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interviewBFMTV· 31 décembre 2024 11 min

Dispositif de sécurité pour le réveillon: l'interview du préfet de police de Paris en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Nunez, merci d'être l'invité de BFM TV, préfet de police de Paris. On vient de voir une partie du dispositif avec Fanny. 10 000 membres de la sécurité mobilisés ce soir pour la Saint-Sylvestre à Paris et la Petite-Couronne, c'est plus que les années précédentes ?

0:17
Laurent Nuñez

Non, non, c'est le même chiffre que l'an passé. On a 10 000 membres des forces de sécurité, donc des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers, des militaires du dispositif Sentinelle, comme ça vient d'être indiqué, des secouristes également, et puis aussi des polices municipales sur l'ensemble de l'agglomération, dont à Paris d'ailleurs, qui seront engagés sur le dispositif de sécurisation des Champs-Elysées.

0:38
Locuteur non identifié

Donc vous avez changé le comptage par rapport aux années précédentes l'année dernière, vous annonciez 6 000 forces de l'ordre mobilisées, là 10 000, mais donc vous comptez en plus cette année les policiers ?

0:48
Laurent Nuñez

Oui, enfin non, il n'y a pas de changement de comptage.

0:50
Locuteur non identifié

C'est-à-dire que ce soir, combien de policiers et gendarmes sont mobilisés ? 6 000 comme l'an dernier ?

0:53
Laurent Nuñez

C'est 6 000 policiers et gendarmes qui sont mobilisés sur l'ensemble de l'agglomération parisienne, c'est à peu près le chiffre de l'an passé, et donc 10 000, ça recouvre l'ensemble des effectifs de sécurité, y compris sécurité civile, qui sont mobilisés, je crois que c'est important, de saluer aussi leur action.

Ils jouent un rôle aussi très important, notamment les militaires de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, et puis les polices municipales aussi, qui sont engagées aux côtés de la police nationale, dans ces dispositifs, partout sur l'agglomération, et également à Paris, puisqu'ils joueront un rôle dans la sécurisation du dispositif sur les festivités qui ont lieu sur les Champs-Elysées.

1:28
Présentateur

Justement, sur les Champs-Elysées, c'est le grand rendez-vous en effet parisien avec le feu d'artifice. Vous attendez combien de personnes ?

1:34
Laurent Nuñez

Bien sûr, il n'y a pas que le feu d'artifice. Le feu d'artifice, c'est à minuit, mais à partir de 19h, puis à partir de 21h, avec une retransmission télévisée, il y aura plusieurs artistes qui vont se produire, et donc on attend, comme chaque année, un peu plus d'un million de personnes sur les Champs-Elysées.

Puis en réalité, dans les rues de Paris, sur l'espace public, il y aura beaucoup plus de monde, même si les festivités sur voie publique se concentrent vraiment sur les Champs-Elysées et sur l'Étoile, notamment avec ce concert, mais qui sera visible, c'est la production, la prestation de certains artistes, mais qui seront visibles sur l'ensemble des Champs-Elysées, puisque les écrans ont été disposés de la Concorde à l'Étoile.

2:13
Locuteur non identifié

Et justement, sur les réseaux sociaux, vous parliez des Champs-Elysées, il y a un appel qui a été lancé pour venir manifester, pour défendre la cause palestinienne. Qu'est-ce que vous dites à ces personnes qui souhaiteraient venir ?

2:23
Laurent Nuñez

Les manifestations sont... D'abord, sur les Champs-Elysées, il y a un périmètre de protection antiterroriste, qui est possible depuis la loi de 2017. Donc ça veut dire que toute personne qui va accéder sur les Champs fera l'objet de fouilles, de palpations extrêmement exhaustives. Donc ça, c'est le premier point. Et puis ensuite, dans ce périmètre, les manifestations sont interdites, quand elles ne se sont pas déclarées, évidemment, mais elles sont... De toute façon, on n'accepterait pas de manifestations. C'est un moment festif, il n'y a pas de place pour la revendication dans ces moments-là. C'était déjà le cas, si vous vous en souvenez, l'année dernière.

Il y avait eu des appels à manifester pour la cause palestinienne. Il y a eu deux tentatives de manifestations qui avaient été immédiatement dispersées par les effectifs, le soir du 31 décembre. Et si ça devait être le cas ce soir, il en irait évidemment de même. On disperserait immédiatement ces manifestations qui sont interdites. D'ailleurs, dans un périmètre un peu plus large que le périmètre de protection, voilà, on a interdit les manifestations. Il y a un temps pour tout, il y a un temps pour les manifestations revendicatives. Et là, on est dans un moment de festivité. Et donc, ces manifestations sont interdites.

3:21
Présentateur

Vous nous avez détaillé le dispositif colossal pour ce soir. Très concrètement, qu'est-ce que vous craignez, en fait ?

3:27
Laurent Nuñez

Non, d'abord, sur les Champs-Elysées, il faut qu'on soit attentifs, parce qu'il y a une foule importante. Il y a le risque terroriste qui est toujours présent, d'où ces dispositifs de fouilles, de palpations, cette présence policière. Le ministre de l'Intérieur a souhaité qu'on ait le même dispositif que l'an passé, c'est-à-dire un dispositif très musclé, qui nous permet d'assurer une présence visible des forces de l'ordre partout sur ce lieu de festivité important que sera les Champs-Elysées. Mais nous ne négligeons pas pour autant, bien évidemment, la prévention des violences urbaines. Il en a fait étage juste avant par votre journaliste.

Comme sur l'ensemble du territoire national, sur instruction du ministre de l'Intérieur, nous avons pris toutes ces mesures de prévention des violences urbaines, avec des arrêtés de police administrative visant à interdire les ventes d'artifices. D'ailleurs, je tiens à saluer l'activité des fonctionnaires de police de la préfecture de police, qui ont saisi plusieurs centaines de kilos de mortiers d'artifices ces jours derniers, dont 320 kilos à aubervilliers la semaine dernière, pour éviter qu'ils soient utilisés en tir tendu contre des policiers.

Donc on a pris plusieurs mesures réglementaires, notamment concernant également la consommation d'alcool, les ventes d'artifices, je viens d'en parler. Il y a des menaces particulières qui ont été décelées, des signaux sur les réseaux sociaux ? Chaque année, le 31 décembre, donne lieu à certains débordements, à certaines violences urbaines, qui sont ces dernières années de plus en plus contenues. Il est loin le temps où on avait plusieurs centaines de voitures brûlées. Donc voilà, ce phénomène est contenu, mais forcément, nous nous y préparons, nous l'y prévenons, par des mesures administratives en amont.

Et surtout, ce soir, nous aurons un gros dispositif policier, pas seulement aux Champs-Élysées, mais partout sur l'agglomération parisienne, pour être extrêmement réactif. S'il y avait des violences urbaines, les instructions que j'ai passées aux effectifs de l'agglomération, et c'est celle que je reçois du ministre de l'Intérieur, c'est d'être très réactif, d'être très ferme, au moindre débordement, au moindre tentative d'incendie de poubelle, prise à partie des forces de l'ordre. Nous serons extrêmement réactifs, extrêmement fermes. Et d'ailleurs, j'en profite pour adresser un message de mise en garde. Ce sera tolérance zéro, évidemment, sur ces sujets.

5:27
Locuteur non identifié

Mais les policiers disent sur le terrain, quand il y a des violences urbaines, c'est toujours difficile d'interpeller en direct des personnes. Vous dites tolérance zéro ce soir, j'imagine que c'est toujours le cas. Est-ce qu'il y a des consignes particulières pour ce soir, par rapport à d'habitude, sur les violences urbaines ?

5:43
Laurent Nuñez

Alors, d'abord, deux choses. Les policiers ne nous disent pas que c'est difficile. Il faut un travail remarquable. Et l'an passé, toutes les tentatives de violences urbaines ont été immédiatement étouffées. C'est difficile d'interpeller. Ça, c'est vous qui le dites. L'année dernière, on a interpellé 228 personnes sur l'ensemble de l'agglomération. 228. Alors, c'était un peu moins que l'année précédente. Il faut s'en féliciter. Ça veut dire sans doute qu'il y avait eu moins d'exactions. L'année précédente, en 2022, c'est 258. Mais 228 interpellations. Et je ne doute pas une seconde que s'il y avait ce soir des tentatives de violences urbaines, nous aurons la même réactivité.

Nous procéderons également à des interpellations.

6:20
Présentateur

Ça, c'est pour les violences urbaines. Vous avez évoqué la menace terroriste. À quel niveau se situe, justement, cette menace, aujourd'hui ?

6:27
Laurent Nuñez

Non, la menace, elle est toujours à très haut niveau. Nous sommes toujours dans un dispositif, depuis mars 2024, en urgence attentat. Donc, évidemment, la menace, elle demeure très élevée. Vous voyez ce qu'est le contexte international. Vous voyez la persistance de cette menace endogène, aussi, avec des individus qui peuvent passer à l'action, qui sont présents sur le territoire national. Voilà. Donc, cette menace, elle est très élevée. D'où un dispositif qui est vraiment à la hauteur et qui consiste, d'abord, en amont, je salue évidemment le travail des services de renseignement français, qui sont parmi les meilleurs au monde.

Et puis, il y a le dispositif de voix publique que nous aurons, avec énormément de policiers, très visibles, qui joueront un rôle dissuasif évident et qui seront évidemment en réaction s'il devait y avoir le moindre incident.

7:11
Présentateur

J'imagine que vous avez eu des consignes. En tout cas, vous avez évidemment des échanges avec le ministre de l'Intérieur. Vous avez un peu la double dose en ce moment. Vous avez le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Vous avez l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui est désormais à la justice. Mais on voit bien qu'il occupe bien le terrain, comme à son époque à Beauvau, notamment sur le narcotrafic. Vous suivez, évidemment, tout ce qu'il veut mettre en place ?

7:35
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr. Moi, mon patron, c'est le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. C'est lui qui dirige l'ensemble des préfets, qui est à la tête du ministère de l'Intérieur. Et moi, sous son autorité, j'ai la responsabilité de l'agglomération.

Oui, évidemment, je suis avec beaucoup d'attention, comme tous les policiers, les annonces qui ont été faites, et par l'un et par l'autre, par les deux ministres, sur leur volonté de doter les policiers et les gendarmes, d'ailleurs, d'une manière générale, sur tout le territoire national, de moyens supplémentaires pour lutter contre le trafic de stupéfiants, et notamment des moyens d'enquête plus approfondis, notamment dans le cadre des techniques spéciales d'enquête, avoir la possibilité d'y avoir plus souvent recours, la possibilité d'augmenter nos capacités de saisie immobilière, financière, pour mieux lutter contre le trafic.

Ces mesures qui ont été annoncées, vous vous imaginez, elles sont très attendues par l'ensemble des policiers, et à titre plus personnel, par le préfet de police. Évidemment, nous faisons beaucoup pour lutter contre le trafic de stupéfiants, mais nous voyons bien que celui-ci persiste, et qu'il faut passer à la vitesse supérieure, et donc avoir des mesures juridiques supplémentaires, dont une partie, vous avez raison de le souligner, une partie dépend de ces mesures législatives, effectivement, du garde des Sceaux, du ministre de la Justice.

8:45
Locuteur non identifié

Et on évoquait tout à l'heure les risques pour le 31 décembre, ce qui peut parfois être un peu anxiogène, est-ce que ce dispositif important que vous déployez ce soir vous permet de dire aux Parisiens, et aux autres Français, et aux touristes, venez sur les Champs-Elysées ce soir, et tout se passera bien. Est-ce que vous pouvez vous avoir ce message ?

9:03
Laurent Nuñez

Non, mais bien sûr, c'est un moment festif. Chaque année, sur les Champs-Elysées, il y a plus d'un million de personnes qui se réunissent, un million trois l'année dernière. On estime que sur l'espace public à Paris, le chiffre est bien plus important. Évidemment qu'on invite les gens à venir en toute sécurité. Bien consulter la liste des objets interdits, puisqu'il y aura des fouilles, des palpations, on ne pourra pas rentrer avec des bouteilles, on ne pourra pas rentrer avec des objets qui peuvent constituer des armes par destination, il faut ouvrir les sacs, il faut se plier aux mesures de contrôle. Quand on ne le fait pas, il n'y a pas de sanctions, sauf que vous ne rentrez pas.

Les policiers, à ce moment-là, ne laissent pas rentrer les personnes sur les Champs. Voilà. Donc c'est une garantie de sécurité, donc je ne peux évidemment qu'inviter les gens à venir sur les Champs, à veiller évidemment à respecter aussi les mouvements, à veiller à bien se répartir sur l'ensemble des Champs-Elysées, puisqu'il y aura des écrans qui permettront, où qu'on se situe sur les Champs-Elysées, de voir les différents spectacles qui seront donnés ce soir.

9:57
Présentateur

Une dernière question, Laurent Nunez, ça se passe bien avec la maire de Paris ?

10:02
Laurent Nuñez

Ça se passe très bien. Je pense qu'on a montré une coopération pendant les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques, où évidemment la préfecture de police a joué tout son rôle, mais la ville de Paris, pour les sujets qui sont les miens, en matière de sécurité, on s'est investi, on a travaillé ensemble avec la ville de Paris, ça se passe très bien. Puis le périphérique, c'est encore autre chose, il y a des dossiers d'aménagement sur lesquels nous sommes...

10:27
Locuteur non identifié

Il restera à 50 km heure, parce qu'on sait qu'il y avait eu des discussions sur le périphérique.

10:33
Laurent Nuñez

Sur le périphérique, il y a deux choses, il y a beaucoup de bêtises qui sont dites, moi je suis compétent sur la voie réservée, sur la voie réservée, je suis compétent, sur la vitesse, je ne le suis pas, c'est la maire de Paris qui est compétente pour décider de fixer cette vitesse, qui a été compétente pour fixer cette vitesse à 50 km à l'heure. Le ministre de Transport de l'époque avait acté cette décision, donc voilà, on s'est plié à ça. Maintenant, les relations avec la ville de Paris, elles sont un peu plus compliquées sur certains projets d'aménagement, on parle beaucoup du trocadéro, mais ça se passe toujours dans un esprit qui est constructif, évidemment, que je veux saluer.

Parce que le dialogue, par les temps qui courent, plutôt que la division, c'est toujours quelque chose d'important.

11:07
Présentateur

Merci beaucoup Laurent Nunez, vous êtes venu sur le plateau de BFM TV, vous vous couchez à quelle heure, ce soir ou demain matin ?

11:11
Laurent Nuñez

Je me coucherai en même temps que mes effectifs, c'est-à-dire quand la dispersion sera totale et qu'il n'y aura plus de personnes sur l'espace public, donc généralement, ça se finit vers 3-4 heures du matin, dans le meilleur des cas.