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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 janvier 2024 23 min

Gabriel Attal à Matignon, les inondations dans le Pas-de-Calais... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand, vous étiez avec notre nouveau Premier ministre hier soir en déplacement dans le Pas-de-Calais, on va en parler. Mais d'abord il s'appelle Gabriel Attal, il a 34 ans, il est donc désormais le plus jeune Premier ministre de l'histoire de notre pays. Est-ce que comme lui, vous voyez dans sa nomination le choix de l'audace et du mouvement par Emmanuel Macron ?

0:21
Xavier Bertrand

Oui, le choix de la jeunesse, mais c'est le Premier ministre de mon pays, de notre pays. Il est à la tête du gouvernement. Qu'est-ce que je souhaite ? Je souhaite que ça se passe le mieux possible pour mon pays et que la situation pour les Français s'améliore. Alors je souhaite sa réussite. Voilà, c'est aussi simple que ça. Moi je ne fais pas partie de ceux qui font un procès d'intention. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a une chose qui ne change pas et qui ne changera pas avec Gabriel Attal. C'est le choix du Président de la République. Mais le Président de la République, il a fait aussi un autre choix.

Celui de ne pas rechercher une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

0:59
Présentateur

Il aurait fallu un Premier ministre de droite ?

1:01
Xavier Bertrand

Il fallait qu'il fasse un choix différent. Aujourd'hui, regardez bien les choses. Emmanuel Macron gagne l'élection présidentielle, très clairement. Il perd les élections législatives. Il avait la majorité absolue avant. Il ne l'a pas eu parce que les Français lui ont dit qu'il faudra composer avec les oppositions. C'est le choix des Français. Et là, le Président de la République a deux possibilités. Soit il fait le choix d'un gouvernement de cohabitation, d'une cohabitation inédite, en s'ouvrant notamment au projet à la fois des Républicains et aussi du groupe Lyot à l'Assemblée nationale. Soit il fait du texte par texte.

1:34
Présentateur

Donc si vous aviez proposé à vous, Xavier Bertrand, d'être Premier ministre, vous auriez dit oui ?

1:38
Xavier Bertrand

Non, parce que moi, je ne suis pas dans la majorité présidentielle. Oui, mais vous dites qu'il peut y avoir une coédition. Attendez, je viens de vous dire, je suis un opposant à la politique qui est menée depuis de nombreuses années. Et vous savez pour quelles raisons. Je pense que la place de l'autorité, le préalable qu'est l'autorité dans notre société, n'est pas assez. Mis en avant par Emmanuel Macron. Et je pense en plus que la politique doit apporter des réponses à l'ensemble des Français. Ceux qui vont bien comme à ceux qui ne vont pas bien. C'est des différences fondamentales. Mais est-ce qu'il y a la place aujourd'hui pour un gouvernement de coalition, si on vous écoute bien ?

Non, je vous dis, le choix du président de la République n'est pas celui-là. N'est pas celui-là. Et donc, Gabriel Attal, demain, n'aura pas les moyens à l'Assemblée nationale de faire autre chose que ses prédécesseurs, que Mme Borne par exemple.

2:23
Présentateur

Donc pour vous, il n'y a pas de différence entre Gabriel Attal et Elisabeth Borne ? Il n'y a pas quelque chose en plus ?

2:28
Xavier Bertrand

Attendez, je viens de vous dire le contraire. Je viens de vous dire qu'effectivement, c'est le choix de la jeunesse. Mais que pour le reste, quand vous n'avez pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, vous ne pouvez pas faire différemment. Parce que le problème du texte par texte, c'est que vous n'avez pas des textes suffisamment ambitieux. Vous n'avez pas des textes suffisamment forts qui apportent de vraies réponses aux Français. Et à partir du moment où ça, ça ne change pas, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, l'exaspération et la colère progressent. Et qui profite de l'exaspération et de la colère ? Les extrêmes. Et ça, je ne le veux pas pour mon pays.

Vous savez, je vous l'ai dit tout à l'heure, moi je souhaite que ça aille mieux possible pour les Français. La prochaine élection est dans trois ans. Il n'y a que les extrêmes qui souhaitent le chaos parce qu'ils profitent du chaos. C'est toute la différence.

3:10
Invité

Xavier Bertrand, si on continue de parler quand même du profil de Gabriel Attal, on parle de sa jeunesse. Et donc, beaucoup pointent corollaire son inexpérience. Le fait notamment qu'il ne soit resté que six mois à peine, cinq mois même, au ministère de l'Éducation. C'est un problème ça ?

3:26
Xavier Bertrand

Écoutez, ça dépend aussi la façon dont ce gouvernement sera constitué. Mais que ce soit l'expérience, l'inexpérience. Non, le vrai sujet, c'est les conditions politiques pour pouvoir relever les défis pour notre pays et régler les problèmes des Français. Ce n'est pas la question de l'âge. Ce n'est pas la question de l'âge.

3:42
Présentateur

La gauche demande à Gabriel Attal de solliciter la confiance du Parlement, une fois le nouveau gouvernement formé.

3:50
Xavier Bertrand

Et ça m'étonnerait qu'il le fasse. Mais ce n'est pas nécessaire ? Ça m'étonnerait qu'il le fasse parce qu'encore une fois, ils n'ont pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale.

3:58
Présentateur

Mais la droite, elle pourrait voter la confiance du gouvernement Attal ?

4:01
Xavier Bertrand

Écoutez, moi je vais vous dire une chose. J'attends de voir sa déclaration de politique générale. J'attends de voir ses premières décisions. ses premières déclarations. Mais je ne vois pas aujourd'hui ce qui a changé dans l'orientation d'Emmanuel Macron qui nous permettrait de changer de position. Mais vous savez, on peut en parler. On va voir un gouvernement dans les heures qui viennent, ça va prendre encore du temps. On va voir un gouvernement très resserré, je demande à voir. Il va demander la confiance, je pense qu'il ne faut pas trop s'y attendre. Mais tout ça n'est pas très important.

Ce qui importe surtout, c'est dans les trois années qui viennent, est-ce que oui ou non, on a une présidence efficace ou pas ? Et à partir du moment où il y a le choix de faire du texte par texte, ça ne peut pas être efficace comme on devrait le faire.

4:41
Invité

Le fait que Gérald Darmanin, que vous connaissez bien, soit sûr désormais de rester au ministère de l'Intérieur, ça vous rassure ?

4:49
Xavier Bertrand

Écoutez, encore une fois, c'est le président de la République et le Premier ministre qui vont décider. Vous savez, il y a les rumeurs, il y a les informations qui sont démenties, qui sont convaincées. Tout ça m'intéresse guère. On aura, dans les jours qui viennent, un nouveau gouvernement. C'est vrai qu'aujourd'hui, on le voit bien, dans cette majorité, il faudrait aussi qu'il y ait une vraie clarification sur ce qu'on va faire sur l'autorité. Il y a un texte d'immigration qui est à mettre en œuvre. Il y a une transformation de l'aide médicale d'État qui doit avoir le jour. Ça avait été promis par Elisabeth Borne. Il y a quand même une continuité de l'État. Donc tout ça doit être confirmé.

5:22
Invité

L'autorité, ce n'est pas clair avec Gérald Darmanin à l'intérieur ?

5:26
Xavier Bertrand

Il a quand même fallu imposer un texte au président de la République et au gouvernement pour qu'il soit quand même conforme aux attentes des Français et aux besoins de notre pays en matière d'immigration. Ce n'est pas leur texte de départ à l'Assemblée nationale. C'est votre vision.

5:40
Présentateur

Après, il y a eu le travail de compromis.

5:42
Xavier Bertrand

Non, le travail de compromis. Mais il faut bien reconnaître aussi une chose. C'est que c'est les propositions des Républicains qui ont permis d'avoir un texte qui commence à apporter les premières réponses. Pour ma part, je suis convaincu qu'il faut aller plus loin et qu'il faudrait modifier la compagnie. On va revenir sur le texte d'immigration d'Ali Bertrand.

5:57
Présentateur

Vous parliez d'efficacité il y a quelques minutes dans la foulée de la passation de pouvoir hier avec Elisabeth Borne. Le premier déplacement de Gabriel Attal chez vous, dans le Pas-de-Calais. Vous étiez avec lui sur place hier soir. Que ce soit son premier déplacement, quel signal ça donne ?

6:14
Xavier Bertrand

C'est important pour les sinistrés du Pas-de-Calais de voir qu'Elisabeth Borne devait venir tout de suite, Gabriel Attal vient, avec Jean-Claude Leroy, le priant du département. Nous avions sollicité le président de la République, voilà déjà quelques semaines lors du premier épisode. Et là, nous lui avions dit, il faudrait que le premier ministre revienne. Il est venu aussitôt avec notamment Christophe Béchut. Parce que quand on vient, on mesure forcément la détresse de ce que vivent les gens. Ce n'est pas un dossier qu'on voit aux informations, qu'on voit à la télé, qu'on écoute à la radio. On est confronté à ce que vivent les gens. Et c'est insupportable ce qu'ils vivent.

Comment ils vont ? Psychologiquement, je crois qu'il n'y a pas pire que des inondations. Parce qu'à chaque fois qu'il pleut, vous vous posez la question, jusqu'où l'eau va monter et est-ce qu'on va devoir partir ? Et c'est pire encore quand vous avez des enfants dans la famille. Parce que vous devez répondre à leur angoisse. Il y a une maman qui me disait, la semaine dernière, sa fille, sa jeune fille, elle dort en laissant son bras pendre du lit pour voir par terre si l'eau monte. Vous voyez un peu ce que ça veut dire psychologiquement. Et donc quand on voit ça, on se dit que ce sont des circonstances exceptionnelles qui demandent des moyens exceptionnels.

Et comme nous sommes dans un pays, et j'aimerais que ça change, où trop de décisions se prennent à Paris, c'est vrai que quand il y a des ministres, je le dis comme le Premier ministre, je les interpelle, je me bats pour les gens de la région pour faire avancer les choses. Je pense que la visite d'hier pourra faire avancer les choses sur un certain nombre de propositions que j'ai pu faire. On a le temps de les développer maintenant ?

7:39
Présentateur

On va rentrer dans l'étail juste après. D'accord, c'est moi.

7:40
Invité

Quelle décision ? Qui doit prendre ces décisions ? C'est très important. Donc on va prendre le temps d'en parler.

7:45
Présentateur

Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.

7:49
Invité

Avec Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, les Hauts-de-France, le Pas-de-Calais, où était hier soir le nouveau Premier ministre Gabriel Attal. Xavier Bertrand, vous étiez à ses côtés. Gabriel Attal venu avec des annonces. Une enveloppe de 50 millions d'euros pour les équipements publics, 20 millions pour les agriculteurs sur la question des franchises. Les sinistrés n'auront pas à payer deux fois ces franchises après la succession de dégâts. Est-ce que tout ça va dans le bon sens ?

8:13
Xavier Bertrand

Oui, mais tout ça, pour notamment les 50 millions d'euros, avait déjà été annoncé, voilà quelques semaines, sur le premier épisode. Vous savez, ce que je demande pour les habitants du Pas-de-Calais, ce que demandent les sinistrés, ce n'est pas des chèques cadeaux. Ils demandent juste le remboursement de ce qu'ils ont perdu. Le remboursement d'une bonne partie de ce qu'ils ont perdu, parce que c'est eux qui vivent ce sinistre, dans leur chair. Donc, aujourd'hui, le président de la République avait annoncé, quand il était venu, 50 millions d'euros et en disant, il faudra certainement aller au-dessus. Bien évidemment qu'il faut aller au-dessus.

Que ce soit pour la réparation de tout ce qui a été détruit, notamment de la voirie, il y a des écoles qui sont à reconstruire, des bâtiments, ça c'est la première des choses, et il y a ensuite l'indemnisation et il y a la question des particuliers. J'avais demandé la semaine dernière et Christophe Béchut avait fait remonter la demande que les nouveaux sinistrés ne payent pas deux fois la franchise catastrophe naturelle. Pour un particulier, quand il y a un régime de catastrophe naturelle, vous avez une franchise de 380 euros qui reste à votre charge. Avec le département du Pas-de-Calais, nous avions décidé très vite, on la prend en charge à 100%. Ça, c'est la première chose.

Maintenant, on a aujourd'hui ceux qui sont dans des difficultés qu'on ne mesure pas bien. Les artisans, les commerçants, les agriculteurs. Les artisans, les commerçants n'ont pas une franchise de 380 euros. Ils ont une franchise de 1140 euros par sinistre et 10% du montant des dommages. Et donc, vous avez des artisans, des commerçants qui risquent d'être empêchés de redémarrer. Ça se compte en dizaines de milliers d'euros. Bien sûr. Sauf que quand vous avez, comme un monsieur nous le disait hier à Clermaray, quand vous avez donc 50 000 euros de dommages, vous allez avoir une franchise de 5 000 euros.

Et ce que j'ai proposé hier au Premier ministre, je lui ai dit, écoutez, ensemble, l'État et les régions, parce qu'on a la compétence économique, prenons en charge de manière plafonnée chacun la moitié de cette franchise de manière plafonnée.

10:06
Présentateur

Et qu'est-ce qu'il vous a dit ?

10:08
Xavier Bertrand

Il m'a dit qu'il reviendrait vers moi à la fin de la semaine. Pourquoi je fais ça ? Pour faciliter le redémarrage économique et que les artisans et les commerçants n'en soient pas de leur poche pour des montants très importants. Parce que vous pouvez du coup avoir des franchises qui s'élèvent à des milliers et des milliers d'euros. Donc je lui ai fait cette proposition très concrète. État et région, j'attends la réponse. J'espère qu'elle sera positive. Si elle ne l'est pas, la région fera seule. Ça serait dommage parce qu'on pourra mettre moins qu'ensemble avec l'État. Ça, c'est quelque chose de très concret. C'est très important, c'est très concret,

10:37
Invité

mais c'est conjoncturel. Il y a des questions structurelles, des questions d'infrastructures. Le département du Pas-de-Calais, il a une géographie particulière. C'est un territoire qui est plat, ce qui ralentit l'évacuation des eaux. Vu les dégâts d'aujourd'hui... C'est aussi le retour à la mer, également, en plus. Il y a le retour à la mer. Clairement, on n'aurait pas dû construire ces habitations à cet endroit-là.

10:58
Xavier Bertrand

Alors, ces crues-là sont exceptionnelles, mais il ne faut pas se raconter l'histoire. Les crues exceptionnelles, elles se renouvelleront maintenant. Personne n'empêchera les intempéries. Et on le voit bien aussi qu'il y a une question de dérèglement climatique qui fait qu'on a ces pluies. Vous n'empêcherez jamais la pluie de tomber. En revanche, vous devez permettre à l'eau de s'évacuer beaucoup plus facilement. Et vous devez aussi avoir d'autres endroits où vous devez retenir l'eau.

11:20
Invité

Mais ces maisons qui ont été frappées par deux fois en quelques mois qui seront frappées à nouveau à l'avenir, qu'est-ce qu'elles vont devenir ?

11:26
Xavier Bertrand

Alors, attendez. La première des choses, c'est qu'il ne faut pas croire qu'on ne peut rien faire. Il y a certaines communes déjà dans le Pas-de-Calais qui, après les grandes crues de 2002, des inondations beaucoup plus fortes, on n'a pas dû évacuer le même nombre d'habitations. Donc, la première des choses, c'est qu'il faut maintenant avoir des travaux d'extrême urgence. D'extrême urgence.

11:49
Présentateur

Vous pensez à quoi ? Qu'est-ce qu'il faut faire dans l'immédiat ? Tout d'abord,

11:50
Xavier Bertrand

nettoyer les cours d'eau. Ces cours d'eau qui ont été encombrés après les inondations de novembre où on a charrié justement des sédiments, il y a aussi des déchets, il y a des arbres et tout ça. Ça, il faut les nettoyer tout de suite. Tout le monde n'est pas d'accord. Il y a des associations écologiques pour nettoyer les cours d'eau. Écoutez, il faut que tout le monde soit d'accord. Ça ne résout pas tout. Ça déplace le problème. Ça ne résout pas tout, mais je vous ai parlé d'extrême urgence. D'extrême urgence. Parce que le niveau des cours d'eau a diminué à cause des inondations de novembre. Ça, il faut que ce soit nettoyé tout de suite.

Et quand je dis tout de suite, je l'ai dit au Premier ministre hier, je l'ai redit au préfet où on a fait une réunion hier soir encore avec lui, la semaine prochaine, la semaine prochaine, les premiers travaux de nettoyage des cours d'eau doivent commencer. Vous avez eu des assurances là-dessus ? Oui. Oui, parce qu'on le voit bien. On est au mois de janvier. Janvier, février, mars, ce n'est pas les mois les plus secs de l'année. Et en plus, en février, les estimations montrent que nous devrions avoir des grandes marées. C'est-à-dire que l'évacuation vers la mer sera plus compliquée. Alors, c'est dès maintenant qu'il faut commencer ces travaux. Vous avez entièrement raison, ça ne suffira pas.

Et c'est la raison pour laquelle également, nous voulons que les pompes massives qui sont là restent dans le Pas-de-Calais et puis aussi que l'on se dote d'un parc... Mais il est question qu'elles partent ? Pardon ? Il est question qu'elles repartent là ? Écoutez, comme à chaque fois, elles sont ensuite repositionnées l'une dans le sud de la France à Brignol et l'autre sont dans la réserve européenne. Maintenant, il y a aussi un autre point quand même. Un pays comme la France, un grand pays comme la France qu'on bénéficie de la solidarité européenne, c'est bien, mais on devrait être capable d'avoir nous-mêmes un parc de pompes.

Et ce que nous avons proposé avec Jean-Claude Leroy, le Président du Pas-de-Calais, c'est de dire maintenant nous voulons avoir un parc de pompes ici à demeure, des pompes d'une puissance très importante. On a demandé à l'État est-ce que vous les financez ? Est-ce qu'on doit aussi les financer ? Mais il nous faut cela. Le Premier ministre nous a dit ok, je regarde, il nous les faut cet hiver et qu'elles restent chez nous en permanence.

13:46
Présentateur

Vous êtes sur les pompes, vous êtes sur le curage des cours d'eau, mais quand vous voyez quand même ce qui se passe, Xavier Bertrand, aujourd'hui, qui est le résultat du dérèglement climatique, est-ce que vous comprenez le gouvernement qui mise sur la loi zéro artificialisation nette pour lutter et donc contre la bétonisation ?

14:01
Xavier Bertrand

On ne pourra plus construire comme on l'a fait pendant des années et des années.

14:05
Présentateur

Ça, vous en êtes conscient ?

14:05
Xavier Bertrand

Je vous pose la question

14:07
Présentateur

parce que vous étiez contre cette loi.

14:08
Xavier Bertrand

Non, non, je vais vous dire une chose, je dis qu'on ne peut pas mettre ce pays sous cloche. J'ai encore besoin de créer de l'activité et des emplois. Mais dans le cas du Pas-de-Calais,

14:16
Présentateur

vous voyez ce qui se passe ?

14:17
Xavier Bertrand

Dans une région où j'ai encore un taux de chômage plus important qu'il y aura. Alors je continue à me battre pour créer des emplois. Mais on ne construira plus comme avant, c'est une évidence. Mais si vous croyez notamment qu'il faut marier climat et écologie, c'est la raison pour laquelle dans la région, je me suis battu pour obtenir les gigafactories, les grandes usines de batteries électriques. Il faut bien effectivement les construire. En revanche, ce qui est aujourd'hui absolument nécessaire, c'est qu'on ait une autre gestion de l'eau dans notre pays, dans le Pas-de-Calais. Je ne parle même pas des communautés de communes, des communautés d'agglomérations.

Vous savez combien j'ai d'acteurs de l'eau dans le Pas-de-Calais ? 15. Il faut qu'il y ait donc un patron. Et ce que je dis à l'État, il faut vraiment que vous imposiez, comme on va le faire pour le premier élément, le nettoyage des cours d'eau. Mais c'est l'État qui doit prendre la main alors ? Écoutez, il y a 15 acteurs, c'est trop. Et quand il y a 15 acteurs, il n'y a pas d'acteur qui prend les décisions tout de suite. C'est à l'État de le faire. Si l'État ne veut pas le faire, je suis prêt région à prendre mes responsabilités et à faire aussi des choix de travaux qui peuvent être impopulaires.

15:13
Invité

C'est dans vos compétences, ça ?

15:14
Xavier Bertrand

Ça n'est pas dans mes compétences aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle je le dis. L'État, faites-le sous l'autorité du préfet de région. Si vous ne le faites pas, je suis prêt à le faire.

15:22
Présentateur

Je reviens sur les habitations parce que ce sont les images qu'on voit des habitations qui sont inondées avec des sinistrés qui n'en peuvent plus. Est-ce que vous êtes pour racheter, vous, des biens, par exemple, en utilisant le fonds barnier qui est prévu précisément pour indemniser les propriétaires dans les lieux devenus inhabitables ?

15:37
Xavier Bertrand

Vous savez, les gens ne nous ont pas attendus. Demain, je me rends à nouveau à Blandec. Il y a une école qui a besoin d'être reconstruite. C'était la demande du maire et on va en parler demain sur place. Mais il y a aussi des habitants qui disent il faut me racheter ma maison. Moi, je ne veux pas rester ici parce que vous avez notamment des quartiers qui sont au contrebas entourés par de cours d'eau. Si les habitants veulent partir, il faut leur racheter à un prix qui soit vraiment un prix très correct, pas qu'il soit perdant. Mais il y a d'autres endroits où il faut leur dire très vite avec des travaux, avec des inondations, vous n'aurez pas à être évacués.

Et c'est à la lumière de cela que l'on saura exactement qui veut partir, qui doit partir, qui doit être indemnisé. Vous avez une idée du nombre de personnes concernées ? Non, parce qu'aujourd'hui, vous voyez bien le nombre de personnes qui ont dû partir de chez elles avec d'ailleurs un problème. Avec d'ailleurs un problème, c'est que quand vous partez de chez vous, vous êtes accueilli dans la famille, chez des amis. C'est la solidarité qui joue. Mais quand ça va durer plusieurs mois, il faut avoir la garantie que vous pouvez continuer à avoir une vie normale. Hier, une infirmière nous disait qu'on a été logés dans la famille, sauf que c'est à des dizaines et des dizaines de kilomètres.

Je suis infirmière libérale. Ça rajoute un montant de travail à la fatigue, en plus de la détresse psychologique. Donc, il faut aussi leur permettre d'être sur place. Et ce que l'on fait en ce moment, c'est que l'on voit dans quelles communes on peut installer des mobilhomes, des bungalows de grande qualité pour que les gens puissent garder leurs habitudes, que les enfants puissent aller à l'école où ils allaient avec... Ne pas perturber au maximum. Parce qu'on est parti aussi pour quelques mois.

Et en plus, on a un autre sujet, c'est que ceux qui, aujourd'hui, louent à des sinistrés, ils font peur aux beaux jours qui disent « Attendez, les sinistrés, vous devez partir parce que maintenant, on a les touristes. » Ah non, non. Priorité aux sinistrés.

17:17
Présentateur

Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

17:22
Invité

Et toujours avec Xavier Bertrand, le président de la région Haute-France. Vous évoquiez, Xavier Bertrand, juste avant le fil Info, le cas de ces sinistrés qui sont souvent hébergés dans leur famille, chez des proches. Qu'est-ce qu'on fait pour eux ? Si ça dure,

17:33
Xavier Bertrand

si ça dure plusieurs semaines, plusieurs mois ? Nous allons aussi leur financer des protections qui sont des protections par habitation. Et la question des bâtardeaux qui se mettent devant les portes, devant les portes-fenêtres. Et aujourd'hui, certains d'entre eux ne peuvent pas se les payer. Donc nous avons décidé, avec notamment les communautés de communes, les communautés d'agglomérations, la région est prête à les financer parce qu'encore une fois, il y a les travaux en amont, bien évidemment. Il y a le pompage, il y a le nettoyage des cours d'eau, mais il faut aussi des protections par habitation. Ça peut pour certains aller jusqu'à centaines ou aux milliers d'euros.

Ils ne peuvent pas se les payer tout seuls. Alors la région aussi les aidera en finançant une partie de ces investissements, de ces protections qui sont pour les habitations individuelles.

18:13
Présentateur

Xavier Bertrand, 200 personnalités ainsi que plusieurs associations. Les syndicats aussi appellent à une marche citoyenne contre la loi immigration le 21 janvier prochain. Elle attaque les valeurs de la République, dit Sophie Binet, la patronne de la CGT. Elle était à votre place hier. Écoutez. Les valeurs fondamentales, à savoir le droit du sol qui date de 1789 et de la Révolution française, à savoir le droit à la sécurité sociale et à l'universalité de la protection qui date du Conseil national de la résistance et de 1945. Cet appel est inédit à l'image de la gravité de cette loi qui est inédite parce qu'elle est en rupture avec l'identité de notre République. C'est pas ça la France.

La France, c'est la solidarité, c'est la liberté, c'est l'égalité, la fraternité. C'est pas des discours de haine, de stigmatisation, de mise en opposition. Votre réponse à Sophie Binet ?

19:04
Xavier Bertrand

Que la loi qui a été votée apporte un véritable nombre de réponses aux problèmes de l'immigration et que ça ne sert à rien de caricaturer les choses. La France reste un pays aussi d'accueil. On le voit bien notamment avec la question des demandeurs d'asile. Mais les règles qui existent ne peuvent pas être contournées, détournées ou non respectées. Le vrai problème que nous avons, c'est que nous accueillons trop de personnes par rapport à celles que l'on peut vraiment intégrer en France et que d'autre part, quand vous n'avez pas le droit de rester en France, vous ne quittez pas la France. Qui est contre ces propositions ? Qui est contre cette position ?

19:36
Présentateur

Ça va un peu plus loin dans le texte.

19:37
Xavier Bertrand

Non, non, attendez. Le problème est très simple. Aujourd'hui, en France, vous devez quitter le territoire. Il n'y a même pas 10% de ceux qui doivent quitter le territoire qui quittent le territoire. Nous sommes quasiment les derniers en Europe. Il y a un problème de volonté politique et il y a un problème de moyens, de procédures. La loi immigration va améliorer les choses. Vous le savez, depuis l'attentat d'Arras, j'avais demandé à ce que les étrangers qui doivent quitter le territoire considéraient comme dangereux. Ne restent pas en liberté. Je veux une mesure privative de liberté. La loi va enfin le permettre qu'il soit justement placé dans un centre de rétention.

C'est une mesure de protection. Et cette loi le permet. Même si, encore une fois, nous ne pouvons pas aujourd'hui être encore entravés, ne pas maîtriser notre politique migratoire parce que nous avons aussi des réglementations européennes. Et si nous voulons, si je demande notamment une réforme de la Constitution, pour sortir de l'Europe, c'est tout simplement pour qu'on puisse protéger les Français.

20:29
Présentateur

Justement, le Conseil constitutionnel doit rendre son verdict le 25 janvier sur cette loi. Et le président de la Commission des lois à l'Assemblée, Sacha Houllier, et SIM a une trentaine, une trentaine, le nombre de dispositions pouvant faire l'objet d'une censure. Concrètement, à quoi ça a servi dans votre famille politique de voter un texte qui va être censuré ?

20:47
Xavier Bertrand

Vous pourrez dire la même chose aussi pour le gouvernement et pour les parlementaires. Sauf que ce n'est pas à M. Houllier de dire ce que le Conseil constitutionnel doit décider. Mais est-ce que vous êtes d'accord

20:56
Invité

avec Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, qui dit que ce n'est pas forcément le rôle du Conseil constitutionnel d'être une chambre d'appel des choix du Parlement ?

21:04
Xavier Bertrand

Et il a entièrement raison. Et ce rappel s'imposait justement à tous les représentants de l'État qui étaient présents ce jour-là.

21:09
Invité

Il a bien raison de le dire. Donc au président de la République, mais est-ce que ça ne s'adresse pas aussi aux parlementaires LR qui ont en conscience voté un certain nombre de dispositions dont ils savaient qu'elles pouvaient être anti-constitutionnelles ? Mais comment vous pouvez dire qu'ils l'ont fait en conscience ?

21:21
Xavier Bertrand

Vous pensez quoi ? Parce que Gérald Darmanin,

21:23
Invité

le ministre de l'Intérieur,

21:24
Xavier Bertrand

elle l'a dit devant les députés. Ça se passe comment ? Vous pensez qu'on sort une proposition d'une pochette surprise ? Non mais attendez, soyons sérieux. Il y a quand même des parlementaires qui font un travail avec des juristes qui les entourent, avec des commissions, qu'après le Conseil constitutionnel ait une appréciation qui soit conforme ou différente, c'est autre chose. Les parlementaires sont aussi des gens sérieux. Le texte, il est sérieux. Et le texte qui a été voté, encore une fois, apporte de réelles avancées. Pas autant que je l'aurais souhaité, mais en tout cas de réelles avancées.

21:51
Présentateur

Après la nomination de Gabriel Attal, Xavier Bertrand, SOS homophobie, homophobie, c'est réjoui. Je cite qu'être homosexuel ne soit plus un obstacle à l'exercice de fonction de premier rang. Ça s'appelle le progrès ?

22:05
Xavier Bertrand

Je pense que quand Gabriel Attal décide de faire cette déclaration où il assume son homosexualité, c'est pas seulement du courage, je pense que c'est aussi de la franchise. Mais en revanche, je trouve odieuse. Odieuse les attaques qu'il y a notamment sur Twitter. Vous avez vu cet odieux personnage que M. Soral a publié. Qu'est-ce qu'attend Twitter pour justement mettre un terme à ce compte ? Parce que justement, si l'on veut faire reculer l'homophobie, alors il faut le faire par tous les moyens. Twitter, c'est pas quelque chose qui est hors sol, quelque chose qui exerce également ses fonctions, qui permet d'exercer en France.

22:42
Présentateur

On va pas citer le tweet d'Alain Soral pour essayer de faire de la pub ?

22:44
Xavier Bertrand

Non, non, non, mais je sais, mais il faut... Oui, mais attendez, c'est pas faire de la pub, mais il faut dénoncer. Il faut mettre un terme. Il faut mettre un coup d'arrêt à ce déversement de haine, d'homophobie, de racisme qu'il y a justement sur certains réseaux sociaux. Et clairement, X Twitter doit apporter cette réponse tout de suite. Xavier Bertrand,

23:03
Invité

président de la région Hauts-de-France, merci d'avoir été l'invité du 830 France Info ce matin. Je pense que c'est

Gabriel Attal à Matignon, les inondations dans le Pas-de-Calais... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote