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Discours de Nicolas Dupont-Aignan - Ensemble pour la réussite de nos territoires / 29 mars 2012

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Locuteur 2

Merci à vous tous de votre invitation. Merci de l'égalité de traitement entre tous les candidats qui ont accepté de bien vouloir parler devant vous. On aime tous l'agriculture. On aime tous profondément nos territoires. Vous les faites vivre. On ne serait pas là ensemble si nous n'avions pas cette conviction totale qu'une France, sans ses terroirs, sans cette diversité, sans cette richesse incroyable, qui en fait d'ailleurs la première destination touristique mondiale, n'est pas l'atout décisif, un des atouts décisifs de notre pays pour le 21e siècle. La question qui se pose n'est donc pas de vous livrer des belles paroles. Vous allez en entendre cette fois.

Tout le monde va vous dire qu'on vous aime, qu'il faut qu'on ait de la sécurité alimentaire, qu'on ait de la qualité, qu'on protège l'environnement, etc. La question aujourd'hui est de savoir comment on va y arriver. Le président de la République, qui sera élu en 2012, aura une responsabilité écrasante, car il renégociera la PAC. Et l'instant de vérité va venir. Et c'est pourquoi j'ai souhaité m'adresser à vous, car vous le savez sans doute, je propose une autre voie pour notre pays.

Car derrière les grands mots, et je vais vous parler d'ailleurs, comme je parle aux agriculteurs que je connais, quand je suis sur leur exploitation, j'en ai rencontré des dizaines au cours des années passées, et donc je vais vous parler très très franchement. Derrière les grands mots, qui reviennent, la contractualisation, le verdissement de la PAC, le développement durable, la compétitivité, etc. Moi je vous dis ce que je pense. Il y a l'abandon, le renoncement à une politique qui a fait ses preuves dans le passé. Il y a le détricotage permanent depuis 20 ans de ce qu'avaient pu construire nos aînés avec la politique agricole commune, une vraie politique agricole commune.

De ce qu'avaient su négocier par une crise, souvenez-vous à l'époque, intense, qui était la fameuse crise de la chaise vide du général de Gaulle, qui avait su négocier une politique conforme à l'intérêt de la France et des agriculteurs français. Cette politique, elle avait produit des résultats extraordinaires. La mutation de l'agriculture française, l'autosuffisance alimentaire, la qualité et la dignité du revenu des agriculteurs. Depuis 20 ans, nos dirigeants, qu'ils soient de gauche ou de droite, et qui vont aujourd'hui venir se plaindre de la situation et vous promettent mon émerveil, ont exactement fait l'inverse.

Ils ont signé ensemble, ou les uns après les autres, des traités européens qui ont détricoté une oeuvre commune et qui l'ont coupé un peu en tranches de saucissons. Au début, c'est indolore. Bien sûr, c'est indolore. Et puis on vous dit, on va se battre. On a évité le pire. Nous étions minoritaires, alors on a sauvé les meubles. Si l'on reprend, et je ne parle pas d'ailleurs que d'agriculture, je parle aussi de services publics, de la vie du monde rural, le traité de Nice, début de la mise en minorité, c'est-à-dire l'abandon du droit de veto de la France, traité de Barcelone, Lionel Jospin et Jacques Chirac, qui libéralisent les services publics.

On en paye aujourd'hui les conséquences, et il est plus difficile de faire un branchement électrique dans nos campagnes qu'il y a un siècle, quand on a amené l'électricité, ou 50 ans quand on a amené l'électricité. Je continue. Désorganisation avec le traité de Lisbonne. Abandon, et je pèse mes mots, abandon du droit de veto sur les négociations à l'OMC, qui nous place en minorité, car dans une Europe à 28, il est clair que nous sommes minoritaires. Connaissez-vous beaucoup de chefs d'entreprise qui vont dans une entreprise et qui, dès le départ, se mettent associés minoritaires ?

Nous nous sommes mis en position de faiblesse sur les négociations commerciales internationales, comme sur les négociations agricoles. Les résultats sont très concrets pour les agriculteurs, très concrets. Regardez comment le marché du sucre a été foutu en l'air et désorganisé. Regardez comme le marché du lait a été détruit, avec l'abandon, en 2008, ministre M. Barnier, du prix minimum garanti, avec l'abandon des quotas pour 2015. Et regardez ce qui est en train de se tramer sur les droits de plantation, où on nous endort aujourd'hui. Parce qu'au départ, le gouvernement a signé, et puis il est revenu en arrière. Il dit se battre. Je ne doute pas de sa bonne volonté.

Tout le monde tient aux droits de plantation, parce qu'on sait que la fin des droits de plantation serait catastrophique. Mais la réalité est que la France s'est placée en minorité, puisqu'elle a accepté la fin du droit de veto. Et le droit de veto, c'est la possibilité pour la France de dire, joker, je ne joue plus, parce qu'on a atteint l'intérêt vital de notre pays, c'est-à-dire l'intérêt de son agriculture. Alors comme on s'est mis en position de faiblesse, et que droite et gauche l'ont fait de cœur, que les conséquences sont léviterées, très concrètement, ce sont nos éleveurs qui ferment.

C'est la fin d'une agriculture dont parlait François Bayrou, d'ailleurs, parce qu'on est tous d'accord sur l'objectif. Une agriculture adaptée à notre territoire. Alors certes, on peut faire ce que font Danemark, les Pays-Bas, et on verra le résultat. L'abandon des territoires ruraux, la perte des repères. Est-ce qu'on veut ça ? Non, bien sûr. Alors, il faut se donner les moyens de le refuser pour proposer une autre politique. Proposer une autre politique, c'est revenir à des fondamentaux. À des fondamentaux à la fois sur le plan national et sur le plan européen. Sur le plan national, parce que tout n'est pas la faute de l'Europe, bien sûr, nous devons deux choses. Alléger les contraintes.

Parce que non seulement on a ouvert toutes les portes, on en a fini avec la préférence communautaire, on a accepté la loi de l'OMC, mais en plus, on a fait mieux. On a surchargé nos exploitations de contraintes. Le grenelle de l'environnement, une bureaucratie tatillonne. Bien sûr, les autres producteurs européens ne sont pas confrontés aux mêmes contraintes. Donc non seulement on ouvre, et en plus on charge la barque. Alors, il est clair, je l'avais proposé, qu'on supprime les charges sociales sur les salariés agricoles. Une proposition de loi du Nouveau Centre a été examinée à l'Assemblée. Le Parti Socialiste et l'UMP l'ont refusée.

Elle était alimentée par une taxe sur la grande distribution. C'était concret. C'était là, sur la table. Ça a été refusé. C'est la seule solution pour retrouver notre compétitivité vis-à-vis notamment de l'Allemagne. Les contrôles sanitaires aux frontières. Alors, expliquez-moi pourquoi les vendeurs de salades du Vaucluse vendent leurs salades qui ont la meilleure traçabilité en Norvège et en Suisse, où ils sont leaders sur le marché, parce que la Norvège et la Suisse ont le droit de faire des contrôles pour voir qu'il n'y a pas de produits cancérigènes. Mais nous, on importe des salades du monde entier qui sont bourrées de produits cancérigènes. Mais on ne dit rien.

C'est ça, la libre concurrence de l'Union européenne. On pourrait continuer ainsi sur la taxe sur les produits pétroliers. On le voit avec la hausse du prix de l'essence. Est-ce qu'on veut aider le monde agricole ou pas ? On peut tout à fait, en reprenant le contrôle de Total, baisser légèrement. J'ai proposé 10 centimes sur le prix de l'essence. Et puis, il faudra aménager la dette des agriculteurs, notamment qui sont étranglés quand on voit les prix qui baissent de manière continue et les aides qui sont chichement données. Il faut aussi, au-delà de l'allègement des contraintes, absolument parler de la conquête de Laval. Les organisations de producteurs, tout le monde est pour.

Mais je vois que les producteurs d'endives se sont faits tacler par le ministère des Finances. Alors, il faudrait peut-être qu'un jour, il y ait une réunion interministérielle et que le ministre de l'Agriculture et le ministre des Finances se rencontrent. Ce sera peut-être utile. Mais nous pouvons faire tous les efforts que nous voulons au niveau national. Si nous acceptons des règles européennes et mondialistes totalement folles, eh bien, il faut dire la vérité aux Français. La qualité des produits ne sera pas au rendez-vous. La production ne sera pas au rendez-vous. La dignité du revenu des agriculteurs ne sera pas au rendez-vous.

Voilà pourquoi je propose une renégociation de la PAC avec de la fermeté. Cela veut dire, très clairement, qu'il faudra rétablir le droit de veto. Et que l'on ne nous dise pas, et que l'on ne vous mente pas là-dessus, en vous disant sans arrêt, « Ah oui, mais la PAC, on en profite. Donc, couchons-nous devant nos partenaires européens. Couchons-nous devant le commissaire de Bruxelles, parce qu'on sauve les meubles. » Non. La PAC, la politique européenne, coûte 7 milliards d'euros à la France. Nous donnons 7 milliards de plus que nous recevons.

Alors, vous savez, si nous n'avons pas le courage d'ouvrir une crise à Bruxelles en disant à nos partenaires « Nous ne cèderons pas un iota sur la politique agricole commune », eh bien, vous verrez, ceux qui ont détricoté la PAC continueront à le faire après 2012. C'est la seule solution, une fermeté absolue. Je remarque que, comme Mme Thatcher a voulu récupérer son chèque, ou quand le général de Gaulle a fait la politique de la chaise vide, ils ont su faire valoir leurs intérêts. Quand M. Kohl a fait la réunification allemande, il a su faire valoir ses intérêts.

Pourquoi les chefs d'État français, en fait, échangent l'agriculture contre d'autres secteurs, tertiaires, bancaires, de grandes distributions ou industrielles ? Et c'est pourquoi il est très important de maintenir le droit de veto. Exception agricole. Exception agricole à l'OMC. Soit l'Europe organise l'exception agricole pour permettre notamment à l'agriculture africaine de se protéger. Soit nous détecterons tous nos droits sociaux et toute notre qualité environnementale. Je remarque d'ailleurs que le cinéma français bénéficie de l'exception culturelle.

Or, je crois qu'il est quand même aussi important de nourrir les agriculteurs qui nous nourrissent que d'aller au cinéma et d'avoir un revenu décent pour les acteurs de cinéma. C'est vrai qu'il voit plus souvent la classe politique française que les agriculteurs. L'exception agricole est aussi importante que l'exception culturelle. Le deuxième point, la préférence communautaire. Car vous savez que la préférence communautaire a été détricotée en raison des règles de l'OMC. Il faut donc absolument rétablir une préférence communautaire. C'est la seule solution si vous voulez avoir une concurrence loyale. Et tout le monde va vous parler de la concurrence déloyale.

Des normes en Europe, des normes supplémentaires en France, une administration tatillonne et on ouvre toutes les frontières. Comment s'en sortir ? Il faut rétablir la préférence communautaire. Enfin, et j'insiste là-dessus, il me reste peut-être deux minutes, quatre minutes, c'est marqué devant. Les prix garantis. La classe politique française s'est résignée. Ah oui, il faut donner des compensations. Le prix garantis, c'est fini. Eh bien moi, je suis désolé. Les agriculteurs français n'ont pas besoin de charité comme les agriculteurs allemands, italiens et les autres.

La force de la politique agricole commune, c'était justement un système de prix garantis avec un système de quotas pour éviter des surproductions excessives. En démantelant les quotas, on assassine les prix garantis. On rentre dans un système de charité. On rentre dans un système bureaucratique absolument fou. Et le verdissement de la PAC, c'est quoi ? Si ce n'est de vous rendre prisonnier, de transformer les agriculteurs en simples gardiens du paysage. Or, la meilleure façon de garder le paysage français, c'est d'avoir des petites ou moyennes exploitations qui irriguent nos campagnes, qui irriguent nos zones de montagne.

Comment imaginer un instant qu'on puisse préserver l'agriculture de montagne et de basse montagne avec un système de prix toujours plus bas ? Alors oui, je le sais, cela avantage les industriels qui achètent moins cher leurs produits et qui les revendent tout aussi cher aux consommateurs. J'ai devant moi, et je peux vous le montrer, le contrat envoyé par Lactalis, un contrat scandaleux envoyé aux producteurs, un contrat de la honte qui rétablit le servage en France. Cinq ans d'engagement. Cinq ans d'engagement. Avec la menace, je le lis. Ce document a fait l'objet de discussions. Il n'y aura pas de troisième version du contrat.

Sauf erreur de notre part, vous n'avez pas accepté cette offre de contrat actuelle à ce jour. C'est pourquoi nous tenions à vous informer qu'au-delà du 31 mars 2012, nous n'accepterons plus de nouvelles signatures et qu'il y a-t-il derrière ? Des menaces. On va voir les éleveurs. J'ai les témoignages. Et on leur dit, si tu ne signes pas ce papier, on ne prendra plus ton lait. Et au même moment, la même société va chercher des subventions au Conseil général, des différents conseils généraux, des subventions publiques. Et au même moment, on donne le prix du lait le 25 du mois.

A-t-on vu une profession en France où on s'engage pendant 5 ans pour travailler à fournir un industriel sans qu'on ait le prix. Voilà ce que c'est que la contractualisation. C'est un mensonge organisé. Alors, c'est facile de traiter les agriculteurs comme ça. Ils ne peuvent pas se défendre. Ils sont seuls. Ils essayent de survivre.

Mais moi, je vous le dis, si nous voulons une agriculture qui respecte nos territoires, qui protège l'environnement, qui protège l'environnement, qui assure la dignité des revenus, qui garantisse la qualité, et qui, demain, qui, demain, puisse répondre à la demande mondiale qui sera considérable, considérable, si nous voulons, demain, avoir des agriculteurs bien répartis sur le territoire, eh bien, je peux vous le dire, il ne faut pas les chasser maintenant. Il faut leur garantir un prix minimum sur certaines productions qui ne soient pas excessifs, bien évidemment. Mais on peut très bien le faire.

Car sinon, nous allons faire comme certaines productions, le sucre, bientôt le lait, nous serons déficitaires. Et bientôt, les usines de yaourts et de fromage délocaliseront en Roumanie et en Pologne. Et qu'est-ce qu'on fera ? On importera encore plus de produits. Alors, vous le voyez, il en est de même dans tous les domaines. Il en est de même dans tous les domaines. Si l'on veut défendre les intérêts du peuple français, il faut, à un moment, que l'on prenne les décisions en fonction des volontés du peuple français et non pas en fonction des intérêts, qu'ils soient financiers, industriels ou des intérêts des autres pays.

Et que je sache, c'est encore le président de la République qui sera élu en 2012, qui sera le mieux là-même de garantir la survie d'un secteur agricole, sa diversité, sa richesse. Et je crois véritablement que s'il reste prisonnier d'institutions où se dirigent des gens non élus, soumis à des contraintes extérieures, eh bien je crois qu'à ce moment-là, les belles paroles qui seront prononcées aujourd'hui seront aussi vite oubliées comme par le passé. Et je me souviens d'une phrase, il me reste 18 secondes, c'est une phrase d'Einstein qui disait, n'attendez jamais de ceux qui ont créé les problèmes qu'ils puissent les résoudre. Je vous remercie.

14:58
Locuteur 3

Alors merci Nicolas Dupont-Aignan. Vous allez vous aussi répondre à deux questions posées successivement en cinq minutes. On commence avec une question de Christophe Viget, donc le président de la Fédération du négoce agricole.

15:11
Locuteur 4

Bonjour monsieur. Bonjour monsieur. Christophe Viget, président de la FNA, Fédération du négoce agricole. Comment redonner de la compétitivité à tous les maillons de nos filières face à la concurrence intra-européenne ?

15:32
Locuteur 3

Alors on va écouter la deuxième question tout de suite d'Amaury et Cornu-Chauvin qui est vice-président de Groupama. Alors est-ce qu'on vous entend ? Je vais vous donner mon micro.

15:42
Locuteur 1

Bonjour. Bonjour. Dans les différents secteurs d'activité agricole, on a su créer des relations paritaires entre employeurs et syndicats de salariés, des relations à la plupart du temps fructueuses, voire respectueuses presque toujours. Quelle place souhaitez-vous donner demain aux partenaires sociaux dans votre gouvernance ?

16:09
Locuteur 2

Je suis gaulliste et la participation a été une grande occasion manquée pour notre pays. Pris en tenaille entre des syndicats protestataires et un patronat étroit d'esprit. Donc la participation, c'est la meilleure chose. On est d'accord. Le paritarisme, très bien. A deux conditions. Qu'il y ait une marge de manœuvre, c'est-à-dire que pour discuter de quelque chose, il faut qu'il y ait du grain à moudre et qu'on ne soit pas donc balotté au gré d'une mondialisation totalement inhumaine.

Et la deuxième chose, c'est que ce ne soit pas du clientélisme, mais que ce soit du vrai paritarisme, c'est-à-dire que ceux qui sont censés défendre les agriculteurs ou les autres, les défendent vraiment, qui ne s'enferment pas dans une sorte de monde à part. Et on pourrait beaucoup dire sur la manière dont la finance agricole s'est enfermée et a gaspillé beaucoup d'argent sur les marchés financiers. Je n'en dirai pas plus par délicatesse. Car c'est l'argent des agriculteurs que je sache. Comme l'argent des Français qui sont dans les banques et qui ne prêtent plus aux PME, aux petits entrepreneurs.

Et je connais beaucoup d'agriculteurs qui avaient des beaux projets qui ont été obligés d'y renoncer et qui ont fermé et qui ont divisé leur exploitation. Alors bien sûr qu'il faut du regroupement. Je ne suis pas du tout pour qu'on garde une agriculture immuable. Bien sûr qu'il faut de la recherche. Bien sûr qu'il faut conquérir l'aval. Bien sûr qu'il faut des filières. Qu'on ne me caricature pas. En revanche, il y a un moment où il y aura rupture s'il n'y a pas la diversité agricole qui est sur l'ensemble du territoire. Surtout quand on recherche le développement durable. Grand mot. Développement durable avec nos normes mais avec les produits importés qui ne le respectent jamais.

C'est ça l'enjeu. Donc paritaire, oui, mais avec les pieds dans la terre pour que ce ne soit pas un monde à part. La deuxième question à laquelle je vais répondre si vous m'y autorisez, c'est la question de la concurrence intra-européenne. De quelle concurrence peut-on parler ? En vérité, le problème de fond, et vous le connaissez parce que ce n'est pas simplement l'agriculture qui est touchée, c'est la question du nombre de partenaires européens. En fait, l'Europe a tourné quand on était à 9, 10 et a commencé à dérailler quand on est passé à 27. Parce qu'on peut assumer la concurrence de pays qui n'ont pas le même système que nous. Et c'est sain la concurrence. Il faut de la concurrence.

Moi, je ne suis pas pour un protectionnisme national trop fermé. En revanche, si on parle de la concurrence allemande, elle est saine et là, nous perdons du terrain. J'ai proposé, j'ai voté la proposition de loi du nouveau centre qui était très intelligente. Une taxe sur la grande distribution qui finançait l'exonération de toute charge salariale pour les salariés agricoles. Je peux vous dire que c'était une belle proposition. Nous étions un certain nombre à la vouloir. Pourquoi ne pas l'avoir votée ? Et là, vous verriez qu'on peut assumer la concurrence d'un pays comme l'Allemagne si on s'en donne les moyens. On peut tout à fait le faire. Mais il faut avoir le courage politique de le faire.

On ne l'a pas fait. Et quand on voit les retards qu'on a dans les productions de vergers, les pommes, les poires, quand on voit les chiffres de production, je me souviens très bien du rapport. Je crois que c'était le député Dionis du Séjour, de mémoire. Quand on voit les chiffres de production, c'est éclatant. On a affaire. Mais il faut aussi reconnaître que les banques en Allemagne ne jouent pas obligatoirement comme les banques chez nous à l'égard de certains producteurs. Et puis, il faut, bien évidemment, avoir une administration plus à l'écoute du monde agricole, qui regarde ce qui se passe, clairement. C'est comme ça qu'on pourra lutter contre la concurrence intra-européenne proche.

En revanche, l'extension à la Roumanie, à la Pologne, à d'autres pays qui ont des niveaux de salaire nettement inférieurs au niveau de salaire allemand posent là un vrai problème. Ils posent un vrai problème. Et on ne s'en sortira qu'avec des montants compensatoires d'une manière ou d'une autre. Sauf à considérer qu'il n'y a plus un ouvrier dans notre pays, plus un agriculteur, si ce n'est des fermes industrielles. Si on veut des fermes industrielles, on continue comme ça. Votez pour les autres. Ce sera parfait. Je vous remercie. Merci.