La chronique de Caroline Yadan du 18/05/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci de nous rejoindre ce matin, toujours en direct. Et nous avons le plaisir, comme chaque lundi, une semaine sur deux, d'accueillir Caroline Yadant, députée de la 8e circonscription des Français de l'étranger. Bonjour ma chère Caroline.
Bonjour ma chérie Lana.
Et ravie d'être avec vous. Alors Caroline, vous souhaitiez revenir sur un dossier important ce matin, le récent rapport publié par le département d'État américain qui confirme que l'autorité palestinienne continue de rémunérer des terroristes et leurs familles malgré les engagements pris devant la France.
Et oui Lana, parce qu'au fond, cette affaire révèle quelque chose de profondément inquiétant. Notre époque semble avoir perdu sa capacité à reconnaître ses erreurs. Rappelons-nous. Le 22 septembre 2025, à la tribune des Nations Unies, Emmanuel Macron reconnaît l'État de Palestine à la suite d'engagements écrits très précis pris par Mahmoud Abbas trois mois plus tôt.
Désarmement du Hamas, réforme en profondeur de l'autorité palestinienne, organisation d'élections en 2026, engagement en faveur de la solution à deux États, réforme des programmes éducatifs incitant à la haine, mais aussi révocation définitive de la politique du pay-for-sley, ses paiements versés aux prisonniers condamnés pour terrorisme et aux familles de martyrs. La reconnaissance est donc actée, sans qu'aucune des conditions préalables, pourtant largement évoquées trois mois auparavant, n'ait été remplie.
Quelques mois plus tard, le rapport du département d'État américain explique que les salaires versés aux terroristes et à leurs familles continuent, aujourd'hui, régulièrement, via de nouveaux mécanismes, sous un autre nom, avec d'autres structures, mais selon la même logique. Selon les données du rapport confirmé par plusieurs ONG, l'autorité palestinienne a versé en 2025 156 millions de dollars à des prisonniers condamnés pour terrorisme, anciens détenus et familles de terroristes morts en commettant des attentats. Dans les faits, aucune des promesses faites par Mahmoud Abbas au président Macron n'a été tenue un an après.
Et soudain, la conditionnalité apparaît pour ce qu'elle est devenue, un simple accessoire diplomatique. Et une diplomatie qui se décrédibilise aussi. Disons, Ilana, qu'entre la naïveté et l'aveuglement volontaire, la frontière est parfois mince. Il ne sert à rien de rédiger des éléments de langage emprunts de gravité pour ne jamais avoir à les appliquer. On reconnaît d'abord, on vérifie ensuite. Toute marge de manœuvre disparaît alors. Et pendant ce temps, l'argent du contribuable européen, donc français, continue de financer des centaines de millions d'euros, une autorité palestinienne corrompue qui rémunère mensuellement des assassins.
Mon argent, votre argent, Ilana, contribue donc indirectement à financer l'incitation au terrorisme. Et oui, c'est effectivement particulièrement choquant. Évidemment, parce qu'il faut mesurer le scandale moral et l'absurdité politique de cette situation. Imagine-t-on un seul instant un processus de paix en Irlande du Nord dans lequel les autorités britanniques auraient continué à financer indirectement des structures, rémunérant les auteurs d'attentats de l'IRA contre des civils ? Personne ne l'aurait accepté. Pourquoi ce qui semblerait absurde à Belfast deviendrait-il soudain acceptable à Ramallah ?
Le plus troublant n'est peut-être même plus l'existence de ce système qui perdure depuis des décennies dans une forme d'aveuglement volontaire. Le plus troublant est qu'une partie de l'Occident semble avoir perdu jusqu'à la capacité d'en percevoir l'iniquité et l'indécence. Les États-Unis ont décidé, eux, de conditionner désormais toute aide à la disparition définitive de ce système.
Selon vous, l'Europe porte une part de responsabilité importante dans la passe actuelle ?
Je pense surtout que l'Europe a trop longtemps confondu diplomatie et déni. Depuis 20 ans, elle tente d'acheter la stabilité à coup de chèques et de formulations prudentes. Mais à force de protéger la fonction diplomatique, elle finit par subventionner les conditions même du désastre qu'elle prétend empêcher. Il faut avoir le courage de poser ici la question.
Si l'Europe avait exigé dès l'origine, avant même l'émergence du Hamas, la fin de ses ambiguïtés autour de la glorification de la violence, du djihad et de l'éducation à la haine dans les programmes scolaires palestiniens, le terrorisme aurait sans doute eu davantage de difficultés à prospérer sur ses terreaux idéologiques et symboliques. Mais alors qu'est-ce qu'il faudrait faire aujourd'hui, Caroline ? Eh bien, retrouver simplement un peu de cohérence et d'équilibre diplomatique qui a totalement disparu du Quai d'Orsay.
Reconnaître qu'un État palestinien n'interdit absolument pas d'exiger de l'autorité qui le représente un comportement compatible avec la paix, car une paix durable exige de la bonne foi, et la bonne foi commence par la vérité. Elle ne peut pas se construire sur des ambiguïtés, des faux-semblants et des engagements sans conséquences. Elle exige aussi la lucidité de reconnaître que l'on peut se tromper et le courage de se l'avouer. La France et l'Union européenne, qui se sont récemment enorgueillies des sanctions adoptées contre Israël, ne peuvent plus ignorer désormais que 1. Mahmoud Abbas n'a tenu aucun de ses engagements. 2.
On ne peut plus continuer à accréditer cette forme de complaisance à l'égard du terrorisme. Elles doivent donc tirer les conséquences de cette situation en conditionnant la poursuite du financement de l'autorité palestinienne à l'abandon définitif de sa politique d'incitation à la violence, procédant à une vérification des flux financiers par un audit indépendant des comptes de l'autorité palestinienne. « Une démocratie qui ne conditionne plus rien finit toujours par cautionner ce qu'elle prétend combattre, ne rien exiger, faire comme si le rien n'était. Ce serait accepter à force de renoncement un monde dans lequel notre boussole morale aurait définitivement disparu. »
Eh bien, merci beaucoup Caroline, Caroline Yadant. Merci d'avoir été avec nous ce matin, comme chaque lundi, une semaine sur deux. On vous retrouve évidemment aussi sur Radio-J.fr, notre site internet et en vidéo sur notre chaîne YouTube un petit peu plus tard dans la matinée. Merci beaucoup. Merci, Lala. À très bientôt, Caroline. Vous restez avec nous tout de suite. C'est l'actualité en Israël. On va parler de ce qui se passe notamment sur le front nord. Et oui, ça n'arrête pas. 200 projectiles tirés ce week-end sur les forces israéliennes, la menace des drones, également préoccupation majeure pour l'instant pour l'armée israélienne. On va en parler avec Pascal Zahnstein. Restez avec nous.
Caroline Yadan