Le candidat Dupont-Aignan en entretien d'embauche
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Salut, aujourd'hui on revient vers vous avec un candidat à la présidentielle, un jeune candidat à la présidentielle. Il est député maire, il est républicain, il dit « debout la République ». On est avec Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour David Abicaire. Il y en a un étonnant, ce n'est pas un entretien d'embauche au sens propre, mais c'est Philippe Séguin. Quand il a été élu président du RPR, il cherchait un secrétaire national aux fédérations. Il m'a reçu, et alors Philippe Séguin, même si je le connaissais, était très impressionnant, très silencieux, très taciturne. Je me souviens des silences, comme si par le silence il voulait voir comment j'allais réagir. En fait il était assez provocateur, presque déstabilisateur. Je crois que les gens, et notamment les décideurs, n'aiment pas le cinéma, n'aiment pas les entretiens construits. On voit tout de suite quand quelqu'un arrive et qu'il a récité.
Et je crois qu'il n'y a pas que les entretiens d'embauche, la politique par exemple. Je pense que par exemple les électeurs préfèrent quelqu'un de vrai, même s'ils ne partagent pas toutes les idées, à quelqu'un qui veut toujours coller à leur pseudo-attente et qui finalement ne répond à aucune d'entre elles. Donc le seul conseil que j'ai envie de donner à ceux qui cherchent un emploi, c'est d'être eux-mêmes. Mais attention, être soi-même, cela veut dire qu'on a fait un énorme travail préalable. Parce qu'en fait l'entretien d'embauche peut révéler des failles, peut révéler un malaise, peut révéler la non-adaptation du profil au poste.
Et c'est pourquoi la vérité de l'entretien est essentielle. Avant d'aller voir quelqu'un, de se poser la question « Pourquoi j'y vais ? » « Qu'est-ce que je vais dire ? » « Et qu'est-ce qu'attend de moi celui qui me reçoit ? » Souvent j'ai vu des personnes venir me voir pour un entretien qui n'avaient pas du tout réfléchi à qui j'étais, ce qu'était la commune, et quel était le poste, et qui cherchaient en fait à plaquer leur propre CV, leur propre histoire sur la commune et sur le poste que je proposais. Je n'aime pas ceux qui surjouent, qui veulent plaire. Ça, ça m'exaspère. Et là, immédiatement, on doute de tout. Attention à l'esbrouf, attention à la...
Je préfère quelqu'un d'un peu timide et de solide à quelqu'un qui veut impressionner. Ça m'arrive surtout de me dire à chaque fois « C'est une mission impossible. » Parce qu'il faudrait passer des heures avec quelqu'un. Et donc l'entretien d'embauche a un côté loterie quand même. C'est pas en dix minutes, en un quart d'heure, en une demi-heure que vous pouvez cerner la personnalité de quelqu'un. J'ai des collaborateurs que j'aurais sans doute pas recrutés. À l'inverse, il y en a d'autres, j'ai bien regretté de les avoir recrutés. Donc tout ça, quand même, ne surévaluons pas l'entretien. J'aime pas les entretiens où l'on cherche à déstabiliser l'autre. Et je trouve que c'est un peu sadique.
Qu'il y ait une sorte de plaisir malsain chez certains des RH ou dans certains entretiens d'embauche. On n'est pas là pour casser quelqu'un, on n'est pas là pour lui faire sauter des haies. On est là pour essayer de comprendre qui il est et s'il est adapté au poste. Je m'intéresse pas seulement au recrutement des chefs. C'est toute la grille hiérarchique qui doit être respectée. Il y a un truc qui me scandalise, c'est de voir ces pauvres vendeuses ou ces vendeurs debout dans les boutiques quand il n'y a personne. Voilà. Ça m'exaspère. Comme s'il fallait qu'ils souffrent pour être bien. Il y a cette vieille mentalité que j'aime pas.
L'idée très concrète, c'est que les entreprises aient intérêt à créer des emplois en France. Alors vous me direz, ça c'est trop général. Alors après, j'ai une idée toute simple que j'ai proposée 100 fois. C'est que quand une entreprise fait un bénéfice, l'impôt sur les sociétés soit diminué de moitié quand le bénéfice est réinvesti en France. Et qu'en revanche, quand ils le donnent en dividende, le taux augmente légèrement. Le Montaubourg, mais je pense qu'on serait... que j'aime bien. Que j'aime bien. Oui, je pense qu'on pourrait se comprendre. Parce qu'il y a à la fois la raison et le petit grain de folie qui est utile pour déplacer les montagnes. Je ne suis pas méchant.
Vous êtes plus organisé peut-être.
Ah, vous êtes bordélique ?
Pas bordélique, je ne dirais pas ça. J'ai mon organisation.
Nicolas Dupont-Aignan