"On censurera tout Premier ministre qui ne rompt pas avec le macronisme", affirme le RN Jean-Philippe Tanguy
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Avec Benjamin Duhamel, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien le député Rassemblement National de la Somme. Question-réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour. Et merci d'être sur France Inter ce matin. Merci à vous. Alors que nous sommes désormais à cinq jours du vote de confiance décidé par François Bayrou, vous l'avez rappelé hier, vous voterez contre et vous continuez de militer pour une dissolution ultra rapide. C'est ce qu'a dit Marine Le Pen. On va détailler votre stratégie, ce que pourrait être votre programme de gouvernement.
Mais d'abord, ce rendez-vous hier matin à Matignon avec Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'était quoi ? De la politesse ? Ils sont allés dire au revoir à François Bayrou ?
Il y a une forme effectivement de courtoisier républicaine. On ne va pas bouder ou, comment dire, rater une occasion aussi de s'expliquer ou d'avoir des informations, mais aussi peut-être de comprendre pourquoi François Bayrou avait fait ce choix quand même très étrange de provoquer une crise politique, parce que c'est quand même la situation telle qu'elle est. Il y avait des négociations sur le budget qui auraient pu se tenir jusqu'en novembre, sans beaucoup d'illusions. Mais c'était le suivi de la constitution du processus budgétaire tel qu'il existe. Pourquoi est-ce que M.
Bayrou a voulu accélérer les choses, alors que le dernier dossier de grande tension qu'on avait avec le gouvernement, à savoir la politique énergétique, avait été tranchée entre nos faveurs ?
Philippe Tanguy, pardon, mais vous n'aviez pas non plus montré des signaux permettant de penser que vous vous apprêtiez à accepter de ne pas censurer François Bayrou à l'automne ?
Nous sommes le principal parti d'opposition, M. Duhamel, donc encore heureux que nous ne soyons pas dans la compromission, comme d'autres, avec ce gouvernement. Évidemment, je parle des Républicains. Nous n'avons pas du tout le même programme, la même vision de la société, les mêmes valeurs et la même ambition pour notre pays. Surtout, on ne veut pas respecter ce bilan désastreux d'Emmanuel Macron, parce que la compréhension, quand même, je pense, d'une majorité de Françaises et de Français, au-delà des électeurs du Rassemblement National, c'est comment M.
Bayrou peut être aussi déconnecté de son propre bilan sur la gestion du pays, sur la dette, et sur la réalité de la situation économique, parce que j'en finirai juste là. Si les résultats économiques d'Emmanuel Macron étaient aussi bons qu'il prétend le dire, eh bien, la situation des comptes publics serait bien meilleure, puisque s'il y avait vraiment eu des emplois bien payés, de la création de valeur ajoutée, les comptes publics seraient pleins, ils sont vides, parce qu'en fait, toute la politique d'Emmanuel Macron était bidon.
On va parler d'économie, et notamment de l'impact que pourrait avoir la chute du gouvernement François Bayrou, juste avant, sur ce qui est peut-être encore une marge de négociation. On a appris hier soir que le gouvernement voulait restreindre les soins pris en charge par l'AME, l'aide médicale d'État pour les étrangers sans papier, et qu'ils s'apprêtaient à prendre des décrets en ce sens. Est-ce que vous ne prenez pas ça, Jean-Philippe Tanguy, comme un geste en votre faveur ?
Mais sans doute, mais ça ne suffit pas, si vous voulez. L'AME est une dépense surtout symbolique, inacceptable, puisque ça consiste à donner des droits supérieurs à des gens présents illégalement sur le territoire, qu'aux Français ou aux étrangers, d'ailleurs, en situation régulière. Nous, on veut un contrôle de l'immigration, pas stigmatiser les immigrés, parce que l'immigration comme phénomène coûte beaucoup trop cher à l'État français, parce que c'est une immigration non calique.
Donc ça ne change rien pour vous que le gouvernement ait envie d'agir sur ce panier de soins de l'aide médicale d'État ?
Nous, ça signifie surtout, c'est quand même un aveu, que le panier de soins, en l'occurrence, on voit bien, par exemple, hier, j'ai entendu sur votre ancienne antenne BFMTV, que c'était, par exemple, la belle-néothérapie. Bon, alors, on nous avait expliqué, aux dernières élections, que le RN allait provoquer de très graves épidémies, et puis on nous dit, finalement, dans le panier de soins, il y a la rééducation par belle-néothérapie. Donc, ce n'était pas une question d'épidémie.
Vous le savez bien, Jean-Philippe, on dit incroyablement marginal par rapport au coût de l'aide médicale d'État.
Mais, M. Duhamel, vous me parlez de ce qui est dans le décret. Moi, j'ai lu hier, sur BFM Business, que dans le décret, il y avait la belle-néothérapie. Moi, je vous parle de ce qui existe. Je ne vous parle pas de ce que M. Rotaillot prétend ou prétend dire à ses électeurs. Donc, effectivement, et vous le dites vous-même, si vous voulez, la boucle est bouclée, c'est du symbolique, ce n'est pas du structurel.
Si François Bayrou chute le 8 septembre, Jean-Philippe Tanguy, cela veut dire instabilité politique, économique. Le taux d'intérêt de la dette française à 30 ans a dépassé 4,5%. C'est une première depuis 2011. Ceux à 10 ans ne sont pas loin de dépasser les taux italiens. Alors, vous dites toujours au Rassemblement National que vous êtes du côté de la responsabilité. Là, vous faites courir un risque de chaos financier. Ça ne vous gêne pas ?
Non, au contraire. Le chaos financier, c'est parce que depuis un an, les marchés voient bien que ce gouvernement est incapable de rétablir les comptes publics qu'il a mis dans le mur. C'est une évidence. Donc, la responsabilité...
Là, ce qui fait augmenter les taux d'intérêt, Jean-Philippe Tanguy, c'est la perspective d'une chute du gouvernement.
Non, mais là, à très court terme. Mais si vous regardez sur le long terme, depuis le 9 juin, j'ai encore vérifié hier soir pour préparer les débats budgétaires. En fait, l'augmentation des taux d'intérêt après la dissolution surprise d'Emmanuel Macron n'ont jamais baissé. C'est-à-dire que les gouvernements successifs et les ministres de l'économie qui ont remplacé M. Le Maire n'ont pas calmé les marchés pour une raison simple. Ils prétendent baisser les dépenses publiques. Elles vont encore augmenter de 30 milliards l'année dernière. Ils disaient qu'on était en austérité cette année. Les dépenses de la fonction publique, de la masse salariale, ont augmenté de plus de 6%.
Donc, en fait, il n'y a aucune crédibilité économique ou budgétaire de ce gouvernement. Et M. Béroud s'illusionne en s'agitant partout sur les plateaux télé, encore ce matin, en expliquant qu'il incarne la stabilité.
Mais vous mesurez, Jean-Philippe Tanguy, le risque qui est caractérisé si d'aventure les taux d'intérêt continuent d'augmenter, si le financement de la dette n'est plus contrôlé, d'avoir une situation de chaos financier. Cela peut être la conséquence de l'instabilité politique.
Mais pas du tout, M. Duhamel. Il n'y a pas de risque. Il est certain, aujourd'hui, que la dette augmente. Il est certain que la charge d'intérêt augmente. Il est certain que les taux d'intérêt auxquels emprunte la France augmentent. Ce n'est pas un risque. On est dans cette situation. Et M. Béroud fait croire qu'il a la tête d'un Titanic flamboyant, alors que le Titanic a déjà pris l'eau. Et qu'il n'est déjà pas loin de couler. Et j'aimerais que la France prenne la chaloupe avant de couler, parce que le capitaine a cru qu'il dirigeait encore quelque chose.
Jean-Philippe Tanguy, vous plaidez donc pour une dissolution. Et vous êtes rejoint par l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui, dans les colonnes du Figaro, considère qu'il n'y a pas d'autre solution. Est-ce que vous lui dites merci ?
Je ne dis pas merci. J'étais un vieux souverainiste de l'UMP, donc j'ai toujours été en opposition avec la ligne politique de Nicolas Sarkozy, aussi bien sur l'Europe ou sur la société, et sur l'économie. Mais il tire les conclusions de la Ve République. La dissolution est la logique pour sortir de la crise, puisque c'est la possibilité pour les Françaises et les Français de choisir une rupture politique, et de choisir un autre destin, et d'arbitrer les grands enjeux. Puisque l'année dernière, malheureusement, je le regrette, la campagne législative anticipée s'est faite pour ou contre le Rassemblement National.
Et bien être pour ou contre le Rassemblement National, ce n'est pas un projet pour la France, ce n'est pas un projet pour les comptes publics, ce n'est pas un projet pour l'école, c'est un projet pour rien, à part la gueule debout au lendemain, puisque une fois que tout ce petit monde, le système s'est partagé les postes en racontant n'importe quoi, en se faisant passer pour des grands publicains,
la France est bien dans la difficulté. Quand on concourt à une élection et qu'on n'a pas le résultat escompté, on peut considérer que c'est de la faute du système, on peut aussi, et on y reviendra, considérer qu'on a mené une mauvaise campagne.
Écoutez, moi, je pense qu'il faut toujours être meilleur, on peut toujours s'améliorer, mais il y a quand même beaucoup de gens sur les plateaux télé qui se sont succédés pour dire « ne vous inquiétez pas, Françaises, Français, on va tous, après, tirer la leçon de ce que vous avez dit, et on va diriger autrement. » Je pense que même les plus adversaires, les plus farouches adversaires de gauche qui écoutent notre antenne ce matin savent très bien que la France n'a pas changé de direction depuis qu'ils ont fait barrage au Rassemblement National.
Sur cette question de la dissolution que vous demandez, Emmanuel Macron, hier encore, c'est ce que révèlent nos confrères, a répété qu'il était opposé à cette dissolution, il a même plutôt incité les responsables de sa majorité ou ce qu'il en reste à tendre la main, aux socialistes, à ce petit parti charnière à l'Assemblée que l'on appelle l'Iotte. Je crois que vous parlez des socialistes. Jean-Philippe Tanguy, vous n'êtes pas dans l'équation. En fait, vous continuez à plaider pour une dissolution, vous continuez de plaider pour une dissolution, mais vous vous faites des films.
Il n'y aura pas de dissolution, là. La dernière fois qu'on a demandé la dissolution, on l'a obtenue après l'écrasante victoire de Jordan Bardella aux européennes, je vous ferai remarquer. Mais au-delà de ça, qui est un peu la petite politique, non pas votre question, mais le fait de savoir si on aura, comment dire, qu'il n'y a que le Rassemblement National qui peut obtenir une dissolution. Moi, je mets les autres partis face à leurs responsabilités.
Écoutez, hier, c'était comme un peu pas désagréable, un peu pitoyable de voir Olivier Faure, les socialistes, dire je suis à la disposition du Parti Socialiste quand on sait les promesses qu'ils ont faites au sein du nouveau Front Populaire et de la NUPES. Vous savez, moi, j'ai du respect pour l'engagement politique et je pense aux militants sincères qui ont cru que le Parti Socialiste ne serait plus des sociotraîtres. Malheureusement, avec eux, on n'est jamais déçus. Et une fois de plus, ils retournent à la niche avec Emmanuel Macron puisqu'il faut-il rappeler qu'Emmanuel Macron vient du Parti Socialiste.
Donc, toutes ces grandes promesses qu'on fait aux élections et encore ce week-end, le Parti Socialiste a présenté un programme très à gauche pour finalement expliquer qu'on pourrait se mêler encore à la Macronie, tout ça est un peu pitoyable. Et j'espère que les électeurs de gauche seront son souvenir.
Jean-Philippe Tanguy, juste ce matin, François Bayrou qui continue de dire qu'il est prêt à examiner des alternatives, qu'il est prêt à regarder élément par élément, programme par programme, est-ce que, là encore, ce ne serait pas la logique plutôt que de demander cette dissolution, d'aller regarder et d'essayer d'obtenir des avancées ? Comme d'ailleurs, vous l'aviez fait avec François Bayrou quand il a remplacé Michel Barnier puisque je rappelle que vous ne l'aviez pas censuré et que c'est aussi de votre fait qu'il n'avait pas chuté.
Non mais, une petite différence, M. Duhamel, qui ne vous aura pas échappé, c'est que maintenant, on peut dissoudre. Il faut que tout ce petit monde comprenne que si on a voulu éviter le pire aux Français pendant un an, c'est-à-dire négocier avec M. Barnier pour éviter la désindexation des retraites ou les 4 milliards d'euros de taxes sur l'électricité, ce n'était pas pour faire plaisir à M. Barnier, c'est qu'il n'y avait pas d'autre choix puisqu'on ne pouvait pas dissoudre. Il n'y avait pas d'autre issue politique. Donc, il fallait bien faire avec pour limiter le pire. Maintenant, on a le choix.
On peut se débarrasser de gens qui sont incompétents, qui sont immoraux et dans lesquels nous n'avons pas confiance. Donc, nous ne pensons pas que M. Bérou, pas la personne, mais le camp macroniste est en fait incapable de se réformer lui-même, de comprendre pourquoi il s'est trompé sur la fiscalité des plus privilégiés, sur la politique économique. Quand on dit immoralité, Jean-Philippe Tanguil, ce sont des gens qui mentent. Ce sont des gens qui mentent en permanence. Un exemple, hier les échos... Parce que vous ne mentez jamais, vous ? Non. Hier les échos... Non, moi je ne ment jamais. Ça m'a parfois coûté cher ici, d'ailleurs, y compris sur votre antenne quand j'avais parlé de M. Barnier.
Bref. L'immoralité, par exemple, hier, c'est que pendant que M. Bérou a agi de tout le monde, les échos ont révélé qu'il y avait une note de service qui prévoyait de désindexer les retraites jusqu'en 2030. Soit, vous pouvez vérifier, c'était dans les échos hier, soit 17 milliards d'euros de volés au pouvoir d'achat des retraités. C'est pas un monstre, c'est un plan. C'est un plan, effectivement, pour un gouvernement qui s'apprête à tomber. Non, non, non. Pas du tout. Pas du tout, parce qu'il ne l'a absolument pas dit ni dans ses entretiens. Il a parlé des 17 milliards d'euros de désindexation jusqu'en 2030. C'est pour le budget, c'est pas pour le budget de l'année prochaine.
Non, parce que si, vous n'avez pas lu l'article des échos, M. Duhamel, c'est un article au projet de loi de finances de la sécurité sociale de cette année. Donc, il y a un article qui a été déposé par le gouvernement, qu'il saura, que M. Bérou, j'espère aviser, qui prévoit non pas de désindexer pour cette année, comme il l'a dit, mais pour jusqu'en 2030. C'est immoral. Les barrages, on nous avait dit, on avait compris avec le nucléaire, avec le nucléaire, on ne fera plus d'erreurs avec l'Union européenne.
Eh bien, l'Union européenne a obtenu de la France qu'un tiers de la production des barrages payés par les factures des Français, l'énergie la plus propre et la moins chère de France, sera mise sur le marché. Est-ce que les Français ont voté pour remettre encore de l'électricité face à la spéculation et face aux abus du marché ? Non, ils ont voté pour l'inverse et ils le font dans le dos de tout le monde parce qu'on ne peut pas dire que ça fasse la une alors que c'est plus d'un milliard d'euros. Je vous le dis, j'ai fait mes petits calculs, ce choix de soumission à Bruxelles sur l'électricité qui appartient aux Français va coûter plus d'un milliard d'euros aux Françaises et aux Français.
La parole aux auditeurs de France Inter, Yannick de Paimpol est avec nous. Bonjour, bienvenue.
Bonjour, bonjour à tous, bonjour M. Tanguy. Bonjour. Alors moi, je voudrais juste m'exprimer à travers cette antenne, pas à vous particulièrement en tant que député, mais à l'ensemble des députés de l'hémicycle. Moi, j'ai 61 ans, j'ai bossé depuis l'âge de 15 ans et je continue encore. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment d'être hors-sol vis-à-vis des citoyens vous nous parlez d'économie ? Quand vous gagnez 10 à 15 fois plus avec vos divers mandats, les gens sont complètement dépités. Les attitudes que vous avez à ne pas soutenir un gouvernement propre, on s'en fout la couleur, c'est créer du malaise social, de l'inquiétude et c'est très mauvais pour le commerce.
Voilà ce que j'avais à dire. On est très, très déçus par l'ensemble de la classe politique et c'est ce qui se dit sur les quais et sur le terrain. Moi, je suis sur le terrain tous les jours, c'est ce qui se dit. Les gens sont très, très déçus pour la couleur politique. Vous ne relevez pas le niveau de la France.
Merci à vous, Yannick, pour cette intervention. Jean-Philippe Tanguy vous répond.
Mais moi, je comprends, monsieur, je comprends, Yannick, son exaspération par rapport à un travail difficile, des salaires modestes par rapport au coût de la vie et effectivement, les hommes et les femmes politiques sont des privilégiés, il faut toujours s'en souvenir, toujours le savoir. Mais moi, je veux aussi de convaincre Yannick et vos auditeurs qu'en laissant ce système en place, ce sera pire.
Ce sera pire comme depuis 50 ans où les impôts ne cessent d'augmenter, où la dette ne fait que s'aggraver, excusez-moi, que les services publics se dégradent et les gens, ma circonscription est très populaire, effectivement, travaillent de plus en plus pour avoir de moins en moins soit de services publics, soit de droits sociaux.
Il dit que le climat est anxiogène. Oui, bien sûr qu'il est anxiogène.
Bien sûr qu'il est anxiogène. Je ne vais pas lui prétendre que tout va bien et que nous sommes dans une période politique sereine.
Il y aurait une forme de responsabilité à travailler au lieu d'être dans le scénario tel qu'il se présente aujourd'hui.
Je comprends cette remarque, effectivement, on l'entend régulièrement, ça ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt, mais je lui dis qu'en fait, non, parce qu'on ne peut pas à la fois dire aux hommes et aux femmes politiques qu'ils sacrifient toujours leurs programmes, nous demandaient de le faire avec des gens auxquels on ne partage rien. Nous ne sommes pas d'accord avec les macronistes et je pense qu'une partie de la gauche, les insoumis, ne sont pas d'accord non plus. Donc si on se mettait d'accord sur une espèce d'eau tiède qui ne résoudrait par ailleurs aucun problème, eh bien nous trahirons aussi nos mandats.
Donc il y a parfois aussi des injonctions contradictoires qui peuvent venir de la société française.
Ça je les comprends parce que c'est une vie difficile et nous c'est vrai qu'on a des vies beaucoup plus faciles que nos compatriotes, mais il faut aussi appliquer un programme et moi je pense qu'on est dans une fin de régime et que la fin de régime comme la 4ème République la impose comme le général de Gaulle l'avait proposé un choix de rupture et une politique claire et d'ailleurs une politique claire qui sera forcément très rapidement arbitrée aussi par des référendums car les choix sont tellement difficiles à faire pour notre pays et importants qu'il faudra de toute façon les faire valider par le peuple français.
Retour au standard. Cécile nous y attend. Bonjour.
Bonjour France Inter. Bonjour M. Tanguy. Bonjour. Donc il y a eu un constat de deux parlementaires l'un communiste et l'autre républicain comme quoi l'État offre souvent sans contrepartie ni contrôle ni évaluation plus de 200 milliards aux entreprises. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'on ne pourrait pas trouver quelques milliards pour renflorer les caisses de l'État ?
Merci Cécile pour cette question. Jean-Philippe Tanguy sur les aides aux entreprises sans contrepartie dit Cécile.
Oui merci.
C'est effectivement un rapport très intéressant qui a été fait et aussi inquiétant parce que le premier renseignement du rapport c'est que l'État n'avait pas suivi effectivement ses aides aux entreprises et n'était pas capable de les justifier ligne par ligne donc c'est un rapport assez dense donc au Rassemblement National on travaille encore dessus mais il y aura effectivement des enseignements en tirer et une clarification à faire ne serait-ce que sur le montant mais aussi des contreparties et ça pour le coup on le dit longtemps même sur le Rassemblement National on n'avait pas les chiffres sur l'ampleur des aides il faut des contreparties sur l'emploi en France sur les marchés sur l'honorer des marchés publics sur la recherche bref on ne peut plus effectivement donner de l'argent des françaises et des français sans contrepartie économique en France
Jean-Philippe Tanguy je voudrais qu'on rentre dans le détail là encore puisque vous vous projetez dans une éventuelle dissolution de non seulement votre plan pour tenter de gagner les élections mais aussi de gouverner d'abord pour les gagner il y a un an vous disiez que vous étiez prêt c'était ce que vous appeliez le plan Matignon on a vu le résultat des candidats qui ne connaissaient pas votre programme quand ils n'étaient pas coupables de saillir raciste ou antisémite pourquoi est-ce que ça n'arriverait pas de nouveau
Jean-Philippe Tanguy ?
parce qu'on tire toujours les leçons des erreurs qu'on a pu commettre vous dites ça à chaque fois parce qu'à chaque fois il faut s'améliorer mais si vous encore aujourd'hui vous pensez que vous êtes tout parfait et que vous n'aurez pas fait d'erreur dans votre vie je pense que vous ne le pensez pas mais il y en a sans doute dans le paysage politique qui le pensent nous on s'améliore en permanence après excusez-moi je pense que dans les autres partis politiques il y a aussi beaucoup de gens qui ne devraient pas être élus qui n'auront pas dû être candidats on ne leur a pas fait le reproche de toute façon on nous fera toujours le reproche donc c'est à nous d'en tirer les conséquences ça ne sert à rien de faire licher
je vais vous donner un exemple Jean-Philippe Tanguy qui là concerne la probité et l'exemplarité nos confrères des jours ont révélé que des candidats du Rassemblement National avaient été épinglés pour des frais kilométriques excessifs déclarés pendant leur campagne vous avez par exemple une candidate dans la Vienne qui a demandé un remboursement pour 25 000 km rien que ça en 27 jours vous aussi vous faites 25 000 km dans une campagne en 27 jours
vous pouvez vérifier mes comptes je pense avec mon exposition si j'avais truqué mes comptes je pense que je l'aurais payé je l'aurais bien mérité ce n'est pas le cas rassurez-vous mais si cette personne a fait des faux comptes elle doit être sanctionnée par la commission des comptes et elle sera exclue évidemment je ne sais pas je ne connais pas les comptes de campagne monsieur Duhamel des 600 candidats vous voyez bien là encore Jean-Philippe Tanguy
vous avez plusieurs candidats du Rassemblement National qui sont épinglés pour ce type de dépenses ce qui donc encore une fois pose la question de la façon dont vous les choisissez
et de leur exemplarité excusez-moi ils n'ont pas été épinglés par la commission des comptes ils ont été épinglés par des journalistes très orientés par ailleurs mais ça c'est pas grave qui sont persuadés qu'il y a une fraude non avec une commission des comptes de campagne qui a remboursé moins que ce qui était demandé oui mais ils n'ont pas été réformés s'il y a fraude monsieur Duhamel il y a eu trois annulations de mandats de députés avant les vacances ça ne vous a pas échappé là donc il y a des espèces on parle de quelqu'un qui a perdu excusez-moi s'il y a fraude oui mais c'est parce que c'est plus long pour ceux qui ont été élus s'il y a fraude vous êtes sanctionné il n'y a pas seulement une perte de financement ils n'ont pas été sanctionnés il n'y a pas de procédure judiciaire donc c'est parce qu'il y a un article par ailleurs que c'est vrai par ailleurs moi je voudrais le dire parce que c'est quand même dégueulasse les jours ont mis en tête de leur article une photo de ma collègue Edwige Diaz dans tous les médias qui n'est absolument pas concernée par ce scandale donc quand des journalistes soi-disant sérieux mettent une photo d'une candidate qui n'est pas dans leur article permettez-moi de penser que c'est un peu à charge contre notre porte-parole Edwige Diaz qui est parfaitement intègre c'est parce que c'était une proche
d'une des candidates concernées
d'accord et si vous êtes demain vous avez un proche malheureusement qui a un problème et qui a votre photo vous serez content je ne crois pas
vous parliez Jean-Philippe Tanguy lundi soir sur BFM d'une majorité relative raisonnable pour gouverner la dernière fois votre ligne c'était la majorité absolue ou rien est-ce que vous avez changé d'avis ?
non c'est exactement la ligne de Jordan Bardella c'est qu'il faut une majorité absolue pour appliquer absolument notre programme si je puis dire sinon on ment en français on leur raconte n'importe quoi s'il y a une majorité raisonnable entre 5 et 10 députés qui nous manquent on pourrait essayer de négocier mais si on négocie ce sera forcément une version différente de notre programme donc nous on dit la vérité aux français appliquer un programme dans la 5ème république c'est avoir une majorité absolue comme dans la majorité des gouvernements qui se sont succédés
votre programme Jean-Philippe Tanguy c'est intéressant est-ce que vous vous souvenez qui disait le 11 juin 2024 donc deux jours après l'annonce de la dissolution que face au mur de la dette il faudrait faire des choix et qui à la question de revenir sur la réforme des retraites disait nous verrons économiquement je suis raisonnable
oui et bien nous avons c'était qui ? c'était Jordan Bardella et nous avons vu et sur votre antenne d'ailleurs pendant la campagne très rapidement Jordan Bardella m'a donné instruction d'expliquer que la réforme des retraites de Marine Le Pen ne changerait pas à l'époque il disait
le mur de la dette Jean-Philippe Tanguy un an plus tard le mur de la dette il est par définition encore plus élevé vous dites pourtant si jamais on gagne d'éventuelles élections législatives on reviendra sur la réforme des retraites absolument
nous avons travaillé sur d'autres formes d'économies qui permettent de financer ces dépenses est-ce que annuler la réforme des retraites de monsieur Macron va coûter de l'argent ?
évidemment que oui c'est pas le père Noël mais on fera des choix autrement parce que c'est une question de société en ce moment on parle beaucoup des arrêts de maladie vous savez que presque la moitié des nouveaux arrêts de maladie sont liés au vieillissement de la population au fait qu'on fait travailler comme Yannick tout à l'heure des gens qui ont plus de 60 ans qui sont des métiers physiques des petits salaires et effectivement ils ont plus malheureusement d'arrêt maladie et la vie est plus dure avec eux à 61 ans comme Yannick qu'à 21 ans
donc réforme des retraites supprimée est-ce que si vous arrivez au pouvoir vous avez toujours comme projet d'interdire le voile dans l'espace public ?
oui mais à terme c'est-à-dire
ça veut dire quoi à terme ?
c'est-à-dire il y a plusieurs étapes de lutte contre l'islamisme avant l'interdiction du voile c'est un peu l'étape comment dire d'un processus où on aura protégé la France et nos compatriotes y compris d'ailleurs évidemment nos compatriotes de confession musulmane qui veulent pratiquer leur foi normalement et dans le respect de la République de la France et d'eux-mêmes d'ailleurs et donc vous ne le ferez pas ?
si on le fera mais c'est un processus il ne s'agit pas de claquer des doigts vous savez je sais qu'il y a beaucoup de gens qui ont des baguettes magiques en politique nous on ne prétend pas que c'est une baguette magique parce que c'est aussi un travail de conviction et le but n'est pas d'arracher les voiles c'est d'espérer que beaucoup de françaises de confession musulmane n'aient pas envie de se voiler ou ne doivent pas le voiler parce qu'elles sont obligées ce qui n'était pas là encore le contenu du projet Il y a un autre scénario
pour le 8 septembre au soir c'est la nomination d'un nouveau premier ministre est-ce que vous nous dites ce matin nous censurerons automatiquement tout nouveau premier ministre
macroniste ? Marine Le Pen a été très clair hier elle a dit on censurera tout premier ministre qui ne rompt pas qui n'incarne pas une rupture politique et morale avec le macronisme donc si monsieur Macron c'est pour ça que je vous fais cette réponse
donc ça veut dire que si au lendemain du 8 septembre Gérald Darmanin Sébastien Lecornu Catherine Vautrin ce sont les noms qui sont évoqués l'un ou l'autre est nommé à Matignon censure automatique il n'y a même pas de discussion sur ce que d'éventuelles concessions qui pourraient être faites c'est censure du rassemblement national
c'est pas l'une ou l'autre personne c'est l'une ou l'autre politique la personne s'il applique une politique totalement différente bon madame Vautrin fut un temps elle était chiracienne maintenant les macronistes il n'est pas sûr que ce soit exactement la même chose donc on peut être la même personne et avoir une politique totalement différente il y a eu quelques retournements intéressants dans l'histoire s'ils sont capables de porter une politique totalement différente on verra mais c'est pas une question de personne c'est important ce que vous dites
Jean-Philippe Tanguy parce que là pour le coup la tonalité a changé par rapport à ces derniers mois ça veut dire au rassemblement national censure tant qu'il n'y a pas de dissolution
tant qu'il n'y a pas de rupture politique claire dissolution oui pourquoi ? parce que cette rupture politique c'est les français qui peuvent l'imposer mais une fois plus les choses ont changé avant on pouvait plus dissoudre maintenant on peut donc il y a une solution institutionnelle qui soit pas seulement que monsieur Macron démissionne même si ce serait effectivement une autre solution
et si c'était un premier ministre de gauche qui était nommé par exemple Olivier Faure
si c'est pour appliquer le programme du parti socialiste annoncé ce week-end il sera censuré parce que sa principale mesure elle est anticonstitutionnelle cette espèce de taxe à 15 milliards d'euros c'est trois fois l'ISF alors nous on est pour le rétablissement d'une taxe sur les plus privilégiés c'est-à-dire une forme d'ISF qui rapporterait 4 milliards mais faire croire aux françaises aux français qu'on peut prendre 15 milliards en un an sur les plus riches franchement c'est pas sérieux
Il nous resterait peu de temps deux jours après le 8 septembre il y aura une mobilisation sociale le 10 autour du mot d'ordre bloquons tout mouvement dont vous restez éloigné pourri idéologiquement dit Julien Audoul et pourtant selon un sondage à RIS 77% pardon de vos sympathisants le soutiennent pourquoi ce décalage ?
J'ai pas entendu les déclarations précises de Julien Audoul mais effectivement peut-être pas révitile du fait que les insoumis et d'autres forces de gauche radicales
On est parlé d'un mouvement pourri idéologique
Oui mais est-ce que idéologiquement à cause de la présence du noyautage des insoumis je sais pas j'ai pas entendu ces déclarations mais effectivement à la base il y a un mouvement d'exaspération d'ailleurs sans doute assez proche de ce qu'on a entendu de Yannick tout à l'heure sur les gens qui travaillent et qui ne s'en sortent pas et qui ont l'impression que le paysage politique est complètement déconnecté c'est pas qu'une impression d'ailleurs bon nous on est toujours à distance des mouvements citoyens toujours Non pas au moment des Gilets jaunes Si si ça nous avait été reproché
à l'époque moi je me souviens très bien Au tout début et ensuite vous souhaitiez en être l'émanation
Non mais parce qu'on tirait les conséquences politiques d'un mouvement mais on n'a jamais manipulé les Gilets jaunes voilà d'ailleurs à l'époque déjà les macronistes racontaient les mêmes horreurs sur le fait qu'il y avait les Russes derrière tout ça il y a les français qui veulent s'exprimer et nous verrons quelle forme ça prend et je pense que ça traduit une exaspération assez proche des Gilets jaunes d'ailleurs puisque c'est la France du travail contre l'exaspération fiscale le manque de respect En quelques mots
Jean-Philippe Tanguy l'avenir de Marine Le Pen si vous arriviez au pouvoir est-ce que vous feriez voter tout de suite une loi pour interdire l'inéligibilité et l'exécution provisoire dans les cas d'inéligibilité en clair une sorte de loi d'amnistie de Marine Le Pen est-ce que c'est pour ça que vous voulez gouverner ?
Non mais il n'y a pas de loi d'amnistie de Marine Le Pen elle n'a même pas été condamnée définitivement donc ceux qui nous accusent de ça sont les mêmes qui pensaient que Marine Le Pen n'irait pas à la dissolution parce qu'elle voulait garder son mandat face à une condamnation injuste donc tout ça est faux Marine Le Pen elle est complètement au-dessus du lot alors je sais ça choque sans doute M. Bérou et d'autres dinosaures de la politique qui n'ont pas compris que Marine Le Pen c'est une femme d'Etat et pas une politicienne
Jean-Philippe Tanguy merci d'avoir été au micro d'Infer ce matin
Jean-Philippe Tanguy