Compte rendu du Conseil des ministres du 10 mars 2021.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00RelanceRéponse directe
Pourquoi des confinements le week-end dans certains départements et pas dans d'autres malgré des situations sanitaires similaires ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Situation dans les Alpes-Maritimes : reconduction du couvre-feu le week-end ?
- 14:00RelanceRéponse directe
À partir de quand un reconfinement en Île-de-France serait-il envisagé ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Mesures contre les violences et le harcèlement après le drame d'Alisha ?
- 18:00OuverteRéponse partielle
Avancement du passeport sanitaire et contacts avec le secteur privé ?
- 20:00OuverteRéponse partielle
Accord avec le constat de Jean-Pierre Obin sur la laïcité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Fait
« Le nombre de nouvelles contaminations détectées et le nombre d'hospitalisations reste sur un plateau haut, ce qui montre que notre pays résiste à l'épidémie et que les mesures de freinage fonctionnent. »
- 3:00Chiffre
« Plus de quatre millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin. »
- 4:00Promesse
« Nous avons fixé un objectif : avoir vacciné dix millions de personnes d'ici à mi-avril. »
- 6:00Fait
« Nous avons mis en place des mesures fortes, des mesures concrètes, efficaces, avec notamment la mise en place, vous le savez, d'un service spécialisé, l'Office anti-stupéfiants (l'OFAST), doté de 160 agents. »
- 10:00Chiffre
« En 2021, 100 000 collégiens et lycéens supplémentaires peuvent bénéficier des Cordées de la réussite. »
- 16:00Fait
« Nous avons mis en place deux numéros accessibles pour tous et partout, contre le cyber-harcèlement, et un autre contre le harcèlement scolaire. »
- 20:00Fait
« La semaine dernière, je crois que l'un de vos confrères ou l'une de vos consœurs, me posait une question sur le sondage qui a été commandé par la LICRA, réalisé par l'IFOP, sur ces questions de laïcité et de valeurs de la République chez les jeunes. »
- 22:00Fait
« Le gouvernement est très engagé pour la question de la dignité dans la fin de vie et évidemment que nos soins palliatifs doivent continuer à bénéficier des moyens dont ils ont besoin. »
- 26:00Fait
« Il peut arriver, malheureusement, que des livraisons soient retardées sur des vaccins. »
- 28:00Fait
« Il y aura une commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon, qui est une figure majeure de notre histoire. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, Messieurs, bonjour. Se tenait ce matin un nouveau Conseil des ministres et, vous l'imaginez, la situation sanitaire a mobilisé une partie importante des échanges à l'occasion de ce Conseil des ministres. Nous sommes toujours sur une ligne de crête.
D'un côté, le nombre de nouvelles contaminations détectées et le nombre d'hospitalisations reste sur un plateau haut, ce qui montre que notre pays résiste à l'épidémie et que les mesures de freinage fonctionnent. De l'autre côté, nos services de réanimation sont de plus en plus pleins, sont de plus en plus mobilisés et les disparités territoriales sont fortes. D'un territoire à l'autre, l'épidémie n'a ni le même visage ni la même férocité.
La situation hospitalière est ainsi particulièrement préoccupante en Île de France, dans les Hauts de France et en région Sud. Cela ne veut pas dire qu'il y a des endroits où nous pouvons baisser la garde, bien au contraire. C'est aussi un enjeu de protection pour ces territoires où le niveau d'incidence de l'épidémie est aujourd'hui moins important que dans le reste de la France.
Cela veut dire que nous ne devons et nous ne pouvons rien relâcher pour l'instant, que nous devons rester prudents dans les départements où l'épidémie est sous contrôle et redoubler d'efforts dans les départements où l'épidémie circule le plus activement. Redoubler d'efforts, cela veut dire évidemment maintenir les gestes barrières, cela veut dire respecter les mesures territorialisées qui ont été décidées et cela veut dire évidemment continuer à renforcer notre politique pour tester, alerter, protéger. C'est ce que nous faisons, vous le savez, avec le déploiement des tests salivaires, notamment dans les établissements scolaires.
C'est ce que nous faisons en renforçant les moyens de l'Assurance Maladie pour remonter les chaînes de contamination et alerter les personnes qui peuvent être cas contacts pour qu'elles puissent s'isoler. Nous le savons aujourd'hui, le virus se faufile dans la moindre brèche que nous lui laissons. C'est pour cela que nous prenons des mesures ciblées pour éviter que la situation d'une zone plus touchée ne fasse tache d'huile dans les territoires aux alentours.
Je vous le disais à ce même pupitre la semaine dernière, nous avons devant nous encore des semaines de secousses, des semaines de risques. Mais, malgré ces semaines difficiles, nous avons un espoir et cet espoir c'est le vaccin. À l'heure où je vous parle, plus de quatre millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin.
Ces Français ce sont les plus âgés. Ce sont les résidents de nos EHPAD, ce sont les soignants, ce sont toutes celles et tous ceux qui sont les plus fragiles ou les plus exposés vis à vis de l'épidémie et, grâce à cette campagne de vaccination dans le bon ordre, qui vise juste, c'est non seulement le taux d'incidence mais aussi le nombre de personnes de plus de 80 ans hospitalisées qui commence à nettement diminuer. Évidemment, je sais que toutes les personnes concernées par ces priorités n'ont pas encore de rendez-vous pour se faire vacciner.
Je veux leur dire que je partage leur impatience et je veux leur dire que nous accélérons considérablement les choses. Vendredi dernier, nous avons atteint un nouveau record avec 250 000 personnes vaccinées en une seule journée. Près de 600 000 personnes ont été vaccinées sur le week-end, c'est cinq fois plus que les week-end précédents.
C'est un rythme que nous tenons. Hier, ce sont encore près de 230 000 injections qui ont eu lieu et, dans les prochains jours et les semaines qui viennent, nous allons recevoir plus de doses, ouvrir plus de rendez-vous et pouvoir protéger plus de Français. Nous avons fixé un objectif : avoir vacciné dix millions de personnes d'ici à mi-avril et nous sommes en chemin pour l'atteindre.
Mais, en disant ces mots, je veux à nouveau lancer un appel qui a été relayé dès jeudi soir par le Premier ministre, par le ministre des Solidarités et de la Santé. C'est un appel aux soignants qui ont été tellement héroïques depuis un an dans la lutte contre cette épidémie, un appel évidemment à la vaccination. Les soignants ont été au combat depuis le début de cette crise.
Ils sont encore aujourd'hui au combat, ils ne comptent ni leurs heures ni leur engagement et aujourd'hui ils disposent d'une nouvelle arme pour se protéger eux-mêmes, pour protéger leurs patients, pour protéger les Français. C'est bien la vaccination qui est l'une des clés de notre victoire face à l'épidémie. Nous l'avons vu ce week-end, l'enthousiasme et la volonté sont là, notamment chez les soignants, et il nous faut évidemment poursuivre.
Mesdames, Messieurs, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'examiner plusieurs textes. D'abord, nous nous sommes penchés sur un projet de loi ratifiant l'ordonnance relative aux classifications et aux rémunérations au sein de la branche ferroviaire. Il s'agit concrètement d'assurer la sécurité juridique des salariés du ferroviaire.
Ensuite, la ministre de la Mer a présenté deux ordonnances. La première porte sur l'ordonnance de Nairobi, sur l'enlèvement des des épaves, et va nous permettre de renforcer nos outils juridiques pour contraindre le propriétaire ou l'exploitant d'un navire de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser un danger. Quant à la seconde ordonnance, elle vise à renforcer les sanctions en cas de rejets polluants des navires.
Le rejet d'hydrocarbures ou d'eaux usées en mer est en effet un désastre écologique et nous nous donnons donc les moyens de prendre des mesures à la fois contre les capitaines qui prendraient de telles décisions et contre les compagnies qui ne prendraient pas toutes les mesures de surveillance nécessaires pour empêcher ce type de situation. Il s'agit de deux textes qui montrent notre attachement à préserver la mer et à agir contre ceux qui la polluent. Dernier texte à l'ordre du jour de ce Conseil des ministres : un décret portant création de la Direction Régionale et Interdépartementale de l'Environnement, de l'Aménagement et des Transports d'Île de France.
Il s'agit d'une fusion de plusieurs directions qui permettra un meilleur pilotage des politiques publiques en Île de France. Par ailleurs, nous avons eu l'occasion ce matin de prendre connaissance et d'échanger autour de deux communications qui ont été présentées par des collègues membres du Gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, d'abord, a présenté les résultats de notre action en matière de lutte contre les stupéfiants.
Les drogues sont un fléau. Elles gangrènent des quartiers. Elles emportent des jeunes et elles brisent des familles.
Elles sont à l'origine de violences, de règlements de comptes, de trafics d'armes, de terrorisme. La drogue, c'est la mère de tous les crimes et depuis le début du mandat nous avons comme priorité de combattre coûte que coûte les trafics de stupéfiants. Nous avons mis en place des mesures fortes, des mesures concrètes, efficaces, avec notamment la mise en place, vous le savez, d'un service spécialisé, l'Office anti-stupéfiants (l'OFAST), doté de 160 agents et une nouvelle méthode de travail avec un partage renforcé de l'information entre les services.
Nous avons voulu mettre fin au sentiment d'impunité. L'amende pour usage de stupéfiants permet une sanction immédiate des délits avec des effets directs. Rien que sur les deux premiers mois de 2021, ce sont plus de 45 000 amendes qui ont été dressées.
Nous avons lancé aussi de vastes opérations de déstabilisation des points de deal. En janvier, de cette manière, nous sommes intervenus sur plus de 300 points et nous avons mis près de 650 personnes en garde à vue. Aujourd'hui, notre cartographie des points de deal progresse.
Vous savez que c'est l'un des enjeux de les identifier. Près de 4 000 ont d'ores et déjà été recensés et les Français peuvent désormais nous aider à combattre la drogue en signalant en ligne les points de deal qu'ils identifieraient. Nous agissons en permanence et, malgré le confinement et l'épidémie, nos forces de l'ordre ont réussi en 2020 à saisir près de 100 tonnes de cannabis, 13 tonnes de cocaïne et à démanteler plus de 12 500 trafics sur l'année.
Nous sommes à l'œuvre, nous sommes au combat. C'est un enjeu absolument majeur, un enjeu qui est aussi immédiatement lié à notre volonté de renforcer la sécurité et la tranquillité du quotidien, puisque les stupéfiants ce sont des points de deal, ce sont des délits qui ont lieu dans nos quartiers et qui empoisonnent la vie de beaucoup de Français. Le Premier ministre présidera au printemps 2021 un comité interministériel de lutte contre le trafic de stupéfiants afin de faire le point sur notre action et de lancer de nouvelles mesures.
La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de L'Innovation, Frédérique Vidal, a ensuite présenté de son côté les réformes prioritaires de son ministère. Notre premier défi dans le contexte, vous le savez, c'est évidemment le soutien aux étudiants face à la crise sanitaire pour garantir la continuité pédagogique et les accompagner socialement, financièrement et psychologiquement dans ces moments extrêmement difficiles pour eux. Je le redis, les jeunes, les étudiants, ce sont probablement ceux qui consentent le plus d'efforts dans le contexte que nous connaissons.
Et nous devons évidemment être à leurs côtés et continuer en permanence à adapter les mesures que nous mettons en œuvre pour les accompagner. Beaucoup de mesures ont été prises. Je pense aux aides exceptionnelles, notamment pour les étudiants boursiers.
La dernière d'entre elles a été versée, vous le savez, à la toute fin d'année, de manière automatique pour tous les boursiers. Je pense à la mise en place des repas à 1 euro dans les restaurants universitaires. Plus de 2 millions de ces repas à 1 euro ont été servis depuis la mise en place de cette mesure à la fin du mois de janvier.
Je pense à la mise en place des chèques psy et au doublement engagé des psychologues sur les campus universitaires. Je pense enfin au retour progressif et partiel des étudiants en cours, avec une limite de 20% des effectifs pour le moment, mais qui permet à des étudiants qui ont été durablement éloignés des murs de l'université d'y remettre un pied, de reprendre contact, de recréer du lien avec leurs camarades, avec leurs enseignants, et c'est évidemment absolument central. Notre pays est probablement l'un de ceux qui ont fait le plus pour les étudiants et pour les jeunes dans cette crise mais cela ne veut certainement pas dire que tout est parfait.
Cela ne veut certainement pas dire que tout est suffisant. Cela veut dire que nous devons continuer en permanence à adapter et à améliorer nos dispositifs. C'est ce que nous avons fait il y a encore quelques jours.
Vous le savez, la ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé une mesure très forte qui était attendue, qui était une revendication depuis de nombreuses années des associations étudiantes, c'est la mise en place de distributeurs de protections périodiques gratuites pour les étudiantes dans notre pays qui se met en place et qui va évidemment prendre une ampleur considérable à la rentrée prochaine. La crise sanitaire n'a pas enrayé notre volonté de réformes, et d'offrir à tous un enseignement supérieur de qualité. La ministre est ainsi revenue sur le déploiement de Parcoursup, qui est une réforme absolument majeure qui a été portée dès 2017, et il faut se souvenir d'où nous venons en la matière.
Cette réforme a permis d'en finir avec un système qui était devenu opaque et injuste, qui se traduisait par des refus d'entrer dans l'enseignement supérieur pour des jeunes sous le prétexte qu'ils n'avaient pas été tirés au sort, qui ne pouvaient pas poursuivre leurs études faute d'avoir été tirés au sort. C'était devenu un véritable scandale dans notre pays. C'est l'un des premiers chantiers auxquels nous avons dû travailler quand nous sommes arrivés aux responsabilités en 2017 et depuis Parcoursup est entré en vigueur et a permis de produire des résultats.
La réforme a permis des orientations mieux choisies, de faire progresser le taux de réussite, le taux de passage en deuxième année, de quatre points depuis 2017. C'était aussi un des enjeux. La loi s'appelait, quand elle a été votée, la Loi sur l'orientation et la réussite des étudiants.
Et la réussite des étudiants à l'université est un enjeu majeur que Parcoursup permet d'atteindre. C'est aussi une montée en puissance massive, avec une augmentation des nombres de places dans les formations, une augmentation aussi en termes de qualité, avec le déploiement de l'apprentissage sur cette plateforme. Nous avons rappelé ensuite notre engagement pour favoriser l'accession des boursiers à l'enseignement supérieur.
En 2021, 100 000 collégiens et lycéens supplémentaires peuvent bénéficier des Cordées de la réussite. Et, depuis le début du quinquennat, la part de boursiers inscrits sur Parcoursup a augmenté d'un quart. Ce sont des résultats clairs qui illustrent notre volonté de faire de ce mandat celui de l'émancipation et évidemment il nous faut poursuivre dans cette voie.
Enfin, troisième objectif de notre action, l'amélioration de la vie étudiante. Si la crise sanitaire met évidemment à rude épreuve la vie étudiante, la vie sur les campus, la vie dans l'université, nous n'avons pas renoncé bien au contraire à avancer dans cette direction. Nous avons renforcé les moyens de financer des projets étudiants, renforcé les moyens pour améliorer la protection sociale et, dernière mesure en date, j'en parlais il y a un instant, l'annonce de la mesure sur les protections périodiques pour les étudiantes.
Nous continuons donc à amplifier et à adapter notre action en la matière, qui est l'un des axes majeurs du projet de ce Gouvernement, de cette majorité, pour faire de l'émancipation la clé de réussite de l'ensemble des jeunes de notre pays. Voilà pour le compte-rendu liminaire de ce Conseil des ministres. Je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.
J'imagine qu'il y en aura un certain nombre sur la question de la Covid et donc je vous précise, même si je m'efforcerai de répondre à vos questions, qu'Olivier Véran tiendra demain une conférence de presse, comme chaque semaine, sur ce sujet et pourra répondre évidemment à toutes les questions que vous aurez à lui poser. Bonjour Monsieur le Ministre, Louis de Raguenel, Europe 1. Moi je voulais vous parler de la manière avec laquelle aujourd'hui vous décidez des confinements ou pas le week-end.
Vous avez introduit il y a quelques semaines l'idée de la concertation avant de décider une mesure dans un département ou dans un autre. Comment est-ce que vous assumez, si vous l'assumez, que dans deux départements qui présentent des situations sanitaires analogues, dans un département il va y avoir un confinement le week-end et dans un autre il y aura peut-être d'autres mesures. Est-ce que c'est quelque chose que vous assumez ?
Est-ce que vous assumez donc toujours de faire dans la dentelle, de faire du cas par cas ? Et est-ce que vous comprenez que pour plein de gens du coup c'est assez difficile de comprendre pourquoi ils sont confinés et pas un autre territoire ? Je pense à deux départements, la Seine-Saint-Denis et le Pas de Calais, on en avait parlé la semaine dernière.
Merci. Vous savez, depuis le début de cette épidémie, de cette crise, je crois qu'on doit en permanence maintenir un équilibre entre la nécessité de tenir compte des spécificités territoriales, de la manière dont l'épidémie circule sur notre territoire, et la lisibilité évidemment de nos décisions et de nos stratégies au niveau national. Et on a eu l'occasion à un certain nombre de reprises, et vous vous en faisiez les ambassadeurs, d'entendre une revendication forte, d'avoir des mesures territorialisées qui s'adaptent à la situation de chaque territoire.
Et quand nous nous engageons sur cette voie, comme c'est le cas depuis le début, il arrive que nous ayons à ce moment-là des débats, et vous en faites aussi l'écho, sur des incompréhensions et sur le fait que des mesures soient prises à tel endroit ou tel endroit. L'approche territorialisée, c'est la bonne méthode et évidemment nous la poursuivons autant que c'est possible. La deuxième chose, c'est que ça doit se faire dans la concertation, et vous aurez noté que dans les départements où des mesures supplémentaires ont été prises ces dernières semaines, elles l'ont été systématiquement à l'issue de concertations nourries avec les acteurs locaux.
Il peut arriver que l'opinion, les avis divergent entre des acteurs locaux, le Gouvernement, les représentants de l'État. Cela peut arriver mais l'important c'est de se parler, de tout mettre sur la table et on voit, ce sont les exemples que nous avons eus ces dernières semaines, que nous arrivons à faire converger globalement les acteurs d'un territoire, qu'il s'agisse des représentants de l'État ou des élus locaux, sur des mesures quand elles sont nécessaires. La troisième chose, c'est d'avoir une analyse la plus fine possible de chaque situation.
Chaque situation a sa part de spécificité et, quand on regarde un département, on regarde évidemment le taux d'incidence de ce département. On regarde aussi le taux d'incidence spécifique aux personnes âgées dont on sait qu'elles sont les plus concernées par les formes graves. On regarde aussi la saturation des services de réanimation dans ce département ou dans la région.
On regarde finalement toute une batterie de critères qui font que nous prenons les décisions à chaque fois que nous considérons qu'elles sont nécessaires pour freiner une propagation inquiétante de l'épidémie. Bonjour Monsieur le Ministre, Agathe Lambret pour BFMTV. J'avais une question concernant les Alpes-Maritimes.
Est-ce que vous pouvez nous informer de la situation ? Est-ce que le couvre-feu le week-end là-bas va être reconduit et, pour rebondir sur votre réponse à mon confrère, si l'Île de France n'est pas reconfinée aujourd'hui le week-end, on attend les annonces d'Olivier Véran, mais c'est parce que la Maire de Paris s'y est opposée ? Est-ce que cela est entré en compte dans votre décision ?
Sur le premier point, la première question découle directement de la précédente, celle de Louis de Raguenel. Le département des Alpes-Maritimes est le département qui a pris le premier ces dernières semaines, ces derniers mois, des mesures difficiles, territorialisées, parce que la situation était particulièrement préoccupante et qu'il y avait une hausse exponentielle de l'incidence dans ce département. Il y a une mesure difficile, très difficile, qui a été prise, c'est notamment la mise en place d'un confinement le week-end.
Et moi, la première chose que je veux faire, c'est saluer la mobilisation et les efforts colossaux qui ont été consentis par les habitants des Alpes-Maritimes. On a vu ces deux dernières semaines que cette règle était respectée quand bien même c'est difficile, que les rues étaient évidemment beaucoup moins fréquentées le week-end que le reste de la semaine parce que ces mesures étaient respectées. Je veux saluer aussi la grande responsabilité des élus locaux qui ont travaillé avec le Gouvernement pour arriver à cette décision.
Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui sur la situation des Alpes-Maritimes ? D'abord que cette mesure, ces mesures parce qu'il y en avait d'autres autour, produisent des effets. Le taux d'incidence a baissé je crois de l'ordre de 22% en une semaine dans les Alpes-Maritimes, ce qui montre que ces mesures qui ont été décidées après concertation au niveau local, ont des effets dans les Alpes-Maritimes.
Ce qu'on voit donc c'est qu'il y a légitimement une demande de pouvoir assouplir ces mesures qui nous a été relayée notamment par le maire de Nice, qui souhaite que, le plus rapidement possible, on puisse aller vers un déconfinement dès lors que ce sera possible. Ce que je peux vous dire c'est que le taux d'incidence reste élevé dans les Alpes-Maritimes. Je crois qu'il est de 473 pour 100 000 habitants, ce qui en fait, il me semble, l'un des départements si ce n'est le département où le taux d'incidence est le plus élevé, que le niveau de saturation des réanimations dans la région PACA est aussi encore extrêmement élevé.
Et pour ces raisons il a été décidé, et je sais que c'est une décision difficile, de prolonger le confinement le week-end, pour ce week-end, et qu'un point sera fait la semaine prochaine pour mesurer si la dynamique de diminution de l'incidence et de l'épidémie dans ce département se poursuit et dans ce cas pouvoir envisager de lever la mesure. Sur la deuxième question que vous avez abordée je redis que, quand on fait une concertation locale, évidemment on tient compte des avis, des propositions qui peuvent être faits par les acteurs locaux. À la fin évidemment la décision incombe toujours à l'État, à ses représentants dans les territoires et j'ajouterais qu'il est toujours plus facile de tenir compte de l'avis des élus locaux quand ces élus locaux ont un avis qui ne varie pas trop d'un jour sur l'autre mais qu'on fait au mieux en fonction des avis qui sont parfois divergents d'une journée sur l'autre, qui évoluent, qui parfois donnent lieu à assez peu de propositions concrètes.
On fait au mieux pour prendre les mesures les plus adaptées au niveau local, avec la volonté de maximiser l'impact sur la situation épidémique tout en minimisant l'impact sur la vie quotidienne des Français, même si en disant ça je sais que l'impact aujourd'hui est loin d'être minime dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Bonjour, Laurence Benhamou, AFP. Je voulais rebondir sur les questions de mes deux confrères à propos de l'Île de France.
Donc 40% des opérations doivent être déprogrammées. Le nombre de patients en réanimation est quasiment arrivé à la saturation totale. Alors, si j'ai bien compris, un reconfinement ou un confinement le week-end est exclu pour le moment jusqu'à ce qu'il y ait une situation empêchant vraiment de prendre les malades graves.
À partir de quand considérez-vous qu'on puisse arriver à cela ? Est-ce qu'arriver à la limite de la réanimation n'est pas justement cette limite ? Est-ce que vous vous donnez deux semaines ?
Là vraiment il semble qu'il y ait un décalage entre l'évolution de la situation et les mesures prises par rapport aux autres départements. Je le disais à l'instant, il y a trois régions s'agissant de la pression hospitalière qui nous préoccupent tout particulièrement : les Hauts de France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la région Sud, et la région Île de France. Oui, la situation est préoccupante en Île de France.
Je crois que la barre des 1000 patients en réanimation a été franchie. Il y a un stade supplémentaire de déprogrammation qui a été décidé. Nous ne sommes pas, et c'est important de le rappeler, au niveau de déprogrammation que nous avions connu au moment de la première vague qui avait été quasiment total.
Nous ne sommes pas dans ces niveaux-là mais c'est effectivement un stade supplémentaire qui a été décidé. Nous suivons la situation jour après jour et je redis que nous prendrons toujours les mesures nécessaires pour garantir aux Français qui en ont besoin de pouvoir être soignés à l'hôpital lorsqu'ils font une forme grave de l'épidémie. Cela veut dire évidemment continuer à renforcer notre politique, tester, alerter, protéger partout sur le territoire, mais évidemment plus particulièrement dans les territoires qui sont les plus concernés aujourd'hui, l'Île de France en fait partie.
Ça veut dire continuer à déployer la stratégie de tests, continuer à alerter les personnes qui peuvent être cas contacts et garantir que les personnes puissent s'isoler. On a beaucoup progressé notamment sur les visites à domicile d'infirmières, d'infirmiers libéraux, pour accompagner les Français concernés dans leur isolement, pour proposer des tests antigéniques sur place aux membres de la famille qui résident dans le même foyer. Tout ça on va continuer à l'amplifier.
Ça veut dire aussi, évidemment, trouver des places supplémentaires pour accueillir les patients qui en ont besoin en réanimation. Il y a eu, et il va continuer à y avoir, un certain nombre d'évacuations sanitaires dans les jours qui viennent de patients hospitalisés, notamment en Île de France. C'est le cas déjà pour d'autres régions.
Cela veut dire aussi mobiliser toutes les forces disponibles pour accueillir des malades et c'est notamment le cas avec le secteur privé, qui est évidemment très mobilisé et avec lequel nous continuons à travailler pour garantir des lits d'hospitalisation pour les Français qui en ont besoin. Mais derrière tout ça, finalement, je crois que c'est toujours important de rappeler que la situation est préoccupante et qu'elle nécessite de poursuivre nos efforts et je sais que les Français, que les Franciliens, s'agissant du cas qu'on évoque à ce moment-là, le font. Ils ont consenti des efforts colossaux depuis plusieurs mois.
Ça fait plusieurs mois maintenant que la France connaît un couvre-feu, qui a été avancé à 18 heures, que c'est très contraignant, évidemment, pour les Français, mais il faut poursuivre avec, toujours en ligne de vue, à l'horizon, la vaccination, qui est un grand progrès et qui va nous permettre progressivement, et on l'espère le plus rapidement possible, de protéger les personnes à risque, de faire des formes graves et d'être hospitalisées. Bonjour Monsieur le Ministre, Alison Tassin pour TF1 et LCI. Est-ce que le président, ce matin, a eu un mot sur Alisha, cette adolescente retrouvée noyée dans la Seine ?
Et par ailleurs, plus généralement, quelles vont être les propositions, les actions du gouvernement, sur les phénomènes de violence qui se multiplient, les phénomènes de bandes ? Il y a une forme d'urgence et d'appel à l'aide et en tout cas à la mobilisation des habitants et on ressent une forme d'impuissance face à cette situation. Donc quelles vont-être, va-t- il y avoir des mesures prochainement annoncées par le gouvernement ?
Merci. Le président a eu l'occasion de revenir ce matin sur les questions de sécurité et sur un certain nombre d'événements tragiques qu'a connus notre pays ces derniers jours et ces dernières semaines et je vais commencer par la situation de la jeune Alisha, que vous avez évoquée, et je veux dire toute mon émotion parce que ce qui est arrivé à cette jeune fille est absolument terrible et ignoble. C'est une jeune fille qui a été emportée par le harcèlement, qui a été emportée par une spirale infernale, qui a conduit à ce drame et je veux dire à sa famille, à tous ceux qui l'aimaient notre solidarité et notre émotion face à cette situation absolument tragique.
Je veux aussi leur dire que ce drame ne restera pas impuni et qu'évidemment, tout les services sont mobilisés pour permettre de punir ceux qui en sont les responsables. Bien souvent, on le sait, le harcèlement commence à l'école, se joue dans les classes, dans les cours de récréation, mais il y a un phénomène nouveau, depuis plusieurs années maintenant, c'est qu'il se prolonge en ligne via les réseaux sociaux après les cours et après la classe et nous sommes résolus à lutter contre le cyber-harcèlement. Depuis 2017 nous avons mis en place une politique pour lutter pied à pied, avec acharnement, face à ce phénomène absolument terrible.
Nous avons pris un certain nombre de mesures. Tous les ans une campagne sur le thème du harcèlement est menée dans les établissements scolaires. Je crois que c'était au début du mois de novembre.
Nous avons mis en place des formations pour prévenir le harcèlement parce qu'il faut pouvoir repérer ces situations et pouvoir les traiter dès l'origine, avant qu'elles ne se dégradent et qu'elles se traduisent par une spirale infernale. Et déjà, dès 2019, 10 000 avaient été sensibilisés à ces questions-là. Nous avons mis en place deux numéros accessibles pour tous et partout, contre le cyber-harcèlement, et un autre contre le harcèlement scolaire.
Nous avons lancé une plateforme web, une plateforme Internet qui permet à chacun de s'informer sur les problèmes et sur les solutions qui existent. Mais au fond, on voit que c'est un sujet de société, c'est un sujet qui nous touche toutes et tous. Je pense que nous avons toutes et tous des exemples dans notre entourage, dans les personnes que nous connaissons, de personnes qui ont pu être, soit victimes, soit témoins de ces situations et cela nécessite une mobilisation collective, une mobilisation de la société tout entière.
Et pour cela, évidemment que les efforts de l'Etat, du gouvernement vont se poursuivre. Vous avez abordé ensuite un autre sujet, qui est le sujet des phénomènes de bandes et des rixes, qui est un phénomène qui vient de loin, qui concerne tout particulièrement la région Ile-de-France depuis maintenant plusieurs années et qui s'est traduit ces dernières semaines par plusieurs épisodes de de violences entre bandes, qui ont marqué la région francilienne. On ne peut pas accepter cette banalisation de la violence, on ne peut pas non plus laisser les jeunes y tomber.
Nous avons, dès 2019, lancé un plan de lutte contre les violences en bandes, avec notamment une meilleure organisation des forces de l'ordre et une collecte renforcée des renseignements sur les réseaux sociaux, avec une meilleure coordination entre les différents services aussi. C'est un enjeu, notamment dans une région très dense comme la région Ile-de-France, avec beaucoup de mouvements entre les départements, qui doit mobiliser les différentes administrations, les services de sécurité, les services de la justice, les services de l'Education nationale, qui doivent travailler ensemble entre les différents départements. Il y a un enjeu très fort de coordination qu'on a engagé depuis 2019.
On voit que ce phénomène reste très fortement d'actualité, qu'il s'intensifie à certains égards et nous devons donc adapter et renforcer notre réponse avec une action, là aussi, à 360 degrés. C'est pourquoi le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice et le ministre de l'Education nationale, la semaine dernière, ont rencontré préfets, procureurs et recteurs pour apporter une réponse coordonnée, avec notamment un renforcement de la vigilance sur les réseaux sociaux, qui permet d'identifier, de détecter ces phénomènes de bandes, dans l'optique qu'elle nous permette de prévenir des situations extrêmement violentes et des rixes que nous avons observées. Des partenariats renforcés avec une présence accrue des forces de l'ordre sur la voie publique, une prévention renforcée avec un meilleur suivi de l'absentéisme à l'école, de la déscolarisation et le développement de la vidéoprotection aux abords des établissements scolaires.
Nous travaillons beaucoup pour équiper l'ensemble des établissements scolaires de vidéoprotection à leurs abords. Et puis, évidemment, vous le savez, l'enjeu, c'est aussi d'avoir une réponse pénale plus rapide et plus efficace pour les mineurs, parce qu'on parle parfois de jeunes, de très jeunes, qui ont parfois onze, douze, treize ans et nous avons adopté une réforme extrêmement importante à la fin de l'année dernière, la réforme de la justice des mineurs, avec la volonté que les faits délictueux puissent être sanctionnés beaucoup plus rapidement qu'ils ne le sont aujourd'hui. Aujourd'hui, en moyenne, le délai de réponse pénale après la commission des faits est de l'ordre de dix-huit mois.
L'objectif avec cette réforme, c'est, à partir de septembre prochain, d'arriver à passer à trois mois entre la commission des faits et la réponse pénale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut mobiliser, évidemment, notre service judiciaire.
Ça veut dire aussi qu'il faut lui donner les moyens d'agir et c'est pour ça qu'on a augmenté cette année le budget de la justice de 8 %, ce qui est une augmentation historique. Il n'y avait jamais eu une telle augmentation sur une année du budget de la justice en France, justement pour que nos services judiciaires aient les moyens d'agir et de répondre efficacement à ces phénomènes. Bonjour Monsieur le Ministre, Ania Nussbaum de Bloomberg, une question sur le passeport sanitaire ou peut-être le passeport vaccinal - c'est pas encore très clair - annoncé par le président de la République.
Où en est-on ? Il y a eu une réunion interministérielle à ce sujet. Est-ce que des contacts avec des entreprises privées ou des acteurs privés ont déjà été pris et est-ce que vous vous voyez déjà, à ce stade, potentiellement, des soucis d'application juridiques ?
Alors, il y a eu, vous l'avez dit, une réunion qui a eu lieu la semaine dernière avec l'ensemble des ministres concernés autour du président de la République et du premier ministre pour travailler à ce pass sanitaire qui a été annoncé par le président de la République. Le travail se poursuit. Pour répondre à votre question : est-ce qu'il y a des contacts qui sont pris ?
Par définition, chaque ministre a des contacts nourris avec son secteur, avec le secteur d'activité dont il est responsable pour le gouvernement, pour travailler à la mise en œuvre de ce pass sanitaire. Je n'ai pas d'autres annonces à faire à ce stade sur le calendrier ou sur les modalités, si ce n'est de vous dire que l'on continue à travailler de manière évidemment très nourrie sur ce sujet-là, tout en étant aussi sur le front de la lutte contre l'épidémie et pour combattre la situation préoccupante qu'on constate dans un certain nombre de territoires français. Bonjour, Luc Signan, CNews.
L'ancien inspecteur de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Obin, était auditionné par les Sénateurs ce matin dans le cadre du projet de loi séparatisme et il déclare : nous avons perdu une bataille sur la laïcité. La laïcité a perdu une bataille vis-à-vis de la jeunesse musulmane, qui montre qu'elle est de plus en plus pénétrée par l'idéologie islamiste. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?
Est-ce que c'est l'occasion aussi pour vous de muscler ce projet de loi séparatisme sur le volet école et est-ce que ce qui s'est passé à Grenoble, à l'université, vous donne aussi le sentiment que la laïcité a perdu une bataille, comme le dit Jean-Pierre Obin ce matin au Sénat ? Alors, je n'ai pas l'habitude de commenter des propos que je n'ai pas lus ou entendus moi-même. Vous dites que c'était ce matin, j'étais en conseil des ministres, je vais en prendre connaissance, mais monsieur Obin travaille sur ces questions-là depuis des années, c'est même une référence sur ces questions.
Il avait remis un rapport extrêmement important il y a plusieurs années, qui n'avait pas donné lieu à la réponse nécessaire, je crois, à cette époque. Evidemment, nous prenons avec beaucoup de sérieux et beaucoup d'intérêt ces déclarations et propositions qu'il est amené à faire, et ce que je veux dire, c'est que c'est évidemment un sujet majeur. La semaine dernière, je crois que l'un de vos confrères ou l'une de vos consœurs, me posait une question sur le sondage qui a été commandé par la LICRA, réalisé par l'IFOP, sur ces questions de laïcité et de valeurs de la République chez les jeunes.
Et oui, je le dis, il y a une préoccupation et surtout un renforcement de notre sentiment que la laïcité est une conquête permanente et qu'il faut en permanence s'adapter aux évolutions de la société pour nous adapter à la manière dont nous transmettons ces valeurs, qui doivent continuer à être transmises très fortement à l'école. Jean-Michel Blanquer est engagé sur ces questions-là depuis 2017. Il y a énormément de mesures qui ont été mises en place dans l'Éducation nationale et vous savez que le projet de loi séparatisme a un volet majeur, s'agissant des questions d'éducation, avec le passage sur l'instruction en famille, d'un système de déclaration à un système d'autorisation, précisément pour empêcher des dérives qui viseraient à soustraire, pour des raisons de dévoiement des valeurs de la République, des enfants, de l'école de la République, avec un renforcement des moyens donnés pour transmettre les valeurs de la République à l'école, avec un meilleur encadrement.
Tout ça, ça fait partie du projet de loi séparatisme, qui va être examiné au Sénat et évidemment, les sénateurs vont pouvoir l'examiner, mais aussi proposer des mesures supplémentaires qui pourront, le cas échéant, avec l'accord - ou pas d'ailleurs, puisqu'il s'agit du gouvernement - être adoptées, mais la discussion doit se poursuivre. Il y a une navette parlementaire et le texte peut toujours être renforcé. Bonjour, Julien Lécuyer, La Voix du Nord.
Première question : demain doit être examinée au Sénat une proposition du groupe socialiste concernant la fin de vie et d'autres textes sont attendus à l'Assemblée nationale sur le même sujet. Il semble que le gouvernement ne souhaite pas donner un avis favorable à une évolution de la loi. Est-ce qu'on peut savoir pourquoi, d'une part ?
Et deuxièmement, on croit comprendre aussi que l'idée serait, dans ce cas, de développer le plan pour les soins palliatifs, et je voulais là aussi préciser la pensée du gouvernement sur cette question. Et une autre question qui est posée par ma consœur Nathalie Mauret, du groupe Ebra, plus légère : Twitch, Club House, Instagram, je ne vais pas tous les citer, mais visiblement, le gouvernement y trouve une place très agréable. Jean Castex sera sur Twitch dimanche avec le journaliste Samuel Etienne et les ministres multiplient les live sur Instagram.
Elisabeth Moreno hier soir encore, vous-même, vous y êtes assez régulièrement. Est ce que c'est une nouvelle stratégie de communication du gouvernement ? Merci.
Alors, sur la première question, ça n'a pas fait l'objet d'une discussion en conseil des ministres et donc je n'ai pas d'annonce officielle à faire sur ces questions-là. En tout cas, je peux vous confirmer que, évidemment, le gouvernement est très engagé pour la question de la dignité dans la fin de vie et évidemment que nos soins palliatifs doivent continuer à bénéficier des moyens dont ils ont besoin et doivent continuer à être renforcés et que les femmes et les hommes qui sont engagés, mobilisés pour nos soins palliatifs doivent continuer à avoir les moyens nécessaires pour accompagner de la manière la plus digne qui soit les personnes en fin de vie. Sur la deuxième question, je vous confirme que le gouvernement, et plus encore dans cette situation de crise sanitaire, cherche par tous les moyens à s'exprimer le plus largement possible pour toucher le plus grand nombre de français possible.
Moi, je ne fais pas partie de ceux qui font une concurrence entre des modes de communication. Je pense qu'il y a des modes de communication différents, qui ne s'opposent pas les uns aux autres, mais qui sont complémentaires. Vous aurez noté que je suis présent devant vous longuement, jusqu'à épuisement des questions, chaque semaine, que je me rends très régulièrement sur les plateaux de radio, de télévision, pour répondre aux journalistes - c'est mon travail, c'est mon rôle - que je me rends aussi dans nos régions pour la presse quotidienne régionale et d'ailleurs, j'ai eu l'occasion de faire plusieurs interviews face aux lecteurs avec La Voix du Nord, avec les autres titres de la presse quotidienne régionale et à côté de cela, dès lors que nous en avons la possibilité, pour transmettre un certain nombre de messages, plus encore dans le cadre de la crise sanitaire, je pense qu'il faut les utiliser, et donc oui, moi, à titre personnel, je le fais maintenant depuis plusieurs mois, très régulièrement sur mon compte Instagram, tous les dimanches soirs, en faisant un live.
J'ai eu l'occasion de lancer un nouveau format sur la plateforme Twitch il y a quelques semaines. Mes collègues du gouvernement aussi, évidemment, utilisent ces nouveaux moyens de communication, qui ne sont d'ailleurs plus si nouveaux que ça, et le premier ministre aura l'occasion lui aussi de s'exprimer via Twitch ce week-end et je pense que c'est, encore une fois, important. Il ne peut pas y avoir de snobisme en matière de communication, et plus encore dans un contexte de crise sanitaire, où tous les moyens sont bons pour faire passer les messages nécessaires à la lutte contre l'épidémie.
Il y avait...
Agathe Lambret s'est levée en premier. Merci, je voulais juste revenir sur le Covid, un instant. Selon un médecin réanimateur, encore ce matin sur notre antenne, un patient sur trois meurt en réanimation, et quand il ne meurt pas, il y a des séquelles très graves.
Je voulais savoir juste, sans mesures supplémentaires, comment comptez-vous freiner le nombre de morts et comment comptez-vous freiner les arrivées dans les réas ? C'est important de le rappeler, ce que vous venez de dire, parce qu'on a entendu, à plusieurs moments pendant cette épidémie, certains qui s'exprimaient en expliquant que finalement, l'enjeu de cette épidémie n'était que la question des lits en réanimation. Évidemment, on fait tout pour augmenter nos capacités en réanimation, mais parfois, à écouter certains, on avait l'impression que si on pouvait accueillir 150.000, 200.000 Français en réanimation, ça ne serait pas grave sur le front de l'épidémie.
Si, parce que, vous l'avez rappelé, il y a une part importante des personnes qui rentrent en réanimation parce qu'elles ont eu une forme grave et qui finissent par décéder de la Covid. Donc notre objectif doit toujours être, évidemment, de limiter au maximum les contaminations parce qu'un certain nombre de ces contaminations se traduisent par des formes graves et par des décès. Evidemment que notre objectif majeur, c'est de réduire au maximum le nombre de Français qui décèdent de l'épidémie, et c'est ce que nous avons fait depuis le début de l'épidémie, en renforçant la manière dont nous soignons à l'hôpital les personnes qui font des formes graves.
Je parlais du développement de l'oxygénothérapie à haut débit, Je parlais du développement d'un certain nombre de traitements, et notamment la dexaméthasone, qui permet de réduire le nombre de formes graves à l'hôpital, qui nécessitent une hospitalisation en réanimation et parfois un décès. Je parlais de l'investissement majeur qu'on a porté sur des traitements innovants, notamment les anticorps monoclonaux qui vont se développer dans les jours et les semaines qui viennent, là aussi, pour chercher à limiter au maximum les formes graves et les décès chez les personnes les plus à risque. Et puis il y a évidemment un autre outil absolument fondamental pour réduire le nombre de décès, c'est la vaccination.
Et c'est la raison pour laquelle on a fait le choix, dès le début de la campagne de vaccination, d'avoir comme public prioritaire ceux qui aujourd'hui sont les plus concernés par les décès liés à l'épidémie. Je rappelle que les personnes, les résidents des EHPAD, des maisons de retraite, c'est, je crois, 3 % de la population. C'était 30 % des décès dans les deux premières vagues de l'épidémie.
C'est pour cela que nous avons voulu commencer et c'était plus difficile. C'est pour ça qu'on a démarré progressivement, par les résidents des EHPAD, s'agissant de la vaccination. C'est pour ça aussi qu'on a commencé par les personnes les plus âgées, en ville, et d'ailleurs on observe, on commence à observer, d'abord une diminution des contaminations dans les EHPAD et chez les personnes les plus âgées.
Le taux d'incidence sur les personnes âgées diminue et on commence à observer, même si c'est très préliminaire, puisqu'il y a forcément un effet retard, puisque les décès sont constatés parfois plusieurs semaines après qu'une personne soit infectée, on commence à observer une diminution des hospitalisations pour formes graves, voire des décès pour ces publics. Donc voilà, c'est cette action globale qui mobilise des outils différents, qui nous permet de réduire au maximum les formes graves, pour limiter au maximum le nombre de Français qui décèdent de cette épidémie. Je voulais revenir d'un mot sur la vaccination et avoir d'abord votre réaction à la baisse des livraisons de vaccins, avec notamment cette question couplée du fait que vous souhaitez accélérer cette vaccination.
Donc, est-ce que c'est toujours possible, avec ces baisses de livraisons envisagées ? Et dans la continuité, est-ce que la vaccination des plus de 50 ans, comme cela avait été annoncé, qui devait commencer au 15 avril, sera possible dans ces conditions ? Et par ailleurs, de plus en plus de voix se font entendre pour un appel à la vaccination des jeunes, une inversion de stratégie.
Quelle est la position du gouvernement sur cette question ? Merci. Alors sur le premier point, il peut arriver, malheureusement, que des livraisons soient retardées sur des vaccins.
On l'a vécu depuis le début de la campagne vaccinale. Ça peut arriver pour des raisons légitimes. Je rappelle que ce vaccin a été imaginé, a été validé dans un temps record, quand on regarde l'histoire de la recherche médicale dans le monde.
Il peut arriver, pour un problème de cuve, un problème de ligne de production, qu'il y ait un retard dans la production et donc un retard dans les livraisons. Dans ces cas-là, il faut qu'il soit rattrapé et c'est pour ça qu'à chaque fois, il y a une mobilisation très forte de la France, de l'Union européenne - puisque vous savez que c'est l'Union européenne qui commande les vaccins - pour que ces retards soient rattrapés et quand il y a eu des retards, ils ont été rattrapés ou le seront tout prochainement. En tout cas, chaque fois qu'il y a un retard, nous avons un calendrier pour le rattrapage de ce retard.
On va recevoir beaucoup plus de doses dans le mois qui vient, dans ce mois de mars et dans le mois d'avril que dans les mois précédents. Je rappelle que rien que sur le mois de mars, les objectifs qui ont été affichés et annoncés par le premier ministre et le ministre de la Santé, c'est un nombre de livraisons qui correspond à ce que nous avions reçu dans les deux mois précédents. Donc c'est majeur.
Il peut y avoir des évolutions sur une semaine. Ce que je vous dis, c'est qu'à chaque fois, évidemment, on fait tout pour que ça soit rattrapé, pour identifier aussi les raisons du retard. Il a pu y avoir des situations de tension avec certains laboratoires.
On a diligenté des inspections sur site pour vérifier s'il y avait effectivement un problème de production. La Commission européenne a pu prendre des décisions pour interdire, empêcher des exportations de vaccins vers l'étranger, dès lors, en dehors de l'Union européenne, dès lors qu'il y avait des retards dans l'Union européenne, parce que les contrats qui ont été signés doivent être honorés et évidemment, on va continuer à être particulièrement vigilants sur ce sujet-là et pour le reste, je maintiens les objectifs qui ont été annoncés par le premier ministre et le ministre de la Santé la semaine dernière, s'agissant de notre campagne de vaccination. Je rappelle que notre campagne de vaccination, elle se fonde sur les recommandations que nous font les autorités de santé indépendantes, et notamment la Haute Autorité de Santé, qui est compétente pour nous recommander les publics prioritaires, s'agissant de la vaccination.
Et vous savez qu'elle nous a recommandé - ça date de la fin d'année dernière, on regarde les spécificités des différents vaccins - une vaccination, en priorité, des publics les plus fragiles. Et je vous redis ce que je disais tout à l'heure. Aujourd'hui les Français connaissent de nombreuses restrictions dans leur vie quotidienne parce qu'on a des contaminations importantes, un plateau qui reste haut dans notre pays et aussi parce qu'on a une pression très forte sur notre Hôpital, qu'on cherche en permanence à protéger et à préserver vis-à-vis de cette épidémie.
Ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés avec le plus de formes graves, ceux qui décèdent le plus de l'épidémie, c'était la question tout à l'heure d'Agathe Lambret, ce sont les personnes les plus fragiles et les plus âgées et donc c'est pour ces raisons, et d'ailleurs on valide évidemment ce choix, que la Haute Autorité de Santé nous a recommandé de protéger ces publics en priorité. Sur un tout autre sujet, nous célébrons cette année le bicentenaire de la mort de Napoléon, grande figure de l'histoire de France, mais ce bicentenaire est contesté par, notamment, des associations indigénistes et je voulais juste savoir : qu'en pense le président ? Est-ce qu'il en a parlé et est-ce que donc Napoléon sera célébré ?
Et je me permets aussi de poser la question de Jeff Wittenberg, qui voulait savoir ce que ferait Emmanuel Macron le 5 mai prochain. Un discours sera-t-il prévu ? Et sinon, qu'est-ce qui est prévu ?
Merci beaucoup. Alors je peux répondre à votre question en vous annonçant qu'il y aura une commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon, qui est une figure majeure de notre histoire, et commémorer, c'est avoir les yeux grands ouverts sur notre histoire et la regarder en face, y compris dans ces moments qui ont pu être plus difficiles, y compris sur des choix qui apparaissent aujourd'hui contestables. Mais c'est une figure majeure de notre histoire et évidemment qu'il y aura une commémoration par le président de la République et donc je ne peux pas, à ce stade, répondre à la question de Jeff Wittenberg, qui demande les modalités de cette commémoration.
Ce sera annoncé plus tard par l'Elysée. S'il n'y a pas d'autres questions, je vous dis à la semaine prochaine.
Emmanuel Macron