Marine Le Pen à Montbéliard - Conférence de presse
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« j'ai dû tracter à plus de sorties d'usine en 10 ans que M. Mélenchon pendant les 31 ans où il est resté au Parti Socialiste. »
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« en janvier 2003, où Steve Réoua notamment avait été violenté, et en juin 2011, en Moselle, où, bousculé de manière très violente par les gros bras de la CGT, il a été amené à porter plainte contre la même CGT. »
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« c'était plus de 42 000 salariés au début des années 70 qui y travaillaient, ils sont à peine 12 000 aujourd'hui »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« on va probablement enregistrer 30 000 chômeurs supplémentaires par mois »
- 7:01Invité politiqueChiffre
« le taux de chômage officiel est passé de moins de 8% à 10% aujourd'hui »
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« Ce qui porte ce nombre à près de 5 millions aujourd'hui, 5 millions de chômeurs »
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« 6,2 millions d'actifs, c'est-à-dire 25% des actifs, travaillent pour moins de 750 euros par mois »
- 8:27Invité politiqueChiffre
« une suppression de près de 500 000 emplois industriels sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy »
- 9:29Invité politiquePromesse
« Je gagnerai la bataille du chômage parce que je romperai avec leur modèle économique dépassé »
- 10:16Invité politiqueFait
« il consiste en l'urgence de mettre à l'abri la France en rompant avec le libre-échange généralisé »
- 17:27Invité politiqueChiffre
« 3,5 milliards par an la niche copée qui ne rentre pas dans les caisses de l'État »
- 24:03Invité politiqueFait
« la suspension du droit au minimum vieillesse pour les étrangers n'ayant pas travaillé et cotisé pendant au moins 10 ans dans notre pays »
- 26:43Invité politiqueChiffre
« on n'a que 7% de salariés qui sont syndiqués et 40% qui semble-t-il s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen »
- 32:38Invité politiqueFait
« je rappelle quand même l'affaire de l'UIMM dont on n'a plus absolument plus parlé et dont on nous a expliqué que les mallettes de billets servaient à fluidifier le dialogue social »
- 35:43Invité politiquePromesse
« 33% que je veux imposer en taxation sur les délocalisations de prestations de services »
Temps de parole
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Je vous remercie de votre présence à cette conférence, ici en Béliard, où nous sommes venus tracter à la sortie de l'usine, comme nous le faisons, de manière absolument régulière, depuis des décennies. Vous avez vu qu'on a d'ailleurs croisé, c'est assez fréquent, il faut bien l'admettre, les militants du Front de Gauche, sauf que j'ai dû tracter à plus de sorties d'usine en 10 ans que M. Mélenchon pendant les 31 ans où il est resté au Parti Socialiste.
Je suis heureuse d'ailleurs de voir qu'aujourd'hui, nous avons pu le faire sans avoir les menaces, les blocages, les insultes et parfois les violences qui sont régulièrement ceux de la CGT, à l'égard de nos responsables politiques, comme ça a été le cas, je vous rappelle, en janvier 2003, où Steve Réoua notamment avait été violenté, et en juin 2011, en Moselle, où, bousculé de manière très violente par les gros bras de la CGT, il a été amené à porter plainte contre la même CGT.
C'est vrai que j'entretiens une relation particulière avec la France des travailleurs, cette France qui, je crois, objectivement, me fait confiance, et dont vous avez pu voir un certain nombre de marques d'impatience en ce qui concerne le changement qui est attendu lors des prochaines élections présidentielles. Cette France, c'est vrai qu'elle a été largement trahie, largement oubliée, et elle attend maintenant un changement radical de politique de la part des élites politiques. Cette France des travailleurs et moi, on se comprend parfaitement.
Je remarque qu'encore une fois, la caste syndicale, qui fait semblant de défendre les intérêts des travailleurs, marche quand même main dans la main, avec le MEDEF et Laurence Parizeau contre moi, ce que je trouve toujours relativement étonnant. C'est bien là qu'on voit d'ailleurs où se trouve le véritable changement, la véritable alternative, celle qui coalise contre elle les intérêts acquis, les avantages corporatifs qui sont jalousement conservés, et qui aujourd'hui se rassemblent dans un énième sommet, dit sommet pour l'emploi.
Moi, j'ai eu l'occasion de dire qu'à force de passer de sommet en sommet, sommet du G8, sommet du G20, sommet européen, sommet pour l'emploi, toute cette caste a oublié qu'il y avait dans la vallée les Français qui vivent les conséquences des politiques qui sont décidées dans les sommets, et que quand on commence à descendre un peu des sommets pour aller voir comment les Français vivent, eh bien on s'aperçoit que c'est exactement l'inverse de ce qu'ils préconisent qu'il faut mettre en œuvre.
Je l'ai rappelé, tout ça ne m'étonne pas tellement, moi je suis la seule alternative qui gêne vraiment les immobilismes, et en cela, c'est vrai que l'ensemble des élites syndicales et politiques se retrouvent main dans la main pour le tout sauf Marine. Je me souviens que la CFDT, comme d'ailleurs M. Thibault de la CGT, avait appelé en 2005 à voter oui à la Constitution européenne, se plaçant alors dans le même camp ultra-libéral et européiste que le MEDEF, que le CAC 40, et que tous ceux qui ont contribué à l'effondrement des frontières depuis 30 ans.
Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'ils ont pris en cela résolument le contre-pied de leur base, parce que leur base, elle, elle était opposée à la dérive ultra-libérale, anti-démocratique, anti-sociale et anti-nationale de l'Europe. Et les ouvriers ont été un nombre considérable à s'opposer au traité de Lisbonne, comme si dans la vallée, décidément, on n'avait plus de lucidité que sur les sommets.
Enfin, en tout cas, à chaque fois que nous avons pu discuter avec des ouvriers, qui parlent évidemment de leur souffrance, de leur crainte, et les craintes à PSA sont importantes, puisque, vous le savez, c'était plus de 42 000 salariés au début des années 70 qui y travaillaient, ils sont à peine 12 000 aujourd'hui, Sophie Montel est en permanence en train d'aller à leur rencontre, et elle s'attache évidemment à être ici le porte-parole de cette souffrance ouvrière et salariée. Leur déception face à Nicolas Sarkozy et leur désillusion face à la gauche est proportionnellement inverse à l'espérance qu'ils ont dans un véritable changement.
Alors évidemment, on ne peut que comprendre la désillusion de ces travailleurs français quand on voit que la seule réponse que daigne apporter le gouvernement Sarkozy au chômage qui explose se résume à l'organisation de ce fameux sommet social. Encore une fois, je pense que si on faisait le calcul du nombre de sommets qui ont eu lieu, et qu'on le compare au nombre de décisions qui ont été réellement appliquées à l'issue de ces sommets, parce qu'il y a beaucoup de décisions souvent qui sont prises, mais jamais en l'occurrence qui sont appliquées, on s'aperçoit que c'est un grand exercice de parlotte qui n'apportera aucune solution concrète aux problèmes dramatiques du chômage.
Je vous rappelle qu'en termes de parlotte et de promesses, moi j'ai la mémoire longue, et je me souviens très bien qu'en janvier 2010, lors de son émission télévisée, M. Sarkozy avait promis en français qu'il verrait baisser le chômage dans les semaines et les mois à venir. Non seulement le chômage n'a pas baissé, mais il a explosé dans des proportions qui fait qu'aujourd'hui, on va probablement enregistrer 30 000 chômeurs supplémentaires par mois. Alors je crois que les Français n'attendent rien d'ailleurs de ce sommet, objectivement, et on ne peut malheureusement pas leur donner tort.
Ce ne sont ni la PBA antisociale qui ne fera qu'appauvrir les plus pauvres, les classes moyennes, les retraités, ni les éternels contrats aidés, qui sont en général le parachute qu'utilise le pouvoir quand vraiment il n'y a absolument aucune autre solution qui reste à sa disposition, et qu'on utilise souvent massivement, juste avant les élections, pour maquiller un petit peu les chiffres du chômage, ni les deux ou trois réformettes éventuellement annoncées qui vont redresser la barre.
Et tu as entendu que c'est quand même assez intéressant de voir que ce sommet pour l'emploi vise non pas à trouver des solutions pour créer l'emploi, mais pour atténuer la souffrance de ceux qui n'ont perdu l'emploi. Bien souvent, vous vous apercevrez que les mesures qui sont proposées sont des mesures de gestion du chômage. Mais ce n'est pas ce que les Français attendent. Ils n'attendent pas la gestion du chômage. Ils attendent le recul du chômage, ce qui n'est absolument pas la même chose. C'est vrai que, puisqu'on parle de sommet, Nicolas Sarkozy aura enregistré une série de sommets pendant sa présidence.
Le sommet du déficit, le sommet de l'endettement, le sommet de l'insécurité, le sommet de l'immigration, le sommet du chômage. Le risque actuel de hausse est de l'ordre de 30 000 à 50 000 nouveaux demandeurs d'emploi par mois. La dérive, elle est terrifiante. Depuis 2007, le taux de chômage officiel est passé de moins de 8% à 10% aujourd'hui. Et permettez-moi de dire, comme je le rappelle souvent, qu'il faut y ajouter l'ensemble des catégories de chômeurs. Ce qui porte ce nombre à près de 5 millions aujourd'hui, 5 millions de chômeurs.
Et encore, je ne compte pas dans ces 5 millions de chômeurs, la masse des travailleurs pauvres et des temps de travail précaires, partiels, puisque ceux-ci ont vocation à se multiplier et sont utilisés, usés et abusés de la part des entreprises. Alors le chômage des jeunes est particulièrement inquiétant, puisqu'il s'est établi en France à 23,8% contre 22% au Royaume-Uni, qui pourtant a subi aussi la crise, et 8,1% en Allemagne. Bref, la France connaît une situation de chômage de masse et aucun gouvernement n'a été capable de l'extraire du piège infernal du chômage.
Je vous rappelle, puisqu'on parlait du travail partiel et du travail précaire, que selon l'UNC, 6,2 millions d'actifs, c'est-à-dire 25% des actifs, travaillent pour moins de 750 euros par mois. Le phénomène accéléré de désindustrialisation, qui connaît une vigueur nouvelle depuis la mise en place de l'euro, a évidemment contribué à aggraver le phénomène. Ça s'est traduit par une suppression de près de 500 000 emplois industriels sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a donc tout perdu. La bataille du AAA, la bataille du pouvoir d'achat, la bataille de la dette et bien évidemment la bataille du chômage. Cette défaite est parfaitement logique et s'explique très bien.
On ne gagne pas les batailles qu'on ne livre pas. On ne gagnera pas la bataille du chômage que le jour où on la livrera vraiment. Que le jour où on sortira de la communication des sommets, des conférences complètement inutiles, où on sortira des vieilles recettes qui ne marchent pas et qui faisaient déjà dire à un François Mitterrand résigné que contre le chômage on avait tout essayé. Et bien depuis Mitterrand, ils n'ont rien essayé de nouveau. Bien au contraire, ils ont continué à appliquer exactement les mêmes solutions en en aggravant les conséquences. Depuis, mis à part le chiffre au compteur du chômage qui a continué de grimper, rien effectivement n'a changé.
Je gagnerai la bataille du chômage parce que je romperai avec leur modèle économique dépassé et que je proposerai aux Français des solutions audacieuses qui protègent et qui stimulent. Je ne détaillerai pas ici l'ensemble de mon projet pour l'emploi. J'ai eu l'occasion déjà de vous en parler. L'intégralité de mon projet présidentiel est accessible sur Internet en ce domaine depuis plus de deux mois. Et même plus que ça, puisque j'ai présenté mon programme économique avec l'ensemble des mesures de protection que j'envisageais dès le mois d'avril dernier, c'est-à-dire il y a, ça fera dans peu de temps, voilà, c'est ça, presque un an. Alors j'insisterai sur deux points essentiels.
Le premier, il consiste en l'urgence de mettre à l'abri la France en rompant avec le libre-échange généralisé. Moi, je suis la seule à préconiser le protectionnisme. Et le débat qu'on a eu tout à l'heure, j'espère d'ailleurs, la proposition que j'ai faite aux gens du Front de Gauche je la réitère, j'aimerais que partout en France il puisse y avoir un vrai débat sur le protectionnisme avec l'ensemble des partis politiques puisqu'ils sont tous opposés au protectionnisme. Les protections intelligentes aux frontières destinées à combattre la concurrence déloyale dans le domaine de la production comme dans le domaine des services, c'est la seule solution.
Un protectionnisme destiné à mettre fin à ce recul de civilisation que représente le libre-échange total. Je crois réellement que l'on peut dire aujourd'hui que la politique du libre-échange total est un véritable recul de civilisation dans la manière dont elle agit sur l'effondrement de notre niveau de vie et globalement des moyens de vie que l'on donne aux travailleurs en France. Quand tous les autres candidats sont dans le soutien inconditionnel à l'Europe de Bruxelles telle qu'elle est actuellement, c'est-à-dire dans la voie de la continuité, moi je prône la réindustrialisation par le protectionnisme.
Des normes plus strictes à l'importation, des droits de douane ciblés et des quotas d'importation. Si nous continuons, seuls au monde, comme c'est le cas en Europe, à refuser de nous protéger, on ne pourra pas être compétitif. Et donc nous continuerons sur la pente du chômage de masse parce que la concurrence déloyale est la cause première de la désindustrialisation et du chômage. Tous ceux qui sont au sommet aujourd'hui cherchent en réalité à obtenir des points de compétitivité par la baisse des salaires et par l'effondrement du système de protection sociale.
Je me refuse à cette solution dont je dis très clairement qu'elle n'est pas une fatalité, qu'elle est une volonté politique de la part de ceux qui se sont succédés depuis 30 ans à la tête de l'État. Nombre de témoignages et d'enquêtes, d'ailleurs, permettent de mieux cerner ce qu'est concrètement cette concurrence déloyale que j'évoque. Je suis encore tombée, mais il y en a un, c'est un parmi mille, sur un article quand l'administration française se fournit à l'étranger.
Article très intéressant dans lequel on peut lire « Au-delà de l'hypothèse d'une préférence nationale établie à l'échelle des États, les procédures réglementaires du Code des marchés publics ne permettent même pas au pays d'orienter leurs achats vers des articles fabriqués en France. » Ça, c'est le grand secret de la présidentielle. Ça, c'est le grand sujet sur lequel aucun des candidats à la présidentielle ne veut s'expliquer parce que leur « Made in France » qu'ils lancent comme des slogans va évidemment se heurter au mur de la vérité des traités qu'ils ont eux-mêmes imposés. Et je continue.
L'armée française commande ainsi une large part de sa production d'uniformes au Maroc ou au Sri Lanka. Plus compétitif au chapitre des prix. Ce n'est pas tout. L'avion Embraer est conçu à Sao José dos Campos au Brésil. Et on peut multiplier ce type d'exemple. où je vous expliquais tout à l'heure qu'aujourd'hui, par exemple, nous étions aujourd'hui devant PSA, mais aujourd'hui, Renault est en train de préparer la sortie d'un véhicule familial qui va concurrencer ses propres productions françaises et qui vont être fabriquées au Maroc. Comment pouvons-nous être compétitifs ? Le seul moyen, encore une fois, c'est de rendre les délocalisations inefficaces en termes de profit pour ces entreprises.
Et pour cela, il n'y a pas d'autre moyen que de mettre en place un protectionnisme. En Chine, chacun a déjà entendu parler de ces villes-usines qui emploient des centaines de milliers de personnes dans lesquelles travaillent des enfants de 12, 13 ou 14 ans.
C'est ça, l'esclavage moderne dont je parlais aux militants du Front de Gauche et qu'ils soutiennent, consciemment ou inconsciemment, des villes-usines où les ouvriers sont entassés dans d'immenses pièces où il n'est pas permis de parler, où les pauses sont exclues, où certaines journées de travail durent 14 à 16 heures, où les ouvriers dorment comme des lapins dans des baraquements de 12 ou 15 lits empilés jusqu'au plafond, où les ouvriers sont exposés à des produits toxiques ou dangereux pour leur santé. C'est avec ce modèle-là que nous devons nous mettre en compétition. Mais ce sera une compétition vers le bas.
C'est le moins-disant social que nous offre l'ensemble des responsables politiques. Vous comprenez ainsi que la concurrence déloyale est un concept précis qui veut dire concrètement quelque chose qui parfois nous rend même complices malgré nous par nos actes de consommation d'un traitement dégradant de l'être humain et qui implique donc que nous réagissions énergiquement. Il est évident qu'on ne sera jamais compétitifs dans ces conditions. Si on refuse de se protéger aux frontières, sauf encore une fois, à accepter un modèle de société à la chinoise, je ne l'accepte pas. Le modèle de société que je défends n'est pas le modèle de société à la chinoise.
Parce qu'il est évident que la seule éthique possible, c'est de refuser cette spirale qui nous tire vers le bas économiquement et moralement. Et de prendre les mesures nécessaires pour changer de modèle, recréer l'emploi pour tous. A commencer d'ailleurs pour nos jeunes qui seront les premiers bénéficiaires de la réindustrialisation et du protectionnisme. Mais aussi peut-être pour pousser les pays qui font travailler leurs travailleurs dans des conditions comme celles-là à augmenter leurs normes de sécurité, à augmenter leurs normes sociales. Parce que plus ils augmenteront leurs normes sociales, plus ils verront baisser les droits de douane et ils pourront avoir accès à nos marchés.
C'est donc nos travailleurs que nous défendons par ces propositions. Mais c'est aussi l'ensemble des travailleurs du monde. Et c'est la raison pour laquelle je trouve les positions de l'extrême-gauche complètement incohérentes. Alors je le dis parce qu'on ne me dit pas suffisamment. Non seulement l'ouverture totale des frontières que tous les autres soutiennent par leurs actes et leurs votes est un crime contre l'emploi, un crime contre nos usines, mais elle est aussi encore une fois un recul de civilisation, un bond en arrière que l'être humain ne peut pas accepter. J'insiste aussi sur l'appuie très fort que nous devons apporter à nos TPE, PME et PMI.
Cette situation est tout à fait d'actualité et l'on sait toutes les difficultés qui ont été celles des sous-traitants des grandes industries automobiles. Ce sont aujourd'hui les TPE, les PME et les PMI qui créent l'emploi en France, l'essentiel de l'emploi. Et pourtant les gouvernements français ont fait le choix depuis des décennies d'aider prioritairement les grandes ou les très grandes entreprises. Celles d'ailleurs qui délocalisent et qui ne paient pas ou presque pas d'impôts en France. C'est vraiment le symbole de ça, c'est la taxe, c'est la niche copée.
La niche copée, c'est le symbole absolu de l'aide incompréhensible donnée aux grands groupes qui délocalisent et qui déjà ne payent que 8% en moyenne d'impôt par rapport aux TPE, PME, PMI. Je vous signale que c'est quand même 3,5 milliards par an la niche copée qui ne rentre pas dans les caisses de l'État. Moi je dis que ce soit complètement absurde. Nous sommes en retard sur nombre de pays en ce qui concerne le développement de nos petites et moyennes entreprises et notamment nous sommes en retard sur l'Allemagne.
Il faut donc changer de priorité, inverser les priorités et aider prioritairement les TPE, les PME, les PMI pour les aider à survivre, à se développer et même à exporter parce qu'aujourd'hui elles exportent très rarement et pourtant elles sont souvent véritablement très innovantes. Notre arsenal, là aussi, celui que je propose, est en rupture avec les vieilles recettes des autres UMP, PS, etc. centres qui manquent complètement d'imagination et qui se sont enfermés dans les carcans de leur traité européen. Tout à l'heure je discutais avec un de vos confrères et il m'a dit mais comment est-ce que vous allez mettre en oeuvre vos mesures puisque c'est interdit par l'Europe ?
Donc c'est ça en fait, le carcan c'est celui-là. Donc ceux qui vous expliquent que moi je ne sais pas faire moi. C'est-à-dire que changer sans rien changer je ne sais pas faire. Excusez-moi, je ne suis pas Merlin l'enchanteur. Si on me demande de changer les choses sans rien changer, je n'ai pas de solution. Pour changer les choses, il faut changer. Et il faut changer notamment les traités européens. Et il faut changer le carcan qui aujourd'hui justement nous empêche de changer. Vous voyez, c'est les serpents qui se mordent la queue. Alors, nous allons mettre en place un impôt progressif sur les sociétés en fonction du chiffre d'affaires et du bénéfice.
L'objectif essentiel est de soulager les petites et les moyennes entreprises en leur permettant de payer moins d'impôts et en alourdissant en revanche les impositions payées par les grands groupes en leur faisant véritablement payer les impôts qu'ils doivent payer. J'en reviens à la situation totale en 2009. Zéro impôt payé en France quand même. Zéro. Zéro. C'est quand même incroyable.
Et puis, nous allons donner les moyens d'aide prioritairement aux PME françaises qui produisent des biens ou qui réalisent des prestations de services en leur donnant un accès prioritaire au marché public de l'État et des collectivités locales qui devront par ailleurs favoriser les achats des productions françaises.
c'est-à-dire qu'on va sortir de cette politique ubuesque décrite dans cet article et dans tant d'autres où l'État et les collectivités territoriales sont amenées par le jeu des règles européennes à en réalité donner un privilège aux entreprises étrangères et même une incitation à la délocalisation des productions non seulement encore une fois productives mais également de services. La SNCF je l'ai rappelé dans d'autres circonstances a délocalisé son système informatique en Inde. Aujourd'hui des hôpitaux je le rappelle font analyser les radios des patients en Inde. Ils envoient par mail les radios et c'est des médecins indiens qui font les analyses des radios.
Alors ça passera par une loi qui donnera priorité aux PME-PMI dans l'attribution des marchés publics de l'État des collectivités locales et de leurs services publics on se souvient et particulièrement ici que la Poste va acheter des scooters à Taïwan plutôt que d'acheter des scooters français donc ça c'est l'équivalent du Small Business Act américain où après renégociation des traités européens qui les empêchent actuellement et bien nous changerons donc complètement les règles du jeu.
Alors il va sans dire que les autres candidats qui promettraient la même chose sans annoncer une vraie réforme des traités européens serait dans le mensonge électoraliste et je pense qu'il faut les mettre face tout de même à leur contradiction. Bon, l'Union européenne est devenue un cimetière pour l'emploi. On fera rien durablement si on ne change pas les règles en profondeur.
Ce soutien au PME et au PMI et au TPE partera aussi par la loi Ashton français votée sur le même mode que la loi by American by Brazilian qui incitera les administrations d'État les collectivités territoriales et leurs services publics à acheter donc prioritairement des produits français dans le domaine de l'artisanat de l'industrie des services et de l'agriculture. Il faudra d'ailleurs changer là aussi le code des marchés publics parce qu'on s'aperçoit que le code des marchés publics est ainsi fait qu'en réalité on fait des lots globalement qui interdisent au PME-PMI de pouvoir venir au marché public.
Or il n'y a absolument aucune raison de faire des marchés publics globaux on peut très bien séparer les lots pour permettre de faire travailler les industries françaises. Bref je dessine un plan un vaste plan la PME française d'abord cohérence de ce qui est le projet que nous défendons depuis des années et dans le cadre d'une inversion des priorités entre les grands groupes et les PME.
Vous avez compris la bataille du chômage que je mènerai ça puera sur des principes complètement nouveaux de protection de soutien massif au PME de patriotisme économique parce que je suis la seule candidate importante à avoir toujours eu une analyse lucide des contraintes de l'Union Européenne et à les avoir combattues je crois très sincèrement que je suis la seule à pouvoir tenir mes engagements et échanger vraiment les choses.
Il faudra s'attacher enfin à la problématique des retraites et cette problématique des retraites elle passe par trois axes principaux d'abord assurer la retraite par répartition et non par capitalisation puisqu'on voit bien que la tentation est considérable et d'ailleurs déjà mise en oeuvre de la part de l'État de privatiser tout ce qu'il considère comme pesant sur le budget de l'État.
alors on privatise à tour de bras et c'est ainsi d'ailleurs qu'on apprend on a appris il y a quelque temps qu'il y a toute une série de constructions d'hôpitaux de prisons qui sont privatisées qui sont donc transférées au privé et pour lesquelles l'État va payer des loyers qui va revenir à la fin du compte à avoir payé les doubles en loyers sans être propriétaire que ce que nous payerions si nous étions nous-mêmes ceux qui font construire donc assurer la retraite par répartition revenir aux 40 annuités de cotisation pour les retraites à taux plein avec une retraite à la carte à 40 annuités vous avez votre retraite pleine si vous voulez travailler plus longtemps vous aurez une retraite qui sera meilleure si vous voulez travailler moins longtemps vous aurez une retraite qui sera amputée des annuités que vous n'aurez pas effectuées et puis troisièmement la suspension du droit au minimum vieillesse pour les étrangers n'ayant pas travaillé et cotisé pendant au moins 10 ans dans notre pays il est complètement fou de voir que quelqu'un qui n'aurait jamais ni même vécu ni même travaillé en France peut venir pour accéder au minimum vieillesse qui est tout de même de 750 euros par mois alors même que une partie de nos retraités y compris je pense aux retraités du commerce ou aux retraités dans l'agriculture ne touche même pas ces 750 euros par mois voilà mesdames et messieurs ce que j'avais à dire au moment où se déroule ce sommet pour l'emploi avec un ensemble de ceux qui sont acteurs de la politique politicienne et syndicale dans notre pays depuis 30 ans et donc assume évidemment les responsabilités de la situation actuelle si vous avez des questions je suis bien sûr à votre disposition oui quelle est votre position sur les 35 heures je pense qu'il est absolument inenvisageable aujourd'hui de supprimer les 35 heures pour revenir à 39 heures parce que la situation économique de la France est tellement dramatique l'organisme français économique est malade et si on lui imposait ce traitement de choc probablement ça entraînerait une déstabilisation majeure que ne pourrait pas supporter un certain nombre d'entreprises je pense donc qu'il faut passer là par la négociation par branche ou par entreprise avec la condition sine qua non que le passage de 35 à 39 évidemment est pour conséquence l'augmentation proportionnelle du salaire de 35 à 39 bon et dans quoi je pense qu'au départ c'était une mauvaise idée les 35 heures on l'a toujours dit enfin maintenant que ça a été fait ça a créé encore une fois des déstabilisations massives si c'est pour recréer des déstabilisations massives dans l'autre sens je pense qu'un certain nombre d'entreprises n'y survivraient pas
les 37 heures de monsieur Hulpin même logique
oui c'est ça ça a lu c'est le centriste entre 35 et 39 il a coupé la poire en deux oui c'est exactement la même logique bien sûr
oui allez-y je vous en prie à certains syndicats qui pensent que vous ne représentez pas vraiment les intérêts des ouvriers vous répondez quoi
je pense qu'ils doivent faire leur examen de conscience parce que quand dans un grand pays comme la France on n'a que 7% de salariés qui sont syndiqués et 40% qui semble-t-il s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen il ferait mieux de se regarder dans une glace et se poser la question de savoir s'ils sont vraiment les défenseurs des travailleurs et des ouvriers voyez-vous alors moi je viens dire ce que j'ai dit tout à l'heure je pense qu'ils ont trahi les salariés et les ouvriers je pense qu'ils sont là en complicité avec le pouvoir politique pour en réalité canaliser la colère sociale et le fait qu'ils aient appelé à voter oui au traité de Lisbonne est un élément tout à fait révélateur de cette complicité vous remarquerez d'ailleurs que les arguments utilisés contre moi de la part des syndicats sont les mêmes que ceux de madame Parizeau bon si personne n'y voit d'incohérence tant mieux mais moi j'y trouve derrière une cohérence politique c'est la raison pour laquelle je ferai d'ailleurs une intervention plus précise et plus détaillée sur ce sujet je ferai des grandes propositions effectivement pour une nouvelle démocratie sociale et en libérant les syndicats pour permettre l'émergence de syndicats véritablement représentatifs parce que je crois très sincèrement que les évolutions sociales passent par le dialogue social encore faut-il que les gens qui dialoguent soient représentatifs des salariés j'aimerais d'ailleurs que les syndicats aient le courage par exemple de faire un grand référendum auprès de leurs adhérents sur le protectionnisme je pense qu'ils tomberaient de leur chaise vous voyez ils tomberaient de leur chaise parce qu'ils s'apercevraient qu'une immense majorité des syndiqués sont pour un protectionnisme alors que eux s'y opposent défendant ainsi il faut bien admettre des positions encore une fois ultra libérales bon moi je veux dire je ne veux pas mettre en cause de la sincérité des militants du front de gauche ils sont sûrement extrêmement sincères mais quand vous voyez que monsieur Mélenchon a été 31 ans au parti socialiste et qu'au début de sa campagne il a d'ores et déjà indiqué que de toute façon il appellerait à voter pour monsieur Hollande je veux dire je pense que ceux qui le suivent doivent quand même s'interroger comment pourriez-vous travailler avec les syndicats négocier avec eux parce que je vous dis je crois que je crois qu'encore une fois mon objectif c'est de libérer les syndicats en France c'est de susciter l'émergence de syndicats qui soient véritablement représentatifs à partir du moment où ils sont représentatifs il n'y a absolument aucune raison pour que dans le cadre de la démocratie nécessaire on ne puisse pas discuter avec l'ensemble des syndicats mais aujourd'hui on voit bien que le syndicalisme est contraint et qu'il est détenu dans une sorte de monopole qui fait fuir les syndiqués le niveau le plus bas d'Europe de syndiqués ça devrait quand même nous alerter c'est que probablement l'offre syndicale ne correspond pas aux attentes des travailleurs donc moi je travaillerai absolument avec l'ensemble des syndicats d'ailleurs je suis pour la liberté syndicale je suis pour le dialogue social je trouve qu'il est éminemment important mais je remarque que des deux côtés de la chaîne en réalité les gens ne sont pas représentés et que le MEDEF il faut bien admettre ne représente pas non plus le patronat le MEDEF il représente le grand patronat mais le grand patronat et le petit patronat ont des intérêts complètement divergents bon il n'y a pas de véritable syndicalisme patronal aujourd'hui qui représente ce que j'appelle les vrais patrons les vrais patrons c'est ceux qui ont mis des billes dans leur entreprise c'est ceux qui bossent autant que leurs salariés si ce n'est plus c'est ceux qui ont mal au coeur quand ils sont obligés de licencier c'est ceux qui risquent leur fortune personnelle si la boîte ne fonctionne pas etc c'est pas les patrons commis qui sont sortis des grandes écoles qui se cooptent entre eux qui passent en réalité du monde politique au monde des grandes entreprises et vice versa qui n'ont pas mis une bille dans la boîte qui ont des parachutes dorés qui ne partent pas un centime s'ils plantent l'entreprise au contraire même d'ailleurs on a vu des exemples où plus ils plantaient l'entreprise plus ils partaient avec une masse d'argent inimaginable et qui en réalité licencie sur ordre des actionnaires ce sont en réalité les commis des actionnaires bon ben ça pour moi c'est deux patronats qui sont radicalement différents voilà oui je vous en prie je vous en prie par quel biais du coup voudriez-vous libérer ?
ben libérer en faisant des élections en autorisant la création de syndicats libres les syndicats comme les partis politiques doivent pouvoir se présenter et par conséquent rencontrer en quelque sorte leurs électeurs au sein du monde de l'entreprise or aujourd'hui ça n'est pas le cas et moi je crois d'ailleurs que dans le cadre des propositions que je ferai il y a une proposition majeure qui est aussi la transparence des finances des syndicats voilà il n'y a absolument aucune raison en France pour que les partis politiques ce qui est une très bonne chose soient surveillés sur le plan de leur comptabilité et que les syndicats ne soient pas surveillés au même titre que les partis politiques or aujourd'hui on voit bien qu'il existe une opacité totale et qu'un certain nombre de syndicats ne se sont même pas liés à l'exigence de la loi nouvelle de dépôt de leur compte bon et on voit bien aussi que par le passé et je pense que c'est toujours le cas il y a effectivement des soupçons lourds sur la manière dont grands patronats et grands syndicats se tiennent la main dans la main ou la mallette par la mallette je rappelle quand même l'affaire de l'UIMM dont on n'a plus absolument plus parlé et dont on nous a expliqué que les mallettes de billets servaient à fluidifier le dialogue social c'est la manière polie de parler de corruption
le protectionnisme a vraiment du sens pour tous les secteurs notamment industriels pour des produits qu'on ne fabrique pas du tout par exemple sur le français je pense à une télé alors d'abord
je crois qu'il faut bien être conscient dans le programme qui est le mien qu'il y a deux axes qui sont différents parallèles concomitants c'est les droits de douane alors les droits de douane la nature des droits de douane c'est de régler le problème de la concurrence déloyale ça veut dire que ces droits de douane ils vont être adaptables ils sont modifiables dans le temps et on va non seulement les adapter on peut les adapter par produit avec les quotas ça c'est dans le cas évidemment où il y a une production française s'il n'y a pas du tout de production française il n'y a pas de sens à mettre des quotas on est d'accord bon et quel est mon objectif dans le cadre de la planification de réindustrialisation que je veux mettre en oeuvre c'est de donner un calendrier un plan clair aux partenaires privés c'est de dire voilà j'essaye de donner un exemple précis pour que tout le monde comprenne par exemple sur tel secteur du textile je vais indiquer au secteur privé que dans le cadre de ma planification sur 5 ans et bien les droits de douane vont être de 4% la première année 10% la deuxième année 15% la troisième 25% la quatrième et 30% par exemple la cinquième pourquoi ?
parce que du coup l'entrepreneur privé lui il va pouvoir planifier la réindustrialisation c'est à dire planifier le fait de remettre en route la production sur le territoire français de ce secteur de textile parce qu'il sait qu'il sera en situation de concurrence loyale au bout au bout de 2 ou de 3 ans voilà vous voyez donc ça c'est donc vous voyez que les droits de douane vont être mis en oeuvre dans le cadre de cette planification avec évidemment des discussions en amont non seulement d'ailleurs avec le secteur privé mais aussi avec le secteur de la distribution parce que dans le secteur de la distribution il y a aussi des gens qui ont des visions assez différentes il faut bien le dire et je pense qu'il y a une partie du secteur de la distribution qui est prête à jouer le jeu quand l'autre partie n'est absolument pas prête en l'occurrence à jouer le jeu et bien nous jouerons le jeu avec ceux qui veulent jouer français voilà qui veulent jouer la croissance de la France honnêtement ils y ont tout intérêt parce que c'est bien beau d'importer d'importer d'importer mais encore faut-il avoir des gens qui sont capables d'acheter bon or je l'ai souvent dit la mondialisation s'est fait fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs bien je crois que les faits sont en train en l'occurrence de me donner raison et puis de l'autre côté et dans ce cadre là il y a un certain nombre de secteurs que je crois devoir taxer lourdement et c'est le cas notamment des 33% que je veux imposer en taxation sur les délocalisations de prestations de services prestations immatérielles parce qu'on parle souvent des délocalisations de production on parle jamais des services bon je vous en parlais tout à l'heure donc ça par exemple sur l'industrie automobile je pense qu'il faut mettre une taxe de 35% sur les importations parce que sinon on continuera à pousser nos entreprises françaises à aller fabriquer à l'extérieur je vous rappelle tout de même c'est un exemple intéressant c'est l'exemple de Dacia est-ce que vous vous souvenez que quand il y a eu la délocalisation et la production de Dacia je crois que c'est en Roumanie on nous a dit non mais ça n'a rien à voir c'est pas du tout pour le marché français et d'ailleurs on s'engage à ce que la Dacia ne soit pas vendue sur le marché français c'est pour les marchés des pays émergents voilà et puis la Dacia est aujourd'hui vendue sur le marché français alors avoir des grandes entreprises si vous voulez des grandes entreprises industrielles en l'occurrence des grandes entreprises automobiles françaises c'est une très grande fierté mais si elle crée de l'emploi en France si ce sont des grandes entreprises françaises qui ne créent plus aucun emploi en France et qui au contraire se mettent en concurrence avec les emplois français évidemment on ne peut pas on ne peut pas l'admettre je suis là
je suis là je suis là un peu de la Dacia
Marine Le Pen