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InterviewRadio Classique — L'invité de la matinale (sur Podcast)· 4 mars 2021 12 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Jean-Pierre Raffarin

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que dire à la fois romanesque et contesté depuis le début de sa carrière politique, vous le connaissez mieux que personne, ou est-ce qu'il y a vraiment un problème, puisque vous-même, on s'en souvient, en 2004, vous aviez pris la défense d'Alain Juppé, après donc des faits qui lui avaient été reprochés ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Vous avez bien vu sur les réseaux sociaux, dans les journaux aussi, la personnalité de Nicolas Sarkozy a toujours été clivante.

  • 2:04RelanceRéponse directe

    Mais est-ce qu'en tant que Premier ministre, vous avez l'impression que tout ça va aboutir à une sorte de manœuvre globale de la magistrature ?

  • 2:58RelanceRéponse directe

    C'est l'impératif moral. En quoi ?

  • 4:29OuverteRéponse partielle

    Il a laissé entendre qu'à un moment ou un autre, il ferait peser de sa voix le choix concernant les présidentielles de 2022.

  • 5:28FerméeÉludée

    Dans l'état de la situation actuelle, Raffarin, il vote Macron ou il vote Républicain ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Je ne pense pas qu'il y ait un problème avec l'institution. »
  • 0:18Invité politiqueFait
    « Je pense que là, il y a un problème sur un jugement. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « Ce jugement, il est extrêmement fragile, il est assez peu argumenté, »
  • 0:37Invité politiqueFait
    « Hier soir, il ne faut pas se faire d'illusions, il a été convaincant, il a convaincu tous ceux qui le regardaient, »
  • 1:26Invité politiqueFait
    « Donc je ne suis pas un aligné, mais je trouve que sur ce dossier, franchement, que ce soit la présomption d'une intervention qui n'a pas eu lieu, »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « Je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui une manœuvre globale de la magistrature. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « Mais tout le problème est de traiter le politique comme les autres. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « Moi, je suis pour une justice forte. »
  • 4:45Invité politiqueFait
    « L'analyse est juste. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « ça tue cette idée de primaire qui est pour moi, pour l'opposition, une arme de destruction massive. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « En un seul coup, ça fait quand même beaucoup. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « Je fais partie de ceux qui ont de la sympathie pour Macron parce que je pense que dans la situation difficile du pays aujourd'hui, »
  • 7:14Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a une droite, une droite entrepreneuriale, une droite qui est une droite de PME, »
  • 9:24Invité politiqueFait
    « C'est ce que font les Allemands. Ils vont déconfiner lentement. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Ce ne sont pas les personnes les plus âgées qui sont au travail aujourd'hui. Ce sont tous ces jeunes. »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Raffarin63 %
  • Présentateur33 %
  • ?4 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Est-ce que dire à la fois romanesque et contesté depuis le début de sa carrière politique, vous le connaissez mieux que personne, ou est-ce qu'il y a vraiment un problème, puisque vous-même, on s'en souvient, en 2004, vous aviez pris la défense d'Alain Juppé, après donc des faits qui lui avaient été reprochés ?

0:15
Jean-Pierre Raffarin

Je ne pense pas qu'il y ait un problème avec l'institution. Je pense que là, il y a un problème sur un jugement. Ce jugement, il est extrêmement fragile, il est assez peu argumenté, et au total, il y a un doute qui se crée, et la défense de Nicolas Sarkozy, elle est forte et elle est assez convaincante. Hier soir, il ne faut pas se faire d'illusions, il a été convaincant, il a convaincu tous ceux qui le regardaient, de la profondeur de sa blessure, de sa détermination, et au fond, d'une certaine manière, de la légèreté du dossier. Je pense que si on voulait vraiment gonfler le nombre des sympathisants de Nicolas Sarkozy, c'est comme ça qu'il fallait procéder.

0:57
Présentateur

Vous avez bien vu sur les réseaux sociaux, dans les journaux aussi, la personnalité de Nicolas Sarkozy a toujours été clivante. Je ne suis pas en train d'être le procureur de l'ancien président. Le problème, c'est que dès qu'il dit quelque chose, vous avez des gens qui applaudissent à tout rompre, et de l'autre côté, des gens qui continuent à considérer qu'on est dans une sorte de clanisme politique hérité, justement, des années Chirac.

1:20
Jean-Pierre Raffarin

Écoutez, moi j'ai eu avec Nicolas Sarkozy un certain nombre de débats, y compris des débats publics, des désaccords. Donc je ne suis pas un aligné, mais je trouve que sur ce dossier, franchement, que ce soit la présomption d'une intervention qui n'a pas eu lieu, et tout ça dans une confidence faite à son avocat, tout ça, je trouve ça assez fragile. D'abord, dans les conversations avec les politiques, combien de fois on nous demande de tel avantage, de tel ou tel ceci, de tel ou tel cela. Et donc, forcément, ce sont des circonstances qui sont assez communes, et ce n'est pas pour ça qu'il y a action, et c'est en tout cas quelque chose qui doit rester entre l'avocat.

Donc ça vous l'a dit, d'une certaine manière, ce matin. Ne tournons pas autour des mots. Je comprends la blessure de Nicolas Sarkozy. Je la comprends.

2:04
Présentateur

Mais est-ce qu'en tant que Premier ministre, vous avez l'impression que tout ça va aboutir à une sorte de, comment peut-on dire, de, au fond, je vais vous donner un, on a beaucoup prêté à François Mitterrand cette phrase lors du dernier Conseil des ministres qu'il a présidé. Il aurait dit à ses ministres, les magistrats ont abattu la monarchie, ils finiront, s'ils continuent comme ça, par abattre la République.

2:24
Jean-Pierre Raffarin

Je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui une manœuvre globale de la magistrature. Il y a un certain nombre de cas, et donc il est clair que Nicolas Sarkozy, en effet, est assez clivant. Mais tout le problème est de traiter le politique comme les autres. Et là, il n'est pas traité comme les autres. On lui reproche cela parce qu'il a été président, parce qu'il a eu cette expérience. Et au fond, c'est l'ancien président auquel on s'attaque. On ne le traite pas comme tous les autres. Et donc là, je pense que la justice se met dans des situations fragiles. Je crois qu'il faut naturellement...

2:58
Présentateur

C'est l'impératif moral. C'est ce qu'ils mettent dans les réquisitions, c'est l'impératif moral. Mais l'impératif moral, en quoi ? De l'exemplarité. C'est-à-dire, puisqu'ils sont avocats, ils parlent à ce moment-là de M. Herzog, puisqu'il est magistrat, il parle d'Azibert, puisqu'il est président, au fond, sa morale doit redoubler par rapport à celle des Français. C'est un peu ça. Parce qu'il n'y a pas un fond, il n'y a pas un centime qui est transité.

3:24
Jean-Pierre Raffarin

La question de la morale, on ne doit pas aller la chercher dans cette relation tout à fait spécifique d'un blessé et de son avocat. Au fond, ce n'est pas là qu'il faut aller chercher la morale. Il faut aller chercher les arguments, il faut aller chercher les faits, il faut aller chercher un certain nombre de choses, peut-être. Mais d'une manière générale, il faut protéger cette relation entre un avocat et quelqu'un qui est dans une situation, en fait, aujourd'hui, profondément blessé. Donc, très franchement, la justice savait bien que Nicolas Sarkozy serait se défendre et qu'il ne faut pardonner à Nicolas Sarkozy. Pour apprécier un peu, là.

Il faut bien mesurer que Nicolas Sarkozy va agiter naturellement sa défense, va faire en sorte que ses arguments puissent passer dans l'opinion. Et donc, au total, est-ce que la justice fait une bonne affaire ? Je ne le crois pas. Moi, je suis pour une justice forte. Je pense que les politiques doivent être comme les autres jugés et tous les autres, naturellement, avec la même sévérité. En l'occurrence, je trouve qu'il y a une fragilité dans le dossier.

4:24
Présentateur

Nous sommes en direct. Jean-Pierre Raffarin qui a été Premier ministre de la France, voici la question. Il a laissé entendre qu'à un moment ou un autre, il ferait peser de sa voix le choix concernant les présidentielles de 2022. En gros, c'est simple. Ça veut dire que ce sera ou Macron ou un candidat des Républicains si les Républicains se trouvent enfin un candidat.

4:45
Jean-Pierre Raffarin

L'analyse est juste.

4:46
Présentateur

Voilà. C'est ça l'alternative. Voilà. Raffarin, il répond quoi à cette question ?

4:51
Jean-Pierre Raffarin

Je trouve que... Macron ou les Républicains ? D'abord, je trouve que ce qui est très important dans ce que dit Nicolas, c'est qu'au fond, ça tue cette idée de primaire qui est pour moi, pour l'opposition, une arme de destruction massive. La dernière fois que nous avons joué à cet exercice de primaire, nous avons descendu un président et deux anciens premiers ministres. En un seul coup, ça fait quand même beaucoup. Et on s'est trouvé avec une famille politique décapitée par un processus qui est un processus de déconstruction. Donc, Nicolas Sarkozy, le jour où il prendra position, ça contraint énormément. Et donc, ce qui est très important, c'est que... Mais moi,

5:26
Présentateur

je vous pose la question à vous. Dans l'état de la situation actuelle, dans l'état de la... Mais imaginons que nous votions demain, Raffarin, il vote Macron ou il vote Républicain ? Ne tournez pas autour du pot, autrement, j'avale entièrement mon café avec le gobelet. Eh bien,

5:41
Jean-Pierre Raffarin

avalez le gobelet parce que je ne vous le dirai pas. Simplement, ce que je vais vous dire, c'est que il y a des électeurs de droite qui sont aujourd'hui avec Macron. Et je fais partie de ceux qui ont de la sympathie pour Macron parce que je pense que dans la situation difficile du pays aujourd'hui, il vaut mieux soutenir le président que le fragiliser. Donc, je fais partie des gens responsables. Ce n'est pas la présidentielle, mais c'est la gouvernance actuellement de la France et je ne crois pas que ce soit notre intérêt que de fragiliser le président. Donc, mon lien avec le président... Déjà, une mission terrible c'est d'avaler le gobelet. Mais ce qui est très...

Le moment venu, la question qui est toute simple, aujourd'hui, un grand nombre d'électeurs de droite sont allés chez Macron parce qu'ils ont voté d'ailleurs Macron au deuxième tour contre Mme Le Pen et qu'ils ont trouvé en effet beaucoup de gens qui les représentent et il y a la figure d'Edouard Philippe qui compte dans ce paysage. Donc, nous sommes dans une situation où cet électorat-là, suivant l'issue de la crise pandémique, va rester avec Macron, va partir. Pour qu'il y ait une chance pour un candidat de droite, il faut que cet électorat rentre à la maison. C'est-à-dire qu'il lâche Macron. Aujourd'hui, c'est quelque chose qui n'est pas, à mon avis, envisageable à ce jour. Donc,

6:53
Présentateur

vous considérez ce matin, pardonnez-moi parce que j'essaye toujours d'être non pas un électorat mais précis.

6:59
Jean-Pierre Raffarin

Vous savez où vous voulez aller, vous voulez que je ferme la déclaration à ma place.

7:03
Présentateur

Non, certainement pas, je ne me permettrai pas. Vous considérez donc aujourd'hui la droite qui a, alors, Macron, au départ, élu plutôt par la gauche, puis soutenu plutôt par la droite et donc cette droite est toujours avec lui ce matin.

7:14
Jean-Pierre Raffarin

Je pense qu'il y a une droite, une droite entrepreneuriale, une droite qui est une droite de PME, cette droite-là, elle est plutôt avec Macron. Et il y a une droite populaire qui est avec les LR. Donc, il a toujours fallu, pour gagner, rassembler les deux droites, la bonapartiste et les orléanistes. Aujourd'hui, les orléanistes sont plutôt avec Macron et les bonapartistes plutôt avec LR. Il faudra rassembler les deux. Qui pourra le faire ?

Macron pourra le faire s'il garde cet électorat et donc, en fait, tout va se décider sur la sortie de la crise pandémique où les Français vont estimer que tout ça a été à peu près bien géré et que finalement, on en sort et ils vont vouloir profiter de cette liberté retrouvée et à ce moment-là, probablement que cet électorat orléaniste restera chez Macron et à ce moment-là, ça donnera un avantage très fort à Macron ou alors, les Français vont avoir le sentiment qu'on a perdu beaucoup de temps, qu'il y a eu beaucoup de crise et que tout ça a été mal géré et à ce moment-là, cette droite orléaniste rejoindra la droite bonapartiste et à ce moment-là, il y aura une chance pour un candidat droite.

Donc, c'est ça vraiment le débat. C'est la sortie de la crise. Je le dis depuis déjà plusieurs mois, c'est la sortie de cette pandémie qui va déterminer si finalement, cette droite aujourd'hui qui est avec Macron va rester avec lui et naturellement, ce qu'il vient de faire sur l'Algérie ne favorise pas forcément cette perspective. Pourquoi ? Parce qu'une grande partie de l'électorat de droite est pour que la repentance contente la page avec l'Algérie mais de manière réciproque. La guerre, c'est deux blocs qui s'opposent et donc, il faut reconnaître les drames d'un côté et de l'autre. Et ça pourrait bloquer une partie de l'électorat ? Je pense que ça fait partie des sujets

8:52
Présentateur

qui mobilisent l'électorat. Quand le président de la République a décidé, après une intervention de M. Delfraissy qui était le dimanche soir et lui, il a fait ça, si ma mémoire est bonne, 24 heures après, de ne plus reconfiner définitivement. Peut-être qu'il y a des endroits en France qui sont particulièrement touchés et qui seront reconfinés. Mais visiblement, sa logique, encore aujourd'hui, c'est de laisser une sorte de surveillance accrue. Mais en tout cas, on ne revient pas au convaincu. Il a raison ou il a tort ? Il a raison. Il a raison. Il faut absolument que le...

9:24
Jean-Pierre Raffarin

C'est ce que font les Allemands. Ils vont déconfiner lentement. Voilà. Il est très important d'avoir une activité économique. Il est très important de faire en sorte qu'à la fois pour les résultats économiques, mais aussi pour l'activité et notamment pour tous ces jeunes actifs qui aujourd'hui font marcher le pays et qui sont au travail ou en télétravail, il faut naturellement leur donner cette liberté de travailler. Donc, je pense que ça va dans la bonne direction. Mais il y a un point sur lequel il va falloir faire attention. C'est cette idée de passeport vaccinal. Il faut faire très attention parce qu'on a besoin de tous ces jeunes aujourd'hui qui vont travailler.

Ce ne sont pas les personnes les plus âgées qui sont au travail aujourd'hui. Ce sont tous ces jeunes. Et ces jeunes-là, ils ne peuvent pas se faire vacciner aujourd'hui. Alors, si ceux qui sont au travail, si ceux qui font tourner le pays pendant que nous avons des difficultés majeures, on les prive de toute activité à la sortie, on aura des difficultés. Là, il faut faire très attention à penser à tous ces jeunes aujourd'hui qui ont leurs enfants à l'école qui font tourner le pays. Il va falloir faire attention à ce qu'ils ne soient pas exclus de la belle époque que nous pouvons espérer pour la sortie de crise.

10:25
Présentateur

Nous pouvons avoir le sérieux et nous pouvons avoir l'humour pour des voeux de 2020. Vous aviez dédicacé des chansons de celui que vous aimez tellement, Johnny Hallyday, à un certain nombre de responsables politiques. Alors, l'envie, c'était pour François Baroin qui décidément ne prenait pas de décision. Noir, c'est noir. C'était pour la famille Le Pen. Et j'oublierai ton nom, c'était pour Jean-Luc Mélenchon. Vous avez envie de qui ce matin ?

10:47
Jean-Pierre Raffarin

Allez. Très franchement, je voudrais vous dire que je pense que dans ce pays aujourd'hui, il faut pouvoir se rassembler. Donc moi, ce que je propose, c'est que jusqu'à la fin de l'année, on reste rassemblé sur un seul ennemi, combattons le virus. Et donc, restons pour lutter après, au mois de novembre, au mois de décembre, on commencera à parler pour la présidentielle. Et là, moi, je choisirai quelqu'un qui rassemble si possible l'électorat de Bonapartis et d'Orléani, c'est-à-dire quelqu'un qui soit au centre de la vie politique française.

11:20
Présentateur

Voilà, donc nous n'écouterons pas de rock'n'roll ce matin, mais nous écouterons Vivaldi le printemps grâce à notre bien-aimé réalisateur. Merci Jean-Pierre Raffarin d'être venu sur l'antenne de Radio Classique. Iremplaçable Vivaldi avec Marc Bourreau pour le rappel des titres dans un instant et la vie abiquière à la revue de presse. Nous serons tout à l'heure avec les éditorialistes, bien évidemment, pour Esprit Libre qui vont nous rejoindre sur l'antenne de Radio.

12:16
Locuteur

Sous-titrage ST' 501