Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 12 août 2025 25 minComplaisantActualité / polémiqueSantéEnvironnement & énergieTravail & emploi

Canicule : marche à l'ombre 

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Bonsoir madame. Vous nous appelez de Toulouse où il fait très très chaud je crois.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Allez-y, on vous écoute.

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    Moi je voulais, je suis très très très étonnée...

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Docteur Maubecq, sur le vêtement, je voudrais revenir à notre première interlocutrice qui disait « Voilà, moi quand je sors, je mets un vêtement, une chemise ».

  • 3:41OuverteRéponse partielle

    Nous sommes en ligne avec Godin. Bonsoir Godin.

  • 3:46OuverteRéponse partielle

    Ma question était la suivante...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08PrésentateurChiffre
    « Il fait 40-42. »
  • 4:42InvitéChiffre
    « 60 000 décès par an, dont 20 000 attribuables à une activité professionnelle d'extérieur. »
  • 13:16InvitéChiffre
    « Nous étions, il y a 30 ans, à une incidence du mélanome qui était de plus 7 à plus 8 % par an. »
  • 14:30InvitéFait
    « la Société française de dermatologie alerte régulièrement notre ministère sur le problème de la démographie des dermatologues qui est en chute. »
  • 17:27InvitéFait
    « Le verre coupe les UVB. »
  • 19:31InvitéFait
    « Les lunettes de soleil, elles sont toutes fabriquées avec le même matériau, qui est du plastique. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • Invité 223 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 39 %
  • Auditeur6 %
  • Invité 45 %
  • Invité 53 %
  • Auditeur 23 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. Allez, nous sommes en ligne avec Hélène. Bonsoir Hélène. Bonsoir madame. Vous nous appelez de Toulouse où il fait très très chaud je crois. Il fait 40-42. Allez-y, on vous écoute.

0:12
Auditeur

Moi je voulais, je suis très très très étonnée. J'ai toujours porté des chapeaux été comme hiver. Mais enfin surtout l'été, je suis très étonnée de voir dans la rue des familles entières. Enfin personne ne porte des chapeaux, il y a une personne par-ci par-là. Sur tous les marchés de plein air ou autre, il y a des stands de chapeaux. C'est pas très compliqué, généralement ils ne valent pas très cher. Bon, pourquoi les gens, et je suis étonnée aussi que vos conseillers, madame, ne conseillent pas de porter des chapeaux. On conseille de boire, de ceci, de cela. On est au début de l'émission. Portons des chapeaux, madame.

Pour que les gens portent, on voit des petits enfants tout rouges dans leur poussette. Pourquoi n'ont-ils pas un grand chapeau qui les protège au moins jusqu'aux épaules ? Pourquoi les gens ne pensent-ils pas, alors ils ont chaud, ils sont là, ils se plaignent. Pourquoi n'ont-ils pas un chapeau sur la tête, madame ? C'est la question que j'aimerais poser d'une part, et je voudrais leur conseiller, j'en parle en connaissance de cause, quand il y a du soleil, on porte un chapeau. Un chapeau de paille, un chapeau de toile, un chapeau... Voilà, on porte un chapeau, un grand, un petit, mais on porte un chapeau. Pierre Cesarini, oui, portons un chapeau.

1:18
Invité

Il y a une hiérarchie dans le conseil, quand même, très clairement. Quand le soleil est au-delà d'un indice du V de 3, et en particulier, lorsqu'il est encore au-dessus de 5, typiquement entre midi et 16h, le premier conseil, c'est plutôt rester à l'intérieur. Trouver un espace ombragé au minimum, là où il y a une voile d'ombrage, sous des arbres, rester à l'ombre. Et le deuxième conseil, c'est si on est dehors, c'est chercher et rester à l'ombre. Et parmi les moyens qu'il y a de rester à l'ombre, le port de chapeau, à bord large. Évitez la casquette, à moins qu'elle ne le protège-oreille et protège-nuc. Et évitez le bob aussi, le bob, c'est 2 cm de bord.

Les chapeaux australiens ont des bords au minimum de 2 inches, ça fait à peu près 7 cm, pour être perçus comme un équipement de protection réellement efficace, notamment recommandé et presque obligatoire pour les gens qui travaillent dehors, par exemple. Le chapeau, on vous rejoint totalement. Madame, on n'avait juste pas eu le temps de le préciser. Portez les chapeaux, c'est évidemment quelque chose qu'on adorait.

2:10
Présentateur

Docteur Maubecq, sur le vêtement, je voudrais revenir à notre première interlocutrice qui disait « Voilà, moi quand je sors, je mets un vêtement, une chemise ». C'est la protection la plus efficace ?

2:21
Invité

Alors, la protection vestimentaire est importante. Il faut porter plutôt des manches longues. Les habits qui sont sombres protègent davantage que les habits qui sont clairs. Et vous savez qu'aujourd'hui, on a des vêtements anti-UV qu'on peut acheter et qui sont très efficaces. L'avantage par rapport à la crème solaire, c'est qu'on n'a pas besoin de renouveler les applications. La protection reste de façon prolongée et permanente. Tant qu'on porte le vêtement anti-UV. Donc, c'est très utile, par exemple, si on va à la plage ou si on fait de la montagne, d'avoir ce type d'habits pour se protéger le plus efficacement possible.

3:04
Présentateur

Y compris les adultes, parce qu'on voit beaucoup d'enfants aujourd'hui à la plage porter ce type de vêtements,

3:09
Invité

beaucoup moins les adultes. Tout le monde devrait devenir adepte de ce type d'habits. Surtout s'il s'agit de se baigner avec. Parce que le problème du coton, des fibres qu'on comporte habituellement, c'est que ça devient très transparent, sombre ou clair, ça devient très transparent quand c'est mouillé.

3:26
Présentateur

Et pour le coup, ça ne protège plus.

3:27
Invité

Et ça ne protège plus. C'est des indices de protection de l'ordre de 2. C'est-à-dire qu'il y a la moitié du rayonnement qui passe. Je vous confirme que c'est tout à fait insuffisant. Et évidemment, c'est là que se trouvent intéressants les vêtements anti-UV. Ça apporte une protection, y compris lorsqu'on est mouillé.

3:41
Présentateur

Nous sommes en ligne avec Godin. Bonsoir Godin.

3:44
Auditeur

Oui, bonsoir. Ma question était la suivante. Je suis à la peau très blanche et très fragile. Donc j'essaye de me protéger. Pas toujours très bien. Mais la question que je me posais, c'est qu'on voit sur les chantiers, sur des maçons, des couvreurs, qui travaillent toute la journée sans maillot et qui ne semblent pas souffrir du tout du soleil. Donc la question, c'était est-ce que ces gens-là développent des cancers plus que les autres ou est-ce qu'ils sont protégés par leur type de peau ?

4:21
Présentateur

Une réponse, Pierre Césarini.

4:23
Invité

Écoutez, oui, bien sûr que malheureusement, ils développent des cancers de la peau. Alors, ce n'est pas tellement le mélanome dont on parlait tout à l'heure, mais plutôt celui qu'on appelle l'épidermoïde, qui est reconnu comme maladie professionnelle dans nos pays voisins, en Allemagne, en Suisse, en Belgique. Pas encore en France, mais c'est probablement une affaire de moi. L'Organisation mondiale de la santé et l'Organisation internationale du travail ont publié un rapport, il y a quelques mois de cela. 60 000 décès par an, dont 20 000 attribuables à une activité professionnelle d'extérieur.

Des gens dans le secteur du BTP, des gens dans le secteur agricole, mais tous les gens qui travaillent beaucoup dehors, si on y réfléchit un peu, les postiers, parce que c'est des cancers de la peau qui surviennent plutôt sur des faces qui sont exposées de façon chronique, typiquement le visage. Et donc, typiquement, les policiers, les postiers, les gens qui font des métiers d'encadrement, de sport ou d'activité d'extérieur, les animateurs de centres aérés, tous les professeurs de sport, tennis, golf, foot et autres, sont beaucoup exposés et font ces cancers de la peau-là.

Et bien sûr, on a un peu plus de temps, je crois, pour intervenir, par rapport au mélanome qui métastase très vite, mais pour autant, ça tue. Ils sont très nombreux, plus nombreux en tout que le mélanome. Et c'est un enjeu de santé au travail et de santé publique majeur. Et évidemment, il y a beaucoup de chemin à faire, parce que malheureusement, ce que nous rapporte votre auditeur est très, très vrai. On voit beaucoup trop de gens qui travaillent dehors toute la journée sans les protections qui vont bien.

5:44
Présentateur

Benoît Elbaud, enjeu de santé publique majeur. Que faites-vous avec les entreprises qui sont obligées d'avoir des gens qui travaillent dehors ?

5:53
Invité

Aujourd'hui, il y a tout un tas d'entreprises qui sont concernées. Il faut savoir qu'en fait, c'est une responsabilité de l'entreprise. La sécurité au travail, comme toute sécurité au travail, que ce soit liée aux conditions extérieures ou à d'autres conditions. Et donc, la médecine du travail et l'entreprise développent des séances d'information, des systèmes de protection pour les personnes. Alors après, ils l'utilisent ou ils n'utilisent pas. C'est vérifié ou c'est pas vérifié. Depuis quelques années, comme vous le savez maintenant, il y a une obligation pour toutes les entreprises de proposer une mutuelle à leurs salariés.

Et ces mutuelles proposent dans leur package aussi des actions de prévention et parfois spécifiques en fonction des risques spécifiques des salariés pour essayer de faire de la prévention. Et après, vous savez, il y a toujours ces deux notions. Il y a avoir la connaissance du risque et la manière de s'en protéger et utiliser les méthodes de protection. Et puis des fois, ce n'est pas toujours aussi confortable qu'on le souhaiterait. Voilà, donc il y a une marche entre la connaissance du risque et des moyens de l'éviter et la pratique et les changements de comportement. Et là, il faut un peu de temps.

Ce qu'on considère aujourd'hui, et une de vos auditrices le disait, il y a 20 ans, il y a 25 ans, on parlait beaucoup moins de ces choses-là. On avait moins de chapeaux, il y avait des enfants à la plage. On voit quand même qu'avec le temps, les messages de prévention et les méthodes de protection s'améliorent quand même grandement dans la population générale et dans les professions à risque. Donc on voit que ça fonctionne et que de plus en plus, les gens font attention. Mais ce n'est pas encore suffisant et votre expert l'a dit, on voit encore des cancers qui arrivent et chez des personnes particulièrement exposées.

7:32
Présentateur

Sur le même sujet, nous avons Louise en ligne. Bonsoir Louise. Bonsoir. On vous écoute.

7:38
Invité

Voilà, donc moi je suis ouvrière agricole dans le maraîchage biologique et donc je voulais un petit peu rebondir sur ça. Donc nous, on est exposés dans les moments les plus critiques des indices UV. Donc c'est-à-dire que par exemple cet après-midi, moi je désherbais à 15h30, voilà, en plein soleil. Je suis sensibilisée par rapport aux risques des indices UV, mais disons que je trouve que les personnes avec qui je travaille le sont peu. En fait, je crois que le monde agricole est peu conscient des risques. Je vois beaucoup de mes collègues qui ne se protègent pas. Il n'y a pas de chapeau, il n'y a pas de crème solaire.

Moi, j'essaye de me protéger, ça coûte assez cher parce qu'en fait, pour avoir une crème solaire qui est efficace et qui protège l'environnement, c'est vite très cher. Les vêtements anti-UV, ça m'intéresse aussi beaucoup, mais au niveau financier, c'est compliqué, sachant qu'un ouvrier agricole, c'est le cynique. Donc voilà, on parlait de justement le fait que les personnes ont conscience des risques dans le monde agricole. Je ne crois pas. En tout cas, moi, là où je travaille et les personnes que je côtoie, ce n'est pas du tout le cas. Et l'accès, on va dire, à des vêtements techniques, l'est encore moins.

Moi, je trouve que ce serait important qu'il y ait l'État qui puisse aussi protéger et soutenir les ouvriers agricoles, le monde agricole avec des aides financières, par exemple, crème solaire, vêtements techniques.

8:51
Présentateur

Voilà. Merci beaucoup, Docteur Maubecq. Revenir peut-être sur ce point de la crème solaire. Elles sont toutes efficaces au même niveau. Comment on choisit bien sa crème solaire ?

9:02
Invité

Alors, c'est important de prendre une crème solaire avec un indice UV supérieur ou égal à 30. Répéter les applications de façon régulière. Mettre de la crème en quantité suffisante. On dit que pour couvrir le corps d'un adulte, il faut l'équivalent de 6 ou 7 cuillères, l'équivalent de 35 millilitres, 30 à 35 millilitres pour couvrir un corps. Donc vous voyez, ça fait une grande quantité qui va épuiser rapidement les tubes. Et donc, en effet, ça peut être un frein, le coût des produits pour se protéger. Ces protections doivent être avec un indice d'autant plus élevé si vous allez, par exemple, à la mer ou à la montagne ou si vous avez des facteurs de risque de cancer cutané connus.

Dans ce cas-là, il faut vraiment se protéger encore plus.

10:00
Présentateur

J'ai beaucoup de questions sur les crèmes solaires. J'en profite pour vous les transmettre. Celle de Jeannette. Est-il possible de parler du problème des crèmes solaires qui sont souvent de mauvaise qualité au niveau des pesticides et autres ingrédients néfastes pour la santé ? Christelle est à peu près sur le même type d'interrogation. Elle nous dit que les crèmes solaires sont souvent dites polluantes pour les sites naturels. C'est un dilemme qui me questionne. Alors, que faire ? Pierre Césarini.

10:29
Invité

Honnêtement, on pourrait passer trois ou quatre émissions entières.

10:33
Présentateur

Sur les crèmes solaires ?

10:33
Invité

Sur les sujets des crèmes, oui. Le problème que ça me pose, c'est qu'en fait, toutes les instances, qu'elles soient nationales en France ou internationales, recommandent tous d'utiliser de la crème, mais en dernier recours. Si on met en application les messages qu'on a commencé de distribuer. Évitez les heures où ça cogne le plus. Privilégiez la recherche d'ombre. Privilégiez la protection vestimentaire. Il reste quoi à protéger ? Quelques centimètres carrés, quelques dizaines de centimètres carrés. Les yeux. Les yeux vont être protégés par le port de lunettes, le soleil, qui ne coûte pas très cher. Je voudrais revenir aussi sur votre auditrice agricultrice qui évoquait le coût.

11:12
Présentateur

Oui, il y a un problème financier, même pour un vêtement.

11:14
Invité

Non, il n'y a pas de problème de coût. Vraiment, je veux vraiment contredire ce point-là. Des lunettes de soleil efficaces ne coûtent pas très cher. Des crèmes solaires efficaces, si on utilise la quantité qui est recommandée, qui certes doit être appliquée généreusement, pour avoir la protection qu'on cherche. Mais des indices 50, si on applique la quantité, on va bloquer 98% des UV. En fait, on n'a pas vraiment besoin de cette protection-là. On a besoin de bloquer comme un t-shirt. C'est-à-dire, grosso modo, 80 ou 90% des UV. Donc, petite surface, quantité raisonnable de produits, fait qu'on n'a pas besoin de beaucoup de crèmes, y compris quand on travaille dehors.

Parce qu'il y a aujourd'hui des vêtements techniques qui ne coûtent pas très cher, qui sont et rafraîchissants, donc qui sont portables, qui couvrent manches, manches longues bien évidemment, le col, le protège-nuque, le chapeau à bord large. Tous ces éléments-là, oui, on coûte un petit billet, mais un petit billet, il y a des tas de vêtements qui ne sont pas techniques et qui protègent très correctement des UV. Donc, vraiment, du bon sens, votre auditrice désherbée à 15h30, je ne sais pas si c'est possible de faire autrement.

12:18
Présentateur

Oui, elle n'a peut-être pas le choix, on n'a pas le complexe.

12:21
Invité

Peut-être pas, elle pourra nous le dire. En tout cas, dans les premières recommandations qu'on donne en secteur professionnel, réfléchir et le plus possible réorganiser ou organiser le travail pour que les tâches les plus exposées se fassent le matin tôt, éventuellement en fin de journée, mais on sait qu'en termes de température, la fin de journée est assez violente, assez problématique. Donc, voilà, réfléchir à des organisations du travail. La MSA travaille énormément sur le sujet. Toutes les caisses régionales de la MSA, à ma connaissance, se sont emparées de ce sujet, mettent en place des actions de prévention. Alors, bien sûr, il faut du temps.

Précision, le 1er juillet est rentré en application un décret qui oblige de façon extraordinairement précise les employeurs à s'emparer de la question de la prévention du coût de chaleur et de l'exposition au rayonnement solaire. Il faut le temps que ça se mette en place, mais c'est en cours. On a quand même des raisons de penser que les choses vont évoluer positivement. Elles ont commencé au demeurant. Juste deux chiffres. Nous étions, il y a 30 ans, à une incidence du mélanome qui était de plus 7 à plus 8 % par an. On doublait le nombre de nouveaux cas de mélanome tous les 10 ans, il y a 30 ans. On n'est plus qu'eux.

Alors, c'est très insatisfaisant, j'en conviens, mais on n'est plus qu'eux à 3 % d'augmentation. Donc, les gens ont fait des efforts. Oui, on ne porte pas assez de chapeaux. Nous, on ne porte pas assez de vêtements anti-UV. Oui, les enfants continuent à prendre trop de coups de soleil. Oui, les travailleurs d'extérieur ne sont pas assez protégés. Mais c'est mieux. Mais on progresse.

13:42
Présentateur

On est en ligne avec Vincent. Bonsoir.

13:45
Auditeur

Bonsoir.

13:46
Présentateur

On vous écoute, Vincent.

13:47
Auditeur

Je vous appelle, moi, pour l'étape après. Donc, j'ai 65 ans. J'ai eu des coups de soleil dans ma jeunesse. Et donc, j'aimerais qu'un dermatologue regarde ma peau une fois par an. Et donc, c'était le cas pendant une quinzaine d'années ici dans la région de Montpellier. Et puis, ma dermatologue est partie en retraite. Et aujourd'hui, c'est impossible, impossible d'avoir un rendez-vous chez un dermatologue. Alors que Montpellier, ce n'est pas un désert médical.

14:14
Présentateur

Docteur Maubecq, une réponse peut-être à Vincent sur le manque de professionnels.

14:19
Invité

Écoutez, la Société française de dermatologie alerte régulièrement notre ministère sur le problème de la démographie des dermatologues qui est en chute. Donc, on a parfaitement conscience de ces difficultés. On est obligé, les dermatologues aujourd'hui sont obligés d'axer leur prise en charge sur les patients les plus à risque. Et donc, on comprend que vous êtes confrontés à des difficultés. Donc, aujourd'hui, on demande aux patients d'en référer à leur médecin traitant qui les oriente en fonction du risque et de l'examen vers le dermatologue.

15:03
Présentateur

Oui, c'est ce que j'allais dire. Un médecin généraliste peut examiner des grains de beauté et savoir si quelque chose pose problème.

15:11
Invité

Certains médecins traitants commencent à avoir la connaissance du dépistage des cancers cutanés. En tout cas, un médecin traitant peut évaluer en s'appuyant sur des scores comme le score des collègues de Nantes dont je vous parlais, d'évaluer les risques présentés par ce patient et l'orienter vers un dermatologue si le patient est à risque. Et puis, demain, avec les progrès technologiques d'intelligence artificielle et de façon évidente, le dépistage va évoluer avec des outils qui seront disponibles certainement assez prochainement.

15:58
Présentateur

Je poursuis juste quelques secondes. Est-ce qu'il est bon de s'auto-évaluer, de regarder soi-même ces grains de beauté ?

16:04
Invité

Oui, c'est recommandé tout à fait. Et d'ailleurs, la Société française de dermatologie fait une campagne dans ce sens actuellement. Yes, I can. Les patients peuvent s'auto-examiner et c'est fortement recommandé. Et donc, ce qui est important, c'est qu'on puisse repérer les grains de beauté qui sont différents des autres. Et si on a beaucoup de grains de beauté, s'ils se mettent à évoluer, c'est aussi un signe d'alerte. D'autant plus si on a au-delà de 50 ans.

16:36
Présentateur

Une question de Catherine sur notre messagerie WhatsApp. J'aimerais savoir si les UV passent à travers les vitres des voitures fermées quand on roule. Je me retourne vers vous, Benoît Elbaud, parce que Nouvelle-Aquitaine, c'est lieu de passage, lieu de chasser, croisé. Est-ce que dans les voitures, il faut faire attention aussi ?

16:54
Invité

Oui, oui, ça passe. Je pense que les autres intervenants pourront le confirmer. Donc, en effet, les UV passent à travers les vitres des voitures. Ça protège un peu, mais pas totalement. Donc, c'est vrai qu'il faut aussi... On a aussi des populations à risque qui sont souvent sur la route, les camionneurs ou autres, qui ont des expositions au soleil à travers les vitres. Et donc, il faut aussi faire attention et se protéger quand on est dans sa voiture, même quand on a la clim et qu'on est au frais. Donc, il faut aussi se protéger les UV.

17:25
Présentateur

Pierre César-Rény, vous pouvez bien réagir.

17:27
Invité

Le verre coupe les UVB. Donc, on ne va pas prendre de coup de soleil derrière une vitre. Au moins, d'ailleurs, un pare-brise qui est relativement épais. Par contre, il y a des doses d'UVA conséquentes qui traversent effectivement le verre. Et pour les gens qui travaillent toute l'année dans des habitacles dont on n'a pas équipé, parce qu'il y a des équipements, il y a des verres teintés, il y a des verres sur lesquels on peut appliquer un film anti-UV. Il faut faire ça absolument pour protéger les professionnels de la route.

17:51
Présentateur

On peut mettre les espèces de chaussettes là aussi ?

17:53
Invité

Alors, les départs soleil, ça c'est pour l'enfant qui est dans la voiture le temps d'un trajet alors qu'il est mal placé dans la voiture par rapport à la position du soleil. Mais pour les gens qui travaillent toute l'année, les agriculteurs qui sont dans les tracteurs, il y a des équipements qui, une nouvelle fois, ne coûtent pas très très cher et qui viennent couper les UV et qui vont même avoir des effets thermiques pour réduire l'usage de la clim. Ce qui, par les temps qui courent, n'est peut-être pas un luxe.

18:16
Présentateur

Nous sommes en ligne avec Jérôme. Bonsoir, vous aviez une question ?

18:19
Auditeur

Oui, bonsoir. Moi, je me posais la question pour avoir croisé quelques personnes se baladant avec quelque chose qui ressemblait à des parapluies que j'utilisais comme ombrelle. En tout cas, c'est ce que j'ai cru comprendre. Je voulais savoir si ce type d'équipement, qui est plutôt destiné à protéger la pluie, pouvait aussi protéger des UV.

18:40
Présentateur

Les ombrelles, docteur Mobeck, c'est une bonne idée ?

18:43
Invité

C'est utilisé beaucoup en Asie et c'est extrêmement efficace. Vous savez, en Asie, les gens sont très précautionneux vis-à-vis du soleil. On n'a pas la culture du bronzage. Au contraire, on a plutôt la culture de la peau très blanche. Et toutes les femmes asiatiques utilisent ces parapluies. On les voit à Paris régulièrement. Tout ce qui fait de l'ombre est à privilégier. Parasol, ombrelle, voile d'ombrage. Rester, marcher à l'ombre, le trottoir qui est à l'ombre. Rester le plus possible à l'ombre. C'est aussi simple que ça.

19:14
Présentateur

Je voudrais juste revenir un instant sur les yeux. On en a parlé très rapidement tout à l'heure des lunettes de soleil. On en voit qui pullent sur les stands de plage. On en voit aussi vraiment pas cher, marque de fast fashion qu'on ne va pas citer. Comment on choisit une bonne paire de lunettes, Pierre Césarini ?

19:31
Invité

Il n'y a pas vraiment d'enjeu. Les lunettes de soleil, elles sont toutes fabriquées avec le même matériau, qui est du plastique. Dès lors qu'il est teinté, il va amener le confort qu'on recherche. On peut être plus ou moins teinté, évidemment, si vous partez faire le GR20 en Corse, que vous allez croiser des nevées. Il faut vraiment des catégories 4. Là, c'est très très foncé. Pour le commun des mortels, on va dire, des comportements plus ordinaires, une catégorie 3. Une catégorie 3, ça filtre 90% de la lumière. Donc ça donne 85% de la lumière. Ça donne vraiment un confort. Et toutes les lunettes distribuées en Europe, aujourd'hui, sont avec un élément qui va filtrer les UV.

Et ça fait le job. Et il n'y a pas besoin de dépenser des fortunes pour ça. Docteur Maubecq ? Il faut que les gens sachent que c'est important de se protéger les yeux parce que l'exposition aux UV expose au risque de cataractes, d'une part. Et d'autre part, si vous portez des lunettes, prenez des lunettes assez larges parce que ça vous protégera l'œil, mais aussi la peau autour qui est susceptible où des cancers de la peau peuvent se développer aussi. C'est sûrement le point le plus important. La couverture. Choisissez des lunettes avec des branches larges, une forme enveloppante pour bien couvrir, bien protéger l'œil des rayons du côté, plus protéger la peau autour des yeux.

20:48
Présentateur

Nous sommes en ligne avec Daniel. Bonsoir Daniel. Bonsoir. On vous écoute.

20:54
Auditeur

J'avais juste une remarque concernant la mode parce qu'il y a quelque chose qui n'a pas changé quand même, je trouve, dans les publicités qui concernent le textile, le maquillage, la bonne santé, le sport, etc. C'est que généralement, les gens sont quand même bien bronzés. Et ça n'aide pas beaucoup à faire passer le message comme quoi, en fait, on peut vivre sans bronzage.

21:14
Présentateur

Il y a une culture à changer, Pierre Césarini ?

21:17
Invité

Ce serait l'idéal, revenir à la mode de la peau blanche qui a été quand même le standard pendant des siècles et des siècles.

21:23
Présentateur

Et qui est le standard en Asie, on dit.

21:25
Invité

Et qui est effectivement un standard encore en vigueur dans d'autres pays, en particulier en Asie. Là encore, j'attire quand même l'attention sur une étude qui avait été menée au début des années 2000, où on a revu toutes les couvertures des magazines féminins de mode parentalité et où on a vu clairement la couleur de bronzage de référence s'éclaircir. Alors, on n'est pas revenu à la mode de la peau blanche, mais des bronzages commettés à la mode dans les années 70-80 sont aujourd'hui complètement ringardisés quand même. Il faut le savoir, quoi.

21:51
Présentateur

Et ce n'est pas parce qu'on est bronzé qu'on est protégé. Alors, on ne prend peut-être pas de coup de soleil, mais attention quand même au risque à long terme, docteur Maubec.

21:59
Invité

Oui, en fait, le bronzage, c'est déjà quelque part une attaque de la peau, enfin une altération de la peau qui fabrique de la mélanine, justement pour arrêter les UV. et ces peaux risquent de vieillir de façon prématurée. On vieillit tous, la peau devient ridée, se couvre de tâches, mais c'est accéléré si on bronze de façon répétée. Et ne constitue pas une barrière infranchissable. Il faut vraiment le répéter aussi. Ce n'est pas parce que vous avez déclenché votre bronzage, là, vous avez la chance de pouvoir bronzer.

22:32
Présentateur

Parce que c'est vrai qu'on se dit souvent ça, c'est bon, j'ai les gens bronzés. Oui, on ne prend plus de coups de soleil, moins.

22:37
Invité

Notamment les UVA qui ne donnent pas de coups de soleil ou très marginalement, vont pénétrer et vont traverser le bronzage assez allègrement et créer des dommages sur les cellules, accélérer le vieillissement, créer l'oxydation des cellules et ça, ça donne aussi des risques de cancer.

22:49
Présentateur

Jean-Michel est en ligne avec nous. Bonsoir Jean-Michel. Vous nous entendez ? Vous nous appelez une Martinique ?

22:57
Invité

Oui, tout à fait.

22:58
Présentateur

On vous écoute.

23:00
Invité

Voilà, moi je suis professionnel de la mer. J'ai travaillé à la mer pendant 10 ans en Méditerranée. On se protégeait moyennement, disons période chaude, oui, mais l'hiver, on va dire novembre, décembre, janvier, février, on ne se protégeait pas parce qu'il ne faisait pas chaud. Donc j'ai mangé mon capitale soleil sur le visage. Donc ça aujourd'hui, je sais, j'ai un risque, il n'y a pas de problème, je l'assume.

Par contre, aujourd'hui, j'interviens auprès de futurs professionnels de la mer en Martinique et on travaille sur le soleil, bien sûr, mais vous en avez très peu parlé sur les lunettes parce qu'il y a énormément de cas de cataractes en Martinique et donc on sensibilise les futurs professionnels de la mer sur ce problème-là.

23:44
Présentateur

On se protège les yeux, on l'a dit pendant l'émission, effectivement. Oui, docteur Mabek ?

23:49
Invité

Je pense que c'est très important d'avoir des gens comme vous qui témoignent de leur expérience auprès d'autres personnes parce que le message passe différemment et merci de porter cette mission.

24:02
Présentateur

Peut-être assez rapidement, j'en ai parlé en introduction, toutes ces modes, tatouages solaires, de concours du plus gros coup de soleil, on fait quoi contre ça ?

24:12
Invité

Moi, je dirais qu'on n'en parle pas pour le laisser le plus possible sous le tapis, que surtout personne n'ait l'idée saugrenue de faire des choses pareilles. Alors, au niveau de la Société Française de Dermatologie, on a pris le parti de l'évoquer, d'en discuter. Quand on est interrogé à ce sujet-là, il y a eu beaucoup d'interviews. Je crois que les jeunes n'ont pas trop la conscience du risque de cancer cutané et de vieillissement prématuré vu leur âge. Je crois que le message, c'est qu'il faut leur expliquer que s'ils veulent garder leur capital de bonne qualité, et il faut se protéger. C'est plutôt dans ce sens-là.

24:55
Présentateur

Merci beaucoup à nos invités. Eve Maubec, vous êtes dermatologue à l'hôpital Avicenne à Bobigny, Pierre Cesarini, directeur délégué de Sécurité solaire, et puis Benoît Elbaud, directeur général de l'ARS en Nouvelle-Aquitaine. Merci.

25:09
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Canicule : marche à l'ombre  · Pourquijevote