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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 26 février 2026 11 minActualité / polémiqueDéfenseJusticeEnvironnement & énergieCulture, médias & sport

Le Japon envoie des missiles près de Taïwan, la Chine répond

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  • 4:01PrésentateurChiffre
    « le nombre de visiteurs chinois au Japon a chuté de 60,7% en janvier 2026, par rapport à l'année 2025. »
  • 5:51InvitéFait
    « Marine Le Pen ne sera pas candidate à la présidentielle 2027 si elle doit porter un bracelet électronique. »
  • 7:04InvitéFait
    « la première porte sur le développement des soins palliatifs qui visent à améliorer la qualité de vie des patients lors de maladies graves ou incurables. »
  • 7:24InvitéFait
    « ils ont décidé de refaire de l'auto-administration de la substance létale la règle, donc le fait que le patient prenne lui-même le produit. »
  • 8:07InvitéChiffre
    « le budget de la culture a été réduit de 200 millions d'euros dans le projet de loi de finances 2026. »
  • 8:37InvitéChiffre
    « En moyenne, 6% des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux en 2025, selon cette enquête. »
  • 9:54InvitéFait
    « une entreprise sud-coréenne va financer en Birmanie un programme visant à remplacer les foyers de cuisson traditionnels, alimentés au bois ou au charbon, par des équipements plus efficaces et moins énergivores. »

Temps de parole

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Présentateur

C'est une décision sans précédent, le Japon prévoit de déployer des missiles sur une île proche de Taïwan d'ici 2031, alors que la Chine menace d'annexer Taïwan militairement. Mais alors ces missiles risquent-ils de faire monter les tensions dans la région ? Et pourquoi le Japon fait-il ce choix maintenant ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien, c'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur Youtube et en podcast audio. Taïwan, c'est une île de 23 millions d'habitants qui se situe au sud-est de la Chine.

On en a déjà souvent parlé, il s'agit d'une démocratie qui possède son propre gouvernement, ses propres lois, son armée, sa propre économie, mais qui pour autant n'est pas reconnue comme un état par l'ONU ni par une grande partie des pays du monde. Pour des raisons historiques, la Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et affirme vouloir réunifier l'île, y compris par la force, en multipliant régulièrement des exercices militaires. Si vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la Chine et de Taïwan, on l'a déjà évoqué en détail sur notre chaîne Grand Format, je vous mets le lien de la vidéo en description.

Et donc je vous le disais, ce mardi, le ministre de la Défense du Japon a annoncé le déploiement de missiles Sol Air capables d'intercepter les engins volants et les missiles sur une île proche de Taïwan d'ici 2031. Cette île, c'est la petite île japonaise de Yonaguni, qui se situe à seulement 110 km à l'est de Taïwan. 110 km, c'est à peu près la distance entre Paris et Rouen. A titre de comparaison, aux points les plus proches, la Chine continentale se situe à environ 130 km de Taïwan. Autrement dit, il s'agit d'une île très stratégique pour le Japon.

Depuis 2016, elle abrite déjà une base des forces d'autodéfense japonaises, utilisées pour surveiller les activités aériennes et maritimes chinoises autour de Taïwan. Le Japon prévoit maintenant d'y installer des missiles d'ici 2031. Le pays avait déjà annoncé en 2022 son intention de le faire, mais une date précise a donc enfin été fixée. Et ce n'est pas tout, d'ici 2027, le Japon compte également déployer sur l'île des systèmes capables de perturber les communications et les radars chinois. Alors vous vous en doutez, ce renforcement de la présence militaire japonaise dans la région est loin de plaire à la Chine, on va en reparler dans un instant.

Mais avant ça, quel intérêt le Japon a-t-il à s'impliquer autant autour de Taïwan et de la Chine, au risque de provoquer la Chine ? Eh bien déjà, je le disais, le Japon est à seulement quelques centaines de kilomètres de Taïwan. Un conflit entre la Chine et Taïwan toucherait donc directement le Japon, puisqu'une telle attaque mènerait très probablement à une guerre mêlant de nombreux acteurs dans la région. En cas de blocus de Taïwan par la Chine, par exemple, les routes maritimes autour de l'île, qui sont vitales pour l'économie du Japon, se retrouveraient très perturbées, voire inaccessibles, car trop dangereuses, ce qui impacterait directement le Japon et les pays voisins.

Et si à terme, la Chine parvenait à contrôler Taïwan comme elle le souhaite, elle pourrait projeter plus facilement ses navires et ses forces militaires dans la région. Or, cette zone est d'autant plus sensible que la Chine revendique de nombreuses îles hors Taïwan. Par exemple, l'île de Senkaku-Diaoyu est sous administration japonaise, mais la Chine et Taïwan la revendiquent également, ce qui provoque régulièrement des tensions dans la région. Si ça vous intéresse, on avait déjà parlé de ce sujet dans ce format, je vous mets le lien en description.

Autre point de tension notable ces derniers mois, en novembre dernier, la nouvelle première ministre japonaise, Sanae Takechi, a laissé entendre que le Japon pourrait répliquer militairement pour soutenir Taïwan si la Chine venait à attaquer l'île. Une déclaration assez surprenante, puisque les premiers ministres japonais ont historiquement évité de qualifier explicitement une attaque contre Taïwan de menace existentielle pour ne pas aggraver les tensions avec la Chine. Et cette déclaration n'a pas manqué de faire réagir la Chine, qui a répondu en imposant des sanctions économiques au Japon. Très concrètement, la Chine a pris plusieurs mesures.

Dès novembre, elle a annoncé qu'elle cesserait ses achats de produits de la mer japonais, donc tous ses achats de poissons et fruits de mer en provenance du Japon. Même si, attention, sur ce point-là, le gouvernement affirme qu'il s'agit d'un enjeu technique, mais pour les analystes, la sanction politique ne peut pas être écartée. Concernant le tourisme, le ministère des Affaires étrangères chinois a aussi déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon. Dit comme ça, ça peut paraître anodin, mais il faut savoir qu'en Chine, de nombreux fonctionnaires doivent remettre leur passeport à leur unité de travail et ne peuvent l'obtenir que sur autorisation pour un voyage à l'étranger.

Faire une telle demande pour voyager au Japon pourrait alors être mal vu. Et les résultats se font ressentir. Selon l'Office national du tourisme japonais, le nombre de visiteurs chinois au Japon a chuté de 60,7% en janvier 2026, par rapport à l'année 2025. Le ministère chinois de l'Éducation a également mis en garde les jeunes prévoyant d'étudier au Japon, les invitant, je cite, à évaluer les risques. Et ce n'est pas tout. Tout cette semaine, la Chine a annoncé des restrictions à l'exportation de certains biens chinois vers des entreprises japonaises, accusées par la Chine de participer à la remilitarisation du Japon.

On parle par exemple de composants et d'équipements pour l'aéronautique ou encore de moteurs pour les navires. Concrètement, 20 entreprises japonaises n'ont plus accès à ces ressources produites en Chine et 20 autres sont désormais étroitement surveillées pour s'assurer que des composants civils ne soient pas détournés à des fins militaires. L'objectif de tout ça est très clair selon les analystes. La Chine veut punir le Japon pour ses déclarations et faire en sorte que cela serve d'exemple pour dissuader d'autres pays de soutenir Taïwan. Mais malgré tout, le Japon a donc décidé d'afficher un soutien fort à Taïwan avec l'installation future de missiles à proximité.

Certains experts estiment même que dans un contexte où le Japon renforce son budget militaire, il est peu probable que le Japon s'arrête là dans son soutien à Taïwan. La question est désormais de savoir jusqu'où le Japon est prêt à aller pour affirmer sa position. A noter aussi que le quotidien britannique The Financial Times a révélé en juillet dernier que le ministère de la Défense des Etats-Unis, qui est un proche allié du Japon, a demandé au Japon et à l'Australie d'être plus clair sur le rôle qu'ils seraient prêts à jouer en cas de guerre dans le détroit de Taïwan. On continuera de suivre l'avancée de la situation.

J'en profite pour vous dire qu'on lance un nouveau format sur la chaîne Elan Média, un format de décryptage. Le premier épisode est sorti ce mercredi et dedans, l'équipe raconte la pire année de l'histoire des examens en France. En tout cas, tous les mercredis, vous pourrez retrouver un décryptage ou une interview sur la chaîne. Donc n'hésitez pas à vous abonner et à commenter pour donner votre avis. Je vous mets le lien en description et je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour.

5:49
Invité

Merci Blanche et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Marine Le Pen ne sera pas candidate à la présidentielle 2027 si elle doit porter un bracelet électronique. C'est ce qu'elle a affirmé ce mercredi sur la chaîne BFM TV. En fait, Marine Le Pen attend toujours la décision de la Cour d'appel de Paris dans le procès des assistants des eurodéputés Eren, qui tombera donc le 7 juillet. Elle est accusée d'avoir détourné des fonds européens entre 2004 et 2016 pour rémunérer des assistants parlementaires travaillant en réalité pour son parti en France et non pour le Parlement européen, ce qui est illégal.

La chef de file des députés Eren avait été condamnée en mars 2025 en première instance, donc avant le procès en appel, à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, ce qui l'exclut automatiquement de l'élection présidentielle de 2027. Et si elle est de nouveau condamnée à un port de bracelet électronique, elle a affirmé ne pas pouvoir faire campagne dans ces conditions et que cette candidature ne dépend pas d'elle, mais je cite, de trois magistrats qui décideront si oui ou non les millions de Français qui veulent voter pour elle pourront le faire ou pas.

Si elle ne se présente pas, c'est Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, qui prendra sa place. Marine Le Pen a aussi déclaré qu'elle ne jouerait pas un rôle de tutelle auprès de lui, donc qu'elle ne contrôlerait pas ses décisions. Deuxième actu, l'Assemblée Nationale a approuvé en seconde lecture ce mercredi deux propositions de loi sur la fin de vie. La première porte sur le développement des soins palliatifs qui visent à améliorer la qualité de vie des patients lors de maladies graves ou incurables. Et la seconde, plus débattue, veut instaurer un droit à l'aide à mourir.

En mai 2025, ce second texte avait déjà été adopté en première lecture à l'Assemblée Nationale, mais il avait été rejeté par la suite au Sénat, par la droite et le centre. Ce mercredi, les députés ont discuté d'un point précis du texte qui était encore en débat. Ils ont décidé de refaire de l'auto-administration de la substance létale la règle, donc le fait que le patient prenne lui-même le produit. L'administration par un soignant serait donc l'exception et adviendrait si le patient n'est pas physiquement en mesure de le faire, auquel cas un médecin ou un infirmier s'en chargera.

Les deux textes doivent désormais à nouveau être examinés par le Sénat et s'ils sont rejetés, le gouvernement devra donner le dernier mot à l'Assemblée Nationale pour en faire adopter un débat. Troisième actu, la ministre de la Culture, Rachida Dati, qui est candidate à la mairie de Paris, a annoncé ce mercredi soir sa démission du gouvernement. Elle a déclaré être soutenue par Emmanuel Macron et a balayé l'idée d'une alliance au second tour avec Pierre-Yves Bournazel, le candidat du parti Horizon soutenu par Renaissance, donc le camp présidentiel. Rachida Dati est restée plus de deux ans au ministère de la Culture malgré plusieurs changements de gouvernement.

Sous son mandat, le budget de la culture a été réduit de 200 millions d'euros dans le projet de loi de finances 2026, le projet de réforme de l'audiovisuel public qu'elle a porté, qui devait notamment fusionner France Télévisions et Radio France, et quant à lui aujourd'hui abandonné, et Rachida Dati a aussi dû faire face au cambriolage du musée du Louvre. A noter qu'elle est aussi impliquée dans plusieurs affaires judiciaires, même si elle est élue à la mairie de Paris, elle sera jugée en septembre pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renaud-Nissa.

Quatrième actu, l'environnement est encore peu couvert par la presse écrite, selon une étude de l'Observatoire des médias publiée ce jeudi. En moyenne, 6% des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux en 2025, selon cette enquête. Alors l'Observatoire note tout de même un traitement plus régulier dans la presse écrite qu'en télévision et en radio, et les sujets environnementaux, ils sont aussi moins soumis à l'actualité chaude, comme les inondations ou les canicules. Alors parmi les journaux qui traitent le plus de sujets, on retrouve Libération, La Croix ou encore Le Monde, dont 9% des articles traitent des enjeux environnementaux.

Et parmi les moins bons élèves, on retrouve le journal du dimanche, propriété de Vincent Bolloré, qui en parle à seulement 3%. L'Observatoire souligne aussi que la presse quotidienne régionale, où les journalistes sont pour beaucoup en cours de formation, parlent moins de ces sujets que la presse nationale. Et enfin, le rapport recense un vocabulaire péjoratif lié à l'écologie, présent dans plusieurs quotidiens, comme Ayatollah Vert, Ecologie Punitive, Kmer Vert, et la palme de l'emploi de ces termes revient aussi au JDD. Le journal du dimanche, Marianne et Le Point sont les journaux qui utilisent le plus ces formules.

Cinquième actu, l'ONU a donné son feu vert ce jeudi, au premier projet de Crédit Carbone, dans le cadre de l'accord de Paris, un système conçu pour aider les pays riches à tenir leur engagement climatique. En fait, depuis l'accord de Paris signé en 2015, les pays ont des objectifs de réduction des émissions carbone bien précis. Concrètement, ce Crédit Carbone permet à un pays qui dépasserait ses limites fixées d'émissions de CO2, qui sont responsables du changement climatique, de vendre ses réductions en excès à un autre pays, qui serait en retard sur ses propres objectifs.

Par exemple, une entreprise sud-coréenne va financer en Birmanie, un programme visant à remplacer les foyers de cuisson traditionnels, alimentés au bois ou au charbon, par des équipements plus efficaces et moins énergivores. Ces projets sont censés faire baisser les émissions de CO2, et donc, en finançant ce programme, la Corée du Sud va obtenir des Crédits Carbone, qu'elle pourra comptabiliser pour diminuer le volume total de ses émissions.

Mais il faut quand même savoir que ce système est critiqué, les détracteurs du mécanisme dénoncent un passe-droit donné à certains, souvent des pays riches, pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour être en conformité avec l'accord de Paris. Et on termine avec cette actu culturelle, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, à qui l'on doit notamment le film Old Boy, sera le président du jury du Festival de Cannes cette année. Il succède donc à l'actrice française Juliette Binoche, qui avait décerné avec son jury La Palme d'Or l'année dernière.

Park Chan-wook avait lui-même reçu le grand prix en 2004 pour Old Boy, justement, et son film Surth, Ceci et Mon Sang, avait de son côté reçu le prix du jury en 2009, et Decision to Leave, le prix de la mise en scène, en 2022. A 62 ans, il a déclaré dans un communiqué, être impatient de faire partie du jury. Il s'agit du premier cinéaste sud-coréen à présider le jury des longs-métrages à Cannes. Si ça vous intéresse, le 79e Festival de Cannes se siendra du 12 au 23 mai.

11:02
Présentateur

Merci Samy pour ces actualités, et merci à vous d'avoir suivi ce format aujourd'hui. Je vous rappelle qu'une nouvelle vidéo sur la chaîne Elan Média est disponible, n'hésitez pas à aller la regarder. De mon côté, je crois que j'ai tout dit, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches, et je vous dis à plus tard.