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interviewBLAST (sur YouTube)· 3 novembre 2022 45 min

"ULTRA GAUCHE", "ÉCOLOS RADICAUX" : COMMENT DARMANIN S'ATTAQUE À NOS LIBERTÉS

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Le bloc Lorrain, en un an et demi, c'est 20 500 repas distribués sur Nancy et sur Metz. C'est une aide d'étudiants. Il y a 1 400 étudiants qui ont été aidés avec des sacs complets de course où ils peuvent tenir à peu près 15 jours. Et en contrepartie, on est aussi assez actifs au niveau de l'écologie. Je le dis et je le redis, on veut vraiment détruire le capitalisme qui engendre de la misère, qui provoque la destruction d'un écosystème, qui provoque la destruction de la planète tout court et du vivant.

0:25
Blandine Lorrain

On doit, dans ce pays, avoir le droit de dire qu'on est pour la destruction du capitalisme.

0:30
Présentateur

Je vous informe que le gouvernement a l'intention d'engager la dissolution de l'association Le Bloc Lorrain, dont vous êtes le président.

0:36
Blandine Lorrain

Il y a un an et demi, deux ans, le gouvernement, incité par une frange très réactionnaire, a décidé de faire une loi qui s'appelle la loi séparatisme. Cette loi prévoit un nouveau critère de dissolution de la loi 36. Il rajoute, on peut dissoudre également les groupes et associations qui provoquent à des agissements violents. C'est complètement hallucinant.

0:58
Invité

Nous, les violences, on les subit quotidiennement. Il y a une pression de dingue. On est venu perquisitionner chez mes parents. On m'a enfermé 36 heures en garde à vue pour rien. Il ne s'était rien passé ce jour-là. Enfin, c'est complètement dingue. Là, on nous accuse quand même de dénoncer les violences policières.

1:12
Présentateur

Parmi ces militants, il y a des personnes qui ont des profils très violents et la préfecture s'attend à des manifestations, à une manifestation très violente.

1:24
Invité

Des modes opératoires qui relèvent, je n'ai pas peur de le dire, de l'éco-terrorisme que nous devons absolument combattre. À force de nier constamment la violence policière, à force de ne pas parler des blessés, là, il y a quatre blessés très graves. Et quand je dis très graves, c'est des personnes qui sont hospitalisées. Actuellement, à l'heure actuelle, il n'y a aucun gendarme qui n'est hospitalisé suite au mouvement des bassines. Si on parle de violence, on parle de la violence des deux côtés. On ne parle pas que d'un côté.

1:49
Présentateur

Bonjour à vous trois. C'est une émission qu'on improvise un tout petit peu, puisque j'ai croisé Kevin Griot cette semaine à Nancy, dans un cinéma. Alors, il faut dire que Kevin, tu as fait un papier chez nous pour dénoncer les policiers racistes de la BAC à Nancy. Et donc, j'ai découvert là récemment que tu as apparteni à une association qui s'appelle le Bloc Lorrain, qui est menacée d'interdiction. Il y a un courrier que je trouve assez édifiant que tu m'as donné. Je me suis dit que c'était le point de départ de cette émission. Donc, à ta droite, ton avocat, Raphaël Kempf, qui défend un peu ces causes-là, on va dire toute cette ultra-gauche qui est poursuivie en ce moment.

2:34
Blandine Lorrain

C'est un vocabulaire qui est le vocabulaire de la DGSI, la notion d'ultra-gauche, donc je ne vais pas forcément l'utiliser. Je suis l'un des avocats, avec Christophe Gros de Nancy, à Innoa Pascual. Je tiens à le presser, parce qu'on est en collectif.

2:46
Présentateur

C'était important qu'on fasse cette émission, parce qu'il y a une bataille à mener au-delà du Bloc Lorrain. Et donc, j'étais très content de te croiser par hasard, tout à l'heure, Loïc Schneider, à la gare. Il faut dire que Loïc, c'est une vieille histoire entre nous, puisqu'on a fait deux émissions ensemble. Tu as été emprisonné en Allemagne pour avoir... On a dit que tu étais un dangereux manifestant, que tu as été perquisitionné. Enfin, tu as fait combien de mois de prison en Allemagne ? Un an et quatre mois au ferme. Non, c'est une histoire de dingue. Et là, tu habites Nancy.

Et donc, j'avais envie, tous les quatre, qu'on parte de cette histoire de Bloc Lorrain, qu'on comprenne ce qui est en train de se passer, et surtout, qu'on aille un peu plus au fond sur les enjeux de tout ça. Et ce qui est en train de se passer aujourd'hui dans ce pays, où on laisse, je caricature peut-être, mais on laisse manifester des fachos et des extrêmes fachos quand un enfant se fait assassiner.

3:39
Invité

Assassin politique pour plus ! Lui, moi, assassin politique pour plus !

3:44
Présentateur

Et on est assez permissif avec cette extrême droite qui pullule. Et à côté, quand on a des militants de gauche, on les appelle ultra-gauche, et on vous associe à du bris de matériel, une hyper-violence, etc. Et donc, je trouve qu'on est dans un climat complètement liberticide.

Et voilà, j'ai envie qu'on parle de ça, qu'on rentre en tout cas, qu'on démarre sur le Bloc Lorrain, peut-être, que tu nous racontes pourquoi tu as créé cette association et pourquoi tu reçois ce courrier de quatre pages où on dit que, je lis simplement un passage, en troisième lieu, ces provocations répétées à des agissements violents ont été suivies des faits, puisque dès le mois de mai 2021, soit deux mois après la création de l'association des membres du Bloc Lorrain, ont fait l'objet d'interpellations, de condamnations pour des infractions commises en marge des manifestations initiées par votre association, auxquelles ça s'y a participé.

Donc, on vous accuse de tout, de me mettre le feu, d'être Black Bloc, puisque vous êtes les Blocs, etc. Donc, vas-y, essaye de nous raconter un peu comment c'est né, qui tu es, etc.

4:44
Invité

J'essaie de te raconter l'historique du Bloc Lorrain. Alors, l'association, en fait, c'est une association de loi 1901 qui a été créée le 16 mars 2021. On était une bande de potes, en fait, de militants, la plupart anarchistes et antifascistes, et certains qui étaient passés par le mouvement des Gilets jaunes. Et on s'est dit, on va essayer de structurer, on va dire, plus ou moins une association, faire quelque chose de sympa, parce que c'est bien beau d'aller crier dans la rue, d'avoir des revendications, mais on voulait vraiment passer à des choses très concrètes.

Donc, quand on parle de justice sociale, on s'est dit, on va monter une association et on va venir en aide aux Amis de la rue, au SDF. Donc, ça permet d'avoir un compte en banque, ça permet d'avoir des dons, des choses comme ça. Et on a créé l'association officiellement par rapport à ça. Il faut savoir que le Bloc Lorrain, en un an et demi, c'est 20 500 repas distribués sur Nancy et sur Metz. C'est une aide d'étudiante assez conséquente, puisqu'il y a 1 400 étudiants qui ont été aidés avec des sacs complets de course, où ils peuvent tenir à peu près 15 jours, avec des sacs de première nécessité, du dentifrice à manger, etc.

On s'occupe d'essayer d'éradiquer, on va dire, la misère sociale dans le pays, à notre petite échelle. Et en contrepartie, on est aussi assez actifs au niveau de l'écologie. Donc, on organise des clean walks, des ramassages de déchets en zone urbaine ou rurale. On fait pas mal de choses comme ça, on va dire, au niveau écolo. Et on dénonce, on va dire, le problème à l'heure actuelle, et qui existe à mon sens depuis 150 ans, qui est le capitalisme. Donc, on a créé l'association.

6:24
Présentateur

Là, dans la lettre, on dit que vous voulez le détruire. Oui, on veut détruire le capitalisme.

6:28
Invité

Je le dis, je le redis. On veut vraiment détruire le capitalisme qui engendre, on va dire, de la misère, qui provoque la destruction d'un écosystème, qui provoque la destruction de la planète, tout court, et du vivant.

6:39
Présentateur

Et il faut dire que, je parlais du procès des policiers racistes à Nancy, tu étais un des principaux, on va dire, initiateurs. Enfin, c'est toi qui as aidé à ce que ces faits soient dénoncés. Aujourd'hui, ils sont avérés, les policiers ont été jugés. Il y a des propos d'un racisme inouï qui ont été tenus par ces policiers qui sont passés au tribunal et qui ont été condamnés. Et donc, tu nous avais proposé un article que vous pouvez d'ailleurs consulter sur le site que tu avais signé. Et donc, peut-être aussi, parce que cette lettre, on en parlera avec ton avocat, elle fait quatre pages, elle démarre par ses mots. Monsieur, elle est datée du 21 octobre, c'est très récent.

Je vous informe que le gouvernement a l'intention d'engager la dissolution de l'association Le Bloc Lorrain, dont vous êtes le président, sur le fondement du premier de l'article L212.1 du Code de la sécurité intérieure. Raphaël, vous pourrez nous expliquer ce que c'est. Et il est signé, je termine là-dessus, quand même par la directrice des libertés publiques et des affaires juridiques, une certaine Pascale Léglise, qui multiplie d'ailleurs en ce moment ce type d'action, parce que là, on parle du Bloc Lorrain, mais il y a une affaire nantaise, il y a une affaire... Alors, l'affaire nantaise, enfin, on en parlera, elle n'est pas dans le...

La lettre n'a pas été envoyée, mais à Lyon, le GAL, le groupe antifasciste lyonnais, lui, a été carrément dissous. Alors, qu'est-ce que c'est que cet article ? Qu'est-ce que c'est que ce fondement ? Comment défendre ce Bloc Lorrain ?

8:05
Blandine Lorrain

Alors, c'est un article qui permet au gouvernement, au Conseil des ministres, de dissoudre une association ou un groupement de faits pour un certain nombre de raisons. comme, par exemple, la provocation à des agissements violents, la constitution en milice privée ou en bande armée, l'incitation à la haine en raison de l'appartenance à une ethnie, une religion, une race ou une nationalité, ou la provocation au terrorisme. Il y a un certain nombre de critères qui sont prévus par la loi, qui permettent donc au gouvernement de dissoudre une association ou un groupement de faits. Si le groupement se reconstitue par la suite, ceux qui font cela peuvent aller en prison. Voilà.

C'est prévu sous peine de sanctions pénales. Maintenant, il faut comprendre d'où ça vient d'un point de vue historique. Donc, on connaît bien les grandes manifestations sédicieuses d'extrême droite du 6 février 1934, où on se rappelle, on l'a appris en histoire, évidemment, mais il y a une grande peur pour le régime républicain que les milices d'extrême droite prennent le pouvoir et prennent le Parlement. À la suite de ça, en 1936, il y a une loi qui prévoit la possibilité de dissoudre les groupes de combat et milices armées.

Donc, ça pouvait se comprendre à l'époque d'un point de vue politique, historique, dans ce contexte-là, qui était un contexte où le fascisme montait en Europe, dans d'autres pays. Et évidemment, la République avait peur que l'extrême droite arrive au pouvoir. Donc, ça pouvait éventuellement se comprendre. Mais néanmoins, ce qu'on constate, c'est que par la suite, comme c'est le cas d'un grand nombre de lois scélérates, de lois d'exception, une loi faite contre certains va s'appliquer à d'autres. C'est-à-dire qu'on dit, ça va viser l'extrême droite, mais rapidement, dans les années 60-70, ça va viser des groupes d'extrême gauche qui vont faire l'objet de dissolutions également.

Ça va viser aussi des groupes type Corse, etc. Enfin, ça va viser ce type de groupe pour s'attaquer finalement à des adversaires du pouvoir. Il faut bien comprendre, il faut bien souligner que le gouvernement décide de dissoudre sur la base de cette loi à l'égard de groupements qui parfois n'ont pas violé la loi. C'est ça qui est important. C'est-à-dire qu'il peut y avoir individuellement des membres des groupes en question qui ont commis des infractions pénales et qui ont éventuellement pu être condamnés en justice pour cela, mais le groupement en lui-même ne viole pas la loi. Donc ça, c'est la situation dans laquelle on se trouvait jusqu'à il y a à peu près un an et demi.

Et il y a un an et demi, deux ans, le gouvernement, incité par une frange très réactionnaire et qu'on pourrait qualifier d'islamophobe de notre classe politique, a décidé de faire une loi qui s'appelle la loi séparatisme. La loi contre le séparatisme, enfin, c'est les termes employés par Sécurie Ferrer.

10:53
Présentateur

Qu'est-ce que Sécurie Ferrer, c'est ?

10:55
Blandine Lorrain

Darmanin, la droite au pouvoir, l'extrême droite, etc., qui ont défendu cette loi qui s'appelle Loi pour la défense des principes et des valeurs de la République. Enfin, le terme exact, je ne l'ai plus exactement en tête, mais qui est une loi Valeurs de la République.

11:12
Invité

C'est un texte qui vise à pacifier les esprits et à redonner force à la République.

11:18
Blandine Lorrain

Et cette loi dit, parmi plein de dispositifs qui portent atteinte à la liberté d'expression, qui portent atteinte à la loi de 1880 sur la presse, qui permet de fermer plus facilement des lieux de culte, cette loi prévoit un nouveau critère de dissolution de la loi de 36. Il rajoute, on peut dissoudre également les groupes et associations qui provoquent à des agissements violents. Et donc ça, c'est la nouveauté. On ne l'avait pas dans la loi 36, on l'a depuis la loi d'août. Qui provoque ?

11:49
Présentateur

C'est le type de provocation qui est important dans le propos. Agissements violents ?

11:54
Blandine Lorrain

C'est très compliqué à interpréter. C'est-à-dire que la loi pénale connaît depuis au moins les lois scélérates de 1893-1994 et même un peu avant cette notion de provocation à la commission d'une infraction. Donc la provocation, c'est le fait que, par exemple, moi je vous dise, je vous dise à vous, je dise aux auditeurs et auditrices de cette émission, allez commettre des actes de violence pour telle raison, parce que c'est la seule solution. Et je vous incite à le faire, je vous invite à le faire. Donc ça, c'est de la provocation.

12:30
Présentateur

Par exemple, je vous coupe parce que ça me semble être la question. Quand Kevin dit qu'il faut détruire le capitalisme et qu'après, on voit qu'une banque, par exemple, et on jette des pierres contre une banque, est-ce qu'on peut estimer qu'un propos, un mensonge de la liberté d'expression qui dit détruire le capitalisme, s'il est surinterprété par le manifestant, etc., est-ce qu'on est dans le cadre de cette loi ou pas ?

12:52
Blandine Lorrain

Ou comment ça se plaide ? Moi, je pense qu'on n'est pas dans le cadre de cette loi. C'est-à-dire que, je pense qu'il faut s'intéresser à la jurisprudence et aux décisions de justice qui ont été rendues depuis plusieurs années sur la notion de provocation et d'apologie ou un certain nombre, par exemple, de groupes de rap qui avaient pu faire des concerts au cours desquels ils tenaient des propos à l'endroit des forces de l'ordre qui étaient des propos, on va dire, peu amènes. Voir même un peu incitant à commettre des violences et ils ont été relaxés au nom de la liberté de création et de la liberté d'expression et moi, ça me semble absolument capital.

Je pense qu'on peut dire et qu'on doit pouvoir dire, on doit dans ce pays avoir le droit de dire qu'on est pour la destruction du capitalisme. Je pense qu'on doit avoir le droit de dire comme Kevin l'a fait, dénoncer les violences policières. Je pense qu'on doit pouvoir dire qu'on est pour l'abolition de la police ou l'abolition parce que c'est une chose qui est reprochée du statut de préfet.

13:52
Présentateur

Oui, mais là, par exemple, ce qui revient deux ou trois reprises dans le courrier, c'est le fameux A.C.A.B. et on a le droit aussi de tenir ces propos-là. À la limite, c'est diffamatoire pour la police, mais ça n'est pas interdit de dire ça parce qu'ils utilisent le fait que vous ayez proféré ce terme. Ils demandent votre interdiction pour ça. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?

14:21
Invité

Juste pour dire que j'aime encore bien cette acronyme puisqu'on peut l'utiliser de plusieurs façons. Effectivement, tu es à C.A.B. pour dire que tous les flics sont des bâtards, entre guillemets, mais le copse, tu peux le remplacer par capitaliste aussi. Tous les capitalistes sont des bâtards, chose qu'on utilise extrêmement souvent. Ils sont servis de ça. Il y a peut-être deux ou trois publications sur des violences policières où il y a des slogans peut-être à C.A.B. en panneau ou en choses comme ça qu'on a dénoncés. Mais la plupart du temps, on fait vraiment attention justement parce qu'on est dans un pays où la moindre chose que tu vas dire contre la police, tu as des problèmes.

La plupart des militants chez nous qui vont s'attaquer à la police au niveau du film pour montrer les violences policières, des choses comme ça, on est vraiment embêtés. Donc ça, c'est quelque chose qu'on a fait attention depuis la création de l'association. Effectivement, des fois, c'est le coup de l'énervement quand il y a des enfants qui sont blessés, quand il y a des choses comme ça. On peut s'énerver même sur des vidéos ou même en direct de balancer quelques trucs, mais sans plus... Enfin, pas très grave. Après, la notion d'ACAB, c'est plus sur l'abolition de la police en règle générale. Ça ne vise pas l'individu. Ça ne vise pas l'individu en lui-même.

Ça vise vraiment l'institution policière. C'est-à-dire qu'un policier reste un policier, ça reste un être humain. Maintenant, nous, ce qu'on veut, c'est abolir la police. Ah oui, carrément. Bien sûr.

15:39
Blandine Lorrain

Mais ce que je veux dire, c'est que ces débats-là, moi, comme avocat, comme l'un des avocats du Bloc Lorrain, je n'exprime pas de position. Je peux avoir ma position par ailleurs sur la question de l'abolition de la police ou du capitalisme. Mais comme avocat, j'essaye d'analyser juridiquement si on a le droit ou pas d'avoir ces débats-là. Moi, je pense que juridiquement, nous avons le droit d'avoir un débat sur l'abolition de la police ou l'abolition, évidemment, du capitalisme ou même du statut de préfet. D'un point de vue juridique, on doit pouvoir s'interroger sur ce que veut dire juridiquement de dire « à cab ».

Et effectivement, dans certaines situations, des magistrats pourraient considérer que le fait de dire « à cab » précisément à un policier dans un contexte de relation, on va dire, quasiment interpersonnelle, quand on s'adresse à quelqu'un, pourrait être constitutif du délit d'outrage. Le délit d'outrage, moi, pour lequel je suis favorable à la suppression, l'abrogation du délit d'outrage, et l'outrage est une forme d'abus de la liberté d'expression. Ça, c'est mon interprétation. Je le précise pour les auditeurs et auditrices, tout le monde ne la partage pas. Mais moi, d'un point de vue juridique, je considère que l'outrage est un abus de la liberté d'expression et doit être traité comme tel.

Ensuite, la question qu'on doit se poser, c'est, est-ce que le terme « d'acab » qui est reproché au bloc lorrain permet, au sens de la loi de 1936, telle que modifiée par la loi séparatisme, de dissoudre le bloc lorrain ? Et moi, je pense que non. C'est-à-dire qu'à la limite, même dans une interprétation extensive, on se dirait « Acab » est un propos dégradant à l'endroit des forces de police. Je ne le pense pas, mais on peut admettre pour l'hypothèse la réflexion intellectuelle que c'est le cas. Eh bien, même dans ce cas-là, on ne serait pas dans le cadre de la loi 36 parce que la loi 36 ne dit pas « provocation à la haine envers les policiers ».

Elle dit « provocation à des agissements violents ». Et ce que je constate, et je pense que c'est grave parce que ce courrier est signé par Mme Léglise, qui est un très haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, et donc sa position constitue d'une certaine manière la doctrine du ministère de l'Intérieur et la pensée de l'Intérieur

17:49
Présentateur

de nos gens. On voit bien que Gérald Darmanin utilise, y compris à l'Assemblée, pendant le révolté, c'est ce qui s'était passé, cet argument-là pour donner des gages à l'extrême droite aussi en disant « mais voilà, on s'attaque aussi à l'ultra-gauche » qui est le nouveau terme. Donc là, j'ai deux ultra-gauchistes devant moi. C'est pour ça que je vous ai invité et j'ai invité Loïc parce que je vous connais un tout petit peu, vous n'êtes franchement pas des gens violents, quoi, même si des fois vos propos, vous pouvez penser ce que vous pensez, quoi. Et d'ailleurs, Loïc, je suis content de t'avoir croisé et tout parce que toi, il y a eu un usage accablant de la répression à ton égard, quoi.

Simplement parce que tu as manifesté et je suis bien placé pour le savoir. T'es un militant, tu te définis peut-être aussi comme anarchiste et tout, mais tu es l'exemple flagrant, t'es une victime. Je veux dire, t'avoir autant emprisonné pour avoir manifesté, c'est un truc qui est complètement anormal et évidemment, ça passe sous les radars des médias traditionnels. C'est pour ça que c'est bien de vous avoir et que vous puissiez vous exprimer là-dessus. Oui,

18:56
Invité

et si je peux dire un petit truc par rapport à ça, moi, c'était par rapport au G20 de Hambourg où je l'ai fait un an et quatre mois de prison, je suis condamné à trois ans fermes, je suis toujours en attente de l'application du reste de ma peine d'ailleurs. Et ce que j'aimerais dire par rapport à ça, c'est que la répression des contres sommets, on peut aussi penser à Gênes en 2001 où il y a actuellement d'ailleurs Vicenzo qui est le 29 novembre et qui va peut-être devoir être extradé en Italie suite à son jugement parce que ça fait deux reprises que la justice française refuse de le livrer à l'Italie.

C'est une ancienne loi de Mussolini de pillage et dévastation qui fait qu'en fait lui, il aurait... C'est un militant italien à Gênes et qui est en France ? Qui est en France, qui a trouvé refuge en France, qui s'est fait arrêter en 2019, qui a fait trois mois de prison et qui a été libéré parce que la justice française considérait que l'accusation, les charges en fait ne rentrent pas dans le cadre de la juridiction et donc en fait ce que je voulais dire pour imager ça par rapport au G20 aussi, c'est qu'en fait c'est des états...

Déjà le G20 c'est des états où il y a aussi l'Arabie saoudite, il y a la Russie, il y a la Chine, donc il y a des gros états qui sont autoritaires, la France aussi le devient de plus en plus et en fait c'est dans ces moments-là où les puissances ont la crainte des mouvements sociaux et au G20 c'était aussi un mouvement très impressionnant avec plusieurs centaines de milliers de personnes dans la rue. C'est dans ces moments-là qu'on voit les travers liberticides qui s'expriment le plus.

Donc il y a eu aussi l'utilisation de la reconnaissance faciale, il y a 80 gigas de vidéos de moi, on me voit marcher dans la rue, sortir du tram et tout ça et donc ce que je veux dire par là c'est que j'ai aussi été victime par exemple d'une accusation fallacieuse qui est digne des lois scélérates qui dit qu'en fait on va m'accuser de tout ce qui se passe, toutes les dégradations d'une manifestation, je vais être responsable parce qu'on m'aurait vu dans cette manifestation et j'ai même été avec quatre autres personnes qui sont d'origine kurde, d'ailleurs dans leur famille ils ont même dit derrière moi dans un documentaire que leur famille avait quitté la Turquie pour trouver refuge en Allemagne parce que leur famille avait été torturée par Erdogan et donc ils avaient manifesté aussi par rapport à Erdogan qui était au G20 et ces personnes n'ont fait que marcher dans la manifestation et elles ont pris neuf mois de prison ferme.

Moi ils m'auraient accusé en plus d'avoir jeté un pétard dans une banque mais je n'ai pas pu m'exprimer sur ce point parce que j'attendais, je leur ai demandé de d'abord juste m'accuser de ce que j'ai fait et après je leur dirai si c'est moi ou pas, j'assumerai ou pas mais d'abord je veux que l'accusation soit faire plaie par rapport à ça.

21:04
Présentateur

Et tu es toujours comme une espèce d'épée d'amoclès puisque l'Allemagne peut te recondamner. Tu es dans une procédure d'appel en ce moment ?

21:12
Invité

Très rapidement aussi, c'était en décembre qu'il y a eu l'appel à Leipzig, je ne sais pas si je le dis bien et fin décembre j'ai reçu une lettre à mon ancien domicile en Allemagne qui me demandait de me présenter pour finir ma peine donc 20 mois ferme et là on a demandé avec mon avocat du coup Raphaël Kempf et aussi mon avocat en Allemagne que la peine soit transférée en France pour que je puisse avoir une application de la peine en France et suite à ça je n'ai pas eu de réponse on a relancé à 4 reprises et dernièrement j'ai insisté parce que je voulais savoir si j'allais en Allemagne si je risquais en faisant contrôler d'aller en prison et le procureur a priori aurait dit que je peux me déplacer si je suis contrôlé il n'y a pas de problème et prochainement ils iraient vers moi pour ce qui se passe en France mais pour le moment j'attends toujours parce que je ne suis pas pressé mais

21:50
Présentateur

vous êtes son conseil il y a un cousinage entre les deux affaires mais son cas est quand même un cas unique de répression contre un militant vous le défendez

22:02
Blandine Lorrain

oui oui alors ça montre que l'Union Européenne de la répression fonctionne assez bien c'est à dire que le mandat d'arrêt européen c'est quelque chose qui fonctionne bien c'est à dire que on va chercher quelqu'un de l'autre côté de la frontière pour pour l'emprisonner inversement après c'est un peu technique mais à contrario l'Union Européenne de la liberté fonctionne beaucoup moins bien c'est à dire que lorsque une personne est interpellée dans un pays et souhaite être attendre son procès en liberté dans son pays d'origine en général ça ne marche pas on est capable d'aller chercher quelqu'un pour l'emprisonner mais on n'est pas capable de le laisser partir ou beaucoup moins pour qu'il attende son procès dans son pays donc oui effectivement c'est un cas un peu d'école de la manière dont il y a une répression transfrontalienne guerre en Europe

22:49
Présentateur

mais là avec l'histoire du bloc lorrain avec de l'ion antifasciste le GAL et tout est-ce que vous sentez monter une sorte de climat liberticide enfin on peut dire que les propos de ce gouvernement et de ce ministre de l'Intérieur et leurs agissements puisque ça c'est au-delà du propos est-ce qu'on est dans une période où si on ne dit rien si on se laisse faire c'est la porte ouverte à la fin de l'état de droit en tout cas c'est complètement liberticide c'est de la moi les connaissant un peu je trouve que c'est de la liberté d'expression point barre quoi et on a l'impression qu'on est obligé de faire un exemple de Loïc ou de Kevin puisque là vous êtes cité nommément dans la dernière phrase elle dit vous-même avez été mis en cause à deux reprises depuis la création du Bloc Lorrain pour des faits d'injures publiques envers un fonctionnaire commis le 19 septembre 21 à Jean-Delincourt et à nouveau pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique etc.

donc il y a je veux dire pourquoi on vient vous chercher pourquoi on ne vous laisse pas vivre manifester donner à bouffer au SDF etc. il y a une folie comme je dis souvent on est une épine

24:01
Invité

dans leurs pieds en fait et sur la région nancyenne ou en Lorraine en règle générale on organise des manifestations très régulièrement donc ça les embête on fait des actions coups de poing ça les embête tu es originaire de Lorraine tu vois on est rentré dans la centrale à charbon de Saint-Avold pour dénoncer le fait que la réouverture et que le charbon qui est utilisé là où il est utilisé ça vient d'Australie ça vient d'Amérique du Sud ça vient de d'Afrique du Sud ça c'est des choses qu'on dénonce en permanence et on se cache pas on le revendique c'est à dire que voilà on va le revendiquer en permanence et on essaye d'être toujours sur le qui-vive dès qu'il y a un problème dès qu'il y a une violence policière là on nous accuse quand même de dénoncer les violences policières sans parler d'ACAP ni rien du tout c'est à dire de dénoncer les violences policières c'est complètement hallucinant nous les violences on les subit quotidiennement en trois ans quatre ans là maintenant je dois être à mon 17ème passage au tribunal je suis quasiment jamais condamné parce qu'il n'y a rien qui tient mais il y a une pression de dingue on est venu perquisitionner chez mes parents on m'enfermait 36 heures en garde à vue pour rien il ne s'était rien passé ce jour-là c'est complètement dingue tu vois tu déclare notre association déclare une manifestation sur Nancy on a convoqué je crois que c'était 40 ou 50 militants parce qu'ils ont marché sur la route et non pas sur le trottoir parce qu'il y a une entrave à la circulation du coup et c'était autorisé par la préfecture cette manifestation et on vit des choses comme ça en fait et là ils nous ont ils se sont dit ou d'un moment ces gens-là ils lâchent rien ils s'en foutent en fait de la répression ils s'en foutent de prendre des amendes

25:34
Présentateur

est-ce que ça vous motive encore plus ou est-ce que quand même ça vous ébranle parce que c'est pas anodin quand même ce genre de mais pas du tout

25:41
Invité

mais le problème c'est que ça nous motive encore plus et le gros problème et on est des gens qui sont on est assez intelligents mais ça tombe ça pourrait nous radicaliser cette histoire-là c'est-à-dire qu'on montre ce qu'on fait sur les réseaux sociaux on en discute ouvertement dans la presse mais le fait de dire voilà vous n'existez plus et vous restez dans l'ombre ça peut nous radicaliser enfin c'est quand même dangereux c'est un jeu dangereux de Darmanin effectivement il parle de Black Bloc de choses comme ça on n'est pas là pour tout péter ni rien du tout mais au bout d'un moment ça peut nous énerver maintenant on ne va pas baisser les bras et au contraire on est même assez contents c'est-à-dire qu'on les a tellement emmerdés comme aurait pu dire Macron qu'on reçoit une lettre du ministère de l'Intérieur nous la petite association au cœur de la Lorraine vous êtes 200 adhérents on est 200 ça fait qu'un an et demi qu'on a d'existence donc on se dit que les idées on est peut-être dans le vrai au final on est peut-être dans le vrai et au final c'est peut-être cool si vous le pensez mais moi je trouve pas ça cool non c'est dangereux c'est extrêmement dangereux mais c'est cool c'est une certaine reconnaissance maintenant c'est hyper dangereux c'est hyper liberticide ce qu'ils sont en train de faire parce qu'après nous c'est quoi c'est Extinction Rebellion c'est Greenpeace c'est vous Blast c'est des médias indépendants il faut pas se laisser faire c'est pas normal parce que Nantes Révolté d'ailleurs c'était un média c'est un média c'est un média donc il faut vraiment pas se laisser faire sur ces choses là c'est la porte ouverte à tout

27:05
Présentateur

mais Nantes Révolté qu'on soutient d'ailleurs on voit beaucoup leurs images de violences policières tout ça ils n'ont pas reçu ce courrier là c'est simplement Gérald Darmanin à l'Assemblée qui acculé par des questions d'un député de droite a dit mais on va les interdire aussi il y a eu un tel tollé que pour l'instant ils ont toujours pas fait le courrier

27:24
Invité

j'ai donc décidé d'engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fêtes

27:30
Blandine Lorrain

ils n'ont toujours rien reçu puisque vous êtes leur avocat oui je suis leur avocat avec Maître Pascual notamment et oui effectivement on est tout de suite monté au créneau enfin avocat, avocate soutien, militant, médias etc et c'est vrai que là on a vu Darmanin s'attaquer à un média indépendant local à Nantes mais qui a une audience dans certains milieux qui est quasi une audience nationale un média qui dit des choses qui déplaisent au pouvoir et donc là Darmanin a dit je vais les dissoudre et devant la levée de boucliers je pense qu'il y a renoncé parce qu'en fait on ne peut pas leur reprocher quoi que ce soit et on ne peut pas les faire rentrer dans aucune des cases de cette fameuse loi de 36 sauf à mépriser la liberté d'expression mais parfois je me demande si ce gouvernement ne méprise pas la liberté d'expression de ses opposants politiques

28:21
Invité

tu prends juste pour finir tu prends un truc comme ça on y déclare comme des ultra violents on a ouvert une tribune que n'importe quelle organisation peut signer association ou parti politique tout à l'heure en venant j'ai eu la confirmation qu'à la LDH Nancy qui signerait il y a des partis politiques on a le NPA on a des associations diverses et variées au niveau de l'environnement qui sont non violentes ultra non violentes qui c'est qui pourrait cautionner on va dire des ultra violents des politiciens entre guillemets tu vois parce que le NPA ça reste quand même des politiciens à mon sens mais les filles c'est des gens qui vont que signer notre tribune

28:59
Présentateur

mais la question que je me pose et que je vous pose c'est on a l'impression que cette lettre qui est quand même charpentée mais elle est complètement improvisée quoi mais enfin elle ne l'est pas ça serait improvisé qu'on pourrait dire bon bah ils ont fait ça un peu vite mais c'est quand même une stratégie réfléchie qui en annonce d'autres parce que d'ailleurs eux n'ont pas réussi mais à Lyon le Lyon antifasciste eux ont été dissous le groupe antifasciste Lyon et environ la Gale a été dissous ce mercredi lors du conseil des ministres sur les mêmes fondements ou

29:30
Blandine Lorrain

alors oui le groupe antifasciste Lyon et alentour dont je ne suis pas l'avocat je rends hommage d'ailleurs au combat qui a été mené par leurs avocats lyonnais et parisiens parce qu'ils ont réussi à faire échec à la dissolution et effectivement la Gale était poursuivie enfin pas poursuivie mais sa dissolution a été prononcée sur le même fondement

29:50
Présentateur

elle a été prononcée ils sont allés au conseil d'état c'est ça ils sont allés

29:53
Blandine Lorrain

au conseil d'état et le conseil d'état leur a donné raison en disant que il y a une forme de les propos en tant que tel qu'ils tenaient des propos qui dénonçaient les violences policières qui pouvaient dénoncer l'état mais n'étaient pas des propos susceptibles de constituer des provocations et des agissements violents on est encore

30:10
Présentateur

un tout petit peu dans un état de droit je veux dire le droit fait loi

30:13
Blandine Lorrain

nous espérons soit que le ministère de l'intérieur va renoncer à la dissolution du bloc lorin soit que le conseil d'état par la suite annule la dissolution qui serait éventuellement prononcée par Darmanin mais oui on voit bien à travers les éléments qui sont écrits dans cette lettre soit qu'ils sont faux soit qu'ils ne peuvent pas être juridiquement ne peuvent pas juridiquement constituer le fondement d'une dissolution soit qu'ils ne sont pas imputables directement au bloc lorin donc il y a une vraie difficulté il y a un glissement qui est tenté par le ministère de l'intérieur à essayer de on va dire criminaliser les personnes qui se regroupent ensemble pour des raisons politiques et qui tiennent des propos qui leur déplaisent soit sur la violence policière ou sur le capitalisme

30:58
Présentateur

d'ailleurs cette lettre on va accompagner notre entretien par un article et on diffusera la lettre pour que les gens se rendent compte du vocabulaire de la tenue enfin ces quatre pages je ne peux pas tout lire mais elle est assez édifiant tu parlais de personnes

31:09
Invité

condamnées de chez nous à la fin tu vois en introduction il faut savoir que c'est complètement faux en plus même nous on est obligé de bosser pour savoir qui avait pu être condamné on parle de personnes condamnées

31:19
Blandine Lorrain

alors le truc c'est qu'on ne sait pas exactement c'est à dire que en gros là Pascal Léglise mentionne un certain nombre de faits sans les étayer sans les démontrer et donc là on a la problématique des services de renseignement c'est à dire qu'il y a des renseignements qui transmettent au ministère de l'intérieur des informations auxquels nous n'avons pas accès pour l'instant et c'est pour ça que nous avons des choses qui sont des aberrations juridiques parce que cette lettre indique qu'une des personnes qui serait membre du bloc Lorrain aurait été condamnée pour des faits de tentative de participation et de manifestation or ce fait là n'est pas un délit au sens du code pénal donc en l'état on ne sait rien on ne sait rien c'est à dire que de ce qui est indiqué là il ne faut pas le prendre comme des éléments établis il faut attendre de voir si eux sont capables ou pas de nous dire de quoi il s'agit mais c'est pas à nous à chercher à deviner de quoi il s'agit

32:06
Présentateur

ça va consister à quoi la procédure maintenant donc vous avez reçu la lettre vous avez je crois 15 jours pour y répondre

32:11
Blandine Lorrain

on a 10 jours pour y répondre mais je pense que les arguments qu'on pourrait communiquer n'auraient guère d'influence sur le ministère de l'intérieur parce qu'il me semble que leur décision est déjà prise et par la suite dans un délai qui est indéterminé le gouvernement en prendra peut-être un décret de dissolution du bloc Lorrain décret que nous pourrons attaquer devant le conseil d'état

32:32
Présentateur

et c'est suspensif c'est-à-dire que le fait d'avoir une procédure au niveau du conseil d'état empêche la dissolution non non non pas nécessairement

32:39
Blandine Lorrain

mais de toute façon ça ira très vite c'est-à-dire qu'on aura une audience très rapidement normalement il n'y aura pas de difficulté avec ça

32:45
Présentateur

mais s'ils le décident ça veut dire que ça va être dissous ou pas

32:48
Blandine Lorrain

ah oui s'ils le décident ce sera dissous

32:50
Présentateur

évidemment donc ça veut dire qu'après même s'il faut il faut recréer une non non non

32:55
Blandine Lorrain

non non le conseil d'état si le conseil d'état nous donne raison dans un délai qui sera cours de 2 à 3 semaines c'est d'avoir un entier dissous voilà de 2 à 3 semaines après le décret de dissolution et qu'on obtient gain de cause devant le conseil d'état et bien dans ce cas-là il n'y a pas de difficulté l'association continue ses activités sans aucun problème

33:16
Présentateur

vous avez bon espoir enfin relativement bon espoir

33:18
Blandine Lorrain

moi je considère que si on fait une année juridique et si le conseil d'état applique le droit de façon sérieuse et solide il n'y a pas de raison que le bloc lorin soit dissous

33:28
Présentateur

peut-être ce que craint Barmanin en tout cas le ministère c'est une agglomération un peu de toutes ces luttes par exemple vous étiez ou pas aux bassines je ne peux pas répondre à cette question

33:42
Invité

non j'ai pas pu je travaillais sur le dossier

33:45
Présentateur

toi Loïc tu y étais et donc quand il y a des manifestations comme ça donc là en l'occurrence c'est une cause très écologique les nappes phréatiques sont touchées on construit d'immenses bassines pour aider des paysans contre il y a tout un débat qui s'opère là-dessus donc vous vous rassemblez vous vous y étiez et c'est vrai quand on regarde les médias on a l'imprécis de ce que disent les médias de tout ça c'est que violence des manifestants 80 gendarmes blessés dont on vint gravement etc donc toi tu y étais qu'est-ce qui s'est réellement passé là-bas ?

34:20
Invité

Alors en 20 secondes je voulais juste dire aussi préciser qu'à la base le Black Bloc à Seattle lorsqu'il a commencé à vraiment émerger à être visible sa vocation c'était de protéger les manifestants qui se faisaient taper par la police et je tiens à préciser que dans les nombreux témoignages qu'on entend des manifestations lorsque le Bloc Lorrain se déplace à Paris ou ailleurs qu'il y a beaucoup de moments où des personnes se font taper par la police où il y a des personnes qui sont en train d'être par terre sur le sol et il y a des personnes du Bloc Lorrain qui viennent les aider et les soutenir et donc je pense c'est aussi ça qui dérange parce qu'il y a un élan de solidarité qu'inspire le Bloc Lorrain là où en fait la terreur c'est ce qu'inspire la répression c'est vrai qu'ils vous reprochent aussi les street medics voilà c'est ça exactement ils parlent de street medics en étant des milices préparation ce qui est totalement complètement fou et donc par rapport aux bassines c'est assez drôle parce qu'il y a une vidéo qui tourne un peu sur les réseaux on voit BFM TV qui disent oui alors des individus extrêmement violents et puis au même moment sur l'image de BFM TV qui doit être un live on voit un policier qui pousse une personne âgée dans le champ donc elle tourne par terre et disparaît dans les gaz

35:20
Présentateur

parmi ces militants et bien il y a des personnes qui ont des profils très violents et la préfecture s'attend à des manifestations à une manifestation très violente

35:32
Invité

ils n'arrivent même plus à construire des fois tellement la violence policière elle vient elle vient s'afficher en fait sous les yeux et je pense que c'est ça qu'ils n'arrivent pas vraiment très très bien à comprendre c'est qu'en fait à force de nier constamment la violence policière à force de ne pas parler des blessés là il y a quatre blessés très graves et quand je dis très graves c'est des personnes qui sont hospitalisées actuellement à l'heure actuelle il n'y a aucun gendarme qui n'est hospitalisé suite au bouton des bassines et pour autant on ne va pas parler de ces chiffres là dans les médias donc il y a une personne qui a eu un nez explosé par une grenade la GM2L il faut savoir que la Gli F4 a été interdite à cause de sa dangerosité parce qu'elle a explosé des mains et qu'elle peut aussi vraiment avoir des blessures très graves et je pense qu'entre le sac à dos et le dos ça peut potentiellement tuer aussi comme ça a été le cas pour Emi Fraisse récemment le 26 octobre on a fêté malheureusement les huit ans de sa mort moi j'étais aussi à Siemens j'étais à cette manifestation donc j'ai aussi un peu une rage par rapport à ça et donc cette grenade GM2L elle a explosé une main lors de la loi sécurité globale aussi la main d'une personne donc il y a la même dangerosité et c'est ça aussi qui moi me tue un peu je ne peux pas dire ça mais ça m'énerve c'est qu'en fait on interdit des armes et on recrée d'ailleurs les armes avec la même dangerosité donc pour revenir par rapport aux bassines ça c'est un autre truc je pense si on partait sur les chiffres ou sur le degré d'empathie qu'exercent les médias et le pouvoir à l'égard des forces de l'ordre on pourrait parler de 400 500 forces militantes on va dire ou personnes qui manifestent blessées parce qu'ils comptabilisent même les blessés les gendarmes qui se sont autogazés c'est à dire il y a des gendarmes qui ont un peu suffoqué de leur gaz parce qu'il faut savoir que malheureusement ce jour là la nature a plutôt décidé d'être avec nous vu qu'elle a renvoyé le vent magistralement sur les forces de l'ordre qui se sont gazées tombées par terre enfin ils étaient en santé vraiment que c'était très toxique ce qu'ils ont envoyé finalement pour eux-mêmes ils ont pu le sentir et donc il y en a un qui a été comptabilisé comme blessé par rapport à ça donc voilà moi j'attends aussi de voir un petit peu ce serait quoi là concrètement les blessures au niveau des forces de l'ordre parce que là ça va être démontré au niveau de cette manifestation des soulements de la terre qu'il y a eu des blessures très graves et qui ne sont pas du tout donc moi cette empathie si on parle de violence on parle de la violence des deux côtés on ne parle pas que d'un côté

37:23
Présentateur

ce que je voulais ma question était portée sur ce type de courrier qui n'est pas isolé est-ce que ça participe pas d'une crainte de ce gouvernement de voir s'agglomérer tous ces groupes qui sont un peu disséminés partout en France et qui sont capables de se mobiliser sur des causes comme les bassines ou comme d'autres puisqu'il y a d'autres et donc vous avez une cabouche d'ivoux mais là il y avait 5-6 000 personnes mais rapidement ça peut devenir plus conséquent et le fait de dissoudre le fait d'être répressif y compris au niveau du droit enfin ces tentatives-là participe d'une crainte de ce pouvoir de voir de voir un mouvement de plus grande ampleur et exister

38:06
Invité

à mon sens c'est ce qu'ils ont peur sur notre association enfin je veux pas non plus affabuler mais on est ultra structuré comme je disais on a plusieurs pôles en fait on a vraiment créé quelque chose on va dire un système de vie horizontal non autoritaire dans l'association avec un pôle maraude un pôle écolo avec un pôle street medic avec un pôle illégal team on nous accuse d'ailleurs de donner les numéros d'avocat en cas de garde à vue enfin tu vois c'est complètement fou non la dissolution c'est complètement dingue s'ils nous reprochent et en fait on essaye comme ça de s'occuper on va dire de toutes les causes nobles on parle on va dire des méga-bassines mais on est présent aussi on essaie d'être présent de temps en temps sur bure parce que c'est hyper grave quoi en Lorraine où tu habites enfin où tu es maraîchers là-bas à l'endroit

38:52
Présentateur

où il y a le site d'enfouissement

38:54
Invité

voilà ils veulent enfouir des déchets on va dire radioactifs à 500 mètres sous terre et on a des gilets jaunes avec nous qui ne connaissaient pas et du coup en fait on leur fait découvrir Bure on fait découvrir ce qu'est l'anarchisme ce qu'est l'antiautoritarisme et en fait je pense qu'ils ont un peu peur de ça en disant voilà c'est quoi cette association de dingue ils s'occupent de toutes les causes en fait et ça devient dangereux et je pense qu'ils ont un petit peu peur aussi qu'on fasse des petits et surtout c'est surtout la peur d'un mouvement social qui va arriver quand on voit dans la merde dans laquelle on est à l'heure actuelle ils se disent ok eux ils sont structurés c'est un truc qui émerge comme ça comme les gilets jaunes ils sont éparpillés un petit peu partout en Lorraine ça pue les gilets jaunes pourquoi ils ont réussi à vaincre les gilets jaunes c'est parce que il n'y avait pas de structure il n'y avait rien et c'était facile de taper sur des gens isolés là on n'est pas isolés on nous tape dessus au niveau répression mais c'est pas grave tapez nous dessus tant que vous voulez on est 200 en fait tu me tapes sur moi mais en fait tu tapes sur les 200 de mes camarades et on va nous soutenir et je pense que ça leur fait un petit peu peur et effectivement on a des contacts un petit peu avec tous les groupes et puis c'est plus facile pour nous de s'organiser pour monter par exemple sur un truc comme les bassines pour monter sur une action comme à Lyon quand il y a eu une action sur Monsanto pour se déplacer sur différentes autres manifestations qui sont pour nous assez légitimes on doit faire ces manifestations là et je pense que le fait de dire voilà on va les dissoudre et puis on va dissoudre les autres après ça évite de casser on va dire cet élan de militantisme et d'union en fait entre les luttes vous pensiez ça aussi

40:26
Blandine Lorrain

sur l'analyse politique alors oui c'est moins mon champ de compétences mais effectivement il y a une volonté du gouvernement de s'en prendre à tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui et ça on le constate c'est-à-dire que votre question au départ c'était de façon plus générale sur un mouvement liberticide je pense que nous avocats avocates qui travaillent en collectif sur la défense des manifestants des opposants sur les violences policières depuis presque une petite dizaine d'années on constate un mécanisme répressif qui porte atteinte aux oppositions sur différents niveaux c'est-à-dire qu'on a le niveau de la police évidemment avec l'augmentation de la violence dans la police les arrestations préventives dans les manifestations on a le gouvernement qui donne des ordres à cette police qui laisse faire qui arme cette police aussi avec ses armes qui parfois malheureusement peuvent tuer comme on le sait avec Rémi Frest on a aussi la justice la justice qui du moins le procureur de la République en général qui embraye et qui embastille un certain nombre de manifestants ou de personnes qui sont des opposants donc on voit bien que d'un point de vue si on regarde à tous les niveaux exécutifs législatifs policiers judiciaires il y a un mouvement de répression de l'opposition politique de façon générale

41:44
Présentateur

et vous avez de plus en plus de boulot quoi

41:46
Blandine Lorrain

j'aurais bien d'en avoir moins

41:47
Présentateur

mais nous aussi on a du boulot et donc c'est pour ça que moi je suis ravi de vous avoir accueilli et puis qu'on ait pu un peu parler de ça parce que les médias en parlent très peu pour ne pas dire pas du tout et j'ai le sentiment qu'on est les prochains sur la liste comme vous le disiez parce qu'à Blast on est vraiment indépendant d'ailleurs je lance un appel aux gens qui veulent nous soutenir pour vous abonner c'est 5 euros on est en pleine campagne il faut qu'on réussisse à terminer l'année aujourd'hui c'est 40 personnes qui travaillent à Blast au quotidien pour produire ce type de programme donc merci en tout cas de votre venue et puis tenez-nous au courant on va suivre ça de près et j'espère que le bloc Lorrain va continuer à vivre et à exister merci Loïc

42:30
Invité

tu veux dire un mot ?

tout rapidement un dernier truc on pourrait aussi dire qu'on peut appeler au sabotage du capitalisme et derrière j'aimerais dire que Eri De Luca qui est un écrivain italien il a appelé au sabotage aussi par rapport à la ligne TGV Lyon-Turin et il a gagné son procès parce qu'il a dit vous n'avez pas le monopole du mot sabotage comme vous n'avez pas le monopole du mot détruire parce qu'on peut détruire en enlevant les briques petit à petit une à une du capitalisme ou en faisant sauter un mur mais il n'empêche que lorsqu'on dit détruire ou saboter on ne peut pas dire que c'est une incitation à la violence parce qu'on peut saboter de manière juridique on peut saboter de toutes les manières imaginables qu'on veut et donc la liberté c'est la liberté de création la liberté intellectuelle la liberté de pouvoir exprimer des idées et c'est ça que le pouvoir veut briser je pense d'accord

43:07
Présentateur

pour finir je connais quand même des policiers qui sont sympas et ce qui est gênant d'ailleurs dans ce type d'émission et je sais que je suis souvent critiqué là-dessus c'est que moi je ne suis pas pour l'abolition de la police dans une société il me semble que peut-être qu'on a un désaccord c'est mon âge qui veut dire ça mais voilà quoi mais en même temps je suis tellement conscient de ces violences policières en plus Nancy il y a un tropisme à Nancy la bague de Nancy c'est quand même très particulier j'étais arrêté par ces types alors que je n'avais rien fait et je me suis retrouvé placé en garde à vue enfin je vous passe les détails j'ai gagné mon procès mais parce que j'étais j'étais armé aussi pour faire ça donc je sais aussi ce que c'est c'est pour ça que c'est très important ces combats-là parce que là en ce moment il y a vraiment une tendance surtout avec ce ministre de l'Intérieur qui a une quintessence d'Armanin de sa protection de l'appareil policier de la manière dont les syndicats de police sont omniprésents dans les médias donc c'est pour ça que voilà c'était important de vous donner la parole c'est très important vous continuez à les défendre avec des arguments de droit je vous remercie beaucoup et puis et à bientôt le sujet bah écoute oui ça fait une heure et au moins que vous ayez les trois

44:14
Invité

là tu as lancé le débat avec la police ça aurait été intéressant mais une autre fois peut-être une autre fois merci en tout cas

44:19
Présentateur

merci au revoir au revoir