Stratégie vaccinale française, séparatismes, "Charte des principes" de l'islam de France... Le "8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier
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Bonjour Guillaume Pelletier. Question toute simple. Quelle est la position des Républicains sur la nécessité ou non de se reconfiner ?
Je pense comme tout à chacun au nom du bon sens. Tout faire pour ne pas se reconfiner. Tout le monde a bien vu les lourdeurs, les conséquences des deux premiers confinements.
C'est votre position ou c'est celle du parti ? On a eu un peu de mal à suivre ces derniers jours entre un député, Éric Ciotti, qui dit « Oui, il aurait fallu un confinement précoce » et un sénateur, Bruno Retailleau, qui lui dit « Ouf, on a échappé au pire ». C'est quoi la ligne ?
L'un et l'autre ont raison, dans le sens où si on ne peut pas faire autrement, comme le dit Éric Ciotti, que de reconfiner, et il semblerait... Nous ne sommes pas dans l'exécutif, on n'a pas toutes les infos dont dispose le Président de la République. S'il faut reconfiner, il vaut mieux reconfiner rapidement, efficacement, strictement. Il n'empêche que la question n'est pas là, parce que la politique, ça n'est pas subir, ça n'est pas commenter les décisions du Président de la République. C'est de dire, si on veut s'en sortir, il ne faut pas confiner, il faut vacciner.
Et tout le monde a bien compris, malgré les interventions, tout en arrogance et en mépris du réel du Président de la République encore hier soir, que ça ne marche pas. Moi, je suis élu local et je suis député de la Nation. Quel est le quotidien de nos maires, de nos conseillers départementaux qui font le travail ? Nos centres de vaccination sont vides. Les vaccins n'arrivent pas. Le seul travail que nous pouvons demander aujourd'hui à nos fonctionnaires des services publics, c'est de rappeler les Français qui ont pris rendez-vous pour reporter les rendez-vous. Et les chiffres sont terribles, juste pour que chacun comprenne. Je ne suis pas du tout dans un esprit polémique.
Moi, je veux que ça marche, je veux qu'on réussisse. On est le 21e pays sur 27 en nombre de citoyens vaccinés. Nous sommes le dernier pays sur 27 en nombre de citoyens intégralement vaccinés. C'est-à-dire que seuls 75 000 Français ont reçu à l'heure où je parle les deux doses qui permettent d'être intégralement vaccinés et protégés. C'est très mauvais, c'est raté. Ça ne sert à rien de dire que tout va bien.
L'urgence, c'est le court terme. Et le court terme, ce n'est pas la vaccination, justement. Est-ce qu'il faut reconfiner ou pas ? Avec les indications qu'on a aujourd'hui, avec les chiffres que l'on a, on est à un plateau élevé. Si vous étiez à la place d'Emmanuel Macron, vous auriez fait quoi ?
Si j'étais à la place d'Emmanuel Macron, justement, je ne ferais pas une politique de court terme à la petite semaine ou à la petite soirée. Intervenant comme ça, pour se faire plaisir et pour dire n'importe quoi, comme hier soir. On y trouve où les vaccins ? Vous savez, je vais vous donner un exemple. Au mois de septembre, rentré parlementaire, avec le groupe Les Républicains, nous présentons un contre-projet sur l'année sur la stratégie des vaccins, sur les commandes à l'Union Européenne. On y reviendra peut-être. Sur la nécessité, comme le faisaient les Israéliens ou les Britanniques, de manière souveraine, de commander nos propres vaccins, d'organiser la transparence.
Non, c'est important. On aurait dû se passer de l'appel d'offres communs de l'Europe et négocier directement nos vaccins ? On aurait dû faire les deux. Parce que gouverner les prévoir. Alors si on l'avait fait nous, si on avait acheté nos propres vaccins, les autres l'auraient sans doute fait aussi. Il se trouve qu'en France, on n'a pas un seul vaccin. Si aujourd'hui, on devait se contenter des vaccins français, il n'y aurait pas une personne de vaccinée.
Marc Fauvel, vous savez très bien que la seule raison pour laquelle nous ne sommes que passés par l'Union Européenne, c'est pour des raisons financières et budgétaires qui peuvent être compréhensibles. Sauf que vous savez très bien qu'un troisième confinement, par exemple, va coûter beaucoup, beaucoup plus cher que si la France seule avait, comme les Britanniques ou les Israéliens, commandé ses propres vaccins. Premièrement. Deuxièmement, je trouve incroyable que nous ne soyons pas capables d'associer les régions, les départements, les maires. L'ARF, l'ADF, l'AMF le demandent depuis le mois d'octobre. L'association des régions, des départements et des maires.
Voilà, vous avez raison de préciser. On a demandé, j'avais demandé d'ailleurs, je crois, sur cette antenne il y a quelques mois, que tous les mercredis à l'issue du Conseil des ministres, il y ait un conseil des territoires obligatoire entre le président de la République, le président des régions de France, Renaud Muselier, des maires de France, François Barouin et des départements de France, Dominique Bussereau, pour qu'on puisse ensemble, parce qu'on veut réussir ensemble, réussir la stratégie de vaccination. Enfin, nous n'avons toujours pas mis au service de la stratégie logistique de vaccination les services logistiques de nos armées. Les Allemands le font, les Israéliens le font.
Nous sommes en train à peine de commencer à associer les médecins généralistes, les médecins libéraux, les médecins retraités et les pharmaciens. Que de temps perdu. Et quand j'entends Emmanuel Macron dire que tout va bien hier soir, c'est faux.
Emmanuel Macron, le président de la République, a pris la parole hier lors d'une interview sur TF1 et il défend sa stratégie vaccinale.
Aujourd'hui, nous sommes en train de dérouler notre campagne de vaccination. Elle se déroule au rythme qui était prévu. Alors, ça peut paraître trop lent quand on se compare à d'autres pays qui avaient fait d'autres paris. Mais je défends la stratégie que nous avons adoptée avec l'Allemagne, avec l'Union européenne.
Clairement, est-ce que vous dites que c'est l'Union européenne qui est responsable de la pénurie de vaccins, de la pénurie de doses qu'on vit aujourd'hui ?
Vous savez, l'Union européenne, c'est l'addition des chefs d'État. Donc, l'erreur qui a été commise, il semble le reconnaître tout en disant le contraire au début de son intervention que vous venez de nous faire écouter. Il dit, c'est vrai qu'on semble un peu en retard par rapport à d'autres pays. Oui, parce que la France n'a pas eu l'audace, la vision souveraine, la capacité d'anticiper comme d'autres l'ont fait. Bon, maintenant, on ne va pas pleurer sur l'air inversé, comme on dit en Sologne. Il faut maintenant qu'on s'y mette tous ensemble. Mais pour s'y mettre tous ensemble, nous, on exige la transparence sur le nombre de doses et de vaccins. Ça change tous les jours. C'est le cas.
C'est publié tous les jours, le nombre de doses disponibles. Je veux dire, oui, vendredi dernier, au Parlement, le ministre de la Santé nous annonce qu'à la fin du mois de mars, nous aurons 10 millions de Français vaccinés. Et nous apprenons, hier après-midi, qu'il n'y aura qu'à peine 8 millions de Français vaccinés. Ce n'est pas tout à fait la même chose.
On est à l'échelle, pour être précis, Guillaume, le nombre de doses aujourd'hui disponibles dans votre département, c'est celui du Loir-et-Cher. C'est une information qui est publique, 7 664 doses en stock. Qu'est-ce que vous voulez de plus comme chiffre ?
Non, mais d'abord, dans le Loir-et-Cher, on a 331 000 habitants. Et on a quelques petits milliers de Loir-et-Cheriens qui ont été vaccinés. Vous voyez le fossé déjà par rapport à ce que promet le président de la République encore hier soir, qu'à la fin du mois d'août, tous les Français volontaires l'auront été, premièrement.
Non, mais là, vous parlez d'objectifs.
Oui, deuxième.
Mais vous disiez qu'il y a un manque de transparence. Ce n'est pas le cas. Tous les chiffres sont publiés sur le site du ministère de la Santé.
Mais non, mais vous l'avez au jour le jour. Mais vous savez, un maire, quand on ouvre un centre de vaccination, on a besoin d'une visibilité sur combien de temps ? Au moins sur 15 jours, 3 semaines pour prendre les rendez-vous. Alors moi, qu'on me dise qu'hier, il y a tant de doses qui arrivent, mais qu'on ne me dise pas que la semaine prochaine, que celle d'après, que celle encore d'après, nous aurons un nombre de doses précis pour prendre les rendez-vous, pour faciliter les transports des personnes âgées. Enfin, tout ça est une logistique, une vision. Donc, ce que je dis, je préférerais que le président de la République nous dise, clairement, on s'est trompé. Ça ne va pas assez vite.
Nous sommes le dernier pays de l'Union Européenne, alors que la France est une grande nation et un grand peuple.
Et donc, on fait le tour des labos et on tente d'en acheter de notre côté en espérant que les autres ne fassent pas la même chose. Et on fait ce qu'on avait fait sur les masques.
On change de stratégie. Oui, on commande directement d'une part. Deuxièmement, on associe dès maintenant toutes les collectivités pour qu'on porte ce combat ensemble. Et on associe, parce qu'on a un énorme problème d'acheminement et de logistique, par exemple, les services logistiques des armées qui sont parfaitement compétentes et disponibles pour le faire.
Et qui sont associés aussi.
Non, alors, il y a quatre représentants des services logistiques des armées qui viennent d'être détachés auprès du ministère de la Santé. Bon, d'accord, ça c'est du symbole. Nous, on veut que dans tous les territoires, dans tous les départements,
on puisse travailler main dans la main avec nos militaires. Guillaume Pelletier, vice-président des Républicains, est avec nous ce matin sur France Info. Le fil Info à 8h41 avec Mélanie Delaunay.
Alors que de nouvelles mutations du Covid inquiètent en Angleterre, deux laboratoires unissent leur force face aux variants. Le britannique GlaxoSmithKline et l'allemand CureVac annoncent qu'ils vont travailler un vaccin à ARN messager efficace contre ces variants. En France, tous les adultes qui le souhaitent pourront se faire vacciner d'ici la fin de l'été, promesse d'Emmanuel Macron, juste après une réunion sur les vaccins avec les grands laboratoires. Un troisième vaccin est autorisé en France, celui d'AstraZeneca, réservé aux moins de 65 ans. Il sera disponible dans les pharmacies, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, mais aussi les sages-femmes pourront faire les injections.
Une première livraison de 460 000 doses est prévue pour la fin de la semaine. L'argent public a été gaspillé, bradé, jeté. Le maire de Marseille s'en prend à l'héritage financier de la droite. La ville plombée par une dette d'un milliard et demi d'euros. Fini les dépenses somptuaires, le bling-bling et les paillettes, dit Benoît Payan qui s'appuie sur un audit commandé par la nouvelle majorité de gauche. Marseille, sans entraîneur, mis à pied en Ligue 1 de football, se déplace à Lens. Ce soir, le leader Lille sera à Bordeaux. Lyon affronte Dijon et le Paris Saint-Germain lui va tenter de se relancer contre Nîmes, le dernier du classement.
France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le vice-président des Républicains, Guillaume Pelletier, est-ce qu'il faut, dans la liste des courses que vous faites et des vaccins qu'il faudrait acheter, inclure celui des Russes, le vaccin Spoutnik efficace d'après une étude publiée hier dans la revue The Lancet à un peu plus de 90%.
Bien sûr, tout doit être fait pour remporter cette bataille vaccinale. C'est l'enjeu clé de manière collective. Je note, et je le regrette d'ailleurs, que parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, les Américains, les Anglais, les Russes, les Chinois, sur le plan de la recherche ou de la capacité à produire un vaccin, y parviennent quand la France est le seul pays parmi les grandes puissances à ne pas y parvenir parce que nous avons renoncé depuis trop longtemps à investir dans la recherche.
Moi, dans mon livre Milieu de Cordée, avec tout un travail, avec des chercheurs, des experts pendant des années, j'avais proposé la création d'une université européenne de la recherche parce que vous savez qu'aujourd'hui, nos meilleurs en France et en Europe partent en Chine, partent aux Etats-Unis dans des conditions de rémunération et de recherche bien meilleures qu'en France. Et voilà, quand Natacha Polony a raison, quand pendant des décennies, vous abandonnez le principe de souveraineté et donc de liberté et donc de maîtrise de votre destin, quand vous démembrez l'industrie française, quand vous êtes...
Pendant des décennies, c'est aussi Nicolas Sarkozy qui était au pouvoir.
Tous les gouvernants, Dieu sait que Nicolas Sarkozy fut bien différent des autres. Mais oui, depuis 40 ans, c'est-à-dire depuis ma naissance, la fin des années 70... Oui, non, moi j'étais... Je parle de la droite, votre famille politique. Oui, oui, oui, non mais la droite, la gauche, Emmanuel Macron, c'est-à-dire, moi, le grand combat de mon engagement politique, c'est comment la France peut se renouer avec la grandeur et la prospérité. Et ça passe, oui, par ce principe qui a été méprisé par nos élites, qui est le principe de souveraineté. Souveraineté, c'est-à-dire la capacité à être maître de son destin sur le plan agricole, sur le plan industriel et sur le plan de la recherche.
La loi contre les séparatismes, ça n'y a pas de lire.
Oui, parce que l'Assemblée nationale examine le projet de loi confortant les principes républicains en ce moment à l'Assemblée. Donc, à gauche, on dit que c'est un texte islamophobe. À droite et à l'extrême droite, on dit que le texte ne va pas assez loin. Concrètement, est-ce que vous allez le voter, ce texte ?
En l'état, non. La question qui est posée à tous les Français et à tous les responsables politiques français, à tous les Français, quelles que soient leurs origines et leurs religions, c'est quelles sont les valeurs de notre patrie ? Quelles sont les valeurs qui ne sont pas négociables ? La liberté de culte, la liberté de conscience, le droit de changer de religion, l'égalité entre les hommes et les femmes. Et pour ce faire, nous devons...
Toutes les valeurs qui ont été signées dans la charte des imams approuvées par une majorité des fédérations...
Vous me permettez, Marc-Bel, de commencer par là avant de vous répondre. Ah pardon, j'ai fait une version. Non, parce qu'il y a un sujet très important. Vous évoquez, c'est deux sujets différents. Il y a le texte, le projet de loi. Mais toutes les valeurs que vous venez de lister sont effectivement celles de la charte. J'ai d'ailleurs salué la charte des principes de l'islam, qui est une belle avancée et qui a été signée par les deux tiers des fédérations représentant l'islam de France. Il y en a trois qui ne veulent pas les signer pour le moment. Exactement. Emmanuel Macron, le 18 janvier, avec Gérald Darmanin, a reçu ces fédérations en leur donnant 15 jours pour signer cette charte.
Sans quoi il en tirait les conséquences. Nous sommes ce matin au 15e jour, au 16e exactement. Je demande donc au président de la République d'assumer ses propos du 18 janvier, d'exclure les trois fédérations qui refusent pour le moment de signer cette charte. C'est quoi exclure ? D'exclure des instances représentatives de l'islam de France.
Du CFCM, non ?
Voilà. Et de les dissoudre pour dire qu'en France, on ne peut pas avoir un double langage et les masques doivent tomber. Notre rôle de responsable politique, c'est de soutenir de manière acharnée la majorité des français musulmans qui adhèrent à ces valeurs, qui sont d'ailleurs représentées par la majorité des associations que vous avez. Mais c'est l'article 10 de la charte des principes de l'islam, qui rappelle que toutes celles et ceux qui ne respectent pas, n'adhèrent pas à cette charte. La charte de l'islam, elle n'a pas de base légale en France, c'est pas la loi. Vous avez un président de la République, heureusement, il peut nous présenter très vite...
Pour dissoudre, on est donc dans un état de droit, il faut des motifs, comme le dit Marc. Donc on s'appuie sur quoi ? Parce que pas sur la charte, c'est pas possible, puisqu'elle est en cours de rédaction.
Sur un décret ou sur une loi, il n'y a aucun problème. Le Parlement, en tout cas moi, en tant que député, je suis disponible pour déposer un texte pour permettre la dissolution, enfin l'exclusion, puis la dissolution des trois entités, des représentants des députés. Mais c'est pas aux Français qui décident ça ? C'est à des juges ? Ah non, vous savez, heureusement.
C'est pas un député qui peut décider de dissoudre Génération Identitaire ou un groupuscule, par exemple. Mais vous connaissez la... Mais on peut en faire d'autres. On peut changer la loi.
Donc on change la loi pour pouvoir dissoudre les trois fédérations du CFCL. Bien sûr. Sinon ça veut dire quoi ? Qu'Emmanuel Macron nous a menti le 18 janvier ? Quand il dit qu'il va en tirer les conséquences, c'est d'une fermeté absolue ? Mais ça veut dire aussi que les députés peuvent changer la loi comme ils le veulent, et rien ne se passe. Mais c'est tout le problème de la politique aujourd'hui en France. Ils disent, ils parlent, et ils ne font jamais. Eh bien, c'est très important, parce que je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté dans mes propos.
Je considère que les entités des Français musulmans qui ont l'audace de signer ce texte fondateur très important pour rappeler que quand on est en France, on aime la France, on adhère à ces valeurs pour lesquelles nos anciens ont parfois donné leur vie, et qu'il n'est hors de question de céder et de négocier ces valeurs. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Et que tous ceux très minoritaires qui contestent le principe même de ces valeurs n'ont pas leur place dans les instances représentatives de l'islam de France. Alors, où il existe aujourd'hui des éléments juridiques possibles pour le faire tout de suite, si ça n'est pas le cas, il faudra une loi.
Je suis prêt à la porter, parce qu'il est hors de question de continuer à céder.
On en revient au séparatisme avec vos collègues députés Les Républicains. Vous avez présenté hier un contre-projet de 40 propositions. Qu'est-ce qu'il différencie du projet de loi du gouvernement ?
Énormément de choses. D'abord, vous savez, dans la vie, il faut désigner l'adversaire. Nos adversaires, c'est à la fois l'islam politique, qui n'est pas compatible avec la France, et c'est la lâcheté et l'angélisme des gouvernants depuis des décennies sur ce sujet. Parce qu'aujourd'hui, à l'heure où nous parlons, des familles juives sont obligées de quitter des territoires en Seine-Saint-Denis ou à Strasbourg. À l'heure où nous parlons, des professeurs ont peur, j'étais professeur d'histoire-géographie, d'enseigner la Shoah dans des classes. À l'heure où nous parlons, des femmes refusent d'être examinées par des hommes dans des hôpitaux. Alors concrètement, deux, trois mesures fortes ?
Trois propositions très claires. D'abord, la laïcité partout et pour tous, autour d'un principe constitutionnel simple, nul ne peut se prévaloir de sa religion pour s'exonérer de la loi commune. Au-dessus de tous, il y a la loi commune. Deuxièmement, parce que tout est lié à un moratoire immédiat sur l'immigration, à l'exception des réfugiés politiques et des étudiants étrangers, parce que l'immigration massive...
Y compris sur le regroupement familial, donc ?
Surtout. L'immigration massive, 275 000 titres de séjour accordés à nouveau en 2019, conduit à la concentration des populations, conduit au communautarisme et ça conduit à l'islamisme. Enfin, il faut qu'on ait l'audace de s'exonérer du gouvernement des juges. La souveraineté, c'est la souveraineté du peuple. A l'heure où nous parlons, là encore, la CEDH, prenons cet exemple, c'était le 1er février 2018, la Cour européenne des droits de l'homme, a condamné la France parce qu'elle avait décidé d'expulser un Algérien condamné à 7 années de prison pour terrorisme, appartenant au début des années 2000 à la filière Tchétchène.
Si, quand le peuple français prend une décision à travers ses parlementaires et le président de la République, c'est contesté par des bureaucrates enfermés dans un bureau, ça ne peut pas marcher.
Je vais vous prendre la question à l'envers, Guillaume Deltier, s'il vous plaît. Vous nous avez expliqué les trois mesures fortes que vous souhaiteriez mettre en place. Il y a notamment donc moratoire total sur l'immigration, avec les exceptions que vous avez citées. Interdiction du voile sur l'espace public pour un électeur qui serait tenté, qui hésiterait entre vous et le Rassemblement national. Quelle est aujourd'hui la principale différence sur ces deux points, puisqu'il figure noir sur blanc également dans les propositions de Marine Le Pen ? Moratoire, immigration, interdiction du voile. Très bien. Là-dessus, c'est la même ligne. Il n'y a pas de débat là-dessus, ce n'est pas honteux.
J'en ai marre qu'on me dise... Moi, j'ai des convictions. Moi, je me suis engagé en politique au nom de ces convictions. Qui sont sur ces deux points les mêmes que le Rassemblement national. De temps en temps, sur mes propositions sur la dette, je sois soutenu par François Bayrou. Que sur mes propositions et nos propositions sur l'immigration, Mme Le Pen et ses amis disent que c'est bien. Sur d'autres propositions, que M. Mélenchon ou M. Lagarde...
Mais les points communs avec le Rassemblement national, avec Marine Le Pen, ce n'est pas un problème.
Mais pourquoi ce serait un problème ? L'original est la copie. Mais Laurent Fabius disait, il pose parfois des bonnes questions, il apporte parfois des mauvaises réponses. Vous croyez qu'il y a aujourd'hui 25 ou 30% des Français qui se reconnaissent parfois dans ce mouvement, qui n'ont pas le droit d'être entendus ? Moi, je ne regarde pas les autres partis, je regarde la France. Et pour la France, pour le bien commun de la France, pour l'intérêt général de notre patrie, oui, il faut aujourd'hui un oratoire sur l'immigration.
C'est la proposition des Républicains, tant mieux si d'autres s'y retrouvent. 8h51, le fil info avec Mélanie Delaunay. On vous retrouve dans un instant, Guillaume Pelletier.
Emmanuel Macron sonne la mobilisation des laboratoires français. Trois sites vont bientôt mettre en flacon des vaccins contre le Covid. Pour celui de Moderna, la production débutera courant mars sur le site de Récifarm en Indre-et-Loire. Le chef de l'État a aussi encouragé les laboratoires vétérinaires à participer à cette production de vaccins. Un automobiliste et son bébé, sauvés par les pompiers à jet-ski alors qu'ils étaient emportés par les eaux hier soir à La Française, dans le Tarn-et-Garonne. Le niveau des crues est toujours sous surveillance dans le sud-ouest et le nord. Météo France maintient 17 départements en vigilance orange aux inondations.
La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les États-Unis, tous demandent la libération immédiate d'Alexei Navalny, le principal opposant à Vladimir Poutine, condamné hier à trois ans de prison en Russie pour avoir enfreint son contrôle judiciaire. Plus d'un millier de personnes ont été arrêtées lors de rassemblements de soutien, principalement à Moscou et Saint-Pétersbourg. Le polyester, deux fois plus utilisé qu'il y a 20 ans et cela pourrait encore doubler d'ici 2030, selon une ONG, Changing Markets Foundation, qui pointe du doigt l'industrie de la mode à bas coût. Ces fibres synthétiques faites à partir de pétrole et de gaz se retrouvent dans la moitié des tissus. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel.
Toujours avec Guillaume Pelletier, le vice-président du parti Les Républicains. A Paris, la maire Anne Hidalgo a rejeté hier l'idée d'une commission d'enquête sur les différentes affaires d'agression sexuelle qui viennent de secouer sa majorité. C'est la droite qui avait porté cette demande. Ce qui a fait dire à Rachida Dati, la maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris, que la gauche est complice des viols et de l'inceste. Est-ce qu'elle est allée trop loin, Rachida Dati ?
Je n'étais pas là, je ne connais pas précisément ses propos. Je connais bien Rachida. Ce qui est important... Elles sont rapportées telles qu'elles...
Oui, ce qui est important et là où elle a raison de mettre les pieds dans le plat, c'est que cette gauche, qui depuis des années nous donne des leçons de morale sur tous les sujets, et qui est incapable, à la demande manifestement du groupe porté par Rachida Dati au Conseil de Paris, de demander des éclaircissements, une commission d'enquête, de comprendre ce qui s'est passé sur des faits présumés, enfin cette demande, elle me semble extrêmement légitime, et c'est donc particulièrement étonnant que Mme Hidalgo, qui fait partie de ceux qui depuis là encore si longtemps font la morale à tout le monde, n'accède pas à la demande de Rachida Dati.
Il y a la justice aussi, à côté.
Oui, mais c'est deux choses différentes. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il faut toujours... Vous savez, il y a un principe très important dans notre droit, c'est ce qui nous différencie des Américains, et soyons-y attachés comme à la prunelle de nos yeux, c'est le secret de l'instruction et la présomption d'innocence. C'est très important. Et heureusement que nous avons une justice indépendante. Il n'empêche, quand les responsables politiques peuvent mettre sur la place publique un certain nombre d'inquiétudes et demander qu'il y ait des enquêtes qui soient lancées, ça peut être utile.
C'est-à-dire quoi ? Il y a une omerta à la mairie de Paris ?
Moi je suis heureux en province, je connais Paris, la mairie de Paris, son fonctionnement, c'est pas du tout pour me dédouaner, j'en ai pas l'habitude, je ne connais pas.
Quand vous dites cette gauche qui nous fait la morale depuis des années, ça veut dire quoi ? C'est quoi cette gauche ? Vous savez, sur tous les sujets, mais pas que sur ceux-ci,
d'ailleurs je vais y répondre précisément. Moi ça fait une vingtaine d'années que je suis engagé en politique. Ça fait vingt ans que je me bats pour le patriotisme. Je vais prendre l'exemple de l'immigration. Ça fait vingt ans qu'on a, enfin plus, qu'on n'a pas le droit de dire que l'immigration n'est pas forcément une chance pour la France. Ça fait vingt ans, et plus longtemps encore, qu'on n'a pas le droit de dire que la question du communautarisme islamique qui gangrène nos quartiers, tout de suite c'est des cris d'orfraie, c'est vous n'avez pas le droit, ça n'est pas possible. Cette pensée unique, ce politiquement correct, c'est moral.
Mais si, la classe politique française, depuis trop longtemps, est gangrénée par des réflexes de Pavlov qui vous interdisent de poser un constat juste et d'y apporter des solutions crédibles. C'est d'ailleurs ça, moi en tout cas, ce qui me différencie. Fondamentalement des extrêmes, c'est un constat juste et trouvé ensemble, on l'a fait là sur le projet de loi séparatisme. Vous savez, les 104 députés des Républicains autour de Damien Abad, c'est pas un matin comme ça, on va trouver des idées, c'est des semaines et des semaines d'audition pour trouver avec les meilleures des propositions et des solutions concrètes.
Pardon de vous interrompre, ça ne répond absolument pas à la question que je vous ai posée.
On ne comprend pas sur la morale, on ne comprend pas sur les viols et la morale.
Pourquoi cette gauche aujourd'hui est complice des viols et de l'inceste pour reprendre les propos de Rachid Alati ?
Je ne veux pas rentrer dans les... on ne va pas refaire l'histoire, mais vous connaissez tous les textes signés par Jack Lang, Daniel Cohn-Bendit, ce qu'on appelle l'affaire Duhamel, tous ces gens qui sont sur les plateaux de télévision...
La gauche n'a pas forcément le monopole, pardon pour plagier... Ah, je n'ai pas dit ça ! Le monopole de ce fait. Gabriel Matzneff avait des amitiés à droite et à l'extrême droite. Vous savez, si les crimes et les délits étaient liés à une couleur politique,
ça se saurait, ça n'est évidemment et heureusement pas le cas. Ce qui est certain, c'est qu'il faut que la gauche, qui a pris l'habitude d'un magistère moral et philosophique sur la pensée, en particulier sur la pensée unique, se remettent un peu en cause. Et que le rôle de ma génération, c'est de mettre fin à ce magistère, de dire la vérité sur ce que nous vivons au quotidien sur tous les sujets, la question des salaires, la question de la souveraineté, la question de l'Europe, la question de l'absence d'écart entre les revenus du travail et de l'assistance, la question de l'immigration et de l'islam, de poser ce constat juste et d'apporter des solutions crédibles.
C'est comme ça qu'on va réconcilier les Français avec la politique. Un dernier mot, Salia Braclia.
Guillaume Pelletier, une dernière question avec réponse rapide. Vous serez candidat aux régionales qui vont s'organiser en juin prochain ?
D'abord, j'aimerais connaître la date et je ne peux pas être candidat à une élection dont je ne connais pas la date puisqu'elle est annoncée désormais.
Est-ce que vous avez l'envie d'être candidat ?
J'ai envie toujours de défendre ma famille politique. On verra quand on connaîtra la date qui est le meilleur à cet instant pour porter les couleurs dans notre région, comme nous verrons à l'été, qui est le meilleur pour porter nos couleurs à l'élection présidentielle et échapper à ce duel mortifère entre Emmanuel Macron et les extrêmes. Merci à vous Guillaume Pelletier. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.
Guillaume Peltier