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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 23 juillet 2025 11 min

"Dans le quinquennat Macron, la sécurité n’a jamais été un sujet prioritaire" (Bruno Bartoccetti)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

J'ai en profité pour saluer Bruno Bartochetti, secrétaire national police unité zone sud. Bonsoir Bruno Bartochetti et pardonnez-moi parce que je sais que vous attendez depuis quelques instants mais l'actualité I est riche. Je voulais absolument vous avoir parce que s'il y a un domaine prioritaire pour monsieur Rotaillot mise intérieure c'est la sécurité et on interroge les Français euh par rapport à la politique d'Émanuel Macron.

Selon vous le bilan d'Émanuel Macron en matière de sécurité est-il positif ou négatif ? Et bien la réponse est sans aucune ambiguïté. Le bilan est négatif par 81 % et et 18 % le juge néanmoins positif.

Bruno Bartocchetti, il y a pas de surprise évidemment dans ce sondage. C'est la sécurité c'est une priorité des Français et force de constater. On s'est souvent parlé sur sur nos deux antennes.

Le constat est sévère. Oui, le constat est sévère et je je vous surprendrai je surprendrai bien sûr la population qui a voté à 81 % sur un bilan négatif. Euh vous savez le le premier quinquena de Macron était intéressant en matière de moyens matériel pour la police et on avait un regard intéressant sur sur notre profession.

En revanche, tout ne peut pas reposer seulement là-dessus sur les moyens pour travailler avec du matériel. Encore, faut-il avoir euh les moyens d'aller plus loin et puis tout ne doit pas reposer sur les épaules de la police. Donc euh un quinquena pour euh peut-être avancer mais un deuxème, on doit on doit euh confirmer qu'on a cette volonté justement de sécuriser la la population et ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Ce n'est pas le cas. On n pas besoin de chiffres sur la délincast. On voit très bien ce qui se passe autour de nous.

Et donc il y avait des mesures à prendre. Il y a toujours des mesures à prendre hein. C'est on va dire je vais parler d'états généraux hein où on doit vraiment se mettre autour d'une table et tous les ministères doivent plancher sur la sécurité.

C'est un sujet prioritaire et malheureusement ça ne l'a jamais été. On a fait jusqu'à présent que du rafistolage, on a trouvé des solutions avec tenté de trouver des solutions mais c'est vrai que le sujet est large sur les réponses pénales qui ne sont pas adaptées sur sur les renforts des effectifs et personne n'est dupe et tout le monde voit qu'on est toujours dans l'approximation. Ça fait 40 ans que ça dure et on avait la possibilité cette fois de de passer à autre chose.

Malheureusement et bien on est toujours dans cette souffrance et dans cette attente. L'actualité le démontre récemment. On l'a vu hein, c'est un bis répétit.

C'est régulièrement qu'on renvoie des CRS pendant 15 jours ou une semaine, mais dans 3 mois, je malheureusement je suis convaincu qu'on va se retrouver à nouveau avec des des règlements de compte, des tentatives de règlement de compte et c'est plus possible. On ne peut plus on ne peut plus rester en l'état. La situation est très très grave en France en matière de sécurité.

Et vous l'avez évoqué Bruno Bartetti ce qui s'est passé à à Nî et à côté de Nî plus précisément, c'est ce jeune de 19 ans qui a été attaché dont on a brûlé le corps, tout a été filmé, diffusé. On parle beaucoup et vous le savez, on en a beaucoup parlé ensemble de mexicanisation de la société française. Forcé de constater que on a beaucoup commenté des guetapans.

Alors vous allez me dire c'est votre quotidien mais on en a commenté beaucoup la semaine dernière. On a vu ces ces violences dans les villes moyennes comme Limoge ou Juloville, une petite commune Balnière dans dans la Manche où le maire était à mes côtés en disant "Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? On assiste à on assiste à des scènes à laquelle auxquelles on avait pas l'habitude d'assister en France aujourd'hui en 2025 et et puis une demande et une attente de des des Français et on le voit, on l'évoqué avec Ragnel, c'est pas des dossiers dont s'empare Emmanuel Macron. le la situation est très très grave et on avait tiré le signal d'alarme en expliquant que ça allait arriver et on nous a pas assez entendu, on nous a pas écouté.

Pourtant, nous sommes des professionnels. On voit les choses, on les sent, on les ressent et c'est actuel ce qui se passe. Si aujourd'hui, une bonne fois pour toutes, on ne réagit pas puisqu'on fait la comparaison avec la France et l'Amérique latine, quelle est la différence aujourd'hui ?

Quand on a l'exécution de ce jeune de 19 ans à côté de Nî, filmé, signé et balancé dans les vidéos, dans les réseaux sociaux, bien on est on est dans le principe de ce qui se passe au Mexique. Sauf qu'il y a moins de règlements de compte et avec certainement pas la même corruption que là-bas. Mais si on ne réagit pas là, si on continue à faire de l' peu près, dans quelques années, on vivra comme au Mexique.

Vous savez, je je pas besoin d'aller très très loin. Regardons ce qui s'est passé en Italie et en Espagne. Alors, rien n'est très brillant, mais ils ont su reculer, faire reculer l'insécurité dans ces pays-là.

Ce sont nos voisins et peut-être avec moins de moyens que nous. Et nous, nous sommes pas capables aujourd'hui de sécuriser la population qui qui est qui est pas aveugle. Vous allez à Nim aujourd'hui puisque pour revenir sur Nî, la population dans le quartier Pissevin n'a pas besoin de couvre-feu hein.

Elle ne sort plus, elle a peur. Voilà, elle a peur de sortir dans la rue cette population. C'est un constat et ça fait longtemps qu'on le fait mais on va passer à autre chose et on reviendra sur le sujet et on continue à s'enfoncer et à s'enfoncer.

Voilà le le constat qu'on fait et malheureusement malgré toute notre bonne volonté et bien nous sommes démunis face à cette situation qui qui est très très préoccupante. Merci pour votre témoignage Bruno Bartochetti secrétaire national de police unité zone sud Rachel Cann c'est terrible ce constat hein. C'est terrible.

Terrible triste. Bruno Partoetti, il est sur le terrain. Ouais.

Non mais c'est ça et on a le le sentiment qu'il y a une véritable appropriation du territoire par certains. Alors tout à l'heure, on évoquait le le dossier "Laisez-nous vivre lorsqu'on a des écologistes qui pensent que le sujet principal de manger de la viande ou pas manger de la viande et cetera ou je sais pas prendre de l'avion." Alors même qu'il y a des citoyens qui n'arrivent plus à vivre tranquillement chez eux sur leur territoire qui sont terrorisés en réalité.

Donc il y a il y a il y a deux choses. Il y a à la fois cette violence, cette insécurité physique et puis cette insécurité intellectuelle. C'est-à-dire que dès le plus jeune âge, nos enfants, on narrive pas aussi à les élever en tant que citoyen éclairé parce qu'il y a certaines idéologies qui rentrent dans l'école.

Et je crois que les les nos dirigeants, quels que soient les les partis politiques, ne sont pas assez fermes depuis le début en fait, depuis la fin de la maternelle. Parce que là, on a affaire à des à des personnes c'est c'est enfin trop tard quoi. C'estàd qu'elles sont complètement Oui, qu'est-ce qu'on fait ?

Qu'est-ce qu'on fait ? Ils font des allers-retours prison, ils sortent, ils rentrent et cetera. Ils gèrent leur trafic en prison.

Enfin, c'est c'est leur mode de vie. Euh l'employé du mois de de la vente de drogue, l'employé du mois c'est sur TikTok. Enfin, c'est qu'on est dans un monde parallèle, un système parallèle.

Oui, l'ARL, elle est rue de la santé. Non, mais donc bon voilà, ils ont colonisé les quartiers, ils affichent les tarifs. Exactement.

Donc en fait, faut tout reprendre. Faut tout reprendre. Mais lorsque vous dites que on n pas eu une réaction du président de la République, tout simplement parce que si on parle des véritables sujets qui animent les citoyens, on dit que nous on fait du brainwashing.

Donc c'est un un problème de pas voir la qualité en fait. On tourne rond Louis de Ragnell. Non, mais ce qu'il y a, c'est qu'il y a il y a une il y a un gouffre entre la réalité de l'insécurité que vivent les Français et le sentiment d'efficacité de la politique sécuritaire qu'on entend au sein du gouvernement.

Et vous avez plein de gens dans les équipes autour l'équipe autour d'Emmanuel Macron qui vous expliquent que bah non, c'est faux. En réalité, ce sont les Français qui ont une un problème de perception. Il y a plus de moyens, il y a plus de policiers de gendarmes sur le terrain, il y a plus d'autorités, plus de contrôle, tout ça.

Alors, il y a des choses qui sont pas totalement fausses. C'estàd qu' il y a eu des lois qui ont renforcé un certain nombre de choses, mais la difficulté c'est que la la société s'est enauvagé une telle vitesse que la réponse politique est pas du tout suffisante et pas allé aussi vite que l'ensuvagement de de la société. Et donc, vous avez la Macronie qui globalement est dans le déni total qui dit "Oui, alors c'est vrai que à certains endroits c'est compliqué.

C'est vrai tout ça, mais globalement la situation est plutôt tenue. Globalement ça va bien. Et puis euh très rapidement c'est il y a aussi des nouveaux médias qui selon eux hein qui disent ils disent "Vous mettez la focale, vous ne montrez que ça." Et donc c'est pour ça que les gens ont le sentiment de d'une insécurité galopante et même chose sur l'islam gauchiste.

Exactement. Et sur tous ces sujets-là et sur tous ces sujets-là, bah en fait il y a un problème de perception parce que eux sont dans la perception, ils regardent avec les mauvaises lunettes et nous le et nous on est en train de travailler sur le réel quand on envoie des reporters sur le terrain. C'est pas des gens qui non mais c'est pas une de l'esprit, c'est pas ils s'amusent pas à écrire un essai politique pour simplement pour le fun.

C'est c'est la réalité. Philo, ça montre à quel point il y a une déconnexion. Il y a une déconnexion et ce qui est grave c'est que beaucoup de fonctionnaires de la police en les haut gradés disent qu'on va dans un état qui va être de plus en plus cartélisé.

Mais alors on parle du Mexique parce que tout de suite c'est vrai que c'est ce qui parle le plus aux imaginaires. Mais surtout moi je pense à la Belgique, je pense au Pays-Bas. C'est ces pays qui en fait ont des des très bons points sur certaines choses mais qui sont qu'rainés.

C'est quasiment des États qui sont tenus par les narcotrafiquants et et et la France va vers ça. C'est-à-dire que on ne prend pas encore une fois la mesure de ce qui est en train de se passer. Je pense que les prisons françaises sont gangrainées de toute façon par le trafic.

Ça déborde de plus en plus dans les dans les dans les banlieux. Puis des banlieux, ça déborde dans les petits pavillons. Puis c'est partout ça.

La campagne, c'est partout. et et tant qu'il y aura rien qui est fait pour se dire "Ben attendez, là c'est peut-être compliqué parce que il faut pas croire euh le narcotrafic c'est c'est pas c'est pas simplement de de vendre un peu de cannabis au coin du rue, c'est toute une organisation criminelle, c'est des drogues dures, c'est des règlements de compte, c'est tant que ça c'est pas pris en compte et qu'on n'évacue pas ça en disant et ben on n veut pas et là il faut une vraie encore une fois une vraie politique de fermeté. Mais comment on est incapable de toute façon d'avoir une politique de fermeté sous sous le macronisme ?

Et ben on fait rien. Et puis comme on fait rien bah forcément ça se gangraine, ça se gangraine, ça se gangraine et puis un jour il faudrait il faut couper le membre. Mais bon, c'est c'est une tristesse encore une fois de voir que rien n'est fait et que la situation pourrit et que je pense que dans les en tout cas ceux qui doivent s'en sont voilà s'en féliciter, c'est tous ceux qui vivent de ça en fait qui doivent se dire bah la France c'est un terrain qui nous est entièrement offert et ben il serait bien bête de pas en profiter ces gens-là.

Yeah.