Philippe de Villiers : «Le régime est en train de mourir»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et là, je vais vous raconter quelque chose. J'ai eu une confidence d'un magistrat qui m'a appelé hier et qui m'a dit, il y a trois chambres de comparution immédiate à Paris, dont une qui a été rajoutée en dernier moment. Et avant, il y avait un juge qui présidait tout ça, qui s'appelait Tonis Curtis, et qui était considéré par le syndicat de la magistrature comme trop dur, parce que de temps en temps, il l'envoyait en prison, en comparution immédiate. Ils l'ont larguée. Et ce magistrat m'a dit, je vous assure que deux chambres sur trois étaient composées exclusivement de membres du syndicat de la magistrature.
Le syndicat de la magistrature est entré dans l'État pour démolir l'État, pour démolir la loi, pour démolir le bien commun. Et donc, la syndicalisation, ce n'est pas possible. C'est comme l'armée. Quand on rentre dans l'armée, on ne se syndique pas. Quand on est magistrat, on juge au nom de la société, au nom du peuple français, et pas au nom de convictions idéologiques. On laisse ces convictions idéologiques au vestiaire quand on prend la toge et l'armine. Et enfin, je termine par quelque chose d'essentiel dont jamais personne ne parle, sauf l'Institut pour la justice, avec le remarquable Pierre-Marie Sèvres, qui était un homme exceptionnel, et exceptionnel de bon sens.
Qui a parlé de désastre judiciaire à propos du drame concernant l'État. Là, je ne crois pas trahir sa pensée en disant que l'Institut pour la justice a posé le problème de la composition de la magistrature. Pourquoi ? Parce qu'en fait, les jeunes magistrats qui sortent de l'École nationale de la magistrature, il y a aussi Jean-Paul Garraud qui m'avait raconté ça, parce qu'il a été à un moment donné en responsabilité là-bas. Alors, tous ces jeunes, ils rentrent à 22 ans et ils sortent à 25 ans. Et à 25 ans, ils sont substituts du procureur à hausse. Ils n'ont jamais rien fait d'autre.
Donc, ils font des études, ils passent le concours, ils sortent de l'ENM et ils deviennent substituts du procureur à hausse. Bon. Alors, la solution. La solution, c'est simple. C'est le panachage. La solution, puisqu'on dit souvent, il faudrait un lien plus fort entre police-justice. La solution, c'est de faire rentrer des policiers et des gendarmes dans la justice. Et donc, par le tour extérieur, ce qui est à la disposition du ministre. C'est-à-dire, en fait, permettre à des anciens gendarmes, à des anciens commissaires de police, de devenir magistrats et permettre à des magistrats de faire l'inverse.
À ce moment-là, vous aurez une compréhension plus intime entre les forces de sécurité et la magistrature. La grande différence entre les forces de sécurité et la magistrature, je vais dire un truc horrible, mais ça ne fait rien. C'est le fruit de mon expérience. Quand vous rencontrez un gendarme ou un policier, il est dans la vie. Il est dans la vie de tous les jours. Il parle à la population. Il est dans la population. Il est de la population. Le magistrat, lui, il est à l'abri de sa toge. Et il m'édite la phrase de Richelieu qui disait, laissez les juges dormir. Tant qu'ils dorment, ils ne se révoltent pas et ils ne sont pas tentés de prendre le pouvoir. Mitterrand a eu un mot juste.
C'est rare que je lui rende hommage. Mais il a dit, les juges ont eu la peau de l'ancien régime, ils auront la peau du nouveau. Voilà, le régime est en train de mourir. Merci.
Merci. Merci. Merci.