Aller au contenu
Tous les transcripts
Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 1 janvier 2026 18 minContradictoireMixte

"Si rien n'est fait, dans un an, une association de solidarité sur trois aura disparu", déclare Pascal Brice

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Présentateur17 %
  • Auditeur11 %

≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Pascal Brice, et meilleur vœu à vous, merci d'être avec nous en ce 1er janvier. Votre fédération représente plus de 900 associations et organismes qui accompagnent les personnes en situation de précarité. On va faire avec vous ce matin un état des lieux de la pauvreté, du mal-logement notamment, les inquiétudes aussi autour des baisses de dotations publiques pour les associations. Avant cela, disons quand même un mot de l'actualité politique du moment. Ce sont les vœux du président de la République Emmanuel Macron hier soir. Qu'en retenez-vous ?

0:34
Invité politique

J'ai compris, je vous écoutais M. Barcelone en vous rejoignant, que le président de la République avait parlé de solidarité, d'une nation solidaire. C'est bien l'enjeu. Fraternelle. Fraternelle et solidaire. C'est tout l'enjeu pour nous. Pour nous, c'est-à-dire pour les personnes en pauvreté, en précarité, vous l'avez dit, des niveaux jamais atteints depuis 30 ans, plus de 10 millions de personnes, pour leur dignité et aussi pour la tranquillité publique, la cohésion et la force du pays. Et pour moi, nous sommes à un moment où nous avons deux chemins devant nous.

Soit nous continuons à voir ce que les acteurs de la solidarité vivent en première ligne dans le pays, dans les vies, dans les campagnes, partout. Une forme de délitement de ce qui fait le contrôle social dans le pays. Soit une capacité, et nous sommes là pour cela, à l'énergie, à l'action, de retisser la solidarité. Donc voilà, moi je retiens ce mot-là, mais surtout, ce qui importe, c'est l'action qui doit être celle des uns et des autres.

1:28
Présentateur

Mais quand même, quand il parle de solidarité, de fraternité, alors, c'était moins optimiste que les autres années quand même, mais il appelle à croire en l'humain, voilà, en clair, à avancer ensemble. Vous, de ce que vous voyez sur le terrain, est-ce que c'est en décalage ou pas, avec l'air du temps ?

1:46
Invité politique

Ce que nous voyons, c'est que les acteurs de la solidarité, ils sont en première ligne de ce qui fait et ce qui défait le pays. Ce contrat social. Et je le vois partout, encore une fois, dans les villes de toute taille et dans la campagne. Qu'est-ce que je vois ? Je vois les forces de la solidarité. Je vois les associations qui sont là, les collectivités locales. Mais je vois aussi ce délitement. Je vois ces formes de la pauvreté et de la précarité. Chez des personnes qui ne peuvent pas travailler. Chez des personnes, des hommes et des femmes qui travaillent. Et donc, une précarité qui va de plus en plus loin dans le monde du travail, dans les classes populaires et avec les classes moyennes.

Je vois aussi ces classes possédantes qui font preuve, me semble-t-il, d'un égoïsme dangereux dans la période. Donc, tout cela est là. Pardonnez-moi, on pourrait vous rétorquer que le taux d'imposition en France est quand même parmi les plus élevés des pays riches. Oui, mais vous savez, je pense que nous sommes dans une année qui s'ouvre où il va falloir que l'on regarde les uns et les autres les choses.

2:39
Auditeur

Est-ce qu'il vous apparaît être un président déconnecté, manquant de capteurs, vu égard au tableau que vous dressez ?

2:44
Invité politique

Vous savez, moi je vais vous dire, ce que j'attends du président de la République en tant que citoyen, c'est qu'il soit présent en politique étrangère face à la menace russe pour appuyer l'Ukraine. Pour le reste, je crois que c'est l'affaire du gouvernement, du Parlement et de chacune et chacun d'entre nous que d'apporter des réponses aujourd'hui.

3:01
Auditeur

Justement, le Parlement va se pencher dès le 5 janvier, dès la semaine prochaine, dès lundi, sur la question du budget de l'État. On sait que les lois spéciales ont été adoptées à la quasi-unanimité quelques heures avant Noël. Est-ce que vous appelez urgemment à remettre l'ouvrage sur le métier sur ce budget, rouvrir des discussions et voter un budget ? Est-ce que vous appelez notamment le Parti Socialiste à voter ce budget ? Nous appelons le gouvernement.

3:26
Invité politique

Nous l'avons fait il y a quelques jours. Le gouvernement et les forces parlementaires ont doté le pays, et notamment les acteurs de la société, des moyens de l'action face à la pauvreté. Nous leur demandons d'avoir ce sursaut qu'ils ont eu et qu'elles ont eu au moment de voter le budget de la Sécurité Sociale. Donc oui, les associations ont besoin de cela. Pourquoi ? Nous avons documenté très clairement qu'aujourd'hui, en raison du niveau de la pauvreté, de la précarité et la baisse des moyens des associations, si rien n'est fait de la part du gouvernement et du Parlement, dans un an, une association de solidarité sur trois aura disparu.

3:58
Présentateur

Alors, on va en parler simplement... Donc nous avons besoin de ce budget. Dites-vous que vous avez besoin du budget. Là, on est en période de loi spéciale, de façon extrêmement concrète. Qu'est-ce que ça change pour les associations que vous représentez ?

4:09
Invité politique

Eh bien, de façon très concrète, ça signifie qu'aujourd'hui, vous avez des associations qui font de la distribution alimentaire, qui hébergent les personnes, qui les accompagnent à la rue, qui les accompagnent vers l'emploi, partout dans le pays, qui aujourd'hui ont des dotations qui sont gelées, et qui surtout vont arriver de plus en plus tard.

4:26
Auditeur

Gelées ou reconduites par rapport à 2020 ?

4:28
Invité politique

Elles sont gelées, donc reconduites, mais surtout, non seulement elles sont gelées, notamment par rapport à l'inflation, même si elle est aujourd'hui faible, mais surtout cela s'ajoute à une situation des trésoreries, où les associations sont déjà très fragilisées, et donc ça veut dire quoi ? Prenons un exemple très simple. Vous prenez une association à Dante. Elle fait de l'hébergement d'urgence, elle fait des maraudes, elle fait de la distribution alimentaire. Elle devra attendre souvent, juin, juillet, septembre, décembre, pour recevoir les subventions publiques, qui sont déjà insuffisantes. Et donc ça signifie qu'en attendant, on fait quoi ?

L'association, elle prend un prêt à la banque, et donc ça dégrade très dangereusement sa situation budgétaire. Et donc je vous redis, on parle du prendre grand froid aujourd'hui. Oui. Enfin déclenché. On pourra y revenir. On va en parler. Je vous affirme que si rien n'est fait aujourd'hui de la part du gouvernement et du Parlement, dans un an, vous n'aurez plus les associations, une sur trois aura disparu pour mettre en place ceci. Donc j'en appelle à cette mobilisation, un budget, et puis aussi un climat.

5:27
Présentateur

Alors pardonnez-moi, juste sur le budget, on va revenir sur le climat si vous le voulez après, mais vous dites qu'il nous faut un budget, mais l'idée du budget est plutôt de dépenser moins que de dépenser plus quand même, y compris peut-être pour le monde associatif. Je dirais que... Est-ce que c'est plus compliqué que ça ?

5:41
Invité politique

Je dirais qu'il y a deux niveaux pour nous. Il y a d'abord l'urgence, la nécessité, qui est que nous ayons les moyens nécessaires minimum pour agir au vu encore une fois de l'ampleur de la précarité et de la pauvreté dans le pays. Donc ça, c'est un budget. Et on voyait bien que dans la discussion, que ce soit pour l'hébergement d'urgence, pour l'insertion par l'activité économique, vous aviez les contours des moyens nécessaires de manière à pouvoir agir. Et puis l'autre niveau, c'est évidemment sortir de cette situation dans laquelle nous sommes depuis quelques années, depuis la sortie du quoi qu'il en coûte.

Donc je redis qu'elle est nécessaire du point de vue de l'ampleur de la dette et du déficit public, mais qu'elle ne peut pas peser sur les plus fragiles au vu de la précarité et peser sur les associations.

6:21
Auditeur

Vous pensez que les plus fragiles sont stigmatisés de ce point de vue et pointés du doigt ?

6:24
Invité politique

Nous sommes face à un double phénomène préoccupant qui est ce délitement dont je parlais. Une sortie du quoi qu'il en coûte sur le plan budgétaire que je qualifierais à l'aveugle, c'est-à-dire qu'on cogne, y compris sur les politiques en faveur des plus défavorisés, des associations, avec une justice fiscale qui n'est pas au rendez-vous, je le maintiens, on pourrait y revenir. Et puis, deuxièmement, un climat de stigmatisation des plus fragiles, des bénéficiaires du RSA, des étrangers. Et c'est tout cela que nous souhaitons du côté des acteurs de la civilité ouvrir de manière différente en cette année qui s'ouvre.

Parce que je suggère que chacune et chacun prêts la mesure de ce que ça signifie. Encore une fois, pour les personnes concernées, pour les associations, mais pour la cohésion du pays, y compris quand il s'agit de faire face à des menaces extérieures, pour sa force, pour la tranquillité. Vous dites que les associations sont un outil de souveraineté, finalement, de la France ? Oui, je l'affirme. Nous sommes parmi d'autres ces millions d'hommes et de femmes professionnels et bénévoles. La cohésion du pays, l'unité du pays, c'est ce que le président de la République, je crois, n'avait pas compris. Ça veut dire que le jour où les associations... C'est-à-dire pas compris ?

Je pense qu'il y a quelque chose qui n'a pas été compris dans le fait que l'unité, la force d'un pays, tient d'abord à sa cohésion sociale, à la justice sociale, à la capacité à maintenir une organisation sociale, un ordre social. Et nous en sommes les associations, les porteuses et les porteuses, à la fois de la tranquillité publique dans les villes et les campagnes et de la justice.

7:48
Auditeur

Et vous dites que si ces acteurs-là sont en difficulté financière, sont obligés de baisser le rideau, mettre la clé sous la porte, d'autres acteurs, y compris peut-être des acteurs étatiques, Emmanuel Macron a parlé hier d'ingérences étrangères, pourraient venir les remplacer. C'est en cela aussi que vous dites acteurs de la souveraineté ?

8:03
Invité politique

Oui, mais c'est surtout parce que vous voyez, quand vous avez face à une menace, et le président de la République a raison sur ce point et depuis des mois, à une menace vitale pour la démocratie et la sécurité de notre pays telle que celle que porte la Russie. Vous devez avoir un pays uni, une société unie, une société qui ne se déchire pas comme elle est en train de se déchirer. Or, une société dans laquelle les inégalités progressent, les inégalités progressent, c'est le cas en France. La richesse, nous produisons de moins en moins de richesses en France, c'est le premier problème fondamental.

Le deuxième problème fondamental, c'est que nous la distribuons de manière de moins en moins équitable. Ce pays-là qui se délite sur le plan social est un pays moins fort face à la menace étrangère. Et donc, oui, nous sommes acteurs de la solidarité, les acteurs, me semble-t-il, et j'en suis convaincu, de la dignité des personnes, de la justice, mais aussi de la tranquillité publique et de la force collective du pays face à la menace extérieure.

8:54
Présentateur

Un mot peut-être, parce que ça fait deux fois que vous dites que la justice fiscale n'est pas présente, ou en tout cas pas suffisamment en France. Je vais vous redire un petit peu la même chose. On a un taux de prélèvement obligatoire en France qui est parmi les plus élevées de l'OCDE. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Est-ce qu'on peut vraiment régler les problèmes de la pauvreté en taxant plus, pour faire simple ?

9:15
Invité politique

En tout cas, vous avez raison de poser ce point-là. Parce qu'il faut aussi que nous balayons collectivement devant notre porte. Il est vrai que nous sommes le pays, l'un des pays, le pays le plus protecteur au monde, et en tout cas de l'OCDE, et donc au monde. Et en même temps, nous avons des failles. Prenons l'hébergement d'urgence dont on parle avec le plan Grand Front. 200 000 places d'hébergement d'urgence ouverts dans le pays. C'est très important. Et pourtant, au minimum 10 000 personnes dont 2 000 enfants à la rue. Et en fait, beaucoup plus. Nous avons besoin de ces politiques de solidarité pour les hommes et les femmes en précarité. Ces politiques sont en repli budgétaire.

Nous devons les financer. comme nous devons financer l'effort de défense, comme nous devons financer la transformation écologique, comme nous devons financer l'effort pour la jeunesse, comme nous devons financer la vieillesse. Et donc, il faut cibler. Il faut cibler la dépense, il faut la rendre plus efficace, et c'est aussi le boulot des associations que d'être plus efficace dans l'Europe.

10:09
Présentateur

Ce que vous dites, c'est qu'aujourd'hui,

10:10
Invité politique

de la justice fiscale, vous assumez de dire qu'on a un problème aussi sur, effectivement, la dépense, sur l'efficacité de la dépense. J'en suis convaincu. Nous avons une question sur l'efficacité de la dépense, sur le ciblage de la dépense, et nous avons un enjeu, je le maintiens, de justice fiscale. Il y a dans ce pays des hommes et des femmes, des ménages et des entreprises qui vont bien et qui sont capables de financer plus largement la solidarité, dès lors, notamment, qu'ils pourraient avoir la conviction, et c'est ça qui est aussi devant nous en termes d'efficacité, que leur argent est utilisé à bon escient.

10:40
Présentateur

Alors, vous, effectivement, et vous avez aussi ces gens qui font aussi des dons quand même aux associations. Mais c'est pas quand même,

10:46
Invité politique

c'est fondamental. La solidarité, c'est ça la force de ce pays. Vous savez, je vous le disais, les acteurs de la solidarité, ils sont dans ce qui fait et dans ce qui défait le pays. Ce qui fait le pays, ce sont ses énergies, ce sont ses dons, ce sont des mobilisations de citoyens, c'est les politiques publiques. Et ce qui défait,

11:00
Présentateur

c'est l'égoïsme. Mais la fin de mon raisonnement était de vous dire, peut-être que si ces personnes ont les taxes davantage, peut-être qu'elles donneront moins directement aux associations, que l'argent sera prélevé par l'État et que quelquefois,

11:15
Invité politique

c'est la situation sociale, politique, sécuritaire de ce pays. Je crois, et c'est, si vous voulez, l'appel des acteurs de la solidarité en cette année 2026 et avant les échéances de 2027, que chacune et chacun d'entre nous, que les forces politiques regardent en face ce que sont les priorités du pays. Je redis que quand vous avez 15% de pauvres, que 40% des personnes dans ce pays vivent avec moins de 1700 euros par mois, vous avez quelque chose qui est en train de faire exploser la société et donc c'est une priorité. Et il y en a d'autres. Avec des conséquences politiques, c'est ce que vous dites aussi. Des conséquences politiques majeures pour la vie démocratique du pays.

Et donc, je redis que nous avons des enjeux de ciblage et la lutte contre la pauvreté en fait partie, des enjeux d'efficacité et des enjeux de financement et donc de justice sociale, fiscale, dans le moment dans lequel nous sommes.

12:04
Présentateur

Vous restez avec nous, Pascal Brice. Le 830 France Info,

12:08
Auditeur

Paul Barcelone, Adrien Bec. Toujours avec Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité. On a commencé à évoquer la vague de grand froid qui traverse le pays. Le plan grand froid a été déclenché le week-end dernier et dès le week-end dernier en région Île-de-France. Certains acteurs, notamment de la solidarité, les associatifs, certains élus, disent que finalement, l'État a tardé à réagir. Est-ce votre position aussi ? Eh bien, des agarouis,

12:33
Invité politique

puisque notamment d'Île-de-France a trop tardé. Dans d'autres régions, non. Les préfets ont fait ce qu'il fallait. Mais vous savez, ce plan grand froid, il est surtout et son déclenchement et son mode de déclenchement le révélateur de ce que sont les politiques de solidarité dans notre pays. Donc d'une lourdeur administrative,

12:47
Auditeur

d'un manque d'efficacité ? Oui,

12:49
Invité politique

et puis surtout d'un problème d'approche. Y compris sur le plan du coût pour les finances publiques. Parce que ce qui se met en place, c'est ce qu'on appelle la politique au thermomètre. C'est-à-dire, il fait froid ? La politique au thermomètre, c'est quoi ? C'est en règle générale. Bon, on ne fait pas... Et puis d'un coup, il fait froid, on met les gens à l'abri et puis dès que c'est fini, on... On les met dehors. Or, qui est-ce que vous avez dans les centres d'hébergement gérés par les acteurs de la solidarité ? Vous avez des travailleurs pauvres, donc des gens qui travaillent. Vous savez qu'à Nancy, 25% des gens qui sont dans nos associations hébergées travaillent.

Quant à Marseille, la ville a réouvert les bains municipaux, on me dit que 75% des gens qui viennent là travaillent. Vous avez des gens qui travaillent. Vous avez des jeunes issus de l'aide sociale à l'enfance, souvent des problèmes de violences. Attaquons-nous aux raisons pour lesquelles ces personnes sont à la rue.

Les dysfonctionnements des politiques publiques, la rémunération du travail, plutôt que d'être dans des politiques d'hébergement au thermomètre où d'un coup, il fait extrêmement fort, extrêmement chaud et heureusement que ça se fait et parfois trop tardivement, mais ayons une politique dans la durée qui s'attaque aux causes du sans-abrisme de manière à ce que les gens soient pris en charge, qu'on n'ait pas des gens à la rue où c'est un problème d'abord pour elle et eux mais aussi pour tout le monde et un coût pour les finances publiques bien plus considérable. Donc voilà, nous faisons de belles choses collectivement, redisons-le dans ce pays.

200 000 personnes prises en charge chaque jour dans ce pays, c'est une très belle chose. Mais nous avons encore des hommes, des femmes et des enfants à la rue. Mais ce n'est pas assez, c'est ce que vous dites. Ce n'est pas assez et surtout, il faut mener ces politiques dans la durée. Encore une fois, attaquons-nous aux raisons pour lesquelles ces personnes sont à la rue.

14:25
Présentateur

Mais justement, dans les raisons, et tout ça est un peu plus complexe que simplement des places d'hébergement, des possibilités que les personnes aillent se mettre à l'abri, il y a parfois un sujet psychiatrique, il y a parfois un sujet de peur, notamment pour les femmes d'aller dans des centres d'hébergement, il y a parfois des personnes qui sont tellement éloignées du logement, non pas qu'elles préfèrent être à la rue mais que c'est devenu presque quelque chose qui est presque incontournable pour elles. Il y a tous ces sujets-là qui sont traités, c'est multifacette en réalité.

14:55
Invité politique

C'est pour ça que nous plaidons chez les acteurs de la SAD pour ces politiques dans la durée, pour ces programmations pluriannuelles qui prennent en compte l'ensemble de ces éléments.

15:04
Présentateur

Ça n'a pas été assez fait depuis 2017

15:06
Invité politique

ou ça a été quand même un peu fait ? Non, c'est fait parce qu'encore une fois nous avons un socle. Il faut toujours redire que ce que vous dites

15:12
Présentateur

c'est que c'est fait dans l'urgence mais pas de façon structurelle.

15:14
Invité politique

Ça se fait dans l'urgence pas de problème structurelle et quand vous avez un repli budgétaire à l'aveugle et des formes de stigmatisation dès je mets 50 000 guillemets des assistés dans ce pays voire des immigrés. Eh bien, vous avez une absence de politique dans la durée et ça a un coût pour tout le monde.

Donc plutôt que d'être à la gestion au thermomètre alors parlons du logement vous parliez du logement vous savez que nous avons une crise de la disponibilité des logements dans ce pays dans toutes les villes de France plus seulement Paris, Nantes, Lyon et les grandes villes partout vous avez ce problème comme Rennes aussi effectivement donc y compris Rennes puisqu'en cite Nantes on va citer Rennes et donc effectivement nous avons besoin de cet engagement dans la durée et c'est ça qui a fait défaut.

15:50
Auditeur

Alors pour terminer un mot de l'actualité internationale Pascal Brice selon Amnesty International Israël vient d'interdire 37 ONG organisations non gouvernementales qui apportaient de l'aide à la population palestinienne notamment dans la bande de Gaza c'est le cas de MSF Médecins Sans Frontières Handicap International ou encore Oxfam comment vous réagissez ? Est-ce que vous êtes inquiet de la dégradation et de la politique menée du côté d'Israël la politique notamment humanitaire l'aide humanitaire l'acheminement de l'aide humanitaire

16:17
Invité politique

jusqu'à Gaza ? Nous avons affaire au Proche-Orient un drame abominable qui est à la fois le fruit des actes odieux du Hamas et des actes odieux de l'extrême droite israélienne dans les territoires occupés et à Gaza et ceci en est une nouvelle démonstration donc vous savez dans cette année comme pour le reste moi je propose que les français et les françaises agissent en français toutes les victimes doivent avoir le soutien de la France et les associations qui aident toutes les victimes de quel côté qu'elles soient doivent avoir le soutien du pays

16:54
Présentateur

On est inquiet vous êtes inquiet d'une situation humanitaire qui continuerait de se dégrader du côté de Gaza même si évidemment vous agissez sur la France mais j'imagine qu'il y a aussi des ramifications

17:05
Invité politique

Oui mais bien sûr on voit très bien que non seulement il y a une urgence humanitaire mais il y a aussi pour l'instant une absence totale de perspective de règlement du conflit qui ne peut passer que par un état israélien et un état palestinien vivant l'un et l'autre en sécurité D'un point de vue

17:24
Auditeur

la reconnaissance de l'état palestinien notamment par la France au mois de septembre dernier par la voix d'Emmanuel Macron à la tribune des Nations Unies n'a rien changé ?

17:33
Invité politique

C'était important de le faire c'était important de le faire parce qu'encore une fois il n'y a pas de solution là sans deux états un état juif israélien un état pour les palestiniens et simplement il y a effectivement une urgence humanitaire à régler très vite non seulement et d'abord à Gaza mais aussi dans les territoires occupés de Cisjordanie

17:51
Présentateur

Merci beaucoup Pascal Brice vous êtes président de la fédération des acteurs de la solidarité je rappelle que vous représentez 900 associations adhérentes merci d'avoir été avec nous en ce premier jour de l'année merci bien sûr un pôle Barcelone resté sur France Info merci d'avoir regardé cette vidéo !