La stratégie iranienne
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
à Saint-Pétersbourg, accueillie par un Poutine bien décidé à pousser pour une sortie de crise. Téhéran joue la montre et tente d'emporter la bataille de l'information. - Quand l'Iran vient chercher du soutien auprès de son allié russe...
Le ministre iranien des Affaires étrangères est reçu par V.Poutine à Saint-Pétersbourg, dans un front uni contre Washington, accusé d'avoir fait capoter les derniers pourparlers. - V.Poutine: En ce qui nous concerne, nous ferons tout ce qui sert aux intérêts de la région.
Pour que la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible...
Nous voyons avec quelle bravoure et quel héroïsme le peuple iranien se bat pour son indépendance. - Je vous remercie pour votre position ferme de soutien à l'Iran. - Ce week-end, le chef de la diplomatie iranienne s'est rendu au Pakistan, pays médiateur, dans l'attente des négociateurs américains.
D.Trump avait promis de les envoyer, avant de changer d'avis quelques heures plus tard. - D.Trump: Les Iraniens disent qu'ils veulent avancer, mais nous n'allons pas faire un voyage de 15 ou 16 heures pour rencontrer des représentants dont personne n'a jamais entendu parler.
On a les cartes en main. - Pour ne pas rompre le fil, Téhéran propose désormais aux Américains un nouveau plan en 3 points. ...
Téhéran demande enfin un report des discussions sur son programme nucléaire. Dans le même temps, le régime iranien fait monter la pression. Ce week-end, exhibition de drones lors d'un défilé militaire.
La semaine dernière, c'est un missile balistique qui était exhibé dans les rues de Téhéran. Et, surtout, cette prise d'assaut de deux navires dans le détroit d'Ormuz abondamment relayée par les médias officiels. - Le navire que vous voyez derrière moi est un porte-conteneurs appartenant au régime sioniste.
Il a été saisi par les puissants marins des Gardiens de la République islamique. - Face à l'armada américaine dans le Golfe, l'Iran déploie sa flotte moustique. Plusieurs centaines de petites vedettes très rapides, armées de mitrailleuses, torpilles et missiles.
Bon marché, mais très efficaces pour conserver la mainmise sur la circulation dans le détroit. - Les Etats-Unis ont attaqué nos infrastructures. Ils nous imposent un blocus pour semer le mécontentement.
Nous ne devons pas leur laisser le terrain propice là où ils pensent pouvoir semer la discorde. - Comme depuis le début de la guerre, l'Iran continue sa bataille sur le terrain informationnel. Téhéran est parvenu à inonder les réseaux sociaux de vidéos générées par IA et relayées par les comptes officiels de plusieurs ambassades.
Des Lego animés sur fond de musique rap et des contenus devenus viraux. Dernière en date, il y a quelques heures, postée juste après la fusillade de Washington. - Le vrai D.Trump réunit ce soir ses équipes chargées du Moyen-Orient pour une réunion consacrée à l'impasse des négociations et aux prochaines étapes de la guerre. - C.Roux: Ca faisait écho à la discussion précédente.
On voyait que la propagande iranienne utilisait les théories conspirationnistes. - A.-E.Moutet: C'est le même camp.
C'est assez intéressant qu'ils utilisent ça. Les Iraniens sont des gens subtils qui savent utiliser la propagande. Sur le côté purement militaire, ils ont complètement perdu.
Il y a une destruction d'une énorme capacité militaire et civile. D.Trump n'a pas tort.
Il répète ce que lui disent les gens, les militaires qui ont théorisé cette guerre et qui la théorisent depuis un certain nombre d'années. Ils avaient ces cibles extraordinairement précises. Ca arrête le programme nucléaire iranien?
On ne sait pas. Pour l'instant, il est sous 50 m de terre. Il y a un ralentissement, si ce n'est pas un anéantissement.
Même si, après les massacres de janvier, ça va prendre du temps...
Le peuple iranien fait peur. C'est pour ça qu'il y a une répression violente. 50 000 personnes ont été tuées en 2 ou 3 semaines...
Il y a des pendaisons tous les jours. Des gens de 16 ans sont pendus parce qu'ils ont dit quelque chose, parce qu'une fille a retiré son voile, quelqu'un a fumé une cigarette...
C'est pas un régime en paix avec lui-même. C'est un régime qui sert à la Russie. La Russie se sert des missiles qu'il fabrique.
Il sert à la Chine. Les bateaux chinois font transiter leurs marchandises par la région. Il y a des échanges énergétiques.
Ils sont en train de se battre pour leur vie. - C.Roux: C'est parce qu'ils se battent pour leur vie qu'ils vont voir V.Poutine?
Qu'est-ce qu'il peut faire? - L.Mandeville: Ca fait partie d'un grand jeu.
On est dans une situation très complexe. On n'en connaît pas tous les tenants et aboutissants. Nous ne savons pas jusqu'à quel point cet Etat iranien est affaibli.
On sait qu'il a survécu. Il y a cette résistance décentralisée qui fait que des pans entiers de l'armée résistent. Ils ont besoin d'une légitimité internationale, de propagande purement médiatique.
Ca montre qu'ils ne sont pas seuls. "Nous avons des alliés." Pour Poutine, c'est une manière de montrer qu'il est un acteur global.
Il est de retour. Il en profite pour envoyer un gros coup de patte aux Américains. D.Trump, même si ce n'est pas joué, est dans une situation difficile.
Il est dans un enlisement dont on ne sait pas comment il va sortir. On est dans une partie de poker, où chacun avance ou dit qu'il a les bonnes cartes, fait des effets...
C'est une guerre d'usure. C'est à la fois un jeu de poker et une guerre d'usure. Chacun avance des cartes, fait mine d'être le plus fort et attend que l'autre craque.
En réalité, les 2 parties veulent aller à une forme d'accord. Ils sont dans une forme d'urgence. L'Iran est en train de s'effondrer, malgré tout.
Le pays va très mal. La société est contre eux. Ils les ont massacrés et les autres leur en veulent.
Ils ne peuvent plus sortir car c'est trop dangereux. D.Trump est sous pression des marchés, de son opinion, de son parti, qui veut qu'il gagne les midterms.
Trump n'a pas lâché. - C.Roux: Ca veut dire quoi? - L.Mandeville: Pas plier bagage.
Ca avait été annoncé par de nombreux analystes.
Jean-Pierre Bataille