Gabriel Attal at FDDay 2026
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Bonjour à tous. Merci Gabriel. Au nom de toute l'équipe et tous les adhérents France digitale, je voulais te remercier d'être avec nous au moment de cette journée annuelle France digitale où c'est les maîtres mots c'est innovation, croissance, entrepreneuriat. Donc justement qu'est-ce que tu quelle est ta stratégie pour l'innovation et la croissance en France ? Alors, c'est une question très large mais c'est tellement important pour nous. Non, mais d'abord l'important c'est d'en avoir une et de le mettre dans les priorités. Moi, j'ai lancé ma campagne en affirmant que je voulais répondre au doutes français que je constate aujourd'hui. Beaucoup de Français ont le sentiment que leurs enfants, leurs petits-enfants n'auront pas une meilleure vie que la leure, ce qui me
semble être une première dans l'histoire de notre pays, y compris quand on a traversé des moments extraordinairement difficiles. Et pour moi, il faut se donner un cap. Et ce cap, ça doit être de redevenir la première puissance d'Europe en 10 ans et pour ça de réussir un certain nombre de chantiers capitaux. Et dans les chantiers capitaux que j'ai fixé dès le lancement de la campagne, il y a l'innovation, l'IA parce que c'est une condition de notre prospérité et c'est une condition pour la prospérité des générations futures. Moi ce que je j'affirme et ce que je réaffirme, c'est que toutes les puissances ont bâti leur puissance par l'innovation. Les États-Unis sont passés d'une colonie britannique à la première puissance mondiale en 100 ans en pariant sur
l'innovation. La Chine est passée d'un pays sous-développé à une puissance mondiale en pariant sur l'innovation. Et il faut assumer, il faut reconnaître que ces dernières années, beaucoup ont eu la startup nation honteuse parce que ça donnait le sentiment finalement que c'était une espèce de nation de privilégié dans une nation laissée à la traî. Il faut réexpliquer et redire clairement que parler de startup nation, c'est faire en sorte que toute la nation française bénéficie de l'innovation parce que c'est des gains de productivité, parce que c'est une amélioration de la rémunération. Il y a un chiffre, moi que je trouve toujours si dérangent. Si la productivité française avait connu la même croissance que la productivité américaine depuis la révolution numérique il y a 30 ans, le
salaire médian français ne serait pas de 2200 € net par mois comme aujourd'hui. Il serait de 3300 € net par mois. C'est 50 % de plus. Et on voit aujourd'hui le décrochage malheureusement qui s'est fait avec les États-Unis. Il suffit de discuter avec des Américains qui viennent en France et qui vous disent "Moi, c'est ce que des Américains m'ont dit récemment. Quand on vient en France maintenant, c'est comme vous quand vous allez en Tunisie, c'est pas cher parce que ils sont en train de basculer dans un autre monde. Et les Français qui vont aux États-Unis le voi aussi en terme de prix, en terme de niveau de vie, il y a une vraie différence qui est en train de se faire. On ne peut pas rater la bataille de l'IA et de l'innovation, sinon c'est un appauvrissement généralisé pour les Français.
Alors justement quand on regarde LIA, tu fais un parallèle avec la dissuasion nucléaire. comment on peut comment on peut rattraper en fait et et comment on peut se positionner sur cette chaîne de valeur encore ? Toi, tu es confiant là-dessus ? En fait, je fais le parallèle au niveau de l'ambition. Le général de Gaulle, il a dit "On doit maîtriser cette technologie qui est le nucléaire." Ça a pris des années. À l'époque, il a été raillé parce que ça a nécessité un investissement colossal et pourtant, il l'a fait. Et pourtant, aujourd'hui, on a la chance de bénéficier de l'énergie nucléaire. C'est une vraie différence pour nous positive par rapport à d'autres. On doit avoir la même ambition en matière d'IA. L'enjeu c'est pas de maîtriser d'être souverain sur l'intégralité de la
chaîne, ça c'est pas possible, mais c'est d'être présent sur des éléments fondamentaux de la chaîne. Aujourd'hui, l'IA, c'est largement des modèles américains qui tournent avec des puces américaines de Nvidia qui sont faites par un taïwanais TSMC dont les machines sont faites par unerlandais ASML. Il faut pas qu'on soit leader et qu'on maîtrise l'intégralité de la chaîne. Il faut qu'on maîtrise des éléments de cette chaîne qui nous permettent d'être souverain sur des éléments critique et par ailleurs d'être dans le rapport de force. C'est un c'est un enjeu national, c'est aussi un enjeu européen. Si l'Europe considérait qu'l c'était un champion européen et que c'était un des éléments du rapport de force, je peux vous dire que les discussions avec Donald Trump sur les droits de douanes
seraient totalement différentes si on expliquait qu'L arrêterait d'envoyer ses machines à TSMC et donc à Nvidia si il se mettait pas dans une vraie discussion avec nous. Donc il faut être présent sur un certain nombre d'éléments de la chaîne et il faut assumer de mener un rapport de force. Moi, je pense qu'on peut l'être sur les modèles au niveau européen. Je pense qu'on peut l'être sur les puces. On a des start-ups notamment en France avec Vessora, avec Arago, avec Cyperl qui montre que c'est possible à condition d'en avoir les moyens. Et pour en avoir les moyens, bah il faut de l'argent. La vraie différence quand même, il y a la régulation et la vraie différence c'est aussi l'argent, c'est aussi le capital. On a des talents, on est capable de les former. D'ailleurs,
on vient de nous les voler. C'est pour ça que je défends la retraite par capitalisation parce que la vraie différence, elle se fait aussi avec des fonds de pension américains qui sont capables de financer l'innovation le non côté le long le long terme. C'est pour ça que je défends un plan France 2040 à 200 milliards d'euros. 100 milliards d'euros d'argent public qui permettent de générer 100 milliards d'euros d'argent privé. C'est pour ça que je dépends la que je défends la commande publique comme un outil pour faire émerger des champions. Space X ne serait pas devenu SpaceX sans les contrats de la NASA. Et nous le problème qu'on a en France, c'est qu'on privilégie toujours plus la subvention au contrat. Une subvention, ça rentre pas dans votre chiffre, ça vous permet pas de lever de
l'argent privé derrière. Un contrat, ça rentre dans votre chiffre, ça vous permet de lever de l'argent privé. On doit utiliser la commande publique française et européenne pour faire émerger des champions. C'est pour ça que moi je je dis que dans mes objectifs, si les Français me font confiance, je veux que les Français puissent bénéficier d'un assistant médical souverain IA qui sera pas porté et fait par des fonctionnaires de l'État mais par le privé, financé par l'État et que tous les élèves puissent avoir un compagnon éducatif IA souverain qui lui aussi sera financé par la commande publique. Alors, justement, l'éducation, c'est clé, euh la santé, c'est clé, mais on est à un moment où l'État il est il a une dette en face de lui qui euh qui grandit. Comment tu vois euh l'innovation pour
réduire nos nos nos donner des capacités d'action ? Nous, entrepreneurs, on a besoin de d'y croire, on a besoin de confiance, on a besoin de stabilité et aujourd'hui quand on regarde les chiffres, on se dit "Waouh, ça va être chaud". Ouais. Euh malheureusement, la dissolution a entraîné une grande instabilité politique et donc une instabilité économique. Faut quand même regarder, hein, avant la dissolution, époque où je suis premier ministre, les taux c'est en moyenne 1,2 1,3 1,5 %. Aujourd'hui, on est à 4,5 %. Avant la dissolution, on avait tutoyé les 2 % de croissance. Aujourd'hui, on est quasiment en croissance nulle. On était à 7,5 % de chômage. On approche des 9 %. Donc tout est parti en live entre guillemets avec cette dissolution qui a contribué à quasiment flinguer
l'économie française. Bon, il y a un problème structurel qui est celui de la dette mais là il y a pas de fatalité. Moi, je l'ai vu aussi en tant que premier ministre. L'INC organisme indépendant a montré que l'année 2024, celle où j'étais à Matignon, pour la première fois depuis 15 ans, l'État a dépensé moins que l'année précédente parce qu'on a assumé de faire un certain nombre d'économies. Il faut être clair, 60 % de notre dépense publique, c'est de la dépense sociale et dans la dépense sociale, la majorité, c'est des dépenses de retraite. Donc, on doit assumer des économies sur la dépense sociale. J'ai fait un certain nombre de propositions. Et ensuite, il y a les dépenses de l'État effectivement et des collectivités locales. Et moi, je plaide pour que l'État et les collectivités
locales fassent ce que font tous les grands groupes aujourd'hui, utiliser l'IA pour faire mieux avec moi, pour gagner en productivité. Et d'ailleurs, il y a un service public où l'État a réussi à le faire avec le numérique parce que manifestement l'État a considéré que c'était le service public le plus important, c'est les impôts. Ils ont réduit, on a réduit les postes à la direction des finances publiques parce que le numérique a été totalement adopté. Il y a plus d'un contrôle fiscal sur deux qui est fait par l'IA aujourd'hui. Donc quand c'est important pour les impôts, c'est possible de le faire. Bah en fait, ça doit être possible de le faire dans toutes les administrations et c'est ça qui nous permettra de réduire le nombre de fonctionnaires. Moi, j'ai proposé qu'on
ait 100000 postes de fonctionnaires au moins dès dès les premières années euh si les Français me font confiance. C'est comme ça qu'on arrivera à être plus efficace dans notre organisation territoriale. Je plaide pour qu'on supprime un échelon de collectivité parce que l'IA va quand même nous permettre d'améliorer nos nos process, de faire des économies et donc de réduire notre dette et de créer des emplois puisque ici on a contribué à plus 30000 création nette d'emplois l'année dernière donc grâce à nos start-ups. Donc ça c'est un point très important. Justement, est-ce qu'il faut réguler l'IA ? Aujourd'hui, on voit les inquiétudes, les angoisses qui sont qui sont relayées au niveau international, notamment d'ailleurs par des grands noms de de l'IA. Je sais qu'il y a toujours un doute sur
certaines déclarations. Enfin, moi j'ai le souvenir. En au printemps 2023, j'étais dans un événement avec Samaltman qui faisait le tour de l'Europe en expliquant qu'il fallait tout réguler, tout fermer. Et en fait, je le regardais en me disant bah c'est le premier qui est entré, il est en position dominante. C'est sûr que fermer la porte derrière lui ça peut l'arranger. Et je sais pas si si on avait fait tout ce qu'il demandait à l'époque. Je sais pas si Mistral si d'autres acteurs auraient pu émerger ensuite. Donc il faut toujours voilà avoir un recul nécessaire. Maintenant, ce qui est certain, c'est qu'il y a des inquiétudes et qu'il y a des risques. Et donc, il doit y avoir une instance de coordination, de régulation internationale. International d'abord parce qu'il faut pas que ça soit
un boulet de compétitivité pour les start-ups, les entreprises d'une zone géographique. Si l'Europe se dit, comme elle le fait souvent, on va tout réguler tout seul, à la fin tue notre capacité à innover et la capacité de nos start-ups à croître. Donc, il faut que ça soit international. Et deux, il faut que ça soit tourné vraiment vers des éléments critiques de sécurité. et pas sur de la régulation qui va brider l'innovation. L'exemple que je prends, le parallèle que je fais, c'est celui du nucléaire. On a inventé à l'époque la IEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique parce que le nucléaire comme l'IA, je crois, c'est une technologie qui est duale. C'est à la fois le meilleur et on a vu avec le nucléaire ce que ça permet en terme d'énergie décarbonée, mais
c'est aussi le pire et le risque évidemment avec l'arme nucléaire. Bah en fait l'IA pour moi c'est un peu la même chose et donc on doit avoir une régulation internationale comparable à ce qui a été fait sur le nucléaire pour qu'il y ait des gardes fous sur des éléments critique. Un exemple garantir qu'aucun modèle d'IA qu'aucune technologie ne soit en capacité à un moment d'intervenir sur la chaîne de la dissuasion nucléaire ou de l'armement atomique. Alors justement innovation environnement c'est compatible parce que pas il y en a pas beaucoup dans dans la campagne qui parlent de d'environnement. En fait, moi je déplore le fait que le débat politique aujourd'hui se résume, semble se résumer en deux camps. Vous avez ceux qui expliquent qu'il faut sacrifier l'économie pour l'écologie et
ceux qui expliquent qu'il faut sacrifier l'écologie pour l'économie. Moi, je suis d'une troisème voie. Je considère que les deux vont ensemble parce qu'il y aura pas d'économie sur une planète morte et il y aura pas d'écologie dans une planète où il y a plus de croissance et plus de prospérité pour que les citoyens puissent adopter un certain nombre de nouvelles pratiques et changer leur mode de vie. Et donc on doit faire avancer les deux ensemble. Il faut pas être totalement technolutionniste. Il faudra évidemment des efforts de chacun. Mais enfin moi je crois profondément que l'innovation va nous permettre des pas énormes en matière d'écologie et de transition. Et d'ailleurs, on voit plein d'exemples. Il y a des inquiétudes aujourd'hui sur l'IA que j'entends
totalement. Un, la première inquiétude, c'est sur l'énergie. Bon, d'abord, on a la chance en France d'avoir une énergie décarbonée. 90 % des data centers aujourd'hui se font aux États-Unis où c'est une énergie carbonée. C'est bien le problème. Mais donc quand on défend l'idée queil y ait de la puissance de calcul des data center en France, c'est une politique profondément écologique parce que de toute façon l'IA va se faire quelque part. On préfère qu'elle se fasse avec de l'énergie décarbonée chez nous qu'avec de l'énergie carbonée ailleurs. Ensuite, vous avez la question de l'eau. Là, il y a objectivement beaucoup de choses qui se font déjà aujourd'hui en circuit fermé pour limiter la consommation d'eau. Et encore une fois, vous avez l'innovation. Une start-up comme Antimateur en France,
elle propose un modèle de data center qui est beaucoup plus prés qui préserve beaucoup plus l'environnement. Je parlais tout à l'heure des puces et de Arago qui ont développé une technologie différente de celle de Nvidia qui est une technologie photonique qui au lieu de faire circuler des électrons fait circuler de la lumière ce qui ne crée pas de chaleur et donc ce qui est beaucoup plus protecteur de l'environnement. Et enfin 3è point, aujourd'hui vous discutez avec beaucoup d'industriels, l'IA devient pour eux un levier d'économie des ressources, d'optimisation des moyens pour consommer moins. Et donc demain, grâce à l'IA à l'innovation, bah on va avoir une industrie qui consommera moins de ressources et qui polluera moins. Et ben en tout cas, merci beaucoup
Gabriel, on t'a entendu et voilà. Merci beaucoup.
Gabriel Attal