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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 11 janvier 2021 27 min

Bruno Le Maire : "Je suis convaincu que dans le deuxième temps de 2021, l’économie française rebondira"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre de l'économie, des finances et de la relance avec lequel vous pourrez dialoguer d'ici une bonne dizaine de minutes au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Nicolas Demorand. On a évidemment beaucoup de questions, d'actualités à vous poser et on va le faire dans quelques instants après avoir donné la parole à un autre Bruno Le Maire, le Bruno Le Maire écrivain. Vous publiez en effet chez Gallimard votre troisième livre depuis que vous êtes à Bercy. Ce livre s'intitule « L'ange et la bête » sous titre « Mémoire provisoire ».

Avec Léa, titre et sous-titre nous ont beaucoup intrigués. Pourquoi écrire des mémoires alors que vous êtes plutôt jeune, toujours en poste, a priori pas à la veille de prendre votre retraite ni de démissionner dans les minutes qui viennent ? Je vous le confirme. Au micro de France Inter. Voilà donc mystère redoublé. Et pourquoi ensuite des mémoires provisoires ? Provisoire parce que la version définitive et non censurée arrivera plus tard. Qu'est-ce que c'est que cet énigme ?

1:09
Bruno Le Maire

Alors le titre « L'ange et la bête » fait référence à Pascal. Je pense que ça n'a échappé à personne. C'est-à-dire un écrivain pour lequel j'ai une admiration profonde et qui montre bien que nous sommes tous partagés entre de l'optimisme et une vision plus sombre des choses, entre la volonté de soutenir, de s'engager publiquement, puis parfois la volonté de penser davantage à soi. Et c'est ce déchirement qui fait le cœur de la vie politique, de tous les responsables politiques avec lesquels je travaille, que j'ai voulu montrer aussi dans ce livre. Et mémoire provisoire parce que j'ai fait un choix qui est de publier ce livre pendant la crise.

Pas après la crise, quand le sable et la poussière seront retombées, que chacun voudra construire son propre récit. J'ai voulu être au plus près de la vérité. C'est des mémoires qui sont nécessairement provisoires parce que la crise se poursuit, mais du coup je pense qu'elles sont plus justes, plus vraies et plus fortes.

2:00
Invité

Oui, mais on vous pose justement, on vous pose la question à chaque fois que vous venez, que vous sortez un livre, Bruno Le Maire, « Où trouvez-vous le temps d'écrire un livre alors que votre travail de ministre est si prenant ? » Et cette question-là, on vous la pose de manière encore plus aiguë sur ce livre-là. Vous dites vous-même que la crise du Covid a entraîné la crise économique la plus grave depuis un siècle. Vous faites la comparaison avec 1929. Le ministre qui a la charge de lutter contre la crise économique la plus dure depuis 1929 a donc le temps de prendre la plume pour écrire ses mémoires. Vous comprenez que ça interroge ?

2:32
Bruno Le Maire

Je vais vous dire tant mieux. Enfin, on devrait se réjouir que des responsables politiques veuillent garder du temps pour réfléchir. Quand on est confronté à une crise aussi structurelle que celle-là, il vaut mieux réfléchir pour savoir exactement ce qui peut en sortir, les bouleversements géopolitiques qui peuvent en sortir, quels sont les bons choix stratégiques. Il faut prendre le temps de réfléchir. Je vais aller encore plus loin, Léa Salamé. Il faut savoir en politique prendre le temps de s'arrêter.

3:01
Invité

Même quand il y a une crise comme ça ?

3:03
Bruno Le Maire

Mais bien sûr, même quand il y a une crise, vous travaillez toute la journée, mais gardez du temps pour s'arrêter, gardez du temps pour réfléchir. Gardez du temps pour vérifier qu'on prend les bonnes décisions. C'est essentiel. Et ma façon de réfléchir, c'est l'écriture.

3:15
Invité

Alors, votre livre s'ouvre sur la vision apocalyptique de l'incendie de Notre-Dame. Cet incendie tombe le jour même de votre cinquantième anniversaire. Vous êtes là, le visage appuyé sur une fenêtre du ministère, et vous dites Qu'est-ce que l'incendie de Notre-Dame, qu'est-ce que cet accident impensable révèle, Bruno Le Maire, à votre avis ? Qu'est-ce qui vous apparaît en la contemplant ainsi, en larmes ?

3:50
Bruno Le Maire

Je pense que, si j'ai ouvert ce livre par cette scène-là, c'est que l'incendie de Notre-Dame, pour moi, le 15 avril, c'est un monde qui meurt, et puis un autre monde qui naît. Le monde qui meurt, c'est celui, effectivement, de mon enfance, de la spiritualité, des messes, la participation à cette liturgie à Notre-Dame. Mais ce que montre aussi la fascination qu'il y a eu pour cet incendie de Notre-Dame, c'est un besoin de spiritualité en politique. Et si je commence mon livre par là, si je cite Pascal, c'est que je crois que dans cette crise, il faut des réponses économiques, qu'il faut des réponses financières, c'est ma responsabilité.

Et croyez-moi, j'y travaille tous les jours, en pensant à tous ceux qui souffrent de la crise économique.

4:32
Présentateur

On va y venir.

4:32
Bruno Le Maire

Mais j'ai conscience aussi que nos compatriotes ont besoin de davantage. Ils ont besoin de spiritualité en politique. La spiritualité, ça peut être l'attention qu'on porte à l'environnement. La spiritualité, ça peut être l'attention qu'on porte aux autres. Quand des soignants s'occupent de personnes qui sont en fin de vie, c'est de la spiritualité. Et c'est à ça, à mon sens, qu'aspire le plus aujourd'hui nos compatriotes. La politique ne peut pas être que de la gestion. Elle doit aussi prendre à cœur ce besoin de spiritualité.

5:02
Présentateur

Vous faites, Bruno Le Maire, un portrait étonnamment désabusé de l'homme politique. Et je vais lire un extrait de votre livre. Pour un responsable politique, il n'y a pas de plus grande chance ni de plus grand honneur que d'affronter la réalité. Car la plupart du temps, la réalité lui échappe.

Alors il est condamné à passer son temps en réunions interminables, en discussions creuses, en déjeuner et dîner qui saturent son agenda, en représentation, toujours à l'affût de ce qui pourra être dit sur lui, son attention engloutie par le flot continu des informations en ligne, par les rumeurs, par les images, prenant le monde pour son miroir, pérorant, vitupérant, balotté par des colères successives et des indignations de circonstances, jamais serein, jamais en paix, s'accablant lui-même de nouvelles obligations pour ne surtout pas voir que sa vie est vaine et son influence nulle. Vaine et nulle ?

6:02
Invité

Sa vie est vaine, son influence nulle, c'est ça, un ministre aujourd'hui ?

6:06
Bruno Le Maire

Non, ce n'est certainement pas ça, un ministre aujourd'hui.

6:08
Invité

C'est ce que vous écrivez.

6:09
Bruno Le Maire

Ça peut être ça, la vie politique, bien entendu. Si vous n'y prenez pas garde, vous pouvez enfiler les perles tous les matins au micro de France Inter. Vous pouvez prendre des décisions qui n'ont aucune espèce d'influence. Vous pouvez multiplier les dîners-débats, les meetings, les rencontres, les serrages de main, même si on ne le fait plus aujourd'hui à cause du Covid. Et puis vous avez passé deux ans, cinq ans, dix ans, quinze ans avalés par la vie politique sans avoir rien apporté à votre pays. Ça, ça peut être la réalité de beaucoup de responsables politiques.

Alors quand on a la chance, justement, d'avoir une crise de cette importance, quand on a la chance d'avoir la possibilité de transformer son pays en profondeur, je pense qu'il faut savoir la saisir, en faire un point d'appui pour donner du sens à son engagement politique. On doit faire sans cesse attention à ce que l'engagement politique ne se perde pas dans le vide, dans le creux, et qu'il serve sans cesse les Français.

7:03
Invité

Vous dites, je connais plus de fous parmi les responsables politiques que dans tout autre métier. Pour beaucoup, la politique est une thérapie, ils y soignent leurs névroses et leurs angoisses. Ne pensez-vous pas, au contraire, que la politique aggrave les névroses et les angoisses ? Et vous, c'est quelle angoisse, c'est quelle névrosse que vous soignez ?

7:19
Bruno Le Maire

C'est pour cela, je reviens au titre « L'ange et la bête ». L'engagement politique peut être l'engagement le plus noble qui soit, c'est-à-dire l'engagement au service des autres. C'est comme ça que je le conçois. L'engagement au service des Français. Mais il peut aussi, effectivement, tourner au narcissisme, tourner au vide, et dans ce cas-là, il n'a plus aucun sens. Vous soignez quoi, alors ? Vous soignez quoi, comme névrose, avec la politique ? On peut tamiser les lumières, si vous voulez. La fameuse émission, et M. Chapier, le divan, et je m'exprimerai ce sujet.

Je pense que ce qui est essentiel pour moi, c'est de comprendre que l'engagement politique doit retrouver son sens, qu'il peut en avoir, mais qu'il peut aussi se perdre dans le vide.

7:56
Présentateur

Alors, précisément, sur ce point, vous faites un portrait au vitriol de Nicolas Hulot, à qui vous reprochez d'être parti du gouvernement. Le vrai courage, je vous cite, n'est pas de partir, mais de rester, de faire plutôt que de déclamer. Il est toujours plus difficile de renoncer à la pureté de ses intentions. Nicolas Hulot, lui, a fait le constat inverse, qui est peut-être tout aussi légitime, c'est la question que je vous pose, c'est le constat de dire, j'aurai plus de poids dehors que dedans.

8:24
Bruno Le Maire

Moi, je ne crois pas, je pense, pardon d'utiliser à nouveau une phrase de Pascal, qui veut faire l'ange fait la bête. C'est très bien de se mettre en retrait, de contempler les choses de loin, de donner des leçons, ce n'est pas un portrait au vitriol, c'est une conviction que j'exprime. C'est plus dur de se retrousser les manches et d'essayer de faire bouger les choses. C'est plus dur de se colter avec la réalité, avec les contraintes, avec les oppositions, avec les obstacles, qui sont le quotidien de la vie politique. Ce que je veux montrer aussi dans ce livre sans cesse, c'est que toute décision politique est difficile. Obtenir des résultats est difficile.

Débloquer de l'argent pour soutenir les commerçants, les artisans, pour soutenir un certain nombre d'entreprises, pour aider les salariés, c'est difficile, rien n'est simple. Mais la noblesse de l'engagement politique, il est dans la capacité à se confronter à cette réalité-là.

9:13
Invité

Il y a aussi une galerie de portraits d'hommes et de femmes politiques. Comme convenu, vous ne prenez pas beaucoup de risques avec Emmanuel Macron, c'est très très élogieux. Vous êtes très dur contre Jean-Luc Mélenchon, gentiment dur contre Arnaud Montebourg, très admiratif d'Angela Merkel. Et ce livre aussi est une dénonciation de ce qu'est devenu la Vème République. C'est le cœur de la réflexion aussi. Vous dites qu'elle est devenue une monarchie technocratique où le moindre conseiller ministériel a plus de pouvoir que les élus du peuple, où une réunion interministérielle à Matignon a plus de poids que les délibérations de l'Assemblée nationale.

Vous appelez à changer les institutions en 2022. Comment vous voulez changer les choses, Bruno Le Maire, alors que vous sortez presque tous, en tout cas ceux qui sont vraiment à la manœuvre du même moule. Vous avez tous fait l'ENA, vous, Jean Castex, Emmanuel Macron, d'autres également, tous les conseillers ministériels importants ont fait l'ENA. Comment vous voulez changer tout ça, alors que vous êtes tous les mêmes ?

10:08
Bruno Le Maire

D'abord, on n'est pas forcément tous les mêmes. On a fait certains des choix qui sont des choix difficiles. Emmanuel Macron et moi-même, par exemple, avons renoncé à la haute fonction publique. Quand nous nous sommes engagés en politique, nous avons démissionné de la fonction publique. La Ve République est devenue une monarchie technocratique, avec tout ce qu'elle a de complexe, tout ce qu'elle a d'insuffisamment ouvert à d'autres profils, à d'autres talents, à d'autres parcours personnels.

Donc il faut effectivement tirer les leçons de la crise actuelle, et c'est en cela que je dis que la crise actuelle est une opportunité à la fois pour transformer notre économie, mais aussi pour transformer notre modèle de gouvernance. Il y a trop de monde qui dirige. Il y a une lenteur législative qui est insupportable quand on est en période de crise. Il y a une place des conseillers qui n'ont pas d'autre légitimité que celle de servir des personnes qui sont élues, qui est excessive.

10:55
Invité

Et qui se battent pour avoir les bureaux, vous racontez des scènes où les conseillers se battent pour avoir les bureaux avec le plus de dorures. Et vous dites attention aux ministères, les ministères sont trop beaux, ça nuit au travail. Vous dites je suis très bien merci parce que c'est moderne.

11:08
Bruno Le Maire

Et que vos bureaux sont compliqués, que pour retrouver un conseiller il faut arpenter quatre couloirs, tourner cinq portes, toutes décorées avec des stucs, je ne pense pas que ça favorise un travail efficace. Et je veux faire comprendre dans ce livre, en prenant beaucoup de références historiques, que tout ça est ancré profondément dans l'esprit français. La cour, c'est l'esprit français. C'est ce dont nous sommes les descendants, et c'est ce dont nous devons nous débarrasser. D'abord en en ayant conscience, Léa Salamé. Avoir la conscience de son histoire, c'est avoir la capacité à la dépasser. C'est vrai, mais tout le monde le dit ça. C'est tout le sens aussi de ce livre.

11:42
Invité

Tout le monde en a la conscience.

11:43
Bruno Le Maire

A partir du moment déjà où on a conscience de la profondeur de cette notion de cour dans l'État français, il faut faire un diagnostic très simple de la situation. Un gouvernement qui est excessivement important, une hiérarchie exécutive qui a été mise à mal par le quinquennat. Tout le monde aujourd'hui à la même durée, le président de la République, la majorité. Donc tout ça ne favorise pas des rapports de force qui soient sains et efficaces. Une procédure législative qui est trop lente. Un conseil constitutionnel, qui est composé de responsables politiques.

J'ai beaucoup de respect pour les membres du conseil constitutionnel, ceux qui sont en fonction maintenant, ceux qui l'ont été par le passé. Mais ils prennent des positions politiques. Est-ce qu'on accepterait que la cour constitutionnelle américaine ou que la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe soit composée d'anciens politiques de très haut rang qui continuent à prendre des positions politiques dans le débat ? Donc je pense que tout ça doit être transformé en profondeur pour avoir un système plus simple, plus efficace et plus proche des citoyens.

12:43
Invité

Il faut changer, il faut sortir de la Ve République.

12:46
Bruno Le Maire

Il faut avoir des institutions profondément transformées avec un seul souci, l'efficacité au service des Français.

12:53
Présentateur

Vous racontez, on va en parler d'un mot s'il vous plaît, votre échec à faire aboutir la réforme des retraites. Bruno Le Maire, vous étiez favorable, favorable aux mesures d'âge, aux mesures comptables qui ont fait tellement polémique. A chaque fois que vous avez défendu votre position, soit Emmanuel Macron, soit d'autres, vous ont renvoyé dans vos cordes. Là-dessus, vous avez échoué ?

13:13
Bruno Le Maire

Toujours dans un passage gouvernemental des choses que l'on n'arrive pas à faire aboutir. Voilà, ça en fait partie. Ensuite, vous en tirez les conséquences. Vous estimez que c'est un point parmi d'autres, ce que je crois. Je pense que nous avons fait, Emmanuel Macron, une transformation économique en profondeur du pays. Je conteste totalement les analyses qui sont faites par le président du Sénat, Gérard Larcher, par Bruno Retailleau ou par d'autres. Je pense que nous avons fait pour l'économie française davantage en trois ans que ce qui avait été fait depuis 20 ans, que nous avions obtenu début 2020, des résultats tout à fait spectaculaires. Sur les retraites, je n'ai pas changé d'avis.

Je considère que globalement, le pays, la France, ne travaille pas suffisamment parce qu'il y a trop de chômage, parce qu'on fait partir trop tôt les gens à la retraite, parce que les jeunes entrent trop difficilement sur le marché du travail, qu'au bout du compte, ça peut conduire à un appauvrissement de la France. Et donc, un niveau de vie moins bon de nos enfants ou de nos petits-enfants, ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays.

14:11
Invité

Donc, c'est pour cela que j'appelle, effectivement, à une réforme des retraites. Vous n'avez pas fait la réforme des retraites. Donc, Bruno Retailleau et Gérard Larcher peuvent vous dire que sur ces deux points qui sont majeurs dans ce que vous croyez dans vos convictions, vous ne l'avez pas fait.

14:23
Bruno Le Maire

Je répondrai à Bruno Retailleau et à Gérard Larcher que la transformation de la fiscalité française est la plus importante depuis 20 ans. Que nous avons baissé les impôts de 44 milliards d'euros en trois ans, c'est plus important que ce qui a été fait depuis 20 ans. Que nous avons soutenu les PME avec la loi Pacte. Que nous avons réussi, avec le Président de la République, à mettre en place la dette commune dans la zone euro. Ça n'avait jamais été fait. Donc, ce sont des résultats importants pour notre économie, importants pour la zone euro, qui sont à mettre au crédit du Président de la République.

14:52
Présentateur

Allez, on file au standard d'Inter où Feysal nous attend. Bonjour et bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute. Bonjour France Inter, bonjour Madame Salamé.

15:00
Auditeur

Bonjour. Bonjour. Voilà, je vous appelle parce que la semaine passée est sorti le chiffre de l'augmentation de la dette publique qui se situerait entre 450 et 500 milliards d'euros pour faire face à la crise sanitaire et sociale. Vous avez annoncé depuis le début que le remboursement de cette dette ne passerait pas par une augmentation des impôts.

Pourquoi ne pas demander un effort exceptionnel à l'ensemble des classes ZZ, dont je fais partie, à l'ensemble des entreprises du CAC 40 qui depuis 20 ans ont versé entre 30 et 40 milliards chaque année de dividendes à l'ordre d'actionnaire et en même temps de mettre en place une politique un peu plus rigoureuse de la gabegie administrative financière auxquelles nous on doit faire face.

15:49
Invité

Vous en faites partie, vous dites, vous êtes prêt à verser une contribution exceptionnelle ?

15:54
Auditeur

Tout à fait, Madame. Tout à fait. On parle là de la France, on parle de notre société. On ne parle pas d'économie, on parle d'une société.

16:01
Présentateur

Merci Faisal. Merci. Merci pour cette question. Bruno Le Maire y répond.

16:07
Bruno Le Maire

D'abord, je vous remercie de votre générosité parce que je pense qu'on a besoin de cette générosité et de cette solidarité pour se sortir de la crise. Ensuite, je vous confirme que nous n'augmenterons pas les impôts, ni sur les ménages, ni sur les entreprises. Nous les avons baissés depuis trois ans et nous continuerons dans cette voie-là, que ce soit sur l'impôt sur le revenu, sur la taxe d'habitation, sur l'impôt sur les sociétés. Pourquoi ? Parce que la France est tout simplement le pays qui taxe le plus de tous les pays développés.

Et donc, pour moi, la seule direction qui nous permettra de retrouver de la croissance, de la prospérité, c'est celle qui consiste à éviter toute solution de facilité comme l'augmentation des impôts. Par ailleurs, vous parlez d'efforts exceptionnels. Moi, j'aimerais pouvoir dire que c'est un effort exceptionnel. Mais ce que je constate dans le passé, c'est qu'à chaque fois qu'on a demandé des contributions exceptionnelles, elles sont restées en place et c'est devenu des contributions durables.

17:00
Présentateur

Au standard, Florian, dans le monde du spectacle vivant, je crois, Florian, bonjour.

17:05
Auditeur

Oui, bonjour Nicolas, bonjour Léa, bonjour M. le ministre, et bonjour à tous les auditeurs. Ma question est la suivante. Effectivement, M. le ministre, vous avez transformé le Fonds de solidarité pour les entreprises particulièrement touchées par le Covid. Pour le mois de janvier, les aides vont être plus importantes, c'est bien. Cependant, la demande pour le mois de décembre ne pourra être déposée que le 15 janvier, selon le Twitter de la Direction des Finances. Pour le mois de novembre, c'était le 7 décembre. On a donc pris huit jours dans la vue des cartes de trésorerie, ce qui peut avoir des conséquences quand même assez importantes. Comment ça se justifie ?

Est-ce que ce n'est pas le signe du lenteur de l'administration ? Alors qu'on est quand même sur une procédure ultra simple, il suffit de rentrer des chiffres sur un site internet, le calcul se fait automatiquement, et les aides sont assez rapidement délivrées.

17:52
Bruno Le Maire

Merci Florian pour cette question. Bruno Le Maire vous répond. Ce que vous dites est juste, et croyez-moi, on fait vraiment le maximum pour accélérer la procédure. Je trouve que la Direction Générale des Finances Publiques a fait un travail absolument exceptionnel depuis le début de la crise. Simplement, on modifie le fonds de solidarité depuis plusieurs semaines, et nous allons probablement encore le modifier dans les semaines qui viennent, pour faire face à des situations qui sont nouvelles. On a par exemple pris en charge 20% de la perte du chiffre d'affaires dans un plafond de 200 000 euros.

Dès qu'on modifie les critères, Florian, je préfère être très transparent avec vous, ça apporte des délais supplémentaires. Donc je sais que ça pèse sur la trésorerie. Croyez-moi, on fait le maximum. Je fais le point avec Jérôme Fournel, qui est le Directeur Général des Finances Publiques, toutes les semaines sur ces sujets. On fait le maximum, mais j'ai conscience que la modification des critères entraîne parfois des délais supplémentaires.

18:46
Invité

Quelques questions courtes, réponses courtes sur l'actualité, Bruno Le Maire. Vous allez annoncer de nouvelles mesures pour les restaurateurs, et notamment pour les chaînes de restaurants, les gros restaurants qui ont plusieurs, les grosses chaînes qui ont plusieurs restaurants. Confirmez-vous qu'elles vont recevoir 3 millions d'euros en une fois, comme l'a annoncé France Inter la semaine dernière ?

19:01
Bruno Le Maire

Je confirme que nous travaillons à un nouveau plafonnement, beaucoup plus généreux, du Fonds de Solidarité, de façon à prendre en charge la situation des chaînes hôtelières, des chaînes de restaurants, des restaurateurs qui ont 3 ou 4 restaurants dans les grandes villes. Donc nous travaillons effectivement sur un plafond à 3 millions d'euros. Je ne peux pas vous le confirmer ce matin, mais c'est effectivement ce sur quoi nous travaillons, et nous aurons l'occasion avec le Premier ministre de préciser les choses cette semaine.

19:24
Invité

Beaucoup de restaurateurs et beaucoup d'entrepreneurs qui ont des difficultés vous disent qu'on n'est pas prêt à rembourser le prêt garanti par l'État. On doit commencer à le rembourser là, en mars, dans deux mois. On n'a pas les moyens. Est-ce que vous allez décaler ce calendrier ?

19:38
Bruno Le Maire

Je recevrai la Fédération bancaire française demain. Je tiens à saluer d'ailleurs la coopération remarquable de la Fédération bancaire française depuis le début de cette crise. Et je leur demanderai si pour tous les secteurs les plus en difficulté, les hôtels, les restaurants, peut-être aussi le monde de la culture, le monde du sport, nous pouvons différer le remboursement du prêt garanti par l'État du 1er mars 2021 au 1er mars 2022.

20:05
Invité

Donc décalage du PGE. Est-ce que vous avez un chiffre peut-être réjouissant sur le chiffre de la consommation en décembre ? Est-ce que les gens ont acheté après la fin du confinement ? Est-ce que les cadeaux de Noël étaient là ?

20:17
Bruno Le Maire

Oui, les cadeaux de Noël ont été là. Les Français ont bien consommé. Les chiffres de cartes bleues pour décembre 2020, c'est 4% de plus qu'en décembre 2019. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est que même s'il y a devant nous des semaines difficiles, parce que la crise sanitaire est encore là, parce que l'impact économique est fort, et qu'il a notamment un impact fort sur l'emploi, l'année 2021 sera une bonne année pour l'économie française. Parce que nous avons une capacité de rebond qui est exceptionnelle. Et je veux le dire à tous ceux qui nous écoutent, ne vous laissez pas enfermer dans le pessimisme ambiant comme quoi tout va aller toujours plus mal.

Oui d'accord, mais vous l'avez dit à quelques jours.

20:54
Locuteur non identifié

Vous l'avez dit à quelques jours à l'Institut Montaigne, vous avez dit que le pire est à venir.

20:58
Bruno Le Maire

J'ai dit que le plus difficile était devant nous. Ça veut dire qu'effectivement, dans les semaines qui viennent, dans la première partie de l'année 2021, le choc va être important sur l'emploi, sur les entreprises, ce qui va nous amener à protéger et à continuer à protéger l'économie. Mais je suis convaincu que dans le deuxième temps de l'année 2021, l'économie française rebondira et qu'elle rebondira fort.

21:22
Présentateur

Question de Jean-Michel au Standard. Soyez le bienvenu. Oui, merci. On vous écoute.

21:28
Auditeur

Merci France Inter d'avoir pris ma question. Bonjour M. Le Maire.

21:31
Bruno Le Maire

Bonjour.

21:31
Auditeur

Je viens d'entendre que vous souhaitiez que 2021 soit une bonne année et nous souhaitons tous la même chose. Bon, il se trouve que certains secteurs d'activité sont à l'arrêt depuis de nombreux mois, plus de huit mois aujourd'hui. Et l'immunité collective attendue par la vaccination ne sera pas effective avant de nombreux mois. Donc, qu'envisagez-vous pour une réouverture rapide des restaurants, des hôtels, des théâtres, des cinémas et autres activités qualifiées de non essentielles ? Bon, je souhaiterais pour ma part, puisque vous avez parlé tout à l'heure d'engagement, vous transmettre mon engagement citoyen.

Ceci dit, nous avons, en tant que citoyens, réfléchi à des solutions qui permettraient une reprise rapide de l'activité. Donc, seriez-vous prêts à nous écouter pour pouvoir mettre en place cette solution-là ?

22:24
Présentateur

Merci, merci Jean-Michel. On vous donnera la manière de communiquer avec Bruno Le Maire et ses équipes. Mais sur la réouverture des commerces dits non essentiels, Jean-Michel a fait une grande liste à laquelle on pourrait ajouter les stations de ski, par exemple. Que leur dire aujourd'hui ? Est-ce qu'il faut jouer la franchise ? Et leur dire, Bruno Le Maire, d'oublier les vacances de février, comme ces stations de ski ont été contraintes

22:50
Bruno Le Maire

de le faire déjà à Noël ? D'abord, je veux dire à Jean-Michel que j'écoute toutes les propositions, tous les conseils et toutes les critiques. Je le fais depuis le début de la crise. Je pense que c'est la seule façon d'arriver à des bonnes solutions. Ensuite, un calendrier, je ne peux pas vous en donner parce que je ne connais pas la situation sanitaire et l'évolution de la situation sanitaire. Ce n'est pas ma responsabilité. Je pense qu'il faut de la prudence sur les calendriers. En revanche, je veux rappeler ce que sont les deux piliers fondamentaux de notre action économique pour les mois à venir. 1.

Nous continuerons à soutenir les secteurs en difficulté aussi longtemps que ce sera nécessaire par le chômage partiel, par le fonds de solidarité, par le différé de remboursement des prêts garantis par l'État. Et 2. Nous allons accélérer la relance économique qui fonctionne bien. Quand j'entends la maire de Paris qui nous dit que nous n'avons rien fait pour Paris, j'ai envie de dire à Anne Hidalgo...

23:39
Invité

Elle vous a dit ça ce week-end, effectivement.

23:41
Bruno Le Maire

Oui, mais pardon, mais ce n'est pas comme ça que l'on aide les Français.

23:43
Invité

Précisément, en ce qui concerne le plan de relance du gouvernement, nous n'en avons pas vu la couleur à Paris.

23:47
Bruno Le Maire

Elle en a vu environ 1 milliard d'euros. Donc les ambitions présidentielles de Mme Hidalgo ne l'autorisent pas à mentir. Ne l'autorisent pas à mentir aux Français. Nous avons mis 670 millions d'euros pour les transports en commun francilien, 238 millions d'euros pour la rénovation des bâtiments publics à Paris, 5 millions d'euros pour les pistes cyclables dont elle nous parle, 10 millions pour le logement social. Donc j'invite Mme Hidalgo à venir discuter avec moi si elle le souhaite au ministère de l'économie et des finances pour que nous regardions l'ensemble de ces propositions pour que nous accélérions.

24:15
Présentateur

Il reste une minute et on veut vous faire réagir sur Trump. Oui, sur l'une des anecdotes les plus jouissives de ce livre qui concerne en effet Trump. Vous êtes au G7, Emmanuel Macron fait à Donald Trump un exposé dont vous louez la précision et la technicité sur la taxation du numérique. Trump ne cesse de vous regarder car, il le dit, il vous trouve beau gosse. Et quand son épouse Mélania entre dans la pièce, Trump lui dit, n'est-il pas beau le ministre en parlant de vous ? Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, vous livre son analyse sur Trump. Il n'est que visuel, vous dit-il. Et j'aimerais, à partir de là, vous poser la question de la prise du Capitole par des émeutiers pro-Trump.

Était-ce, selon vous, une attaque contre la démocratie ou le dernier râle, le dernier feu d'artifice violent du Trumpisme avant de quitter le pouvoir ?

25:06
Bruno Le Maire

D'abord, parce que vous citez cette anecdote, pour moi, elle est très importante parce que ça confirme la fierté que j'ai à servir un président de la République qui croit à la raison et qui croit qu'il faut argumenter, convaincre quand on fait de la politique et qui croit fondamentalement à la vérité. C'est une fierté pour moi de servir un président de la République qui croit à la raison. L'assaut du Capitole, c'est le produit des mensonges de M. Trump. C'est parce qu'il a menti sur son échec électoral que ses partisans ont envahi le Capitole. Et oui, c'est une attaque contre la démocratie. Oui, ça montre que la démocratie est fragile.

Et oui, ça montre, c'est un des points essentiels de mon livre, qu'un des éléments clés de la démocratie aujourd'hui, c'est le combat entre le mensonge et la vérité. Quand le mensonge vaut la vérité, ce qui est aujourd'hui le risque dans nos démocraties, il n'y a plus de démocratie possible.

25:58
Invité

Est-ce que ça vous a choqué que son compte Twitter soit fermé ?

26:01
Bruno Le Maire

Ce qui me choque, c'est que ce soit Twitter qui ferme. Parce que la régulation des gens du numérique ne peut pas se faire par l'oligarchie numérique elle-même. L'oligarchie digitale est une des menaces qui pèsent sur les États et sur les démocraties. La régulation des gens du digital ne peut pas et ne doit pas se faire par les gens du digital. Elle est nécessaire, mais doit se faire par le peuple souverain, par les États et par la justice.

26:22
Invité

Merci Bruno Le Maire.

26:23
Présentateur

Merci Bruno Le Maire. L'Angela Bête, mémoire provisoire, publié chez Gallimard.

Bruno Le Maire : "Je suis convaincu que dans le deuxième temps de 2021, l’économie française rebondira" — Bruno Le Maire · Pourquijevote