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interviewRMC — Face à Face· 31 mars 2021 23 min

L'invité de Bourdin Direct : Anne Hidalgo - 31/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Anne Hidalgo

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:15
Présentateur

Anne Hidalgo, bonjour.

0:16
Anne Hidalgo

Bonjour Jean-Jacques Bourdin.

0:17
Présentateur

Merci d'être avec nous, maire de Paris, Anne Hidalgo, Conseil de Défense Sanitaire. On attend les décisions du Président de la République. Est-ce que ce matin, ici, vous demandez la fermeture des établissements scolaires ?

0:32
Anne Hidalgo

D'abord, un mot quand même sur la méthode. Je ne sais encore rien et personne ne sait grand-chose. Et c'est un conseil de défense sanitaire qui va décider. Et la France entière est dans l'attente. Je pense qu'en termes de méthode, on pourrait être un peu plus moderne, un peu plus efficace et jouer un peu plus la transparence. Je pense que les écoles doivent être fermées parce que c'est une désorganisation très grande aujourd'hui. Par exemple, sur Paris, on a environ 20 000 élèves, tout confondu, qui ne sont pas en classe, soit parce qu'ils sont malades, soit parce que les classes sont fermées. 850 classes fermées aujourd'hui, ce matin.

Donc, nous sommes dans une situation où les parents arrivent à l'école et on leur dit la classe est fermée. On a des enseignants, on a des personnels de la ville qui sont aux côtés des enseignants qui sont malades, qui doivent aussi pour certains garder leurs enfants. Donc, c'est très désorganisé. Et je pense, en plus, quand on voit les taux aujourd'hui d'incidence chez les jeunes, par exemple, chez les jeunes 15-19 ans, on est à 850 de taux d'incidence sur Paris aujourd'hui. Donc, il y a un besoin, oui, de prendre une mesure qui freine, oui, on est à deux semaines un peu moins des vacances scolaires.

1:52
Présentateur

C'est ce que disait d'ailleurs Valérie Pécresse.

1:53
Anne Hidalgo

Oui, elle disait anticiper les vacances. Anticiper les vacances. J'ai dit, ça revient au même. Ça revient au même, oui. C'est fermer les écoles pour effectivement pouvoir, là, faire quelque chose. La situation est très grave, vous connaissez les chiffres. Oui. On est à 1 500 personnes aujourd'hui dans les réas en Ile-de-France, quand on a une capacité...

2:11
Présentateur

Même s'il y a moins de décès, moins de morts que lors de la première vague de l'épidémie.

2:18
Anne Hidalgo

On regardera, mais en tous les cas, aujourd'hui, quand vous êtes à 1 500 personnes en réanimation à l'hôpital, alors que la capacité maximale, elle est de 1 000 dans les réas en Ile-de-France, vous voyez bien qu'on est à peu près au niveau, d'ailleurs, de la vague de novembre sur cet aspect des choses.

2:37
Présentateur

La fermeture des écoles, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les enfants vont rester à la maison ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les parents n'iront pas travailler, au moins travailler, quand ils le pourront ? Parce que ça va poser des problèmes énormes à Nidalgo. Alors, que faire parallèlement ? Quelles mesures parallèlement faut-il faire appliquer ?

2:58
Anne Hidalgo

D'abord sur le télétravail, pour ceux qui peuvent télétravailler, parce qu'on n'est pas encore, je dirais, au maximum de ce qu'on peut faire. C'est souvent évoqué dans les recommandations, y compris du corps médical. Donc, il faut aller beaucoup plus loin sur le télétravail. Et puis, évidemment, ça va être encore un coup très très dur pour l'économie, pour beaucoup de personnes. Mais je pense que c'est là où on manque d'informations, où la transparence permettrait non pas d'infantiliser les Français, mais d'en faire aussi des acteurs.

Si on nous dit que c'est le dernier coup de collier, le dernier effort, avant qu'on puisse, comme beaucoup de ce que l'on voit, par exemple, je regardais les images de New York, Brooklyn, qui reprend vie, après avoir aussi subi beaucoup, beaucoup de pertes et de dégâts dans cette épidémie. Si on nous dit que c'est le dernier coup de collier, c'est le dernier effort important qu'on nous demande, je pense que les Français seront prêts à le faire. Mais il faut le faire en informant. Vous savez, ça ne va pas quand on dit, quand est-ce que... D'abord, c'est le Président de la République qui annonce les mesures. Après, quand est-ce qu'il va parler ? Est-ce qu'on sait quand il va parler ?

Comment il va parler ? Qu'est-ce qu'il va dire ? Vous vous rendez compte ? Je gère une ville de 2,2 millions d'habitants. Je n'ai pas l'information ce matin. Je viens là et j'attends que vous me donniez l'information, pour savoir si les écoles vont fermer ou pas fermer.

4:14
Présentateur

Mais quelles mesures faut-il prendre parallèlement à la fermeture des écoles ?

4:17
Anne Hidalgo

Je pense que dans les mesures à prendre... Encourager le télétravail, bien sûr. Encourager le télétravail.

4:22
Présentateur

Encourager, encourager, encore faut-il que les salariés puissent.

4:24
Anne Hidalgo

Et puis, on revient toujours à la question des tests, de la vaccination. Alors, justement, les tests... Il nous faut absolument accélérer.

4:31
Présentateur

N'y avait-il pas une autre solution ? Je ne sais pas, laisser les écoles ouvertes, mais vacciner d'urgence tous les personnels qui travaillent dans les établissements scolaires, les enseignants, mais aussi les personnels. Et puis, rendre obligatoires les tests salivaires.

4:47
Anne Hidalgo

Alors, c'est ce que j'ai demandé depuis le 28 janvier. Le 28 janvier, j'ai demandé que l'on puisse augmenter, en tous les cas, faire une généralisation des tests, et les tests salivaires soient arrivés un peu après, mais qu'on puisse faire ces tests salivaires. On nous a dit, et j'ai accepté évidemment cela, le rectorat, l'agence régionale de santé, on va prendre des écoles sentinelles. J'aurais dit, d'accord, très bien, on va tester certaines écoles, mais qu'est-ce qui se passe quand il y a un cluster dans une école ? Je veux qu'à ce moment-là, on puisse mobiliser des tests. La réponse a été, on va le faire. En fait, il n'y a pas suffisamment de développement de tests.

5:22
Présentateur

J'ai vu quand même que 6 maires, les 6 maires, les Républicains de Paris, ont la volonté de vacciner. Commence la vaccination, anti-personnels soignants.

5:31
Anne Hidalgo

Non, mais, d'abord, c'est un peu de... C'est quoi, c'est quoi ? Un peu d'effet de manche. Un peu d'effet de manche. D'abord, ils ne peuvent pas décider. Vous savez, les doses, ils n'en ont pas plus que dans les... Il n'y a pas plus de doses dans les arrondissements... Les doses non utilisées. ...de droite que dans les arrondissements de gauche de la capitale. Heureusement, d'ailleurs. L'ARS donne une dotation. Cette dotation est répartie équitablement par rapport au nombre d'habitants.

Et d'ailleurs, Mme Dati a été rappelée à l'ordre par l'ARS parce qu'elle voulait effectivement ouvrir une vaccination à tout le monde en décidant elle-même, sans avoir les doses d'ailleurs, dans le 7e arrondissement. Donc, l'ARS lui a dit non. Qu'en revanche, partout dans Paris, on puisse, en fin de journée, s'il reste des doses pour ne pas les détruire, prendre les personnes qui arrivent, qui se présentent souvent en fin de journée, soit chez les médecins, soit dans les centres de vaccination. Mais vous savez, on a organisé les choses sur Paris avec 24 centres de vaccination dans tous les arrondissements.

J'ai voulu aussi qu'il y ait des centres de vaccination qui soient vraiment au pied des logements sociaux, là où il n'y a pas beaucoup de médecins traitants. Et on est, évidemment, ça tourne... Je veux remercier d'ailleurs tous les agents, tous les médecins, les infirmiers, infirmières qui vaccinent toute la journée. Mais on n'est pas au maximum de ce que l'on peut faire. Vous savez combien, depuis le mois de janvier, combien de doses, en moyenne, avec des semaines très basses et d'autres semaines plus hautes, on a eu sur Paris. On a vacciné, on a injecté 16 000 doses, en moyenne, par semaine, depuis 10 semaines.

Vous vous rendez compte, c'est rien du tout par rapport à la population parisienne. Et c'est pareil dans les autres villes et autres territoires de France. 14% de la population parisienne est vaccinée.

7:14
Présentateur

Les élections régionales et départementales, est-ce que vous demandez le report de ces élections, comme le souhaitent 70% des Français ? J'ai été frappé par ce chiffre. Vous demandez le report ?

7:25
Anne Hidalgo

Je ne demande pas le report, je demande... En effet, j'ai vu ce chiffre. J'ai vu aussi les recommandations du Conseil scientifique. Et j'en ai discuté d'ailleurs avec Jean-François Delfraissy. S'il y a un risque pour la population, il faudra bien sûr les reporter. Donc j'attends qu'on nous explique à quel moment, parce qu'on ne peut pas non plus reporter indéfiniment... Le gouvernement réfléchit à une autre solution,

7:49
Présentateur

un débat suivi d'un vote sur le sujet à l'Assemblée nationale.

7:52
Anne Hidalgo

En tous les cas, il faut qu'il y ait un débat public. Ce sont des choses qui, pour le coup, doivent se décider avec la représentation nationale, et pas simplement sur un bout de table. Il faut vraiment que les éléments soient posés. La même question s'était posée au moment des municipales. Et le doute de pouvoir faire des élections en septembre, où ça risquait à nouveau de repartir sur le front de l'épidémie, avait aussi été évoqué et avait finalement... Donc aujourd'hui, vous êtes plutôt pour le report ? En tous les cas, si les conditions sanitaires ne permettent pas aux personnes de venir voter en étant assurées de ne pas tomber malade, je serais plutôt pour.

Je suis ouverte à ça, je n'ai pas une position fermée. Il faut être pragmatique, il faut avoir en tête la santé des habitants, mais il faut un débat démocratique.

8:40
Présentateur

Il faut être pragmatique. Vous êtes pragmatique. Je voudrais revenir sur ce qu'a dit Audrey Pulvar. Je cite sur BFM TV. Je cite. Elle est votre candidate aux élections régionales. Elle a dit que des personnes discriminées, pour les mêmes raisons et de la même façon, sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter. Ça ne me choque pas profondément. Voilà ce qu'elle a dit. Et elle ajoute. Et s'il se trouve que vient cet atelier, une personne blanche, on peut lui demander de se taire, d'être spectatrice au spectateur silencieux. Peut-on demander à une personne blanche de se taire, Anne Hidalgo ?

9:15
Anne Hidalgo

Évidemment non. Et d'ailleurs, je vous renvoie à la tribune que Audrey Pulvar a publiée dans Le Monde, qui précise et sa pensée et sa parole. Soyons très clairs. Je n'ai jamais transgé avec les questions relatives aux valeurs républicaines. Pour moi, la République, c'est ce qui m'a permis d'être là aujourd'hui. Je viens d'un milieu très modeste. Je viens de l'immigration espagnole. Si je n'avais pas rencontré l'école laïque républicaine et la mixité à l'école, sûrement, je ne serais pas en train de vous parler en tant que maire de Paris. Donc pour moi, je suis extrêmement attachée à cela.

Il ne faut pas confondre le champ du politique et le champ, par exemple, d'un certain nombre d'associations militantes ou même des thérapies. Ou même des thérapies. Mais le champ politique, ce n'est pas la thérapie. C'est un autre domaine. C'est le domaine de l'universel. C'est le domaine où on rassemble. C'est le domaine où on doit tous... Et de la défense de la laïcité. Et de la défense de la laïcité. Et le domaine où on doit tous être des enfants de la République. Alors, est-ce que la République, aujourd'hui, remplit ses obligations vis-à-vis de tous ses enfants ? Non. Il y a beaucoup de discrimination.

Et notamment, il y a une discrimination et une inégalité fondamentale qui touchent toutes les discriminations. C'est la question sociale. Et moi, je voudrais qu'on revienne au vrai sujet. La question sociale, les inégalités sociales, c'est ce qui mine aussi notre République. Alors, Audrey Pulvar a fait cette... Est-ce que vous auriez dit la même chose ? Évidemment non. Vous le lui avez dit ? Vous étiez mécontente ? Je le lui ai dit, mais je vais vous dire quelque chose. Oui. Moi, je ne participe plus, je ne participerai plus à ces emballements, ces torrents de haine qui sont déversés, dans lesquels on vous somme, de venir vous expliquer en 280 signes sur des choses aussi graves que ça.

Je ne participe plus à ça. Non, Jacques Bourdin. Allez-y. Je vous le dis, je ne veux plus participer à ça parce que c'est une situation qui est délétère pour la démocratie. Les gens nous regardent et ils se disent mais à quoi ils jouent ? Qu'est-ce qu'ils font ? Il y a des gens qui sont en train de mourir du Covid. Il y a des gens qui sont en train de perdre leur emploi. Et on est en train de se battre, de se déchirer, de s'insulter, parce qu'il faut voir le niveau d'injure et de haine qui est déversé sur ces sujets. L'antiracisme, c'est très important.

11:29
Présentateur

Oui, mais à niveau go, il ne faut pas prononcer ces phrases-là si on ne veut pas que ça déchaîne les passions.

11:34
Anne Hidalgo

Absolument, mais ça a été réparé et donc c'est réparé.

11:37
Présentateur

Très bien, mais ça pose quand même un problème de fond, c'est qu'il y a deux gauches dans ce pays.

11:42
Anne Hidalgo

Je ne pense pas qu'Audrey Pulvar fasse partie de la gauche indigéniste et racialiste.

11:47
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas une fracture justement à gauche ?

11:49
Anne Hidalgo

Il y a des fractures. Et d'ailleurs, il y a des fractures et on le voit bien, sinon les gens ne se déchireraient pas. Et d'ailleurs, ce n'est pas nouveau là, dans ce moment. C'était déjà vrai il y a quelques années, y compris la présidentielle précédente. Est-ce que vous permettez que je complète ma question ?

12:04
Présentateur

Est-ce que certains à gauche, je ne pense pas Audrey Pulvar, n'ont pas la tentation de remplacer un vote populaire par un vote communautariste ?

12:13
Anne Hidalgo

Peut-être, en tous les cas, ce n'est pas du tout l'horizon dans lequel moi je me situe. Et j'ai toujours été très ferme sur ces sujets-là. Je crois que d'ailleurs, personne n'a de doute sur la question. Je pense sincèrement que le sujet de comment on fait en sorte que la promesse républicaine soit réelle, ce sujet-là, il est central. Ce sujet-là, c'est remettre la question des inégalités sociales au cœur du jeu.

12:39
Présentateur

Est-ce la raison pour laquelle, Anne Hidalgo, vous dites, les réunions non mixtes de l'UNEF sont dangereuses ? Oui.

12:47
Anne Hidalgo

En plus, si vous voulez, moi, je vois tout à la mixité. Vous savez, je cite souvent cet exemple-là. Je suis née en Espagne, à l'époque de Franco. J'ai eu l'occasion d'aller voir ma famille, souvent, à cette époque-là. Jeune adolescente, Franco était toujours vivant. Je me retrouve dans le petit village de mon père, et on me dit, tu vas aller à la piscine pour filles, parce que ce n'est pas bien, ce n'est pas bien d'aller à la piscine mixte. Je leur ai dit, jamais de la vie. Je vis en France, en France, je vais dans une piscine qui est mixte, et jamais personne ne viendrait me dire qu'il faut que j'aille à la piscine de filles.

Vous savez, cet exemple-là, pour moi, il est très fondateur, fondamental. Non, je vis dans une société mixte. Je veux que tous, hommes, femmes, quelle que soit l'orientation sexuelle, quelle que soit d'ailleurs la pigmentation de la peau, on soit des enfants de la République. On a une chance inouïe en France. Peut-être que je le vois parce que je suis née en Espagne, à une époque où c'était le franquisme qui dirigeait. On a une chance inouïe. Vous savez, les valeurs de la République, la laïcité, c'est ce qui nous permet de vivre en paix. Alors, il faut apprendre à se respecter. Il faut apprendre à se parler, à se parler et à se considérer. Et s'il n'y a pas ces valeurs, il reste quoi ?

Je dis souvent aux gens qui ont une pensée, qui critiquent l'universalisme. Je dis, très bien, vous mettez côte à côte toutes les identités séparées qui sont celles de tous les êtres humains. À la fin, vous faites le constat de nos différences. Et on vit comment ? On fait comment pour vivre ensemble ? Il y a quelque chose qui nous permet de vivre ensemble, en paix, en paix, parce que quand même, la conflictualité est forte. C'est la laïcité et ce sont les valeurs de la République.

14:25
Présentateur

Et ce sont les valeurs de la République que vous allez porter, que vous portez.

14:28
Anne Hidalgo

Que je porte.

14:30
Présentateur

Le terrain social, l'universalisme. Absolument. Vous avez commencé à les porter dans votre tour de France. Oui, absolument. Pour aller jusqu'où ? Jusqu'à la présidentielle ? Est-ce que vous serez candidate à la présidentielle ?

14:42
Anne Hidalgo

Je ne vais pas m'exprimer là-dessus ce matin. En revanche, je pense que j'ai un rôle, j'accepte le rôle que j'ai, qui est d'avoir une voix et une capacité peut-être à fédérer. Et ce travail pour fédérer, j'ai voulu le faire un peu décaler par rapport à ce qu'on fait d'habitude. Vous avez commencé à le faire. J'ai commencé à le faire et notamment à partir d'une plateforme qui s'appelle l'idée en commun et qui réunit quoi ? Des maires. Une équipe de France de maires. De toute taille, de toutes les régions de notre pays. Pourquoi les maires ? Parce que les maires, justement, ce sont des élus de la République qui sont confrontés au quotidien, à la vie quotidienne.

Ils voient tous les jours dans leur permanence la personne qui vient les voir, classe moyenne, qui est en train de perdre son emploi, qui ne sait pas si son enfant va pouvoir suivre des études et d'ailleurs, souvent dans des territoires ruraux où il n'y a pas de moyens de se déplacer, il y a aussi une assignation à résidence. On voit tout ça dans ces mairies à cette échelle de territoire. Et je pense que les maires ont aujourd'hui une capacité aussi à porter des solutions qui doivent être des solutions globales pour notre pays. Ce qui ne va pas, ce qui ne va pas dans ce qu'on vit. On nous dit toujours des décisions qui viennent d'en haut.

On me dit aussi, mais tu sais, la somme des solutions locales ne fait pas une politique nationale. Peut-être. Mais est-ce qu'une politique nationale qui ignore comment vivent les gens dans les territoires, dans les communes, ça fait une politique nationale efficace et une politique nationale qui peut être juste et qui peut être appréciée et soutenue par les citoyens ? Je ne crois pas. Donc, je prends cette responsabilité.

16:17
Présentateur

Vous prenez cette responsabilité. Vous êtes en voyage, si je puis dire, dans cette France que vous voulez plus que découvrir et vous faire découvrir.

16:25
Anne Hidalgo

Que je connais bien.

16:26
Présentateur

Oui, que vous connaissez bien, mais vous faire découvrir par les Français aussi. Anne Hidalgo, quand annoncerez-vous votre décision ?

16:33
Anne Hidalgo

D'abord, il faut fédérer, rassembler, travailler. Il y aura un temps qui sera certainement à l'automne. Je ne sais pas à quel moment.

16:40
Présentateur

À l'automne, vous annoncerez votre décision.

16:41
Anne Hidalgo

Je ne sais pas à quelle décision, mais en tous les cas. Vous savez, pour moi, c'est un travail collectif. Je ne crois pas aux aventures individuelles. Oui, il faut de l'incarnation. Alors, vous ne croyez pas aux aventures ? Oui, je joue le rôle qu'on me dit que je peux jouer. Et c'est vrai que je vois, en étant maire de Paris, réélu, en ayant aussi une expérience politique, je pense qu'effectivement, je suis en capacité d'aider à ce rassemblement. Je ne veux pas me résigner à ce que, par exemple, ce grand parti qu'a été le Parti Socialiste, le Parti de Jaurès, finisse avec ma génération par perte des profits. Je me dis qu'il y a quelque chose...

17:19
Présentateur

Il aura ce parti un candidat à la présidentielle ?

17:22
Anne Hidalgo

On verra en tous les cas ce que je... Non, mais on verra. Parce que je ne peux pas vous répondre. Il faut ? Je pense en tous les cas qu'il faut une offre politique, qui soit une offre politique qui remette les questions sociales, avec l'écologie comme horizon aussi, évidemment, parce que c'est la transition écologique qui doit nous aider.

17:36
Présentateur

Est-ce que vous allez participer à la réunion proposée par Yannick Jadot ?

17:40
Anne Hidalgo

Oui, et je l'ai eue d'ailleurs hier, et je trouve que c'est une très bonne idée. D'abord, c'est une très bonne idée, parce que quand même, quand on voit les week-ends qu'on vient de passer avec ces déchirements sur Internet, on se dit qu'il faut arrêter ce massacre-là. Donc, se réunir, se rassembler, se parler, partir peut-être de cercles concentriques, c'est-à-dire celles et ceux qui ont, par exemple, la social-écologie au cœur et la République, et on avance. La social-écologie au cœur, la République, et on avance, et on élargit, et on discute.

18:10
Présentateur

Et comment on désigne son candidat ? Par une primaire ?

18:14
Anne Hidalgo

On posera aussi la question de la désignation, de l'incarnation, mais vous savez, il y a une élection présidentielle, mais aussi une élection législative. Je crois qu'il faut intégrer aussi le fait qu'il y ait une élection législative dans cette discussion. Je ne suis pas très fan des primaires. Je sais. Pas très fan des primaires. Mais bon, je respecte la primaire des Verts, et que les Verts aillent au bout de leur processus de primaire. Ils l'ont décidé, c'est important qu'ils le fassent et qu'ils y aillent. Mais pour ma part, je pense que l'expérience des primaires n'est peut-être pas la meilleure.

18:43
Présentateur

Alors, Anne Hidalgo, je ne vais pas revenir sur ce qu'a dit la maire de Strasbourg, parce que vous avez dit combien vous n'étiez pas d'accord. Très clairement. Vous avez même dit que les Verts ont parfois un rapport problématique à la République. Il y a eu travail à faire chez eux pour être beaucoup plus clair. C'est ce que vous avez dit, vous assumez.

19:01
Anne Hidalgo

Ils sont en train de le clarifier pour beaucoup d'entre eux. C'est très bien, d'ailleurs.

19:05
Présentateur

Une information, Emmanuel Macron parle à 20h ce soir.

19:08
Anne Hidalgo

Bon, ben voilà. Merci de me donner l'information. Je la découvre comme vous.

19:12
Présentateur

Alors maintenant, j'ai une dernière question concernant les Jeux Olympiques de 2024 et le financement. Parce que beaucoup s'inquiètent. Il y a peu de partenaires. Il y a trois partenaires premium aujourd'hui. On est bien d'accord. Deux partenaires officiels et un supporter officiel. Et c'est tout.

19:27
Anne Hidalgo

D'abord, le premier partenaire, c'est quand même les pouvoirs publics. Et là, puisqu'il y a un milliard cinq qui est mis sur notamment la création des infrastructures. Et ce que je peux dire, c'est que nous sommes vraiment en temps et en heure sur la création, la construction du village olympique, sur les infrastructures nécessaires à accueillir les Jeux. Et que d'ailleurs, ça crée de l'emploi. On a plus de 10 000 emplois qui vont commencer, notamment dans le secteur du bâtiment. Je pense à l'île Saint-Denis où va se construire le village olympique.

Et je peux vous dire que les Jeux Olympiques et Paralympiques, de ce point de vue qui seront sans doute le premier gros événement mondial post-Covid, seront un élément dans la relance économique de Paris, de l'île de France et de la France qui sera non négligeable. Ensuite, il y a la partie qui est celle des partenaires privés, que gère notamment Tony Estanguet, qui préside le comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Et là, il y a des partenaires. Ils sont à plus de 50%. Vous êtes inquiète franchement ? Non, pas du tout. Ils sont déjà à plus de 50% de leur travail et de leur prévision en matière de partenariats privés. Je ne suis pas inquiète là-dessus.

Je pense que, justement, il va y avoir aussi 2024. L'accélération va se faire après le mois d'août, le 8 août. Je suis très heureuse. Je vais, dans un stade qui sera sans doute un peu vide à Tokyo, recevoir le drapeau de la part de la maire de Tokyo qui va me transmettre le drapeau pour les Jeux de Paris 2024. Et là, il y aura une accélération. C'est là que tout va s'accélérer. C'est là que les partenaires qui manquent encore, mais qui ne manquent pas en termes de timing, on est vraiment dans le bon timing en ce qui concerne aussi les apports privés, arriveront. Et je vous assure que ça va être un moment très enthousiasmant.

Et en plus, les objectifs que je m'étais fixés pour essayer de gagner ces Jeux, c'était un, transformer un territoire qui en avait besoin, donner un sens aussi à la jeunesse. Et ce territoire qui en avait besoin, c'est la Seine-Saint-Denis. Je vous assure que les transformations de la Seine-Saint-Denis, grâce aussi à ses élus, grâce à Stéphane Troussel, le président du conseil départemental, vont être majeures. Et ça, ça va être très important. Et puis, il y a l'écologie. L'écologie, parce que ces Jeux-là vont vraiment accélérer notre transition écologique. Et puis, il y aura aussi, j'ai tenu vraiment à cela, la sobriété, la transparence.

Et nous sommes évidemment très soucieux, y compris de l'utilisation de l'argent public. Et nous avons mis en place toutes les structures pour pouvoir venir la tête haute et heureux avec ces Jeux en 2024.

22:12
Présentateur

J'ai une dernière question parisienne. La victime de la rue Trévise, toujours pas indemnisée, 27 mois après.

22:18
Anne Hidalgo

Oui, et j'ai écrit, alors, il manque un dispositif législatif pour pouvoir, effectivement, engager des premières indemnisations. Ça va être très long, je les reçois et je veux leur dire aussi, toute, voilà, mon affection. Des gens ont perdu la vie, d'autres ont perdu leur travail. Et donc, il manque un dispositif législatif qui doit permettre de pouvoir indemniser avant même que les procès n'aient lieu. Et je pousse à cela, je pense qu'on devrait y arriver, j'en ai discuté avec le Premier ministre. Donc, je pense que vraiment, on va arriver, on leur doit ça, voilà, on leur doit ça.

22:57
Présentateur

Merci Anne Hidalgo d'être venue nous voir ce matin, 8h56, RMC et BFM TV.