Couvre-feu généralisé, fabrication de vaccins en France, contrôles aux frontières... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal, couvre-feu pour tout le monde demain soir, 18h, c'était le seul choix possible pour éviter d'être reconfiné ?
C'est une décision difficile, on est dans une situation en France où on n'a pas de hausse exponentielle de l'épidémie comme on peut le voir chez la plupart de nos voisins, ce qui les a poussés à prendre des décisions encore plus difficiles avec des reconfinements ou des prolongements du confinement, mais on a une préoccupation forte avec les conditions hivernales qui favorisent la transmission du virus, avec les variants qui circulent qui peuvent le rendre plus contagieux et donc oui on a pris cette décision pour éviter d'avoir à en prendre des plus difficiles dans l'immédiat.
Nous sommes quasiment une exception aujourd'hui en Europe si on se réfère en tout cas à ce qui se passe de l'autre côté de nos frontières quasiment tous nos voisins sont reconfinés partiellement ou totalement, ça veut dire très clairement que ça reste une option sur la table ?
ça reste une option sur la table si la situation devait se dégrader fortement, le Premier ministre l'a dit hier mais donnons ses chances à ce couvre-feu à 18h partout en France pour essayer de lui faire avoir le plus d'impact possible sur la circulation du virus.
On lui laisse combien de temps au couvre-feu pour faire ses preuves ? Il y a une clause de revoyure...
À 15 jours, c'est ce qu'a dit le Premier ministre.
15 jours, donc pas de reconfinement.
Non, je ne dis pas ça, ce que je dis c'est que le couvre-feu est mis en place pour au moins 15 jours. Excusez-moi.
Pas de reconfinement la semaine prochaine, clause de revoyure. Ça c'est sûr ?
Ce que je dis c'est qu'on a mis en place un couvre-feu, le Premier ministre l'a dit pour au moins 15 jours, ce qui va nous permettre de mesurer son impact. Maintenant, moi je n'exclus évidemment aucune autre mesure.
Donc il n'y aura pas de mesures supplémentaires dans les 15 jours qui viennent ou à tout un sens ?
Ce n'est pas ce que j'ai dit, encore une fois, je n'exclus pas d'autres mesures. On a vu par le passé, il nous est arrivé de mettre en place des mesures et puis de voir que malheureusement la situation se dégradait et de devoir prendre d'autres mesures. Ce que je dis aujourd'hui, c'est que c'est un couvre-feu à 18h qui a été décidé, que je sais que c'est une décision difficile, que je sais qu'il y a des contraintes pour beaucoup de Français et notamment ceux qui nous écoutent, que c'est la décision que nous avons jugée la plus efficace sans porter davantage de contraintes sur les Français au moment donné et avec la circulation du virus qu'on a dans notre pays.
Pour que les gens comprennent bien ceux qui nous écoutent, ceux qui nous regardent à la télévision, la semaine prochaine, pas de reconfinement, ce n'est pas ce qui est envisagé.
Moi, je n'exclus jamais rien par principe, Salia Bracchia. Je fais toujours très attention à ça depuis que je suis porte-parole du gouvernement. Quand on exclut des choses par principe, malheureusement avec cette épidémie qui parfois peut nous surprendre, on se retrouve démenti par les faits. Donc moi, je dis qu'il y a cette mesure qui a été annoncée, que si on a choisi ce couvre-feu à 18h partout en France, c'est parce que nous considérons que c'est une mesure efficace, qu'elle va nous permettre de freiner l'épidémie. Maintenant, évidemment, on ne peut pas prévoir ce que sera l'évolution du virus à court ou à moyen terme.
Le patron des marcheurs, Stanislas Guérini, a eu une drôle d'expression hier pour justifier par avance d'ailleurs le couvre-feu généralisé à 18h. Il a dit que c'était pour contrer l'effet apéro. Vous avez compris ce que ça voulait dire ?
Je pense que ce qu'il a voulu dire, c'est qu'il s'agit de limiter davantage, d'imiter le plus possible les interactions sociales qu'on peut avoir en fin de journée. On sait que le virus circule.
On sait que tous les Français prennent l'apéro à 18h.
Non, je ne crois pas que c'est ce qu'il a voulu dire. Et par ailleurs, comme je l'ai dit avant que vous m'interrogez sur cette question, je sais que c'est beaucoup de contraintes pour des Français. Les Français, en sortant du travail, vont chercher leurs enfants à l'école, ils vont faire quelques courses pour le dîner. Je ne crois pas une seconde que c'est ce que Stanislas Guérini voulait dire.
On ne retombe pas un tout petit peu dans les travers, un brin infantilisant qu'on a pu avoir parfois depuis le début de cette crise ? Dire aux Français, je vais vous empêcher de prendre l'apéro.
Je ne crois pas. Maintenant, ce qui est certain, c'est que cette crise, elle est très difficile aussi parce que c'est un virus qui se transmet au moment d'interaction sociale, quand on est amené à retirer son masque dans des lieux privés, sans distance, et que malheureusement, les décisions qu'on a eues à prendre, comme la majorité des pays autour de nous, visent à limiter ces moments-là. C'est très difficile, mais encore une fois, je pense que c'est nécessaire aujourd'hui.
Parlons concret. Qu'est-ce qui pourra rester ouvert au-delà de 18h ?
Au-delà de 18h, ceux qui travaillent et doivent continuer à travailler, terminer de travailler et puis rentrer chez eux après 18h pourront continuer à le faire. C'est déjà le cas avec le couvre-feu à 20h aujourd'hui. Et c'est déjà le cas avec le couvre-feu à 18h dans les départements qui étaient déjà passés à 18h ces dernières semaines.
Alors pour circuler au-delà de 18h, attestation obligatoire ?
Oui, il y aura une attestation comme aujourd'hui, après 20h ou après 18h dans les départements déjà concernés. Attestation qui doit être fournie par l'employeur dans chaque entreprise ? Si jamais vous continuez à travailler après 18h et que vous rentrez après, en plus de votre attestation dérogatoire, effectivement, il y a un justificatif de professionnel qui est aussi disponible sur le site du ministère de l'Intérieur.
Et si on n'a pas d'attestation, c'est l'amende ?
Ça, vous connaissez maintenant ce principe. On a l'habitude maintenant. Voilà, maintenant, ce que je vois, c'est qu'il y a des contrôles qui sont faits. Il y a des contrôles qui ont été mis en place depuis l'instauration de ce couvre-feu. Après le confinement, c'est-à-dire le 15 décembre, que dans la grande majorité des cas, les Français respectent les règles, ont leur attestation. L'application TousAntiCovid, qui a été téléchargée plus de 10 millions de fois, elle permet de générer une attestation sur son application. C'est assez pratique. Donc, moi, c'est surtout ça que je regarde.
Et la particularité avec un couvre-feu à 18h, c'est que les collégiens, les lycéens vont parfois rentrer chez eux au-delà de 18h. Eux aussi doivent se munir d'une attestation.
Alors, il me semble, point à vérifier, mais tout ça sera clarifié d'ici demain, il me semble que le carnet de correspondance ou la carte de lycéens peut faire foi pour rentrer. Il n'y a pas besoin de fournir son emploi du temps. Ça suffira, on ne va pas contrôler les enfants.
À partir de lundi, les conditions d'entrée sur le territoire français sont renforcées. Il faudra un test PCR négatif si on arrive en France depuis un pays hors Union européenne. Il faudra également s'engager à s'isoler pendant une semaine et passer un deuxième test une semaine après. Pourquoi le faire pour les gens qui arrivent d'en dehors de l'Union, mais pas de ceux qui viennent de l'Union européenne ? Le virus aujourd'hui, et notamment sa version britannique, il circule partout.
Il y a un Conseil européen qui se tient la semaine prochaine, auquel le président de la République participera. Et dans le cadre de ce Conseil européen, la France va proposer des évolutions pour ce qui est des frontières au sein de l'Union européenne. C'est un sujet qui doit être discuté dans ce cadre-là. D'abord parce qu'on avance ensemble dans l'Union européenne et c'est important quand on prend des décisions, qu'on les discute ensemble avant et qu'elles puissent recueillir l'assentiment le plus large possible.
Ensuite, parce que vous savez que pour ce qui est des frontières immédiates géographiques de la France, on a certains de nos concitoyens qui, tous les jours, les franchissent pour aller travailler. Et donc quand on met en place...
Les transfrontaliers, mais par exemple dans les aéroports...
C'est 350 000 Français qui, chaque jour, traversent ces frontières. Quand on met en place des mesures, il faut évidemment tenir compte de leur vie à eux et de leur quotidien à eux avec des problématiques très concrètes.
Est-ce qu'il est envisagé que vous mettiez en place à l'intérieur de l'Union européenne, en ce qui concerne les aéroports, la même chose qu'on met en place avec ceux qui arrivent en dehors ? C'est tout à fait possible. C'est ça l'objectif. C'est tout à fait possible. Double test PCR.
Il va y avoir des discussions sur ce point dans un cadre européen, mais d'ores et déjà, vous avez indiqué, pour ce qui est des frontières hors de l'Union européenne, on est remonté encore d'un cran, puisque maintenant, pour venir en France, je rappelle que les frontières sont fermées et que donc il n'y a que ceux qui ont la nationalité française ou qui ont un titre de séjour valable qui peuvent franchir ces frontières. Pour les franchir, il faudra avoir un test négatif au départ à l'embarquement de l'avion ou du bateau pour se rendre en France.
Mais je prends un exemple, un Français ou un Américain d'ailleurs qui arrive en Europe en passant aujourd'hui par Berlin et qui ensuite arrive à Paris ou par... Il ne passera pas le test PCR.
Aujourd'hui, il n'y a pas de test obligatoire sur les frontières intra-Union européenne. Mais c'est pour ça qu'on va continuer à avoir cette discussion au niveau européen dans le cadre du Conseil.
Vous restez avec nous, Gabriel Attal. On s'interrompt quelques instants pour le Fil Info à 8h40 avec Diane Ferschit.
Un retournement spectaculaire. Plus de la moitié des Français, 56%, veulent désormais se faire vacciner contre le Covid. Il n'était que 42% il y a trois semaines, selon un sondage d'Oxabac, Bonne Consulting pour France Info. La vaccination qui sera non seulement ouverte aux plus de 75 ans à partir de lundi, mais aussi à tous ceux qui risquent de développer une forme grave du coronavirus. Les personnes traitées pour cancer, celles atteintes d'insuffisance rénale, il faut obligatoirement s'inscrire. C'est possible sur le site santé.fr ou par téléphone au 0800 009 110. Et la mesure phare annoncée par le gouvernement, c'est l'entrée en vigueur demain d'un couvre-feu à 18h dans toute la France.
Les écoles restent ouvertes avec un protocole sanitaire renforcé. Et à la cantine, plus de sport en intérieur, que ce soit à l'école ou en périscolaire, à l'université. Les étudiants de première année vont retrouver les cours de travaux dirigés en présentiel, mais par 2000 groupes, ce sera à partir du 25 janvier. 1900 milliards de dollars, le montant du plan de relance d'urgence dévoilé par Joe Biden aux Etats-Unis. Il doit, selon le président élu, permettre au pays de sortir de sa pire crise depuis les années 30.
Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.
Alors avec ce couvre-feu à 18h, vous risquez la ruée des Français dans les transports avant l'heure fatidique pour entrer à la maison, mais aussi les magasins bondés le week-end pour aller faire les courses. Hier, le Premier ministre a parlé d'une jauge dans les supermarchés. À quoi elle correspond ?
Il y a aujourd'hui une jauge qui s'applique. Il y a un protocole sanitaire renforcé.
On n'a pas trop l'impression qu'elle s'applique.
Il y a un protocole sanitaire renforcé qui avait été annoncé, il me semble, le 15 décembre, avec une jauge.
On est censé compter les gens à l'entrée. Je peux vous faire une confidence ? Pour avoir fait mes courses le week-end dernier dans un supermarché que je ne citerai pas, une grande surface, il n'y avait personne à l'entrée qui comptait.
Je peux vous faire une confidence ? Allez-y, je vous en prie.
Ça m'est déjà arrivé aussi. Bon, mais qu'est-ce qu'on fait ?
On renforce les contrôles, c'est ce qu'a annoncé le Premier ministre. Donc il faut quelqu'un qui compte à l'entrée à chaque fois. Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas non plus, il y a malheureusement toujours des exceptions, des structures qui ne respectent pas les règles, mais il ne faut pas non plus considérer que c'est le cas partout. Heureusement, il y a beaucoup de contrôles qui se sont déjà faits aujourd'hui. Je crois que c'est plusieurs dizaines de milliers de contrôles qui ont été faits sur ce qu'on appelle des ERP, des établissements recevant du public et notamment des commerces des supermarchés.
Il y a pu y avoir des relevés que certaines choses n'étaient pas respectées, mais dans une grande majorité de cas, elles le sont. Pour autant, le Premier ministre l'a dit, on va renforcer ces contrôles. Il y a un protocole sanitaire avec une jauge en mètre carré par client et il y a l'obligation pour les commerces ou supermarchés de plus de 400 mètres carrés, il me semble, d'avoir une personne à l'entrée qui compte le nombre de personnes qui rentrent, qui fait attendre à l'extérieur avec de la distance les personnes qui ne peuvent pas encore rentrer. Donc évidemment, oui, il faut renforcer cette disposition.
La question de l'école, Gabriel Attal, les écoles restent ouvertes dans les semaines qui viennent avec un protocole sanitaire renforcé, notamment pour les cantines où Jean-Michel Blanquer a demandé hier que chaque classe mange à la même table, ce qui va supposer sans doute qu'on allonge assez considérablement dans certains établissements la durée de la cantine. Un directeur d'école qui était avec nous tout à l'heure sur France Info disait que les premiers mangeront vers 11h, les derniers à 14h. Pour faire ça, il faut du personnel en plus, souvent dans les écoles. Est-ce que vous allez les aider ?
D'abord, on accompagne les collectivités locales et les établissements scolaires depuis le début de cette crise. Et moi, je pense aussi à eux parce que c'est vrai que c'est compliqué. Il y a des protocoles sanitaires qui sont compliqués, qui évoluent, on le voit, mais parce que l'épidémie et parce que le risque évoluent et que c'est normal qu'on s'adapte. Et évidemment, on va continuer à le faire. Il y a effectivement cette possibilité qui a été annoncée par Jean-Michel Blanquer hier de pouvoir étaler davantage les services.
Mais on aide les écoles avec plus de personnel ?
Et je suis sûr que Jean-Michel Blanquer, dans les discussions qu'il a, il rencontre très régulièrement les associations d'élus, notamment l'association des maires de France s'agissant des écoles. Je suis sûr qu'il y a des discussions sur ce point-là et que par ailleurs, tout le monde cherche à faire au mieux possible, y compris les collectivités locales.
Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé un nouveau protocole pour tester jusqu'à 1 million d'enfants et d'enseignants par mois. Comment ça va s'organiser ? Est-ce que ce sera obligatoire ou c'est sur la base du volontariat ?
Alors, ça sera précisé par Jean-Michel Blanquer dans les jours qui viennent. Mais c'est donc une augmentation de nos capacités de test dans les établissements scolaires. Il y a déjà des tests qui sont faits dans des établissements scolaires. On a eu, notamment avant les vacances de Noël, des campagnes massives de tests antigéniques qui ont été réalisés dans des établissements. C'était sur la base du volontariat d'ailleurs.
Il y en a eu relativement peu, pour l'instant, des tests pratiqués à l'école. On est à 10 000. Ils ont commencé, je crois, au début du mois de décembre. Avant les vacances de Noël, il y a eu une campagne de... 10 000 tests à l'échelle de l'éducation nationale et de ces, de mémoire, 12 millions d'élèves, 1 million d'enseignants.
Ça semble peu. Oui, c'est pour ça qu'on va augmenter. Ça sera plus de 300 000 tests par semaine et donc plus d'un million par mois. C'est ce qui a été annoncé. Il faut quand même préciser que sur ces 10 000 tests qui avaient été réalisés avant les vacances de Noël, sur un panel quand même assez large, il y avait assez peu, voire très peu de contamination qui avait été détectée. Je crois, selon le chiffre qu'avait donné Jean-Michel Blanquer, que c'était 0,3%.
Pour les étudiants, ce sera un retour au compte-gouttes. Encore, à la fin du mois, seuls les étudiants en première année pourront revenir au TD en demi-groupe. Pourquoi est-ce qu'il est possible dans les lycées ? C'est-à-dire un retour...
50-50.
50-50. Et encore, certains lycées accueillent aujourd'hui tous leurs élèves. Pourquoi ça ne l'est pas forcément à l'université ?
Vous savez, quand on a pris des décisions à l'automne dernier, au moment de la deuxième vague, on avait un objectif qui était de limiter le plus possible les flux, le brassage, partout là où c'était possible, même si à chaque fois, c'est des contraintes et à chaque fois, c'est des difficultés pour les Français concernés. Je veux vraiment le dire. Et forcément, s'agissant des jeunes, il y a un moment où vous devez faire un choix. Et de fait, quand on est à l'université, on est un peu plus âgé. On a un peu plus eu l'expérience de travailler seul chez soi. Et donc, c'est peut-être plus simple, entre guillemets, de suivre ses cours à distance.
Maintenant, quand je dis ça, je sais que c'est difficile. Je sais que c'est difficile, notamment pour les premières années, parce que la différence entre un jeune de terminale et un jeune de L1, ils ont quasiment le même âge. Parce que ceux qui sont en L1 cette année, en première année de licence, j'en ai rencontré. J'étais hier à Bordeaux, à l'université, justement pour échanger avec des étudiants. Il faut penser à eux. C'est des jeunes, des étudiants, qui n'ont quasiment pas vu l'université, alors qu'ils sont depuis un semestre à l'université.
C'est les mêmes qui étaient en terminale l'an dernier, et dont les cours ont été hyper perturbés par la première vague quand les écoles et les lycées avaient été fermés. Et donc, c'est vraiment sur eux, dans un premier temps, qu'on concentre les choses, parce que c'est pour eux, probablement, que c'est le plus difficile. Même si c'est difficile pour les autres, et que notre souhait, c'est que les autres aussi, ceux qui sont en L2, en L3, en master, puissent, dans le cours de ce semestre, revenir progressivement, physiquement, à l'université.
Donc, il faut juste attendre quelques mois, c'est ça que vous dites ?
En termes de visibilité, pour les autres ? On fera aussi vite, ça dit à Braclia, que la situation sanitaire le permettra. Ce à quoi on s'engage, c'est que ceux qui sont en première année de licence, la semaine du 25 janvier, pourront revenir en TD, en demi-groupe. C'est un progrès pour eux. Je peux vous dire, pour avoir encore une fois rencontré des étudiants hier, c'est extrêmement difficile, et c'est vraiment ce qu'ils attendaient. Et on va tout faire pour que, pour les autres, progressivement, on puisse aussi élargir.
Depuis 48 minutes, précisément, le site internet pour lancer la vaccination des plus de 75 ans a rouvert. Rouvert, après un faux départ hier, puisqu'il a planté au moment de son ouverture à 8h. Vous avez pu vérifier que ça marchait cette fois-ci déjà, avant d'arriver jusqu'à ce studio ?
Vous me connaissez bien. Je me suis connecté en attendant d'entrer dans ce studio pour vérifier que ça fonctionnait. Et à ce moment-là, effectivement, on pouvait tout à fait accéder au site.
Vous aviez vu trop petit hier, vous n'aviez pas imaginé ces 8000 connexions par seconde ?
Il y a un afflux très fort. Et d'abord, un, je peux le comprendre, et ensuite, ça montre aussi qu'il y a une attente très forte sur cette vaccination. Ce qui va à l'encontre de certains discours qu'on a pu entendre sur le fait que les Français ne voudraient pas se faire vacciner, etc. On voit qu'il y a une attente très forte.
Ce que montre ce matin notre sondage France Info, 56% des Français prêts à se faire vacciner, 14 points de plus en l'espace de trois semaines.
Donc, il y a une augmentation. Il faut s'en réjouir et il faut le saluer. Et donc, il y a une demande très forte. Et il y a ce site Internet, il y a des plateformes médicales qui ont été mises en place avec des sites type Keldoc, Doctolib. Il y a un numéro de téléphone qui est mis en place.
Que je vais redonner ici même pour ceux qui sont parmi les personnes vulnérables ou parmi les personnes de plus de 75 ans qui vivent chez elles. C'est le 0800-009-110, 0800-009-110. Il est ouvert lui aussi. Il s'est ouvert également 7 jours sur 7 à partir de demain de 6h à 22h. Exactement. C'est ça. Vous vous attendez à un afflux ?
Pour la métropole et pour les territoires ultramarins.
Vous vous attendez à un afflux ?
Oui, je crois. Encore une fois, moi, j'étais hier à Bordeaux. J'ai échangé avec les élus, avec le directeur du CHU. Et il y a une attente forte des Français qui ont plus de 75 ans, qui souhaitent pouvoir se faire vacciner. D'ailleurs, de Français aussi de plus de 65, de plus de 50 ans, qui attendent aussi. On va devoir élargir progressivement par étape. Parce que la réalité, c'est que la France, comme ses voisins européens et comme tous les pays dans le monde, doit attendre que les doses arrivent parce que les capacités de production ne sont pas infinies, qu'elles tournent à plein régime.
Justement, Gabriel Attal, hier, le Premier ministre disait que tout le monde ne pourra pas obtenir un rendez-vous immédiatement. C'est parce qu'on manque de vaccins, c'est ça ?
C'est parce que les doses arrivent progressivement, absolument.
Et alors, comment on fait pour les personnes qui ne peuvent pas se rendre dans un centre de vaccination ?
Qui ne peuvent pas physiquement se rendre dans un centre de vaccination ? Il y a des solutions qui vont être trouvées au niveau local. Je vous donne un exemple. Vous faites appel aux élus, là ? Oui, parce que les élus connaissent bien leurs habitants. Ils savent comment trouver les meilleures solutions. Toutes les géographies ne sont pas les mêmes. Ce n'est pas pareil si vous êtes dans une ville, dans un endroit très urbain ou rural. Il y a des communes qui vont mettre en place, par exemple, des bus. Elles ont des bus pour le transport scolaire. Elles peuvent les utiliser pour ça. Il y a des communes ou des établissements qui vont développer des équipes mobiles.
Hier, encore une fois, j'étais à Bordeaux, j'échangeais avec les équipes du CHU. Ils mettent en place des équipes mobiles qui pourront aller vacciner au domicile de personnes.
Est-il exact que le gouvernement a demandé au groupe français Sanofi, dont le vaccin a pris du retard et n'est pas attendu maintenant avant la fin de l'année 2021, d'éventuellement fabriquer les vaccins des autres, ceux qui existent déjà ?
Oui, ce qu'on est en train de regarder, c'est dans quelle mesure est-ce que des chaînes de production qui permettent de produire du vaccin et qui ne sont pas utilisées aujourd'hui pour la production d'un vaccin Covid peuvent être utilisées pour développer un vaccin Covid ? Et Sanofi va le faire ? Sanofi pourrait fabriquer un vaccin Pfizer, Moderna ? C'est tout à fait possible. Je ne fais pas d'annonce pour l'entreprise. C'est ma collègue Agnès Pannier-Runacher qui est chargée de ce dossier.
C'est intéressant ce que vous nous dites parce que ça permettrait évidemment d'en fabriquer plus. Dans ces cas-là, je sais que c'est hypothétique, Gabriel Attal, mais si Sanofi fabrique des vaccins, on les redistribuera dans toute l'Europe ou ils seront pour la France ?
Je crois que pour des raisons logistiques, les vaccins qui sont produits sur le territoire français, pour des raisons encore une fois pratiques, vont en France. Maintenant, ils rentrent dans le quota que nous avons de vaccins au niveau français. Donc ce ne seraient pas des vaccins supplémentaires, en plus des 300 millions commandés pour la France. Il faut peut-être bien expliquer comment les choses fonctionnent.
On va l'expliquer dans un instant. D'accord. Je peux vous interrompre ? Pardon, il est 8h51 et vous nous expliquez tout ça juste après le fil info avec Diane Ferschit.
Dans toute la France, il faudra être rentré chez soi à 18h. À partir de demain, couvre-feu généralisé face à la propagation du coronavirus. Jean Castex a prévenu qu'un troisième confinement serait appliqué sans délai en cas de dégradation de la situation. Les écoles vont rester ouvertes, mais avec un protocole sanitaire renforcé à la cantine. Plus de sport en intérieur pour les élèves, les voyageurs qui arrivent en France d'un pays en dehors de l'Union européenne devront présenter un test négatif avant de s'isoler pour 7 jours et de pratiquer un nouveau test. Et puis à noter qu'à l'université, les étudiants de première année vont retrouver les cours de travaux dirigés en présentiel.
Ce sera par demi-groupe la dernière semaine de janvier. 640 euros en moyenne pour 8,5 millions de foyers, ils vont recevoir un virement des impôts ou une avance sur les réductions et crédits d'impôts. 8 départements de l'Est de la France toujours en vigilance orange face aux risques de neige et de verglas en Alsace. Au moins 12 000 foyers sont privés d'électricité, des restrictions de circulation pour les poids lourds et pas de TER avant au moins 10 heures entre Bâle et Mulhouse, Strasbourg et Cédesta. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, vous nous avez confirmé il y a quelques instants que l'État a bien demandé à Sanofi de fabriquer éventuellement des vaccins qui sont déjà mis au point par d'autres laboratoires, que ces vaccins ne s'ajouteraient pas à ceux commandés par l'Europe et envoyés en France, c'est bien ça.
Ce que je dis c'est qu'on fait le maximum pour développer la production des vaccins partout dans le monde et notamment en France. Encore une fois, je n'annonce pas de choses pour des laboratoires, ils communiquent et puis ma collègue Agnès Pannier-Runacher communique pour ce qui est du gouvernement. Ce que je dis ensuite, c'est qu'on est déjà engagé en France pour développer des vaccins en France avec des entreprises françaises. Ça fait six mois qu'on travaille sur le sujet. Exemple, l'entreprise Delpharm va développer le vaccin Pfizer BioNTech dans son usine française. Qu'on a rehaussé les commandes au niveau européen pour un certain nombre de vaccins et notamment le vaccin Pfizer.
Je crois que c'est 300 millions de doses supplémentaires qui ont été commandées au niveau européen. Ce qui fait que mécaniquement, la France va en recevoir davantage.
C'est 15% à notre cote part à chaque fois.
On a un mécanisme où l'Europe commande des vaccins et où elle est répartie ensuite dans les pays européens selon leur population. Ce qui fait qu'on reçoit le même nombre de vaccins que les autres pays européens.
Donc on n'en aura pas plus même si on produit sur notre territoire.
Je vous ai dit que les commandes au niveau européen avaient été augmentées.
Gabriel Attal, vous avez compris vous pourquoi Roselyne Bachelot était là hier lors de la conférence de presse avec le Premier ministre ?
Bien sûr, Roselyne Bachelot est totalement mobilisée pour accompagner le secteur culturel dans des conditions qui sont extrêmement difficiles pour eux. Puisque malheureusement, ils n'ont pas encore pu rouvrir. Et il n'y a pas de date. Et c'est important qu'elles puissent faire un point avec eux sur les aides qui existent, sur le travail qui est mené pour construire un modèle qu'elle appelle un modèle résilient face à la Covid-19, qui doit permettre à des activités de reprendre.
Vous en savez un peu plus, vous, sur le calendrier d'ouverture glissant, comme elle le dit, qui pourrait être mis en place ?
Elle s'est exprimée hier soir et elle est ministre de la Culture. Et il n'y avait pas d'info, donc c'est pour ça que je vous pose la question. En tant que porte-parole du gouvernement, je ne peux pas moi donner plus d'informations. Ce que je peux vous dire, c'est qu'elle rencontre très régulièrement les acteurs culturels. Que ces rencontres ont permis d'abord de mettre en place un accompagnement financier colossal. Je ne vais pas citer 15 fois mon déplacement à Bordeaux hier, mais c'est intéressant parce que j'ai pu voir beaucoup de monde. Et c'est aussi comme ça qu'on voit ce qui se passe sur le terrain par rapport à ce qui est décidé au niveau national.
J'ai vu le patron d'une salle de spectacle qui disait lui-même que sur l'accompagnement financier, l'État était au rendez-vous. Maintenant, évidemment, les artistes n'attendent pas uniquement des subventions ou de l'argent. Ils veulent vivre de leur passion, ils veulent retrouver leur public. Il va y avoir un calendrier progressif sur lequel travaille Roselyne Bachelot avec le souhait que progressivement les activités puissent reprendre.
Gabriel Attal, deux grandes entreprises privées. Le groupe français Carrefour d'un côté et le canadien Couchetard de l'autre ont annoncé qu'elles étaient entrées en négociation pour éventuellement se marier. Le gouvernement, depuis quelques heures, brandit la menace d'un veto. C'est un nom courtois mais définitif, dit à l'instant Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. Et au nom de quoi l'État peut s'opposer à un mariage entre deux entreprises qu'ils veulent ?
Au nom du contrôle que nous pouvons avoir sur un certain nombre de secteurs, notamment le secteur alimentaire. Quel est le risque ? Qui est très important pour la souveraineté française. C'est au nom de cela, c'est une disposition qui a été renforcée par ailleurs par la loi Pacte que nous avons adoptée. Au nom de cela, effectivement, l'État peut s'opposer au rachat par un groupe étranger d'une entreprise française.
Quel est le risque ? C'est que si Carrefour se fait manger par le groupe canadien, il n'y ait plus de pâtes dans les rayons, vraiment ?
C'est un exemple qui avait donné, je crois, Bruno Le Maire.
Quelle est la menace sur la sécurité alimentaire ?
Aujourd'hui, la France, les Français, ils ont une chance très importante, c'est qu'on a une souveraineté alimentaire. Parce qu'on a des agriculteurs qui produisent en France, parce qu'on a une chaîne de distribution et des commerces qui permettent aux Français de s'alimenter. Et évidemment, on veut maintenir cela. Et si un groupe bascule ailleurs et qu'il fait des choix, et qu'il considère que la France n'est plus prioritaire dans sa politique commerciale, ça peut avoir un impact sur les Français. Je crois que c'est cela que Bruno Le Maire a dit et a répété encore ce matin. Donc c'est un nom fermé définitif ? C'est, je crois, ce qu'a dit Bruno Le Maire, d'après ce que vous me...
C'est un nom courtois mais définitif.
Voilà, donc on peut être courtois et définitif.
Oui, on entend dire ça ce matin, mais les discussions continuent apparemment, malgré le veto de Bruno Le Maire. Autre question, Gabriel Attal. Le parquet de Paris a donc ouvert une enquête après les accusations de Camille Kouchner, qui dénonce dans un livre les agressions incestueuses qu'aurait imposé son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, à son frère jumeau, quand il était adolescent dans les années 80. Au moment où se sont déroulés les faits, la loi prévoyait qu'une victime mineure pouvait porter plainte pour viol par ascendant pendant 10 ans à compter de sa majorité. Depuis 2018, le délai est porté à 30 ans. Est-ce qu'il faut encore le rallonger ?
Vous l'avez dit, dans ce quinquennat, en 2018, on a développé le délai de prescription, justement pour permettre que la parole se libère, y compris si elle se liberte. Je ne sais pas si aujourd'hui, il est prévu au niveau gouvernemental, c'est mon collègue garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui est chargé de ces questions, d'aller encore plus loin sur ce délai.
Je peux vous dire que moi, à titre personnel, je suis très sensible à ce qu'on donne la possibilité de porter plainte, y compris des années après des faits, parce que ce sont des faits qui sont extrêmement graves, qui ont lieu sur des enfants, qui peut y avoir, y compris de la part des enfants qui sont victimes de ces faits, parfois une capacité à réaliser ce qui s'est passé, qui arrive très tard, une emprise qui peut durer très longtemps, quand bien même on est adulte, de la part d'ascendants sur soi. Et donc moi, tout ce qui peut être fait pour que la parole puisse se libérer et se traduire devant la justice le plus tard possible, pour moi, doit être regardé.
C'est la position du porte-parole ou du gouvernement ?
C'est la position, je vous ai dit, c'est ma position personnelle. Je fais toujours très attention, puisque quand je m'exprime, ça peut donner le sentiment que c'est la position du gouvernement. Mais évidemment, je peux vous dire, c'est une position personnelle, mais je sais que l'ensemble du gouvernement est évidemment très sensible sur cette question. Encore une fois, le délai a été élargi. Et je sais qu'Éric Dupond-Moretti est évidemment lui aussi très sensible sur cette question-là.
Merci beaucoup, Gabriel Attal. Par parole du gouvernement et Taspatin, notre invité.
Gabriel Attal