Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, invité de "On n'arrête pas l'éco"
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Questions et réponses
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Vous venez de lancer une grande campagne à l'international pour promouvoir l'attractivité du pays.
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Quelle place pour la France dans un contexte géopolitique tendu ?
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Pourquoi lancer cette campagne maintenant ?
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Pourquoi avoir convoqué Kylian Mbappé, Philippe Stark, Thomas Pesquet pour porter le message ?
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Vous leur avez demandé leur avis avant de les utiliser ?
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Vous les payez pour ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la France est le pays le plus attractif en Europe »
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« Il y a plus de 1750 projets qui, chaque année, se dirigent vers la France. »
- 1:06Invité politiqueChiffre
« la moitié de ces projets en plus s'installent dans des territoires ruraux ou périurbains »
- 6:05Invité politiqueFait
« les entreprises françaises sont attendues »
- 6:19Invité politiqueFait
« Veolia, championne du monde de l'environnement, dans l'adduction ou l'assainissement de l'eau »
- 6:34Invité politiqueFait
« EDF, on a le deuxième énergéticien mondial »
- 6:42Invité politiqueFait
« Airbus, qui est également au numéro 1 »
- 8:50Invité politiqueChiffre
« Nous avons rapatrié plus de 3600 personnes françaises d'Israël dans les premiers jours du conflit après le 7 octobre »
- 9:08Invité politiqueChiffre
« 34 Français ainsi que leurs conjoints ont pu sortir hier. Nous en attendons une cinquantaine aujourd'hui »
- 10:11Invité politiqueChiffre
« Sur les batteries, il y a 5,3 milliards d'euros d'investissement »
- 10:18Invité politiqueChiffre
« 3 000 emplois créés »
- 11:05Invité politiqueChiffre
« On a 54 milliards d'euros pour financer notamment l'innovation et la décarbonation de l'industrie »
- 11:24Invité politiqueFait
« La baisse de la fiscalité, le crédit d'impôt recherche, aujourd'hui, le crédit d'impôt vert »
Temps de parole
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Notre invité ce samedi matin, Olivier Becht, bonjour. Bonjour, vous êtes le ministre du commerce extérieur, vous venez de lancer une grande campagne à l'international pour promouvoir l'attractivité du pays. La signature « Marquer les esprits, choisir la France » dans les pays francophones, en anglais, « Make it iconic to the friends », en anglais cette fois vous l'aurez reconnu. Alors que le contexte géopolitique a rarement été aussi tendu, quelle place pour la France ? Comment convaincre les investisseurs d'investir chez nous ? Comment aider nos entreprises à gagner des marchés au-delà de nos frontières ? On va voir tout cela. Mais déjà, pourquoi lancer là cette campagne maintenant ?
Eh bien parce que le contexte finalement s'y prête. Nous sortons de la Coupe du Monde de rugby qui a été un succès en France. Et nous allons rentrer l'année prochaine dans l'organisation des Jeux Olympiques. Il se trouve que maintenant, depuis quatre années exactement, la France est le pays le plus attractif en Europe. Nous avons dépassé l'Allemagne, nous avons dépassé le Royaume-Uni. Il y a plus de 1750 projets qui, chaque année, se dirigent vers la France. Avec quelque chose de tout à fait exceptionnel, c'est que la moitié de ces projets en plus s'installent dans des territoires ruraux ou périurbains. C'est-à-dire viennent en plus répondre à la question de la fracture territoriale.
Cela crée des emplois, c'est bon pour la France. Il faut capitaliser là-dessus et continuer à attirer ces investissements étrangers.
Alors pour capitaliser, vous avez convoqué Kylian Mbappé, Philippe Stark, Thomas Pesquet pour porter le message. Pourquoi eux ?
Eh bien parce que ce sont chacun à leur niveau des personnalités qui incarnent l'audace. Et l'objectif, c'était un peu de briser aussi certaines images d'épinales qui, parfois, ont la vie dure sur la France. La France, c'est un pays de complexité administrative. C'est un pays où il est difficile d'investir, où le coût du travail est important, où les impôts sont élevés, etc. Et nous voulons montrer que la France est aussi et surtout un pays d'audace, un pays où les gens osent réussir de manière d'ailleurs très jeune. Kylian Mbappé, champion du monde de football à 19 ans, Thomas Pesquet, jeune astro...
Vous leur avez demandé leur avis avant de les utiliser ?
Bien sûr ! Vous les payez pour ça ? Non, absolument pas. Ils font ça gratuitement ? Ils font ça gratuitement.
Pour moi, comme ça...
Et c'est évidemment... Alors, on a sollicité les personnalités, mais elles ont évidemment toutes donné leur accord. Et elles le font de manière bénévole, comme Maury Sacco également, le jeune chef cuisinier, Philb Stark...
Oui, j'aurais pu en citer plein de futurs astronautes qui sont une femme ou ce genre de personnalités. Oui, Sophie Adénaud, etc.
Une femme extraordinaire. Qui incarne tous cette audace française, cette capacité justement à marquer les esprits. Et c'est ce qu'on souhaite faire, venir en France pour participer à ces challenges.
Vous visez dans un premier temps l'Allemagne, le Canada, les Émirats Arabes Unis, l'Inde et les Etats-Unis. Pourquoi ces pays en particulier ?
Alors, parce que ce sont les pays qui sont déjà les pays qui investissent le plus en France. Donc, il faut continuer à capitaliser là-dessus. On a, on va dire, un terrain plutôt favorable. Et puis, dans un deuxième temps, on lancera une deuxième campagne avec une dizaine d'autres pays qui permettront là d'aller chercher des investisseurs, des clients supplémentaires.
On peut avoir une idée déjà de quelques-uns de ces pays.
Sur des terrains, alors on les annoncera tout à fait début 2024.
On est entre nous, la personne écoute, vous pouvez nous en donner quelques-uns.
Mais voilà, on les annoncera début 2024. Et ça permettra d'aller chercher aussi des pays sur lesquels on est, on va dire, un peu moins bon aujourd'hui en termes d'attractivité.
Certains de nos auditeurs ou auditrices pourraient se dire, allez, une campagne d'affichage, une campagne de promotion, à quoi ça sert ?
Eh bien, ça sert justement à marquer les esprits. Alors, je vous donne un exemple qui n'est pas très loin puisqu'il suffit de traverser la Manche. Les Anglais ont lancé Great Britain il y a quelques années. C'est une campagne qui a rapporté au Royaume-Uni en termes d'investissement entre 5 et 6 milliards d'euros. Donc, oui, ça marche. Oui, il faut le faire. Et surtout, capitaliser dans ces moments, justement, importants. Coupe du monde de rugby, Jeux Olympiques, c'est le moment, justement, de vanter l'attractivité de la France.
Mais c'est intéressant l'exemple que vous prenez, puisque la Grande-Bretagne a un message principal, venir en Grande-Bretagne. Nous, je suis allé regarder, vous avez la région Auvergne-Grenalpe qui a ses propres messages, la région Hauts-de-France. Et même dans les Hauts-de-France, vous avez encore le Cotentin, vous avez plein d'autres régions. Est-ce qu'on ne devrait pas avoir, justement, une équipe de France ? Là, on a une équipe diffuse de France qui joue un peu sur tous les niveaux.
Eh bien, ça tombe bien, puisque c'est justement ce qu'on fait. C'est-à-dire que nous avons une équipe de France, ce qu'on appelle la Team France, la Team France Export et la Team France Invest, avec Business France, les chambres de commerce et d'industrie, BPI, ainsi que les régions. Et puis maintenant, désormais, nous aurons la marque France qui viendra chapeauter, évidemment, d'autres marques.
Donc, tout le monde doit se mettre derrière.
Eh bien, c'est l'objectif pour vendre la France à l'étranger, pour faire en sorte que nous soyons encore davantage attractifs. Oui, nous devons aujourd'hui tous nous ranger derrière cette marque France qui n'exclut pas, évidemment, que dans les régions... Vous voyez, moi, je viens d'Alsace, on a une marque Alsace. Voilà, on peut être fier d'être alsacien et très fier d'être français aussi et vanter cette attractivité-là.
Alors, vous rentrez tout juste d'un déplacement avec Emmanuel Macron au Kazakhstan, en Ouzbékistan, vous vous êtes posé hier. L'idée de ce voyage était de contrer les influences russes, chinoises et dans une moindre mesure turques. Donc, quand on lance une telle campagne, on pourrait se dire, regarde tout cela, mais est-ce qu'il y a encore vraiment de la place pour nous ?
Alors, non seulement il y a de la place pour nous, parce que ces pays souhaitent justement diversifier également leurs partenariats et ne pas dépendre de la Russie, de la Chine, de la Turquie ou encore de leurs grands voisins du Sud, de l'Inde. C'est vraiment ce qu'ils vous ont dit.
Ils vous ont dit, on veut miser sur vous parce qu'on veut être plus libres, d'une certaine manière.
Ils veulent être plus libres, ils veulent être indépendants, avoir des partenariats diversifiés. Et je peux vous dire qu'en plus, ça marche très bien parce que les entreprises françaises sont attendues. On a toujours tendance parfois en France à se dévaloriser, à regarder les fameux Google, Facebook, Amazon, etc. A toute façon, on n'en a pas, on ne risque pas de les envoyer à l'étranger. Mais nous avons autre chose. Nous avons des entreprises championnes du monde. Je pense notamment à Veolia, championne du monde de l'environnement, dans l'adduction ou l'assainissement de l'eau.
Qui a signé justement un contrat pendant ce voyage.
Tout à fait. Et ça tombe bien parce que quand on a 2,5 milliards de personnes qui n'ont pas encore accès à l'eau potable, avoir le champion du monde dans l'environnement, c'est très bien. Avec EDF, on a le deuxième énergéticien mondial. Nous avons des entreprises de taille mondiale comme Airbus, qui est également au numéro 1. Et puis on est allé signer des contrats pour les mines avec Orano aussi. Nous avons, mais oui, mais si vous voulez, l'électricité qui aujourd'hui nous permet de diffuser cette émission radio, elle vient aujourd'hui du Kazakhstan à travers l'uranium que nous avons au Kazakhstan. Le Kazakhstan, c'est notre premier fournisseur du manier.
Pour qu'on explique bien, il faut de l'uranium pour faire du nucléaire. Et oui. Et donc c'est pour ça qu'on a besoin effectivement du Kazakhstan. C'est un très bon exemple que vous prenez. puisque après l'invasion russe en Ukraine, on a dû revoir complètement nos approvisionnements, notamment de gaz. Et à ce moment-là, on a signé des gros contrats avec l'Azerbaïdjan. Quand on voit ce qui vient de se passer au Karabakh avec le conflit avec l'Arménie, on peut commercer avec tout le monde.
Alors la France n'a pas signé de contrat gigantesque avec l'Azerbaïdjan, c'est l'Union Européenne. La France, le premier partenaire gazier de la France, c'est la Norvège.
C'est la Norvège, oui.
Est-ce qu'on peut faire du commerce avec tout le monde ? La réponse est oui, à partir du moment où tout le monde respecte le droit international. Et nous l'avons vu, et c'était les sanctions qui ont été prises au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Lorsque nous avons des partenaires qui se mettent en violation flagrante du droit international, nous sommes fondés à prendre des sanctions, c'est ce que nous avons fait notamment sur le gaz.
Mais l'Azerbaïdjan, pas de regret qu'au niveau européen, ce soit un partenaire important aujourd'hui.
C'est un partenaire de l'Union Européenne et nous sommes aujourd'hui dans une relation diplomatique.
On est mieux avec les Norvégiens, le côté français.
Nous sommes dans une relation diplomatique avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie pour chercher là aussi une désescalade de ce conflit et faire en sorte que le droit international soit respecté dans cette région du monde.
Autre conflit dramatique, ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient, entre Israël bien évidemment et le Hamas. Vous avez une carte de visite large, ministre du Commerce extérieur, de l'attractivité, mais également des Français de l'étranger. Comment faire pour s'assurer que sur place, nos ressortissants, qu'ils soient dans des entreprises ou non, puissent être en sécurité dans un moment où tout est imprévisible ?
La France, et je pense que c'est l'honneur de notre pays, n'abandonne personne. Elle n'abandonne aucun de ses concitoyens. Nous avons rapatrié plus de 3600 personnes françaises d'Israël dans les premiers jours du conflit après le 7 octobre. Et nous sommes en train de veiller à l'évacuation de nos ressortissants à Gaza. 34 Français ainsi que leurs conjoints ont pu sortir hier. Nous en attendons une cinquantaine aujourd'hui. Il y en a eu cinq déjà jeudi. Voilà, donc nous sommes à la manœuvre pour faire en sorte que chaque Française et chaque Français qui souhaite rejoindre le territoire national puisse être évacués dans les meilleures conditions de sécurité possibles.
Revenons sur l'attractivité. On attend de gros projets d'implantation en France, en tout cas on espère. Il y a deux noms qui ressortent souvent. Moderna, qui avait été celui qui a permis d'avoir des vaccins pour le Covid, qui est dirigé par un Français. Puis l'entreprise qu'on connaît moins en France, en tout cas dans son nom, BYD, qui est l'un des plus grands fabricants de voitures électriques chinoises. Bon alors, vous nous le dites ce matin ? Ils arrivent ?
Pour l'instant, les discussions se poursuivent avec ces deux grands acteurs. Il n'est pas impossible qu'à un moment ou à un autre, ils puissent décider de choisir la France. En tout cas, ils sont les bienvenus. Nous avons eu de grandes implantations récemment. Nous avons eu l'investissement dans les microprocesseurs de Global Fundry, avec STM3 Extremis.
Le gros investissement industriel de CKM3 en France.
Sur les batteries, il y a 5,3 milliards d'euros d'investissement.
On est à Bourbon dans les Hauts-de-France.
Tout à fait, 3 000 emplois créés. Et nous aurons dans les prochaines semaines d'autres annonces, avec plusieurs milliards d'euros d'investissement, dans le domaine notamment de la santé.
Dans la santé, on attend un investissement de combien de milliards d'euros ?
On verra, mais je laisserai évidemment aux investisseurs le soin de faire une annonce. Mais c'est un dossier signé de plusieurs milliards qui va être annoncé. En tout cas, nous avons de bons espoirs d'avoir dans les prochaines semaines de belles annonces.
Vous lancez donc cette campagne de communication. Mais pour les derniers dossiers remportés, ce qui a fait qu'on les a eus, c'est qu'on a sorti le carnet de chèques. Ce qu'on faisait peu jusque-là à subvention. Est-ce que ce n'est pas ça, aujourd'hui, la meilleure communication de la France, de dire « On s'aligne, on paye, on vous donne des subventions ? »
Alors, oui et non. Oui, parce que c'est effectivement, on va dire, une incitation. C'est le plan France 2030. On a 54 milliards d'euros pour financer notamment l'innovation et la décarbonation de l'industrie. Donc, c'est un poids, évidemment, important pour attirer les entreprises, mais pas que l'étrangère. C'est un plan qui est surtout destiné aux entreprises françaises. Mais nous avons aussi toutes les réformes qui ont été faites jusqu'à présent. La baisse de la fiscalité, le crédit d'impôt recherche, aujourd'hui, le crédit d'impôt vert.
Mais sans les subventions, ces entreprises ne viendraient pas, soyons clairs.
Alors, j'en suis pas certain, parce que si vous voulez, peut-être pour les très grands projets, les projets à plusieurs milliards. Mais nous avons, je vous citais tout à l'heure l'Alsace, puisque je suis alsacien, on a eu les investissements de Merck, on a eu les investissements de Hartmann France, on a eu les investissements de Lili, également dans le domaine de la santé. Voilà, ça n'a pas été fait parce qu'il y avait un carnet de chèques gigantesque. Ça a été fait parce que la France est attractive sur le droit du travail, sur la fiscalité, sur le prix de l'énergie et aussi sur les talents, c'est-à-dire les compétences que nous avons.
Vous restez encore avec nous quelques minutes. Merci beaucoup Olivier Bech, ministre du Commerce extérieur.
Olivier Becht