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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 12 juin 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeÉducation & rechercheSolidarités & famille

Matthieu Valet : "Il faut protéger la société face à l'ensauvagement !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Mais il y a quand même... Regarde ce que nous dit le procureur, on voit visiblement un jeune homme qui ne supporte pas l'autorité.

  • 2:19ComplaisanteRéponse partielle

    Justement, on va écouter le procureur à propos de ce refus de l'autorité et des surveillantes.

  • 3:06OuverteRéponse partielle

    Donc là, il s'en prend à ce qui symbolise l'autorité dans un collège, c'est-à-dire les surveillantes qui sont là.

  • 3:59OuverteRéponse partielle

    Et la présence de gendarmes ne l'empêche pas de passer à l'acte, quand même.

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Mais là, comment prévenir ?

  • 4:39RelanceRéponse partielle

    Mais les 12 millions d'élèves ne pourront pas aller voir ici.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « moi les portiques j'y crois pas en Israël, aux Etats-Unis ou même au Royaume-Uni, il y a eu une expérimentation, un déploiement important qui a été fait, ça réduit ni la violence, ni le passage à l'acte et on a des couteaux qui passent à travers la détection de ces portiques. »
  • 0:13Invité politiqueFait
    « Alors il y a des sociétés qui peuvent faire leur beurre sécuritaire sur ces portiques, mais tu aurais-tu que c'est pas l'alpha et l'oméga ? Interdire la vente de couteaux de cuisine, moi je suis ancien policier et je peux vous dire que l'interdiction du port d'armes blanches, là c'est une catégorie D, c'est la classification du législateur sur les armes. »
  • 0:27Invité politiqueChiffre
    « Une lame de 20 centimètres ? Bien sûr, de toute façon, quelle que soit la lame, un couteau, un petit opinel comme un couteau de boucher, c'est exactement la même chose, c'est un an d'emprisonnement, 15 000 euros d'amende, donc il faut appliquer la loi. »
  • 0:58Invité politiquePromesse
    « je dis simplement qu'il doit aller dans un des 7 établissements pénitentiaires pour mineurs à vie, parce que vous imaginez qu'à 14 ans, quand vous commettez ce acte, il y a un risque de récidive. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Je sais bien, mais c'est problème d'excuse de minorité, mais quand je dis à vie madame, c'est que la réclusion criminelle en France pour des meurtres, c'est 30 ans, là c'est 20 ans, »
  • 1:40Invité politiquePromesse
    « C'est réduit par la minorité, mais c'est pour ça que nous on veut supprimer l'excuse de minorité, et qu'on veut mettre la majorité plein à 16 ans, »
  • 22:05Invité politiqueChiffre
    « Après la Fernelle, les 79% des émeutiers et sources préfectures de Pays de Paris étaient des hommes. »
  • 22:10Invité politiqueChiffre
    « Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. »
  • 22:32Invité politiqueChiffre
    « 385 condamnés qui ont été analysés par la préfecture. »
  • 22:57Invité politiqueFait
    « C'est trop long. »
  • 23:32Invité politiqueFait
    « la proposition de Madame Borne de dire quelqu'un qui a un couteau sur lui au-delà des poursuites pénales éventuelles qui seront engagées par signalement au procureur de la République, faire un conseil de discipline sur un gamin jusqu'à 16 ans dont l'école est obligatoire, refourguer à notre établissement un casseau sous un cas qui pose problème, ça ne sert à rien de se refiler à un tas de choses entre établissements. »

Temps de parole

  • Présentateur21 %
  • Matthieu Valet18 %
  • Locuteur 618 %
  • Locuteur 311 %
  • Locuteur 710 %
  • Locuteur 19 %
  • Locuteur 56 %
  • Locuteur 46 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Matthieu Valet

Oui d'abord je vais être très clair, moi les portiques j'y crois pas en Israël, aux Etats-Unis ou même au Royaume-Uni, il y a eu une expérimentation, un déploiement important qui a été fait, ça réduit ni la violence, ni le passage à l'acte et on a des couteaux qui passent à travers la détection de ces portiques. Alors il y a des sociétés qui peuvent faire leur beurre sécuritaire sur ces portiques, mais tu aurais-tu que c'est pas l'alpha et l'oméga ? Interdire la vente de couteaux de cuisine, moi je suis ancien policier et je peux vous dire que l'interdiction du port d'armes blanches, là c'est une catégorie D, c'est la classification du législateur sur les armes. Une lame de 20 centimètres ?

Bien sûr, de toute façon, quelle que soit la lame, un couteau, un petit opinel comme un couteau de boucher, c'est exactement la même chose, c'est un an d'emprisonnement, 15 000 euros d'amende, donc il faut appliquer la loi. Et je termine, vous avez raison, cet individu ne coche aucune case qu'on a habituellement, c'est pas un incidiviste, c'est pas un habitué des réseaux sociaux, il n'est pas détecteur en amont à part les incidents que vous avez évoqués, notamment des coups de poing. Donc moi je dis simplement que ce gamin de 14 ans est irrécupérable.

A 14 ans, quand on s'acharne un coup de couteau de boucher sur une assistante d'éducation, qu'on prémédite visiblement son acte, le procureur a dit qu'il réfléchirait à requalifier l'infraction pour laquelle l'enquête est en cours, je dis simplement qu'il doit aller dans un des 7 établissements pénitentiaires pour mineurs à vie, parce que vous imaginez qu'à 14 ans, quand vous commettez ce acte, il y a un risque de récidive.

Je sais bien, mais c'est problème d'excuse de minorité, mais quand je dis à vie madame, c'est que la réclusion criminelle en France pour des meurtres, c'est 30 ans, là c'est 20 ans, et j'en ai marre qu'on divise les peines parce qu'on a des mineurs, mineurs ou majeurs aujourd'hui, le mineur de 2025 n'est pas celui de 45, et j'estime que la sauvagerie dont il a fait preuve est susceptible, par expérience policière effectivement, d'être recommit quand il sera remis en liberté, et là on pourra dire qu'il était connu, donc je veux simplement dire...

1:31
Locuteur 10

Mais moi à 44 ans, à 34 ans ?

1:34
Matthieu Valet

Non mais moi je vous dis qu'au soit majeur ou mineur, il doit être jugé...

1:36
Locuteur 10

Parce que vous vous dites que c'est 30 ans, en l'occurrence c'est perpétuité d'ailleurs, parce que c'est un meurtre aggravé, mais...

1:40
Matthieu Valet

C'est réduit par la minorité, mais c'est pour ça que nous on veut supprimer l'excuse de minorité, et qu'on veut mettre la majorité plein à 16 ans, là il a 14 ans, il bénéficierait toujours de cette excuse de minorité, qu'on veut également supprimer, d'où le package. Et je termine juste sur ce propos-là, je vous dis simplement qu'un majeur doit faire sa peine jusqu'au bout, et qu'en France on a remplacé la peine de mort par la réquisition criminelle prépétuité, qui ne font jamais réellement à part les peines de sûreté, 30 ans pour les forces de l'ordre notamment, et donc je dis, il faut protéger la société avant de penser à la réinsertion et la réintégration de profiter de celui-là.

2:04
Présentateur

Mais il y a quand même... Regarde ce que nous dit le procureur, on voit visiblement un jeune homme qui ne supporte pas l'autorité. C'est-à-dire qu'on lui fait une remontrance, qui semble être assez anodine, et tout d'un coup, le lendemain, il est en train de mûrir une vengeance meurtrière. Justement, on va écouter le procureur à propos de ce refus de l'autorité et des surveillantes.

2:27
Locuteur 5

Il indique avoir agi ainsi parce qu'il ne supportait plus le comportement des surveillantes en général, qui aurait eu, selon lui, une attitude différente selon les élèves. Il ne peut pas toutefois relater précisément les événements qui expliqueraient ses sentiments d'injustice subie et de colère. Il établit peut-être lui-même un lien entre le fait d'avoir été sermonné par une surveillante vendredi 6 juin, alors qu'il embrassait sa petite amie au sein du collège. Il précise que cette surveillante n'est pas celle qui sera sa victime le mardi 10 juin.

3:06
Présentateur

Donc là, il s'en prend à ce qui symbolise l'autorité dans un collège, c'est-à-dire les surveillantes qui sont là.

3:12
Locuteur 1

Oui, l'acte en lui-même est déjà glaçant, mais d'entendre en plus, a priori, ce qui a provoqué ce déferlement de haine, de violence, rend la chose encore plus immonde, en fait. Et ce qu'on voit de façon très claire, c'est qu'il y a un problème sur le rapport à l'autorité. Il a été visiblement à plusieurs reprises déjà sanctionné pour des faits de violence, sur des bagarres, sur des enfants plus jeunes que lui, parce que je crois qu'il est un troisième et un enfant de sixième. Et là, il est repris parce qu'il embrassait visiblement son ami, et il ne le supporte pas. Et il fomente ça tout un week-end, et il ne décolère pas.

3:49
Présentateur

Et la présence de gendarmes ne l'empêche pas de passer à l'acte, quand même.

3:51
Locuteur 1

Voir même, ce que j'entendais sur le petit témoignage qui a été mis en place, c'est qu'en plus, ça le rendait d'autant plus nerveux, parce qu'il voulait passer à l'acte. Il voulait passer à l'acte. Donc, finalement, ce qu'on a en train de se dire aussi, c'est, oui, on peut parler des sanctions, et on doit le faire. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on a fait aussi à l'Assemblée nationale récemment, avec une loi précisément sur la délinquance des mineurs, sur le sujet de la récidive, sur le sujet de la comparution immédiate, et sur le sujet de l'autorité parentale. Mais on ne peut pas que regarder de ce côté-là. On doit le faire, et il faut le faire.

Il faut aussi regarder sur tous les enjeux de détection et de prévention. Parce que sinon, on va passer notre vie à vider l'océan avec une petite cuillère. Et là, dans ce fait-là, on pourrait parler d'arles, on pourrait parler d'armes, on pourrait parler de portiques,

4:29
Présentateur

– Mais là, comment prévenir ? – Bon, certes, il y a un sujet d'accompagnement et de santé mentale, il y a un sujet aussi d'échelle des peines. – Mais les 12 millions d'élèves ne pourront pas aller voir ici.

4:42
Locuteur 1

– Mais c'est tombé, on va bientôt être sur le budget, donc c'est tombé, c'est des sujets qu'on va recommencer à aborder, parce que c'est des sujets qui viennent tous les ans. Mais je pense qu'encore une fois…

4:48
Présentateur

– Oui, mais pardon, Prisca Théminot, sur ce cas précis, il a été exclu de deux journées pour avoir frappé des camarades, ça peut arriver dans un établissement. Rien ne laissait penser qu'il allait commettre un tel crime, donc on ne pourra pas demander à tous les gamins d'aller voir un psy dès qu'il se passe le moindre fait dans un établissement.

5:06
Locuteur 1

– Ce n'est pas tous les gamins d'aller voir un psy, mais je pense qu'on ne peut pas passer notre temps, notamment d'autant plus au lendemain du Covid, à dire qu'il y a un problème vis-à-vis de notre jeunesse, et je ne dis pas qu'ils sont tous des malades mentaux, mais qu'il y a un besoin d'accompagnement, de pouvoir parler, de pouvoir savoir ce qu'il se passe.

5:21
Présentateur

– Le refus de l'autorité, ce n'est pas seulement un problème psy, le refus de l'autorité.

5:23
Locuteur 1

– Non, c'est parce que j'ai bien ce que je suis en train de vous dire. Il y a aussi ce problème de nécessité de remettre de la parole. Aujourd'hui, on passe beaucoup de temps sur les téléphones, sur des outils numériques, sur des jeux vidéo, et il y a une perte de sens, de repères, et on voit là ce jeune homme, de ce que j'entendais du procureur, qu'il est parti se réfugier dans une réalité virtuelle aussi. Donc à un moment, soit on commence à avoir…

5:43
Présentateur

– Il utilisait peu les réseaux sociaux.

5:45
Locuteur 1

– Mais il était très énormément sur les jeux vidéo.

5:46
Présentateur

– Mais il était sur les jeux vidéo, voilà. – Voilà, sur les jeux vidéo, on a un rapport. – Il n'était pas addict, mais enfin c'est ce qu'il dit.

5:50
Locuteur 1

– Ou sur certains sujets, non mais même sans parler d'addiction, où on a un rapport à la vie qui est différent.

5:54
Présentateur

– Il y a des millions de gamins qui sont dans les jeux vidéo, les adultes aussi qui jouent aux jeux vidéo, heureusement ils ne passent pas.

6:00
Locuteur 1

– C'est pour ça que le sujet bien précis, ce ne sera pas une mesure qui réglera l'ensemble de la problématique, mais bien d'avoir un accompagnement de prévention, et puis ensuite des sanctions adaptées.

6:10
Locuteur 6

– Je pense que les réponses politiques qu'on entend depuis 24 heures sont peut-être un peu hâtives dans la mesure où on est peut-être tout simplement en présence d'un psychopathe, et il présente quand même quelques signes de psychopathie, notamment un manque d'empathie évident au-delà de l'absurdité de son geste. Ça c'est l'examen psychiatrique auquel il sera soumis pendant l'instruction qui le déterminera, mais je pense quand même que ça soulève le sujet de l'hyper-violence des mineurs.

Moi j'ai eu comme avocat à traiter de dossiers dans lesquels vous avez des bandes de jeunes qui ont autour de 14 ans, les plus âgés ont 16 ans, et qui s'entretuent littéralement entre jeunes, c'est-à-dire ils en prennent un qui la veille a mal regardé un tel, et donc on va aller le retrouver, etc. Et on va aller le retrouver, on s'arme de marteaux, de couteaux, d'armes diverses et variées, on le trouve, et on a dans certains dossiers des vidéos, prises d'ailleurs parfois par les jeunes eux-mêmes ou par des voisins, qui disent « finis-le, finis-le, finis-le », ça veut dire ce que ça veut dire.

Donc on a un problème d'hyper-violence de ces jeunes, il ne faut pas se voler la face, là je ne connais pas le profil de ce jeune homme, souvent c'est quand même les profils un peu racailles, comme on dit de manière rapide, et c'est souvent des profils dans lesquels il y a, à mon sens, deux problèmes majeurs, c'est un, l'éducation avec des parents qui sont abandonnistes, qui n'éduquent plus leurs enfants, qui à 14 ans considèrent qu'ils peuvent être livrés à eux-mêmes quasiment, et deux, quand même, l'effondrement de l'école, parce que moi je veux bien la parole, etc., les faire parler, mais avant de les faire parler, c'est bien quand même de leur mettre des choses dans la tête, de leur mettre quand même quelques idées, quelques valeurs, quelques lectures, quelques voyages, pour qu'ils aient quand même une idée, à peu près, quelques contours de ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas.

Et là on a eu récemment tout un débat sur le terme de barbare, je pense qu'on est au cœur de la barbarie. – Un petit barbare ? – Oui, mais soit c'est un psychopathe, soit c'est un barbare. Ces bandes qui s'arment pour tuer celui qui les a mal regardés la veille, ce sont des comportements barbares. On a un problème d'ensauvagement d'une partie de notre jeunesse. Et ça c'est lié, à mon sens, à la faille de l'éducation et de l'école.

8:39
Présentateur

– Pascal Neveu, psychanalyse, directeur de l'Institut français de la psychanalyse active,

8:42
Locuteur 7

je voyais réagir, même lever un peu les yeux au ciel en entendant la qualification de psychopathe. – Oui, c'est facile, c'est un emporte-pièce tout cela. D'abord, il va falloir attendre les expératises psychiatriques et psychologiques.

8:53
Présentateur

– Pour l'instant, pas de trouble mental détecté, c'est ce qu'a dit le procureur. – Mais pas d'empathie et un détachement.

8:58
Locuteur 7

– Alors, ce qui pose souci, effectivement, c'est ce côté de non-empathie le concernant. Mais on en revient à ce que vous disiez tout à l'heure, qui était très intéressant. C'est-à-dire qu'il y a la frustration chez ce jeune. Il embrasse sa petite copine, il est bafoué à ce moment-là, et puis il va revenir peut-être pour se manger. Ce qui est super intéressant, ce que j'observe, ce qu'on observe depuis un certain temps, et on discute avec nos amis et nos collègues psy, c'est pourquoi, chez les jeunes, il y a une problématique d'agression envers les femmes.

Est-ce que les ados-tueurs, actuellement, ne sont pas des jeunes complexés, surtout ados, par rapport à ce développement de leur masculinité et de ce qu'ils vont advenir ? Alors là, les néo-féministes vont tomber sur la gueule immédiatement, pardon pour l'expression. Mais il y a une problématique. Pourquoi, dans la grande majorité, la quasi-totalité des passages à l'acte, ce sont des jeunes garçons ? Pourquoi ils utilisent un couteau ? Certes, facilité de l'utilisation de ces termes, mais arme, symboliquement, qui est phallique, également. Pourquoi, à chaque fois, il y a un problème psychologique lié à la pulsivité de la passion émotionnelle ?

10:09
Présentateur

Il n'aurait pas supporté d'être réprimandé par une femme ? Sans doute, peut-être. Il n'y a que des femmes surveillantes dans ce collège, par ailleurs.

10:14
Locuteur 7

Mais en tout cas, il aurait énoncé le fait qu'il voulait s'en prendre à une femme. Oui, à une surveillante. Mélanie l'a subie. Mais pourquoi cette obsession des jeunes envers les femmes ? Vous avez une explication ? Je pense qu'il faut relire peut-être Michel Foucault. C'est-à-dire que c'est notre civilisation, c'est notre société qui crée les criminels. Ce sont eux qui créent ces passages à l'acte. Qu'est-ce qu'on est en train de faire, de ne pas faire, et de ne pas accompagner tous ces jeunes qui sont en souffrance ? Alors, les détecter, c'est éminemment compliqué.

Parce que généralement, même dans la quasi-totalité des cas, c'est après le passage à l'acte qu'on a pu se dire, on fait ce qu'on appelle une autopsie psychologique, on a pu voir dans leur historique qu'il s'était passé telle chose, telle chose. Ensuite, dire que les parents sont dysfonctionnants. Je suis désolé, maître, mais on a plein d'enfants, de jeunes, qui sont issus de milieux CSP+, milieu aisé, qui passent à l'acte également.

11:12
Locuteur 6

Dans les rixes entrebandes, pas tellement, non.

11:15
Locuteur 7

Je suis isolé, moi, en consultation, je l'observe parfaitement. J'ai des jeunes que je suis...

11:18
Locuteur 6

Les rixes entrebandes de...

11:20
Locuteur 7

Mais on n'est pas en train de parler de rixes, là. On est en train de parler...

11:23
Présentateur

Non, mais dans ce cas-là, précis, effectivement, et on se souvient de cet élève à Nantes aussi. Totalement. Il n'y avait pas de problème. Il n'y avait pas de problème psychologique.

11:30
Locuteur 3

Moi, je voulais juste rebondir sur le phénomène de genre. Ce que vous dites m'évoque forcément l'étude qui avait été rendue par le Haut Conseil pour l'égalité il y a quelques mois, et qui montrait que les stéréotypes de genre, et notamment le sexisme et la perception de la femme par les jeunes garçons, dysfonctionnaient dans des proportions beaucoup plus importantes que par le passé. Donc, c'est peut-être une piste à explorer. Je ne suis pas psychanalyste, je ne suis pas victimologue non plus, ou spécialiste de la justice, mais enfin bon, ça me fait référence à cela.

Non, ce qui est intéressant, par ailleurs, dans le profil, c'est qu'il échappe effectivement à toutes les grilles de lecture politique et à toutes les propositions qui ont pu être faites en la matière. C'est-à-dire que la question de la santé mentale, pour l'instant, les premiers échanges n'évoquent aucune difficulté en la matière. Effectivement, le couteau, dans la mesure où il se sert dans la cuisine, on peut interdire les armes ou changer les armes blanches de catégorie, catégorie D, catégorie A, catégorie B, qu'importe, ça ne changera absolument rien. Et donc, ça montre aussi la difficulté... Le désarroi aussi de cette classe politique.

Le désarroi de la classe politique sur les réseaux sociaux, la proposition du chef de l'État qui est d'interdire complètement les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Précision d'ailleurs là-dessus des proches du président. On n'est pas dans le cadre de ce que prévoyait la loi Marc-Angeli, c'est-à-dire de permettre l'accès avant 15 ans avec autorisation des parents. La proposition que met sur la table le chef de l'État, c'est interdire complètement. Ce qui n'est pas possible

12:54
Présentateur

pas de dérogation possible. Ce qui n'est pas possible selon le droit européen.

12:57
Locuteur 3

Rassemblement, il y a débat de constitutionnalisme sur est-ce que cela fait partie d'un paquet régalien dépendant de la France et est-ce que la France, auquel cas, peut déroger ou est-ce que cela fait partie des prérogatives numériques, si j'ose dire, de l'Europe.

13:09
Présentateur

Est-ce que c'est hyper-violence c'est à cause des réseaux ou cette hyper-violence c'est peut-être un défaut d'autorité de la gestion de la frustration ? Olivier, on parle d'hyper-violence. Il faut gérer sa frustration d'avoir été réprimandé. On parle d'hyper-violence de la jeunesse

13:21
Locuteur 3

qui s'inscrit dans une hyper-violence de la société il y a encore deux ans sur ces mêmes plateaux. On parlait du rapport à l'autorité d'un certain nombre de contribuables qui s'en prenaient à des maires régulièrement. On parle des parents d'élèves qui s'en prennent à des professeurs ou à des conseillers d'éducation. La question est plus globalement est-ce que la société a du mal à accepter l'autorité au nom d'une liberté ou d'un individualisme retrouvé ? On parle très régulièrement en France de policiers, de professeurs, d'infirmières. De sapeurs-pompiers également. De sapeurs-pompiers.

Souvenez-vous le mouvement dans les urgences où les médecins des urgences réclamaient des officiers de sécurité en disant qu'on n'en peut plus des patients qui s'en prennent à nous parce qu'ils remettent en question...

14:03
Présentateur

Le maire de Signe qui avait été tué par un chauffard

14:12
Locuteur 3

qui n'avait pas supporté que le maire lui dise qu'il ne pouvait pas décharger sa cargaison en armoire. La vraie question à poser, c'est est-ce que c'est un phénomène spécifique d'hyperviolence des jeunes ou est-ce que c'est un phénomène qui s'exprime en miroir à une hyperviolence de la société et à un recrutement global de l'autorité ?

14:25
Présentateur

On a déjà un petit élément de réponse avec François Gapillon. François, puisque vous avez regardé le sondage Elab pour BFM TV sur cette violence et plus spécifiquement chez les jeunes. Bonsoir François. Bonsoir. Bonsoir à tous. Et ce qui frappe, c'est la grande inquiétude des Français. Actuellement, 9 sur 10 estiment que le meurtre de Mélanie hier à nos gens est tout sauf un phénomène marginal. Qu'au contraire, il est le reflet d'une réelle montée de la violence des mineurs, en particulier dans notre pays. Un constat massivement partagé par toutes les catégories de la population, par tous les électorats.

Autre chiffre, édifiant 8 parents sur 10 sont aujourd'hui inquiets pour la sécurité de leurs enfants. Inquiétude qui, là aussi, traverse le territoire. Elle est à peu de choses près, la même que l'on habite à la campagne ou en ville. Par ailleurs, 6 sont des sur 10 ont peur pour eux-mêmes. Il faut le noter aussi. Sachant que, sans surprise, cette crainte est plus forte chez les femmes, beaucoup plus forte chez les femmes même que chez les hommes, mais aussi chez les électeurs du Rassemblement national.

Sur le plan politique, justement, les principales mesures annoncées il y a quelques semaines, quelques mois par Elisabeth Borne sont jugées plutôt efficaces, certaines ayant déjà été mises en place comme les fouilles inopinées de sac à l'entrée des établissements scolaires. Mais, il y a un mais, pour 7 Français sur 10, ces mesures ne sont pas suffisantes. Il faut aller plus loin, beaucoup plus loin. Les Français, qui, dans leur immense majorité, comptent avant tout sur l'éducation pour réduire la violence des mineurs. Juste devant, le respect de l'autorité dans la société et une plus grande sévérité de la justice. Merci, François Gapillon.

18h30, si vous nous rejoignez maintenant sur BFM TV, nous sommes toujours en édition spéciale consacrée à la conférence de presse du procureur de la République de Chaumont, Denis de Valois. Il a pris la parole tout à l'heure avec deux colonels de gendarmerie pour donner les premiers éléments d'enquête concernant le meurtre de Mélanie hier, ce jeune de 14 ans, qui est toujours en garde à vue, qui a fourni des explications. Il a prémédité de ce que l'on sait. Il a prémédité son geste. Il ne voulait pas tuer spécifiquement Mélanie, mais il a pris un couteau de cuisine pour se venger des surveillantes et il ne fait preuve d'aucun remord.

On va retrouver Milan Argelas qui est devant la gendarmerie de Nogent pour BFM TV où le jeune homme, enfin jeune homme, cet ado de 14 ans, est toujours en garde à vue.

16:35
Locuteur 4

Oui, absolument. Ce suspect de 14 ans est toujours en garde à vue ici à la gendarmerie de Nogent. Les interrogatoires se poursuivent également de la part des enquêteurs de la section de recherche de Reims et de la brigade de recherche de Chaumont. Le procureur de la République a précisé donc que le suspect de 14 ans a reconnu les faits sans donner pour autant plus d'explications. Le procureur précise que le suspect se montre détaché de la gravité des faits et de leurs conséquences. Je cite le procureur. Il n'exprime pas de regrets ni aucune compassion pour les victimes.

Le suspect a indiqué aux enquêteurs avoir voulu s'en prendre à une des surveillantes sans pour autant cibler précisément Mélanie. Il précise avoir pris mardi matin le plus gros couteau de son domicile pour faire le plus de dégâts. Ce sont ces termes. En parallèle donc de ces questions posées par les enquêteurs, il y a aussi le travail des auditions. Plusieurs personnes ici entrent dans cette gendarmerie de nos jambes pour être auditionnées. C'est le cas de cet élève de sixième que nous avons rencontré avec Baptiste Deveau. Elle est donc en classe de sixième dans le même collège que le suspect de 14 ans et elle est elle aussi référente harcèlement. Écoutez-la.

17:50
Locuteur 2

En récré, je le voyais gentil mais je le sentais déjà pas bien. Je le voyais déjà pas... Pour moi, je le voyais pas très bien. Je le voyais un peu malveillé. À chaque fois que je le voyais, il parlait d'un ton...

18:07
Locuteur 4

Oui, c'est pas violent physiquement.

18:10
Locuteur 2

Non.

18:10
Locuteur 4

C'est violent dans le ton. Le procureur de la République précise que la garde à vue se poursuit donc avec la réalisation de nouvelles auditions.

18:19
Présentateur

Milan Argelas en direct de la gendarmerie de nos gens dans Marne pour BFM TV. Dans tout cas, ce que l'on retient et ce qu'a dit le procureur, c'est que ce jeune homme, cet adolescent, n'a manifesté aucune émotion, aucun signe par rapport aux gestes dramatiques qu'il avait tue pour Mélanie.

18:35
Locuteur 5

En garde à vue, l'intéressé se montre détaché tant au regard de la gravité des faits reprochés que des conséquences vis-à-vis de lui-même. Il ne manifeste au demeurant aucun signe évoquant un possible trouble mental. Il reconnaît être l'auteur du passage à l'acte, mais ne l'explique pas véritablement. Il n'exprime pas de regrets ni aucune compassion pour les victimes. Il fait part d'une certaine fascination pour la violence et la mort, ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisées. Il utilise peu les réseaux sociaux.

D'une manière générale, ce jeune homme apparaît en perte de repère quant à la valeur de la vie humaine à laquelle il ne semble pas attacher une importance particulière.

19:27
Présentateur

Donc, ce collégien voulait tuer une surveillante n'importe laquelle. Charles Consigny parlait d'hyperviolence qui se manifestait dans ce geste. On lutte comment contre cette hyperviolence des jeunes de 14 ans ?

19:42
Locuteur 6

Mais d'ailleurs, moi, je ne voudrais pas qu'on noie le poisson en disant oui, il y a aussi des Français qui ne veulent pas obtempérer à leur contrôle fiscal ou à leurs obligations municipales, administratives. On a des cas de violence dans toute la société. Ça n'a quand même aucun rapport avec des jeunes qui se retrouvent en situation de tuer leurs prochains. Je suis désolé. Avec pré-méditation. Je n'ai pas l'impression que dans tous les transports publics français, les Français se foutent sur la gueule toute la journée, si vous me passez l'expression, dans un climat d'ultra-violence. Il faut regarder la chose On a un problème

20:23
Présentateur

spécifique avec l'hyper-violence des jeunes.

20:25
Locuteur 6

Tout à fait. Je pense qu'on a un problème spécifique qui, avant, ne concernait pas de gens si jeunes. Mais on avait déjà un problème avec les jeunes dits racailles. Pardon, je n'ai pas d'autres termes plus adaptés qui raquettaient des plus jeunes qu'eux, qui terrorisaient les gens dans les transports en commun, qui se livraient à des trafics de stupéfiants et autres joyeusetés de ce genre. Et le problème plus récent, plus contemporain, c'est le fait que ça commence de plus en plus jeunes et que les jeunes, ils ont encore moins de sens des limites que leurs collègues un peu plus âgés.

Et c'est ça qui aboutit, je ne parle pas là de ce cas d'espèce où, encore une fois, je trouve qu'on n'a pas énormément d'éléments pour déterminer exactement le profil de ce jeune, mais je parle de façon générale à quoi la justice des mineurs est confrontée. Et c'est pour ça qu'il y a des projets tout à fait légitimes, d'ailleurs, des politiques de réformer ça pour répondre à ce problème

21:19
Présentateur

de criminalité des mineurs. Peut-être criminalité des mineurs, on y répond comment ? Vous vous dites perpète. Oui, mais avant, parce que ça, c'est la sanction. Moi, je pense

21:26
Locuteur 6

qu'il faut sanctionner les parents, par exemple.

21:28
Présentateur

Oui, mais ça,

21:29
Matthieu Valet

c'est pas vrai.

21:29
Locuteur 6

Moi, je pense qu'il faut responsabiliser beaucoup plus les parents.

21:31
Matthieu Valet

Alors, dans ce cas-là, on ne sait pas trop la responsabilité des parents. Le procureur ne s'est pas trop épanché sur ce sujet-là. Visiblement, c'est au cours de l'enquête.

21:37
Présentateur

Quand un ado arrive avec un couteau au collège, il y a quand même une responsabilité parentale. Peut-être que les parents n'ont rien vu, mais l'ado est sous la responsabilité de ses parents.

21:45
Matthieu Valet

Moi, je vous parle des parents démissionnaires qui laissent traîner les gamins tard le soir, dont les enfants sont en décrochage scolaire et qui sont souvent absents, qui font l'objet finalement d'éducation nationale, et qui après s'inscrivent dans un parcours de délinquant parce que le soir dans la rue, on ne contoie pas les bonnes personnes et les grands clairs, et donc on est incités à commettre des actes de délinquance. Donc, d'ailleurs, juge rebondit sur la masculinité. Après la Fernelle, les 79% des émeutiers et sources préfectures de Pays de Paris étaient des hommes. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

Donc, effectivement, dans notre société, la femme est ciblée dans tous les cadres par la violence de notre société. C'est une certitude. Et pareil pour les émeutes du PSG. Monsieur Nunez, hier soir, à l'Assemblée nationale, nous expliquait que c'était une grande majorité d'hommes également. On voyait bien. Non, mais je donne des faits factuels. Je ne suis pas sur condamnés. 385 condamnés qui ont été analysés par la préfecture. Simplement, sur la justice des mineurs, M. Dupond-Mauriti, en 2021, a fait une réforme pour accélérer les procédures, soi-disant pour accélérer les jugements.

Et on voit bien, par exemple, vous l'avez reçu sur votre plateau, Stéphanie, la mère d'Elias, ce gamin de 14 ans dans le 14e siècle qui a perdu la vie sous les coups de machette de ses deux agresseurs suspects de 16 et 17 ans. On voit bien qu'ils avaient fait des faits similaires de raquettes en novembre 2024 et qui devaient être jugés qu'en juin 2025. C'est trop long.

22:58
Présentateur

Eux, ils avaient été repérés. Bien sûr, ils avaient été repérés.

23:01
Matthieu Valet

Mais c'est ce que je vous dis. Mais de toute façon, vous savez à quoi me fait penser ce profil. Il me fait penser, sans faire de comparaison à des terroristes qu'on n'a pas réussi à détecter avant qui passent à l'acte. Là, il y a une volonté de créer un émoi dans la société, de créer un clé de peur dans les codes. Ils voulaient faire le plus de dégâts possible. Exactement. C'est ce qu'il avait dit. Et dans les éléments qu'on nous donne, la DGSI ou les services de renseignement peuvent mettre tous les moyens du monde et ils bossent super bien. Parfois, il y en a qui peuvent passer à travers du filet. Sur ce profil-là, il n'est pas connu des services de police.

Il y a deux incidents que Mme Thévenot évoque par rapport à des élèves de 6e. D'accord ? Il faudra voir s'il y a une procédure pénale qui a été engagée ou des alternatives. Par contre, ce qui est sûr, c'est que la proposition de Madame Borne de dire quelqu'un qui a un couteau sur lui au-delà des poursuites pénales éventuelles qui seront engagées par signalement au procureur de la République, faire un conseil de discipline sur un gamin jusqu'à 16 ans dont l'école est obligatoire, refourguer à notre établissement un casseau sous un cas qui pose problème, ça ne sert à rien de se refiler à un tas de choses entre établissements.

Il faut qu'ils aillent dans des établissements spécialisés comme on est des établissements pénitentiaires pour mineurs et comme nous, on propose des centres éducatifs fermés, un par département, ce qu'on n'a pas aujourd'hui. Et je rappelle 7 établissements pénitentiaires pour mineurs en France, ce qui montre que la délinquance juvénée est sous-traitée tant dans la prévention que dans la destruction que du suivi de ces jeunes-là.