" Zemmour a eu un discours très antisocial, il y a un côté 'morts aux pauvres'." dit Sébastien Chenu
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– Et notre invité politique ce matin, c'est donc Sébastien Chenu. Bonjour. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, député du Nord, porte-parole de Marine Le Pen, porte-parole du Rassemblement national.
Et on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. – Bonjour Auréane.
Bonjour Sébastien Chenu. – Bonjour madame. – Et on commence par la crise sanitaire, puisqu'un nouveau Conseil de défense se tient donc ce matin, alors que les chiffres de l'épidémie des contaminations, en tout cas sans vol, Olivier Véran annonce hier, plus de 30 000 contaminations quotidiennes, je vais y arriver.
Qu'est-ce que vous attendez ce matin du gouvernement ? Qu'est-ce qui doit sortir de ce Conseil sanitaire ? – On aimerait qu'enfin le gouvernement cesse de naviguer à vue dans le cadre de cette pandémie.
On a le sentiment que le gouvernement se laisse porter un peu comme le bouchon au fil de l'eau par cette pandémie, sans jamais fixer d'objectifs clairs et en évitant de prendre un certain nombre de mesures qui nous, nous paraissent être des mesures de bon sens et que nous préconisons depuis le début de cette crise. – Lesquelles alors ? – Par exemple, le contrôle des eaux usées pour détecter ce qu'on appelle donc des clusters bien avant. – Qui se fait déjà pas assez selon vous ? – Qui se fait très très peu en réalité.
Toutes les capacités d'aménagement et de ventilation des salles dans les écoles partout en France, on laisse beaucoup les collectivités seules se débrouiller et finalement on est toujours au point de départ et puis surtout en bout de la chaîne, on a la problématique de l'hôpital public qui est toujours la même. C'est-à-dire que cette pandémie, elle a deux problématiques. Il y a évidemment le virus en tant que tel qui se répand et on essaye de le stopper et je vous ai donné quelques exemples de propositions que le gouvernement pourrait prendre à son compte.
Et puis de l'autre côté, quand les gens sont touchés et qu'ils sont hospitalisés pour un certain nombre d'entre eux, eh bien on a un hôpital public qui n'est pas en capacité forcément de répondre à la demande parce qu'il y a eu 5700 lits fermés depuis le début de cette pandémie, parce que le Ségur n'a pas servi, il faut bien le dire, à grand-chose. Et donc on se retrouve toujours au point de départ dans cette pandémie. Or moi je veux bien qu'il y ait une troisième dose, on n'en connaît pas aujourd'hui l'efficacité, il y en a peut-être après une quatrième, une cinquième. – Mais vous êtes pour la généralisation immédiate de cette troisième dose ? – Non mais moi je suis pour la liberté, la liberté vaccinale, la liberté de prescription chez les médecins. – Ça ne veut pas dire obligation de la troisième dose, mais est-ce que tous les gens qui veulent faire la troisième dose, quel que soit leur âge, doivent pouvoir le faire dès maintenant ? – Bien sûr, quand on veut avoir accès à cette troisième dose, il faut pouvoir le faire.
Mais je veux dire, le pass sanitaire par exemple ne sert plus à rien, on le voit avec Jean Castex. Jean Castex est vacciné, pourtant il a donc été contaminé par ce virus. Alors ça le protège et tant mieux d'un cas grave, mais ça montre que le vaccin… – Et à priori par sa fille, donc ce n'est pas une question de pass sanitaire. – Non mais voilà, mais enfin, le vaccin n'est pas la réponse à tout, absolument à tout.
Ça évite les cas graves, tant mieux, tant mieux, mais avançons sur le traitement, là encore. On l'a demandé, et vous savez, moi je suis nordiste, et on a vu l'Institut Pasteur pleurer, réclamer un soutien beaucoup plus massif pour travailler sur le traitement. – Mais on fait quoi ?
On met fin au pass sanitaire pour vous dès maintenant ? – Mais le pass sanitaire ne sert plus à rien, on le voit bien aujourd'hui. – Mais il a été prolongé par le Parlement jusqu'au 31 juillet, mais pour vous il aurait fallu mettre fin ? – Oui, nous nous y sommes opposés, le pass sanitaire ne sert à rien. – Le pass sanitaire, justement, ce matin, les restaurateurs, les propriétaires de bars disent qu'on en a besoin pour éviter de fermer, qui sont demandeurs. – Non mais à partir du moment où le choix c'est pass sanitaire ou fermeture, évidemment, les propriétaires de restaurants et de bars vous disent qu'ils préfèrent le pass sanitaire, mais ce choix ça ne peut pas être celui-ci, ça ne peut pas être on ferme tout, ou vous avez le pass sanitaire.
Le choix qu'on doit avoir c'est un ciblage des publics. – Mais alors comment on cible les publics autrement que le pass sanitaire ? – Par âge, d'abord, par catégorie de public. – Par âge, ça veut dire qu'on accueille certaines catégories d'âge et pas d'autres ? – Non, non, non, ce que je veux dire, pour cibler, pour lutter contre la pandémie. – D'accord. – C'est-à-dire, par exemple, les plus de 65 ans, on le sait, fournissent le gros des bataillons des victimes du Covid.
C'est vers ce public-là qu'on doit travailler. Par exemple, je crois qu'il y a encore… – Ça veut dire qu'il y a des mesures de restriction, elles doivent être par âge aussi ? – Non, pas ça, il y a des mesures de protection.
Par exemple, je crois qu'il y a 11% des plus de 65 ans, je ne veux pas dire de bêtises, mais qui ne sont pas du tout vaccinés, ni par une première, ni par une seconde dose. Pourquoi ? Comment sont-ils trop éloignés des centres de vaccination ?
Quel est leur rapport à la vaccination ? – Comment vous faites face aux bêtises ? Il y a des gens qui ne veulent pas se faire vacciner.
Comment vous faites ? – D'accord, mais on a encore beaucoup de gens qui sont éloignés des hôpitaux, éloignés des centres de vaccination, éloignés de l'information. Et il y a un travail de ciblage, et aussi un travail de ciblage territorial.
Il y a des bassins où il y a eu des clusters, des endroits où il y a davantage de gens qui ont été contaminés. Eh bien là, travaillons et mettons en place les dispositifs. De l'autre côté, il y a des régions dans lesquelles ça ne se passe pas trop mal non plus.
Et on ne va pas revenir quand même en absurdistant. – Dans la voie, ça se passe comment ? Chez vous ?
Dans votre département ? – C'est difficile dans le Nord. Les contaminations sont en hausse, c'est difficile.
Mais je veux dire, on ne va pas revenir sur l'idée de demander un pass sanitaire pour monter sur un téléphérique. – Vous avez des gens qui vous disent « Moi, je veux me faire vacciner, je n'ai pas accès à la vaccination ? » – Ce n'est pas comme ça que ça s'exprime.
C'est-à-dire que vous avez des gens, vous avez des centres de vaccination qui sont fermés ou qui fonctionnent beaucoup moins. Vous avez une difficulté avec les tests, par exemple, qui ont été rendus payants. Les gens ont beaucoup plus de difficultés, évidemment, à les faire tester.
Et en réalité, on ne va aujourd'hui se faire tester que lorsqu'on a des symptômes qui sont assez importants. – Mais justement, le gouvernement… – Parce que le test est devenu payant. – Le gouvernement… – Donc il y a des tests qui sont positifs en plus grand nombre, évidemment. – Le gouvernement dit « On ne veut pas rendre ces tests à nouveau gratuits pour inciter les gens à se faire vacciner. » Est-ce que ce n'est pas une bonne manière d'amener les gens vers la vaccination ? – Non, mais je crois qu'il faut utiliser toute la batterie possible et répondre à toutes les demandes possibles et à toutes les sensibilités et les interrogations qu'ont les Français.
Vous avez des Français qui ne veulent pas se faire vacciner, mais qui acceptent… – Ça, il faut le respecter, vous dites. – Oui, et qui acceptent de se faire tester et qui, d'ailleurs, le font. – Mais à partir du moment où les tests ne sont plus gratuits, ça devient compliqué et ne vont plus se faire tester que des gens, je vous le disais, qui ont des symptômes.
Donc ça explique aussi qu'on ait un plus grand nombre de tests qui soient positifs puisqu'on se tourne vers le test. – Et pour vous, c'est à la collectivité de payer pour les gens qui vont passer à la vaccination ? – Oui, mais bien sûr, c'est une mesure, c'est une mesure.
Je vous donne un exemple, l'Espagne. L'Espagne n'a pas un taux de contamination qui explose et l'Espagne n'a pas de passe sanitaire, par exemple. – Mais un taux de vaccination important. – Plus élevé. – Oui, mais pas de passe sanitaire.
Donc, je veux dire, moi, je pense qu'il faut faire confiance au bon sens des Français. Il faut mettre en place des dispositifs de santé publique tels que ceux que je vous ai proposés. Et je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne le fait pas. – Aujourd'hui, le gouvernement imagine limiter le nombre de rassemblements ou l'ampleur des rassemblements et notamment des meetings politiques.
Est-ce que ça vous paraît une bonne idée ? – Non, et je crois que derrière ça, le gouvernement a d'autres idées. Malheureusement, je crois qu'il utilise beaucoup le Covid pour essayer de limiter l'expression des Français.
Alors, à travers les réunions publiques, peut-être demain à travers d'autres types de réunions, des manifestations, etc. Alors qu'en réalité, à partir du moment… – Mais vous dites-vous que le gouvernement se sert de cette crise sanitaire dans sa politique ? – Je pense qu'il agite un peu les peurs des Français.
Je pense que le gouvernement agite les peurs des Français. Et on a bien compris. Emmanuel Macron l'a bien compris que quand on parle du Covid, on ne parle plus d'autre chose.
On l'a vu au moment des élections régionales. Quand on parle du Covid et qu'on dit aux Français « Ayez peur, soyez craintif », eh bien il n'y a plus de place pour un autre débat. Moi, je ne veux pas qu'on revienne dans ce type de moment de la démocratie dans lequel on cadenasse les Français en leur disant « Vous ne pouvez… » Il n'y a plus de raison de parler d'autre chose. – Donc là, vous voulez dire qu'en limitant les meetings politiques, il essaye de limiter la parole des oppositions ? – Bien sûr, bien sûr. – On va parler de ce qui se passe du côté de la Guadeloupe, de la Martinique, où des manifestations parfois violentes sont en cours.
Elles s'étendent, elles dégénèrent. En Martinique, hier, des pompiers et des policiers ont été touchés par des tirs. Est-ce que le gouvernement a raison de prener la fermeté et de faire du maintien de l'ordre impréalable à tout dialogue ? – Deux choses.
D'abord, nous, nous condamnons toutes les violences. En Guadeloupe d'abord, en Martinique aujourd'hui, elles ne sont évidemment pas admissibles. Il faut rétablir l'ordre républicain.
Et ensuite, il faut se poser la question de savoir pourquoi on en est dans ces explosions de violences en Guadeloupe et en Martinique, pourquoi on en est là et comment on résout les problèmes. Parce que les résoudre en surface amènera à ce que ces problèmes reviennent. La Guadeloupe et la Martinique, et plus globalement, beaucoup de nos départements ou territoires d'outre-mer ou collectivités d'outre-mer ont été abandonnés.
Ce sont des départements français. Comment est-ce qu'on peut accepter, lorsqu'on est président de la République, que dans un département français, on ne puisse pas avoir accès à l'eau potable ? Un tiers des habitants de Guadeloupe.
Et je pense que ça...
Vous savez ce que disait Lacan, la réalité, c'est comme un coup de poing dans la figure. Et je pense que beaucoup de nos compatriotes de métropole, mais aussi d'outre-mer, découvrent ce fait. Un tiers des habitants de Guadeloupe n'ont pas accès à l'eau potable.
Le problème...
Donc c'est au-delà de la crise sanitaire, pour vous, ce qui se passe. Mais la crise sanitaire, c'est le déclencheur. Vous savez, la crise sanitaire, elle a été le révélateur de beaucoup de malaise de notre société.
Elle a été le révélateur de la crise de l'hôpital public. Elle a été le révélateur de la situation des outre-mer. Les algues sargasses qui ont des émanations toxiques, ce problème n'est absolument pas géré depuis des années.
Le problème de la vie chère, ça aussi. Le Covid, ça a été un révélateur. Le problème de la vie chère en Outre-mer, c'est une discrimination finalement que subissent nos compatriotes.
Pourquoi est-ce que lorsque vous vivez en Outre-mer, vous devriez accepter tout simplement un pouvoir d'achat qui s'étiole beaucoup plus rapidement que lorsque vous êtes en métropole ? Est-ce qu'aujourd'hui, pour apaiser les choses là-bas, il faudrait dispenser les soignants, notamment, d'obligations vaccinales ? Oui, mais je le répète, moi, je suis favorable au libre choix concernant l'obligation vaccinale.
Donc pas d'obligation vaccinale ? Non, je pense que chacun doit mesurer ses risques, ses bénéfices avec ceci. Le fait d'avoir mis à la porte un certain nombre de soignants a été un déclencheur en Guadeloupe, peut-être aussi en Martinique, d'après ce que je peux comprendre.
Et on est dans des territoires, il faut bien le dire, il y a un sentiment très fort. En Guadeloupe, le taux de vaccination des soignants est assez élevé. Il est à plus de 90%.
Il y a un taux d'abandon très fort. On se sent un taux d'abandon, un sentiment d'abandon très fort. Et ce n'est pas uniquement un sentiment.
C'est que nos compatriotes de Guadeloupe se disent « Nous sommes la dernière roue du carrosse de la France ». Et ce n'est pas acceptable. Et aujourd'hui, on a un président de la République qui arrive à la fin de son mandat.
Mais justement, est-ce qu'il doit se rendre sur place, Emmanuel Macron ? Mais ça fait bien longtemps. Est-ce que vous lui dites qu'il faut y aller le plus vite possible ?
Mais vous savez, ça fait bien longtemps qu'il aurait dû le faire. Bien sûr qu'il doit prendre ce sujet à bras-le-corps. Mais Emmanuel Macron découvre un certain nombre de problèmes à cinq mois des élections.
Le pouvoir d'achat, la sécurité, pas seulement en Guadeloupe, la sécurité de nos compatriotes, les problèmes migratoires. La vie quotidienne ne l'intéresse pas. Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron n'a été aucunement intéressé par la vie quotidienne des Français.
Et aujourd'hui, tout ça ressurgit parce que le Covid est le réglateur. Emmanuel Macron, il était pourtant venu chez vous dans le Nord pour annoncer un certain nombre d'investissements. Est-ce que c'est une bonne chose, selon vous ?
Madame, il a d'abord été celui qui a abandonné la région des Hauts-de-France. Quand je regarde notamment la problématique des pêcheurs. Vous savez, il y a un an, je vais dire presque jour pour jour, puisque c'était Alain-Saint-Sylvestre et nous en approchons, le gouvernement, à travers Mme Girardin, était venu dire pas de problème, vous aurez vos licences dans un mois.
Vos licences de pêche à nos pêcheurs des côtes, évidemment, maritimes et de Boulogne. Nous sommes un an après. Nos pêcheurs ont été finalement laissés à l'abandon.
On leur dit tout simplement, prenez un chèque et puis laissez vos bateaux. Alors, ce n'est pas vraiment ce que dit le gouvernement. Les négociations sont suivies avec le Royaume-Uni.
La réalité...
C'est que le fait d'Emmanuel Macron, il n'y a pas de problème avec le Royaume-Uni dans l'histoire des élections de pêche ? Mais la réalité, c'est que ce gouvernement plie les gaules. C'est que ce gouvernement, parce qu'il est soumis à l'Union européenne, n'accepte pas d'enclencher un bras de fer avec l'Union européenne.
Emmanuel Macron vient constater...
Vous trouvez qu'il n'a pas enclenché le bras de fer avec le Royaume-Uni ? Ah non, non, c'est le moins qu'on puisse dire. En tous les cas, il a laissé nos pêcheurs à l'abandon.
Vous savez, les Britanniques, ils ont une chose simple. Il faut une chose simple. Ils défendent leurs intérêts.
Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron ne défend pas l'intérêt de la France. Il défend les intérêts de l'Union européenne. Il ne défend pas les intérêts des Français.
Les Britanniques défendent leurs intérêts. Beaucoup, finalement, de dirigeants sur la planète, quelles que soient leurs options politiques, défendent les intérêts de leur pays. Emmanuel Macron défend les intérêts de tout, sauf de la France.
C'est quand même problématique. Pour défendre les intérêts de la France, il faudrait faire comme l'Angleterre, finalement ? Non, pour défendre les intérêts de la France, il faut se dire qu'on peut avoir des relations bilatérales qui soient davantage équilibrées.
Et puis, il faut en avoir la volonté. Je pense qu'Emmanuel Macron est ce président qui aurait pu être président de n'importe quel pays. Il est ce président totalement déraciné.
Il est ce président qui n'a pas de relation charnelle avec les Français. Vous voulez qu'il n'incarne pas la France ? Il l'incarne très mal.
Il l'incarne très mal. Il n'est pas illégitime. Ce n'est pas ce que je suis en train de dire.
Il n'est pas illégitime. Mais je dis que ce président n'a pas de relation charnelle avec les Français. Et en fait, ça a été d'ailleurs très problématique durant tout ce mandat.
On l'a vu avec les Gilets jaunes. Moi, j'ai toujours une pensée pour les Gilets jaunes. Parce que quand je vois le prix des carburants aujourd'hui, je me dis que nos amis Gilets jaunes sur les ronds-points qui ont été des lanceurs d'alerte, eh bien...
Les aides du gouvernement sur l'énergie ? Mais le problème de ce gouvernement, c'est qu'il a...
Et on l'a vu sur le pouvoir d'achat, il a fait uniquement du colmatage. Il n'y a pas de...
Vous savez, on nous avait dit, Emmanuel Macron, vous allez voir, c'est un économiste extraordinaire. Ici même, le Sénat a rejeté la partie recette du budget. Parce qu'en fait, ça part dans tous les sens.
On nous avait dit, vous verrez, Emmanuel Macron à l'international, ça va être quelque chose. Merci. On a vu, on s'est fait humilier avec l'Australie et les États-Unis.
On nous a dit, mais Emmanuel Macron, c'est un type qui va réconcilier les Français, c'est la droite et la gauche. On a vu, il a divisé les Français comme jamais. Il va falloir réparer tout ça.
Et il n'y a que Marine Le Pen aujourd'hui qui peut réparer tout ça. On va parler de la présidentielle, justement, Christelle. Alors, la présidentielle à droite, principalement, les Républicains ont mené déjà trois débats dans le cadre de leur primaire.
Est-ce que vous les suivez, ces débats ? Non, je n'en ai regardé aucun. Pourquoi ?
Désolé, mais parce que le problème des Républicains, c'est ce manque de sincérité incroyable qui fait qu'à 20h01, le soir du premier tour, M. Barnier, Mme Pécresse, M. Bertrand, soutenu désormais par M.
Muselier et ses amis d'En Marche, appelleront à voter Emmanuel Macron. Donc, on connaît la fin de l'histoire. Mais Bertrand, il a refusé soutien de René Muselier.
Oui, enfin, il l'a refusé. Mais enfin, comment on refuse un soutien dans la vie ? Ça n'existe pas.
Et d'ailleurs, ça montre qu'il est le plus Macron compatible. Mais tout le monde le sait. Nous, on le sait dans le Nord.
Il a des macronistes plein sa liste et son équipe régionale. Mais ce que je veux dire, c'est que la fin de l'histoire est écrite. Il avait un candidat d'Emmanuel Macron contre lui au régional.
Mais tout ça, c'était du pipeau. Je veux dire, on connaît la fin de l'histoire. Ces gens-là, 20h01, le soir du premier tour, diront la bouche en cœur, nous appelons à voter Emmanuel Macron.
Mais ils l'ont déjà fait. Ça veut dire pour vous, ils ne sont pas au second tour, les Républicains ? Une évidence, parce qu'en fait, il ne représente pas...
Il n'y a aucun mépris dans ce que je dis. Mais il ne représente pas une alternative à la politique d'Emmanuel Macron. Ce qu'il propose est tellement proche de ce que fait Emmanuel Macron.
Pourtant, lors de ces débats, alors vous ne les avez pas regardés, mais vous en avez lu des comptes rendus, vous avez noté qu'il y a quand même une véritable droitisation des positions. D'abord, est-ce que vous considérez que c'est une victoire politique pour vous ? C'est évidemment une victoire...
Et est-ce que du coup, il pourrait y avoir rapprochement ? Vous avez l'air de dire non, mais...
Non, mais c'est une victoire idéologique. Vous savez, on a mis, le on étant les militants du Rassemblement National et avant eux du Front National, 30 ans à convaincre les Français qu'il y avait un problème avec l'immigration. 30 ans à dire que la France devait être souveraine et parler d'une voie libre et non pas soumise. 30 ans qu'on a dit que les problématiques d'abandon de nos territoires allaient un jour nous poser de graves problèmes, des certifications médicales, des problèmes des petites retraites, etc.
Eh bien aujourd'hui, on s'aperçoit que l'ensemble de la classe politique fait le même constat que nous. Ils font le même constat et maintenant, ils piochent aussi dans notre programme pour les solutions. Parce qu'évidemment, après avoir été dans le déni pendant des années...
Non mais du coup, ils piochent dans votre programme ou ils sont synchronistes ? Oui, ils piochent sur la sécurité, ils piochent dans notre programme, évidemment. Parce qu'ils ont compris que c'était la solution.
Mais le problème, c'est que ces gens-là manquent fondamentalement de courage. Nous, on leur tend la main. Vous savez, on a dit, de Zemmour à Montebourg, nous tendons la main à tout le monde.
Nous ne sommes pas des gens sectaires. Nous considérons que rassembler les Français, faire l'inverse d'Emmanuel Macron, sur un certain nombre de propositions qui sont bien connues, qui sont notamment celles dont je viens de vous parler, et bien ça nécessite évidemment de se tourner vers tout le monde. Mais les appareils politiques des Républicains trahissent systématiquement dans les acteurs.
Parce qu'Arnaud Montebourg a un discours sur le libéralisme, sur la mondialisation qui est intéressant. Et nous lui disons, ce discours, il est tout à fait compatible avec ce que nous pensons. Donc venez plutôt nous donner un coup de main.
Il y a des similitudes entre vous et Arnaud Montebourg ? Sur le libéralisme, sur le mondialisme, sur la place de la souveraineté de la France, bien sûr, sur le pan économique, oui, bien sûr. On va parler d'Éric Zemmour.
Vous parliez d'Éric Zemmour, oui, justement. Lors d'un déplacement à Marseille, Marine Le Pen a dit que finalement, il rendait service au Rassemblement national, Éric Zemmour. Nous, on avait plutôt l'impression qu'il vous prenait un certain nombre de voix.
Est-ce qu'elle a raison de dire ça ? Ça a été les deux. En fait, Éric Zemmour, dans un premier temps, un peu présenté comme quelqu'un de nouveau, attirait le regard, et probablement dans les intentions de vote, des gens se disaient, tiens, c'est de la nouveauté, ça peut nous intéresser.
Y compris venant du Rassemblement national et des Républicains. Et puis dans un second temps, on a vu l'homme à la manœuvre. On a vu le polémiste.
On a vu l'homme qui disait, il faut changer les prénoms des jeunes gens dans notre pays, et ça va résoudre le problème migratoire. Ce n'était pas crédible. On a vu l'homme des polémiques.
On a vu un discours très dur, très antisocial. Il y a un côté mort aux pauvres chez Éric Zemmour, qui quand même dit, chez un de vos confrères, quand on lui parle du travail, des difficultés, d'arriver en retraite cassé par le travail, qui répondent, le travail, c'est la santé. Donc on a vu que c'est un homme qui avait beaucoup de légèreté et beaucoup de désinvolture.
Finalement, on n'a aucune solution pour résoudre les problèmes des Français. N'est pas rentré, ce que disait Marion Maréchal très bien d'ailleurs, n'est pas rentré dans l'habit présidentiel. Et personne aujourd'hui n'imagine Éric Zemmour, évidemment, président de la République.
Donc c'est pas un effet de mode. Ça marche pas. Un effet de mode, Éric Zemmour ?
C'est pas un effet de mode, mais ça montre que ça ne s'improvise pas de vouloir diriger la France. Ça ne s'improvise pas. Éric Zemmour est un polémiste.
Il sait, sur un plateau, être très à l'aise. Et puis, vous avez vu cette interview catastrophique sur France Info avant-hier, zéro solution, zéro idée. Ça veut dire qu'il n'y a aucun rapprochement possible entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, selon vous ?
Mais c'est pas ça. C'est que je dis aux électeurs d'Éric Zemmour, venez nous donner un coup de main pour battre Emmanuel Macron. Moi, je suis très étonné quand j'entends Éric Zemmour attaquer matin, midi et soir Marine Le Pen dans des termes, il faut bien le dire, parfois très inconvenant, méprisant.
Alors peut-être parce que Marine Le Pen est une femme et qu'on sait qu'il porte un regard sur les femmes et le pouvoir qui est quand même un regard très particulier. Pour vous, c'est pour ça qu'il attaque ? C'est de la misogynie ?
En tous les cas, il y a ce côté. Moi, je ne me l'explique pas autrement. Éric Zemmour porte un regard sur une femme, les femmes et le pouvoir qui est un regard dans lequel il dit là où les femmes arrivent, le pouvoir s'évapore.
Donc, effectivement, ça doit lui donner quelques vapeurs lorsqu'il voit Marine Le Pen. Donc, aucune discussion possible, y compris le soir du premier tour. Il n'y aura aucun rapprochement.
Mais nous leur tendons la main. Nous tendons la main, tout à l'heure, je vous ai dit aux amis d'Arnaud Montebourg, nous tendons la main aux amis d'Éric Zemmour. Il n'y a pas de problème parce qu'il y a des points de convergence.
Mais en réalité...
La manière dont vous venez de nous le décrire, ça paraît compliqué de travailler avec. Mais nous tendons la main, madame. Et nous continuerons à tendre la main aux uns et aux autres.
Éric Zemmour n'est pas capable de battre le président de la République. Et nous, notre seule obsession, c'est battre Emmanuel Macron pour faire une autre politique. Donc, venez nous donner un coup de main.
Bienvenue à bord. On a besoin de tout le monde. Donc, ça ne sert à rien de taper sur Marine Le Pen matin, midi et soir.
C'est Emmanuel Macron l'adversaire. Nous, nous ne nous trompons pas. C'est Emmanuel Macron notre adversaire.
Le reste, ce sont des concurrents. Un mot avant de parler des propositions de Marine Le Pen. Il y a un sondage au DOXA pour les chaînes parlementaires et la presse régionale qui a été publié hier. 78% des personnes interrogées jusque Marine Le Pen est d'extrême droite.
C'est l'échec total dans ce sondage au DOXA. Il y a beaucoup de points de traits d'image, comme on dit, qui sont bien meilleurs que ceux-ci. Moi, je crois que Marine Le Pen n'est évidemment pas d'extrême droite.
C'est l'échec total d'extrême droite. D'abord, parce que je pense que d'abord, la gauche et la droite telles qu'on les perçoit aujourd'hui, ça ne veut plus rien dire. Tout à l'heure, je vous parlais d'Arnaud Montebourg, mais tout comme je suis capable de vous parler d'Éric Zemmour.
Ce sont des gens qui viennent d'horizons différents, la gauche et la droite. Et pourtant, ils sont, je crois, capables de se retrouver sur un programme sur l'indépendance, la souveraineté de la France, l'autorité de l'État, l'État stratège, etc. Mais sur l'extrême droite, 78 %, c'est énorme.
Qu'est-ce qui explique que vous n'arrivez pas à vous défendre cette étiquette ? Mais je pense qu'il y a une caricature qui pèse depuis fort longtemps sur les militants et sur la présidente qu'elle a été du Rassemblement national. Aucun propos de Marine Le Pen n'est un propos extrémiste.
Elle est parfaitement et authentiquement républicaine. Donc je crois que, voilà, pèse sur nous forcément une caricature. Mais je pense que Marine Le Pen s'est éloignée et a démontré à travers ce qu'elle est comme femme, comme responsable politique, à travers ses propositions qu'elle était une authentique républicaine capable de rassembler les Français.
Et surtout, elle en a la volonté. Je ne suis pas sûr que ce soit la volonté de tous ses concurrents et adversaires au premier rang desquels Emmanuel Macron que de rassembler les Français. Justement, j'ai lu attentivement les propositions qu'elle a pu faire ces derniers jours et je voulais que vous m'en expliquiez certaines.
Elle a promis notamment si elle était élue d'exonérer d'impôts les revenus de tous les jeunes jusqu'à 30 ans. Je voulais savoir est-ce que ça inclut les plus riches quand on sait que selon une étude de 2019, certains commencent à plus de 3 000, 4 000 euros par mois. Est-ce que vous parliez des propositions d'Éric Zemmour qui excluaient les plus pauvres ?
Est-ce que c'est égalitaire ? Deux choses. La logique de cette proposition d'abord.
Pourquoi vouloir exonérer d'impôts sur le revenu les moins de 30 ans ? D'abord, pour ne pas qu'ils s'en aillent. On a une déperdition d'énergie, de talent, de jeunes gens, de jeunes Français qui veulent partir à l'étranger, vivre, exercer leur métier, fonder leur famille.
Surtout parmi les plus diplômés. Surtout parmi les plus diplômés. Et ensuite, ils ne reviennent pas.
Et c'est tout problématique. Un pays qui laisse partir des générations entières de jeunes gens qui ont du talent, ce n'est pas un pays qui a beaucoup d'avenir. Donc, il faut essayer de les retenir.
Donc, cette proposition, elle est liée à ça. Bien sûr, il y a des cas très particuliers de jeunes gens qui gagnent beaucoup, beaucoup d'argent. Bien sûr, ça existe.
C'est très marginal aussi. Et eux aussi, ils sont exonérés d'impôts. A priori, nous partons sur un dispositif qui s'adresse à tout le monde, qui pourrait avoir techniquement des effets correctifs si on voyait qu'il y avait des biais ou des angles morts.
Évidemment, il ne faut pas être buté. Il y a une logique à cette proposition. Il peut y avoir des effets correctifs si nécessaire.
Mais elle s'adresse en grande majorité à tous ces jeunes qu'on veut retenir et à qui on veut donner un coup de pouce. Même des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Quand vous payez 1 500, 2 000 euros, vous payez déjà des impôts.
Il faut les garder. Une dernière question. Autre proposition, elle souhaite exonérer de cotisations patronales cette fois-ci, les entreprises qui augmenteront de 10 % les salaires de ceux qui gagnent jusqu'à 3 fois le SMIC.
Là aussi, est-ce une volonté d'égalitarisme ? 3 fois le SMIC, c'est plus de 3 000 euros net. C'est jusqu'à 3 fois le SMIC.
Donc ça veut dire qu'on peut être évidemment à partir du SMIC. C'est l'idée de donner du pouvoir d'achat aux Français. Vous savez, Marine Le Pen dit deux choses.
Rendre aux Français leur pays, rendre aux Français leur argent. Rendre aux Français leur pays, c'est-à-dire qu'on ne veut pas que la France soit autre chose que ce qu'elle est, que ce dont nous avons hérité à travers notre histoire, notre culture. Et puis rendre aux Français leur argent, c'est que nous ne voulons pas que les efforts des Français qui ont contribué à ériger un système social qui permet à chacun d'être protégé dans notre pays, que les efforts des Français bénéficient à d'autres.
C'est aussi toute cette problématique de la préférence, de la priorité nationale que nous mettons sur le tapis et c'est aussi redonner du pouvoir d'achat. Vous avez chiffré cette mesure ? Oui, elle a été chiffrée.
Elle est tout à fait possible, notamment parce qu'on va faire la priorité nationale. Je n'ai pas le chiffre en tête, je ne vais pas vous dire une bêtise, mais parce qu'on va faire la priorité nationale, on peut adosser cette mesure à celle-ci. Merci Sébastien Chalut.
Merci beaucoup d'avoir été notre invité.