LA FRANCE QUE NOUS AIMONS.
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Aujourd'hui, je suis venu vous parler de la France, celle qui nous unit, celle que nous aimons, universelle et humaniste, celle que nous voulons défendre et protéger. La France est forte quand elle se sait vulnérable. Elle est forte quand, en juin 1940, tout semble perdu et qu'elle choisit Londres contre l'abdication.
Elle est forte quand elle entre en clandestinité dans les maquis, quand elle vit pour un projet qui la dépasse. Elle est faible, au contraire, quand elle se croit en sûreté derrière les lignes maginaux et les empires coloniaux. La France, c'est aussi une jeunesse qui reprend espoir en ses propres forces.
La France est une chaîne de générations dont nous ne sommes chacune et chacun qu'un maillon. Nous ne la possédons pas, nous la recevons, à charge pour nous de l'aimer de toutes nos forces et de la transmettre. Romper un seul de ses anneaux par le mépris, par l'exclusion ou par la guerre, et c'est tout l'édifice qui vacille.
La France, c'est la vie ordinaire de millions de gens. C'est l'odeur de la terre après la pluie, c'est la brocante sur la place du village, les volets entrouverts le matin, le café pris debout avant de partir travailler, les grandes tablées de campagne, la pétanque improvisée et l'ombre du tilleul sur la nappe à carreaux. La seule solitude que je connaisse est celle de tout homme face à son destin.
Elle est universelle, elle fonde nos choix. C'est elle qui pousse chacun d'entre nous à se tourner vers l'autre. Et en vous regardant ce soir, je me dis, nous ne sommes pas seuls.
Comme des enfants, il nous faut ensemble réapprendre des mots oubliés. Liberté, égalité, fraternité, dignité. Mais il nous faut aussi ranimer des mots rétrécis.
Identité, sécurité, laïcité, souveraineté et surtout, humanité.