Port du masque dans les transports, Covid-19 et Mondial au Qatar... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Arnaud Robinet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'à votre connaissance ce plan blanc il a été déclenché dans combien d'hôpitaux à votre connaissance ?
- 0:52OuverteRéponse directe
C'est ça qui est en train de se passer ? C'est l'épidémie de bronchiolite, la grippe qui arrive ? Le Covid pour l'instant ça sature ou c'est en train de saturer aussi les services hospitaliers ? On en est où en fait de chaque épidémie ?
- 1:32RelanceRéponse directe
Est-ce que le pic est passé dans l'épidémie de bronchiolite ? Je vous pose la question parce que pour le coup ça fait des semaines qu'on en parle de cette épidémie.
- 1:57OuverteRéponse directe
Vous venez de dire, vaccinez-vous, 20% de vaccination en moins sur la seule grippe par rapport à l'an dernier. Comment est-ce que vous l'expliquez ? Il y a une forme de lassitude des Français face au vaccin ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Est-ce que tout le monde doit se faire vacciner d'ailleurs ? Ou c'est pour l'instant plutôt les publics à risque ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Un robinet, que se passe-t-il s'il n'y a pas de sursaut de vaccination avant Noël, période de brassage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Ce chiffre évolue tous les jours. Le ministre de la Santé François Braud m'avait déclenché le plan Orsan qui permet une mobilisation générale. »
- 0:39Invité politiqueFait
« Je donne l'exemple, l'hôpital de Troyes a déclenché le plan blanc il y a 48 heures, le CHU de Reims il y a quelques jours, donc le chiffre évolue chaque jour, ce qui montre la gravité de la situation et notamment face à ces triples épidémies que nous connaissons aujourd'hui. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Mais nous sommes au pied de la neuvième vague, les chiffres et les hospitalisations augmentent chaque semaine. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Non, le pic n'est pas passé. »
- 1:57PrésentateurChiffre
« Vous venez de dire, vaccinez-vous, 20% de vaccination en moins sur la seule grippe par rapport à l'an dernier. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« On peut l'expliquer par une forme de lassitude. Vous l'avez dit, 20% de vaccination en moins par rapport à 2021 pour la grippe. »
- 2:08Invité politiqueChiffre
« Et puis, il faut rajouter également que seulement à peu près 10% de la population cible sujette au rappel de la Covid est vaccinée. »
- 3:16Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que l'hôpital a accueilli 85% des hospitalisations Covid. Alors que l'hôpital représente, dans une situation normale, 60% de l'activité. »
- 5:38Invité politiqueChiffre
« Il y a à peu près 6 à 8% de postes vacants chez les infirmiers à l'hôpital, 2,5% chez les aides-soignants ou aides-soignantes. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« Et 30% sur les postes titulaires de médecins. »
- 6:38Invité politiqueFait
« Nous, Fédération Hospitalière de France, avec le gouvernement, pour inciter, pour montrer à cette jeunesse que travailler dans le milieu de la santé, c'est un beau projet professionnel. »
- 8:19Invité politiqueChiffre
« Si je prends le cas des infirmiers ou infirmières, ils sont entre 600 et 150 000 dans l'hôpital. Et ça représente 400 à 500 infirmiers ou infirmières. »
- 8:29Invité politiqueChiffre
« Il y a 1,2 million d'agents dans la fonction publique hospitalière. Et ça concerne 4 000 agents. »
- 9:39PrésentateurChiffre
« Une aide pour ceux qui gagnent jusqu'à 2260 euros pour une personne seule et jusqu'à 4750 euros pour un couple avec deux enfants. »
- 10:04PrésentateurChiffre
« Elle recueille à l'issue de la première phase 46,97% des suffrages des adhérents. »
Temps de parole
- Arnaud Robinet64 %
- Présentateur15 %
- Présentateur 214 %
- Présentateur 37 %
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Bonjour Arnaud Robinet, le plan blanc vient d'être déclenché au sein des hôpitaux de Strasbourg, les services d'urgence sont saturés. Un plan blanc ça veut dire qu'on rappelle des professionnels, qu'on déprogramme des opérations non urgentes, c'est donc pas anodin. Est-ce qu'à votre connaissance Arnaud Robinet, ce plan blanc il a été déclenché dans combien d'hôpitaux à votre connaissance ?
Ce chiffre évolue tous les jours. Le ministre de la Santé François Braud m'avait déclenché le plan Orsan qui permet une mobilisation générale. L'ensemble des établissements de santé qui permet de réquisitionner, de déplacer des agents hospitaliers d'un service à un autre avec les conséquences que vous venez de souligner, des programmations et autres. Je donne l'exemple, l'hôpital de Troyes a déclenché le plan blanc il y a 48 heures, le CHU de Reims il y a quelques jours, donc le chiffre évolue chaque jour, ce qui montre la gravité de la situation et notamment face à ces triples épidémies que nous connaissons aujourd'hui.
C'est ça qui est en train de se passer ? C'est l'épidémie de bronchiolite, la grippe qui arrive ? Le Covid pour l'instant ça sature ou c'est en train de saturer aussi les services hospitaliers ? On en est où en fait de chaque épidémie ?
C'est vrai qu'on parle un peu moins de la Covid, comme si l'épidémie de Covid était rentrée je dirais dans notre quotidien. Mais nous sommes au pied de la neuvième vague, les chiffres et les hospitalisations augmentent chaque semaine.
Donc c'est des vagues qui se succèdent et qui se chevauchent, c'est ça ce qui se passe à l'hôpital ?
Voilà, on va avoir la neuvième vague de la Covid, vous rajoutez à ça l'épidémie de bronchiolite telle qu'on ne l'a pas connue depuis 10 ans et la grippe qui arrive plus tôt que prévu et avec une virulence qui est à souligner.
Est-ce que le pic est passé dans l'épidémie de bronchiolite ? Je vous pose la question parce que pour le coup ça fait des semaines qu'on en parle de cette épidémie.
Non, le pic n'est pas passé. Toujours pas ? Toujours pas passé. On a eu une augmentation de la bronchiolite cette semaine. Les services hospitaliers, notamment pédiatriques, l'avaient anticipé d'une certaine manière, c'était le retour des vacances. Donc non, nous n'avons pas dépassé le pic de la bronchiolite.
Vous venez de dire, vaccinez-vous, 20% de vaccination en moins sur la seule grippe par rapport à l'an dernier. Comment est-ce que vous l'expliquez ? Il y a une forme de lassitude des Français face au vaccin ?
On peut l'expliquer par une forme de lassitude. Vous l'avez dit, 20% de vaccination en moins par rapport à 2021 pour la grippe. Et puis, il faut rajouter également que seulement à peu près 10% de la population cible sujette au rappel de la Covid est vaccinée. Donc ce n'est pas suffisant. C'est pour ça qu'il faut que le gouvernement fasse une grande campagne de communication. Alors il l'a commencé, bien évidemment, mais pour inciter nos concitoyens à se vacciner, pour se protéger.
Est-ce que tout le monde doit se faire vacciner d'ailleurs ? Ou c'est pour l'instant plutôt les publics à risque ?
Publics à risque pour la Covid, comme cela a été annoncé. Pour la grippe, il faut aller au-delà, à mon avis, de la population à risque parce que ce virus est très virulent cette année. Et pour vous, il n'y a pas besoin d'aller au-delà pour le Covid ? Aujourd'hui, faisons step by step, étape par étape. Le public cible, ce sont les personnes à risque. Il faut déjà qu'elles se fassent vacciner. C'est important. Ensuite, s'il est nécessaire de se vacciner, il faudra lancer bien sûr un quatrième rappel pour la population en général. Mais aujourd'hui, concentrons-nous sur la population à risque.
Donc 60 ans et plus, les femmes enceintes par exemple, ou les personnes qui souffrent de comorbidités. Tout à fait, voilà. Un robinet, que se passe-t-il s'il n'y a pas de sursaut de vaccination avant Noël, période de brassage ?
On risque encore une fois de mettre l'hôpital sous tension. Et l'hôpital est déjà sous tension, mais avec des risques... Il peut encaisser ? À un moment, il ne pourra pas tout encaisser. Je rappelle que l'hôpital a accueilli 85% des hospitalisations Covid. Alors que l'hôpital représente, dans une situation normale, 60% de l'activité. 85%, avec les conséquences qui ont été soulignées tout à l'heure, des déprogrammations. Et avec les conséquences que cela entraîne sur l'évolution de certaines pathologies, ces certains patients. Donc je crois que chacun doit prendre ses responsabilités. Et c'est pour ça qu'on a les moyens de se protéger, mais de protéger les autres, il faut se faire vacciner.
Mais sur ce cas de Noël, si les Français ne se vaccinent pas, qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce que le gouvernement doit reprendre des mesures nationales en disant le masque dans les endroits qui brassent du public, les grandes surfaces, les transports par exemple ? Est-ce que vous demandez, vous, en tant que président de la Fédération hospitalière, ou en l'espèce, en tant que maire de Reims, à pouvoir prendre des mesures ? Qu'est-ce qui se passe si la vaccination ne prend pas d'ici Noël ?
Moi, je pense que le retour du masque est une possibilité.
Pas une obligation, pas une contrainte.
Pas une contrainte, mais une possibilité, notamment dans les transports. Que ce soit fait, je prends aussi régulièrement les transports en commun. Il est vrai que dans les transports un peu bondés, nous sommes les uns contre les autres, et forcément, ça facilite la propagation des virus. Donc, il faudrait que le gouvernement donne la possibilité aux maires de pouvoir instaurer le port du masque dans les transports en commun, en fonction des espèces du territoire et des horaires. Mais je pense que le masque peut être un outil extrêmement important pour limiter la propagation. Le plus tôt possible serait le mieux.
Parce qu'il y a les achats de Noël, mais au-delà des transports, il y a du brassage en ce moment de population, et il va y en avoir encore plus.
Moi, je crois aussi à la responsabilité de nos concitoyens. On le voit dans certains commerces aujourd'hui, certains portent le masque d'eux-mêmes. Mais dans les transports en commun, il faut à tout prix le port du masque, qu'on donne la possibilité de pouvoir l'instaurer le plus tôt possible. Vous l'avez souligné, on le sait très bien, les congés, les vacances de Noël vont être propices à un brassage, et donc à peut-être une rentrée dans les hôpitaux difficile.
Vous dites que l'hôpital peut ne pas tenir, si jamais tout empirer. Il faut dire que les soignants sont mis à la rue d'épreuve, effectivement. Ça peut tenir combien de temps, d'après vous, dans ces conditions ?
Alors, on l'a vu, ce qui fait la force du service public de la santé, notamment des hôpitaux, c'est cette réactivité, cette adaptabilité. Et l'hôpital public remplira toujours son rôle. Malheureusement, aujourd'hui, l'hôpital est confronté à plusieurs difficultés, notamment à celui du recrutement et notamment des ressources humaines. Il y a à peu près 6 à 8% de postes vacants chez les infirmiers à l'hôpital, 2,5% chez les aides-soignants ou aides-soignantes.
Ça représente combien de postes chez les infirmiers, par exemple ?
Et 30% sur les postes titulaires de médecins. 30% ? Oui, de postes titulaires.
Il manque un médecin titulaire sur trois. Un poste sur trois n'est pas...
N'est pas pourvu. Alors, derrière tout ça, le vrai sujet, c'est comment on rend l'hôpital plus attractif. Et donc là, nous devons travailler, je dirais, main dans la main. Nous, Fédération Hospitalière de France, avec le gouvernement, pour inciter, pour montrer à cette jeunesse que travailler dans le milieu de la santé, c'est un beau projet professionnel. Ce n'est pas qu'une question de moyens, c'est ce que vous dites. Ce n'est pas qu'une question de moyens.
Parce que là, plus de 500 millions d'euros viennent d'être mis sur la table pour passer, là, les prix de ces trois épisodes.
Et on l'a souligné, on a fait part de notre satisfaction. La première ministre, comme le ministre de la Santé, nous a écoutés. Nous l'avons rencontrés à plusieurs reprises. Et nous avons salué cette décision. Mais on réagit, encore une fois, face à l'urgence. Et donc, nous, nous demandons plutôt un plan de plurianalité en termes de financement pour les hôpitaux. Mais au-delà du financement, parce que vous savez, la France, c'est le pays qui dépense le plus en termes de dépenses publiques. Je crois qu'il y a un vrai sujet d'organisation. Il faut être beaucoup plus efficient. Mais on n'y arrivera pas si on réforme uniquement l'hôpital. Il faut éviter cet hospitalocentrisme à outrance.
C'est le système de santé dans son ensemble qu'il faut transformer. La médecine de ville, parce qu'il doit y avoir cette coordination permanente entre l'hôpital et la médecine de ville.
Il y a des propositions en la matière. À l'Assemblée nationale, par exemple, les communistes disent qu'il faut pouvoir réquisitionner les médecins libéraux lorsque l'hôpital est engorgé. L'un de vos collègues d'Horizon, Thomas Meignier, avait dit que c'est aussi un problème de déserts médicaux. Il faut réguler l'installation des médecins. C'est des pistes qui vous semblent aller dans l'ensemble ?
Non. La régulation, moi, je suis opposé. Ce n'est pas par cette coercition qu'on arrivera à solutionner le problème. Le vrai sujet, c'est cette coordination. Moi, je donne l'exemple. Le CHU de Reims. On a travaillé main dans la main avec les médecins de ville. Nous avons créé cette maison d'urgence, de garde d'urgence au pied de l'hôpital, qui permet à des patients, avant d'aller dans les urgences, de rencontrer des médecins généralistes qui sont de permanence. Et ensuite, ils sont réorientés vers les urgences. Et la médecine libérale joue le jeu, vous l'avez dit. Et la médecine libérale joue le jeu. Et donc, c'est possible dans les territoires. Donc, il faut renforcer cette coordination.
Quant à la régulation de l'installation des médecins, je n'y crois pas. Je ne suis pas sûr que ce soit en imposant l'installation des médecins dans certains secteurs. On parle des airs médicaux, mais ce sont des airs tout court. Il n'y a plus de service public. Donc, moi, je crois à la responsabilité des médecins généralistes et de la médecine libérale.
Juste une chose, Arnaud Robinet, avant d'aller au fil info. Est-ce qu'il faut que les soignants non vaccinés soient réintégrés ? C'est quelque chose qui fait débat, houleux d'ailleurs, à l'Assemblée.
Pour moi, le débat n'a pas lieu d'être. Si je prends le cas des infirmiers ou infirmières, ils sont entre 600 et 150 000 dans l'hôpital. Et ça représente 400 à 500 infirmiers ou infirmières. Il y a 1,2 million d'agents dans la fonction publique hospitalière. Et ça concerne 4 000 agents. Ce n'est pas ça qui va résoudre le problème. Bien évidemment. Au contraire, peut-être ? Oui, parce qu'il y a une question d'éthique vis-à-vis des 99% des agents hospitaliers qui, eux, sont vaccinés. Et donc, on est plus sur un sujet politique que sur un sujet sanitaire. Dans ce cas-là, dans les débats que j'ai pu voir à l'Assemblée nationale.
Et ce n'est pas pour moi, aux députés, de se saisir de ce sujet, mais à la Haute Autorité de Santé, de donner un avis sur la réintégration ou non de ces agents hospitaliers.
Elle s'est déjà prononcée et elle va se prononcer à nouveau dans les semaines qui viennent. Merci beaucoup, Arnaud Robinet. Vous restez avec nous. Président de la Fédération hospitalière de France, maire de Reims. Le fil info, d'abord 8h42. Voici Diane Ferchit. Le président de la Fédération française de football, Noël Legrette, se dit sur France Info très satisfait de la salve de tweets en français, en arabe et en anglais d'Emmanuel Macron en plein match des Bleus hier soir. Le président de la République y assure le Qatar du soutien de la France pour ses changements engagés.
Le Qatar, où les Français sont qualifiés pour les huitièmes de finale du Mondial de football après leur victoire 2 à 1 face aux Danois. Pour les Français qui se chauffent, au bois, l'aide du gouvernement ira de 50 à 200 euros. Précision dans le Parisien, aujourd'hui en France, du ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. Une aide pour ceux qui gagnent jusqu'à 2260 euros pour une personne seule et jusqu'à 4750 euros pour un couple avec deux enfants. Elle sera accessible à partir du 22 décembre. A Lille, deux semaines après l'effondrement de deux immeubles, l'effondrement qui a fait un mort. Trois nouveaux immeubles, 17 habitants au total, évacués cette nuit dans le centre-ville.
La mairie a rédigé un arrêté de mise en péril. Le vote chez Europe Écologie-Les Verts pour élire la nouvelle chef du parti et la conseillère régionale des Hauts-de-France, Marine Tondelier, en bonne place pour l'emporter. Elle recueille à l'issue de la première phase 46,97% des suffrages des adhérents. France Info
Le 830 France Info, Néhile à la trousse, Laurin Sénéchal.
Bonjour avec Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France. Question rapide, réponse rapide, Arnaud Robinet. Est-ce qu'il est envisagé de demander aux soignants de décaler leurs vacances de fin d'année pour tenir le coup ?
Ça peut être les conséquences d'un déclenchement d'un plan blanc dans un établissement de santé, de décaler les congés, la réquisition est in fine.
Et là, pour l'instant, les opérations non urgentes sont renvoyées à 2023 ?
Oui, il y a des déprogrammations aujourd'hui qui ont lieu dans nos hôpitaux.
Arnaud Robinet, pardon, je voudrais qu'on parle du mondial au Qatar, de football qui se déroule en ce moment, qui est définitivement politique. Quoi qu'en dise le chef de l'État Emmanuel Macron, c'est lui-même d'ailleurs qui a remis le terrain politique sur le devant de la Seine hier, en plein match des Bleus, qui ont gagné, je le précise, 2-1 contre le Danemark. Le Qatar s'est engagé dans une voie de changement concret et doit continuer. Il peut compter sur notre soutien. Voilà ce qu'a écrit sur son compte Twitter en trois langues, français, arabe et anglais, le chef de l'État. Est-ce que vous comprenez ces messages d'Emmanuel Macron ? Le Qatar peut compter sur notre soutien.
Et vous comprenez qu'il puisse choquer, par exemple, à la France insoumise ?
Oui, mais vous savez, aujourd'hui, tout est sujet à polémique. Et sur la question de la Coupe du Monde au Qatar, c'était il y a dix ans qu'il fallait réagir, qu'il fallait s'offusquer pour des raisons aussi de développement durable, la question des droits de l'homme. Aujourd'hui, la Coupe du Monde a débuté. Les Français, d'ailleurs, font un très beau parcours et on ne peut que s'en féliciter. Les joueurs ne sont en rien responsables du choix du Qatar pour la Coupe du Monde. Les supporters non plus. Donc espérons justement que cette Coupe du Monde permette au Qatar de mieux s'ouvrir sur le monde. Ça permet également d'envoyer quelques messages, comme le fait le président de la République.
Mais je crois qu'aujourd'hui, laissons les supporters profiter de cette Coupe du Monde et du beau parcours de l'équipe de France. Et hier, sur les gazons du stade, ils nous ont montré en tout cas une belle image.
Juste une chose, la Fédération Française de Football demande maintenant à ce que le brassard, le fameux brassard de défense des droits LGBT, soit déployé sur le territoire français, dans les petits clubs, que les clubs qui le veulent s'en saisissent, alors qu'il est interdit au Qatar. Est-ce qu'il y a une forme d'hypocrisie ? On défend les droits LGBT chez nous, mais pas au Qatar.
Oui, il y a une forme d'hypocrite d'une certaine manière, mais je dis attention à ne pas tout mélanger. Arrêtons de se saisir de tout événement pour faire passer des messages ou autres et de politiser à outrance cette Coupe du Monde. En France, nous défendons bien évidemment les droits des minorités, les droits LGBT, et heureusement d'ailleurs, on connaît la position de la France sur le plan international. Je pense que cette Coupe du Monde est le moyen aussi de faire passer quelques messages. Le président le fait, mais à un moment, on va desservir l'ensemble de ces causes à force d'en faire trop.
Anne Robinet, vous êtes maire de Reims, qui n'a pas d'écran géant pour ce mondial. C'est une décision qui vaut pour tout le mondial, même si les bleus vont en finale, il n'y aura pas d'écran géant ?
Vous savez, on m'a posé la question, est-ce que c'est le boycott de la Coupe du Monde ? Manifestement non. Non, ce n'est pas le boycott. Je veux dire, je suis pragmatique. La question, c'est qu'un écran géant et mettre en place une fanzone, c'est un peu plus de 200 000 euros. Et qu'aujourd'hui, je n'ai pas les moyens à mettre 200 000 euros.
C'est une question de sobriété, en fait.
Et puis la question de sobriété. Et puis, vous savez, Reims, ça doit être la ville la plus ensoleillée du nord de la France. Nous sommes au mois de décembre. Il fait froid. Et donc, regarder un match à l'extérieur, c'est un peu compliqué. Et puis, les horaires des matchs ne sont pas forcément, voilà, 13h, 17h. Donc, voilà. Par contre, j'incite l'ensemble des supporters. Et ils sont nombreux à Reims. On aime le foot. Aller dans les bars, les cafés, etc. Et puis, créer cette ambiance Coupe du Monde.
Et à fréquenter le marché de Noël.
Et à fréquenter le marché de Noël, bien évidemment. Bien sûr qu'il est maintenu. Et nous allons l'inaugurer le 2 décembre.
Est-ce qu'au nom de la sobriété, justement, les illuminations de Noël, le marché de Noël, est-ce que vous avez dû réduire la voilure ?
Pas du tout. Vous savez, ça fait depuis plusieurs années que toutes nos illuminations sont en LED. Et la facture des illuminations de Noël représente entre 7000 et 9000 euros, exactement. À l'échelle de Reims. À l'échelle de Reims. Sur un budget de fonctionnement de plus de 250 millions d'euros. Donc, voilà, moi, je...
Y compris, donc, avec les factures qui flambent, ça ne va pas faire un trou dans votre budget. Non, non, mais pas du tout.
Et puis, donnons un peu de magie, enfin, donnons un peu de bonheur. Vous savez, on vit quand même dans une société actuellement une période assez compliquée. Je peux comprendre pour l'ensemble de nos concitoyens et pour moi également qui suis un citoyen français. Mais derrière ça, soyons aussi optimistes. Et puis, continuons aussi à donner un peu de bonheur. Je crois qu'on en a bien besoin.
L'un des secteurs importants de votre région, c'est le champagne. Oui. Est-ce qu'avec l'inflation, avec justement cette crise, ces inquiétudes des Français, les producteurs vous font part d'une forme d'inquiétude quant aux ventes de champagne pour la fin d'année ?
Non, parce que l'année 2021-2022 ont été des excellentes années pour le champagne. Parfois avec des ruptures de stock. Donc, pas d'inquiétude pour cette... D'ailleurs, les achats ont déjà été faits pour les fêtes de fin d'année. Par contre, il peut y avoir quelques inquiétudes malgré la très bonne vendange 2022. Quelques inquiétudes pour l'année prochaine.
Pourquoi ? Parce que les récoltes ne sont pas bonnes ?
Non, les récoltes sont très bonnes. Mais alors, les bouteilles qui seront commerciées l'année prochaine ne sont pas celles issues de la vendange 2022. Mais parce que l'inflation, notamment, peut freiner la vente du champagne, notamment l'export. Pour l'année prochaine, mais pas pour les fêtes de fin d'année. Pas pour cette année.
Et vous avez réussi à convaincre votre collègue de Strasbourg de sauver le champagne. La mairie de Strasbourg, je précise, qui est une mairie écologiste, qui a réduit la voilure sur tout un tas de consommations de Noël, le foie gras notamment. Je crois que vous avez discuté avec elle et vous avez réussi à la voir. Il y aura du champagne au marché de Noël, ou en tout cas, il ne sera pas boycotté.
Voilà. Enfin, en d'un point de vue communication, dire que le champagne est interdit sur le marché de Noël de Strasbourg, ça m'a un peu choqué, sachant qu'ils font partie de la même région, la région Grand Est. Donc, j'ai eu la maire de Strasbourg au téléphone et nous avons décidé d'une coopération, d'un partenariat. L'année prochaine, la ville de Reims sera présente au marché de Strasbourg avec du champagne et nos autres spécialités. Et Strasbourg sera également invité au marché de Noël de Reims.
Merci beaucoup Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France, maire de Reims également. Vous étiez ce matin l'invité du 8.30 France Info. Pour...
Arnaud Robinet