Réforme des retraites, trimestre anti-inflation, polémique autour de son dernier roman... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Laurent Céléchal.
Le gouvernement est accusé ce matin sur France Info par la contrôleuse générale des prisons Dominique Simonot de garde à vue abusives. C'était en marge du mouvement contre la réforme des retraites juste après le 49.3 fin mars. Des gardes à vue abusives et une stratégie même, c'est le mot qu'elle a utilisé, mise en place par le gouvernement pour essayer de faire taire une partie des manifestants. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Je lui réponds que je ne suis ni garde des Sceaux ni ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin a répondu, je crois, de manière très claire. Je voudrais dire aussi que toutes nos actions se font évidemment dans le cadre républicain. Et je voudrais en profiter pour apporter tout mon soutien aux forces de l'ordre qui sont attaquées, harcelées, agressées en permanence dans ces manifestations par des personnes qui ne viennent pas pour manifester mais qui viennent uniquement pour casser. Et face à des personnes qui ne viennent que pour casser, il n'y a qu'une seule réponse, la fermeté et l'autorité.
Elle outrepasse ses compétences, dit Gérald Darmanin, vous êtes d'accord ? Elle se mêle de ce qu'il ne la regarde pas, la contrôleuse générale des privations ?
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, donc je pense qu'il sait de quoi il parle.
Vous parliez des violences. Est-ce que vous en avez pour ce soir, alors que le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur le deuxième référendum d'initiative partagée ? Est-ce que vous craignez qu'il y ait de nouveau d'ailleurs ce soir ?
Non, moi je crois surtout qu'on doit sans cesse laisser la place au dialogue, laisser la place aux institutions. Le Conseil constitutionnel va se prononcer sur ce projet de référendum d'initiative partagée. Nous verrons quelle sera sa décision. Pour ce qui me concerne, je souhaite surtout continuer à faire avancer le pays.
Avancer, c'est-à-dire tourner la page des retraites ? Parce qu'on voit que c'est compliqué. La CGT donne, enfin l'intersyndicale donne déjà rendez-vous en juin, il y a un texte qui va arriver à l'Assemblée, manifestement...
Je vois bien, Néa Latrousse, tous les obstacles qui sont mis pour empêcher la mise en œuvre de cette réforme. Je voudrais rappeler des choses simples. La première, c'est que la réforme des retraites, elle a été adoptée, elle a été validée par le Conseil constitutionnel, et elle a été promulguée par le Président de la République, donc elle doit s'appliquer.
Il n'y aura pas de suspension.
S'appliquer dans les délais qu'a indiqué le Président de la République.
Quelles que soient les manifestations, il n'y aura pas de suspension.
La deuxième chose que je tiens à rappeler, c'est qu'admettons que la réforme des retraites ne soit pas appliquée. Qu'est-ce qu'il y a à la place ? Comment est-ce que l'on fait pour assurer l'équilibre de notre système de retraite par répartition ? Qui est-ce qui va combler les déficits ? C'est les retraités en baissant leur pension ? C'est les salariés en augmentant les cotisations ? Donc il n'y a aucune alternative crédible à la réforme que nous proposons, qui sauve le régime de retraite par répartition, que la baisse du pouvoir d'achat des retraités ou des salariés à laquelle nous sommes profondément opposés.
Je voudrais simplement qu'au lieu de cette course d'obstacles, on comprenne qu'il y a quelque chose qui s'appelle l'intérêt supérieur de la nation. L'intérêt supérieur de la nation, c'est de sauver notre régime de retraite par répartition, pour que tous nous puissions bénéficier de cette solidarité.
Et pour ça, le groupe Liotte, ce matin Charles de Courson sur France Info, vous propose d'organiser une grande conférence, d'en parler tranquillement. Ce ne serait pas un moyen de sortir par le haut de cette crise ?
Un pays peut parler, discuter, dialoguer, c'est nécessaire. Un pays doit aussi, à un moment donné, décider. Décider au nom, je le redis, de ce qui est l'intérêt supérieur de la nation. Aujourd'hui, en France, ce qui tient les Français ensemble, c'est notre système social, c'est notre protection sociale, c'est le fait que jeunes et plus âgés sont solidaires les uns des autres.
Préserver ce système-là, pour moi, je le redis, c'est l'intérêt supérieur de la nation, et je ne vois de la part du groupe Liotte ou de tout autre groupe, aucune alternative, sinon prolonger indéfiniment les discussions, même à un moment donné, il faut bien décider, ou alors faire baisser le pouvoir d'achat des retraités et des salariés pour financer le manque à gagner du système, ce qui me paraît une option profondément injuste. Je crois que la seule solution raisonnable, c'est d'appliquer cette réforme, qui a été désormais décidée, validée et promulguée.
Est-ce que vous avez une évaluation du coût de ce mouvement social ? On voit déjà des mairies, Lyon, Paris notamment, dire que l'État, de toute façon, va devoir venir au secours des communes qui ont vu, par exemple, des biens dégradés.
Ce que je constate, c'est que l'économie française résiste, c'est tout. Donc les mouvements sociaux sont toujours légitimes, du moment qu'il n'y a pas de violence. Les oppositions sont légitimes, même si je garde profondément au fond de moi la conviction que cette réforme des retraites est indispensable pour garantir la prospérité nationale et la prospérité des générations qui viennent.
Mais pour le reste, vous le voyez bien, pas d'impact significatif sur la croissance, puisque la croissance au premier trimestre a été de 0,2, et que contrairement à toutes les prévisions des oiseaux de mauvaise augure, comme je l'explique depuis plusieurs mois, non seulement il n'y aura pas de récession, mais il y a une croissance française qui reste solide.
Et l'indemnisation des mairies, par exemple la mairie de Paris, qui réclame 1,6 million d'euros à l'État.
Nous allons voir quelles sont les demandes des collectivités locales. On ne peut pas systématiquement nous dire qu'il faut que l'État vienne à la rescousse, l'État protège face à la crise actuelle. On ne peut pas systématiquement demander à l'État de venir à la rescousse alors que nos finances publiques, aujourd'hui, doivent être rétablies.
Juste, est-ce qu'on sait maintenant précisément combien d'économies vont être réalisées grâce à la réforme ?
C'est plus de 17 milliards d'euros.
Ça, c'est sur l'ensemble du quinquennat de 2017.
Oui, c'est d'ici 2030, avec un engagement qui a été pris par la Première Ministre et que je rappelle ici.
Garantir, c'est toujours la garantie du rétablissement,
de l'équilibre du système de retraite par répartition auxquelles nous sommes tous attachés.
On voit que la colère s'exprime, vous évoquiez les violences, s'exprime sur les parcours des manifestations avec, par exemple, des super-rettes saccagées à Paris encore lundi. Montent aussi sur les réseaux sociaux des appels à aller perturber, par exemple, des assemblées générales. Attaque dit, l'Assemblée générale de Total Energy n'aura pas lieu. Il faut bloquer les actionnaires. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Mais qu'est-ce qu'on veut ? On veut tuer l'attractivité de la France que nous avons réussi à rétablir avec le Président de la République. Nous sommes aujourd'hui le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en France. Quand un investisseur étranger veut investir en Europe, il se dit, je vais venir en France. Nous allons avoir, dans un peu plus de dix jours, un grand événement de Chousse France où tous les investisseurs de la planète vont se rassembler pour dire, nous allons investir en France.
Vous craignez que ces images de blocage d'Assemblée générale viennent effrayer des investisseurs ?
C'est totalement inacceptable. Enfin, de quoi parle-t-on ? Les casseurs qui débarquent chez LVMH ou qui débarquent dans d'autres boutiques, les casseurs qui débarquent dans des assemblées générales, qui viennent perturber le bon fonctionnement des entreprises et la bonne délibération des actionnaires qui peuvent être vous ou moi ou nos auditeurs, mais c'est totalement inacceptable. Il n'est pas acceptable que dans un pays comme la France, une des grandes nations économiques, les entreprises ne puissent pas fonctionner correctement, délibérer correctement, dialoguer correctement. Il n'est pas acceptable de s'en prendre au magasin. Il n'est pas acceptable de s'en prendre au commerce.
Il n'est pas acceptable d'avoir de la violence contre les policiers. Il n'est pas acceptable de menacer de manière aussi brutale les forces de l'ordre. L'autorité doit avoir le dernier mot dans notre pays. La liberté de manifester, de s'exprimer, oui, pleinement, totalement, entière, mais la casse, la violence, la menace, débarquer dans les commerces, débarquer dans les AG, c'est intolérable et inacceptable.
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, invité du 8h30, vous restez avec nous. 8h40, c'est l'heure du Filinfo, Sophie Echen. Le Conseil constitutionnel se prononce aujourd'hui sur la deuxième demande de référendum d'initiative partagé, le RIP sur la réforme des retraites. Le texte à l'initiative de la gauche propose que l'âge légal de départ n'excède pas 62 ans. Il y a peu de chances que la demande soit acceptée. L'IGPN, la police des polices, envisage de sanctionner plusieurs policiers de la BRAVEM, la brigade motorisée, suite à leurs insultes et leurs menaces contre des opposants à la réforme des retraites.
Fin mars, trois agents sont menacés d'un conseil de discipline, quatre autres d'un avertissement. C'est un pas de plus vers le divorce entre Messi et le Paris Saint-Germain. Le joueur argentin est suspendu après avoir séché l'entraînement lundi. Il était en Arabie Saoudite avec sa famille. C'est une sanction inédite. Des discussions entre le club et l'attaquant étaient en cours en vue d'une éventuelle prolongation de son contrat. Celui-ci s'achève à la fin de la saison. Et puis la ministre des Sports salue un grand dirigeant de rugby mondial. Hommage à Bernard Lapassé, l'ancien président de la Fédération française de rugby. Il est mort hier, il avait 75 ans.
France Info Le 8.30 France Info Néil à la trousse Laura Sénéchal
Toujours avec Bruno Le Maire, ministre de l'économie. On avait hier sur France Info le panier France Info. Ce sont une quarantaine de produits qu'on scrute avec le cabinet Nielsen IQ. Les prix en hausse de 17,6% sur ce panier sur un an en avril. Ça plafonne par rapport à mars, mais ça reste très élevé. Comment on fait baisser l'inflation, Bruno Le Maire, en urgence ? Parce que là, il y a urgence.
Il faut que les industriels participent à la baisse des prix. Les prix de gros sont en train de baisser. Les prix du blé, par exemple. Les prix du fret. Il faut que les industriels répercutent ça.
Vous répétez ça depuis des jours, des semaines.
Comment on est fait revenir à la table des négociations ? Nous allons prendre un certain nombre d'initiatives avec Olivier Grégoire. Les chiffres que vous donnez, c'est effectivement un plafonnement ou une très longue décélération. Mais je veux redire à quel point c'est dur pour nos compatriotes. Notamment les plus modestes. Notamment les familles nombreuses. Quand il faut alimenter une famille nombreuse et que les prix augmentent aussi fort, c'est très dur. Donc nous allons, avec Olivier Grégoire, poursuivre notre action. 1. Nous allons convoquer distributeurs et industriels dès la semaine prochaine au ministère de l'économie et des finances pour accélérer les négociations commerciales.
Je leur ai déjà écrit. Maintenant, nous allons les faire venir à Bercy pour accélérer les négociations commerciales et que les grands industriels, je dis bien les grands industriels, répercutent à la baisse sur les prix à la consommation, la baisse des prix de gros. 2. Nous avons un trimestre anti-inflation. Il marche ce trimestre anti-inflation. Quand vous prenez les prix au début de l'opération, ils ont baissé de moins 5 à moins 7% sur ces produits du trimestre anti-inflation. Et il prend fin à la fin du mois. Cette opération s'arrête le 15 juin.
Nous voulons, avec les distributeurs, prolonger l'opération pour que les distributeurs continuent de s'engager sur la baisse d'un certain nombre de prix, moins 5 à moins 7%, sur ces produits qui sont dans le trimestre anti-inflation. J'en ai déjà parlé avec la plupart des distributeurs. Je salue leur attitude, qui est une attitude constructive, volontariste. Nous prolongerons l'opération au-delà du 15 juin.
Enfin, troisième chose qui me paraît très importante, c'est que nous ayons les distributeurs et les industriels qui soient présents pour dialoguer, qu'on n'oublie pas non plus, j'ai vu le président de la FNSEA il y a quelques jours, que cette baisse des prix ne doit pas avoir d'impact sur nos producteurs agricoles. J'ai été 3 ans ministre de l'Agriculture. Je ne veux pas que ce soit les producteurs agricoles qui payent. C'est déjà très difficile pour eux. Il faut trouver des solutions qui n'affectent pas nos produits.
Vous convoquez donc les industriels à partir de la semaine prochaine à Bercy, mais qu'est-ce qui les oblige à se mettre à la table des négociations ?
Les négociations commerciales, nous avons demandé de les rouvrir avant l'inflation, quand les prix commençaient à fortement augmenter. Ils nous ont dit mais venez à notre rescousse, les prix augmentent sur les marchés, on n'a pas pu répercuter sur les prix à la consommation, du coup nos marges sont en train de fondre comme neige au soleil. Vous avez répondu. J'ai fait le nécessaire, je suis monté au créneau et je leur ai permis de rouvrir les négociations commerciales pour augmenter leurs prix. Maintenant que les prix baissent, ce n'est que justice de demander aux grands industriels de répercuter à la baisse pour le consommateur le prix des produits de grande consommation.
Mais rien ne les y oblige.
Rien ne les oblige
à aller à la table des négociations. Je parie toujours sur le sens de l'intérêt général et je le redis l'intérêt supérieur de la nation. L'intérêt supérieur de la nation c'est que les prix baissent et notre objectif c'est quoi ? Que distributeurs et grands industriels s'engagent dans ces nouvelles négociations commerciales. Et il ne peut pas y avoir de fonctions ? Que nous prolongions et pour l'instant parions sur la bonne volonté. Ça peut fonctionner aussi. Ça a toujours été ma méthode, le dialogue. Mais je n'ai jamais exclu des mesures plus fermes si jamais le dialogue ne fonctionnait pas. D'abord, laissons la place au dialogue.
Enfin, je le redis sur notre objectif, prolonger les opérations au-delà du 15 juin avec l'objectif de faire baisser les prix et de casser la spirale des prix inflationnistes sur les prix alimentaires à l'automne prochain. Je pense que si on s'y met tous, distributeurs, industriels, les pouvoirs publics, nous pouvons casser la spirale de l'augmentation des prix alimentaires à l'automne prochain. Ça doit être notre objectif. Un ralentissement d'abord et casser la spirale ensuite.
Comme vous évoquez justement peut-être des prix qui arrêtent d'augmenter ou en tout cas pour l'augmentation des scélères à partir de septembre, est-ce que ça veut forcément dire que le panier anti-inflation, que ce trimestre anti-inflation est prolongé jusqu'en septembre ? Ou ça, c'est aussi encore un élément à discuter avec ?
Avec les distributeurs, ce que je peux vous dire, c'est qu'ils sont d'accord pour prolonger les opérations au-delà du 15 juin, on va déterminer précisément ensemble la forme et nous avons tous le même objectif, casser cette augmentation des prix à l'automne.
Bruno Le Maire, le pouvoir d'achat en Berne, c'est aussi une aubaine pour un certain nombre de professionnels de l'arnaque. Est-ce qu'il y a des contrôles renforcés de la DGCCRF ? Est-ce qu'on voit augmenter le nombre d'arnaques commerciales ? Notamment sur Internet, on a beaucoup parlé de ces derniers temps des influenceurs qui profitaient aussi un peu de la détresse de personnes en recherche de bons plans sur Internet ?
La DGCCRF, vous avez raison, est totalement mobilisée. Je tiens à saluer le travail qui est fait par les agents, la Direction Générale de la consommation et de la répression et des fraudes. Ils contrôlent tout ce qui peut et tout ce qui doit être contrôlé. Ça peut être les prix dans la grande distribution, ça peut être les marges, c'est aussi les influenceurs. Là, nous avons contrôlé 50 sites d'influenceurs. Sur ces 50 sites d'influenceurs,
nous avons noté
depuis le début de l'année, c'est-à-dire trois fois plus que ce que nous faisions dans les années normales. Nous avons constaté 30 infractions.
30 sur 50 ?
30 sur 50. Donc tout cela est évidemment totalement inacceptable. Il y aura des sanctions, il y aura des injonctions, il y aura des poursuites pénales et nous allons donner les noms des influenceurs qui n'ont pas respecté les règles dans les prochains jours. Je pense que c'est aussi très issuatif. Ce sont des noms connus ? Vous verrez les noms, chacun a sa propre culture. Il y a des noms qui diront quelque chose aux uns et pas forcément aux autres. Mais on ne peut pas accepter que les influenceurs ce soient le Far West. Nous avons fait adopter une loi avec une proposition de loi portée par deux députés qui va permettre de réguler ce secteur.
Je veux aussi protéger les influenceurs qui font un super boulot, qui sont dynamiques, qui sont créatifs contre les arnaques d'autres influenceurs qui du coup développent une mauvaise réputation d'une activité qui pourtant se développe en France. Vous disiez Bouba a raison contrôle et on va donner les noms.
Vous disiez Bouba a raison sur France Info. Bouba, merci, vous lui dites maintenant d'avoir mis le doigt sur ce...
Non, là je dis merci à la DGCCRF qui a fait un super boulot et qui permet de lutter contre les fraudes et les arnaques qui sont inacceptables partout dans les magasins comme sur le net.
Encore un point sur l'inflation Bruno Le Maire. En général, en général, le livret A qui est le placement préféré des Français est revalorisé deux fois par an pour permettre aux épargnants tout simplement de ne pas perdre d'argent lorsqu'ils mettent de l'argent sur ses comptes. Il n'y aura pas de deuxième revalorisation cette année, croit savoir Mediapart. Est-ce que vous nous le confirmez ?
Oui, mais ce n'est pas Mediapart qui décide de la revalorisation du livret A. C'est une proposition qui est faite par le gouverneur de la Banque de France et qui ensuite est validée par votre serviteur.
Ce n'est pas le gouvernement qui décide tout seul ?
Ce n'est pas le gouvernement qui décide tout seul. Il y a une formule, il y a une proposition qui est faite par le gouverneur de la Banque de France et comme je l'ai toujours fait, je retiendrai la proposition du gouverneur de la Banque de France. Si jamais la conclusion de la formule et du gouverneur de la Banque de France c'est que comme l'inflation est très élevée, il faut continuer à augmenter la rémunération du livret A, je suivrai la recommandation du gouverneur. Mais vous avez le pouvoir d'aller plus loin. On peut prendre la décision. On peut toujours déroger dans un sens ou dans un autre.
Je pense que ce n'est pas de bonne politique parce que ça brouille les messages et que ça empêche d'avoir une visibilité sur la politique financière du gouvernement. Et moi je crois à la visibilité, je crois à la stabilité, je crois à la prévisibilité. C'est important pour les investisseurs et c'est surtout important pour nos compatriotes. Donc nos compatriotes doivent savoir que je suivrai la recommandation du gouverneur sur le taux du livret A, que si l'inflation amenait le gouverneur à me faire une proposition d'augmentation de ce taux, je suivrai la recommandation du gouverneur parce que ma première responsabilité c'est de protéger l'épargne des Français.
Surtout dans ces potes de crise, c'est extrêmement important. Protéger l'épargne des Français.
Est-ce qu'il faut à tout prix se débarrasser de l'inflation, Bruno Le Maire, quitte à casser la croissance ? On entend dire par exemple que les taux vont encore augmenter, les taux de la Banque Centrale. Toute la stratégie du gouvernement c'est de viser sur la croissance. Vous n'avez pas fait
en raison, c'est un équilibre compliqué à trouver, c'est un dosage qui est difficile à trouver. Il faut se débarrasser de l'inflation.
Mais pas à n'importe quel prix.
Nous garderons un niveau d'inflation plus élevé qu'avant la crise parce que nous voulons relocaliser notre production industrielle en France, parce que nous décarbonons notre économie et que ça coûte plus cher de faire des produits décarbonés que des produits lourdement carbonés. Donc nous aurons structurellement une inflation un peu plus élevée mais nous devons faire attention dans ce combat contre l'inflation à ne pas casser la croissance. C'est un équilibre difficile à trouver. C'est comme sur les finances publiques. C'est une ligne de crête.
Il y a certains qui me disent mais il faut tailler à l'âge dans les dépenses publiques, tout supprimer, les dépenses sociales, les dépenses des collectivités locales. Mais vous faites ça. L'économie s'effondre et vous avez une récession. Donc ce n'est pas la bonne solution. D'autres vous disent La récession,
ce n'est pas le prix à payer pour le déconcentration. D'autres vous disent
la dette, ça n'a pas d'importance. On ne remboursera pas, laissez faire, laissez filer la dette, laissez filer les déficits. C'est irresponsable. La réalité ne se rattrape à vous. Les marchés vous demandent de payer des taux plus élevés si vous ne tenez pas bien vos comptes publics. Donc il y a une ligne de crête à tenir que nous tenons avec le président de la République et la Première Ministre rétablir nos finances publiques tout en préservant la croissance française. Les résultats sont là. Les résultats sont là. Nous commençons à baisser la dette française et nous avons une croissance qui reste solide.
Et ce budgétaire de l'État, à l'instant, les chiffres du ministère chargé des comptes publics, 55 milliards d'euros fin mars, c'était 38 milliards d'euros un an plus tôt. C'est bien pour ça qu'il faut,
de manière très constante, très solide et totalement déterminer. Et croyez-moi, personne ne peut douter de ma détermination en la matière, nous devons rétablir nos finances publiques. Nous avons défini une nouvelle trajectoire, une baisse de la dette accélérée parce que les taux d'intérêt augmentent et qu'il serait irresponsable de ne pas baisser la dette plus rapidement. Le retour sous les 3% en 2027, cette ligne sera tenue et elle sera tenue avec la plus grande fermeté.
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, invité du 8-30. Il est 9h moins 10, c'est le fil info, Sophie Echen. C'est l'un des trois grands chantiers voulu par Emmanuel Macron. La réforme de la justice sera présentée en Conseil des ministres tout à l'heure au programme 10 000 embauches de magistrats, greffiers et surveillants pénitentiaires d'ici 2027, la création de 15 000 nouvelles places de prison et une hausse de salaire pour les magistrats, 1000 euros de plus par mois en moyenne. Deux projets de loi seront examinés au Parlement avant cet été.
Les Etats-Unis vont envoyer 1500 soldats supplémentaires à la frontière avec le Mexique, conséquence de la fin de l'état d'urgence sanitaire dans le pays la semaine prochaine et donc de la fin d'une mesure qui permettait l'expulsion rapide de migrants. Washington craint une arrivée massive. La sécheresse continue de s'étendre en France. La quasi-totalité du Var est en alerte sécheresse renforcée, l'avant-dernier stade de vigilance. Et puis dans le Puy-de-Dôme, une trentaine de communes supplémentaires dont Volvic sont concernées par des mesures de restriction d'eau à partir d'aujourd'hui. Le foot et la Ligue 1 suit ces fins de la 33e journée. Et Brest reçoit Nantes à 21h.
Les deux équipes sont aux portes de la relégation.
France Info Le 8.30 France Info Néhile à la trousse Laurin Sénéchal Toujours avec Bruno le maire ministre de l'économie et des finances. Vous évoquiez les taux d'intérêt qui remontent. Et c'est dans ce contexte que l'agence de notation Fitch a dégradé la note de solvabilité de la France. Premier avertissement envoyé à l'État. D'autres agences doivent se prononcer le mois prochain. Vous avez dit on va faire des réformes structurantes. Ce n'est pas taille à la hache dans les dépenses sociales. C'est quoi alors des réformes structurantes ?
C'est ce qui a été fait sur l'assurance chômage. Quand vous réduisez la durée d'indemnisation du chômage, quand vous incitez les gens à revenir sur le marché du travail parce qu'il y a des pénuries d'emplois dans les restaurants, dans l'hôtellerie, dans les services, vous faites une réforme qui est structurante pour l'économie. Ça, c'est déjà fait. Quand vous faites la réforme de retraite, ça c'est déjà fait aussi.
Quand vous présentez le projet de loi sur l'industrie verte que nous présenterons avec le Président de la République dans une semaine, vous faites une réforme structurante parce que vous accélérez la réindustrialisation du pays, l'ouverture d'usines, la création de postes d'ouvriers, d'ingénieurs, de techniciens de maintenance. C'est totalement structurant dans un pays qui a perdu 2 millions d'emplois industriels en 20 ans. Vous misez tout
sur la loi industrie verte ? Non, je ne mise pas tout
sur cette loi. Je pense qu'elle est totalement décisive pour mettre fin à 30 années de délocalisation industrielle dans notre pays et décarboner notre industrie pour avoir une économie verte. Mais c'est la somme de ces décisions, de ces mesures et c'est ce volontarisme qui va au bout du compte.
Est-ce que la somme que fait Fitch, c'est de dégrader la note de la France ?
Oui, mais d'autres agences de notation ont décidé de garder la même note et de ne pas modifier la note de la France. Je prends note, moi, de la décision de Fitch. Je rappelle que Fitch montre bien que la réforme des retraites est un point positif qui va permettre de rééquilibrer les comptes. Mais moi, la simple conclusion que j'en tire, c'est qu'effectivement, nous devons veiller à accélérer le désendettement, accélérer la réduction des dépenses publiques pour que les dépenses publiques augmentent moins vite que la croissance. C'est de la bonne gestion. C'est exactement ce que nous avons décidé avec le président de la République.
Et je suis le garant de cette décision du président de la République. Quand il décide de présenter un programme de stabilité à nos partenaires européens dans lequel on accélère le désendettement, il y a un garant de cette décision, c'est le ministre des Finances. Quand il décide que les dépenses publiques ne devront pas augmenter plus vite que notre richesse nationale, je suis le garant de cette décision.
Est-ce que vous réclamez une sorte de réflexe d'union nationale autour du rétablissement des comptes publics alors que le budget 2024 va commencer à être discuté d'ici quelques mois et qu'on voit des oppositions qui, pour l'instant, ne facilitent pas le vote d'un certain nombre de textes à l'Assemblée ? Est-ce que vous dites aux oppositions c'est le moment ? Saisissez la main tendue faisons une forme d'union nationale autour du désendettement. J'aimerais,
la trousse, qu'il y ait une union nationale autour de la réduction des déficits et de la dette. Je vois que dans des pays qui sont gouvernés par des gouvernements socialistes, en Espagne, au Portugal, le rétablissement des finances publiques fait l'objet d'un consensus. J'ai malheureusement trop d'expérience politique pour croire que ce soit aussi facile et possible en France. Mais je tends effectivement la main vers tous ceux qui ont toujours réclamé la réduction des déficits et la réduction de la dette. Il va y avoir une loi de programmation des finances publiques. Elle va refléter cette détermination du gouvernement à rétablir les comptes de la nation.
Tous ceux républicains en tête qui réclament ce rétablissement des comptes de la nation devraient pouvoir voter cette loi. Et je ne vois pas au nom de quoi, au nom de quelle excuse, au nom de quel prétexte il ne pourrait pas le faire.
Vous avez entendu peut-être les mots de votre ancien Premier ministre. Vous avez rappelé tout à l'heure que vous étiez ministre de l'agriculture il y a quelques années. François Fillon qui avait quitté un poste pour la Russie il y a quelques années, il y a quelques mois au tout début de l'invasion russe en Ukraine. Hier, il a déclaré si j'ai envie de vendre des rillettes sur la place rouge, je vendrai des rillettes sur la place rouge. Qu'est-ce que ça vous évoque ? Est-ce qu'un ancien Premier ministre en fait peut faire le métier qu'il veut ? C'est ça la question. Il semble dire que oui.
Je ne suis pas là pour juger les uns ou les autres. Moi je suis ministre en fonction avec des objectifs clairs. Réindustrialiser notre pays. Décarboner notre économie. Mais un ancien Premier ministre a pas... Rétablir l'équilibre des finances publiques et faire en sorte que les gens qui bossent, qui tiennent le pays, qui font la croissance, qui font que le pays s'en sort, soient mieux rémunérés et s'en sortent mieux. Moi tout ce qui me concerne, des rillettes sur la place rouge, c'est très très loin de mes préoccupations.
Vous n'êtes pas que ministre en exercice, vous êtes aussi écrivain avec ce dernier roman Fugue américaine qui rencontre un engouement inédit sur les réseaux sociaux en cause une page, sur les 480 du livre, un passage érotique qui a fait le bonheur des internautes ce week-end. Est-ce que vous êtes surpris par l'accueil réservé à votre livre ?
10 lignes sur 480 pages. Lisez le livre. Lisez le livre. Vous verrez qu'il y ait question de Vladimir Horowitz, c'est le personnage central du livre. Il y ait question de musique, de ma passion pour la musique, il y ait question de Bach et de Beethoven, il y ait question de ville, de New York, de Berlin, de Moscou. Il y ait question du XXe siècle et des drames du XXe siècle. Il y ait question de la fragilité, des failles, des personnes, parce que c'est quelque chose qui me touche profondément, de voir des personnes qui tombent et qui se relèvent, d'autres personnes qui tombent et qui ne se relèvent pas.
Ce roman est une grande aventure, une aventure humaine et je souhaite qu'il soit lu comme ça.
Vous êtes déçu que ce soit ça qui fasse le tour d'Internet ? Non, lisez le livre, il y a d'autres personnes qui lisent le livre.
Ça a été quoi votre réaction ? Parce que vous êtes même tourné en dérision. Peu importe, lisez le livre et rien, rien, ne limitera jamais ma liberté d'écrire.
Et ça n'entrave pas votre travail de ministre de l'économie, d'être tourné en dérision sur un passage
d'un livre que vous avez écrit ? Je crois que l'émission a montré que j'étais à ma tâche à 100% et pour le reste entre la liberté et la censure, j'ai toujours fait le choix de la liberté et je continuerai de le faire.
Bruno Le Maire, écrivain donc, mais surtout ministre de l'économie et invité ce matin du 830 France Info. Bonne journée à vous. Merci beaucoup.
Bruno Le Maire