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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 25 juillet 2017 18 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesLogementJustice

Conflits d'intérêts : "Qu'un médecin ne puisse pas parler des problèmes de santé, cela me parait dingue", estime Franck Riester

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Votre sentiment sur ce projet, sur l'esprit qu'il y a autour ?

  • 2:13RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous pensez que les députés ont leur mot à dire ou le gouvernement tient la barque ?

  • 3:35RelanceRéponse partielle

    Est-ce que le texte qui nous est présenté est satisfaisant ?

  • 5:19RelanceRéponse partielle

    Vous n'avez pas l'impression d'être en retrait du manche et un peu trop suiveur ?

  • 6:31RelanceRéponse partielle

    Le cumul des sociétés, des activités de conseil avec une activité élective, ça ne vous paraît pas frapper au coin du bon sens ?

  • 7:11FerméeRéponse directe

    Le verrou de Bercy, qu'est-ce que vous en pensez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « Il faut absolument qu'on retisse des liens de confiance entre les citoyens et les élus. »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « Et de supprimer tout ce qui, à tort ou à raison, dans l'esprit de nos compatriotes, sont des avantages induits ou des passe-droits, est une bonne chose. »
  • 1:57Invité politiquePromesse
    « On va en faire encore dans les débats, notamment, par exemple, sur l'obligation qui devrait être faite, à notre avis, aux hauts fonctionnaires qui veulent faire un deuxième mandat de démissionner de la haute fonction publique. »
  • 3:48Locuteur non identifiéFait
    « Des engagements très importants, l'interdiction du cumul entre un mandat de député et une fonction de conseil ne sont pas tenues. »
  • 3:55Locuteur non identifiéFait
    « L'exigence d'un casier vierge pour les candidats aux élections repoussée. »
  • 3:59Locuteur non identifiéFait
    « La corruption dans l'appareil d'État et donc de tout ce qui concerne la haute fonction publique sensible au poids des lobbies. »
  • 6:01Invité politiqueFait
    « Qu'un médecin ne puisse pas parler des sujets de santé, ça me paraît dingue. »
  • 6:45Invité politiqueFait
    « La dernière mouture du texte serait qu'on ne puisse pas commencer une carrière de consultant un an avant son élection. »
  • 9:01Invité politiqueFait
    « Le gouvernement est au cœur de la gestion de l'héritage volant dans la matière budgétaire. »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « Il y avait un budget insincère, on le sait bien. »
  • 9:08Invité politiqueChiffre
    « Il y avait 4,5 milliards à trouver si on voulait tenir l'engagement qui a été pris par la France du 3% de déficit. »
  • 11:09Invité politiqueFait
    « Mes priorités, celles du groupe, par exemple, c'est sur le régalien. »
  • 11:20Invité politiqueChiffre
    « Typiquement, la politique de logement. On voit des masses financières considérables. Rien que sur les APL, c'est 18 milliards d'euros. »
  • 11:27Invité politiqueChiffre
    « sans compter toute la politique d'accompagnement, de création de logements, qui représente, je crois, encore 22 milliards d'euros. »
  • 14:03Invité politiqueChiffre
    « Moins de 9 milliards d'euros, le budget de la justice. »

Temps de parole

  • Franck Riester69 %
  • Locuteur non identifié12 %
  • Présentateur11 %
  • Invité5 %
  • Locuteur non identifié 23 %

5,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Le 8h30 politique, c'est parti, bienvenue à tous. Jeannick Allémy, Jean-Aïsteau parisien et fidèle au rendez-vous. Notre invité ce matin, député Les Républicains Tendance Constructif. Bonjour Franck Riester. Bonjour. Les députés ont commencé hier l'examen du projet de loi du rétablissement de la confiance dans la vie publique. Je crois que c'est comme ça qu'il s'intitule. Débat très animé qui ont duré tard dans la soirée. Plus de 900 amendements ont été déposés. Votre sentiment sur ce projet, sur l'esprit qu'il y a autour ?

0:37
Franck Riester

C'est très bien, ça va dans le bon sens. Il faut absolument qu'on retisse des liens de confiance entre les citoyens et les élus. Et de supprimer tout ce qui, à tort ou à raison, dans l'esprit de nos compatriotes, sont des avantages induits ou des passe-droits, est une bonne chose. Donc là, beaucoup plus de transparence sur l'IRFM, c'est-à-dire nos indemnités, frais de mandat, ça va dans le bon sens. Le pas d'avoir la possibilité d'avoir des emplois familiaux, comme c'est le cas au Parlement européen, ça va dans le bon sens. On sait très bien que c'est surtout le fait que ce ne soit pas des emplois fictifs qui est important.

Mais enfin, de toute façon, il faut envoyer des gages à nos compatriotes, ça va donc dans le bon sens. La réserve parlementaire, c'est un outil, objectivement, beaucoup plus utile qu'il n'y paraît. C'est-à-dire que ça permet, dans beaucoup de cas, ici ou là, pour une petite commune ou pour une association, de mettre un peu de beurre dans les épinards et puis de pouvoir faire en sorte qu'il y ait un projet qui, sans cette réserve parlementaire, ne pourrait pas se mettre en place. Est-ce qu'on a trouvé la bonne distance ? Il y en a qui pensent que ça ne va pas assez loin, d'autres qu'on va trop loin.

Mais in fine, c'est quand même une bonne chose parce que c'est perçu, encore une fois là, plutôt à tort par nos compatriotes, comme un outil au service du clientélisme du député. Donc, tout ça va plutôt dans le bon sens. On peut aller toujours plus loin. Nous, les constructifs, on a fait des propositions. On va en faire encore dans les débats, notamment, par exemple, sur l'obligation qui devrait être faite, à notre avis, aux hauts fonctionnaires qui veulent faire un deuxième mandat de démissionner de la haute fonction publique. On va continuer à faire des propositions, mais on va voter ce texte qui va clairement dans le bon sens.

2:12
Locuteur non identifié

Justement, Franck Christère, vous disiez que vous vouliez faire des propositions, déposer des amendements, mais justement, en commission en tout cas, Nicolas parlait de 900 amendements, mais 50 seulement ont été retenus par la commission et également donc par le gouvernement. Est-ce que vous pensez que les députés, quels qu'ils soient, d'ailleurs, vous et les autres, ont leur mot à dire ou est-ce que le gouvernement tient bien la barque et s'en tient pratiquement à son projet initial, finalement ?

2:37
Franck Riester

Écoutez, il y a les grands axes du projet initial qui sont des axes que je soutiens et puis il y a, ici ou là, la possibilité d'aller plus loin ou pas. Bon, il va y avoir des débats. Il y a des débats dans la commission, puis il y a des débats dans l'hémicycle. Et on sait très bien sur des sujets aussi politiques que celui-là, parce que finalement, c'est un sujet très politique. Souvent, les amendements... Très concrets aussi. Oui, mais il y a une dimension très politique. Ce n'est pas un texte technique sur l'évolution de la norme, sur tel ou tel aspect de la politique, de l'environnement, etc.

Là, on est vraiment sur des grandes lignes politiques qui sont très perceptibles et comprises par nos compatriotes. Et donc, c'est plutôt dans l'hémicycle que ce type d'amendement, s'il y a des amendements qui doivent être retenus par le gouvernement, sont retenus. Je suis optimiste sur le fait que le gouvernement puisse accompagner un certain nombre de propositions faites par les groupes parlementaires. Mais je suis aussi conscient que ce qui est important, c'est que les axes principaux qui ont été sélectionnés par le gouvernement, qui sont encore une fois de bons axes, soient retenus.

3:35
Présentateur

Alors, il y a une députée qui n'est pas d'accord avec vous et qui estime qu'on ne va pas assez loin. C'est la députée Nouvelle-Gauche, Delphine Bateau.

3:40
Locuteur non identifié

Est-ce que le texte qui nous est présenté est satisfaisant ? Est-ce qu'il correspond à la grande loi qui a été annoncée ? Malheureusement, non. Des engagements très importants, l'interdiction du cumul entre un mandat de député et une fonction de conseil ne sont pas tenues. L'exigence d'un casier vierge pour les candidats aux élections repoussée. La corruption dans l'appareil d'État et donc de tout ce qui concerne la haute fonction publique sensible au poids des lobbies. Toutes ces questions-là sont à ce stade de la discussion reportée.

4:13
Franck Riester

Est-ce qu'on est resté en surface ? Oui, mais vous savez, il y a toujours le jeu de ceux qui trouvent qu'on ne va pas assez loin, de ceux qui trouvent qu'on va trop loin.

4:19
Présentateur

Le jeu, c'est un non-jeu, ce n'est pas un jeu peut-être.

4:22
Franck Riester

Oui, enfin, vous savez, Delphine Bateau, elle a fait partie de la majorité précédemment. Pourquoi la majorité précédente n'a pas voté déjà toutes ces avancées-là ? Peut-être qu'elle le regrette. Oui, sur la réserve parlementaire ou dans la haute administration des enjeux en matière de conflits d'intérêts et de moyens qui sont mis à disposition des hauts fonctionnaires pour influencer un certain nombre de choses. Ça nous paraît aussi effectivement un enjeu. C'est d'ailleurs des propositions qu'on fait. On fait par exemple la proposition que la réserve ministérielle et présidentielle soit aussi supprimée.

4:54
Locuteur non identifié

Nicole Belloubet l'a acceptée hier soir, il me semble,

4:56
Franck Riester

la garde des Sceaux en séance de nuit. En séance de nuit, tant mieux, ça va dans le bon sens.

5:02
Locuteur non identifié

Mais tout de même, les sénateurs sont allés sur certains points, notamment les conflits d'intérêts ou les retraits, par exemple, des ministres lorsque un texte touche une activité dans laquelle ils ont pu opérer précédemment. Les sénateurs eux-mêmes peuvent aller sur certains points plus loin que l'Assemblée nationale. Vous n'avez pas l'impression d'être en retrait du manche et un peu trop suiveur comme les marcheurs ?

5:24
Franck Riester

Attendez, on commence la discussion.

5:26
Locuteur non identifié

Enfin, va durer trois jours, va pas durer non plus trois mois.

5:28
Franck Riester

Oui, mais enfin, elle commence. On n'est qu'au début des trois jours. Si c'est tous les soirs jusqu'à une heure du matin. Et donc, nous, nos propositions ont été faites. On verra si elles sont retenues ou pas. Sur l'histoire des conflits d'intérêts, moi, je crois qu'il faut être prudent malgré tout. Les conflits d'intérêts, c'est important. Il y a beaucoup de transparence pour qu'on sache, effectivement, ce qu'est le parcours des responsables politiques. Mais en même temps, pourquoi quelqu'un qui a une spécificité, une expérience, ne pourrait pas continuer à travailler sur ces sujets d'expérience à l'Assemblée nationale ou au gouvernement, ça me paraît dingue.

Qu'un médecin ne puisse pas parler des sujets de santé, ça me paraît dingue. On a besoin de gens qui connaissent leurs sujets. Donc, attention, ne pas pousser le curseur trop loin pour faire beaucoup de démagogie et qui risquent de pénaliser la qualité aussi des responsables politiques.

6:17
Présentateur

Vous avez raison, Franck Riester, mais il y a eu des dérives. Oui. Et aujourd'hui, vous en payez le prix.

6:22
Franck Riester

Oui, regardez les emplois familiaux, on sait bien d'où ça vient. C'est le Penelope Gate. Bon, très bien, on en tire les conséquences. Je pense que c'est une bonne chose.

6:29
Locuteur non identifié

Le cumul des sociétés, des activités de conseil avec une activité élective, notamment de députés, comme le demandait Delphine Bateau, ça ne vous paraît pas frapper au coin du bon sens ? Ça pourrait être d'ailleurs élargi à d'autres professions comme les avocats.

6:42
Franck Riester

Alors, je crois que la dernière mouture du texte serait qu'on ne puisse pas commencer une carrière de consultant un an avant son élection. Bon, après...

6:54
Locuteur non identifié

Ça vous suffit ?

6:55
Franck Riester

Je pense que s'il y a bien un sujet qui est le plus difficile, c'est celui-là. Effectivement, dans le cumul entre une activité professionnelle et un mandat électif. Après, voilà, si on peut aller encore plus loin, pourquoi pas. Mais déjà, le fait d'un an avant, c'est déjà une bonne avancée.

7:11
Locuteur non identifié

Une question très courte, pardon, Franck Rester. Le verrou de Bercy, qui donne un pouvoir judiciaire fiscal autonome à l'administration, il n'a pas été sauté. Enfin, qu'est-ce que vous en pensez-vous ? Vous le voteriez, vous ?

7:23
Franck Riester

Oui, moi, je le voterai, oui.

7:24
Locuteur non identifié

La suppression du verrou de Bercy ?

7:25
Franck Riester

Oui, je le voterai et ça fait partie des propositions de certains de nos députés. On a Michel Zoumkeller qui est très investi, Yves Gégaud, Philippe Vigier, Pierre-Yves Bournazel sont très investis sur ces sujets-là. On verra si c'est retenu ou pas.

7:35
Présentateur

Question claire, réponse claire. Franck Rester avec nous. Encore quelques minutes, on fait un point sur l'info. À 8h40, Léo Chapuis.

7:41
Invité

Les Canadaires ont repris leur rotation. Les pompiers luttent toujours ce matin contre les flammes dans le sud de la France et en Corse. Près de Bastia, c'est l'équivalent de 2300 terrains de football qui sont partis en fumée. Ça brûle aussi dans les Alpes-Maritimes, dans le Var et dans le Vaucluse, dans le Vaucluse où des maisons ont été évacuées. L'avenir des salariés de GMS toujours en suspens. La justice repousse à nouveau sa décision sur l'équipementier automobile de la Creuse. Reprise de l'usine ou alors fermeture pure et simple. On aura la réponse lundi prochain. 277 emplois sont en jeu. Et puis dans l'actualité aussi, Israël qui calme le jeu.

Les portiques de sécurité installés sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem sont finalement retirés. Ces portiques à l'origine de la colère des Palestiniens et des violences qui ont fait 7 morts ces derniers jours.

8:36
Présentateur

Franck Rester, député à Les Républicains et l'invité de France Info. Vous êtes le coprésident des constructifs à l'Assemblée nationale. Le gouvernement a annoncé ce week-end une baisse des APL de 5 euros par mois à partir du 1er octobre. Est-ce qu'on fait beaucoup de bruit pour seulement 5 euros ou est-ce qu'on est sur une mesure d'injustice ?

8:58
Franck Riester

Le gouvernement est au cœur de la gestion de l'héritage volant dans la matière budgétaire. Il y avait un budget insincère, on le sait bien. Il y avait 4,5 milliards à trouver si on voulait tenir l'engagement qui a été pris par la France du 3% de déficit. Et puis là, il y a un certain nombre de mesures qui avaient été lancées par le précédent gouvernement dont ils sont obligés, en tout cas dont ils aujourd'hui font l'heure. Je crois vraiment que...

9:22
Présentateur

Donc blanc-seing pour le gouvernement Philippe.

9:24
Franck Riester

Non, non, non, pas du tout. Je pense que typiquement, on est là avec, globalement, ces mesures, ces décisions budgétaires qui sont prises budget après budget et qui ne vont pas dans le bon sens. Ces décisions qui sont prises brutalement, unilatéralement, c'est le fameux coup de rabot.

9:41
Locuteur non identifié

Des mesures d'urgence, comme dit et répète Christophe Castaner. C'est des mesures d'urgence.

9:43
Franck Riester

C'est les 4 milliards et demi à trouver. Donc ça crée des problèmes. On voit bien ce qui s'est passé avec la défense. Ça crée des problèmes. On voit ce qui se passe avec les APL. Et ça ne règle finalement pas grand-chose sur le long terme. Ça règle l'exigence des 3% sur le court terme et ça ne règle pas sur le long terme.

9:56
Locuteur non identifié

Franck Christophe, justement, sur le long terme, justement, puisqu'il est question de la part du gouvernement de mettre cette réforme des aides des logements sur le métier, quelle est votre vision des choses ? Est-ce que c'est une conditionnalité par les ressources, par exemple, qui aurait votre faveur ?

10:13
Franck Riester

Ce qui est certain, c'est que j'ai la conviction, on verra dans les faits, que le gouvernement veut travailler justement sur le long terme, sur ce sujet-là, comme sur les autres, d'une façon différente, pour que les réformes soient valables, soient comprises par nos compatriotes, et finalement, sur le long terme, efficaces, en termes et budgétaires, et en termes de politique publique. Oui, mais quelle est votre vision à vous ? Oui, mais c'est très important de mettre un peu en perspective, parce que si on se balance les sujets à la tête et qu'on les traite médiatiquement, les uns après les autres, sans prendre la perspective, c'est un problème.

pour que les réformes soient perçues correctement, acceptées et donc efficaces par nos compatriotes, il faut absolument qu'elles soient justes. Il faut qu'elles soient le fruit d'une vraie politique de transformation de la politique publique dans tel et tel domaine. Il faut qu'elles soient hiérarchisées, c'est-à-dire qu'il y a des priorités. Mes priorités, celles du groupe, par exemple, c'est sur le régalien. On doit continuer d'investir massivement sur le régalien, recentrer les dépenses de l'État sur ce qui fait son essence, c'est-à-dire le régalien, la police, la justice, l'armée.

Ensuite, pour le reste, on voit bien qu'il y a un certain nombre de politiques publiques qui ne sont pas efficaces, pas suffisamment efficaces. Typiquement, la politique de logement. On voit des masses financières considérables. Rien que sur les APL, c'est 18 milliards d'euros, sans compter toute la politique d'accompagnement, de création de logements, qui représente, je crois, encore 22 milliards d'euros. C'est considérable. Et pour quels résultats ? On voit que par rapport à nos voisins européens qui ont des politiques dans ce sens-là aussi, évidemment, il y a moins d'investissements et plus de résultats. Donc, il faut repenser, refonder la politique du logement.

C'est tout le travail qui a été annoncé par le Premier ministre lors de son discours de politique générale. On va voir ce qu'il en est. Ma conviction, c'est que dans toutes les politiques d'intervention sociale, c'en est une, il faut absolument recentrer les moyens sur ceux qu'on a le plus besoin et reventiler là où c'est nécessaire. Typiquement, les 5 euros de moins par mois pour tout le monde, ce n'est pas la solution.

12:04
Locuteur non identifié

Donc, ce n'est pas l'égalité, c'est plutôt l'équité.

12:06
Franck Riester

Parce qu'un étudiant qui est en difficulté de lui retirer le social, qui a du mal déjà à financer ses études, qui est obligé de travailler à côté de ses études pour pouvoir financer ses études, son logement et sa nourriture, et ses quelques à côté...

12:21
Locuteur non identifié

C'est ce qu'avait tenté de faire le gouvernement de M. Hollande à la fin du quinquennat.

12:24
Franck Riester

En tout cas, ce n'est pas ce qu'il avait préparé comme mesure, puisque c'était à l'inverse, justement, de ce qui nous paraît aller dans le bon sens. Donc, typiquement, pour cet étudiant-là, 5 euros de moins par mois, ça représente beaucoup. Mais pour autant, il y a un certain nombre de cas où il faudrait reventiler que les efforts qui vont être demandés à nos compatriotes soient aussi pris en compte pour ceux qui bénéficient d'APL. Vous voyez, les APL, c'est aussi une aspiration à des loyers en augmentation. Plus vous augmentez les APL, c'est les chiffres qui le disent, plus les loyers augmentent.

Donc, il faut qu'on reprenne le problème vraiment à bras-le-corps dans son ensemble, voir comment on arrive à créer davantage de lozements dans ce pays pour qu'il n'y ait pas une tension sur les loyers et que donc, les APL bénéficient vraiment financièrement à ceux qu'on a le plus besoin.

13:09
Présentateur

Priorité régalien, dites-vous, ça veut dire qu'il ne fallait pas diminuer le budget de l'armée, qu'il ne faut pas diminuer le budget du ministère de l'Intérieur à hauteur de 526 millions d'euros, je crois, alors que Gérard Collomb rencontre, par exemple, des responsables des pompiers aujourd'hui qui sont sur tous les fronts.

13:26
Franck Riester

Alors, un, on a dit, le court terme, le budget de 2017, il y a eu les 850 millions d'euros, il fallait le faire. Moi, je pense qu'il y aurait eu d'autres priorités que la défense. Enfin, bon, voilà, il fallait bien prendre des décisions pour équilibrer à 3%, enfin, ramener à 3% le déficit en 2017. Et puis, il y a le long terme. Sur le long terme, le gouvernement dit, OK, on va vers davantage de moyens donnés à la défense, puisque c'est les fameux 2% de la richesse nationale à l'horizon 2025 et plus 1,8 milliard dès 2018. Donc là, on voit bien que ça va vers le régalien. Davantage de moyens mobilisés vers la défense.

Moi, je suis vraiment convaincu que c'est la justice qui est aujourd'hui exsangue. On a besoin de mettre davantage d'argent dans la justice. Moins de 9 milliards d'euros,

14:05
Locuteur non identifié

le budget de la justice.

14:06
Franck Riester

Il faut absolument, évidemment, dans l'absolu, qu'on ait plus de moyens en matière d'hommes et de structures, en matière de gendarmerie, de police. Mais si vous mobilisez de l'argent et que finalement, vous avez des gens sur le terrain qui arrêtent des délinquants et que leur dossier ne peut pas être traité par la justice parce que la justice est exsangue, on va dans le mur. Donc, il faut absolument mettre davantage d'argent dans la justice. Et là, je pense que c'est peut-être une réorientation pour les années qui viennent important que doit prendre en compte le gouvernement.

14:33
Présentateur

Un mot de votre positionnement. Je rappelle que vous co-présidez le groupe des constructifs. Vous jouez un peu les équilibristes entre la droite des Républicains et le groupe En Marche. On a du mal, très clairement, aujourd'hui, à définir la position de la droite

14:48
Locuteur non identifié

et des Républicains. Vous êtes très près de la République En Marche, tout le monde va vous entendre.

14:52
Franck Riester

Écoutez, les constructifs, c'est quoi ? C'est de dire qu'on est des hommes et des femmes de droite et du centre qui ont des convictions claires qui veulent les défendre et qui veulent les mettre au service du pays et de ne pas attendre 5 ans et de ne pas être dans une position d'opposition systématique comme on l'a vu pendant 5 ans lors du précédent mandat où dans mon groupe, le groupe Les Républicains, on me disait en permanence quand on est dans l'opposition, on s'oppose et quand il y avait même des textes type loi El Khomri ou loi Macron qui allaient plutôt dans le sens de nos idées, on ne disait surtout pas il ne faut pas donner, il ne faut pas faire ce cadeau-là à François Hollande.

Nous disait-on, mais ce n'était pas la question de faire le cadeau à François Hollande, c'est le cadeau de faire un cadeau au pays, faire un cadeau à nos idées. Donc nous, nous ne voulons pas perdre 5 ans, nous voulons défendre nos convictions, donc accompagner les réformes qui nous paraissent aller dans le bon sens. Pourquoi j'irais ? Contre une réforme qui veut retisser du lien de confiance entre les parlementaires et les citoyens, j'ai défendu la candidature de Bruno Le Maire à la primaire qui faisait du renouvellement des pratiques, des idées et des hommes une priorité.

Et puis, deuxièmement, le marché du travail, la réforme du marché du travail, la simplification du code du travail, ça va dans le bon sens. Pourquoi vous n'adhérez pas à la République en marre ? Qu'est-ce que vous faites encore sur les Républicains ?

15:59
Locuteur non identifié

Qu'est-ce qui vous différencie véritablement de la ligne d'Emmanuel Macron, de Bruno Le Maire, d'Edouard Philippe qui viennent de vos partis ces deux derniers ?

16:06
Franck Riester

Ce qui nous différencie, c'est que nous sommes, d'abord un, nous sommes libres. Nous sommes libres d'accompagner ou pas le gouvernement si ça nous paraît pas une bonne chose de l'accompagner sur tel ou tel texte. Ce qui n'est évidemment pas le cas d'En Marche puisque quand on est dans la majorité, il y a le fait majoritaire qui veut qu'on peut discuter mais à un moment donné on soutient le gouvernement. Deuxièmement, nous, nous très clairement, si on estime nécessaire de s'opposer à des textes, on le fera. On a dit ce qu'on pensait de l'effort demandé aux collectivités territoriales des 13 milliards sur 5 ans qui nous paraissent un effort trop important. On a dit sur...

Vous voterez quand même

16:39
Locuteur non identifié

la baisse de la taxe d'habitation, la baisse progressive de la taxe d'habitation.

16:42
Franck Riester

Alors, on a dit qu'on était OK pour travailler à la réforme fiscale proposée par le gouvernement. Ça passe par cela, par là. Attendez, ça passe par ça mais vous savez comment ça se passe ? Une loi de finances, c'est un ensemble de mesures. Donc on verra si on vote la loi de finances, c'est-à-dire le budget ou pas. Par principe, je ne vais pas vous dire oui ou je ne vais pas vous dire non.

Sur cette mesure particulière, le diable étant tellement dans les détails qu'il faudra voir concrètement ce qui est proposé, qu'on réforme cet impôt injuste parce que la taxe d'habitation est bien sûr un impôt injuste, injuste socialement entre différents contribuables qui ne payent pas la même chose d'une ville à une autre malgré la même situation financière de ce foyer ou de cet individu et deuxièmement, injuste territorialement entre les différents territoires.

17:29
Présentateur

Ça sera le mot de la fin. Franck Riester, député, Les Républicains, était l'invité de France Info.