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interviewLCP (sur YouTube)· 7 juillet 2025 58 min

Philippe Baptiste, ministre chargé de l'Enseignement supérieur | LCP, Lundi C'est Politique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le taux de réussite au bac dépasse déjà les 85 % avant le rattrapage. Pour beaucoup, c'est la route qui s'ouvre avant les études supérieures. Le ministre de l'enseignement supérieur va devoir assurer une place pour chacun.

La France va-t-elle avoir les moyens de conserver son rang dans la compétition internationale ? Philippe Batiste, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche est notre invité. Bonsoir et merci pour votre fidélité. - Bonsoir. - On va parler de plein de sujet avec vous On va parler d'abord de la mort d'Olivier Marleix député républicain.

Sa mort a été annoncée tout à l'heure avec beaucoup d'émotions. - Une immense tristesse de confirmer que notre collègue, Olivier Marleix, nous a quittés. C'est un choc.

Je vous propose de respecter une minute de silence en sa mémoire. - Sa mort est un choc pour tout le monde ? - Bien sûr.

Je pense à sa famille, ses enfants, sa femme, son père est aussi engageant politique. Je pense à ta famille politique, la famille gaulliste, tous les collègues LR qui sont très proches de lui. Il faut saluer l'engagement d'un homme dans le débat public, comme président de groupe.

C'est un travail important qu'il a amené ces dernières années. Ce serait probablement émouvant demain. - Vous serez dans l'hémicycle au moment de cet hommage.

Comme vous le disiez, c'était un homme qui a marqué la vie politique. On y reviendra. D'abord, revenons sur les circonstances de sa mort. - Il a été retrouvé à son domicile par les gendarmes.

Il avait 54 ans. Il était député depuis 2012. C'était un homme réservé, un ardent défenseur du gaullisme.

Il avait présidé la commission d'enquête sur les décisions de l'Etat en matière industrielle. Il avait gardé un sentiment très anti-macroniste. Il a été président du groupe les républicains de 2022 à 2024.

Une tâche pas simple. Surnommer les LR comme les autos entrepreneurs. - Il était issu d'une famille politique historiquement à droite.

Oui, c'était le fils d'Alain Marleix. Il était une spécialiste de la carte électorale à l'UMP puis aux Républicains. Olivier Marleix s'est engagé en politique en 2015.

Il a longuement côtoyé Nicolas Sarkozy car il était conseillé du président à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a salué un collaborateur précieux en expliquant que la France perdait un serviteur exemplaire. - Au-delà, les réactions sont unanimes de tous les bords politiques. - Oui, ça a été unanime.

Emmanuel Macron a souligné un homme politique expérience qui défendait ses idées avec conviction. Il estime que sa disparition plonge le Gouvernement en deuil. Marine Le Pen a salué l'homme engagé au service de ses idées.

Jean-Luc Mélenchon souligne que c'était un homme honorable et attaché à ses idées. Bien évidemment, les députés LR sont sous le choc, ils ont été informés du décès de leur collègue en milieu d'après-midi par Laurent Wauquiez il y a dit son immense peine et qui a salué cet homme de conviction. Vous allez écouter les quelques réactions que nous avons recueillies dans les couloirs de l'assemblée après la minute de silence. - Lui qui fut quatre fois d'affilée élu député de la deuxième circonscription, qui fut le président du groupe LR oø il était unanimement reconnu dans l'hémicycle, comme redoutable mais toujours loyal.

Lui qui appartenait à la grande famille des républicains et à une grande famille de républicains je veux formuler ici de la gratitude, au nom du Gouvernement pour la force de ses convictions et de ses engagements. - Une pensée très émue pour ses proches. Tous les collègues et les collaborateurs qui l'ont connu sont en état de choc.

On voyait en lui une force de la nature. Quelqu'un de profondément engagé. Il était capable de connaître la loi dans les détails.

J'avais une admiration en tant que jeune parlementaire. La présidente de l'Assemblée nationale a annoncé qu'un hommage serait rendu avant la séance de questions au Gouvernement car la mort d'un député en fonction c'est très rare. - D'oø l'émotion supplémentaire.

Un homme politique qui se suicide en fonction, c'est rare. Ca pose beaucoup de questions. Les gens se demandent que s'est-il passé. - Comme dans tout environnement, tout le monde se pose la question de savoir ce qui s'est passé.

Ce qu'on aurait pu faire pour que ça n'arrive pas. Ces questions sont difficiles. Elles ramènent au stress de l'environnement. - Vous découvrez cet environnement car vous venez de la société civile.

Le milieu politique est dur. Tout le monde a des fragilités. - A ce sujet-là, il est important de rappeler l'existence du 31 14, le numéro d'assistance contre le suicide.

Dans le chat, on se demande si ce drame ne devrait pas réouvrir le sujet de la santé mentale des élus. - C'est tabou. - Ca ramène aussi à l'ego des uns et des autres.

Nous sommes et portons des fonctions et des responsabilités importantes. Ce sont des egos qui sont souvent très forts et qui masquent aussi des fragilités. Je pense que c'est vrai pour tous. - Elus ou ministres, ce sont des gens comme tout le monde.

Voilà ce qu'on pourrait dire sur le décès d'Olivier Marleix, aujourd'hui. - Merci, Stéphanie, pour ce que vous avez apporté comme information. A vos côtés, Clément de "Challenges", Hugo Couturier sur la chaîne Twitch.

On va revenir sur l'un de vos dossiers, Monsieur le ministre, car vous étiez il y a un peu moins d'une heure dans le bureau du président de la République pour évoquer l'avenir du palais de la découverte. Il est fermé depuis 2020 pour rénovation. Il devrait ouvrir fin 2026.

Il pourrait être transféré à la Cité des Sciences. Les élus de Paris tiennent beaucoup à ce qu'il reste dans les murs du palais de la découverte. - Le palais de la découverte, avant d'être politique, je suis un scientifique, pour beaucoup de scientifiques, c'est un lieu emblématique qui a souvent joué un rôle de vocation et qui les a appelés à faire de la science.

Les expériences, etc. Va-t-il rester au palais de la découverte ? - Les arbitrages seront rendus en leur temps. - Quand ? - Ce qui est fondamental, c'est qu'on garde une place pour la science et pour expliquer la science, amener la science au plus grand nombre.

Je suis assez confiant. Maintenant, est-ce que les choses ne peuvent pas évoluer ? Non.

Les choses changent. - Pourrait-on imaginer une partie au palais de la découverte et une partie à la Cité des Sciences ? - C'est déjà un peu le cas.

Il faut trouver un parcours fluide entre les différentes expositions. Ce qui est important, ce que je défends avec ardeur, c'est la place des sciences et des technologies dans celui Le palais de la découverte c'est Jean Perrin Ce sont deux hommes - Vous n'avez pas répondu à ma question de savoir oø il sera. - Ce qui est important c'est qu'à la fin, il y ait bien de la culture scientifique et technique - On le saura quand ? - Il faut laisser quelques semaines pour qu'on soit capable d'avoir une décision posée et des belles annonces. - C'est le président de la République qui fera l'annonce ? - Je pense qu'il faut laisser cette décision au Président.

Il n'y aura pas de retard ? - Je suis assez confiant là-dessus. - Ca devient un enjeu politique.

Il y a un côté symbolique les élus disent qu'il faut qu'il reste au Grand palais. C'est un lieu emblématique. C'est important car la communauté scientifique y est très attachée, etc.

Au-delà de ça, c'est fondamental d'avoir des lieux comme ça car ces lieux donnent envie aux jeunes de faire de la science. Evidemment, les choses évoluent. Il le faut.

Mais il faut avoir des lieux qui portent la science et la technologie. Il y a La Villette, le Grand palais, le musée de l'histoire naturelle, quelques sites en dehors de Paris, mais assez peu en France. C'est un enjeu important car l'avenir de notre économie, de notre pays, passe par la science, la technologie, l'industrie.

C'est important de sensibiliser. - Jeudi prochain, les futurs étudiants universités les accueilleront. L'an dernier, à la fin du processus, 85000 jeunes s'étaient retrouvés sans affectation sur parcours Sup. -Permettez-moi de vous dire qu'aujourd'hui, il y a déjà neuf lycéens sur 10 qu'ils savent oø ils vont aller.

A quelques détails près. Pour l'immense majorité des lycéens, qui ont eu la chance d'avoir le bac, c'est la fin de la phase principale le jeudi mais, au-delà au-delà de la phase complémentaire, qui sont mobilisées pour aller chercher les lycéens sans affectation pour leur trouver une solution. -Pourquoi est-ce qu'on aurait des chiffres similaires cette année ? - Derrière ces 85000, les étudiants, la plupart du temps, au début, vous avez 1 million de candidats, dedans, un certain nombre de candidats parte faire autre chose, soit ils décident d'arrêter les études dans le supérieur, ils partent à l'étranger, etc.

On a toujours des étudiants qui n'ont pas de propositions mais qui ne répondent pas aux propositions qu'on leur demande. -Aujourd'hui, un peu plus d'un tiers des étudiants qui entrent en licence ressortent trois ans plus tard avec le diplôme pour lesquels ils étaient rentrés. - La première chose qui ne marche pas c'est votre statistique.

Ce qui est important, je me fiche de savoir si un étudiant... je préfère qu'il fasse sa licence en trois ans.

Vous avez énormément de réorientation, énormément d'étudiants... sur parcours Sup, il y a 1 million de candidats.

Dessus, 200000 sont en réorientation. C'est gigantesque. -La génération qui se présente, il y a beaucoup d'hésitations.

Il y a beaucoup de tentatives. Certains reviennent en arrière. Les statistiques sont intéressantes.

Plutôt que d'avoir un succès en trois ans, je vous invite à regarder les étudiants qui sortent diplômer. Les chiffres sont plus élevés. De l'ordre de 70 %.

C'est différents. - Ca vous semble efficient ? - Ce que je vous ai dit est correct.

A côté de cela on a un autre problème. On a un baccalauréat, aujourd'hui, donné avec générosité... - Facilement ? - Effectivement, on a des taux élevés.

A la fin, on a des statistiques qui nous montrent que les bacheliers professionnels vont en licence. Quand vous avez un bac, vous avez une garantie de poursuite d'études. - On donne le bac trop facilement ? - Evidemment.

C'est un sujet. - C'est un sujet ? - Ce n'est pas d'avoir le bac trop facilement mais qu'on envoie des étudiants en licence alors que le taux de réussite dans un bac professionnel,...

Il y a quelque chose de dysfonctionnel. - Le bac est trop facile, alors ? - Pour les étudiants qui arrivent dans une licence, il faut faire une année avec des cours de musculation pendant un an, basiquement. - Vous parlez de tri dans les formations.

Est-ce qu'il y a des abus dans les établissements privés ? - Oui, il y a des abus. Le nombre de formations privées à exploser. -40 %. -Un quart des étudiants qui sont dans et n'universités et des écoles Ca peut être du privé c'est très significatif.

Ces formations, le nombre de formations a explosé. - Il y en a qui profitent. - Oui.

Les exemples, on n'en a. Ces étudiants perdus au bout de trois mois, il faut les récupérer et le remettre de déformation. Ce sont des formations qui vous disent : " Venez chez moi, ça ne va rien vous coûter, vous aurez même un peu d'argent car ce sont des formations en apprentissage.

Derrière, au bout de trois mois, on lui dit qu'on n'a pas trouvé d'entreprise qui fait de l'apprentissage mais ils peuvent rester et ça coûte 10000 par an. Il n'y a pas de groupe spécifiquement, je vous vois venir. - Galileo, peut-être ? - Non, la question n'est pas là.

Aujourd'hui, il y a des abus. Il faut qu'on soit capable de le réguler. L'immense majorité des formations sont à un excellent niveau.

Le but du jeu n'est pas de fermer ou de réduire l'enseignement supérieur au privé, mais de réguler le système. Il faut labelliser les formations sur parcours Sup. - Est-ce qu'il n'y a pas un problème sur l'apprentissage ?

Depuis 2017, la France a beaucoup développé l'apprentissage et il semble y avoir beaucoup d'abus. - Evidemment, l'apprentissage, comme il y avait beaucoup d'argent et que c'est un formidable succès... - Est-ce qu'il y en a trop ? - Aujourd'hui, assez plébiscité par les entreprises et par les jeunes. - Et de temps en temps, par les écoles privées.

Tout ça va bien sauf quand il y a des abus. C'est marginal. Je n'ai pas de preuve que ce soit un système organisé.

Il faut être vigilant. - Il y a une question dans le chat, est-ce que le bac a pour but de donner un minimum de formation aux élèves ? Que préconisez-vous pour les élèves n'ont pas le bac ? - Historiquement, le bac, c'est le premier diplôme de l'enseignement supérieur.

Derrière, c'est une condition suffisante pour rentrer à l'université ou avoir une place quelque part dans une formation. Ce concept-là date d'il y a très longtemps. Le monde a changé.

On a 800000 bacheliers par an. C'est gigantesque. Derrière, les questions ne sont pas les mêmes.

Il n'est pas du tout question de changer quoi que ce soit dans le système. Une question qu'on peut légitimement se poser, je ne pense pas qu'on puisse se la poser maintenant avec sérénité, dans ce contexte politique actuel, je pense que la question : Est-ce que le baccalauréat ne doit pas devenir un premier diplôme qui garantit l'enseignement supérieur mais plutôt un certificat qui garantit il y a eu un enseignement supérieur ? C'est un sujet. - Les réputés du socle commun proposent de supprimer des crédits d'impôt sur les frais de scolarité.

Est-ce que vous allez suivre leur avis ? - A titre personnel, je trouve que c'est une bonne idée. Aujourd'hui, ce crédit d'impôt, quand vous êtes boursiers, vous ne payez pas de frais.

Les familles sont exonérées des frais. Quand vous gagnez beaucoup d'argent, ou suffisamment d'argent, vous bénéficiez de cette niche fiscale. Elle correspond plus ou moins aux frais d'inscription.

Quand vous êtes entre les deux, là, vous les payez. Je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose de socialement acceptable. - Autre piste d'économie, restreindre les APL pour les réserver au foyer de classes modestes ou moyennes, pour les étudiants, est-ce que vous êtes favorable ? - Je trouve que c'est une piste à examiner.

Maintenant ou plus tard... - Maintenant, pour les 40 milliards d'économies. - Je ne peux pas vous répondre.

C'est une question à poser. Je n'ai pas d'annonce à faire. - Vous dîtes que ce n'est pas le moment de rouvrir le dossier des APL. - Non.

J'ai dit que c'était un sujet qui méritait d'être regardé. - C'est une piste d'économies possibles. - Sur les étudiants étrangers, vous dîtes que la France ne doit pas fermer ses portes aux étudiants étrangers, est-ce qu'il faut tous les accueillir ? - Je ne dis pas ça.

Aujourd'hui, tout le monde est d'accord pour dire qu'on veut refaire de la France un champion industriel, technologique et d'innovation. Personne ne dit le contraire. Pour le faire, j'ai besoin de former des techniciens, des ingénieurs et des docteurs en France.

Et en sciences. Si je me contente des français et européens, je suis incapable de remplir ces formations. Les doctorants, aujourd'hui, dans les labos de science, 50 % d'entre eux sont étrangers.

On a cruellement besoin de talents qui viennent de partout dans le monde - Mais comment faire la sélection si on ne peut pas tous les accueillir ? - Bien sûr. Cette élection, elle est à la main des écoles qui doivent faire leur choix. - Par nationalité ? - Chacun est libre de faire son choix.

Je pense qu'il faut réfléchir à accueillir et d'abord, affirmer de manière plus claire - Un exemple ? - Aujourd'hui, les étudiants qui viennent de Tunisie ou du Maroc, en ingénierie, sont excellents. Les ingénieurs, on a besoin.

Il nous en manque. On en a cruellement besoin. On a besoin de gens qui vont vers les grandes disciplines scientifiques.

Il faut choisir la discipline, choisir des étudiants au top. Aujourd'hui, il faut avoir en tête que les étudiants qu'on accueille en licence réussissent mieux que les Français, qui ne sont pas mauvais, on peut aller plus loin. Il y a un troisième sujet, on a trop d'étudiants internationaux qui sont précaires. - C'est 65 % de précaires.

Est-ce qu'il faut leur ouvrir les aides sociales ? - Il ne faut pas raisonner comme ça, selon moi. La question c'est : Quand on accueille des étudiants internationaux, il faut être certain qu'ils sont capables de vivre en France pour leurs études.

Il y a des bourses qui existent. Ca existe déjà. Il y a des bourses des gouvernements étrangers pour leurs étudiants Il y a des gens qui viennent car ils ont les ressources familiales pour le faire.

Tout me va. Je suis prêt à réfléchir comment on fait plus. Par contre, je ne veux plus qu'on accueille des étudiants internationaux qui sont dans la précarité ou la très grande précarité. - Ils peuvent être précaires et bons. - Ceux-là, ils peuvent avoir une bourse.

On a aussi des étudiants qui arrivent...

Il y a un système, ils doivent démontrer qu'ils ont un certain niveau sur leur compte avant de pouvoir s'inscrire en France. Mais ce système ne suffit pas. - On n'exige pas cela des étudiants français. - Non.

Ni des communautaires. Ce sont des droits qui sont différents selon vos origines. - Dans le contexte actuel... - D'ailleurs, il y a la question est-ce que les étudiants algériens seront toujours les bienvenus en France ?

Il peut y avoir des conséquences sur les visas... - Du simple point de vue de l'enseignement supérieur, ils sont toujours bienvenus en France. - On va parler des chercheurs.

Après les attaques de Trump, le Gouvernement a lancé un plan d'accueil des chercheurs américains. Pouvez-vous nous dire combien de chercheurs américains ont été accueillis en France et oø ? - Vous vous rendez compte que c'était il y a deux mois et demi, vous ne déménagez pas de Californie à Marseille, en lâchant votre job, en deux mois et demi.

C'est clair. Aujourd'hui, on est dans un moment oø on est en train de conduire les candidatures. - Il y a beaucoup de demandes ? - Oui !

Plus de 1000 ou 1500 candidatures qui sont arrivées pour l'université de Marseille. - Combien seront retenues ? - Ca va dépendre.

Ca se fait en deux temps. L'université va sélectionner les candidats qui les intéressent, là-dessus, il nous proposeront les sélectionner et on les financera à hauteur de 50 %. Tout ça prend du temps. - Emmanuel Macron avait promis 100 millions d'euros pour cela.

Est-ce qu'ils ont été débloqués ? - Oui, ils servent exactement à ce que je dis, quand le président de l'université vient avec sa vingtaine de candidatures de chercheurs, on les examinera et on les co-financera. On pourrait parler de centrale...

Je n'ai pas le chiffre en tête mais on a une trentaine d'établissements qui sont motivés sur ces questions-là. Je ne suis pas inquiet là-dessus. Ca va fonctionner, c'est sûr.

C'est de l'argent en plus. Au-delà de ça, il y a 50 millions d'euros qui viennent au niveau européen. - Il y a une question de Stéphane qui dit : "J'ai beaucoup de jeunes collègues et de CV qui débarquent du Maghreb est-ce qu'on ne piquerait pas ces cerveaux-là ? " - Cette question est légitime.

Dans la recherche, la circulation des cerveaux est indispensable. On ne fait pas de la recherche juste entre conseil ou entre la France et l'Allemagne car on se ressemble. Ce n'est pas vrai.

La recherche est internationale. Effectivement, on a des étudiants qui viennent des pays du Sud et qui viennent en France, souvent, ils repartent. On a des étudiants chinois, américain...

Nous-mêmes, nous avons des étudiants qui partent aux Etats-Unis et qui reviennent. La circulation des cerveaux, c'est bon pour la recherche. - Une question de Rémy sur le budget. - Vous avez des garanties de François Bayrou que la recherche n'aura pas de coupes budgétaires ? - Ce n'est pas à moi de parler à sa place.

Nous avons une loi de programmation de la recherche devant nous. Aujourd'hui, il y a quatre lois de programmation, la défense, la recherche, l'intérieur, la justice. Pourquoi il y a cette loi sur la recherche ?

La France investit 2,5 % de son PIB sur les dépenses de recherche. C'est dramatiquement bas. On est en position de décrochage.

On reste une grande puissance scientifique, du fait de notre histoire, mais c'est très bas. L'Allemagne est à 3,5 pour cent. Israël est à cinq ou six. - Donc il ne faut pas faire d'économie là-dessus. - Je vous dis ça pas pour défendre le budget, c'est parce que derrière la recherche, il y a l'innovation et l'industrie.

Ce n'est pas le moment de faire des coupes budgétaires, donc ? - Fondamentalement, cette question de la recherche et c'est un sujet dont on ne parle pas assez car on parle de beaucoup de choses dans l'hémicycle, ça, c'est un sujet de conflit qui définit l'avenir de notre pays. Si on veut penser à l'avenir de nos enfants, c'est important d'investir là-dessus. - Il faut de l'argent. - Est-ce qu'on veut une France innovante ou est-ce qu'on veut simplement se contenter d'une France des châteaux de la Loire ?

Je les adore. Mais ça ne peut pas être que ça. - Ces derniers jours, des tensions sont apparues.

La tribune du groupe LR contre l'éolien a fait réagir. - Je ne suis pas très en colère, ce qui est fondamental, c'est que, si on revient sur les faits, aujourd'hui, une part de notre énergie est électrique. Demain, cette part va augmenter.

On a toujours envie de réduire notre dépendance aux hydrocarbures. La part de l'électricité va augmenter. Elle est à 30 % des dépenses globales d'électricité, aujourd'hui, peut-être qu'à long terme elle sera à 50.

Est-ce qu'on peut couvrir ça simplement avec du nucléaire ? Non. On n'est pas capable de construire suffisamment... même en intégrant la relance du nucléaire.

Je suis le premier à le défendre. - Comment vous qualifiez la position de Bruno Retailleau ? - Une fois que vous avez fait ça, si vous voulez quand même arriver à accroître en électrique, ce n'est pas une position d'être écolo ou pas, il faut utiliser l'éolien.- Si vous êtes pragmatiques, c'est un idéologue, lui ? - Je pense qu'il a voulu répondre à des sollicitations d'une partie de son électorat sur le sujet. - Est-ce que ça pose une question de continuer de s'occuper de ses propres dossiers ?

Est-ce que vous considérez que c'est gênant ? - Je crois à la parole du Président. Je crois qu'effectivement, il faut qu'on reste focalisé sur notre dossier.

Derrière, il y a de la science, de la technologie, un rappel à la réalité technique des faits. On a besoin du nucléaire mais de toutes les énergies. - Ce désaccord va poser un problème ? - Je pense que tout est derrière nous. - La loi contre l'antisémitisme a été adoptée, beaucoup de cas avérés, vous les avez quantifiées ? - On a une cinquantaine de cas avérés à l'université qui remontent.

Je suis très vigilant sur ce que je vais prononcer, quand on interroge des jeunes qui sont juifs à l'université, ils nous expliquent tous, qu'à un moment ou un autre, ils ont été mal à l'aise ou ont subi des remarques, etc. Les cas avérés, c'est un élément, mais ça ne suffit pas. Il faut être intransigeant.

L'antisémitisme n'a pas sa place à l'université. La loi qui a été adoptée donne les moyens au président de l'université de lutter efficacement contre cela. - Pourquoi il fallait cette loi ? - Aujourd'hui, on a constaté que les mesures disciplinaires arrivaient beaucoup trop tard et elles étaient souvent pas prises de manière très efficace. - Elles ne peuvent pas être trop arbitraires ?

Trop rapides ? - Non. Derrière, il y a un juge administratif en charge de présider cette décision.

C'est une garantie très forte. Il y a des procédures d'appel. C'est très encadré.

Je n'ai aucun doute là-dessus. On ne peut pas attendre des années pour prendre des sanctions disciplinaires dans un établissement. - Au-delà de la violence, notamment sur ce sujet, qu'est-ce qu'on entend ? - On entend des craintes de LFI qui considère que cette nouvelle loi pourrait restreindre la liberté d'expression des étudiants, leur mobilisation en soutien à la Palestine.

Il n'y a pas de risque ? - D'abord, c'est une commission disciplinaire qui applique les règlements intérieurs et qui applique le droit, elle est présidée par un juge administratif. Il y a des instances d'appel.

Tout ça est encadré. - - Vous étiez au conseil national de défense à propos de ce rapport sur l'entrisme des Frères musulmans en France. Est-ce qu'il y en a dans les universités ? - A l'université, il faut être hyper vigilant et vérifier que ce qu'il s'y passe et est conforme au droit, à la loi et être extrêmement ferme quand on a des débordements, ou ça, c'est clair.

Après, on a des universités qui sont très politisées. Il y a des morceaux d'universités qui sont à la fois très visibles...

Parfois, ils sont militants, parfois il y a de l'agressivité et ça dérape. - Est-ce que c'est de l'entrisme ? - Il n'y a rien de nouveau là-dessus.

Ca nous ramène aux Khmers rouges. Il y a toute cette histoire. Ce sont les mêmes universités, d'ailleurs.

Ca n'a pas changé. A côté, il y a des gens qui sont très sensibilisés aux questions des diversités et en particulier, à la manière dont les diversités sont ressenties par les communautés religieuses, en particulier, les musulmans. Derrière, est-ce qu'il n'y a pas un amalgame fait par certains en parlant d'islamo-gauchisme ? - Cette notion n'existe pas.

Autant, oui, il y a des abus et il faut être vigilant, autant, se dire qu'il y a un mouvement qui est conçu pour prendre le pouvoir au sein des universités, non. Je ne crois pas. - Ca ramène aux Frères musulmans.

Ca n'existe pas ? - Pas de manière structurée et visible. Il peut y en avoir, et il faut être très ferme.

A côté de ça, mon travail est aussi d'avoir une vraie liberté d'expression. Jean-Michel Blanquer en a parlé pendant cinq ans. - C'est un ami mais je n'ai pas oublié de lui dire que ça n'existait pas. - Vous êtes ministres depuis sept mois, vous venez du CNES, vous avez atterri dans ce drôle de monde politique. - C'est un monde que je connaissais un petit peu.

Je ne l'avais pas pratiqué de la même façon. J'avais eu l'occasion d'être directeur de cabinet. Ce qui est sûr c'est que nous sommes dans un moment politique très particulier, avec détention, des prises de position souvent à très court terme.

Moi, en tant que scientifique, ce qui m'interpelle le plus dans ce que je constate aujourd'hui, c'est le court terme. Ce sont des débats qui se réduisent à quelques secondes...

On essaie de résumer un débat en quatre phrases. Comme le débat sur l'énergie. C'est un débat énorme.

On ne peut pas résumer la complexité du monde. Le monde technologique est complexe. - Il faut inviter plus de scientifiques. - Il y en a un qui fonce vers la politique, c'est Elon Musk.

Vous le connaissez, vous l'avez un peu fréquenté dans vos fonctions précédentes. Il a créé son parti. C'est courageux de sa part ? - Je l'ai croisé mais je n'ai pas eu l'occasion... - C'est courageux de créer un parti contre Trump ? - Je pense qu'il veut créer un parti centré autour de ses idées très liberté qui sont très fortes.

Je ne porte pas de la même manière. - Est-ce qu'il vous épate ? - Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, il a un côté fascinant dans son égo surdimensionné. - Il apporte quoi la politique ? - A la politique, je ne sais pas, à la technologie, il a remit l'espace au coeur des débats.

Il a fait rêver la terre entière autour du spatial Un certain nombre de rêves sont des chimères. Allez vivre sur mars, ça n'existe pas. Mars n'est pas un endroit désirable pour vivre.

Je vous le déconseille fondamentalement. - On va recevoir notre invité débattre face à vous sur l'intelligence artificielle. - Face à vous, une philosophe engagée, un esprit critique qui explore les enjeux de la technologie, de l'intelligence artificielle, sur notre quotidien.

Journaliste, rédactrice en chef du magazine philosophie magazine, son actu est marquée par l'ouvrage "Le sens de la Tech". - Serons-nous à la hauteur est capable de penser les progrès technologiques comme des progrès tout court ? Imaginez un monde dans lequel nous prendrons le temps de vivre malgré la vitesse ?

L'IA est-elle compatible avec la sobriété ? - Comment réduire notre dépense écologique ? - Autre sujet, la question des femmes qui ne représentent que 10 % d'effectifs dans la tech.

Face à vous, Anne-Sophie Moreau. - On accueille Anne-Sophie Moreau pour débattre avec vous. Merci d'être avec nous sur ce plateau.

Je vous laisse vous installer face au ministre pour pouvoir parler de l'impact de l'intelligence artificielle. - Merci de me recevoir. Je suis ravie d'avoir l'honneur de vous poser quelques questions et de débattre, avec plaisir.

La première question est simple : Avant, lorsqu'il y avait des distributions technologiques on les craignait, on craignait la destruction d'emploi et on la craignait surtout dans des secteurs peu qualifiés. Aujourd'hui, un parent qui met son enfant dans l'enseignement supérieur se dit qu'il faut qu'il fasse un maximum d'années d'études pour se préserver du chômage. Ca a été le mantra pendant un temps.

Or, aujourd'hui, on se retrouve face a l'IA qui vient toucher les populations du tertiaire, qui prendra peut-être des débouchés à des étudiants qui ont travaillé très dur pendant des années, y compris les gens de la technologie. Qu'est-ce que vous diriez à un étudiant aujourd'hui ? Est-ce qu'il doit faire un maximum d'études comprendre comment fonctionne la machine allez à l'intérieur de cet outil qui a l'air facile, vu de l'extérieur ?

On a l'impression qu'on peut utiliser ChatGPT très facilement. Est-ce qu'on doit plutôt aller au maximum, comprendre l'outil ou bien revenir à des métiers manuels et éviter la surproduction d'élite dans un monde oø l'IA fera tout à notre place ? - C'est une révolution qui est en cours.

Je pense que la question fondamentale pour les étudiants c'est de se dire que le métier qu'ils sont en train d'apprendre aujourd'hui, ne sera probablement pas celui qu'ils vont exercer dans cinq ans, 10 ans, 30 ans. Avant tout, il faut qu'ils apprennent un certain nombre de connaissances fondamentales, on n'a pas forcément l'occasion de revisiter après, mais il faut qu'ils apprennent à apprendre. C'est fondamental.

On n'est pas dans un mécanisme qui est statique. Demain, est-ce que les métiers manuels seront plus préservés ? Je ne suis pas sûr.

Il y a une autre évolution qui est déjà là mais qui va arriver encore plus violemment, c'est l'évolution de la robotique, des outils qui seront avec nous au quotidien pour nous aider à faire des tâches ou les faire à notre place. Mais, je crois vraiment qu'il faut apprendre aux jeunes ce que sont ces outils. On peut le faire.

Il n'y a pas très longtemps, car je suis mathématicien et informaticien, je connais le sujet, j'ai été donné un cours dans un lycée oø j'ai expliqué comment on faisait de la reconnaissance de caractère. Je pense que ça fait parti, ça doit faire parti des connaissances qu'on donne. - Est-ce que tous les élèves pourront maîtriser ces codes ?

Programmer ces IA ? - Bien sûr, tous les jobs qui sont très répétitifs vont être en danger. Ce qu'il faut, c'est comprendre comment fonctionne l'IA, avoir au moins un petit bagage.

Mais pour l'utiliser, il n'y a pas besoin de les coder. C'est ça qui est extraordinaire. Par contre, ce qu'il faut faire, c'est au moins expliquer aux gens ce que fait l'IA.

On voit l'IA générative. Ce que fait l'IA, c'est répéter des choses qui ont été dites ailleurs. Elle répète. - Comment faisons-nous pour faire en sorte qu'elle ne soit pas seulement un outil ?

On croit qu'on pas qu'on va pouvoir l'utiliser comme un marteau, or, ça représente à la fois le discours mais ça prend position de notre faculté de penser et ça vient modeler notre rapport au monde. Tout le monde commence déjà à poser des questions à l'IA au lieu d'aller dans un moteur de recherche. On ne sait plus du tout d'oø vient l'information.

Comment un jeune peut trouver le moyen de développer son esprit critique face a ces données massives ? Comment peut-il apprendre à penser par lui-même ? - Je suis d'accord.

Il y a un énorme sujet ici. Par ailleurs, c'était pareil quand le Web est arrivé. La question n'a toujours pas été réglée.

Avant, il y avait les encyclopédies, finalement, dans le fond, on avait l'encyclopédie universalis qui était une référence de l'honnête homme, et qu'on n'a plus maintenant. Ca nous remet en cause. Ca remet en cause ce qu'on a appris et la manière dont nos enfants vont fonctionner demain.

Quand on voit la multiplication des devoirs qu'on a à faire à la maison oø les jeunes se jettent sur une IA et retranscrivent leur mauvaise traduction latine...

Tout ça doit changer. - Deux questions pour conclure : Comment faisons en sorte pour que les femmes aient une place dans ce monde de la tech ? Il y a un effondrement de la présence des femmes dans la tech.

Et il y a un autre domaine dans lequel on sent que beaucoup de jeunes, notamment des territoires délaissés par l'emploi, vont être dépassé, la transition écologique. Comment fait-on en sorte de créer des emplois et des formations dans lesquels renforcent cette orientation et on fait en sorte que les jeunes s'insèrent ? - La place des femmes dans les sciences et la technologie, en dehors des sciences biologiques et médicales, ou la place des femmes est très satisfaisant, on a un énorme problème.

C'est un problème qui n'a pas de solution immédiate, malheureusement. - On ne peut pas le régler par des quotas. - Ca mériterait une émission à part entière. - Il reste une minute. - Mon point de vue là-dessus a fortement évolué. - Sur les inégalités territoriales ? - J'ai été un industriel.

Mon ADN n'est pas un ADN d'écolo. Mais je crois profondément au fait qu'on doit adapter notre société car on altère la planète avec le réchauffement climatique et on ne peut pas l'ignorer. Ce qu'on voit aux Etats-Unis oø on est en train de casser le thermomètre pour être sûr de pouvoir continuer à lui ramper, ça n'a pas de sens. - Merci, Anne-Sophie Moreau, d'avoir échangé avec Philippe Baptiste. - Sur la position de l'extrême droite à l'université, c'est quoi la situation ? - Je crois qu'on peut dire qu'on a une extrême droite plus forte qu'il y a une dizaine d'années, aujourd'hui, dans les universités.

Il y a un mouvement plus fort, une droite identitaire très musclée, effectivement, qui avait n'ont pas disparu mais qui était très marginale avant. C'est probablement en réaction à une extrême gauche qui est devenue très forte. Malheureusement, aujourd'hui, beaucoup de gens ne rêvent que de s'égorger de les amphis.

Mon boulot est de faire en sorte que ça n'arrive pas. - Merci, Philippe Baptiste, d'avoir été notre invité sur "Lundi, c'est politique". C'est la fin de la saison.

Bonne soirée, bonne semaine et merci.