ce que je qualifie moi, d'excessifs à risque, qui conduisent à la mise en danger d'autrui et sa propre vie aussi. Donc ça, c'est évidemment essentiel aussi pour pouvoir justement éviter tous ces décès.

C'est sur l'exemple des noyades. Quand on a...

Moi, je comprends qu'on ait envie de se rafraîchir. Mais quand on va dans des lieux qui sont non autorisés et surveillés, c'est pour des bonnes raisons que ces lieux sont non autorisés, justement. C'est parce qu'il n'y a peut-être pas assez de fonds.

Il y a des dangers qui ne sont pas visibles. On voit qu'effectivement, avoir le sentiment de savoir nager dans une piscine et être en eau naturelle, c'est totalement différent. Donc il y a aussi, justement, une responsabilité individuelle.

L'État ne se défausse pas, clairement pas, sur tous les enjeux, d'où le déploiement du plan hors sec. Mais oui, je pense qu'il y a aussi une responsabilité individuelle. Voilà, un petit coup de fil.

Ou regarder dans...

Si je veux me rafraîchir, dans les 5 km, généralement, il y a un lieu qui permet d'aller se baigner en étant surveillé, en ayant tous les acteurs de la société civile. Et c'est comme ça aussi qu'on met moins une pression opérationnelle, notamment sur les systèmes de santé. Madame la ministre, on sait que l'argent, c'est le nerf de la guerre.

Si on a, sans beauté en touche, sincèrement, des chiffres pour ces moyens qui vont être donnés, qui sont peut-être déjà donnés, sur quel argent les Français, qui doivent répondre à ce plan hors sec, organiser les choses dans les campings, dans les hôpitaux, dans les résidences pour personnes âgées, sur quels moyens peuvent-ils compter aujourd'hui, par rapport à il y a trois semaines ? Mais là, j'insiste sur le fait que ce n'est pas que des moyens financiers. Mais on a bien compris, mais c'est quand même important.

C'est-à-dire qu'on peut payer des gens, ce n'est pas que du bénévolat, la France. La France, ce n'est pas que du bénévolat, mais regardez tous les acteurs des associations agréées de sécurité civile. Regardez l'engagement à l'heure actuelle, notamment de nos sapeurs-pompiers et de nos sapeurs-pompiers volontaires, qui jusqu'au péril de leur vie s'engagent, mais aussi professionnels.

Je prends, et je vais prendre l'exemple notamment des sapeurs-pompiers, qui effectivement doivent avoir la reconnaissance de la nation. Mais sur cet exemple-là, c'est tout le travail qu'on a fait sur le Beauvau de la sécurité civile. Il y aura ensuite un projet de loi qui va nous permettre justement de mieux reconnaître leur engagement.

Donc on reconnaît l'engagement, notamment citoyen, de l'ensemble de nos sapeurs. Mais spécifiquement, justement, sur toutes ces salles qui sont déployées, sur tous ces aspects, je le redis, l'objectif, c'est vraiment de mettre en place les bonnes réponses opérationnelles. Il y a parfois des logiques où, effectivement, quand on a des personnes qui sont chez elles, il vaut mieux qu'elles ne soient plus chez elles et qu'elles aillent dans ces salles.

C'est ça qu'on fait, un travail très opérationnel et très concret, parce que là, on a une urgence à laquelle nous devons répondre. Évidemment, après, de toute façon, il y a une nécessité de se préparer de manière globale à tous ces enjeux. Regardez la question des feux de forêt.

Passer à une vraie politique d'adaptation. Exactement, et de résilience de la société. Les feux de forêt, initialement, ne concernaient que le pourtour méditerranéen, en quelque sorte.

On le voit depuis quelques années, ce n'est plus le cas. Alors, le ministère de l'Intérieur, c'est sécurité. On approche du 14 juillet, feu d'artifice.

Est-ce que vous avez un message à faire passer ? Est-ce qu'il faut annuler d'ores et déjà, et pas seulement dans les endroits en vigilance rouge, les festivités et les feux d'artifice ? Alors, si je continue justement sur le plan hors sec.

Le plan hors sec, il a des fiches très opérationnelles, notamment sur les grands événements. Qu'est-ce qu'on fait, et spécifiquement dans ces départements en canicule et en vigilance rouge, il y a de nombreux préfets, je vais prendre l'exemple des Pyrénées-Orientales, qui sont confrontés aux feux de forêt. Le préfet a pris un arrêté pour dire justement, attention, il y a une nécessité de vigilance et prudence, et donc de très nombreux feux d'artifice sont effectivement supprimés, annulés.

Souvent, des maires font cette analyse terrain, en quelque sorte, d'eux-mêmes. Mais oui, il faut être extrêmement vigilant, parce que là encore, l'objectif, ce n'est pas d'interdire des feux d'artifice pour le plaisir, d'interdire des feux d'artifice, c'est de sauver des vies. C'est ça qui nous anime.

Et je pense que de trop nombreux maires prennent la bonne décision quand ils annulent d'eux-mêmes certains événements. Merci beaucoup, Marie-Pierre Védrenne.

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