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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 23 mai 2011 11 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Marine Le Pen "décrypte" l'affaire DSK

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11PrésentateurFait
    « Il y a une semaine nous apprenions l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn par la police américaine, inculpée pour agression sexuelle, séquestration et tentative de viol. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « Personne ne peut penser qu'il en aurait été ainsi dans la France d'aujourd'hui. »
  • 2:36PrésentateurFait
    « En France, l'affaire DSK n'aurait probablement jamais été portée à notre connaissance. »
  • 4:19PrésentateurFait
    « il n'y a pas mort d'homme. »
  • 6:39PrésentateurFait
    « il s'apprêtait au contraire à tout faire pour qu'il soit le président de la République française et donnait ainsi à cet homme des pouvoirs exorbitants et l'honneur de représenter notre pays dans le monde. »
  • 6:53PrésentateurFait
    « Nicolas Sarkozy, de son côté, malgré la parfaite connaissance de la situation, a promu une personne vraisemblablement perturbée à la tête du FMI. »
  • 8:27PrésentateurChiffre
    « Avant qu'il n'ait pu monnayer pour 6 millions de dollars sa liberté, le milliardaire Strauss-Kahn, au milieu des dealers d'Harlem, a montré aux Français que dans certains pays, les plus puissants peuvent être soumis aux mêmes lois que les simples citoyens. »
  • 9:51PrésentateurPromesse
    « une grande réforme sur le droit et l'accompagnement de la victime et des victimes s'imposent en France. Je la mettrai en œuvre. »
  • 10:09PrésentateurFait
    « Les passe-droits, les affaires étouffées, voilà des pratiques qui ont explosé sous Nicolas Sarkozy et que j'éradiquerai. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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0:04
Présentateur

Mes chers compatriotes, Il y a une semaine nous apprenions l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn par la police américaine, inculpée pour agression sexuelle, séquestration et tentative de viol. Cette nouvelle est tourdissante à plonger les français dans un état de sidération, d'incompréhension, de vertige pour les uns, d'effroi pour quelques autres. Certains d'entre vous ont même sûrement été choqués par les images diffusées. Je le comprends parfaitement et personne n'aime ce voyeurisme parfois obscène. Les français ne sont pas habitués à la procédure américaine.

Et surtout, il faut le reconnaître, ils n'ont pas l'habitude de voir chez nous des puissants traités comme des justiciables ordinaires. La stupeur non encore dissipée, le système s'est remis immédiatement en marche pour gérer le cataclysme, pour orienter l'opinion publique vers le déni de réalité avec une absurde théorie du complot. Ou pour détourner l'indignation contre la procédure pénale américaine. Durant cette semaine, jamais les français ne furent publiquement invités à s'interroger sur la gravité de l'acte supposé, sur ce que cette affaire disait de nos pratiques politiques et des déficiences de notre démocratie. Incontestablement, il y aura un avant et un après, Strauss-Kahn.

Ce scandale mérite à l'évidence un complet décryptage. Parce que cette affaire a mis à nu le système, a mis en lumière ses mensonges, a dévoilé ses connivences profondes. Cette affaire qui nous saute à la figure nous invite plus que jamais à ouvrir les yeux sur nos prétendues élites, sur leurs insupportables privilèges et sur les tentatives de manipulation dont nous sommes collectivement l'objet. Elle nous appelle à nous battre pour l'égalité républicaine, à laquelle nos élites ont tourné le dos.

Au matin du dimanche 15 mai et les jours qui ont suivi, les français qui croyaient avoir aboli les privilèges depuis la nuit du 4 août 1789 ont été sidérés de constater que dans d'autres pays, la parole d'une femme de ménage pouvait avoir autant de valeur que celle d'un des hommes les plus puissants du monde. Or il faut bien le reconnaître. Personne ne peut penser qu'il en aurait été ainsi dans la France d'aujourd'hui. Qu'un simple particulier se présente au commissariat pour porter plainte contre un notable, contre une personnalité influente, il se verrait inévitablement dissuadé et y conduit. En France, l'affaire DSK n'aurait probablement jamais été portée à notre connaissance.

Que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vont rendre en blanc ou noir, écrivait La Fontaine en son temps. Et c'est tellement vrai dans la France d'aujourd'hui. Le jour où DSK a été arrêté, les Etats-Unis ont donné à la France une leçon d'égalité républicaine, le reflet d'une justice insusceptible de pression politique, un message que nos élites ont faim de ne pas comprendre tant elles constituaient un désaveu de leur détestable mode de raisonnement et de fonctionnement. Durant toute la semaine, le système a tenté d'amortir le choc des images en se réfugiant dans le déni de réalité ou la mise en accusation du système judiciaire américain.

Dans tous les cas, il s'agissait autant que possible de relativiser l'affaire, voire de victimiser Dominique Strauss-Kahn, d'en faire la victime d'accusations précipitées, mais vous l'avez remarqué. Les amis de Dominique Strauss-Kahn, sans craindre le paradoxe déplacé, n'ont cessé d'appeler à la décence. Sur certains plateaux, on avait même le sentiment que les journalistes étaient en deuil. Et ce qui m'a profondément choqué, ce qui a profondément choqué les nombreuses personnes qui me l'ont dit, c'est qu'il n'y a pas eu un mot pour la victime, pas un mot pour la jeune femme. On a même souvent refusé de reconnaître à la malheureuse victime potentielle une présomption de sincérité.

Très vite, on est tombé dans l'immonde, avec Jean-François Kahn qui a résumé l'affaire en parlant d'un simple troussage de domestique. De Jacques Lang qui a cru viril de claironner que dans le viol potentiel d'une femme, je cite, il n'y a pas mort d'homme. Bernard-Henri Lévy, empli de sa suffisance habituelle, lui, cet insurgé que l'on réserve à Dominique Strauss-Kahn, le sort d'un justiciable ordinaire. Mais quel mépris, quel morgue ! Le système a même appelé Wörth et Tapie pour faire entendre leur voix dans le concert des professeurs de morale. Même Jean-Pierre Chevènement a tenté un ridicule et inconvenant effet de manche en invoquant le souvenir du capitaine Dreyfus.

Arlène Désir, numéro 2 du PS, a lui demandé l'intervention de Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu'en France, le système a ses habitudes. L'UMP aussi a semblé extrêmement gêné, se murant dans un silence assourdissant quand il ne s'agissait pas de voler au secours de Dominique Strauss-Kahn. Bien, je suis désolé de devoir le dire, mais j'ai été la seule à exprimer immédiatement ma compassion pour la victime présumée, une simple femme du peuple, certainement brisée et aujourd'hui terrée. Cet exemple, je l'espère, donnera du courage à d'autres femmes pour ne plus jamais accepter les violences d'où qu'elles viennent, y compris lorsqu'elles sont le fait des puissants.

Parce que je crois que la sincérité est une marque de loyauté et de considération, j'ai dès les premières minutes de l'affaire tenu à dénoncer l'omerta de la classe politique et médiatique qui préservait un silence complice autour des penchants peut-être pathologiques de Dominique Strauss-Kahn, tout en rappelant la présomption d'innocence à laquelle l'avocat que je suis est très attaché. A l'exception de RMC et BFM TV, les médias m'ont immédiatement coupé les micros. L'émission où j'étais invitée sur France 2 a été déprogrammée. Pourtant, beaucoup savaient pertinemment que Strauss-Kahn n'était pas, comme on le présentait, un séducteur, mais un harceleur.

Non pas un homme qui aime les femmes, mais un homme qui en fait l'objet de pulsions qu'il ne peut apparemment contenir. Le journaliste Jean Quatremer avait prévenu sur son blog lors de la nomination de DSK à la tête du FMI. Ses proches, comme ses amis politiques socialistes, n'en ignoraient rien, mais n'ont rien dit, et surtout, beaucoup plus grave, ils n'ont rien fait. Par ambition personnelle, il s'apprêtait au contraire à tout faire pour qu'il soit le président de la République française et donnait ainsi à cet homme des pouvoirs exorbitants et l'honneur de représenter notre pays dans le monde. Mais quelle folie !

Nicolas Sarkozy, de son côté, malgré la parfaite connaissance de la situation, a promu une personne vraisemblablement perturbée à la tête du FMI. Peut-être par machiavélisme, dans l'espoir de faire tomber un adversaire, peut-être simplement par intérêt personnel pour éloigner Dominique Strauss-Kat de la présidentielle. Dans tous les cas, Nicolas Sarkozy est gravement coupable d'avoir joué avec l'image de la France, en prenant le risque de nommer à la tête d'une institution qui engage l'image de notre pays un personnage pareil. Aujourd'hui, ces petits jeux politiciens nous mènent à une situation dans laquelle notre pays est humilié.

Devant ce désastre, on comprend que le mot d'ordre des socialistes soit, selon leur propre expression, de tourner la page et de passer à autre chose. On comprend le désarroi des Vajolis ou les larmes d'Hervé Morin. On comprend le silence gêné de l'Élysée, de l'UMP. On comprend la tête d'enterrement de tout ce beau monde, de la caste. On sait aussi que Nicolas Sarkozy a déjà prévu, avec ses conseillers en communication, de tenter de récupérer l'affaire, le Sofitel, pour faire oublier le Fouquet's. Et cette semaine, un petit show G8 à Deauville pour se donner des airs présidentielles. Mais personne ne sera dupe.

Personne n'a oublié l'entourage de Nicolas Sarkozy, ses puissances d'argent, ce cercle d'intérêts mêlant qu'à 40 finances et showbiz. Cette même caste qui est aujourd'hui défend Dominique Strauss-Kahn et qui s'égare chaque jour dans le bling-bling et l'argent. Cette affaire va, je le crois profondément, marquer l'inconscient collectif de notre nation. Avant qu'il n'ait pu monnayer pour 6 millions de dollars sa liberté, le milliardaire Strauss-Kahn, au milieu des dealers d'Harlem, a montré aux Français que dans certains pays, les plus puissants peuvent être soumis aux mêmes lois que les simples citoyens.

Surtout, cette affaire est venue nous rappeler que l'égalité n'est pas seulement un mot, que l'égalité n'est pas seulement le paravent sémantique qui cache les insupportables situations de privilèges de l'oligarchie en place, mais que l'égalité est surtout un droit naturel et l'aspiration de tout un peuple. L'égalité devant la justice, l'égalité devant la loi, relève d'une exigence absolue. L'impunité dans les cités ou les palais est insupportable. Elle est une incitation au crime. Elle est une insulte aux honnêtes gens. Elle rompt le pacte social. Elle ruine les valeurs fondatrices de notre République.

S'il doit y avoir tolérance zéro, et il doit y avoir tolérance zéro, elle doit s'appliquer sans distinction de rang ou de puissance, sans distinction de naissance ou d'appartenance. Parce qu'il appartient à l'autorité publique de faire respecter la loi républicaine, de l'appliquer à tous avec la même rigueur. J'entends restaurer une justice égale pour tous, rétablir un État impartial, insensible aux pressions et aux factions, un État protecteur des plus faibles et des victimes, une grande réforme sur le droit et l'accompagnement de la victime et des victimes s'imposent en France. Je la mettrai en œuvre.

J'entends rétablir partout l'égalité républicaine et remettre la caste à sa place, soumise aux lois, comme tout le monde, et non au-dessus d'elle. Les passe-droits, les affaires étouffées, voilà des pratiques qui ont explosé sous Nicolas Sarkozy et que j'éradiquerai. Nous ferons cette nouvelle nuit du 4 août pour les Français, pour tous les Français qui, comme nous et avec nous, veulent en finir avec ce système injuste et ce mépris du peuple, pour tous les Français qui aspirent au changement et à l'égalité républicaine, la vraie, c'est là un formidable message d'espoir.