Meurtre d'Aboubakar Cissé: la conférence de presse de la procureure de Nîmes en intégralité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et je vous ai rapidement fait savoir que cette intervention n'aurait lieu que dès lors que de nouveaux éléments utiles eu égard à l'ensemble des informations qui avaient déjà été diffusées proche du moment de la réalisation des faits pourrai être porté à votre connaissance et de façon fiabilisée. J'ai entre-temps pu faire parvenir un communiqué de presse écrit, relatant les faits tels qu'il résultaient de la procédure jusqu'au moment où j'ai saisi le juge d'instruction. Alors même que nous venions d'apprendre dans la nuit précédente que le mise en cause s'était rendu auprès des autorités italienne, il m'est apparu opportun ce jour d'envisager cette communication par voie de conférence de presse dans la mesure où des avancées ont eu lieu, même si l'intéressé n'a pas encore été remis à la justice française et où certains éléments me semble suffisamment fiable et déterminant cependant aujourd'hui pour être livré.
Je tenais en conséquence à vous remercier de la patience que je vous ai imposée et à remercier de la même façon le chargé de communication qui a su me relayer les très nombreuses demandes et marques d'intérêt pour des réponses à de nombreuses questions générées par cette affaire. Je tenterai d'être la plus précise possible en rappelant que cette communication s'inscrit cependant dans un moment sensible en terme juridique puisque l'enquête n'est plus à la main du parquet mais sous la responsabilité du magistrat instructeur et donc du secret de l'instruction. Les dispositions du code de procédure pénal qui permettent à ce jour d'enfreindre ce secret professionnel m'invite toutefois à respecter les nécessités de l'instruction qui doit pouvoir se poursuivre sereinement à distance des effets de bord bien compris qui ont émergé dans notre société.
Avant toute chose, au-delà des circonstances terribles dans lesquelles les faits ont été perpétré, mes pensées vont tout simplement à ce jeune homme prénommé Abouakar, âgé de seulement 22 ans. Ce jeune homme originaire du Mali est parvenu en France quelques années auparavant aux alentours possiblement de 2018, sous le statut de mineurs non accompagnés et se disant né en 2003, avait fait une insertion discrète dans cette ville de la Grandcombe située sur le ressort du tribunal judiciaire d'Alè avec un objectif de vie personnelle sans histoire et volontairement éloigné de certaines mains tendues. Il était considéré de l'entourage dans lequel il vivait et déjà largement décrit dans les médias comme quelqu'un de dévoué et d'agréable.
Sa situation irrégulière sur le territoire national avait empêché une meilleure intégration sociale. La mosquée était un refuge lui permettant d'être aussi nourri, de se laver et de se reposer sur une grande amplitude horaire. Il s'adonnait notamment à des tâches d'entretien au sein de cet établissement dans lequel il pratiquer sa religion.
Rien en état ne permet de supposer qu'il y avait déjà croisé le parcours de son agresseur. Il laisse des parents au Mali notamment, mais également un frère et un oncle et donc une famille élargie vivant en France. avec laquelle il entretenait des liens réguliers et dont la douleur est à la hauteur de la perte d'un proche.
Ces derniers, ainsi que des proches de sa communauté et son village ont ce jour pu procéder à la cérémonie religieuse de ses obsèques à la Grandcombe, laquelle sera prochainement suivie du départ du corps pour le Mali. Je leur présente en mon nom et au nom de l'ensemble de l'institution judiciaire à nouveau, mais également de l'ensemble des enquêteurs toutes nos sincères condoléances. Au-delà du soutien et de l'accueil dont je sais qu'il leur a été réservé par le préfet du gare, représentant de l'État dans le département pour m'entenir à mon ressort de compétences, j'ai pris le soin de leur mettre à disposition l'association gardoise d'aide aux victimes d'infraction pénales dont je salue la réactivité.
Je les assure que tout est fait depuis la découverte macabre pour que les investigations soient les plus complète et les plus efficaces possibles, y compris avec le paramètre international afin que le maximum de réponses puisse leur être apporté au terme de l'instruction en cours. Je sais aussi combien la récupération du corps que le médecin légiste devait examiner au début a constitué une première étape importante du deuil et je les remercie de leur réactivité à se faire connaître qui nous a simplifié d'une certaine façon des démarches parfois complexes dans ce contexte. Mais j'ai aussi une pensée pour toutes les personnes qui vivent avec le souvenir de ces images choquantes, de la découverte d'une scène de crime sanglante, du président de la mosquée, des pratiquants et d'une communauté entière, d'un lieu de culte bafoué ainsi que d'habitants d'une petite ville inévitablement très affectée.
Avant de revenir sur ce que nous connaissons actuellement du déroulé des faits mais également de leur contexte ou de leur motivation, il me paraît nécessaire d'évoquer deux points techniques. Le premier point tient à la notion de pôle criminel. Lorsqu'un département comporte plusieurs tribunaux, il peut arriver selon la taille des tribunaux que l'ensemble des faits criminel qui doivent en droit obligatoirement passer par le biais d'une information judiciaire soit dépaysée et confiée à la responsabilité du tribunal nommé pôle de l'instruction.
Dans ce cas, les faits peuvent dans un premier temps faire l'objet d'une enquête sous la direction du procureur du lieu de leur commission. avant que le parquet de la juridiction pôle criminel dont je suis retienne sa compétence. C'est ainsi que les premières investigations ont été diligentées avec une très grande efficacité et un très grand professionnalisme, je tiens à le souligner, par le substitut du procureur de la République d'Alè qui était de permanence en lien avec son procureur.
La décision de ces du pôle criminel qui peut intervenir à différents moments de la procédure initiale est de toute façon devenu incontournable dès lors qu'il y avait nécessité de diffuser un mandat d'arrêt européen alors que venait de tomber la nouvelle de la rédition du mise en cause en Italie. Je souhaite à cet égard saluer également la grande efficacité et la grande réactivité des autorités de police et de justice italienne avec lesquelles nous coopérons par le biais de notre bureau de l'entraide pénale internationale de notre magistrat de liaison et eurojuste situé au Pays-Bas. Les transmissions d'actes ont en effet été d'une particulière fluidité et les transmissions d'informations tout aussi facilitante.
Sans oublier de valoriser à mon tour les moyens déployés par la police et la gendarmerie dans cette traque au criminel en France. service que je remercie de leur présence à mes côtés ce soir tant elle est le signe de l'investissement sans faille mis dans ses recherches. S'il en va ainsi de façon régulière dans les dossiers que nous traitons régulièrement et plus encore dans ce que traitent d'autres juridictions plus spécialisé comme les juridictions interrégionales spécialisées ou encore comme les pôles nationaux financiers ou antiterroristes et prochainement manque de criminalité organisé le retentissement international des présents faits survenus dans un lieu de culte invite à remercier de façon tout aussi internationale les autorités qui ont bien compris l'urgence de l'enjeu social de cette affaire judiciaire.
Le second point d'attention renvoie aux interrogations qui se sont succédées sur le positionnement du parquet national antiterroriste qui a à ce stade de son évaluation n'a pas retenu de qualification terroriste et dès lors ne s'est pas saisi des faits commis. Il me paraît fondamental de rappeler qu'en aucun cas la saisine du PNAT, comme on le dit serait une relativisation de la gravité des faits commis qui en l'état font encourir la réclusion criminelle à perpétuité. Afin de pouvoir à tout moment préampter le dossier sans perte d'information.
Le parquet national antiterroriste a en lien étroit avec le parquet d'Alè dès que les faits ont été découverts, mobiliser les services spécialisés qui se sont déplacés dans le gare et ont travaillé avec leurs relais territoriaux au sein des directions de la criminalité organisée, des services du gare et de l'héros. Cette première phase d'observation lui a permis d'approcher au mieux le contexte de déroulement des faits ainsi que le critère de complexité et de ramification des investigations à venir. Le ciblage à raison de la race et de la religion n'est pas un critère suffisant de la saisine du PNAT.
Le caractère potentiellement international des investigations non plus. La suite des informations que je vous délivrerai vous permettra alors de me mieux suivre le cheminement que fut celui du Pnat. Très rapidement, il est apparu que l'agression était le résultat d'un individu ayant agi dans un contexte isolé, sans revendication idéologique ou lien avec une organisation qui diffuserait une revendication idéologique qu'elle entendrait porter par l'intimidation ou par la terreur.
Les ressorts pour agir de l'agresseur sont très vite apparus comme profondément personnel, envie de tuer quelle que soit la cible et fascination morbide. Les faits apparaissent donc à ce stade construit autour d'une envie obsessionnelle de tuer une personne. Le parquet national antiterroriste demeurera en observation durant tout le déroulé de l'information judiciaire et je ne manquerai pas de lui faire connaître tout élément qui pourrait paraître de nature à faire évoluer son analyse.
S'agissant des faits et de ce qui peut à ce jour en être dit sans extrapoler sur ce qui sera ensuite étayé par les investigation. Vendredi 25 avril 2025, vers 9h30 du matin, un jeune homme de 22 ans originaire du Mali était tué de plusieurs coups de couteau dans la salle de prié de prière de la mosquée Kadija à la Grandcombe dans le gare. L'horaire initialement évoqué de 8h30 s'est avéré inexact car pris sur la vidéosurveillance ayant filmé la scène laquelle était restée à l'heure d'hiver.
Un fidèle venu préparer la salle pour la prière de midi découvrez vers 11h15 le corps en sang de la victime au sol sur le tapis de prière. Il s'approchait et s'apercevait à la prise de pou l'homme était décédé. Il contactai un ami puis les secours.
Les militaires du groupement de gendarmerie du gare et la section de recherche de la gendarmerie de Nî, puis les divisions de la criminalité organisée et spécialisée des commissariats de police de Nî et de Montpellier était cosaisie du dossier. Rapidement, l'analyse de la vidéosurveillance de la mosquée permettait de voir l'auteur des faits et sa future victime arrivri elle vers 6h du matin dans la salle de prière. Les vidéos extérieures permettaient elles de voir l'agresseur arriver à 8h45 à vélo dans la rue déserte.
Passer le niveau de la mosquée sans s'arrêter. puis revenir sur ses arrières et poser son vélo contre le mur avant d'entrer et de rester 4 minutes dans la mosquée. Établissement ouvert de 5h à 22h30.
Il en ressortait à 8h49, prenait le temps de s'asseoir sur un banc à l'extérieur et de consulter son téléphone portable avant d'entrer à nouveau. Des échanges verbaux de 9h11 à 9h14 entre la future victime et le futur agresseur. Laissez penser que la première donnait des instructions au second.
À 9h14, tandis que la future victime s'agenouillait et s'abaissait front au sol pour prier, l'auteur venait se positionner à l'arrière puis sortait un couteau d'une lame d'environ 10 cm de sa poche arrière et lui portait une vingtaine de coups en commençant au niveau du cou puis sur le corps. Il s'éloignait et revenait porter une nouvelle salve de coup. À, il sortait son téléphone portable, le positionnait en direction de la victime plusieurs secondes et lui assit à nouveau des derniers coups de couteau en semblant continuer à filmer avant de finir par sortir de la salle et de quitter les lieux à vélo.
Les premiers éléments conduisaient à exclure l'hypothèse d'un meurtre entre personnes de même confession. En outre, aucun des témoins, entendu par la suite et ayant visionné les images de vidéosurveillance ne reconnaissait l'individu porteur des coups de couteau qui n'était pas un fidèle de la mosquée. L'autopsie diligentée permettait de constater la présence de 57 PL par A tranchant à l'origine du décès.
Le même jour, les forces de sécurité intérieure étaient avisé de l'existence d'une vidéo réalisée par l'agresseur lors de son crime et qui avait brièvement circulé sur un réseau social. Deux interlocutrices avaient en effet eu la présence d'esprit de rapidement signaler les faits à la gendarmerie. La première jeune femme évoquée avoir intégré avant la période des faits puis avoir été banni d'un premier groupe à la main de l'agresseur sur le réseau Discord.
Bni osé critiquer des vidéos mises en ligne par des personnes se scarifiant en direct. La seconde amie de la première évoquait un malade mental qui avait des fantasmes ou propos extrême sur des envies de viol de femmes, de meurtre ou de viol de cadavres et ce déjà un an en amont et qui se décrivaient ensuite comme schizophrène en évoquant le meurtre tout juste commis. Toutes eux deux avait dénoncé dénoncé sur la plateforme Faros les contenus des vidéos de scarification publié en ce temps-là sur TikTok, ce qui avait conduit à un bannissement de l'intéressé de la plateforme. jours avant les faits, elles avaient en outre fait un signalement faro vis-à-vis du serveur Discord au regard des propos préoccupants de passage à l'acte à venir, tout en conservant le contact avec le futur agresseur pour tenter de maintenir le lien et avoir les renseignements pour les autorités.
Son serveur avait été supprimé pour cause d'incitation à la haine. De nouveaux profils lui avaient permis de poursuivre ses activités et de diffuser le film de son passage à l'acte relayé via Instagram vers 9h15. La témoin précisait qu'il avait annoncé en amont qu'il allait s'en prendre physiquement à quelqu'un sans préciser ni qui ni où et sans faire référence à une ethnie ou une religion est pris d'une volonté farouche de tuer quelqu'un et à défaut de se suicider le tout comme un acte libérateur.
Elle avait vinement tenté de le dissuader de passer à l'acte peu avant les faits. Sur les postes de son téléphone portable, on trouvait trace de la conversation suivante. Je vais le faire aujourd'hui.
Je vais le faire dans la rue. Tu le connais ? Réponse qui ?
Non. et l'agresseur de poursuivre. Je vais m'attaquer à la mosquée.
Point d'interrogation. J'ai pas trop d'idée. Une fois sur le site, il est noir.
Je vais le faire. Sur le film des faits, elle précisait avoir entendu une voix d'homme dire quelque chose comme je l'ai fait. Ton alla de merde, je lui ai planté ses fesses et je vais être arrêté, c'est sûr, car il y a une caméra.
Il avait en outre déjà évoqué qu'après avoir tué quelqu'un où il se suiciderait sans dire comment ou alors il quitterait directement l'Europe. À l'issue de la scène filmée, l'auteur indiqué par message écrit à son public choisi en ligne et qu'il remercierit de l'avoir suivi sans qu'on puisse néanmoins déterminer s'il y avait réellement du monde à l'autre bout, qu'il allait se changer, se couper les cheveux pour cacher les preuves, puis qu'il fallait qu'il commette deux nouveaux faits pour devenir alors un tueur en série. Ces éléments permettaient d'identifier l'auteur présumé comme étant un homme né le 19 octobre 2004 à Béier, âgé de 20 ans, de nationalité française, inconnu jusque-là, des services de police ni de justice et domicilié sur le secteur de la Grand Combe.
Il était fils d'un couple vivant avec 11 enfants, chrétien non pratiquant. Son frère qui le déclarait très actif sur les réseaux sociaux indiquait qu'il ne le connaissait pas violent et ne l'avait entendu qu'une seule fois déclarer ne pas aimer les musulmans parce qu'Allah était un faux dieu et qu'il avait acheté une dague d'environ environ 3 mois en amont. Les enquêteurs constataient rapidement qu'il avait pris la fuite après avoir changé son apparence.
Un oncle alerté sur les problèmes mentaux de son neveu en lien avec sa pratique des réseaux sociaux. De très nombreuses investigations techniques permettaient de reconstituer son parcours. Après être passé par l'héros, il prenait la fuite vers l'Italie et il se rendait finalement à la squadra mobile de Pistoya le dimanche 27 avril 2025 dans la nuit.
Il était déposé par un véhicule conduit par un/ers. Lundi 28 avril 2025, une information judiciaire était ouverte au tribunal judiciaire de Nî en vue de la diffusion. d'un mandat d'arrêt européen en urgence par le magistrat instructeur.
Mandat d'arrêt anticipé dans la nuit par le substitut du parquet d'Alè. l'effet de meurtre aggravés par la préméditation et par la circonstance de commission à raison de la race ou de la religion visant l'article 132-76 du code pénal ainsi que d'effet de soustraction d'un criminel à des recherches ou à son arrestation était visé dans l'acte de saisine du magistrat instructeur par le parquet. Cette ouverture sous double circonstances aggravante conduira le magistrat instructeur à procéder aux investigations afin d'établir dans quelle mesure l'acte et le choix de son lieu ont été induit par la religion, les origines de la victime et ou toute autre cause.
Conformément à la procédure d'entrée pénale internationale, le mise en cause actuellement retenu par les autorités italiennes a comparu mercredi 30 avril devant la cour d'appel de Florence en Italie qui a confirmé la mise à exécution par procédure simplifiée de remise à la France. l'intéressé ayant accepté cette remise, la décision italienne deviendra exécutoire au terme du 3e jour, soit demain samedi 3 mai, date à compté de laquelle les autorités de transfert pourront engager les diligences pour remise effective. Cette dernière devrait sous toute réserve pouvoir intervenir d'ici la fin de la semaine prochaine.
L'intéressé sera alors traduit devant le magistrat instructeur en vue de son interrogatoire de première comparion et de sa mise en examen à sortie de réquisition au fin de placement en détention provisoire. L'instruction permet elle d'investiguer sur les circonstances exactes du passage à l'acte, l'environnement de la victime et de l'auteur et aura en outre à se pencher également sur l'expertise approfondie de sa personnalité et de sa responsabilité pénale, laquelle impose de renvoyer à ce stade avant tout jugement au principe de présomption d'innocence en droit. M.