Interview "Découverte" : 63 parlementaires veulent une "chasse modernisée" - 09/06
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Questions et réponses
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Vous demandez l'arrêt de certaines chasses traditionnelles.
- 0:28FerméeRéponse directe
Combien exactement ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Vous demandez de mettre un terme aux chasses traditionnelles.
- 0:58OuverteRéponse directe
Comment fait-on pour l'extraire de son terrier ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Non, un championnat de France de déterrage de blaireaux.
- 1:39OuverteRéponse directe
Il y a aussi la chasse à la glu, ça on connaît, qui consiste à piéger des oiseaux avec de la colle.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueChiffre
« 63 députés de toute tendance. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Et sénateurs également, Daniel. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Oui, c'est interdit partout en France, sauf dans cinq départements du sud-est de la France. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Bouge du Rhône, Alpes-Maritimes où j'habite, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse et Vars. »
- 2:30Invité politiqueFait
« C'est une chasse qui est non sélective. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Quelque chose qui est parfaitement interdite, d'ailleurs par l'Union Européenne. »
- 2:49Invité politiqueFait
« L'année prochaine, en janvier, il y aura le congrès mondial de la nature. »
- 2:56Invité politiqueChiffre
« Plus de 20 000 participants de toutes les nationalités du monde qui viendront à Marseille pour ce congrès de l'UICN. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Alors, elle n'est pas considérée comme une chasse traditionnelle. »
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Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h, Vaudin Direct. Bien, il est 6h45, si nous parlions des chasses traditionnelles. Oui, certaines chasses que vous ne connaissiez pas, et moi non plus d'ailleurs. Loïc D'Ombreval, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, député de la République en marche des Alpes-Maritimes. Vous demandez l'arrêt de certaines chasses traditionnelles. Alors, ce que nous allons faire, vous êtes une soixantaine de députés. Combien exactement ? 63, exactement. 63 députés de toute tendance.
Et sénateurs également, Daniel. Et sénateurs.
Et sénateurs, et la gauche, les Républicains, la République en marche. Enfin bon, vous demandez de mettre un terme aux chasses traditionnelles. Les chasses traditionnelles, regardons, citons certaines de ces chasses. Le déterrage des blaireaux et des renards. Ça s'appelle la veinerie souterraine, qui consiste à extraire l'animal de son terrier. Comment fait-on pour l'extraire de son terrier ?
On commence par creuser, on envoie les chiens, ça s'agit dans le terrier, l'animal commence à sortir, on l'attrape avec une pince en métal, on l'extrait avec une pince en métal du terrier, et on l'abat ensuite au fusil ou à la dague. Ou alors, éventuellement, on le laisse dévorer par ses chiens. C'est une méthode assez sympathique.
Oui, je ne savais même pas que ça existait, le déterrage des blaireaux et des renards.
Vous savez qu'il y avait en France un championnat de France de déterrage de blaireaux en sauméloir ?
Non, un championnat de France de déterrage de blaireaux.
Qui a fini par être interdit il y a quelques années. Il y avait ça, effectivement, en sauméloir.
Ah ben d'accord. Il y a aussi la chasse à la glu, ça on connaît, qui consiste à piéger des oiseaux avec de la colle.
Oui, c'est interdit partout en France, sauf dans cinq départements du sud-est de la France. Bouge du Rhône, Alpes-Maritimes où j'habite, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse et Vars. Oui, oui. Et là, le problème, si vous voulez, c'est que, donc cinq départements, c'est que ce sont des bâtons qui sont encollés, la colle qu'on peut acheter sur n'importe quel site internet. C'est en vente spécialement dédiée à la chasse. Et ensuite, les oiseaux s'accrochent dans ces branches pour encoller, ils se mettent les ailes là-dedans, ils n'arrivent plus à voler. Éventuellement, on leur donne un petit coup d'essence de terre et d'antide ensuite pour enlever la colle. Ils sont parfois déplumés.
Et puis surtout, on attrape là des espèces qui sont des espèces parfois protégées. Donc c'est une chasse qui est non sélective. Quelque chose qui est parfaitement interdite, d'ailleurs par l'Union Européenne. Donc là, il y a un vrai problème. Si on veut conserver des espèces protégées, faire attention à notre nature et à notre biodiversité, il faudrait effectivement que cette chasse, qui est une chasse en plus cruelle, comme elles le sont en général toutes, ces chasses traditionnelles, il faudrait vraiment qu'elles cessent. Un autre point, M. Bourdin, qui est essentiel. L'année prochaine, en janvier, il y aura le congrès mondial de la nature.
Plus de 20 000 participants de toutes les nationalités du monde qui viendront à Marseille pour ce congrès de l'UICN. Dans les Bouches-du-Rhône, au sein du parc national des Calanques, la chasse à la glu est autorisée. Je voudrais que tout le monde le sache et que ce naturaliste du monde entier, quand ils vont venir en janvier prochain à Marseille, fassent quelque chose pour faire cesser cette chasse.
La chasse à la matole. On piège l'oiseau dans une cage. Ça, je ne connaissais pas non plus. Oui, ce n'est pas la plus cruelle. Oui, ce n'est pas la plus cruelle. La chasse à la tenderie, seulement autorisée dans une soixantaine de communes, qui consiste à piéger les grives à l'aide de collets suspendus.
Tout à fait. Et là, on les pend. On les étrangle et on les pend.
Il y a aussi la chasse à la tendelle, qui est un dispositif qui écrase l'oiseau avec une pierre dite assommoir. Voilà. Celle-là, elle est pratiquée où ?
Et on est au XXIe siècle, dans un pays développé comme la France. On explique qu'il faut faire attention à la nature, que la biodiversité est exceptionnelle, qu'il faut la préserver. Et qu'en plus, on sort, on est même encore en plein, on voudrait parler à l'instant, dans une épidémie du Covid, où on sait que les relations avec la faune sauvage, avec l'animal sauvage, peuvent être de nature à être en plus dangereuses pour l'homme à apporter des maladies. Donc, il faut la préserver, cette biodiversité. Toute la question qu'il pose, en réalité, c'est quelle est la place que l'homme veut donner aux animaux ? Quelle place il souhaite partager avec l'animal sur la planète ?
C'est une question qui a l'air un peu grandisotante. Au fond, c'est ça. Le sauvage fait peur à l'homme. Alors, le sauvage, on le massacre, on le tue, on l'écrase, on le pend, on l'englue. Voilà, c'est ça, aujourd'hui, les chasses traditionnelles en France. Heureusement, elles sont de moins en moins développées, mais elles existent encore. Elles existent encore.
Et la chasse à court ?
Et la chasse à court ? Vous voulez qu'elle soit interdite, aussi ? Alors, elle n'est pas considérée comme une chasse traditionnelle. La chasse à court, effectivement, on le sait, c'est une chasse qui est, une chasse d'ailleurs, qui est interdite en Allemagne et en Angleterre, ce qui fait qu'on en a plus en France. C'est une chasse qui génère un stress extrêmement intense chez l'animal. Une mise à mort qui est horrible. Ce n'est pas une chasse dite traditionnelle, mais il faudrait, effectivement, également y mettre fin.
Y mettre fin. Nous verrons si c'est suivi. Qui va décider ? C'est le ministère de l'Agriculture. Enfin, c'est le président de la République. La faune sauvage,
c'est le ministère de l'Environnement.
De l'Environnement. Eh bien, écoutez, on va voir ce que va dire Madame Borne. Merci beaucoup, Loïc D'Ambreval. Merci. Merci, M. Bourne. Merci d'être avec nous. Ça vous fait réagir, j'en suis absolument certain. C'est passionnant. Passionnant. Je viens de découvrir plein de choses. 6h51, c'est bon d'apprendre le matin.