"François Bayrou doit mener une politique de synthèse et de compromis, il sera sous la surveillance du Parlement et du RN", prévient Laurent Jacobelli
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France Info Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. La Mayotte, effectivement, touchée par le cyclone Chido. 11 morts ce matin. La dévastation sur l'archipel de l'océan Indien. Est-ce qu'à ce stade, vous jugez la réponse de l'État, la réponse gouvernementale suffisante ?
Écoutez, nous jugerons. Je crois qu'il y a eu une réunion de crise tout de suite. Les ministres concernés se sont réunis et ont parlé de l'action. Nous espérons que l'État jouera son rôle. Ce sont des moments où l'on doit être solidaire, solidaire de la population. Déjà, je m'adresse à tous nos compatriotes maorais, à toutes les familles de victimes et on pense très fort à eux. Rappelons que c'est le 101ème département français, que ce sont des compatriotes à Mayotte. Le problème, si vous voulez, c'est que c'est une catastrophe qui s'ajoute à une catastrophe, ce cyclone Chido. Pourquoi ? Parce que Mayotte, c'est déjà 25% de la population qui habite dans des bidonvilles.
C'est déjà un tiers de la... 100 000 personnes. Oui, c'est un tiers de la population qui n'a pas l'eau courante. C'est un État sanitaire et sécuritaire catastrophique. On a un peu l'impression que Mayotte a été le grand oublié des départements français. On ne pourrait pas imaginer que l'Auser, la Moselle ou la Seine-Saint-Denis soient considérés et traités comme l'est aujourd'hui Mayotte. Et malheureusement, quand vous avez un cyclone qui arrive et que les habitations sont faites de tôles, que vous n'avez déjà pas l'eau courante, eh bien, c'est encore plus difficile à gérer que ça ne le serait n'importe où. Donc, il est temps maintenant d'être solidaires avec nos compatriotes.
Je le rappelle, les Mahorais sont des Français qui ont fait le choix de la France, qui vivent une situation quotidienne extrêmement difficile depuis des années, notamment à cause de l'immigration massive qui vient des Comores. Je rappelle que 50% de la population de Mayotte est étrangère et donc aujourd'hui, ce qui leur arrive, ce cataclysme qui leur tombe dessus, est encore un malheur supplémentaire. Il faudra demain doubler d'attention pour ceux qui vivent à Mayotte et qui sont nos frères de France.
Vous faites le distinguo d'entrée de jeu entre les compatriotes et les personnes en situation irrégulière. Bruno Retailleau précise aussi, d'ailleurs, que les deux catégories de personnes seront secouries. Mais c'est vraiment utile de faire cette précision-là aujourd'hui.
Alors, vous n'avez pas compris mes propos, vous les interprétez mal. Il faut venir en aide à tout le monde. Voilà. On ne va pas laisser quelqu'un s'occuper.
Ça vous a choqué d'une certaine façon que lui fasse le distinguo dans le secours ?
Pourquoi c'est intéressant de le dire ? Ce n'est pas pour stigmatiser. Et bien évidemment, les personnes qui viennent d'ailleurs et qui sont à Mayotte n'ont pas provoqué le cyclone. Je pense que c'est évident à l'esprit de tout le monde. En revanche, le fait qu'il y ait cette précarité due à une immigration incontrôlée fait qu'il y a aujourd'hui des bidonvilles. Et ce sont ces bidonvilles qui font qu'il y a aujourd'hui des gens qui sont sans-abri. Et donc, bien évidemment, il faut aider tout le monde. Il n'y a pas de hiérarchie dans le malheur. Donc, n'interprétez pas mal ce que j'ai dit.
Sur les propos de Bruno Retailleau, cette fois précisément, est-ce que c'était bien utile de faire cette précision ?
Écoutez, je ne sais pas. Je ne suis pas dans la tête de Bruno Retailleau. Vous l'auriez fait, vous ? J'aurais dit exactement ce que je viens de dire maintenant avec le premier message qui est un message de soutien et d'aide. Il ne faut pas réfléchir plus que ça. Il faut envoyer de quoi nourrir, héberger et soigner. C'est une évidence et c'est l'urgence. D'ailleurs, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont dès hier exprimé leur solidarité. Vous savez que Marine Le Pen va très souvent à Mayotte. C'est une terre qui lui est chère et qui nous est chère, comme l'ensemble des Outre-mer. Et une fois encore, c'est le moment de se dire, de se poser.
Pourquoi cette île est autant délaissée par le pouvoir central ? Pourquoi cette île est livrée à toutes les menaces et à tous les dangers ? Malheureusement, il y a un danger là d'urgence. Il faut aider, mais il faut réfléchir à plus long terme.
Gérard Larcher, ce matin dans la tribune dimanche, dit qu'il souhaite le maintien de Bruno Retailleau à son poste de ministre de l'Intérieur. Est-ce que vous aussi, vous estimez que c'est un bon ministre qui doit rester à son poste ?
Écoutez, moi, quand j'écoute Bruno Retailleau, c'est vrai que parfois, j'ai envie de lui laisser mon poste, pratiquement de porte-parole du Rassemblement National, parce que quand il parle d'immigration, il a à peu près le même discours que nous. Mais vous savez, de l'imitation à l'action, il y a un pas. Pour l'instant, on l'a beaucoup entendu parler, mais il n'a pas eu le temps d'agir.
Voilà, trois mois.
Je suis très honnête en le reconnaissant. Nous, on verra bien, c'est au pied du mur qu'on voit le maçon. Non, s'il nous apporte un projet de loi sur l'immigration. Ce serait un bon signal pour vous, ORN, s'il restait ? Mais je ne sais pas. Nous, ce qu'on veut, c'est de l'action. Le seul bon signal que nous attendons... Vous dites vous-même que dans les propos, en tout cas, il n'y a assez fort... Vous savez, les mots, c'est facile. Les mots, c'est facile. Ça n'engage à rien, souvent. Malheureusement, surtout en politique et surtout chez les LR. Donc, ce qu'on attend maintenant, c'est des actions.
Un projet de loi d'immigration, par exemple, qui redéfinisse le droit du sol, le regroupement familial, qui remette les contrôles aux frontières, qui stoppe les aides sociales à ceux qui sont arrivés illégalement en France, qui recrée ce qu'on a appelé, injustement, la double peine. C'est-à-dire qu'un étranger qui commet un crime ou un délit grave doit repartir immédiatement. Si nous, on a des preuves et ce projet de loi d'immigration, alors nous dirons oui, nous sommes contents que M. Retoyeux soit là. Pour l'instant, c'est un peu prématuré.
On parlera de l'équilibre politique que va devoir trouver François Berry, ou dans un instant, juste un mot sur l'autre actualité du jour, qui est la visite du pape en Corse. Oui. C'est une première.
C'est vrai.
Vous attendez quoi de cette visite ?
Écoutez, d'abord, je ne me mêle pas de religion, mais le pape qui vient en Corse, c'est, je crois, sous le symbole de la paix. Il va prononcer un message attendu, je crois, notamment de tous les pratiquants en Corse. Nous, on attend qu'il y ait du monde, que tout se passe bien, et que le pape soit bien accueilli. Évidemment, c'est toujours un honneur de le recevoir en Corse.
Alors, justement, il dit qu'il ne vient pas en France. Il dit qu'il vient en Corse. De même qu'il n'est pas venu en France, il est venu à Marseille, qu'il n'est pas venu à Strasbourg, qu'il est venu... Enfin, qu'il n'est pas venu en France, qu'il est venu à Strasbourg. Un pape qui ne dit pas qu'il vient en France. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Il a un problème avec la France, à vos yeux ?
Écoutez, j'espère que non, puisque...
Qui ne vient pas à Notre-Dame.
Oui, oui, je sais bien, mais j'espère qu'il n'a pas un problème avec la France, parce que toutes ces ouailles du monde entier doivent avoir la même valeur à ses yeux. Et vous comprenez que des pratiquants soient déçus en France ? Je peux l'entendre, mais moi, je ne suis pas non-sapostolique. Vous savez, je ne peux pas traduire la pensée du pape. Et puis, en tant qu'élu français, élu de la nation, je me suis en chef d'État, le pape. C'est vrai, mais je m'efforce à toujours être laïque et ne pas interpréter la parole du pape. Moi, ce que j'espère, c'est que tous les Français qui ont la foi pourront y trouver un moment de bonheur.
Et en venant en Corse, il vient sur une très belle île et il vient en France.
Vous dites discours de paix, il vient surtout... C'est une visite qui est surtout liée à la Méditerranée et au sujet migratoire, à nouveau. Dès 2013, quand il avait commencé son mandat, il était allé à Lampedusa, il a fait escale depuis en Grèce, à Chypre, à Malte, au Maroc et donc à Marseille. Il disait secourir les personnes abandonnées sur les flots est un devoir de civilisation. Comment vous l'entendez ?
Il parle en tant que pape. Et évidemment, tendre la main à son prochain quand il est en difficulté, c'est, je crois, un élément fondamental de la religion.
En tant que pape, en tant que dirigeant, en chef d'État, en tant qu'humain ?
Mais il faut aller plus loin. L'immigration, ça veut dire aussi des gens qui meurent en Méditerranée parce qu'ils espèrent un Eldorado. Il faut donc secourir, là-dessus ? L'immigration, ça veut dire aussi l'insécurité sur notre territoire. Et on le sait, il y a un lien entre insécurité et immigration. Ça veut dire un problème sur le travail, sur l'appauvrissement de notre société, sur nos caisses sociales qui sont vides. Donc l'immigration, parfois, lorsqu'elle n'est pas choisie, lorsqu'elle n'est pas contrôlée, est un malheur pour ceux qui partent, un malheur pour ceux qui reçoivent.
Il ne vient pas du tout avec ce discours. Vous n'entendez pas comme un appel au devoir de civilisation, justement.
Dans son discours, justement, notre devoir de civilisation, c'est de protéger notre civilisation. Voilà notre premier devoir. Et de ne pas perdre notre identité, de ne pas perdre nos fondamentaux, de ne pas perdre nos valeurs. Vous savez, l'immigration qui veut importer, par exemple, le voile... On les perd en les accueillant et en les accueillant dans les flots. La femme est considérée, la femme, comme l'esclave de l'homme, pour nous, ou comme, en tout cas, pas l'égal de l'homme, pour nous, ce ne sont pas nos valeurs.
Donc, en quelque sorte, vous dites que le pape est un gentil idéaliste, quoi, c'est un peu...
Je dis que le pape a le droit de dire exactement ce qu'il veut dire, mais je dis qu'à partir du moment où il entre sur le champ plus politique, évidemment, on peut avoir des points de divergence.
Laurent Jacobelli, vous restez avec nous. On se retrouve juste après le Filinfo, 9h moins 20, Marine Clette.
Au moins 11 morts ont été enregistrées au centre hospitalier de Mayotte, annonce le centre opérationnel départemental. Des blessés sont encore pris en charge en urgence absolue, près de 250 en urgence relative. L'archipel s'est réveillé ce matin, ravagé par le passage d'un cyclone tropical. Plusieurs associations dénonçaient une diffusion sans aucune mise en contexte ni explication. La Cinémathèque fait finalement marche arrière et annule la projection du film Dernier Tango à Paris, prévu ce soir. Une décision devant les risques sécuritaires encourus, indique la direction. Ce film comporte une scène de viol par l'acteur Marlon Brando sur l'actrice Maria Schneider.
Des milliers de personnes dans la rue de plusieurs villes d'Israël hier soir. Il faut maintenir la pression sur le gouvernement et pour la libération des otages à Gaza, disait-il il y a quelques jours. L'un des principaux médiateurs, le Qatar, a indiqué qu'un nouvel élan de négociation avait lieu pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. L'État hébreu intensifie en tout cas ses frappes en Syrie depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad. L'Observatoire syrien des droits de l'homme compte plus de 60 frappes israéliennes sur des sites militaires hier. Et puis le forfait de Clément Noël ce matin, il ne sera pas au départ du slalom, tout à l'heure à 10h.
Le skieur français a lourdement chuté hier lors de la première manche du slalom géant à Val d'Isère. France Info Et ce matin, Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, vice-président du groupe à l'Assemblée nationale. François Bayrou va recevoir tous les groupes la semaine prochaine, à commencer par le vôtre. Demain, c'est ce que nous indiquent nos confrères de la tribune dimanche. Marine Le Pen a reçu l'invitation.
Alors écoutez, je ne sais pas, mais c'est en tout cas la moindre des choses. Nous sommes le premier groupe du Parlement, en tout cas de l'Assemblée nationale.
Ils ont eu un contact, elle ou Jordan Bardella, avec François Bayrou, avec les entourages depuis vendredi ?
Écoutez, s'ils en ont eu, c'est poser leur la question. En tout cas, il est normal qu'aujourd'hui... C'est pas de parole. Oui, je sais bien, mais il est normal aujourd'hui que M. François Bayrou, Premier ministre, reçoive le Premier Parti de France. Je pense qu'il faut arrêter avec l'invisibilisation du Rassemblement national, avec le mépris de nos 11 millions d'électeurs. Aujourd'hui, M. Bayrou...
Vous trouvez que depuis les dernières législatives, vous avez été invisibilisé ?
En tout cas, M. Barnier a fait comme si on n'existait pas, pratiquement. C'est-à-dire que nous lui avions fait quelques demandes assez précises.
Il a répondu à un certain nombre de vos demandes.
Un certain nombre de demandes, mais très partiellement, trop partiellement.
Il a plus répondu à vos demandes qu'à celles de la gauche, par exemple. C'est un fait, Laurent Jacobéli, on peut être d'accord là-dessus.
Si vous voulez, moi, en tout cas, je vois que M. Barnier voulait nous proposer 40 milliards d'attaxes et d'impôts supplémentaires. Un milliard et demi, pardon, de surenchérissement du coût du travail, c'était pas acceptable. Donc, on verra bien si M. Bayrou est capable d'écouter l'ensemble de ses oppositions. Parce qu'il ne faut pas que M. Bayrou oublie. Il a peut-être porté Emmanuel Macron sur les fonds baptismaux de l'Elysée. Il ne doit pas en être l'héritier. Il doit mener aujourd'hui une politique qui est une politique de synthèse et de compromis. Et donc, ça ne peut pas se faire sans le Rassemblement national.
D'un mot, pardon, vos lignes rouges que vous avez évoquées, vous gardez exactement les mêmes ? Oui, bien sûr. Donc, le reste, qui peut reprendre le même budget, juste abandonner les lignes rouges que vous aviez fixées. Donc, on rappelle, c'est le remboursement des médicaments.
Oui, la désindexation des retraites. Ça, c'est fait. Le matraquage fiscal sur les entreprises et sur les particuliers.
Donc, c'est juste ça. Et après, le reste, tout va bien.
Écoutez, il va falloir se mettre au travail. La première urgence, c'est faire un budget. Faire un budget, ça ne veut pas dire promettre aux Français qu'on va leur donner un coup de massue fiscal. Ça ne veut pas dire aux entreprises, on va vous couper l'air et se vous asphyxier. Ça ne veut pas dire, on va continuer les mauvaises dépenses de l'État et faire les poches des Français. Si M. Bayrou l'a compris, tant mieux. Nous, on l'a dit, on ne fera pas de censure a priori. On est là pour être constructif. Mais M. Bayrou doit se rappeler qu'aujourd'hui, nous sommes dans une logique de budget de rupture. Plus personne ne veut de la Macronie macroniste.
Plus personne ne veut d'un budget à la Emmanuel Macron. Mais si plus personne ne veut de la Macronie macroniste, pourquoi pas de censure a priori ? Qu'est-ce qu'il explique ? Parce que M. Bayrou doit être non pas le Premier ministre qui continue la politique d'Emmanuel Macron, mais un Premier ministre qui prend en compte l'ensemble des groupes de l'Assemblée nationale. Il se présente comme un conciliateur, il dit que le centre est une forme de synthèse. Mettons-le au travail, voyons bien s'il le fait. Il sera sous surveillance du Parlement et du Rassemblement national.
Pour vous, on est dans la même situation qu'il y a trois mois, en fait. Exactement. On avait compris depuis vendredi qu'il y avait une forme de bienveillance. Ce n'est pas tant le cas, ce n'est pas extrêmement clair.
Je ne sais pas ce que vous appelez une bienveillance. Il y a aujourd'hui un Premier ministre. Nous ne voulons pas le chaos, nous ne voulons pas malmener les constitutions. Nous espérons que ce Premier ministre amènera la France vers un budget équilibré. Équilibré, ça veut dire qu'il n'attaque pas à nouveau le pouvoir d'achat des Français, qu'il respecte ceux qui travaillent et ceux qui ont travaillé, qu'il respecte les entreprises, qu'on n'ait pas un budget qui creuse la dette et qui augmente la masse fiscale parce que là, pour le coup, on sait que ça ne marche pas. On veut un budget qui donne du dynamisme aux entreprises, qui permette la relance de la consommation.
Il faut les faire, les 60 milliards d'économies. De vivre dignement, bien sûr qu'il faut les faire.
60 milliards cette année, vous êtes d'accord ?
Non mais avec ce chiffre, vous êtes d'accord ? Et pourquoi pas plus ? Ce qu'il faut, c'est prendre la liste des dépenses de l'État. Ça veut dire qu'on coupe précisément. Attendez, parce que la méthode est importante. Une par une. Et pour chaque dépense, se demander si elle est utile ou inutile. L'augmentation du budget de cotisation de la France vers le budget de l'Union Européenne. 5 milliards supplémentaires, c'est inutile. Il faut les reprendre.
J'ai besoin d'une précision. Vous dites 60 milliards, pourquoi pas plus ? Mais si on trouve plus... Non mais attendez, vous avez fait un contre-budget. Il prévoit combien votre contre-budget d'économie ?
Notre contre-budget amenait plusieurs milliards supplémentaires d'économies. Et notamment à la fin de la négociation avec M. Barnier, il y avait encore 1,5 milliard supplémentaires d'économies. Parce qu'on peut en trouver. J'ai parlé de l'abondement de la France au budget de l'Europe qui va augmenter. Pourquoi ? Et tout ça, en quelques semaines, vous l'avez trouvé ? L'aide médicale d'État, plus d'un milliard. Les comités théodules, des centaines et des centaines de millions. La fraude sociale et fiscale. Il faut prendre ligne à ligne du budget de la nation et se dire à chaque fois est-ce que c'est utile ? Est-ce que c'est inutile ?
Mais ne pas attaquer les acquis sociaux des Français ou le portefeuille des Français. Il faut faire ce travail préliminaire qu'aucun chef de l'État ou chef de gouvernement n'a fait depuis 40 ans.
Dans le budget Barnier, il y avait 40 milliards d'économies, 20 milliards de hausses d'impôts. C'est un budget qui n'est pas passé, qui n'a pas trouvé de majorité. Qu'est-ce qui fait que là, en quelques semaines, la situation ? Parce que le but, on est bien d'accord, c'est d'éviter quand même cette instabilité permanente. Mais on est tous d'accord là-dessus.
Vous êtes d'accord là-dessus ? On est tous d'accord là-dessus. Donc il faut faire des compromis de partout. Il faut éviter que la France se paupérise et il faut éviter l'instabilité. Il y a deux méthodes. Soit on demande plus d'efforts aux Français sans diminuer le train de vie de l'État, soit on commence par diminuer le train de vie de l'État et si jamais il y a un reliquat, on demande vraiment aux Français, les plus riches, des plus riches, de faire un tout petit effort. Mais le premier travail doit être de diminuer les dépenses de l'État, ce que n'a pas fait M. Barnier. M. Barnier a cédé à la facilité. Il a dit, il manque de l'argent, on va aller faire les poches des Français.
La politique du racket, le budget du racket, ça suffit.
Est-ce qu'il y aurait une forme de, je reprends le mot, bienveillance quand même, de reconnaissance du RN vis-à-vis de François Bayrou eu égard au fait qu'en 2022, c'est quand même lui qui lui offre le parrainage à Marine Le Pen pour être candidate aux présidentielles à quelques jours de la date butoir ? Il y a un certain nombre de points de convergence. La proportionnelle qui en est un également.
C'est un peu important la proportionnelle. Là, on vous sent très dur ce matin. Je ne suis pas très dur.
Et on se dit, la reconnaissance n'a pas beaucoup sa place là-dedans.
Mais attendez, il n'est pas une question de reconnaissance. On parle de l'avenir de la France. Est-ce que M. Bayrou sera censuré par nous a priori ? Non, notamment pour les raisons que vous venez d'évoquer. François Bayrou s'est toujours comporté vis-à-vis des électeurs du Rassemblement National, du mouvement et de ses élus en républicains. Voilà. Il les a toujours considérés comme des élus de la même valeur que les autres en prenant nos électeurs comme des électeurs qui avaient la même valeur que les autres électeurs. Nous, nous souhaitons que ça continue comme ça. Pour autant, je ne suis pas en modèle.
On va dire, vos ennuis judiciaires respectifs des deux côtés jouent aussi. Pardon ? Les ennuis judiciaires respectifs, même si les deux affaires du RN et du MoDem ne sont pas de même ampleur. Mais François Bayrou s'est prononcé contre l'exécution provisoire en cas d'inéligibilité de Marine Le Pen. Ça, ça joue ?
Il a toujours, en tout cas, prononcé des paroles vis-à-vis du Rassemblement National qui étaient dues à ses convictions. Mais ce n'était pas une hostilité, j'allais dire, spontanée et pratiquement génétique de la classe politique contre le RN. C'est pour ça que nous avons bon espoir aujourd'hui de faire un compromis et d'arriver à un budget équilibré qui protège les Français.
On verra ensuite, après les mots, quels seront vos actes. Merci Laurent Jacobelli, député Rasson, le RN national de la Moselle.
Laurent Jacobelli