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interviewÉric Zemmour· 4 avril 2022 8 min

Eric Zemmour : Vous avez le statut d'indépendant ? Regardez cette vidéo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mes chers compatriotes, chers amis, Vous m'entendez souvent parler de l'industrie. Vous savez que je me passionne pour ce secteur si stratégique pour notre nation, qui a été si glorieux et doit le redevenir. Mais j'ai une passion pour tout ce qui créé de l'emploi en France, car l'emploi ce n'est pas seulement le travail et le salaire.

L'emploi c'est la vie, c'est la création, c'est la fierté, et c'est le seul chemin qui mène à la prospérité. Sachez-le : les créateurs d'emplois les plus héroïques de France ne sont pas seulement les grands industriels. Ils ne sont pas forcément inscrits au CAC 40.

Ils ne sont pas invités à souper à l'Élysée. Personne ne les subventionne, personne ne les interviewe. Les créateurs d'emplois les plus émouvants en France sont les indépendants, les artisans, les microentrepreneurs, les TPE.

Le jour est venu d'en parler vraiment, de dire tout ce que nous leur devons et de dénoncer le harcèlement dont ils sont victimes. Qu'est ce qu'un indépendant ? C'est un homme seul, ou une femme seule.

Les indépendants sont 5 millions dans notre pays. Mais ils sont seuls. Seuls au milieu de nulle part, seul contre tous.

Car l'indépendant part de presque rien, d'un rêve d'un désir de s'exprimer et de réussir, d'être libre et de lancer sa propre activité. Et il sait que personne ne va l'aider. Il accepte ce risque, il va au devant du danger.

Il ne peut compter que sur sa motivation, sa capacité de travail, son aptitude à convaincre et à séduire. Le plus souvent il n'a pas d'économie de côté pour démarrer, pas de connaissances en finance ni en comptabilité, ni en fiscalité… mais il y croit ! Il croit en la vie et en lui-même.

Il se lance sans armes, à l'assaut de marchés parfois gigantesques, où règnent des géants qui ne font pas de pitié. C'est tellement courageux ! C'est une très belle aventure personnelle appelée à être utile à toute l'économie nationale.

Il a 20 ans à peine ou il a perdu son travail et cherche à se reconvertir et les pessimistes lui disent : « Mais tu es fou ! Tu n'as aucune chance, c'est la crise. Deviens un assisté tu auras le minimum pour vivre. » Mais lui il croit en sa chance, en sa bonne étoile, et il va prendre tous les risques.

Il va créer son propre emploi, il va être son propre patron, il va prendre sur lui toutes les responsabilités et tous les risques. Et il va le payer cher, très cher. Il va devenir une cible pour le système français.

Les technocrates français, qui sont les gens les moins indépendants du monde, ne s'intéressent pas à ce qui est petit. Ils ne savent compter que par centaines de milliards, alors ils ne voient même pas les indépendants. Qu'est ce qu'un indépendant aux yeux d'un technocrate ?

Une statistique microscopique, un détail sans importance, un pixel isolé sur leur écran géant. Si on le met en faillite, personne ne le saura. Car voyez-vous, un indépendant ça ne manifeste pas, ça ne fait pas grève, ça ne casse pas les vitrines, ça n'a pas le temps de faire autre chose que de travailler.

Ça ne bénéficie pas de l'assurance chômage. Ça trime 50, 60 heures par semaine, la nuit, le week-end, sans armure, sans parachute, et ça se tait. Alors, feu sur les indépendants !

Et voilà notre héros si discret, traqué par les impôts, les taxes, les règlements et les lois. Ils veulent ruiner sa profitabilité. Ils veulent mettre sa liberté dans une cage.

Ils veulent surveiller chacun de ses gestes, menacer chacun de ses succès, le punir pour chacune de ses victoires et finalement, disons-le : le décourager, l'assommer, le paralyser. Mais pourquoi cet acharnement ? Parce que l'indépendant les dérange.

Il est la preuve vivante que le peuple peut fabriquer de la richesse. sans avoir forcément de diplômes, sans parents riches, sans alliés dans les élites, sans assistanat. Pour bien me faire comprendre, Sachez chers amis qu'en France, un indépendant qui respecte toutes les contraintes que lui fixe l'État doit passer des heures et des heures chaque semaine à s'occuper de sa comptabilité, de paperasse et de formalités.

La plupart du temps il ne connaît rien aux subtilités fatales de la bureaucratie nationale et de ses tentacules fiscales. il mettra un temps fou à s'y habituer. Les premières années ce sont des centaines, des milliers d'heures qu'il perdra à tenter de comprendre ce que lui demande l'État.

Ou alors il abandonnera l'idée de déchiffrer ces hiéroglyphes, il appellera au secours un comptable, et il sera obligé de le rémunérer alors qu'il a le plus grand mal à se rémunérer lui-même. Bref, le piège se referme sur lui. Il a créé son propre emploi, il ne coûte rien à personne, il aide ses clients, il aimerait engager un assistant mais déjà, l'État le saisit à la gorge et il sert fort !

Cet étranglement durera toute sa vie, et un comptable ne suffira pas. Il lui faudra bientôt un avocat, et peut-être même un fiscaliste, quand le Ministère des Finances l'accusera de tricher. Bien souvent le Ministère se trompera, Mais le Ministère ne vous demandera jamais pardon D'avoir monopolisé votre attention pendant des semaines, des mois, au lieu de vous laisser travailler.

Bercy n'exprime jamais de remords, Bercy a le droit de traquer les indépendants à l'infini et ne s'en prive pas. l'indépendant est pourtant un extraordinaire atout pour l'économie française : il génère de l'emploi et s'il réussit il peut s'entourer d'équipiers et grâce à eux, sa solitude peut se métamorphoser en entreprise et peut-être même, un jour, en grande entreprise. Et plus son projet grandira, plus il créera d'emplois et de richesses, et toute la société française en bénéficiera.

Mais les taxes, les impôts, les règlements, les innombrables formulaires qui lui tombent dessus le ralentissent au point bien souvent de le briser. On parle beaucoup des policiers et des paysans, de patrons en France, et on a raison de le faire. Où sont les statistiques sur les suicides des travailleurs indépendants ?

Alors je dis aux indépendants : votre situation me scandalise et je suis avec vous. Je ne laisserai pas l'État vous détruire. J'aime l'État mais j'aime l'État qui protège les Français, pas celui qui, en fait, les pousse à la banqueroute et, in extremis, prétend les sauver en les réduisant au rôle d'assistés.

J'aime l'État qui fait régner l'ordre, pas celui qui humilie les indépendants. J'aime l'État qui leur dit : « ta liberté, ton dynamisme, ton inventivité, sont la prunelle de mes yeux. » Élu président, je récompenserai les indépendants pour leur panache, leur travail acharné, leur volonté d'innover et leur utilité pour nous tous.

Ils seront enfin traités comme des piliers de la réussite française. Nous sommes la patrie d'entrepreneurs modestes et ambitieux, libres et généreux, follement inventifs et qui si on les laisse faire, deviennent puissants et nous apporte la gloire et la prospérité. Je veux un pays indépendant fait pour les indépendants.

Le pays de Coco Chanel et de Serge Dassault, qui sont tous deux partis de rien ! et ont planté le drapeau tricolore au sommet du marché mondial. Indépendants, indépendantes, nous sommes fiers de vous et je compte sur vous.

Je vous souhaite plein d'idées géniales, de clients ravis et de chiffre d'affaires en augmentation. Vive l'indépendance, vive la République et surtout, surtout, vive la France !