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Discours / meetingGroupe RN - Assemblée· 12 mai 2025 5 minAutoproduitFond programmatiqueSantéInstitutions & élections

Discours de Gaëtan Dussausaye (12/05/2025)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Gaëtan DussausayeFait
    « il n'y a pas au Rassemblement national un avis unanime à ce sujet »
  • 11:00Gaëtan DussausayeFait
    « le référendum sur l'aide à mourir serait un moyen de gagner du temps »
  • 14:00Gaëtan DussausayePromesse
    « Organisez un référendum parmi d'autres sur l'aide à mourir »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Gaëtan Dussausaye

Permettez-moi avant tout de saluer la prise de parole de ma collègue Sandrine Dogorsuche si nous ne partageons pas en effet intégralement les mêmes positions, je la remercie et à travers elle nombreux de mes collègues pour son respect et sa bienveillance depuis le début des débats. Nous voilà donc un an après, réuni une nouvelle fois pour nous nous prononcer sur ce moment si particulier qui est celui de la fin de vie et plus précisément sur le nécessaire renforcement des soins palliatifs et sur la création d'un droit à l'aide à mourir. Ces deux ambitions, autrefois réunies en un seul texte, sont aujourd'hui porté par deux lois distinctes.

Je rappelle ici que notre groupe, le Rassemblement national est attaché à la séparation stricte de ces deux enjeux car c'est en réalité le seul moyen de garantir à chacun la possibilité d'exprimer sa volonté d'agir et de soutenir les soins palliatifs dans notre pays. Alors qu'à l'heure où nous nous parlons près d'un département français sur 5 et je ne peux m'empêcher de penser à mon département des Vauges est à ce jour dépourvu d'une unité de soins palliatifs. J'entends une unité évidemment non mobile.

Si comme une partie de mon groupe, je suis favorable à l'aide à mourir, vous n'êtes sans savoir qu'il n'y a pas au Rassemblement national un avis unanime à ce sujet comme cela est le cas d'ailleurs dans un grand nombre de groupes de cette assemblée. Parce que nous sommes finalement à l'image de la société française et comme la société française, nous sommes traversés par des débats qui ont animé plus d'une discussion parfois en famille, parfois entre amis ou encore parfois entre collègues. Ces discussions, nous les avons eu dans le respect des convictions intimes de chacun. Et je nous souhaite que les échanges que nous aurons ici soient à la hauteur du moment.

Car chacun de nos mots n'aura pas comme seul effet en réalité de heurter un concurrent ou un adversaire politique, mais aussi celui de heurter des millions de Français en leur conviction personnelle et profonde. J'aimerais, chers collègues, m'arrêter un instant sur une question de méthode et j'attire particulièrement votre attention sur ce sujet. Que l'on soit favorable à l'aide à mourir ou que l'on y soit opposé, nous sommes tous d'accord sur un point, il y aura un avant et un après cette loi.

Si je salue bien évidemment la qualité des travaux qui ont été ceux de la commission des affaires sociales durant 15 jours et qui ont permis d'aboutir à la rédaction actuelle du texte, ben je ne peux m'empêcher de m'interroger. La décision que nous allons prendre est une décision immense. C'est une décision de fait qui touche aux conceptions du vivant de 68 millions de français. C'est une décision qui touche aux conceptions de 68 millions de français que de ce de ce que devrait être l'assistance face à la souffrance. C'est une décision qui touche aux conceptions de 68 millions de français de ce que devrait être l'accompagnement dans la fin de vie et parfois jusque dans la mort.

Alors, peut-on face au gigantesque de cette décision la confin au seul vote de cet hémicycle ? C'est une question que nous avons le droit de poser d'ailleurs sereinement et simplement d'interroger les logiques et les limites de la représentativité face à l'ampleur de ce débat. La décision que nous allons prendre, on le sait, est une décision historique et on le revendique comme telle d'ailleurs. Qu'on y soit opposé et qu'on la regrette, qu'on y soit favorable et qu'on la désire, c'est une décision qui est historique et qui le serait, croyez-moi, davantage si on permet en réalité au peuple de s'en saisir. Il faut pas avoir peur du peuple. Il faut pas avoir peur du référendum.

Et je conteste d'ailleurs intégralement l'argument selon lequel le référendum sur l'aide à mourir serait un moyen de gagner du temps. Non, il n'y a jamais de malice, il y a jamais de retard, il y a jamais de longueur lorsqu'on demande au peuple de décider pour lui-même. Je tiens à m'adresser particulièrement aux parlementaires qui sont favorables à l'aide à mourir et dont je fais partie. Exiger avec nous le référendum. Le référendum, c'est la certitude de la décision. Le référendum, c'est l'effacement de toute ombre sur l'approbation.

L'adhésion à ce droit nouveau, l'adhésion à cette liberté nouvelle, l'adhésion au droit à l'aide à mourir, croyez-moi, serait un million de fois plus forte si elle est gravée par le peuple dans le marbre de la parole du peuple. Dans 24 heures, le président de la République devrait, j'insiste sur le conditionnel au combien nous sommes malheureusement habitués, les Français avec nous à la déception des revirements présidentiels, mais il devrait malgré tout proposer un certain nombre de sujets qu'il souhaitent soumettre par référendum au votes des Français.

Vous le savez, le Rassemblement national est viscéralement attaché au référendum et considère même que tout sujet de société, que chaque évolution de société devrait être tranché par la société. Alors, mon message au président de la République est clair. Il n'est pas trop tard. Organiser un référendum parmi d'autres sur l'aide à mourir. Permettez enfin des millions de Français, quelle que soit leur opinion sur le sujet, de s'asseoir à leur tour autour de la table des débats et de participer de la décision.

Donner cette possibilité à des millions de familles françaises qui sont aujourd'hui dans la peine de voir leurs proches souffrir ou dans la crainte que cela puisse leur arriver un jour d'enfin trouver une voix au chapitre et pas n'importe quelle voix, pas la voix d'un intermédiaire mais leur propre voix, c'est-à-dire une voix singulière qui s'exprime de façon pleinement souveraine. Organiser un référendum, c'est rendre le pouvoir au peuple, le pouvoir au peuple de choisir son avenir, le pouvoir au peuple de décider pour lui-même et pour les générations qui lui succéderont. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le député.