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interviewRLP 102.3 - Radios Libres en Périgord· 24 novembre 2025 6 min

Catherine André, journaliste à « Voxeurop »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Nous avons assisté au forum mondial d'économie sociale et solidaire à Bordeaux le fin octobre 2025. Une table ronde a été consacrée aux médias qui œuvrent dans l'économie sociale et solidaire. Nous avons rencontré Catherine André, journaliste et fondatrice d'un coopérative de presse qui réunit les journalistes de plusieurs pays européens.

Je m'appelle Catherine André, je suis journaliste depuis un paquet d'années et j'ai cofondé un site d'information en 5 langues qui s'appelle Vox Europeope et qui a été créé il y a une dizaine d'années en tant qu'association pour commencer et qui ensuite on l'a transformé en coopérative et c'est devenu la première coopérative européenne de presse en 2017 avec plus de 200 sociétaires de nombreuses nationalités. Presque toute votre carrière, vous avez travaillé dans les structures alternatives. C'est votre engagement personnel aussi ?

Oui, c'est un choix, vraiment un choix euh euh fait euh de par mes convictions. C'est après avoir aussi travaillé dans la presse euh non coopérative, euh j'y trouve euh toutes les valeurs en fait qui sont les miennes. Et ça fait complètement sens pour moi en tant que directrice éditoriale et condatrice d'un média qu'on veut indépendant d'avoir choisi une forme juridique à la fois résiliente et qui garantisse notre indépendance et qui prennent en compte toutes les parties prenantes, toutes les personnes qui travaillent, qui coopèrent au sein de la coopérative.

Aujourd'hui, contexte général montre que concentration des médias en notre façon de travailler, en notre façon informer. Donc, est-ce que travailler dans une coopérative, dans scope, ça apporte certaines libertés pour le journalisme ? Oui, tout à fait.

Parce que c'est un espace démocratique en soi. On essaie non seulement de pas de faire vivre ses valeurs, mais on essaie aussi de les adopter au quotidien, c'est-à-dire dans notre façon de fonctionner au sein même du média, la façon dont on interagit les uns avec les autres, la façon dont on va prendre des décisions également au sein de la coopérative. En fait, on le principe coopératif, c'est une personne voit quel que soit le nombre de d'actions, on peut dire nous on parle de part social dans les coopératives.

On a un principe vraiment d'égalité qu'on essaie de vivre et on est également très attentif dans les sujets qu'on suit à traiter les questions d'égalité, d'inégalité, égalité homme-femme, les questions de genre, les questions d'inclusivité. la façon dont on parle aussi aujourd'hui d'immigration, on en parle différemment au sein de Vox Europe. Donc tout ça, ce sont des je pense un respect des valeurs que porte l'économie sociale et solidaire dont on fait donc partie en tant que coopérative.

Les réunions de rédaction sont aussi un petit peu différents. Elles sont je pense différentes. Elles sont différentes au sein de Vox Europeope parce que déjà nous n'avons pas de bureau et nous sommes répartis dans différents pays européens.

Donc elle se passe en fait en visio. Mais effectivement on essaie d'avoir un fonctionnement le plus collectif possible. Comment parler avec différents pays européens qui parlent pour tous les Européens ?

Ça aussi une question. Et quelle langue vous utilisez ? Alors, on publie nos articles en cinq langues.

En anglais, en français, en allemand, en espagnol et en italien. Les traductions sont au cœur de notre projet. Il y a beaucoup de traducteurs qui traduisent nos articles hein.

Nous ne passons pas par l'IA pour traduire mais on fait de la post-diction aussi parfois. Mais l'intervention humaine est vraiment très importante. Les textes journalistiques ont besoin de l'humain pour pouvoir être de la meilleure qualité possible.

Et toutes ces langues en fait il y a on parle tous des langues différentes et plusieurs langues. Les réunions de rédaction sont plutôt en anglais ou en français. Il y a pas mal d'italiens aussi dans l'équipe.

Donc ça dépend qui au sein des réunions les langues parlées diffèrent. Par exemple, est-ce que vous pouvez donner quelques exemples de vos derniers sujets euh que vous avez essayé de travailler avec votre rédaction ? On a fait euh quelques articles je suite à la conférence qu'on vient de de faire qui porte sur les les difficultés du métier de journaliste, c'est-à-dire la précarité grandissante de ce métier qui est mal connu parce qu'en général on on a une sorte de forme de pudeur à parler de notre métier.

On pense qu'on est quand même des privilégiés ce qu'on est. Mais les conditions de travail globalement de la presse se sont beaucoup dégradé, notamment les conditions pour les pigistes et on raconte dans des articles récents qu'est-ce que ça signifie aussi à la fois pour la vie des journalistes mais aussi sur la façon dont on il travaille, la façon dont les les journalistes indépendants se retrouvent souvent en grande difficulté. Qu'est-ce que ça signifie pour l'information et donc pour la démocratie ?

Il y a aussi cette tendance maintenant que n'importe qui peut publier les infos avec les réseaux sociaux, n'importe qui peut être influenceur, journaliste, animateur. Euh comment vous vous réagissez à ce forme d'information, si on peut dire information ? Les réseaux sociaux euh apportent à la fois une possibilité de notoriété et de partage de l'information.

Le grand souci, c'est peut-être la difficulté pour les personnes qui utilisent les réseaux sociaux de savoir ce qu'ils lisent. C'està-dire s'il n'y a pas eu de prise de conscience de essayer de discerner la source de l'information qu'ils vont lire. Ça peut être très embêtant puisqueen fait il y a un phénomène évidemment de multiplication et de chambre des comédiatiques qui font que les personnes par le truchement des algorithmes vont avoir toujours le même type d'information qui va apparaître sur leur fil d'information.

Donc ça c'est un souci, mais aussi de se préoccuper de la source originelle d'une information et non pas simplement de qui relè l'information. Donc ça ça demanderait en fait de faire beaucoup plus d'éducation au médias dans les écoles auprès des étudiants et d'en discuter. Comment on peut lire, écouter, voir vos publications avec vous allez simplement sur internet et vous cherchez vox.

V o X e U R O P eteu et vous allez tomber sur le site et là vous pouvez naviguer entre les différentes langues. Nous en avons cinq évidemment on rêverait d'en avoir plus mais c'est déjà pas mal donc pas mal de personnes en Europe peuvent nous lire dans la langue qu'il parlent qu'il lisent. Merci pour votre témoignage.

Je remercie. [musique] Yeah.