Défections du RN vers Eric Zemmour, crise en Ukraine, financement de campagne...Le 8h30 franceinfo de Thierry Mariani
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Bonjour à tous, bienvenue dans l'830 politique de France Info, radio et télé sur le canal 27 de la TNT. On est avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Hercine, bonjour à tous.
Notre invitée ce matin est députée européenne du Rassemblement National et conseiller régional en PACA. Bonjour Thierry Mariani. Bonjour. Merci d'être l'invité de France Info ce matin. Marion Maréchal, dite au Figaro hier, je penche pour Éric Zemmour. Alors, il se trouve qu'ici même, la semaine dernière, votre collègue Laurent Giacobelli, qui est porte-parole du RN et de Marine Le Pen, était à votre place et nous disait qu'il ne rejoindrait jamais Éric Zemmour. Et vous ?
Aujourd'hui, je reste avec Marine Le Pen parce que je pense que c'est la seule qui est en position de gagner dans les candidats qui défendent les idées nationales. J'ai beaucoup d'estime pour Éric Zemmour et je trouve qu'une partie de ses idées sont très bonnes. Mais ce qui me gêne, je vais vous dire, j'ai l'impression qu'ils sont là pour bâtir le coup d'après. Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas de construire le parti après les élections, une fois que Macron sera réélu. Moi, ce que je veux, c'est que Macron soit battu. Vous dites aujourd'hui non, mais demain peut-être ? En politique, on ne sait jamais. Mais je veux dire, moi, jusqu'au présidentiel, je veux dire, je soutiens Marine Le Pen.
Pourquoi ? Parce que je veux gagner. Je n'ai pas envie d'avoir un deuxième mandat avec M. Macron.
Vous pensez qu'elle peut gagner Marine Le Pen aujourd'hui ? Oui, sincèrement. Oui, oui, je pense parce que... Le contour fait à Macron, c'est 45-55 pour Macron.
45-55. Vous savez, c'est à deux mois des élections. Vous savez comme moi que les électeurs se décident vraiment en février, voire en mars. Si l'électorat populaire qui nous a fait défaut aux élections régionales, je suis bien placé pour le savoir, se mobilise et comprend que son avenir est en jeu et que le meilleur moyen de préserver son avenir, ce n'est pas de donner les clés de la France sans retenue. Parce que si Emmanuel Macron a un deuxième mandat, il n'y aura pas de filet cette fois, puisqu'il ne pourra pas se présenter à une troisième élection. Eh bien, je pense qu'on doit éviter ce deuxième mandat de M. Macron. Et la seule qui peut le faire aujourd'hui, c'est Marine Le Pen.
Après, on verra quel parti on fait, etc.
Mais justement, ce n'est pas du tout l'option de Marion Maréchal. Revenant un instant à sa position, donc elle ne soutiendra pas sa tante. Ça, c'est une certitude pour 2022. Elle se donne encore un peu de temps avant d'annoncer son ralliement à Éric Zemmour. Mais elle partage la cohérence, la vision, la stratégie d'Éric Zemmour. On sent bien que son ralliement est amorcé. Est-ce que c'est une trahison ?
J'ai vu, c'était d'ailleurs assez poignant, comment Marine Le Pen l'a pris quasiment en direct.
Violent et brutal.
Oui, violent et brutal, parce que c'est familial. Elle l'a dit elle-même, elle l'a élevé, etc. Après, est-ce que c'est une bonne nouvelle ? Non, bien sûr que ce n'est pas une bonne nouvelle. Trahison ? Pas trahison ? Ça ne veut rien dire, ces mots en politique. Chacun défend ses idées. De toute façon, on a vocation à se retrouver au deuxième tour. Moi, je suis persuadé, et c'est pour ça qu'il ne faut jamais insulter l'avenir, qu'on soutienne Éric Zemmour, qu'on soutienne Marine Le Pen, qu'on soit proche de Marion Maréchal ou de je ne sais qui. L'essentiel, c'est de ne pas commettre l'irréparable, parce qu'au deuxième tour, on doit se retrouver ensemble pour battre Emmanuel Macron.
Vous pensez que Marion Maréchal Le Pen reviendra ?
Écoutez, je fais confiance à Marion Maréchal Le Pen ou à Éric Zemmour. Si le choix au deuxième tour, c'est Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, il y a une logique quand même. On défend, même si on est éloigné sur la stratégie, même s'il y a des mesures qui, des fois, sont différentes, on est dans le même camp, j'ai envie de vous dire. Parce que cette élection présidentielle, c'est quoi ? Le premier tour, c'est trois primaires. Une primaire à gauche, qui devient un peu symbolique. Une primaire, j'allais dire, parmi les mondialistes, parce que quand je vois le programme de Mme Pécresse ou quand je vois M. Macron, j'ai envie de dire qu'ils sont interchangeables.
Il y a quelques années, Mme Pécresse aurait pu être première ministre de M. Macron. Et puis, il y a ceux qui pensent à la France en particulier. Je mets dans le même camp Éric Zemmour et je mets dans le même camp Marine Le Pen. Et donc, on a vocation à se retrouver au deuxième tour. Moi, je pense que ce sera, et j'espère que ce sera Marine Le Pen. Mais l'essentiel, c'est qu'au soir du premier tour, on soit tous ensemble.
En attendant, il y a la campagne et on a le sentiment que c'est le début de l'hémorragie. Gilbert Collard, Jérôme Rivière, ce sont vos collègues au Parlement européen. Ils ont rejoint Éric Zemmour. Déjà, est-ce qu'ils doivent renoncer à leur mandat européen ? C'est ce que réclame Marine Le Pen. Est-ce qu'ils peuvent rester sur un mandat Rassemblement national quand on fait la campagne d'Éric Zemmour ?
C'est une affaire de conscience avec chacun. Moi, je suis élu député européen sur une liste, comme eux d'ailleurs. Si je quittais le soutien de Marine Le Pen, je quitterais le Parlement européen. Je constate d'ailleurs que, par exemple, prenez quelqu'un comme Andrea Cotarac, qui était avant à la France insoumise et qui était élu conseiller régional en Rhône-Alpes. Le jour où il a rejoint Marine Le Pen, deux ans avant, il a démissionné de son mandat.
Vous leur demandez de le faire ce matin. Comment ? Vous leur demandez de faire ça ce matin ? Gilbert Collard, Jérôme Rivière ?
Vous pensez qu'ils seraient malhonnêtes de ne pas le faire, en quelque sorte ?
Écoutez, c'est aussi des gens qui ont un passé politique, que ce soit Jérôme Rivière, que ce soit Gilbert Collard. Je les laisse avec leur conscience. Chacun a ses principes. Moi, personnellement, si je changeais de candidat, je démissionnerais du Parlement européen. Mais je le répète, je n'ai pas envie de changer de candidat.
Alors, ces ralliements, manifestement, ne sont pas les derniers. Écoutez les doutes de Stéphane Ravier, sénateur RN à Marseille sur France Info. Je suis un soutien, encore aujourd'hui, de Marine Le Pen, même si je ne suis pas très impliqué dans la campagne. Et je ne cache plus, depuis plusieurs semaines, que je ne m'en porte pas plus mal, étant donné la tournure que cette campagne a pu prendre dans le domaine des affrontements avec l'équipe d'Éric Zemmour.
Ça dit donc, avec des soutiens comme ça, Thierry Mariani ?
Vous savez, le problème, quand on partage les mêmes idées, c'est Charles Pasqua qui disait que les campagnes commencent côte à côte et finissent face à face. On est très proche d'Éric Zemmour, sur de nombreux sujets. Et c'est vrai que moi, je fais partie de ceux qui regrettent les petites phrases. J'ai quand même l'impression que c'est parti, au départ, un peu du côté d'Éric. Quand il dit « Marine n'a aucune chance de gagner, elle a perdu deux fois », vous savez, il devrait faire attention. Je me souviens de ceux qui disaient « Jacques Chirac sera battu parce qu'il a perdu deux fois » ou « François Mitterrand sera battu parce qu'il a perdu deux fois ».
Il a même dit qu'elle était nulle, que son débat d'entre deux tours était nul.
Elle-même a reconnu que c'était un débat qu'elle avait manqué. Mais je pense qu'il faut éviter les attaques entre les uns et les autres. Et vous remarquerez que je n'en fais pas de ma part. Moi, mes attaques, mon adversaire, c'est Macron.
Mais là, on sent bien que chacun est en train de choisir un peu son camp, sa voie. Oui, mais on voit aussi que partout, il y a des problèmes. Stéphane Ravier, encore aujourd'hui. Oui, je la soutiens encore aujourd'hui. On verra.
Pour le moment, je répète que c'est la seule qui peut battre Emmanuel Macron. Emmanuel Macron. Je constate que les ralliements que vous avez évoqués, il y a maintenant bientôt une grosse semaine, n'ont pas provoqué une hausse dans les sondages.
Marion Maréchal, chez Éric Zemmour, est-ce que c'est 3-4 points dans les intentions de Voss en plus ?
Je pense sincèrement qu'une grosse partie de l'électorat qui se sent très proche de Marion Maréchal pour une question de valeur est déjà chez Éric Zemmour. Donc, je ne suis pas persuadé que ça fasse changer les choses. Et puis, vous savez, dans ce genre d'élection, il y a toujours une sorte de mercato. J'observais ce matin sur votre antenne, j'entendais que Gilles Platret avait dit qu'il se mettait lui aussi en congé.
Très tenté par Éric Zemmour, manifestement. Lui est un républicain.
Oui, il est très tenté. Il est comme moi, dans le même cadre d'idées. Mais jusqu'à présent, il a dit qu'il se mettait en congé de la campagne. Mais je ne l'ai pas entendu dire qu'il soutenait Éric Zemmour.
On a l'impression qu'en tout cas, c'est possible.
Oui, mais attendez. J'adore l'équipe d'Éric Zemmour. Ils sont très habiles. Mais il faut qu'ils arrêtent de balancer des noms. Vous apprenez des idées. Vous adorez l'équipe. Vous êtes très tenté aussi. Parce que j'ai les copains des deux côtés. Parce que j'ai les copains des deux côtés. Je veux dire, voilà. Mais je le répète, il n'y a pas d'ambiguïté. Je soutiens Marine Le Pen. Mais l'habileté de la campagne d'Éric Zemmour, c'est de balancer des noms en disant « Non, ils vont nous rejoindre, ils vont nous rejoindre, ils vont nous rejoindre. » De temps en temps, ça arrive. Certains le font. On va faire une pause. Les doc ne le font pas. Moi, j'ai été balancé comme non. Ou pas encore.
Non, je ne le ferai pas.
Bien. Thierry Mariani, on fait une petite pause pour le fil info avec Lisa Guyenne puisqu'il est 9h20 sur France Info.
Une femme retrouvée morte dans un appartement du 19e arrondissement de Paris. Son compagnon, un policier, n'a pas pris son service au commissariat du Blanc-Ménil en Seine-Saint-Denis. Il est activement recherché ce matin. À Toulouse, la chasse à l'homme continue pour retrouver un patient considéré comme dangereux. C'est la quatrième fugue en moins de 10 jours dans un hôpital psychiatrique de la ville, la troisième dans cet établissement. L'Agence régionale de santé avait pourtant annoncé un renforcement de la sécurité sur place dès hier matin.
Après l'échec de la production d'un vaccin français contre le Covid, l'État veut réinvestir massivement dans le laboratoire Sanofi et lancer une agence française de l'innovation sanitaire, annonce de Jean Castex hier en déplacement dans un hôpital du Bas-Rhin. Les épreuves de spécialité du Bac, elles sont repoussées de deux mois à la mi-mai pour permettre aux élèves de boucler leur programme retardé à cause du Covid. Les notes vont donc tomber après la clôture de Parcoursup. Seul le contrôle continu sera pris en compte. La déception des Bleus du handball, vaincue à un point près, 33 à 34 par la Suède, hier soir en demi-finale de l'Euro.
La France peut encore jouer la médaille de bronze demain après-midi face au Danemark. France Info.
C'est Thierry Mariani qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Myriam Onkawa.
Encore quelques questions sur ces manœuvres à l'extrême droite. 85 000 adhérents à 30 euros l'adhésion en quelques semaines pour le parti d'Éric Zemmour aux conquêtes. C'est déjà un exploit ça, non ?
C'est un succès. Mais les partis nombreux ne font pas forcément les électeurs nombreux. Vous savez, moi, je garde en mémoire aux Européennes la campagne de Bellamy. François-Xavier Bellamy. Voilà, François-Xavier Bellamy. Qui a du talent, qui a des convictions, qui par moments les exprimaient un peu maladroitement, qui faisaient de beaux meetings, qui faisaient les couvertures de toute la presse. Vous vous souvenez quand on nous a dit c'est le phénomène de la campagne. Finalement, à la sortie, le phénomène de la campagne, ça a été plutôt Jordan Bardella. François-Xavier Bellamy a fait 8%.
Mais les adhésions, ça veut dire de l'argent dans les caisses de ce nouveau parti. Est-ce que vous pensez que c'est ça qui peut attirer aussi vos troupes ? L'argent ?
Les moyens, ça aide dans une campagne. J'ose espérer que nos troupes ne sont pas attirées par l'argent. C'est sûr qu'Éric Zemmour a visiblement plus de moyens que Marine Le Pen. Je constate en tout cas que Marine Le Pen vient enfin d'avoir son fameux prêt qui n'était nécessaire pour la campagne. Parce qu'à un moment, on se demandait si la démocratie allait être confisquée.
10 600 000 euros, c'est bien ça ? Une banque européenne, laquelle ?
Je n'en sais rien.
Donc, ça n'est pas une banque russe comme la dernière fois en 2017 ?
De toute façon, le règlement aujourd'hui est interdit. Donc, c'est une banque européenne. Je ne m'occupe pas des finances de la campagne, mais l'essentiel, c'est qu'elle soit européenne.
C'est toujours aussi difficile d'obtenir un financement ?
Oui, ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal que des candidats comme Mélenchon ou par exemple Marine Le Pen, qui sont des candidats établis, qui probablement, sans risque, dépasseront 5 %, n'aient pas les moyens de faire campagne. Pourquoi est-ce que c'est si compliqué d'après vous ?
Pourquoi est-ce qu'on rechigne, si je vous suis, à faire un prêt à Marine Le Pen ? Parce qu'aujourd'hui, tout ce qui est politique pour les banques
devient radioactif. Je vais vous dire, moi je suis, ce qu'on appelle, comme tous ceux qui font de la politique, PPE, personnalité politiquement exposée. C'est la loi. J'ai fait un virement, je vais vous raconter l'anecdote, de ma fille qui est en ce moment en Grande-Bretagne. J'ai dû répondre à 4-5 questions. Pourquoi je faisais ce virement ? Le montant était ridicule. Pourquoi ce virement, etc. Aujourd'hui, tout ce qui est politique devient ultra surveillé. C'est pareil pour tout le monde. Oui, mais ça emmerde les banques. Et c'est pareil pour tout le monde. Ce n'est pas une affaire politique. C'est la même chose pour tout le monde, ça. Sauf que vous... C'est bizarre quand même.
Je pense qu'Emmanuel Macron n'a pas ce même problème et Valérie Pécresse n'a pas ce même problème. C'est pour ça d'ailleurs que François Béroux avait eu cette proposition. Et pourquoi n'aurait-il pas ce même problème ? Pardon, mais... Pourquoi ? Parce que je persiste à dire qu'il y a un a priori des banques. Je voulais que je vous donne un exemple. Allez, je vais vous citer deux banques, moi. J'ai voulu ouvrir un nouveau compte quand j'ai été élu député européen au Crédit Agricole, où j'ai été client pendant des années, en face de l'appartement. Refus. Après, j'ai voulu ouvrir un compte à la BNP. Refus. Qu'est-ce que j'ai fait ? Parce que c'est vous, vous pensez ?
Écoutez, je ne vois pas quoi d'autre. Je n'ai jamais été fiché à la Banque de France. Je n'ai jamais été mis en examen. Sauf qu'aujourd'hui, quand vous arrivez dans une banque et que vous êtes politique, et encore plus si vous êtes au Rassemblement National, visiblement, j'ai une sale gueule. Donc, merci au Crédit Agricole. Merci à la BNP. Visiblement, les électeurs du RN, ça ne doit pas trop les intéresser. Je suis content, j'ai réglé des comptes.
On va parler d'un chiffre, il faut quand même le dire, il est assez stupéfiant. Plus 7% de croissance en 2021. C'est la première fois depuis 50 ans qu'on n'avait pas vu un taux aussi important. Écoutez Bruno Le Maire qui savoure. C'est un rebond spectaculaire de l'économie française. Vous avez raison, ça efface la crise économique. Ça montre aussi la mobilisation de tous les salariés, des ouvriers, des chefs d'entreprise, des patrons de petites entreprises, des commerçants, des indépendants qui se sont retroussés les manches pour arriver à ce chiffre. 7%, c'est spectaculaire. Ce qui veut dire derrière des emplois, des usines, des entreprises.
Et puis, ça prouve aussi que la politique économique du gouvernement est efficace. L'emploi est au rendez-vous. Le chômage baisse de 12%. L'économie allemande fait moins bien que nous. Est-ce que vous dites merci Macron-Thierry Marianne ?
Non, parce que vous voulez qu'on reprenne tous les éléments. Oui, on a fait une croissance de 7% après une baisse de 8%. Donc, en clair, le niveau d'activité redevient à ce qu'il était avant le Covid. C'est très bien. Ça, d'accord. Après, on va payer l'addition. On est l'un des pays qui, le quoi qu'il en coûte, était un choix politique. Je pense en grande partie nécessaire. Mais on est désormais l'un des pays qui est le plus endetté en Europe avec notamment l'Italie. Mais la croissance,
ça rembourse la dette.
Oui, la croissance, ça rembourse la dette. Pour le moment, la croissance, ça n'est revenu, je le répète, quasiment à un point près au niveau d'avant. Après, qu'est-ce qui intéresse les Français ? C'est leur niveau de vie, leur pouvoir d'achat.
Effectivement, ces bonnes nouvelles sont compensées par la hausse des prix de l'énergie, notamment l'inflation. La réponse du gouvernement, il y a eu beaucoup d'annonces déjà sur le gel du prix du gaz, le plafonnement à 4% des prix de l'électricité, ce chèque de 100 euros d'inflation, le barème de l'indemnité kilométrique qui vient d'être relevée. Est-ce qu'elles sont à la hauteur, ces réponses ?
Ce sont d'abord des réponses conjoncturelles, c'est-à-dire que vous remarquerez qu'un certain nombre de ces annonces vont, comme par hasard, jusqu'en avril-mai. Moi, j'aurais préféré une solution comme celle que propose Marine Le Pen, à savoir la baisse de la TVA à 5,5 sur tout ce qui est produits énergétiques.
Après, on ne la relève plus, la TVA, une fois qu'on l'a baissée.
Oui, mais je pense aussi qu'en rentre du pouvoir d'achat, on sait très bien qu'aujourd'hui, l'énergie va coûter de plus en plus cher. Et encore, vous savez que le coût du pétrole, aujourd'hui, ça doit être le baril 87 dollars ou 88. Dans le passé, il est monté jusqu'à 145. Donc, on n'a peut-être pas fini. Je regardais le prix des pompes. On approche du 1,80 pour le sans-plans.
Alors, est-ce que ce n'est pas le moment, au fond, d'augmenter les salaires pour véritablement suivre l'inflation et pérenniser, au fond, la question du pouvoir d'achat et l'augmenter ? Dans le programme de Marine Le Pen, il y a 200 euros de pouvoir d'achat pour tous les ménages. Alors, ça, ça va coûter très cher. Il y a 30 millions de ménages en France. C'est une mesure à 72 milliards d'euros par an, autant que le budget de la Défense. Où vous trouvez l'argent ?
Écoutez, où on trouve l'argent ? On a le programme extrêmement détaillé. Où est-ce qu'on trouve l'argent ? Par exemple, on l'a dit, en matière de politique migratoire, je vous rappelle que c'est l'une des premières mesures qu'elle veut faire. C'est un grand référendum sur l'immigration. C'est, de mémoire, 85 milliards d'économisés sur 5 ans.
Là, c'est 72 par an.
Oui, mais il y a toute une série de mesures que je peux vous détailler. Il y a un certain nombre de baisses de la suppression de la redevance audiovisuelle, la baisse de la contribution sur le service public de l'électricité. Et puis...
Tout est déjà chiffré ?
Tout sera chiffré ?
Je vous invite... Mais ça, c'est de l'argent en moins dans les caisses. Oui, mais... Alors là, on vous demande où vous trouvez l'argent.
Sans augmentation d'impôts,
dit-elle.
Écoutez, où est-ce qu'on trouve l'argent ? En plus, quand on baisse les dépenses liées à l'immigration grâce à ce référendum, si les Français l'acceptent, de 85 milliards, ça fait des moyens pour financer une partie des choses. Ensuite... Est-ce qu'il n'y a pas
un peu de démagogie ? Quand on voit par exemple Éric Zemmour qui annonce une prime de la natalité, 10 000 euros pour chaque enfant né dans une commune rurale, une forme de bourse de naissance pour revitaliser les zones rurales...
Vous y croyez à ça ? Vous pensez que c'est possible ? Alors ce qui est très intéressant, c'est que vous remarquerez qu'Éric Zemmour comme Marine Le Pen sont attachés à la natalité qui est un sujet complètement absent de la campagne parce que pour Emmanuel Macron, visiblement, ce n'est pas un sujet. La relance de la démographie française, c'est un sujet. 10 000 euros pour chaque enfant né dans la France rurale. Je ne sais pas tellement ce que ça veut dire la France rurale parce qu'après tout, si on est en France... Il y a apparemment des critères assez précis. Écoutez, moi je préfère la proposition de Marine Le Pen. Je vous rappelle la proposition de Marine Le Pen.
C'est en réalité d'aider les ménages à accéder à la propriété avec un prêt à taux zéro de 100 000 euros s'il y a un achat de propriété et taux zéro. Et s'il y a un troisième enfant, ce prêt est alors, j'allais dire, offert. Et deuxièmement, la restauration de la pleine part pour le deuxième enfant du quotient familial. Pardon, la restauration de la pleine part pour les impôts au deuxième enfant. Parce qu'en réalité, on sait très bien que le deuxième et le troisième coûtent très cher.
Bon, ça n'a pas l'air très évident techniquement, mais la mesure que propose Éric Zemmour, vous dites, non, ça ne marche pas.
Je préfère la mesure que propose Marine Le Pen qui est une vraie aide au logement et qui d'autre part, je le rappelle, qui est une aide fiscale dès qu'on a un enfant parce qu'un enfant, c'est beaucoup d'amour mais c'est à coût aussi un peu cher.
Allez, on fait une petite pause dans cette interview puisqu'il est 9h moins 10. Lisa Guyenne, c'est le fil info.
La France prône la désescalade des tensions avec la Russie. Pour autant, plusieurs centaines de militaires français sont prêts à être déployés en Roumanie, pays frontalier de l'Ukraine. C'est ce qu'explique ce matin Florence Parly, la ministre des Armées sur France Inter. Les Etats-Unis, de leur côté, indiquent qu'ils vont envoyer un petit nombre de troupes en Europe de l'Est. La police judiciaire parisienne sur les traces d'un autre policier. Ce matin, un fonctionnaire du commissariat du Blanc-Ménil en Seine-Saint-Denis, introuvable alors que sa compagne a été retrouvée morte dans leur appartement du 19e arrondissement.
A Toulouse, c'est un patient de l'hôpital psychiatrique qui est activement recherché au lendemain de son évasion. Quatrième fugue d'un patient considéré comme dangereux en moins de 10 jours dans des hôpitaux toulousains. L'Etat va réinvestir massivement chez Sanofi, ce laboratoire français qui a échoué à produire un vaccin contre le Covid. Un échec traumatisant selon Jean Castex qui annonce aussi la création d'une agence française de l'innovation en santé. Le Premier ministre donnera les détails de ces deux annonces le mois prochain. Il permet de garder son pass vaccinal en évitant une dose de rappel.
Le certificat de rétablissement au Covid va passer de 6 à 4 mois de validité à partir du 15 février pour encourager la vaccination. Pour l'instant, 35 millions de Français ont fait leur dose de rappel. France Info
Thierry Mariani est l'invité du 830 France Info ce matin. Myriam Ancawa, une question.
Thierry Mariani, vous êtes un ennemi de la Russie. Est-ce qu'il est encore possible d'éviter la guerre ?
Je n'y crois pas, la guerre. Je le dis franchement, je n'y crois pas. D'abord, comme Marine Le Pen, je pense qu'on doit avoir des relations équilibrées comme du temps du général de Gaulle entre les États-Unis qui sont notre meilleur allié mais la Russie qui est un État européen incontournable.
Mais alors pourquoi la Russie fait des manœuvres aujourd'hui ? 100 000 soldats russes postés tout au long de la frontière avec l'Ukraine ?
Alors si vous permettez, les manœuvres à chaque fois sont déclarées à l'OSCE, l'Organisation pour la Sécurité et la coopération en Europe, ce que je veux dire par là, c'est que c'est des manœuvres prévues, prévisibles, etc., qui s'arrêtent en général vers le mois de février, vers la mi-février. Donc il n'y a rien d'extraordinaire. Quelle est la situation aujourd'hui ? On a un État qui a besoin de restaurer un peu de prestige, excusez-moi, c'est quand même les États-Unis qui sont partis la queue basse d'Afghanistan. On a un président en Ukraine qui est dans une situation catastrophique. On a l'OTAN qui a perdu aussi toute crédibilité.
Et on nous montre une sorte de scénario en nous disant la guerre approche, la guerre approche.
Donc pour vous, c'est les Américains qui sont dans la surenchère ? Il n'y a pas d'escalade russe ?
Non, je pense qu'il y a aujourd'hui des manœuvres qui répondent à une surenchère. Michel Goya, sur son blog, fait remarquer très justement que quand on prépare une guerre... On c'est un général
de l'armée française.
Oui. Fait remarquer que quand on prépare une guerre, en général, il n'y a pas que des troupes qui bougent, il y a aussi des hôpitaux militaires.
Alors je rappelle quand même...
Vous remarquerez qu'il n'y a aucun hôpitaux militaires aujourd'hui près de ces fameuses troupes. Ce qui veut dire quoi ? Que ce sont des manœuvres qui resteront des manœuvres. Voilà, point final. Ça veut dire quoi ? C'est de l'intimidation ? Ça veut dire que c'est...
Vladimir Poutine ne veut pas attaquer ?
Mais attendez, l'OTAN fait en permanence des manœuvres à la frontière russe.
Plus globalement, vous n'avez pas le sentiment que Vladimir Poutine essaie de restaurer une certaine forme d'empire russe ? Non, vous connaissez la phrase
de Vladimir Poutine, celui qui a une nostalgie de l'URSS n'a pas de cœur, mais celui qui voudrait la restaurer n'a pas de tête. Il est évident que l'URSS et la nostalgie soviétique, c'est fini.
Mais alors, pour être bien clair. Ça se sent des mots,
mais dans les actes... Mais dans les actes, la Russie veut un minimum de sécurité. Vous connaissez comme moi ce qui s'est passé en 1962. Les États-Unis n'ont pas toléré que l'URSS installe des fusées quasiment, j'allais dire, à la limite des États-Unis, sur Cuba. Les Russes sont dans la même position. Ils voient les troupes et la menace de l'OTAN se rapprocher. Ils demandent simplement à avoir un peu de sécurité.
Je rappelle tout de même, Thierry Mariani, que vous avez été sanctionné par le Parlement européen pour des missions d'observation que vous avez effectuées en Crimée, alors que l'Europe considère qu'il s'agit d'un territoire illégalement occupé par la Russie. Mettons en place cette hypothèse. Si la Russie envahissait l'Ukraine...
Il n'y a aucune chance.
Mais est-ce que ce serait grave ?
Bien sûr, mais ce serait stupide. Or, excusez-moi, Vladimir Poutine n'est pas stupide. Attendez, très rapidement, en deux minutes, quand on regarde le positionnement des troupes, on s'aperçoit qu'en réalité les troupes sont au sud, comme le font remarquer là aussi. C'est-à-dire plutôt dans la zone, on va dire, des républiques sécessionnistes de Lugansk-Donetsk. Et pas du tout pour prendre Kiev. Kiev est à 250 km.
Il y a quand même des missiles au nord du pays, côté biélorusse. Il y a des missiles partout. Mais si jamais
la Russie voulait prendre l'Ukraine, c'est prendre Kiev, 250 km de la frontière. Or, les troupes russes ne sont pas stationnées majoritairement là, mais au sud.
Mais vous la condamnez, l'annexion de la Crimée
aujourd'hui par la Russie ? Non, parce que je connais la Russie. Excusez-moi, c'est aussi, pardonnez-moi, c'est aussi pour moi surréaliste que la question est-ce qu'on condamnerait la France qui a récupéré l'Alsace et la Lorraine ? L'Alsace et la Lorraine, c'était français. La Crimée, c'était Russie.
Mais vous êtes un patriote français, vous pouvez comprendre qu'il y a des patriotes ukrainiens qui considèrent que leur État est souverain au nom du droit international. La Crimée, aujourd'hui, elle est ukrainienne.
Combien d'années la Crimée est restée ukrainienne ? 27 ans. Je peux vous poser une question ? Combien il y a eu de morts pour le rattachement ou l'annexion, vous mettrez le mot que vous voulez, de la Crimée à la Russie ? Vous allez vous le dire. Il n'y a pas eu de coup de feu. Il n'y a rien eu. Vous connaissez un territoire où il y a 1,5 million ou 500 000 habitants et où les gens ont échange de pays.
Dans le Donbass, il y a eu des morts.
Ah oui, là, c'est différent. Il n'y a pas eu un mort. Et je vous signale, je vous invite à aller en Crimée. Le seul danger que vous courez l'été, c'est de prendre un coup de soleil. Il n'y a pas de combat. Il n'y a jamais rien eu. C'est ça ? Mais non, mais attendez, la Crimée, c'est un cas vraiment particulier pour tous les Russes. Aujourd'hui, nos soldats français sont en Roumanie. C'est l'Alsace-Lorraine. Comment ?
Les soldats français sont envoyés en Roumanie. C'est Florence Parly qui le confirme ce matin. Ça veut dire qu'il faut s'y préparer. Ils sont prêts à envoyer.
C'est ridicule. On veut montrer une fois de plus qu'on est le bon élève de l'OTAN. On ferait mieux de ne pas se préoccuper de la menace djihadiste. Je vous rappelle un détail qui est passé inaperçu. Le chef de la marine allemande qui a été débarqué, c'est le cas de le dire, parce qu'il avait osé dire en public que la menace de guerre était une ineptie. Donc, on est dans une sorte de scénario où on se la joue. Vous verrez rendez-vous dans un mois qu'on trouvera une solution diplomatique et que tout ça restera heureusement en paix.
Dernière question. Aujourd'hui, Marine Le Pen est à Madrid avec ses alliés d'extrême droite, le Premier ministre hongrois, le Premier ministre polonais. Avec tous ses dossiers internationaux brûlants, est-ce qu'elle est crédible sur la scène internationale ?
Bien sûr. Elle est avec ses alliés qui ne sont pas d'extrême droite. Moi, je ne mets pas Orban, excusez-moi, dans l'extrême droite. C'est quelqu'un qui a des convictions. Je le mets dans ceux qui sont patriotes et qui pensent avant tout à leur État, à Hongrie, plutôt qu'aux directives européennes. Et ça prouve quoi ? Ça prouve que Marine Le Pen aujourd'hui est écoutée en Europe et n'est plus isolée.
Elle a une stature internationale ?
Oui, elle a une stature internationale. Oui, si on est élue à la présidence, ça n'aura des alliés au sein de l'Europe, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et d'autres dans plein de pays qui aujourd'hui se rapprochent de nos idées. Pourquoi ? Parce que les nations n'ont pas envie d'être forcément dissous dans un ensemble européen.
Merci Thierry Mariani, invité du 830 France Info. Ce matin, à réécouter sur franceinfo.fr et l'appli Radio France.
Sous-titrage ST' 501
Thierry Mariani