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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 23 janvier 2026 13 minFond programmatiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Sébastien Lecornu répond aux motions de censure défendues par LFI et le RN - 23/01/2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Sébastien LecornuFait
    « Le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été adopté. Des compromis ont été trouvé, des désaccords ont été tranchés. »
  • 1:45Sébastien LecornuChiffre
    « On affirme qu'il y aurait des augmentation d'impôts. Il n'y en a pas aucune ni pour les ménages, ni pour les entreprises. »
  • 2:00Sébastien LecornuFait
    « Ce seront sans doute les premiers qui dans quelques semaines poseront des questions au gouvernement pour nous les reprocher. »
  • 3:00Sébastien LecornuFait
    « Ce budget n'est pas le budget d'un camp. Ce n'est pas le budget d'une stratégie. C'est un budget possible, un budget de responsabilité. »
  • 3:30Sébastien LecornuChiffre
    « Un objectif de déficit à 5 % assumé et crédible reposant sur de véritables mesures d'économie. »
  • 4:30Sébastien LecornuFait
    « Ce texte n'est pas le texte initial du gouvernement. C'est un texte issu du compromis, un texte travaillé, modifié, ajusté, parfois au prix de renoncement pour le gouvernement lui-même. »
  • 5:30Sébastien LecornuFait
    « Les institutions de la 5e République ne sont pas en cause. Elles ont tenu, elles ont fonctionné comme le constituant l'avait prévu. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Messieurs les députés, nous ne sommes pas réunis ce matin pour commenter une procédure. Nous sommes réunis pour répondre à une question au fond beaucoup plus profonde. Comment une démocratie décide lorsqu'elle arrive au point où plus personne ne veut décider ?

Depuis l'automne, le gouvernement a fait un choix clair, assumé, transparent. Celui de faire confiance au débat parlementaire, celui de ne pas recourir par réflexe aux instruments les plus contraignants de notre Constitution. Celui de croire que le débat, l'amendement, la négociation pouvait permettre d'aboutir, même sans majorité acquise d'avance.

Ce n'était pas une tactique, c'est une conviction. Et cette conviction a été confirmée par les faits. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été adopté.

Des compromis ont été trouvé, des désaccords ont été tranchés. La preuve a été faite qu'en laissant le parlement aller au bout de son travail, l'essentiel pouvait être décidé. Oui, dans des plais à certains, cela a fonctionné.

Mais c'est précisément parce que cela a fonctionné qu'une illusion s'est installée. L'illusion que le temps pouvait se substituer à la responsabilité, que l'absence de décision pouvait devenir une méthode, que l'État continuerait d'avancer sans que personne n'it à assumer le moment d'un choix du choix. Puis progressivement, le débat s'est figé.

À partir du moment où la perspective d'un engagement de la responsabilité du gouvernement a été de nouveau évoquée par certains dans la presse, un phénomène bien connu et réapparu. Chacun a commencé à regarder ailleurs. Certains ont poursuivi leur obstruction.

Non pas pour convaincre, mais pour empêcher une fois de plus tout issu, organiser le blocage pour mieux le dénoncer ensuite. D'autres ont déserté les espaces de travail comme si le compromis était devenu trop coûteux. trop exigeant, trop fatiguant, comme si ce qui avait été fait pour le projet de loi de financement de la sécurité sociale était un effort déjà trop grand pour être poursuivi.

D'autres enfin ont laissé s'installer l'idée que quoi qu'il arrive, le gouvernement reprendrait la main. Heureusement, il y a eu des députés pour poursuivre courageusement le travail avec le gouvernement jusqu'au bout et faire converger leurs propositions avec celles et ceux qui ne pensent pourtant pas comme eux. Ils ont permis d'obtenir un texte où chacun peut retrouver l'essentiel de ses convictions.

Mesdames et messieurs les députés, c'est à ce moment précis que la mécanique institutionnelle de la 5e République reprend sans doute tout son sens. Madame la présidente Le Pen n'est pas gauliste qui veut et notre constitution, permettez-moi de vous y répondre, n'a jamais été conçu pour organiser l'indécision et encore moins pour les affaires budgétaires. Elle n'a jamais prévu que l'usure du temps remplace la clarté du choix.

Elle repose sur une idée simple quand le débat ne permet plus de conclure, quelqu'un doit assumer. L'engagement de la responsabilité du gouvernement ne doit être selon moi, ni une facilité ni un raccourci. Il est un instrument de dernier recours pour ne pas dire de dernier secours.

Il existe pour ces moments où il n'y a pas de majorité stable, où les délais constitutionnels sont plus qu'atteints, où la situation budgétaire et internationale dont nous avons trop peu parlé ce matin interdit l'attentisme et où surtout le parlement collectivement n'est pas parvenu à aller jusqu'au bout hélas de sa propre responsabilité. Je veux le dire avec gravité et sans détour. Si le gouvernement a engagé aujourd'hui sa responsabilité, ce n'est pas parce qu'il voulait décider seul, c'est parce qu'à un moment donné sur ces bancs, trop nombreux se sont retrouvés ceux qui ne voulaient pas décider du tout.

Et c'est ici que se situe peut-être la rupture historique que nous vivons. Pour la première fois depuis longtemps, le parlement ne peut pas dire qu'il a été privé de son pouvoir. Il a eu le temps, il a eu les textes, il a eu les chiffres, il a eu les marges de discussion, il a eu la démonstration concrète en décembre que l'issue était possible.

Et aujourd'hui encore, le dernier mot ne revient pas au gouvernement, il vous revient par les deux motions de censure présentées et les scrutin qui les suivront. C'est cela la vérité institutionnelle de notre constitution. Ce n'est jamais la fin de la démocratie parlementaire.

C'est le moment où la démocratie oblige chacun à assumer jusqu'au bout ses choix, y compris celui de ne pas choisir. Pour autant, cette expérience vécue depuis plusieurs semaines de nous amener à nous poser les bonnes questions, y compris sur nos procédures budgétaires. La présidente de l'Assemblée nationale pousse à des changements.

Elle a 1000 fois raison. que tout cela nous permette au moins d'avancer, de tirer des conclusions utiles pour celles et ceux qui entendent défendre encore la démocratie représentative. Mesdames et messieurs les députés, après 350 heures de débat, tout a été dit ou presque sous les questions budgétaires.

Depuis plusieurs jours, le contenu final de ce projet de loi de finance fait l'objet de commentaires, d'analyse, parfois de mise en cause qui ne portent pas toujours sur ce que dit réellement le texte. C'est sûrement désormais le jeu normal du débat public, mais il arrive aussi que certaines lectures soient davantage guidées par des intérêts particuliers que par la stricte vérité budgétaire et l'intérêt général. Dans un paysage médiatique que chacun connaît où certains acteurs défendent légitimement des intérêts économiques ou fiscaux qui sont les leurs, la responsabilité du gouvernement est de ne pas se laisser entraîner dans des récits qui déformment le réel.

C'est aussi cela le golisme. Non pour polémiquer, mais pour rappeler les faits. Car ce qui est en cause aujourd'hui, ce n'est pas la ligne éditoriale de quiconque.

C'est la compréhension par les Français de ce qui est réellement décidé en leur nom. Et sur ce point, la clarté et la sincérité ne sont pas négociables. On prête à ce budget des attentions qu'il n'a pas.

On lui attribue des choix qu'il n'y figurent pas. On le caricature parfois sans que de toutes les évidences, il n'était élu, y compris, pardonnez-moi de vous le dire, par certains parlementaires. La vérité est pourtant simple.

Ce texte n'est pas le texte initial du gouvernement. C'est un texte issu du compromis, un texte travaillé, modifié, ajusté, parfois au prix de renoncement pour le gouvernement lui-même pour tenir compte des discussions et des équilibres recherchés dans cet hémicycle. Et c'est précisément ce qui le rend aujourd'hui si inconfortable pour certains parce qu'il n'est le texte de personne ou plutôt parce qu'il est un peu le texte de tout le monde.

Alors chacun le critique. La gauche dira que c'est un budget de droite. La droite dira que c'est un budget de gauche antienne bien connu.

Et pendant ce temps, plus personne ou presque ne veut l'endosser. Plus personne ne veut en répondre. Plus personne ne veut même dire clairement ce qu'il contient, ni même ce qu'il y a pourtant gagné pour ses convictions et ses électeurs.

On affirme qu'il y aurait des augmentation d'impôts. Il n'y en a pas aucune ni pour les ménages, ni pour les entreprises. On continuera même en 2026 à payer au global moins d'impôts qu'en 2019.

Certains nous le reprochent. Alors pourquoi propager des mensonges ? D'autres au contraire et avec le même appel, alertent le monde économique sur des risques qui ne figurent pas dans ce texte, mettant à mal la confiance, pourtant nécessaire à la croissance.

C'est une faute lourde contre le pays et ses intérêts. D'autres inquiètent les catégories populaires en invoquant de prétendues violences sociales ou des injustices fiscales qui sont ni prévues ni dissimulé dans ce budget. D'autres enfin font semblant de ne pas voir les économies sur la dépense plus qu'en 2025.

Ce seront sans doute les premiers qui dans quelques semaines poseront des questions au gouvernement pour nous les reprocher. Mesdames et messieurs les députés, à force de tout dramatiser, on finit par ne plus rien éclairer. À force de tout caricaturer, on affaiblit la parole publique elle-même.

Ne pas mentir au français, ce n'est pas dire que ce budget est parfait. Le gouvernement est lucide. Il a fait de bonnes fois du mieux qu'il pouvait avec les 1000 contraintes qui pèsent sur lui.

Ce n'est pas non plus dire que ce budget est indiscutable. Le compromis aura été ouvert jusqu'au bout, y compris avec le Sénat sur le budget des collectivités locales. Mais ne pas mentir au français, c'est tout simplement dire ce qu'est ce budget et ce qu'il n'est pas.

C'est refusé d'aller chercher artificiellement des colères là où il n'y a que des désaccords. C'est refusé d'instrumentaliser l'inquiétude quand l'intérêt général exige la clarté. C'est refusé de transformer chaque débat budgétaire en prélude de politicien.

Car gouverner comme légiféré, ce n'est pas se préparer en permanence au prochain rendez-vous électoral. C'est répondre à celui qui est devant nous. C'est assumer ici et maintenant ce qui est nécessaire pour le pays.

Ce budget n'est pas le budget d'un camp. Ce n'est pas le budget d'une stratégie. C'est un budget possible, un budget de responsabilité.

Un budget qui permet au pays d'avancer avec une trajectoire claire et sincère, notamment un objectif de déficit à 5 % assumé et crédible reposant sur de véritables mesures d'économie. Mais s'il est aujourd'hui si violemment attaqué par quelques-uns, c'est peut-être parce qu'il révèle une chose simple. Dans une démocratie de compromis, le courage politique ne consiste pas seulement à dénoncer, il consiste aussi à assumer parce qu'on peut débattre de tout, sauf de l'intérêt général.

Parce qu'une démocratie ne tient pas quand celles et ceux qui la font vivre cesse de dire la vérité à ceux au nom desquels il décident. Je veux maintenant tirer une leçon claire de ce que nous avons vécu ces dernières semaines. Les institutions de la 5e République ne sont pas en cause.

Elles ont tenu, elles ont fonctionné comme le constituant l'avait prévu. Elles ont permis le débat puis la décision. La question n'est pas de savoir s'il faut sauver nos institutions.

La question est de savoir si nous sommes prêts individuellement et collectivement à être à la hauteur de celle-ci. Je n'ai pas engagé la responsabilité du gouvernement pour contourner les institutions de la 5e République. Je l'ai au contraire fait pour les protéger.

Mais aucune institution, aussi solide soit-elle, ne peut fonctionner durablement si celles et ceux qui l'incarnent renoncent à leur propre responsabilité. Les recours à l'article 49 ne pourront plus être utilisés demain comme avant. Ils ne pourront plus être un réflexe.

Ils ne pourront plus être une facilité. Ils ne pourront plus être ce qu'ils ont été. Ils seront désormais ce qu'ils sont par leur nature initiale l'ultime réponse à l'impossibilité de conclure après avoir de bonnes fois tout essayé.

Mais l'inverse est tout aussi vrai. Le blocage permanent, la désertion du compromis, la fatigue organisée de l'effort collectif ne peuvent pas devenir la norme de notre vie parlementaire. Je crois que les débats d'hier ont été suffisamment marquants.

Une démocratie ne tient pas seulement par des règles, elle tient par des femmes et des hommes qui accepte que décider soit difficile, coûteux, exposant. Rien de ce qui s'est passé ces derniers mois n'a été inutile. Nous avons appris, nous avons éprouvé nos institutions.

Nous avons vu ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait plus. Nous avons vu qui lucidement prenait au sérieux le contexte international et budgétaire actuel. et qui n'en tirait aucune conclusion pour le pays.

Un avant et un après s'ouvre, je le crois, aujourd'hui. Un parlement qui sait qu'il peut aller jusqu'au bout si toutefois il le souhaite pour lui-même. Un gouvernement qui sait qu'il ne peut agir seul qu'en absolu et dernier ressort et surtout une exigence nouvelle adressée à chacun, celle de ne plus se dérober au moment de la décision.

Je le redis, j'ai engagé la responsabilité du gouvernement non pour contourner les institutions de la 5e République, mais au contraire pour les préserver, car aucune institution, aussi solide soit-elle, ne peut tenir durablement si celles et ceux qui l'incarnent renoncent à assumer leur responsabilité. Je vous remercie. Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.

Yeah.