Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 15 octobre 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Olivier Faure - 15/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:10
Olivier Faure

Olivier Faure, bonjour. Bonjour. Premier secrétaire du Parti Socialiste, ça y est, vous avez votre candidate, Annie Dalgaud. Depuis hier soir, candidate officielle du Parti Socialiste, soutenue par le Parti Socialiste. Un peu plus de 72% des votes des militants. C'est une approbation, une large approbation. Oui, une candidate, mais pourquoi ? Pour une gauche de gouvernement, pourquoi ? Pour être présidente de la République ? Elle a encore une chance de l'être ?

0:44
Présentateur

Mais moi je ne suis pas là pour témoigner, je suis là pour qu'on aille jusqu'à la victoire. Je ne sais pas si elle sera possible, ce sont les Français qui le diront, ce sont leur démocratie. Mais effectivement, je veux qu'on se batte pour ces millions de Françaises et de Français qui aujourd'hui, par exemple, souffrent de voir leur pouvoir d'achat diminuer constamment parce que les dépenses contraintes augmentent sans cesse. C'est le prix de l'énergie, c'est le prix des carburants, c'est parfois même le prix de l'eau.

Bref, tout ça, ça suppose effectivement qu'il y ait une femme qui ne pense pas, comme le président actuel, que par la magie du ruissellement, quelque chose finira par tomber sur les plus pauvres, mais qui s'occupe effectivement des classes populaires, des classes moyennes et qu'elles fassent en sorte que nous puissions vivre mieux. C'est ça l'objectif, vivre mieux.

1:25
Olivier Faure

Vivre mieux, c'est finalement son slogan de campagne, vivre mieux. Je ne sais pas quel est le slogan de campagne, mais ce que je comprends, c'est que son axe de campagne, dans tous les cas.

1:35
Présentateur

Oui, bien sûr, c'est un axe de campagne qui est très fort, parce que franchement, quand on voit ce qui s'est passé depuis cinq ans, le rapport qui a été rendu cette semaine et qui montre que les plus riches sont devenus chaque jour plus riches, mais que ceux qui sont en bas de l'échelle, et pas seulement tout en bas, je parle des classes moyennes aussi, vous vous rendez compte qu'en cinq ans, le prix au mètre carré du loyer a augmenté de 20%. Vous avez une augmentation qui est exponentielle depuis le début d'année sur le gaz, sur l'électricité, vous avez maintenant des pompes pour lesquelles le prix du litre est à plus de 2 euros, mais enfin, où va-t-on ?

Et comment fait-on pour enrayer justement cette mécanique infernale qui fait qu'il y a des gens qui ne peuvent plus aller jusqu'au bout de l'heure ? Eh bien, nous allons revenir sur ces sujets, Olivier Faure.

2:16
Olivier Faure

Une gauche de gouvernement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a une gauche qui n'est pas une gauche de gouvernement, par ailleurs, parce que vous n'êtes pas seul à gauche.

2:24
Présentateur

Ça veut dire qu'il y a depuis, mais ce n'est pas un fait nouveau. Oui. Vous avez toujours eu une gauche qui revendique, qui, même à la limite, qui nous fait voir la vie plus rose encore que je ne pourrais vous la présenter. Mais simplement, ça ne suffit pas de le dire, il faut aussi le faire. Et depuis un siècle, la gauche qui a permis les grandes avancées, c'est celles qui gouvernent, c'est celles qui...

2:45
Olivier Faure

Donc c'est la gauche du PS ?

2:47
Présentateur

Je ne vous le fais pas dire. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, par exemple, moi je peux vous dire que je voudrais huit semaines de congés payés. La réalité, c'est qu'on ne le fera pas. Donc je vous dis...

2:57
Olivier Faure

Vous voulez doubler le salaire des enseignants, vous.

2:59
Présentateur

La réalité, c'est que vous ne le ferez pas. Écoutez, Jean-Jacques.

3:03
Olivier Faure

Oui, pardon. Non, non, mais je suggère que...

3:05
Présentateur

Comme ça, au passage. Je suggère que ce soit sur un sujet comme celui-là, qui est un sujet sérieux. Si vous voulez, on en parle. Mais pas au détour d'une phrase. D'accord.

3:12
Olivier Faure

Alors, Anne Hidalgo, seule à gauche à pouvoir gouverner,

3:16
Présentateur

si j'ai bien compris. Elle est celle... Franchement. Elle est celle qui, aujourd'hui, présente le plus de solidité, par son expérience, par l'équipe qui l'entoure. Cette équipe des maires dont elle a parlé, qui est une équipe formidable. En fait, c'est vraiment... C'est un espèce de shadow gouvernement pour demain. En fait, vous avez des gens qui ont fait la démonstration de Lille à Rouen, en passant par Nantes, Montpellier, Rennes, Clermont-Ferrand, enfin, tous ces gens, Nancy, tous ces gens qui ont montré au quotidien qu'ils pouvaient diriger un collectif et qu'ils pouvaient engager les grandes transitions.

3:52
Olivier Faure

Oui, donc c'est la candidate de gauche la mieux placée pour gouverner, c'est ce que vous dites. Ce n'est pas l'avis, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon qui déclare que la gauche doit s'unir pour gagner la présidentielle. C'est la France insoumisée, Jean-Luc Mélenchon, qui le disent. Et Jean-Luc Mélenchon lance un appel à le rejoindre. Ce n'est pas le premier. Mais que répondez-vous ?

4:16
Présentateur

Mais je trouve ça extraordinaire. Jean-Luc Mélenchon, il a fait cavalier seul depuis plus d'un an, pour ne pas dire depuis cinq ans. Il n'a jamais voulu tendre la main à qui que ce soit. Il a construit un projet qu'il n'a voulu commun avec personne. Et maintenant, le voilà qui explique qu'il faudrait faire l'union. Alors qu'il a refusé, apparemment, qu'il a même utilisé cette expression, je ne veux pas de la soupe des logos. Eh bien, écoutez, moi, j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon et je sais ce que je suis, je sais ce que je porte. Vous ne voulez pas de son union populaire ? D'abord, ce n'est pas comme ça qu'on construit l'union.

L'union, celle à laquelle moi je crois, c'est celle qui permet de réunir autour d'une coalition. Et une coalition, c'est quoi ? C'est des gens qui viennent autour d'une table, avec ceux qu'ils sont, avec ceux qu'ils portent, et qui négocient ensemble un projet commun. L'histoire de dire, écoutez, maintenant, tout le monde derrière moi, cette histoire-là est une histoire, c'est l'union pour les nuls. C'est l'union pour les nuls. Écoutez, c'est quoi d'autre ?

5:18
Olivier Faure

Ça veut dire que, en réalité, c'est que vous ne la voulez pas. Lorsqu'il vous propose l'union populaire, ça veut dire que lorsqu'il vous propose l'union populaire, vous dites non ?

5:26
Présentateur

Ça veut dire que si on veut vraiment l'union, si on veut vraiment faire l'unité de la gauche, alors il faut bâtir une coalition. Et une coalition conduite par un Hidalgo. Ça veut dire qu'on négocie sur la base d'un projet. Et on n'arrive pas en disant simplement, c'est mon panache, ralliez-vous mon panache. Ça, ça ne marche jamais. Regardez ce qui se passe en Allemagne. Olaf Scholz, qu'est-ce qu'il fait aujourd'hui ? Il négocie avec les uns et les autres, et son propre projet va être amaudié par les autres. Pourquoi ?

Parce qu'on ne fait pas venir les uns et les autres, en disant simplement, écoutez, je suis le plus grand, je suis le plus fort, je suis le plus beau, je suis la République, et donc, vous devez me suivre. Non, ça ne marche pas comme ça. Petit passage, juste, puis on passera à autre chose.

6:07
Olivier Faure

Parce que je voudrais qu'on entre effectivement sur les propositions, sur la crise de l'énergie. Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon a accepté de débattre avec Éric Zemmour. Il a eu tort. Est-ce qu'il a servi Éric Zemmour ?

6:22
Présentateur

En choisissant... Je le crains. Je ne pense pas que c'était son intention, évidemment. Je ne veux pas être désobligeant à son endroit. Et il faut effectivement combattre Éric Zemmour. Je ne pense pas que nous ayons à le valoriser en laissant penser...

6:37
Olivier Faure

Il l'a valorisé ?

6:37
Présentateur

En laissant penser que ses idées sont des idées que l'on peut débattre comme n'importe lesquelles. Moi, je ne suis pas d'accord avec cette idée que désormais, il faudrait considérer qu'on peut parler avec Éric Zemmour de Vichy comme il le fait. Ce n'est pas possible. On ne peut pas laisser quelqu'un expliquer aujourd'hui, froidement, que Vichy, c'était formidable. Vous vous rendez compte qu'il a pu dire ? C'était formidable parce que le maréchal Pétain a sacrifié les Juifs étrangers pour sauver les Juifs français. Enfin, où va-t-on ? Mais c'est quoi cette histoire ? Est-ce que vous pensez sérieusement ?

Imaginez-vous demain en situation de devoir choisir entre les uns et les autres, entre deux enfants. Mais c'est une barbarie. Donc, en fait, moi, je ne veux pas... Enfin, je ne veux pas entrer dans un dialogue poli avec Éric Zemmour.

7:21
Olivier Faure

Il a eu tort. Je pense qu'il a eu tort. Il a eu tort. Bien. 32 heures de travail par semaine, semaine de 4 jours, c'est une proposition de Mélenchon. Anne Hidalgo y est favorable ou pas ?

7:32
Présentateur

Je ne crois pas qu'elle ait dit ça. Je crois qu'il faut... L'histoire du travail, c'est qu'évidemment, plus nous arrivons à gagner en productivité et plus il faut libérer les femmes et les hommes de ce pays. Vous et moi, chaque matin, quand on se lève, on aime le boulot qu'on fait. Et on n'a pas de problème. Mais il y a des gens pour qui le travail, c'est une souffrance. Il y a des gens qui sont avec un marteau-piqueur. Je pense à ces témoignages de ces gens qui travaillent dans les frigos de Rungis, par exemple, et qui me racontaient qu'ils avaient une espérance de vie qui était très faible. Pourquoi ? Parce qu'ils vivent des amplitudes thermiques qui sont terribles.

Ils passent de moins 20, moins 30, à plus 20, plus 30 l'été. Et donc, ils ont des chocs qu'ils subissent, etc. Et donc, pour ces gens-là, effectivement, réduire sur la durée de leur vie professionnelle, le temps de travail, évidemment, j'y aspire. C'est le débat sur les retraites, c'est le débat sur le temps de travail, c'est le débat sur tous ces éléments qui font que nous ne sommes pas égaux face au travail. Et que donc, il y a des métiers pour lesquels, évidemment, c'est possible. Mais quand j'entends la Macronie dire aujourd'hui, 67 ans ! Mais vous vous rendez compte, 67 ans pour quelqu'un qui est des égouts ? Edouard Philippe, oui.

Oui, Edouard Philippe, principal soutien d'Emmanuel Macron, c'est pas rien. Et qui dit 67 ans, je lui dis non. Non, parce qu'effectivement, il y a des gens pour qui ce n'est pas possible. Imaginez un carreleur, quelqu'un qui, tout simplement, est à genoux toute la journée pour carreler votre salle de bain, votre cuisine. Celui-là, il a le dos cassé, les genoux en miettes à 50 ans. Donc, qu'est-ce que vous voulez faire avec quelqu'un qui a 70 ans et qui a à genoux ? Non, ce n'est pas possible. Est-ce que vous croyez un retour des gilets jaunes ? Oui, les gilets jaunes n'ont jamais disparu. Ils n'ont jamais disparu. Des gilets jaunes, des ronds-points. Ceux qui, au départ, étaient là.

Je ne parle pas de ceux qui ont été récupérés. Je ne parle pas, y compris, de ceux qui ont manifesté au milieu des Black Blocs. Je parle de ces gens qui sont venus exprimer leur colère, même plutôt leur exaspération. Je les ai rencontrés. Ils sont nés chez moi, dans ma circonscription, les gilets jaunes. Et je les connais parfaitement. Et je sais bien qu'ils n'ont pas disparu. Parce que leurs problèmes n'ont pas disparu. Et que donc, oui, ça peut repartir à tout moment. Parce qu'il y a des gens qui, aujourd'hui, ont des difficultés à aller jusqu'au bout.

9:41
Olivier Faure

Parce que les conditions de travail, parce que le pouvoir d'achat sont des axes essentiels.

9:46
Présentateur

Et aujourd'hui, la reconnaissance des premiers de corvée, c'était bien de les saluer pendant la période de confinement. Mais enfin, ça ne suffit plus. Maintenant, il faut leur dire, effectivement, on vous reconnaît. Moi, je suis... Écoutez ce qu'a dit Anne Hidalgo. Elle a dit, je veux une conférence salariale, au début de mon mandat, qui aura pour base la question de l'utilité sociale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va falloir quand même qu'on repense à cette hiérarchie des salaires. Ce n'est pas normal qu'aujourd'hui, vous valorisez... Enfin, vous.

Nous valorisons, finalement, beaucoup les gens qui sont parfois, y compris des prédateurs, sur le plan de la nature, sur le plan du travail, qui, un trader, est payé de manière extraordinaire. Et vous avez des gens, ces sages-femmes, ces sages-femmes... Anne Hidalgo, ce matin, est dans un hôpital, en Seine-Saint-Denis, avec les sages-femmes. Mais elles gagnent quoi, les sages-femmes ? Et elles vivent en quelles conditions ? Dans l'hôpital où elles se trouvent ce matin, il y a huit lits de fermés, parce qu'il n'y a pas assez de sages-femmes, pas assez de personnel. Je lisais, avant de rentrer sur votre plateau, un mail d'une étudiante, sage-femme, qui racontait, en fait, ce qu'elle vivait.

Et c'est juste, ça vous tire les larmes, franchement. C'est pas possible. Il y a un moment où, dans la vie, il faut qu'on fasse des priorités. Et la priorité, ça ne doit pas être simplement l'argent facile. La priorité, ça doit être l'attention aux autres. Ce que certains avaient appelé le CAIR, je ne sais pas si c'est comme ça qu'il faut l'appeler. Je dis simplement qu'il faut quand même qu'à un moment, on se pose les bonnes questions. Et on dise dans quel monde on veut vivre. Et moi, le monde dans lequel je veux vivre, c'est un monde où on reconnaît d'abord ce qui porte ce pays.

11:21
Olivier Faure

Le prix des carburants, c'est une des préoccupations de beaucoup de Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Alors, quelle solution ? Baissez les taxes ? Oui. Baissez les taxes ? Oui. Mais ce n'est pas écologique. Mais... C'est quoi ? Si vous baissez les taxes, vous subventionnez le pétrole. Vous l'acceptez ?

11:42
Présentateur

Non. Quand vous avez le litre d'essence qui est à 2 euros, vous ne subventionnez pas le pétrole. Vous dites simplement à des gens qui n'ont pas d'autre choix, bah écoutez, on a compris. Parce que ce n'est pas dans un contexte facile. Ce n'est pas comme s'il n'y avait que le carburant qui augmente. Tout augmente. Oui. Les loyers... Non, mais c'est quand même ça. C'est quand même un moment, il faut quand même faire quelque chose. Je voudrais m'en tenir au carburant pour l'instant. De manière provisoire, effectivement, il faut baisser les taxes sur le carburant.

12:06
Olivier Faure

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous baissez la taxe et dans 3 mois, si le prix de la matière première a baissé, vous rehaussez les taxes. Bien sûr. Vous réaugmentez les taxes. Bien sûr. Vous verrez la colère. Si vous augmentez les taxes que vous avez baissées.

12:23
Présentateur

Moi, ce que je vois, c'est quand je vais à la pompe... C'est une TIPP flotante. Et que je vois... Quand je vois que c'est 6-7 euros de plus par plein, franchement, moi je peux. Je n'ai pas de problème. Et moi, ça va. Je vis bien. C'est-à-dire que celui qui gagne 10 000 euros par mois, qui roule avec un SUV,

12:41
Olivier Faure

il va payer son essence moins cher.

12:43
Présentateur

Et il va polluer. Ça veut dire que provisoirement, Jean-Jacques Bourdin, il faut faire un effort qui soit directement appréhendable par les Françaises et les Français. Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'on peut inventer des tas de mécaniques. Et on peut dire... Mais le problème, c'est que l'argent n'arrive pas aux gens qui en ont besoin. Moi, ce que je souhaite, c'est que... Même le chèque énergie, en fait, c'est tellement compliqué qu'il y a des tas de gens qui n'y ont même pas recours.

Donc moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse avoir une mesure qui soit simple, provisoire, pendant la période où on est dans une montée croissante du prix du carburant, parce que c'est le prix de l'énergie en général qui est augmenté. Et donc, pendant cette période-là, il faut effectivement faire cet effort. Et par ailleurs, il faut... Enfin, ça, c'est une rustine. Donc, force et baisser la TBA. C'est une rustine, oui. Mais c'est une rustine. Parce que la vraie question qu'il nous est posée, c'est comment est-ce qu'on en sort de cette dépendance au pétrole ? Et donc, ce sont les grandes transitions qu'il faut opérer maintenant. Donc, comment est-ce qu'on fait ?

Quand je vois le plan 2030 d'Emmanuel Macron, je me dis que, finalement, on ne fait rien. Ce qu'il faut faire, c'est y compris imaginer les transitions, les transitions professionnelles. Comment est-ce qu'on fait ? J'étais dans les fonderies du Poitou, qui ont maintenant malheureusement fermé. Les fonderies du Poitou, ce sont des salariés qui fabriquaient des carters pour le diesel ou pour les véhicules hybrides. Ces salariés, ils sont maintenant à la porte. Il y en aura beaucoup qui seront à la porte. Exactement. Quand on va changer, quand on va abandonner le moteur thermique. Si on ne fait rien, il y en a beaucoup qui seront à la porte. Donc, on peut faire quelque chose.

Et qu'est-ce qu'on peut faire ? Moi, je plaide pour le fait, et on plaide pour ça déjà avant la crise sanitaire, pour qu'il y ait ce qu'on a appelé le chômage partiel. Et qui est une méthode très ingénieuse. C'est-à-dire que, je vais essayer de prendre quelques secondes pour vous expliquer. Quand vous avez une entreprise qui fait 50% de chiffre d'affaires en moins, et donc qui a 50% d'activité en moins, qu'est-ce qu'on peut faire ? On peut leur dire, vous baissez le temps de travail des salariés de 50%. Le salaire, vous payez 50%. L'État, sous la forme du chômage partiel, prend en charge 50%.

Et pendant ce temps-là, pendant le temps libéré, vous ne renvoyez pas les gens chez eux, vous les formez à leur métier suivant. C'est ce qui a été inventé par les Allemands pendant la crise de 2008. C'est ce qu'on appelait à l'époque le Kurzarbeit. Donc, c'est à la fois le chômage partiel, et c'est en même temps une formation pendant ce temps-là. Et c'est à ce moment-là qu'on aurait pu former dans les choses. Tous les gens qui font des cartères hybrides, ils auraient pu faire autre chose. Ils auraient pu continuer dans cette filière. Et malheureusement, on renvoie tout le monde à la maison. Et ça, ce n'est pas possible. Il va falloir qu'on s'occupe aussi des gens.

15:10
Olivier Faure

Un chômage à 7,6, vous vous réjouissez ? Bien sûr. C'est un bon résultat à attribuer au gouvernement Macron ?

15:18
Présentateur

C'est un bon résultat à attribuer à toutes celles et ceux qui ont fait l'effort d'embaucher. Toutes celles et ceux qui ont fait aussi... La courbe du chômage, elle s'est inversée, vous le savez très bien, à la fin du quinquennat de François Hollande. Et c'est bien que ça se soit prolongé. Mais ce que je sais aussi, c'est qu'il y a encore... Donc les politiques étaient bonnes ? Ça veut dire qu'il y a des politiques qui sont bonnes et qu'il faut prolonger parfois. Ça veut dire aussi qu'il y a trop de précarité dans ce pays, malgré tout. Et qu'on ne peut pas laisser penser que la question serait réglée du seul fait que le chômage a baissé. Il faut aussi parler salaire.

C'est ce que je faisais avec vous il y a un instant.

15:48
Olivier Faure

Est-ce qu'Anne Hidalgo est finalement le ou la candidate écologiste ? Plus que Yannick Jadot ?

15:56
Présentateur

Je ne vais pas donner des bons points aux arrières et aux autres. Non, non, non. Plus ou moins. Elle est une candidate écologiste et elle l'a prouvé dans quelques jours. Elle va recevoir lors de la COP26 un prix pour son action à la tête de la ville de Paris à ce sujet. Ça veut dire quoi ?

16:09
Olivier Faure

À quoi sert la candidature de Yannick Jadot ?

16:10
Présentateur

C'est l'écologiste de l'action. C'est l'écologiste qui fait. Ce n'est pas seulement l'écologiste qui parle.

16:15
Olivier Faure

Oui, parce que Jadot, c'est l'écologiste qui parle. Les verts. Vous ne faites pas dire ce que je n'ai pas dit. C'est ce que vous pensez. Franchement, je sais.

16:28
Présentateur

Je ne veux pas le disqualifier.

16:29
Olivier Faure

Au bout d'un moment, s'il y a un écart dans les sondages entre lui et vous, il va bien falloir que l'un ou l'autre se range derrière soit Annie Dago et Annie Jadot, soit l'inverse.

16:41
Présentateur

On en reparlera à ce moment-là. Moi, ce que je vous dis simplement, c'est que je ne veux pas disqualifier qui que ce soit. Ce n'est pas mon propos. Et je n'aime pas les gens qui cherchent à se valoriser sur la peau des autres. Ce n'est pas mon registre.

16:54
Olivier Faure

Covid-19, Olivier Faure, pas de vaccination obligatoire comme l'avaient demandé les sénateurs socialistes. En Italie, pas sanitaire obligatoire pour tous les salariés du public et du privé.

17:04
Présentateur

Vous y êtes favorable ? Je suis favorable à la vaccination obligatoire. Pourquoi ? Parce que toutes les grandes pandémies, depuis qu'on a découvert le vaccin, ont été vaincues par la vaccination de tout le monde. Et aujourd'hui, on le voit bien, si nous sommes sans masque dans la rue, si nous pouvons recommencer à avoir une vie à peu près normale, c'est parce que nous nous sommes vaccinés.

17:24
Olivier Faure

Annie Dago aussi est sur cette ligne.

17:26
Présentateur

Absolument.

17:26
Olivier Faure

Elle est favorable à la vaccination obligatoire. Les tests non remboursés pour les non-vaccinés, logique ?

17:34
Présentateur

Logique, non. C'est tout le problème. C'est qu'à partir du moment où vous considérez que la vaccination n'est pas obligatoire, ce que ne veut pas dire le gouvernement, ils cherchent à prendre des chemins de traverse pour essayer d'y conduire malgré tout. Et donc, ça aboutit à cette bizarrerie de dire que maintenant, on ne teste plus. Mais rappelez-vous, il y a quelques mois, on disait tester, tracer, tester, isoler. C'était la bonne façon d'agir. Et donc, ça n'est pas tout à fait logique de ne plus savoir si les gens ont simplement une mauvaise toux ou s'ils sont malades du Covid. Et je préférais qu'on continue à tracer, mais que la vaccination soit aussi obligatoire.

18:11
Olivier Faure

Olivier Faure, j'ai une dernière question. La police tue dans les quartiers populaires, comme l'affirme Philippe Poutou. Vous avez vu cette petite, maintenant, polémique qui prend de l'ampleur, après ses propos. Je n'ai... Enfin, je vous avoue, j'ai échappé à cette polémique-là. Vous l'avez échappé. Mais, franchement, je vais répondre à votre question. Philippe Poutou, non, ça commence à faire beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux et même dans les médias. La police tue dans les quartiers populaires. Je ne vois pas... Une quinzaine de jeunes tués par la police chaque année, c'est ce qu'il a précisé dans ses propos tenus mercredi soir.

18:47
Présentateur

Écoutez, la police, elle est là pour nous protéger. C'est une police républicaine. Il peut arriver que certains policiers, pris par la panique, pris par la peur, pris dans un travail très compliqué. Parce que, franchement, je demande à toutes celles et ceux qui n'ont jamais été exposés au danger de venir avec eux à une soirée pour comprendre que leur métier n'est pas un métier facile. Et donc, il y a effectivement des bavures. Ça s'est arrivé, hélas. Et je pense à ce pauvre Steve Canisseau qui est mort noyé dans la Loire. Je pense à un certain nombre de cas de jeunes qui ont été ébraniés, qui ont perdu une main dans les manifestations. Ça n'était pas normal.

Mais est-ce que c'est le problème de la police qui tue ou c'est le problème, parfois, d'avoir des consignes de maintien de l'ordre qui ne sont pas les bonnes ? Moi, je vois ce qui se fait dans les pays européens. Je vois qu'on cherche des escalades. En France, on a cherché le face-à-face. Et on a finalement transformé, parfois, la police en garde prétorienne du pouvoir. Ce qui a opposé cette police que nous avons tellement fêtée après les attentats terroristes, après le Bataclan, après Charlie. Rappelez-vous, Renaud chantait « J'ai embrassé un flic ». Il vaut à nouveau embrasser les flics.

Mais pour ça, ça suppose aussi qu'on leur donne des consignes qui correspondent à ce qu'est leur mission fondamentale. Nous protéger.

20:08
Olivier Faure

Merci Olivier Faure. Merci d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.