Mobilisation du 17 octobre : une "colère sourde" traverse la société prévient le maire de Grigny
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
On se demande ce matin si la colère monte vraiment en France.
- 0:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
- 1:28OuverteRéponse directe
C'est la misère qui conduit les français à être dans la rue demain ?
- 2:47RelanceRéponse directe
Est-ce que vous aussi, et où est-ce que vous dites que c'est de la violence qui est légitime à ce stade ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Ces réponses du gouvernement, sont-elles à la hauteur de ce que vous disent les gens ou bien pas assez ?
- 5:21OuverteRéponse directe
C'est quoi ce plan de la nation pour la jeunesse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« Depuis 15 jours, on me parle de cette journée du 17 octobre. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Et donc ça donne une tonalité de cette colère sourde qui s'exprime à travers le mouvement des lycéens, mais qui traverse la société. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Oui, regardez le mouvement des lycéens. Un mot, l'égalité. C'est ce que demandent les lycéens. »
- 1:45Invité politiqueFait
« 50 lycéens qui, pendant une heure et demie, deux heures, ont pris la parole pour nous dire, bâtiment vétus, conditions dégradées, prof absent, l'espoir d'avoir un avenir dans ce pays. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Et puis, sur le pouvoir d'achat, un seul mot, la dignité. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Hier, rendez-vous compte, tous les 2-3 mois, on fait des ventes solidaires de pommes de terre. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« Grigny, c'est 45% de taux de pauvreté. »
- 4:20Invité politiqueChiffre
« 40% de ces personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 60% du revenu médian, ce sont des travailleurs, monsieur. »
- 5:53Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, 15% des 18-24 ans ont faim. »
- 6:16Invité politiqueChiffre
« Le taux de chômage des 18-25 ans atteint des niveaux records dans notre pays depuis deux, trois générations. »
Temps de parole
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- ?3 %
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Ici
Paris-Île-de-France, le réveil 100% local, ici matin. 7h44, soyez les bienvenus ce matin à la veille de la journée de mobilisation du 17 octobre. On se demande ce matin si la colère monte vraiment en France. Eux sont souvent ceux en première ligne de la colère à des citoyens. Votre invité Théomé Ton-Réjambaud est maire. Bonjour Philippe Riau.
Bonjour.
Maire PCF de Grigny en Essonne, mobilisation des lycéens, ras-le-bol de la vie chère, notamment des prix des carburants, gilets jaunes, agriculteurs. Les français sont en colère et ils vont le dire demain en Ile-de-France et partout dans le pays. De nombreuses manifestations sont prévues. Vous avez rencontré vos habitants, vos administrés cette semaine, jeunes ou moins jeunes on imagine. Qu'est-ce qu
'ils
vous disent ?
De
la lassitude et de la colère. Depuis 15 jours, on me parle de cette journée du 17 octobre.
Pour
des gens qui ne sont pas engagés dans des mouvements politiques, qui sont très éloignés même des mobilisations citoyennes. Et donc ça donne une tonalité de cette colère sourde qui s'exprime à travers le mouvement des lycéens, mais qui traverse la société. Et puis n'oublions pas que cette marche de demain, elle est symbolique parce qu'elle se déroule le jour de la journée internationale contre la misère.
Je
ne sais pas si cette date a été choisie à dessein par celles et ceux qui iront manifester et je serai de cela. Mais en tout cas, je trouve que c'est un signal
extrêmement fort et puissant. C'est la misère qui conduit les français à être dans la rue demain ?
Oui, regardez le mouvement des lycéens. Un mot, l'égalité. C'est ce que demandent les lycéens. Le 5 octobre, j'ai réuni une cinquantaine de lycéens. Il n'y
a
pas de lycée à Grény. Il
n'y a
pas de commissariat non plus d'ailleurs. 50 lycéens qui, pendant une heure et demie, deux heures, ont pris la parole pour nous dire, bâtiment vétus, conditions dégradées, prof absent, l'espoir d'avoir un avenir dans ce pays. Notre jeunesse ne croit plus en l'avenir de notre pays. Prof absent, évidemment. Ce décrochage est extrêmement puissant. J'étais devant des lycées des villes alentours où sont les Grénoises et les Grénois. J'ai écouté toujours la même chose, en fait. Une espèce de mépris. Le moi était beaucoup utilisé. Le mépris de ce qu'ils sont eux et de l'avenir qu'on leur propose. Et puis, sur le pouvoir d'achat, un seul mot, la dignité.
Hier, rendez-vous compte, tous les 2-3 mois, on fait des ventes solidaires de pommes de terre. Un camion arrive dans la ville, on le met dans un secteur de la ville. À 8h30 du matin, il y avait des bouchons dans la ville. Les gens
venaient
prendre des patates et des oignons à prix quasiment coûtant. J'ai vu des nouveaux visages. Parce que je suis resté une heure. J'ai vu des nouveaux visages et j'ai entendu cette peur des Françaises et des Français.
Vous avez rencontré les lycéens, vous l'avez dit. On a vu dans les cortèges de lycéens ces derniers jours, parfois, de la violence. Le gouvernement est inquiet de potentielle violence dans les cortèges de demain. Est-ce que vous aussi, et où est-ce que vous dites que c
'est
de la violence qui est légitime à ce stade
? Moi,
je dis que les gens doivent manifester dans la non-violence,
pacifiquement. On
arrive à se faire entendre aussi de cette manière-là. Quand bien même le gouvernement, sur plein de mouvements qui s'appellent les gilets jaunes, qui s'appellent les retraites, qui s'appellent la Convention citoyenne sur le climat, n'a pas entendu le peuple français qui désirait des choses très massivement et qui n'a pas été entendu. Les débordements existent. Ils existent actuellement et ce n'est pas bien. Et ils ont existé hier et ils existront demain. Donc, moi, j'appelle juste à une manifestation pacifique, non violente, mais déterminée.
Manifestation où les gens vont donc parler de cette vie qui est chère. Le gouvernement a annoncé la libération de barils de gazole. Le prix à la pompe devrait baisser au 1er novembre. Pour les lycéens, c'est la mobilisation des professeurs remplaçants qui est proposée. Ces réponses du gouvernement, Philippe Rio, elles sont à la hauteur de ce que vous disent les gens ou bien pas assez ?
Les
gens n'y croient pas beaucoup, en fait, dans la réalité. Ce sont des mesures conjoncturelles qui sont nécessaires,
mais
qui ne sont pas suffisantes. Grigny, c'est 45% de taux de pauvreté. Trois fois plus que la moyenne nationale et régionale. Qu'est-ce qu'il faut faire alors ? 40% de ces personnes vivant sous le seuil de pauvreté,
60
% du revenu médian, ce sont des travailleurs, monsieur. Ce sont des travailleurs pauvres. Et donc,
il
y a véritablement, le problème du pouvoir d'achat ne va pas se régler uniquement à la pompe. Il faut apporter des réponses immédiates sur la pompe. Mais on voit bien que le gel de l'indice des fonctionnaires, le gel du SMIC, le gel des salaires, tout ça concourt à ce sentiment que les gens ont l'impression de vivre dans la pénurie, en fait. Ils vivent dans la pénurie et dans la privation. Donc, oui, bien évidemment, agissons parce que c'est le problème d'aujourd'hui. Mais structurellement, ce n'est pas ça. Aujourd'hui, le pouvoir d'achat ne peut pas se résumer à la pompe, quand bien même c'est déterminant dans la période que nous vivons.
Je rappelle qu'on va rentrer dans la période hivernale où les gens vont devoir se chauffer, où les factures énergétiques vont augmenter. Donc, il faut vite agir structurellement sur les choses. Les gens n'en veulent plus ni de la pénurie, ni des privations dans un pays aussi riche qu'est notre pays.
Très rapidement, monsieur le maire, vous, vous appelez à un plan de la nation pour la jeunesse. On parle des lycéens depuis un mois, évidemment. C'est quoi ce plan de la nation pour la jeunesse
? Écoutez,
notre pays a su se mobiliser au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour éviter que les personnes âgées vivent dans la misère et dans la pauvreté. Nous avons insisté, nous avons inventé un beau système qui est celui des retraites, qui est en pleine interrogation et c'est normal.
Quand
notre pays fera un plan pour notre jeunesse, aujourd'hui, 15% des 18-24 ans ont faim. C'est une enquête récente. Des sondages et des enquêtes d'opinion nous disent que notre jeunesse ne croit plus dans l'avenir de notre pays et pensent même à quitter notre pays massivement.
Mais
nous avons un problème. Nous devons nous adresser à eux. Quand on a 18 ans, on a son permis de conduire, on peut voter, mais on n'a pas le RSA quand c'est compliqué. Le taux de chômage des 18-25 ans atteint des niveaux records dans notre pays depuis deux, trois générations.
Mais
est-ce qu'on va se réveiller pour se dire l'avenir de ce pays se joue dans notre jeunesse et donnons-leur les moyens dès l'école pour réussir et pour faire en sorte que dans l'avenir, notre pays continue à jouer les premiers rôles. Notre jeunesse a soif de ça. Il faut l'écouter.
Et
puis, moi j'entends aussi, vous savez, dans ce moment-là, cette phrase de Victor Hugo magnifique, le paradis des riches, c'est l'enfer des pauvres. Et effectivement, ce grand écart qui existe entre les gens d'en haut qui ne veulent plus rien donner et les gens d'en bas qui n'en peuvent plus, un grand écart qui est difficile. Espérons que la campagne présidentielle nous permettra d'aborder ces sujets sereinement.
L'avenir de notre pays est dans la jeunesse. Merci Philippe Rio, maire PCF de Grigny en Essonne, invité d'ici matin.
Et
le retour de l'info à 8h sur ICI Paris-Île-de-France avec cette question où en est l'enquête un an après le rocambolesque cambriolage qui a conduit au vol de bijoux inestimable au Louvre. On fait le point ce matin, évidemment.
Philippe Rio