Patrick Bruel devant la justice, affaire Lyhanna, présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de Marine Tondelier
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Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. On va parler, enfin merci d'être avec nous sur France Info, on va parler de l'affaire Liana. Vous allez nous dire quelle réponse peut apporter le politique, mais d'abord Patrick Bruel. Il doit être présenté à un juge ce matin à l'issue d'une garde à vue de 48 heures et on apprend à l'instant que le parquet requiert sa mise en examen pour viol et son incarcération. Votre réaction Marine Tondelier ce matin ?
On s'y attendait parce que la garde à vue avait été prolongée de 24 heures, donc ça laissait entendre qu'il y aurait une mise en examen à la fin. Le fait que le parquet requiert, en plus une détention provisoire, c'est quelque chose de fort. Mais c'est tellement tardif, il a fallu 30 femmes, 30 femmes qui parlent pour qu'ils soient entendus par la police. Les premières femmes, elles ont parlé, à ma connaissance, mais il y en a peut-être eu avant, en 2019. C'était des masseuses qui expliquaient qu'il avait des comportements très inappropriés et qu'on a fait passer dans les médias, dans le débat politique, pour des menteuses qui cherchaient de l'argent.
C'est comme ça qu'a été reçue la parole des femmes. Et moi, je salue le courage de celles qui, malgré cela, ont continué à parler les unes après les autres. Les unes, d'ailleurs, entraînant la parole des autres, dont Flavie Flamand, qui a fait l'objet de propos abjects de la boca de Partie Bruel. Et je sais à quel point on a toute la sensation de cette impunité, à quel point c'est dur de parler, parce qu'on dit, regardez, tous ces cas, toutes ces femmes qui sont traînées dans la boue après avoir parlé. C'est décourageant. C'est la société qui n'est pas prête ou c'est la justice qui a tardé ? Juste dire que c'est en train de changer et que ça ne va pas s'arrêter.
Donc soutien à toutes celles et ceux qui ont parlé, qui parlent et qui parleront. Nous, on sera toujours là à vos côtés. Vous savez, la semaine dernière, j'ai eu une interview sur une autre chaîne que la vôtre, où j'étais, limite, j'étais une sale conne, pour reprendre les mots de Brigitte Macron, parce que je ne voulais pas condamner la mère de Nantes, Joanna Roland, qui disait qu'elle était défavorable à l'organisation du concert de Patrick Bruel dans sa ville. C'était il y a cinq jours. Et toutes ces femmes avaient parlé. Moi, je les avais écoutées. Je n'avais aucune raison de ne pas les croire. Évidemment qu'on les croit.
Pourquoi elles iraient inventer ça à 30 qui ne se connaissent pas ? Et donc notre société, oui, a un problème avec l'écoute de la parole des victimes. Et aujourd'hui, quand on est une femme ou quand on est un enfant, puisqu'on en parlera juste après, on ne se sent pas considérée. On a un président de la République qui a quand même expliqué que Gérard Depardieu, par exemple, c'était un monstre sacré. Donc bon, il a fait des choses pas bien, mais vous comprenez, comme ces films marchent bien, il doit être considéré différemment. Patrick Bruel, il avait vendu beaucoup d'albums. Et ainsi de suite, jusqu'à Brigitte Macron, qui qualifie les femmes, qui soutiennent d'autres femmes, de sale conne.
C'est ça qu'on a au plus haut niveau de l'État. C'est cette image-là qu'on nous renvoie tout le temps. Cette société n'est pas bienveillante envers les femmes et les enfants. Ça ne change pas, ça ne s'améliore pas, ça ? Tellement lentement. Tellement lentement, ça doit changer. Et on se battra pour que ça change vraiment. Et la justice est trop lente aussi, c'est ce que vous dites. Évidemment. Parce que ce n'est pas que la société. Mais on le voit toutes les semaines, tous les jours. Et le syndicat national de la magistrature, avec lequel je m'entretenais encore hier, le cri, c'est leur quotidien.
Marine Tondelier, on va parler de l'affaire Liana. Vous allez nous dire quelle réponse peut apporter le politique, sachant que les dysfonctionnements dans cette affaire sont flagrants, que le suspect, Jérôme Barrella, avait fait l'objet de plusieurs procédures avant la disparition de la fillette, sans être... Des débuts de procédures, on va dire. Des débuts de procédures, certaines classées sans suite, mais pas toutes. Alors, à qui la faute ? Pour les parents de Liana, maître François Roujou de Boubet, c'est une question de moyens, on l'écoute.
Cet argument des moyens,
Emmanuel Macron, lui, ne veut pas l'entendre. Qui se trompe, Marine Tondelier ?
Alors là, c'est manifeste. D'ailleurs, c'est pas bien de mentir. C'est ce qu'on dit toujours aux enfants. Faut pas mentir. Qui ment ? Et c'est ce qu'ils font. M. Macron affirme avec beaucoup de certitude qu'il ne manque pas de moyens dans la justice française, alors que le budget de la justice vient encore d'être gelé il y a quelques jours pour un budget qui a déjà été bien trop faible et que les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous avons en France, par rapport aux 44 pays du continent européen, quatre fois moins de magistrats, de procureurs que dans les autres pays. On est 43ème sur 44.
43ème sur 44. Et en même temps, le budget de la justice n'a jamais autant augmenté que sous Emmanuel Macron. Et l'argent va dans les prisons.
Et je ne dis pas qu'il ne faut pas que l'argent aille dans les prisons parce que l'état des prisons est aussi...
Il faut aussi de l'argent dans les prisons. Est-ce que vous reconnaissez juste, Marine Tondelier, tout de même que ce budget de la justice qui est passé de 7 milliards d'euros à 10,7 milliards a augmenté nettement sous Emmanuel Macron que c'est le président qui a augmenté ce budget ?
Je ne suis pas dans la post-vérité. Quand ça augmente, ça augmente. Mais je vous dis, cette augmentation a principalement été affectée aux prisons. Et encore une fois, vu l'état des prisons dans ce pays et de leur surpopulation et des conditions indignes de vie ou de survie en prison, c'était légitime. Mais sur les magistrats, rien n'a été fait. Combien de magistrats ont été supprimés par la droite, par M. Sarkozy, quand il a supprimé 12 000 postes de policiers ? Il a supprimé des tribunaux aussi.
Il a supprimé des magistrats créés, Marine Tondelier,
par Emmanuel Macron. Il a supprimé des tribunaux aussi. Nicolas Sarkozy, à l'époque, il ne faut pas l'oublier. Mais depuis les mois, il s'en fait excès. Aujourd'hui, la moyenne pour un viol, c'est que votre procès, la première instance, aura lieu 6 ans après les faits,
en moyenne. Quand le garde des Sceaux reprend l'argumentaire du président de la République en disant que ce n'est pas une question de moyens, mais lui, il parle d'un problème de priorisation. Qu'est-ce qui a le plus pesé pour vous dans ce drame de l'INA ? Est-ce que ce sont les choix humains, les défaillances humaines ou le manque de moyens ?
Écoutez, il y a une enquête qui est en cours indépendante, dont les conclusions sont rendues rapidement et rendues publiques. Je l'ai entendu du Premier ministre et je l'ai liré attentivement. Mais ce qui est sûr, c'est que, vous savez, moi, je m'entretenais avec les magistrats, les priorités politiques, ils les ont en tête et ils les sentent. Ça ne s'invente pas une priorité politique. Si les personnes concernées ne sont pas pointuées de message... Ils disent qu'il y a trop de priorités aussi, les magistrats. Oui, la lettre, c'est une circulaire de janvier 2025, signée de M. Darmanin, qui dit, voilà mes priorités. Elle fait cinq pages.
C'est logique, quand je suis d'ailleurs, il y a beaucoup de priorités. Elle fait cinq pages. Il y a des sujets, le narcotrafic, par exemple, et vous ne m'entendrez jamais dire qu'on en fait trop sur le narcotrafic, c'est quasiment deux pages. Et les violences faites aux enfants, c'est une ligne noyée dans un paragraphe sur les atteintes à la personne. Ça ne s'appelle pas une priorité. Ça s'appelle, regardez, je l'ai écrit. C'est à la fin, vous ne vous dites pas tout mettre. Je ne vous donne pas une première circulaire pour prioriser ces violences faites aux enfants. Je vous donne un autre exemple.
Sur les violences qui ont suivi les dits débordements, la finale de la Champions League, de la Ligue des Champions, voilà. Là, par exemple, les magistrats me disent, là, on sent la priorité politique. Est-ce qu'on est d'accord ou pas ? C'est un autre problème. Ils n'ont pas senti pour eux sur la pédophilie ? On nous demande des remontées d'informations à chaque étape. On nous a donné des consignes très très claires, des indications que c'était prioritaire et que c'était un dossier politique à mettre sur le dessus de la file. Là, on a compris que c'était très très clair.
Pour les violences pour les enfants, on ne nous dit pas que ce n'est pas prioritaire, mais on ne nous fait pas sentir dans les moyens alloués, dans la manière dont les choses avancent, dans les manières dont les dossiers sont suivis politiquement ou pas, que c'est prioritaire. Ça veut dire que
Gérald Darmanin doit démissionner, Marine Tournelier. Est-ce que comme les Insoumis, vous réclamez sa démission ou dans cette affaire, vous dites franchement, ce n'est pas le sujet ?
Moi, j'ai toujours dit que M. Darmanin, il ne devrait même pas être là. Quand on connaît même pas son histoire, je pense qu'il est légitime ni au ministère de l'Intérieur, ni au ministère de la Justi. Vous appelez à sa démission ou pas ? Beaucoup de femmes ont manifesté sous ses fenêtres pour des raisons que vous connaissez très bien. Et moi, quand j'ai entendu à l'époque M. Macron dire écoutez, j'ai une explication d'homme-homme avec lui, donc c'est bon, je ne peux pas entendre ça. Donc je pense qu'il n'avait rien à faire là depuis le début. Même s'il n'a pas été condamné.
Aujourd'hui, qu'il démissionne ou pas, je veux dire, ce n'est pas ça qui résoudra la situation des enfants dans ce pays. Donc vous appelez pas sa démission. Moi, ce que je demande, outre qu'il ne devrait pas être là, c'est qu'est-ce qu'on fait ? Il y a trois choses à mon avis prioritaires. On a parlé du fait que quand les plaintes sont déposées, les instructions aillent plus vite. Mais ce n'est pas aller plus vite pour aller plus vite.
Il n'a pas été condamné, Gérald Darmanin, Marine Tondelier. Vous vous dites, il n'est même pas légitime pour être ministre aujourd'hui.
Je n'ai pas été, enfin, je n'ai pas dit qu'il avait été condamné. J'ai dit que cette affaire m'a énormément troublée, que je n'ai entendu aucune explication convaincante de sa part et que l'explication de M. Macron était de dire on a eu une explication d'homme à homme, l'expression en un sens quand même. On a eu une explication d'homme à homme dans les yeux. Donc, c'est bon, je lui fais confiance. Moi, je n'ai pas eu d'explication de femme à homme avec lui. Donc, je ne sais pas s'il veut m'expliquer un jour qu'il le fasse. En attendant, je pense qu'il n'a pas sa place, qu'il n'est pas légitime. Donc, vous voyez bien ce qu'il fait là. C'est qu'il dit, maintenant, on va tout accélérer.
Il y a une forme entre lui et Bruno Retailleau de virilisme, de déchaînement de virilisme et de besoin de montrer sa force et sa réactivité par une course à l'échalote. Donc, maintenant, il dit, plus personne ne part en vacances dans la magistrature tant qu'on n'a pas rattrapé les 70 000 dossiers. Discutez-en avec les magistrats. Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Si on n'est pas plus nombreux avec plus de moyens et qu'on doit traiter tout d'un coup tous ces dossiers d'un coup, est-ce qu'on va bien le faire ? Est-ce que ce sera rendre justice aux enfants ?
Un dossier qui est mal monté sur lequel on ne passe pas assez de temps, c'est un classement sans suite assuré parce que ça ne tiendra pas au tribunal. Donc, je trouve exemple typique que cette réaction qui est une relation de communication pour dire, regardez-moi, j'ai des proactifs, je leur ai dit, personne ne part en vacances tant que vous n'avez pas traité tous les dossiers. Ça marche peut-être bien en com pour ceux qui y croient mais dans les faits, c'est tragique pour les enfants. C'est du manque de respect de leur dire et de leur faire croire que leur dossier sera bien traité dans ces circonstances.
Est-ce que c'est vraiment ça le problème dans l'affaire Liana, Marine Tondelier ? Parce que là, on parle aussi de dysfonctionnement en chaîne, de défaillage peut-être des enquêteurs,
ne fonctionnent pas pour la transmission des dossiers. Quand ils remontent qu'ils n'ont pas assez de temps, regardez comment ça fonctionne. Ça ne peut pas bien marcher et je trouve que d'aller rechercher, il y a peut-être des responsabilités individuelles. Moi, j'ai l'honnêteté de reconnaître que je n'en sais rien. C'est possible comme dans tous les métiers, il y a des gens qui, de manière chronique ou parce qu'à un moment, ils ont eu des faillances, font des erreurs. Oui, et dans toutes les professions,
on demande des comptes aux professionnels, Marine Tondelier. Et dans cette affaire, je voudrais vous citer une phrase. L'avocat de la mère de Rosa, la petite fille qui avait déposé plainte contre Jérôme Barrella, donc le suspect du meurtre de Liana pour des viols sur sa fille, dénonce une réalité de magistrats et d'enquêteurs paresseux des feignants à l'origine de ce drame humain. Parce que la plainte pour Rosa avait été déposée en août 2025, que des expertises médico-légales avaient confirmé les soupçons, mais le suspect ne sera jamais convoqué. Est-ce que ça, c'est une question de moyens ou de virilisme de Bruno Retailleau ou de Gérald Darman ?
Il y aura l'enquête, mais ce qui est sûr, c'est que les magistrats de manière chronique et symptomatique remontent, qui ne sont pas assez pour bien faire leur travail. Ils l'ont prévenu et de nombreux rapports, Mediapart en a publié un hier de 2022, montré à M. Darmanin que c'était le cas. Après, moi, ce que je veux vous dire, c'est qu'il y aura la vérité sur cette histoire, mais il y a aussi les mesures qu'on doit prendre. Et moi, je le dis, quand ça ne marche pas dans un pays, il faut aller regarder ce qui marche ailleurs.
En Belgique, en Belgique, à quelques pas d'ici, on a des centres de prise en charge des violences sexistes et sexuelles, ouverts 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, qui ne sont pas juste allés au commissariat et être plus ou moins reçus, moins bien reçus, selon le degré de formation des policiers. Je pense qu'ils sont 2% à être formés à la prise en charge des victimes sexuelles aujourd'hui. En Belgique,
ça a été créé après l'affaire Dutroux.
Ça a été créé après l'affaire Dutroux et ça a été créé notamment par une secrétaire d'État écologiste qui a décidé de mettre au même endroit de manière totalement gratuite, y compris si vous n'avez pas la nationalité belge, des infirmières pour des prises en charge urgentes en termes de soins directement, pour aussi une expertise médico-légale. Vous savez que beaucoup de victimes n'auront jamais justice parce que les preuves médico-légales n'ont pas été recherchées dans les 72 heures. Les traces d'ADN, etc., vous ne les retrouvez plus après. Et puis aussi des psychologues, évidemment, pour prendre en charge les personnes.
Et ces professions-là, il y a aussi des spécialistes, des enfants qui sont là si vous êtes mineurs. Ils sont des centres
ouverts 24h sur 24, 7 jours sur 7. Vous demandez l'ouverture de ces sortes en France.
C'est pas fini. C'est qu'au même endroit, vous avez aussi des équipes de police. Et donc, vous n'êtes pas baladé en allant au commissariat et en attendant des heures. Ensuite, on vous dit qu'il faut aller à l'hôpital. Vous attendez des heures. Vous découragez un moment. Vous n'êtes pas bien. Vous avez juste envie de penser à autre chose. Là, vous avez tout au même endroit. Si vous souhaitez porter plainte tout de suite, c'est possible. Si vous ne vous sentez pas en capacité que vous voulez réfléchir, vous pouvez revenir. Les preuves médico-légales, que, un, si vous êtes victime, on sera là pour vous. En France, je pense qu'aucune victime se dit qu'ils vont être là pour moi.
Chacun a bien conscience quand il y a de courage d'aller au commissariat et à quel point ça va être un chemin de croix tout du long, pour six ans jusqu'à la première instance au tribunal. Deuxièmement, ça envoie un signal aux agresseurs de fin d'impunité. Moi, franchement, quand je regarde le débat public français, quand je regarde les détails de cette affaire Liana, je suis agresseur. Je me dis, bon alors là, lui s'est fait attraper, mais les autres ont encore de beaux jours devant eux quand on passe la journée à lister des dysfonctionnements. Donc, il faut envoyer des signals forts que c'est terminé.
Donc, vous demandez ce matin au gouvernement d'ouvrir des centres sur le modèle belge. C'est à votre idée ?
C'est ce que je demande et je suis en train de prendre des contacts pour aller en visiter un prochainement si ça intéresse d'autres personnes. Dites-le moi, on peut faire une visite groupée. Je pense qu'il faut vraiment aller voir ce qui marche. Mais je ne dis pas que ce sera miraculeux parce que dans le cas des enfants...
Ça existe aussi dans les pays nordiques, ces maisons de l'enfance où tout est regroupé. Mais en attendant... Mais sauf que,
attendez, pour les enfants, vous voyez bien que des enfants qui rentrent en disant j'ai vécu ça... D'ailleurs, dans l'affaire Liana, on n'a pas tous les détails mais on voit bien qu'elle n'a plus voulu aller chez la fille de son assassin parce qu'elle a dit, sans présumer, parce qu'elle a dit il y a une soirée pyjama que s'est mal passée. On n'a pas les détails. Mais vous voyez, un enfant, un mineur, les gestes qui sont faits sur lui, il peut être mal à l'aise, il peut sentir que ce n'était pas ok mais savoir mettre des mots, savoir à qui en parler, savoir quoi en faire, ce n'est pas immédiat.
Je connais très peu d'enfants de 3-4 ans qui sortent du périscolaire en disant je peux aller au centre de médecine légale. Ça n'existe quasiment pas. Donc il faut aussi qu'on arrête de fermer les yeux sur ce sujet-là et que dans toutes les familles de France, que dans toutes les écoles de France, ce soit un sujet non tabou, que tout le monde ait eu la formation dans les parents et dans les enfants très petits dans le périscolaire. La plupart des victimes ont 3-4 ans parce que les agréateurs savent qu'à cet âge-là ils ne comprendront pas trop ce qui se passe. Il y a des livres très bien qui existent.
Il y a des cours d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle sur lesquels la droite fait un pataquès pour qu'il n'ait pas lieu. En fait, à un moment, il faut arrêter le déni là-dessus et qu'on avance.
Rapidement, justement, Mathignon a annoncé de nouvelles mesures. Accélérer les délais d'enquête pour les crimes contre les enfants, 3 mois maximum et aggraver la paix d'encouru en cas de viol en série qui passerait de 20 ans à la perpétuité. Est-ce que ces mesures vont dans le bon sens en attendant de créer ces mesures pour enfants ?
J'alerte sur le fait que si vous dites à un magistrat qui est sous l'eau totale que maintenant, il n'a plus que 3 mois pour gérer le dossier, s'il a autant de dossiers à gérer, le risque est que les dossiers soient bâclés, pas parce que la personne s'en fiche, mais à un moment, ce n'est pas tenable et que du coup, ça limite encore plus les chances de condamnation des agresseurs. Donc, je veux bien qu'on aille plus vite. Je pense que c'est l'objectif de tout le monde, mais fixer des objectifs inatteignables sans les moyens pour les atteindre. C'est le fiasco assuré. Je ne veux pas qu'on se raconte d'histoires ce matin sur votre antenne.
Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, on parle des retraites, Paul.
Madame Tondelier, vous vous préparez très fort à être éventuellement candidate à l'élection présidentielle. Or, il y a un dossier très très important, c'est celui des retraites. Ce matin, ce que sur France Info, vous pouvez dire à tout le monde qu'ils pourront travailler moins jusqu'à 62, voire 60 ans.
C'est dans la plateforme programmatique qu'on fera valider par notre Conseil fédéral le 11 juillet prochain. Nous y tenons fortement. 62 ou 60 ans ?
C'est possible ?
Ce ne sera pas le même âge pour tout le monde. Je pense qu'on fait partie des personnes qui disent que les gens qui ont commencé à travailler très tôt ou qui ont des carrières longues ou qui ont des postures pénibles, des expositions à des risques psychoprofessionnels doivent pouvoir partir plus tôt. Mais il y aura un âge légal. Evidemment. Donc 62 ans ? Aujourd'hui, c'est 62 ans. On est pour l'abrogation de la réforme borne. Donc c'est 62 ans.
Mais quand Nicolas Dufour, le patron de BPI France qui était sur France Info il y a quelques jours, dit que la France finance aujourd'hui une grande partie de ses retraites à crédit et que ce sont les générations suivantes qui paient la facture, qui va payer avec vous pour 62 ou 60 ans ? Pour ceux qui nous écoutent à la radio, vous dites moi. C'est ça ?
Non mais écoutez, plusieurs choses. Déjà sur les retraites, ce débat, on l'a eu, on l'a reu et ce sera un débat fondamental de l'élection présidentielle. La position des Français, vous la connaissez. Je pense que personne en France se dit qu'on va jeter l'argent par les fenêtres, que tout va bien et que tout ira bien. Mais quand je lis les rapports du corps du Conseil d'orientation des retraites, je vois aussi, voilà, là ils sont en train... Il y a eu des fuites. 67,6 ans en 2070. Il y a eu des fuites là-dessus hier. Moi déjà en 2070, j'aurai 84 ans. Si tout va bien, je me le souhaite.
Je pense que le monde aura beaucoup changé d'ici 2070 et qu'on ne peut pas avec les yeux d'aujourd'hui dire en 2070 que ce sera exactement comme ça. Deuxièmement, ce chiffre de 67 ans, Michael Zemmour qui fait partie de ce rapport qui travaille, dit qu'il n'a pas été posé clairement, c'est des fuites, ce n'est pas vrai. Bon, déjà on verra. Ensuite, ce qui a fuité, c'est dans leur calcul pour 2070, comment ils font. Ils disent déjà que sur l'immigration, en fait, il y en a plus que prévu et moi je pense que la vérité c'est qu'ils avaient sous-évalué dans les rapports d'avant.
On voit bien que l'immigration de travail elle est indispensable dans des plaies à certains et qu'y compris le MEDEF dit qu'il faudra 3,6 millions de travailleurs étrangers en 2050.
Ce sont les immigrés qui vont payer nos retraites ?
Qui cotisent. C'est le cas aujourd'hui, ils cotisent beaucoup plus qu'ils ne reçoivent. Ce sont des contributeurs nets à notre système de protection sociale. Ensuite, ce rapport montre que sur les prévisions de croissance, spoiler alert, on n'y est pas. Donc là, ils disent c'est une des raisons pour lesquelles on n'y est pas c'est le Moyen-Orient, tous ces conflits qui plombent la croissance. Marine Tourbé, c'est un peu technique
là mais il y a une réalité démographique qui a l'INSEE qui dit qu'il y a de moins en moins d'habitants, de plus en plus de personnes âgées et il y a des partis, pardon, mais vous êtes un des rares partis à proposer un recul de l'âge légal. Même le Rassemblement National est en train de revoir sa position sur les retraites. Ils n'étaient pas du côté du peuple. Est-ce que vous dites
la vérité aux Français, Marine Tourbé ? Alors moi je leur dis la vérité déjà sur les prévisions de croissance. Un truc qui est complètement occulté par le Conseil d'orientation des retraites, c'est l'impact du changement climatique sur la croissance. Il s'appelle Adrien Bilal qui est le prix du meilleur jeune économiste. Il l'a gagné en mars qui alerte sur le fait que d'ici 2100, le PIB sera impacté de 50%. 50% d'impact du changement climatique sur le PIB.
Ne vous répondez pas à ma question sur la démographie de la réalité qui est moins d'actifs.
Non mais parce que je finissais de répondre à la question sur la croissance, comment on l'évalue. Donc moi je vous lis, on vous l'a toujours dit, on vous dit la vérité là-dessus. Non la croissance ne sera pas pareille dans les années qui viennent que ce qu'on aurait imaginé. Sur la démographie, alors ça c'est un débat très intéressant. La démocratie déjà ce n'est pas vraiment un débat. La démocratie c'est important et la démographie ce n'est pas un débat, c'est un état de fait. C'est comme ça.
Donc j'entends beaucoup de gens, souvent des hommes âgés s'exciter sur les plateaux en disant que les femmes si elles ne s'y mettent pas en gros on aura un gros problème pour notre système de protection sociale ce qui est hyper culpabilisateur. Ce que je peux vous dire pour travailler beaucoup la question est Anne-Cécile Meyfer de la Fondation des Femmes a sorti un super livre qui s'appelle La Panique Démographique et qui montre qu'en fait si vous voulez qu'il y ait plus d'enfants, ça ne sert à rien de culpabiliser les femmes, de faire des lois comme certains pays ont tenté encore là dans les années 2020 sur l'avortement, sur l'accès à la contraception.
Ça s'est fait en France dans les années 20. C'est des lois qui sont liberticides, qui sont terribles et qui ne produisent aucun effet. Les pays qui y arrivent, c'est des pays qui font confiance aux femmes. C'est des pays qui font des politiques d'égalité. C'est des politiques qu'on se dit au moment où on décide ou pas de faire un enfant, où on a confiance dans l'avenir parce qu'on sait qu'on aura des moyens pour le garder avec des gens en sécurité, ce qui n'est pas du tout le cas en ce moment en France, qu'on aura un logement digne, qu'on pourra lui donner à manger de manière digne et qu'on a un peu confiance dans l'avenir.
Si on arrive à vous poser une question, parce qu'on voulait aussi vous parler politique. Je vous réponds sur la démographie.
La démographie des Verts va très bien. Jean-Luc Mélenchon qui dit que la primaire est finie. Il y aura donc forcément...
Ça lui fait un point commun avec Raphaël Glucksmann. Mais pas avec vous. Donc il y aura plusieurs candidats à gauche, Marine Tondé. Ça fait des mois que je dis...
Ils ont brisé votre rêve ?
Ça fait des mois que je parle des tontons flingueurs de la gauche avec Jean-Luc Mélenchon d'un côté, de l'autre Hollande et Glucksmann qui aiment à raconter les gauches irréconciliables mais qui sont très d'accord sur une chose. Il ne faut pas l'union de la gauche et des écologistes. Limite, pour y rajouter il ne faut pas qu'on gagne.
François Hollande dit qu'à gauche il y aura finalement un candidat socialiste face à Mélenchon et que toutes les autres candidatures n'ont aucune perspective de seconde. Je pense qu'il y pense aussi un petit peu. Mais à quoi servez-vous dans ce match-là ?
Écoutez, nous on porte la voix des 87% d'électeurs de gauche et écologistes qui souhaitent une candidature commune.
Ça ne marche pas, on le voit.
Je constate que c'est difficile mais est-ce que c'est parce que c'est difficile qu'il faut arrêter tous les sujets dont on parle depuis tout à l'heure montrent que c'est précisément quand c'est difficile qu'il faut s'y atteler même quand ce n'est pas confortable et continuer à porter cette parole qui est attendue par nos électeurs. Donc moi je le dis nous défendons depuis plus d'un an une primaire de la gauche.
Juste pardon parce qu'il nous reste
quelques questions. Oui nous voulons gagner. Oui nous voulons une primaire de la gauche et des écologistes. Oui nous nous battrons
pour l'obtenir. Pourquoi vous ne soutenez pas directement Raphaël Luxman dans ce cas parce que c'est lui qui se détache aujourd'hui ?
Il était à notre micro il y a quelques jours et il est candidat.
Ah bon ? Il le sera officiellement dans trois mois. Vous regardez les sondages Marine Condonnier. Moi je suis candidate écologiste
et je pense qu'il faut arrêter d'expliquer aux gens que parce qu'on est le plus fort on va gagner tout seul et que les autres ont qu'à se rallier à son panache. Si ça devait être fait ça aurait déjà été fait et c'est pareil pour Jean-Luc Mélenchon. Ils doivent convaincre.
Vous êtes entre 3 et 5% dans les sondages contre lui entre 11 et 14%.
Oui on parle de personnes qui ont déjà été candidats à des élections nationales qui ont eu leur nom sur des bulletins de vote dans tout le pays leurs affiches à la sortie de toutes les écoles de ce pays qui ont plus de notoriété et pour qui beaucoup de gens ont déjà voté. Comment vous expliquez
que vous êtes aussi bas ? Pourquoi d'après vous vous êtes aussi bas dans les sondages ?
Je pense que l'écologie est un sujet compliqué à porter en ce moment. On en parle très peu dans les médias et on sait les experts montrent que le degré de présence de sujets dans le débat public
en suit aussi le vote. Mais vous n'avez jamais fait plus de 5% Marine Tondelier à la présidentielle et à la présidentielle n'est pas une élection facile pour les écologistes vous avez raison. Mais tout ce que je peux vous dire et j'aimerais entendre
tout le monde le dire à gauche c'est que nous ferons tout pour empêcher la victoire du Rassemblement National et moi je vous dis que mon bulletin de vote ne sera jamais celui qui fait gagner l'extrême droite ce serait contraire à toutes mes valeurs et à toute mon histoire politique. Donc nous nous sommes clairs nous s'il n'y a pas de primaire parce que les socialistes on a compris qu'ils n'avaient pas l'air très sûrs d'eux donc pour l'instant sur la primaire qu'on porte depuis le début les socialistes n'ont pas encore dit non là où la France Insoumise a déjà dit non. Nous attendons leur réponse j'ai compris qu'elle devrait intervenir autour du 9 juillet.
Nous nous ferons votons désolérants juste avant la première semaine du juillet sur le fait que nous continuons à demander cette primaire et si elle ne se fait pas ce sera la responsabilité intégrale du parti socialiste et si elle n'a pas lieu alors nous préparerons l'autonomie mais sans jamais renoncer à l'union. Moi je le dis le temps que tout le monde revienne à la raison nous continuerons à prôner l'union et je suis sûre qu'elle finira par se faire parce que nous n'aurons pas le choix que les auteurs nous en voudront à vie et ils auront raison
et nous on sera toujours du côté des solutions. Tout seul vous faites moins de 5% et vous continuez à prôner l'union.
Soyons les sondages à un nom de l'élection. La question
je parlais des dernières présidentielles la question que l'on se pose On a déjà fait l'union avec les socialistes Laissez-nous vous poser la question.
Vous ne pouvez pas balancer les choses comme ça on a fait l'union avec les socialistes en 2017 J'ai dit vous prenez l'union Oui mais combien on a fait avec les socialistes en 2017 ? 6% Voilà C'est pour vous montrer que l'union derrière un candidat qui ne fonctionne pas ça ne marche pas non plus donc j'aimerais bien que les électeurs puissent choisir tentons autre chose qu'on n'a jamais fait
C'est vers LFI ou vers le PS ? Sandrine Rousseau dit Allons vers LFI Ça ne m'étonne pas
Écoutez Aucun des deux ne convainc les militants écologistes aujourd'hui C'est comme ça Moi je connais bien ce mouvement On en discute beaucoup Beaucoup Tout le temps Sandrine Rousseau n'est pas tout le temps là Les doutes s'expriment sur le contexte Les gens sont terrifiés Parce qu'en fait Beaucoup seront concernés par la victoire du RN dans leur chair Et donc Aujourd'hui Aucun des deux ne convainc Donc nous faisons une candidature Autonome écologiste Et nous porterons nos valeurs à cette élection présidentielle On répondit aux questions On continue à chercher l'union
Merci à demain
Merci à tous les informés
Marine Tondelier