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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 mars 2022 28 min

Vote utile à gauche, guerre en Ukraine, enquête pour emploi fictif... Le 8h30 franceinfo spécial présidentielle de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Firmier Roussel. Bonjour à vous, à vous deux. Vous répondrez à partir de 9h aux auditeurs et aux téléspectateurs de France Info 0809 40 41 42. Vous serez interrogé comme tous les autres candidats à l'Elysée et leur soutien qui vont défiler dans ce studio d'ici au premier tour de cette élection. Pour éviter une crise de gaz, les Français doivent faire des efforts. C'est ce que dit la patronne de GRDF ce matin dans une interview aux Echos. Elle demande à tous les Français de baisser le chauffage, d'arrêter de prendre des bains et de leur préférer des douches. Est-ce que vous êtes prêts vous à le faire ?

0:31
Fabien Roussel

D'abord je voudrais rappeler à la présidente de GRDF, directrice générale de GRDF, qu'il y a aujourd'hui dans notre pays 12 millions de nos concitoyens en précarité énergétique. 12 millions qui ont du mal à se chauffer déjà. Se chauffer c'est le minimum quand même vital. Je pense à ses parents qui ont un bébé. Le meilleur qu'on puisse leur offrir c'est de l'amour, c'est un toit et c'est bien sûr de la chaleur et de pouvoir se chauffer convenablement. Aujourd'hui pour 12 millions de nos concitoyens, ils n'ont pas la possibilité de se chauffer. Je rencontre chez moi dans ma permanence des retraités qui me disent qu'ils touchent 950 000 euros par mois de pension.

Et ils ont vu leur facture de gaz d'électricité enflée avec des régulations insupportables à payer. Et la réponse c'est, comme il y a la guerre, s'il vous plaît, baissez le chauffage. Ils ne se rendent pas compte ceux qui disent ça, dans quel pays on vit. Que Bernard Arnault baisse deux points son chauffage, qu'il ne prenne plus de bain Bernard Arnault, qu'il arrête de faire tourner ses yachts, que tous ceux qui ont des grands lofts...

1:42
Locuteur 10

Vous dites que c'est aux plus riches de faire des efforts ?

1:43
Fabien Roussel

Non, mais d'abord ce sont les 10% les plus riches qui émettent plus de pollution que la grande majorité de nos concitoyens qui consomment peu et qui ont des petites maisons, voire qui habitent dans des passoires thermiques. Donc ne demandez plus, arrêtons de demander à ceux qui n'ont rien ou qui ont peu de continuer de devoir faire des efforts, quand les efforts, ce sont à ceux qui ont tout et qui ont beaucoup qui peuvent produire ces efforts.

2:09
Présentateur

Vous dites que c'est aux riches de faire des efforts, Fabien Roussel, pourtant quand on regarde... Aux plus riches. Aux plus riches, quand on regarde votre programme sur l'énergie, vous proposez de baisser la fiscalité, les taxes sur l'ensemble des énergies pour les riches comme pour les pauvres, pour tout le monde. Est-ce que c'est vraiment communiste ? Oui, parce que nous n'avons pas nous... Vous allez faire baisser la facture de M. Arnault pour reprendre cet exemple.

2:27
Fabien Roussel

Oui, d'accord, mais Bernard Arnault, il verra l'impôt sur la fortune être rétabli et triplé. Et donc Bernard Arnault, il paiera un juste impôt, un juste ISF, parce que M. Macron lui a fait en plus ce cadeau. M. Macron lui a fait le cadeau aussi de la taxe d'habitation... Mais vous aussi, vous lui faites un cadeau. Non, non, non, non, moi je rétablis l'impôt sur le capital, je rétablis la fiscalité sur les grandes multinationales. Avec moi, McKinsey, c'est terminé. 2,4 milliards, 2,3 milliards de deniers publics versés à des cabinets conseils qui ne payent même pas d'impôts en France parce qu'ils ont mis leur siège fiscal dans des paradis fiscaux, c'est scandaleux.

Donc il y a de la gabegie, de la dépense d'argent public honteuse. Donc nous avons des économies à faire et nous demandons à ces grandes entreprises, ces multinationales, de ne plus faire d'évasion fiscale, nous récupérerons cet argent. Bernard Arnault, non seulement il peut baisser le chauffage, il peut prendre des douches, mais il payera l'ISF et ça nous permettra, oui, de baisser les taxes sur le gaz, sur l'électricité et sur l'essence pour tout le monde, y compris pour celui qui est l'agriculteur qui en a besoin pour son tracteur, y compris pour ces entreprises qui produisent du textile, qui produisent de l'acier et qui ont besoin de payer moins cher le gaz et l'électricité.

3:45
Locuteur 10

En attendant, le gaz et l'électricité augmentent. Est-ce qu'il faut, d'ici votre élection éventuelle, accepter le gaz de schiste américain ?

3:52
Fabien Roussel

C'est un des... je l'avais déjà révélé d'ailleurs.

3:56
Locuteur 10

Si ça permet de faire baisser la facture ?

3:58
Fabien Roussel

Vous voyez un petit peu les contradictions dans lesquelles nous nous sommes mis tout seuls. Le gaz de schiste, nous l'avons interdit en France. Ça fait mal à la terre. Ça fracture la terre et les sols. C'est interdit parce que c'est hyper polluant. Ça introduit des produits toxiques dans la terre. Et ce gaz de schiste, il est autorisé aux Etats-Unis. Et bien aujourd'hui, on est en train de dire, comme on est en guerre contre la Russie, on va limiter nos importations de gaz de Russie, mais on va faire venir du gaz pourri des Etats-Unis. Mais donc qu'est-ce qu'on l'accepte ? Mais oui, on se met, c'est pour ça que je vous dis, on se met nous-mêmes dans des situations compliquées.

Mais quelle est votre proposition à vous ? C'est pour ça que moi, je dis que nous ne sommes pas obligés aujourd'hui de nous priver du gaz russe. Nous en dépendons que de 17% d'ailleurs. C'est moins grave que pour les pays du nord de l'Europe qui en dépendent de 40 à 90%. Il faut à chaque fois que l'on prend de telles mesures, d'embargo contre l'économie russe, mesurer les responsabilités, les conséquences pour les peuples d'Europe et pour les peuples français.

5:06
Présentateur

Donc on ne réduit pas les importations de gaz russe. On investit. Aujourd'hui, on revient sur ce qui a été décidé par l'Europe.

5:12
Fabien Roussel

C'est bien pour ça que je suis le seul à gauche à demander d'investir et dans l'énergie nucléaire et dans les énergies renouvelables. Les deux, contrairement à ce qui a été dit sur votre chaîne ce Massin concernant mon programme écologiste pour le climat, je ne dis pas qu'il faut investir que dans les énergies hydrauliques. Je dis qu'il faut investir et dans le nucléaire et dans les renouvelables et le solaire et même investir. Non, non. Et investir, non. On a dit que l'hydraulique. J'ai été lire votre papier, ça m'a fait hurler.

5:44
Présentateur

De quoi vous parlez exactement ?

5:46
Fabien Roussel

De papier comme quoi mon classement sur ma lutte contre le climat...

5:50
Présentateur

Alors, votre référence à l'analyse qui n'est pas celle de France Info, qui est celle de Shift Project, qui est un groupe de réflexion dont France Info a publié les résultats.

5:57
Fabien Roussel

Publié sur votre antenne, nous demandons d'investir massivement, massivement dans l'éolien, dans le solaire et dans le nucléaire, et tout ça dans un grand service public pour contrôler les prix, la distribution et retrouver notre indépendance, notre indépendance y compris vis-à-vis du gaz russe comme du gaz de schiste américain.

6:16
Présentateur

Sur l'énergie, Fabien Roussel, est-ce qu'on peut vous classer dans la même catégorie qu'Emmanuel Macron ? C'est-à-dire plus de nucléaire, plus d'énergie renouvelable, ou est-ce que vous prenez mal ?

6:27
Fabien Roussel

Parce que la différence que j'ai avec Emmanuel Macron, si tous les deux nous partageons la nécessité et l'urgence d'investir dans le nucléaire, nous avons deux différences notables. Moi, je le veux dans un service public de l'énergie incluant le renouvelable, lui ne veut y inclure que le nucléaire, parce que si demain, toutes les énergies renouvelables, les barrages, les éoliennes et le solaire, ça appartient à du privé, à Total ou à BlackRock, on ne va pas voir la différence dans nos facultés. Première différence, la deuxième ? Et la deuxième différence, c'est que je souhaite moi reprendre la maîtrise des prix vis-à-vis de l'Union Européenne.

Le gaz ne doit plus être indexé sur le pétrole, et donc la France a un combat à mener pour reprendre cette souveraineté sur la fixation des tarifs du prix de l'électricité. Une troisième différence, c'est que moi, je suis pour la recherche et pour Astrid. Ce projet Astrid qui nous permettait d'investir dans le nucléaire de demain et qui nous permettrait de consommer la totalité de l'uranium plutôt que 1% comme aujourd'hui, et ce qui provoque plus de déchets.

7:34
Présentateur

Fabien Roussel, invité des Matins Présidentiels de France Info jusqu'à 9h30. Je vous rappelle que vous pourrez l'interroger directement tout à l'heure. Je vous redonne le numéro du standard 0809 40 41 42. Ça, ce sera tout à l'heure à partir de 9h. Pour l'instant, il est 8h40. Voici le fil info avec Armel Balogog.

7:50
Locuteur 3

A la recherche d'un cessez-le-feu en Ukraine, les négociations avec la Russie reprennent à Istanbul sur la table la sécurisation des opérations humanitaires. Le président Emmanuel Macron va appeler Vladimir Poutine aujourd'hui pour parler de l'évacuation des habitants de Mariupol. Mariupol où autour de 10 000 personnes sont mortes selon la présidence ukrainienne. Environ 5 000 ont été enterrées. Amnesty International rappelle la France à l'ordre. Elle est très loin d'être exemplaire dans l'accueil des réfugiés. L'ONG dénonce les différences de traitement entre les Ukrainiens et les autres.

Une station-service sur cinq ne pourra pas appliquer la remise de 18 centimes par litre de carburant à partir de vendredi. La Fédération française des combustibles dénonce sur France Info l'effet pervers du dispositif du gouvernement. Dernière ligne droite pour les élèves de terminale. Les lycéens ont jusqu'à ce soir pour faire leur candidature dans l'enseignement supérieur. La plateforme Parcoursup ferme à minuit. Enfin faux, l'infant juste.

8:50
Locuteur 10

Fabien Roussel, la pression se fait croissante à l'égard des entreprises françaises encore présentes en Russie, dont le groupe Muliès, propriétaire d'Auchan de Décathlon de Leroy Merlin, qui est comme vous, originaire du Nord. Est-ce que le groupe Muliès doit quitter la Russie ?

9:07
Fabien Roussel

Eh bien c'est une décision extrêmement difficile à prendre. D'abord, c'est l'État français qui décide des sanctions économiques avec l'ensemble des pays de l'Union Européenne. Vous seriez président ? Que leur diriez-vous ? Et si l'État le décider, ses entreprises françaises devraient l'appliquer, d'une part. Et d'autre part... C'est pas tout à fait la question de Neila. Oui, mais je vais y répondre. Laissez-moi nuancer. Les questions, c'est pas oui, non, noir, blanc, vrai, faux. Restez ou partir, on peut pas rester à la frontière. Il faut choisir de quel côté on a tiré. Il y a Muliès qui fait ses choix, mais il y a l'État qui décide d'abord.

Ensuite, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe. Nous sommes en guerre contre Poutine. Je fais la différence entre le peuple russe et Poutine. Et donc, les conséquences pour un groupe comme Muliès de quitter la Russie auraient des conséquences dures pour les Russes. Beaucoup de salariés russes qui vivent là-bas. 30 000 collaborateurs, dit le groupe. Alors, comment ils peuvent partir, s'ancrer en Russie et chez ces personnes-là, ces familles-là, ces travailleurs-là, de la colère, de la haine, de la rancœur contre la France ? Comment on arrive à tendre la main au peuple russe pour que justement, ils se disent, les Occidentaux, ce n'est pas notre ennemi ?

Et comment nous, on arrive à dire, ce n'est pas notre ennemi ? C'est une question qui est difficile. Est-ce que c'est possible pour Auchan de quitter la Russie tout en maintenant les salaires avec du chômage partiel ? J'en sais rien. Comment on fait pour conserver... C'est-à-dire du chômage partiel payé par la France ? Non, ce n'est pas la France, Muliès. Il va falloir convaincre Vladimir Poutine. Muliès, c'est du chômage partiel à des salariés russes. C'est le droit russe qui s'applique là-bas. Mais je ne connais pas, je ne sais pas comment ça se passe. C'est pour ça que je vous dis que c'est une situation bien compliquée.

Et d'ailleurs, ça a été dit ici, quand le maire a dit qu'on s'attaque au peuple russe, tout le monde lui est tombé dessus. Et avec raison, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe.

10:55
Présentateur

Il a dit que le but, c'est que l'économie s'effondre.

10:57
Fabien Roussel

Le but, c'est de... Et donc, il y a un débat en Russie. Vous avez vu comment des pacifistes russes, aujourd'hui, manifestent. Il faut pouvoir leur tendre la main.

11:07
Locuteur 10

Vous dites qu'il ne faut pas partir tout de suite à n'importe quelle condition par principe.

11:10
Fabien Roussel

Je dis que les sanctions économiques contre la Russie sont utiles. Que nous ne sommes pas au taquet de ces sanctions. Et qu'il faut pouvoir les graduer. Et qu'augmenter les sanctions économiques contre la Russie, c'est peut-être décider l'État de dire à toutes ces entreprises de quitter. En mesurant les conséquences que cela a, y compris pour les russes. Et de savoir quel choc ça peut provoquer là-bas.

11:33
Locuteur 10

Sur les entreprises françaises en particulier, si je suis votre logique, vous êtes contre le boycott, par exemple, des entreprises françaises qui sont toujours en Russie ?

11:40
Fabien Roussel

C'est, encore une fois, une décision à prendre ensemble. Je ne les mets pas sur le même plan.

11:46
Locuteur 10

Vous ne vous boycotez pas au champ ?

11:48
Fabien Roussel

Non, je ne boycote pas au champ aujourd'hui, non. Non, je ne boycote pas au champ.

11:53
Locuteur 10

C'est un appel du gouvernement ukrainien, en disant de boycotter toutes les marques françaises.

11:57
Fabien Roussel

Oui, je le sais bien. Mais c'est une décision de la France à prendre. On a mis un boycott contre l'Iran, qui est beaucoup plus dur que celui contre la Russie. Aujourd'hui, le boycott des Américains de l'Union Européenne contre l'Iran, il est beaucoup plus dur que celui contre la Russie. Donc, vous voyez bien qu'on peut graduer nos sanctions économiques. Ce sont des décisions à prendre ensemble, en mesurer les conséquences pour le porte-monnaie des Français, en mesurer l'utilité pour le peuple ukrainien, mais en mesurer aussi les effets sur le peuple russe, parce que je ne voudrais pas que ça radicalise les Russes et que ça les soude autour de Poutine. C'est ça l'enjeu.

Ne confortons pas le dictateur Poutine en lui donnant raison si demain, tout le monde partait en provoquant là-bas de la misère et du chômage.

12:40
Présentateur

Dans votre programme, Fabien Roussel, vous demandez que la France sorte d'abord du commandement de l'OTAN, puis de l'OTAN tout court. Vous ne pensez pas que Vladimir Poutine sortira le champagne ?

12:48
Fabien Roussel

Vous savez, M. Foyvel, sauf si vous ne m'avez pas écouté depuis le début de cette campagne, j'ai dit à de nombreuses reprises que ce n'était plus d'actualité en cette période de guerre, évidemment.

12:57
Présentateur

C'est un point qui figure encore dans votre programme,

12:59
Fabien Roussel

mais qui est mis de côté, qui est gelé pour l'instant. Mais bien sûr, c'est un point qui figure dans mon programme, et à l'époque, comme tous les candidats, quand nous avions écrit notre programme, nous disions qu'il était important de remettre à plat l'ensemble des traités internationaux, car ils sont écrits pour alimenter la confrontation. Encore cette guerre froide. J'expliquais d'ailleurs que nous étions toujours dans un climat de guerre froide entre le monde occidental contre la Russie et la Chine. Pour être parfaitement, la sortie de l'OTAN ne fait plus partie de notre programme du coup. La sortie...

Non, non, je dis, mais je dis, que quand nous aurons retrouvé la paix, quand nous aurons réussi à faire plier Poutine, quand il sera retiré de l'Ukraine, il sera temps, à l'échelle du continent européen et des 50 pays qui le composent, il sera temps de remettre à plat les traités et les alliances qui nous unissent pour que l'on puisse mettre en place un traité, une alliance basée sur la sécurité collective. Et c'est ça qu'il faut mettre à l'ordre du jour. Et je ne suis pas le seul à le dire. Même l'ONU, le fonctionnement de l'ONU, est à revoir.

J'ai entendu aussi quelqu'un comme Nicolas Sarkozy dire qu'il fallait revoir l'ensemble des alliances qui gouvernent le monde parce qu'elles ne fonctionnent pas. Et donc, oui, il sera temps de rediscuter de tout cela. Mais quand nous aurons retrouvé la paix...

14:24
Présentateur

Je pense que vous êtes le premier candidat communiste à une élection présidentielle à citer Nicolas Sarkozy.

14:29
Fabien Roussel

Et alors, moi, je ne suis pas, justement, avec des œillères. Quand il y a quelque chose que je partage d'un autre candidat, je le dis parce que je suis comme ça, c'est tout. Je n'ai pas de problème. Dominique de Villepin et l'intervention qu'il avait faite contre la guerre en Irak au siège de l'ONU, nous l'avons salué, félicité. Et je partage ça, tout comme je partage les interventions du Bervédrine sur les questions internationales. Étrange de votre camp, disons. Mais oui, mais je veux dire, en politique étrangère, la France a toujours eu une voie singulière et originale et j'y suis très attaché.

15:02
Locuteur 10

Fabien Rouchel, toujours en matière de défense dans votre programme, vous proposez la fermeture des bases extérieures. Et pour revenir à ce que vous venez de dire sur l'OTAN, la France actuellement a envoyé un contingent de soldats dans le cadre de l'alliance transatlantique en Roumanie pour dissuader Vladimir Poutine de tenter une incursion plus à l'ouest. Vous, Président, est-ce que ces soldats seraient aussi partis en Roumanie ou est-ce que, dans le cadre de cette logique, ils n'opèrent pas sur des terrains extérieurs, en tout cas pas avec l'OTAN ou pas sur des bases extérieures, ils seraient restés en France dans leur caserne ?

15:33
Fabien Roussel

Mais là, dans la période de guerre, dans ce climat de guerre qui est là, oui, nous avons besoin, l'ensemble des pays de l'Union européenne, de nous concerter et de parler ensemble, et oui, de protéger les frontières en y mettant les forces armées de chaque pays pour prévenir, et bien prévenir Poutine qu'il n'a pas un pied à mettre de plus en dehors de la Russie, bien sûr.

16:07
Présentateur

Fabien Roussel, vous dites, si je suis élu, j'organiserai un débat en France pour savoir s'il faut rétablir le service national. Pourquoi organiser un débat et pas afficher clairement la couleur avant l'élection en disant, je rétablis très clairement le service pour tout le monde ?

16:20
Fabien Roussel

Vous n'avez pas une opinion tranchée là-dessus ? Parce que le service militaire a été abrogé, supprimé, tel qu'il existait avant, quand on donnait une année de sa vie, et seulement les hommes, d'ailleurs, pour s'engager dans l'armée. Moi, je suis pour retrouver, retrouver, pas rétablir, retrouver un lien entre les Français et la défense nationale, et l'armée. Un lien, d'ailleurs, pas réservé qu'aux hommes. Femmes, hommes. Et je suis pour créer ce lien. Mais je vois bien que quand j'en parle avec les jeunes, notamment, ce n'est pas forcément leur tasse de thé. Et je les comprends bien. Et on ne pourra jamais revenir sur ce qui existait avant. Du coup, ce serait quoi ? Comment ?

Mais moi, je veux le construire et le faire avec les jeunes. Donc, je n'ai pas d'idée plus précise. En plus, nous n'avons même plus les moyens logistiques. Enfin, je veux dire, les casernes dans lesquelles on accueillait les jeunes avant pour faire leur service militaire. On n'en a même plus les moyens logistiques. Donc, comment on crée ça ? Comment on crée un lien ? Est-ce que c'est quelques semaines dans l'année pendant son cursus scolaire ? Ou est-ce que c'est rien du tout ? Parce qu'il n'y a pas une volonté et c'est un choix du pays de conserver, de mettre entre les mains de militaires professionnels, d'une armée professionnelle, la défense du pays.

Laissons la discussion ouverte avec les jeunes et les organisations de jeunesse en priorité.

17:46
Présentateur

Fabien Roussel, vous restez avec nous dans un petit quart d'heure maintenant. Les auditeurs et les téléspectateurs de France Info pourront vous interroger directement sur votre projet, sur votre programme. programme 0809 40 41 42. 0809 40 41 42, c'est le numéro du standard. C'est un appel non surtaxé, évidemment. On se retrouve dans un instant. Le temps du fil info à 8h51 avec Armel Balogog.

18:07
Locuteur 3

Fabien Roussel répond à GRDF. Arrêtez de demander aux plus pauvres de faire des économies d'énergie, demandez aux plus riches, déclare le candidat communiste à la présidentielle sur France Info. Le réseau de distribution de gaz appelle les Français et à réduire leur consommation dès maintenant en baissant leur chauffage d'un degré. Les candidats à la présidentielle manquent d'ambition pour le climat. Aucun des programmes ne prévoit de respecter les objectifs de l'accord de Paris de 2015. Résultat d'une analyse de l'association spécialisée Les Shifters en partenariat avec France Info. Les deux candidats les plus proches des objectifs, ce sont Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.

Conséquence de l'augmentation des cas de Covid-19, un salarié sur dix est absent chaque jour dans les entreprises, calcul de l'association des DRH. Nouveau rame de négociation entre la Russie et l'Ukraine aujourd'hui en Turquie. Les Ukrainiens veulent au moins résoudre des problèmes humanitaires, au mieux obtenir un cessez-le-feu après plus d'un mois de guerre.

19:07
Présentateur

France Info, Élysée 2022, les matins présidentiels. Fabien Roussel, Anne Hidalgo, la candidate socialiste, affirme que la complaisance de Jean-Luc Mélenchon avec Vladimir Poutine le discrédite dans cette course à l'Élysée. Est-ce que vous dites la même chose ?

19:22
Fabien Roussel

Je ne vais pas commenter ce que dit Anne Hidalgo sur Jean-Luc Mélenchon. Chacun exprime ses opinions, son projet pour la France. Donc je ne vais pas commenter la position de Anne Hidalgo concernant la Russie. Directement sur la position de Jean-Luc Mélenchon sur la Russie. Non, je suis pour que les Français choisissent en fonction du programme des uns et des autres. Moi je viens ici pour vous parler de ma vision de la France, du monde, de l'Europe. Et c'est la seule chose qui me préoccupe. Poutine est un nationaliste qui flirte avec les extrêmes droites européennes et françaises. Il a d'ailleurs réussi à souder une partie du peuple russe avec lui.

Et c'est aussi pour ça que c'est préoccupant. C'est pour ça que je fais la distinction entre le peuple russe et lui. Parce que j'aimerais bien, j'aimerais bien que ce peuple russe qui lui est pacifique et qui veut que ça change là-bas puisse faire entendre sa voix.

20:15
Présentateur

Il faut continuer à lui parler aujourd'hui. Il faut maintenir un lien, trouver une... Ménager une porte de sortie.

20:20
Fabien Roussel

Oui, et pour le coup, de la même manière que l'a fait le président de la République, j'aurai une main ouverte pour dialoguer avec lui, mais une main ferme pour aussi lui dire les choses et lui dénoncer la violation du droit international, la violation de la souveraineté de l'Ukraine et de ses frontières. Mais pour pouvoir faire obtenir un cessez-le-feu, pour pouvoir obtenir un corridor humanitaire, et j'en ajoute un, un corridor alimentaire, parce qu'il faut pouvoir évacuer les céréales qui existent en Ukraine et en Russie pour les pays d'Afrique, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, il faut dialoguer avec Poutine. Il faut obtenir ces corridors pour les êtres humains et pour l'alimentation.

21:06
Locuteur 10

Fabien Roussel, vous dites, les Français, le 10 avril, le 24 avril, doivent choisir en fonction des programmes. Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dit aussi qu'ils doivent regarder les sondages. Il était invité il y a une semaine sur France Info. Écoutez ce qu'il en dit.

21:20
Locuteur 6

On est dans le match du premier tour. Et la question qui est posée aujourd'hui, c'est de savoir si au premier tour, on préfère que les deux premiers, les deux qui se qualifient pour le second, ce soit M. Macron et Mme Le Pen, ou que Jean-Luc Mélenchon ait un candidat de gauche présent au second tour. Et je pense que toute conscience de gauche ne peut pas être insensible au fait qu'on puisse qualifier un candidat de gauche au deuxième tour, qu'on puisse chasser l'extrême droite dès le premier tour.

21:39
Locuteur 10

Toute conscience de gauche ne peut pas être insensible au fait qu'un candidat peut se qualifier au second tour. En l'espèce, Jean-Luc Mélenchon, si on additionne votre score dans notre dernier baromètre Ipsos, 3,5 et celui de Jean-Luc Mélenchon, eh bien la gauche pourrait être face à Emmanuel Macron.

21:52
Fabien Roussel

Mais eux, ils font l'élection présidentielle le nez sur les sondages. Moi, je ne fais pas l'élection présidentielle le nez sur les sondages. Je fais l'élection présidentielle en regardant les Français, en regardant mon pays et en leur disant que le 10 avril, non seulement ils peuvent voter pour leurs convictions, pour leurs idées, pour le meilleur dont ils jugent être le plus proche, parce qu'ils se retrouvent dans ses propos, dans sa manière de parler, dans sa franchise, et c'est ce candidat-là que je veux incarner. Et le 10 avril, ils peuvent non seulement voter pour ça, mais ils peuvent aussi voter pour l'avenir et pour la suite. Et moi, je veux aussi incarner ça.

Incarner cette gauche populaire, républicaine, laïque, qui a mis les pieds dans le plat, sur la viande, l'alimentation, sur le nucléaire, sur la sécurité, sur la laïcité. Je prends tout ça. Et je vais vous dire une dernière chose. Moi, je n'ai pas envie d'être le grand chef de l'opposition. Je veux être le grand chef du rassemblement. Et d'ailleurs, pas le chef tout court. Je souhaite que l'on puisse se rassembler demain pour construire, pour construire une majorité. Et c'est ça l'enjeu.

22:52
Locuteur 10

Donc vous dites que la qualification, ce retour est encore ouverte, en fait.

22:53
Fabien Roussel

C'est ce que je veux dire. Les bulletins de vote, ils sont imprimés. Ils arrivent chez les Français. Donc la question, elle n'est pas celle-là.

22:59
Locuteur 10

Non, est-ce qu'elle est ouverte ? Je veux dire, pour vous, vous dites, Jean-Luc Mélenchon n'est pas forcément le mieux qualifié pour être au second tour de la présidentielle, puisque vous dites...

23:06
Fabien Roussel

Mais c'est les Français qui choisissent. Non, mais tout est ouvert pour le premier tour de l'élection présidentielle. Enfin, on est en train de nous dire que le second tour, c'est Macron-Le Pen. Macron-Le Pen, c'est insupportable, déjà, de dire aux Français, c'est plier, laisser les Français choisir. Il y a une chose que ne supporte pas les Français, c'est qu'on leur dise que ça ne sert à rien qu'ils aillent voter. Ce qui est insupportable, c'est qu'on leur dise qu'il y ait un vote utile, parce que ça voudrait dire qu'il y ait un vote inutile. Ça veut dire qu'il y a des citoyens inutiles. Mais vous voyez comment c'est méprisant, ceux qui parlent comme ça ?

Moi, je leur dis que vous ayez voté à droite, que vous ayez voté à gauche, que vous ne votiez plus, je vous parle à tous. Je ne parle pas qu'à ceux de gauche, justement. Je parle à tout le monde. Et s'il y a des gens, des électeurs, qui ont pu voter Macron, qui ont pu voter à droite, voire même qui votent à l'extrême droite, et qui sont tentés par la candidature des jours heureux que j'incarne, parce que je suis comme je suis, et que je parle comme ça, eh bien, tant mieux. Moi, je l'assume sans complexe, et tant mieux, parce que reconstruire la France des jours heureux, avec des réformes positives, eh bien, c'est possible. Et je veux l'incarner sincèrement et pleinement.

24:10
Présentateur

Un mot, Fabien Roussel, le parquet national financier a ouvert une enquête pour détournement de fonds publics, pour des soupçons d'emplois fictifs, concernant lorsque vous étiez collaborateur parlementaire pendant 5 ans, entre 2009 et 2014. Si vous êtes mis en examen avant le premier tour, est-ce que vous continuerez votre...

24:26
Fabien Roussel

Mais non, mais vous avez eu cette info ?

24:28
Présentateur

Alors, je rectifie, j'ai du défi. Ah oui, rectifier, si vous faites une enquête préliminaire, sur des faits... Comment ça, vous ne savez pas ? Qu'est-ce que vous ne savez pas ? Ce que vous dites, là. L'enquête ?

24:39
Fabien Roussel

L'enquête pour détournement de fonds publics ? Non, il y a eu une enquête de Mediapart. Il y a eu un article sur Mediapart. Mais je n'ai reçu aucun document, qu'une convocation chocouée. C'est-à-dire que vous êtes uniquement au courant de ça

24:48
Présentateur

à travers les articles de presse ? Oui, oui.

24:51
Fabien Roussel

Vous n'avez pas été entendu dans cette affaire. J'ai essayé d'être juste auprès de vos auditeurs, s'il vous plaît, M. Fauvel. C'est sérieux, quand même. Qu'est-ce que j'ai dit ? Parce que vous me portez préjudice en faisant ça. Allez-y. Il y a eu un article de presse dans Mediapart. Depuis cet article de presse dans Mediapart, chez moi, à Saint-Amand-les-Eaux, je n'ai reçu aucune convocation, je n'ai reçu aucune invitation à rencontrer qui que ce soit. C'est une enquête de l'hiver. Je n'ai pas dit que vous étiez mis en examen, ce qui n'est pas le cas. Mais je ne suis même pas au courant qu'il y a une enquête ouverte. Je n'en sais rien.

Donc si vous, vous êtes mieux informé que moi, écoutez, c'est surprenant. Mais pourquoi pas ? La presse est toujours mieux informé que parfois les citoyens. Tant mieux. Mais je ne suis pas au courant. Donc ne dites pas ça tant que, pour l'instant, je ne suis pas au courant. D'accord ? Il n'y a rien. Je n'ai rien reçu dans ma boîte aux lettres.

25:41
Présentateur

Je vous pose la question. Vous l'avez commenté dix fois, cette information.

25:43
Fabien Roussel

Mais j'ai commenté un article. J'ai commenté un article. Apparemment qu'une enquête était ouverte. Non. Mais non. Non. J'ai commenté un article de presse qui me met en cause et qui m'a meurtri. Parce que quand on est un militant communiste, quand on est un assistant parlementaire communiste et qu'on se donne sans compter, eh bien, on est touché. Parce que quand on sait tout ce qu'on fait, du matin au soir, quand on sait que nous, on reverse nos émoluments, quand on sait que nous, on ne s'enrichit pas quand on travaille et qu'on est les seuls à le faire. J'ai d'ailleurs un des patrimoines les plus petits parmi tous les candidats des élections présidentielles. J'ai commenté tout cela.

Mais je ne vais pas...

26:17
Présentateur

J'apprends l'ouverture de cette enquête par voix de presse.

26:20
Fabien Roussel

C'est ce que vous avez dit le 11 mars dernier. Mais j'apprends... Je vous l'apprends pas ce matin. Mais M. Fauvet, ne dites pas qu'elle est ouverte. On n'en sait rien. J'apprends l'ouverture de cette enquête par voix de presse. C'est vous, hein. Mais j'apprends par voix de presse. Et je n'ai pas eu plus... Elle ne vous a pas été notifiée. Je n'ai pas eu plus d'informations, de notifications, d'invictations, de convocations, de qui que ce soit. Voilà, que les choses soient claires. Enfin, ma femme me dit, mais comment ils peuvent dire ça ? On n'a rien reçu dans la boîte aux lettres. On n'a rien reçu dans la boîte aux lettres. D'accord ? Donc la presse dit que... Moi, je n'en sais rien.

26:50
Présentateur

Vous restez avec nous ? Oui, je reste avec vous. Les questions des auditeurs, des téléspectateurs, dans un instant, le temps de... quoi ? De la pub. A tout de suite.

27:05
Locuteur 4

Le CIC présente, chronique entrepreneuriale.

27:07
Locuteur 5

Que manque-t-il sur mon chantier ? Du bois ? Néni, monseigneur. Des pierres ? Néni. Du mortier ? Néni. Néni, Néni, et alors ? Alors, nous manquons de bras. De bras ? Eh bien, prenez des jambes.

27:17
Locuteur 4

Parce qu'on ne gère pas une entreprise aujourd'hui comme on l'a géré hier, le CIC propose une offre de prévoyance et de santé collective pour favoriser le recrutement et la fidélisation de vos salariés en les aidant à faire face aux aléas de la vie.

27:27
Locuteur 1

C'est ça, construire dans un monde qui bouge. CIC. Contrat souscrit auprès d'ACMIRDSA et ACMVSA régi par le Code des Assurances voire conditions sur CIC.fr.

27:38
Locuteur 2

France Info Météo avec le CIC. Être élue banque numéro 1 au podium de la relation client 2022. C'est ça, construire dans un monde qui bouge. CIC.

27:47
Présentateur

Petite précision, Famille Roussel. J'espère que vous faites la même chose avec... Évidemment, comptez sur nous. Famille Roussel, petite précision, lecture d'une dépêche de l'agence France Presse au sujet du débat que nous avons eu il y a quelques instants. Après les accusations du Média en ligne, Mediapart, publié le 20 février, le PNF, parquet national financier, a confirmé vendredi 11 mars à l'AFP avoir ouvert cette enquête des chefs de détournement de fonds publics et recèles.

28:11
Fabien Roussel

On peut passer à la météo ? Eh bien, je ne suis pas informé, hormis par l'AFP. Et donc, j'aimerais bien que vous précisiez que c'est l'AFP qui donne cette information.

28:20
Présentateur

Voilà, précision. Merci. Qui est donnée désormais à l'antenne.

Vote utile à gauche, guerre en Ukraine, enquête pour emploi fictif... Le 8h30 franceinfo spécial présidentielle de Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote