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interviewLe Média (sur YouTube)· 22 juin 2025 40 min

UNE FUSION DE L'AUDIOVISUEL PUBLIC ? LE VRAI VISAGE DE LA RÉFORME DATI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] qu'il est loin le temps où il fallait dégraisser le mamouth. Et oui, c'était les années 90, c'était Claude Allègre. Alors, il était ministre de l'éducation nationale et il ne parlait pas de l'audiovisuel public mais d'un autre service public, celui de l'éducation.

Mais voilà qu'il est curieux que depuis cette époque où on voulait à tout prix dégraisser les services publics en suprimant des postes, d'une main, les gouvernement étiquetés à gauche ou à droite dépouille les services publics de leurs moyens, mais de l'autre, il les concentrent en des entités toujours plus grandes et toujours plus grosses. Voilà le sort qui est réservé à l'audiovisuel public, ciblé par une réforme qui sera débattue en juin. Rachidati nous le promet, elle n'a pas encore la date mais cela devrait arriver incessamment sous peu.

Il paraît pour elle qu'il faut être gros face à la désinformation, donc aux fake news, aux fausses nouvelles, mais aussi face à Netflix et à toutes les plateforme en ligne qui concurren les contenus qui sont produits par l'audiovisuel public, radio et télévision. Mais il faudrait aussi être plus gros face à une jeunesse qui ne regarderait plus que TikTok et ne serait plus religieusement devant le vinur de France 2. Alors dans cet épisode de Penser les luttes, on pose une question qui ne plaira pas aux antiwistes primaires, on s'en excuse, mais de quoi cette concentration de l'audiovisuel est-elle le nom ?

Et pour en parler, j'accueille aujourd'hui Céline Autin. Vous êtes journaliste à ISI Picardi et délégué syndical CGT. Bonjour.

Bonjour. Alexandre J, vous êtes professeur à l'université d'ExMseille. Vous êtes professeur en information et communication et vous êtes codirecteur de LIMSIC qui est l'Institut méditerranéen des sciences de l'information et de la communication.

Bonjour à vous. Oui, bonjour. Merci. et vous avez publié un ouvrage dont j'aimerais que vous nous disiez deux mots.

Euh oui bah récemment du moins la rentrée qui est sortie éditée du moins coécrit avec Francis Bal média et société et où justement on aborde cette question de l'audiovisuel public mais en Europe parce qu'il y a plein de modèles différents pour commencer alors cet échange entre nous euh puisque vous êtes virtuellement à côté à mes côtés puisque vous êtes pour Céline dans le nord de la France et pour Alexandre vous êtes dans le sud donc je suis à peu près entre guillemets à mes chemins entre vous. Euh on va regarder une petite vidéo, celle qui a été fabriquée par l'UGT CGT et qui résume en quelques phrases le pourquoi du comment de l'opposition à cette réforme de l'audiovisuel. Ben ce soir, c'est une soirée de mobilisation.

On est au premier jour de grève dans tout le division public. Très concrètement, le projet c'est de mettre dans une holding Radio France, LINA, France Télévision et peut-être même France Méia Monde. On est contre parce que il y a il y a de graves conséquences sur cette mise en place à commencer par la mise en cause du du pluralisme de l'indépendance des médias puisque il est question d'avoir un PDG exécutif qui aura la main mise en fait sur toutes les filiales.

Évidemment, on a besoin de pluralisme et d'indépendance dans dans notre secteur sur l'information. OK. OK.

Vous êtes prêt à faire du bruit pour la culture et les médias publics ? Faites du bruit la du travail, c'est que derrière il y a aussi une volonté de contrôle politique parce que une haute ligne exécutive, ça veut dire quoi ? un seul chef nommé par l'exécutif ou par l'arcom, c'est quand même un peu compliqué vu la politisation de notre régulateur.

Alors Céline Notin, peut-être on peut commencer par essayer d'expliquer un petit peu ce que Holding veut dire puisque il a été un temps question dans l'élaboration de cette réforme qui date quand même de plusieurs années et qui est porté par des parlementaires notamment par un député de la majorité qui est très ardemment en faveur de cette réforme de fusion puis il n'en a plus été question aujourd'hui on parle de holding. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu de quoi on parle exactement ? Oui.

Alors, vous l'avez dit, euh l'idée n'est pas neuve. Elle a été euh reprise par Rachid Dadati, donc l'actuel ministre de la culture est relancé il y a 1 an très exactement, c'était en mai 2024 et le projet initial constitué effectivement euh dans la création d'une holding de tout l'audiovisuel public, Radio France, France Télévision, France Média, monde et INA avant dans un deuxième temps euh la fusion de ces entités. Euh il faut savoir que depuis euh Rachid Adati a échoué par trois fois à faire passer son son projet à cause des dissolutions, à cause de la censure parce que le calendrier parlementaire est très chargé.

Euh mais en même temps en fait le projet il a changé à chaque fois. Donc c'est très difficile aussi de vous dire euh ce que la ministre entend faire parce que à chaque fois qu'on se penche sur la nouvelle mouture de son projet, il change. Au départ on éétait pas sur un holding exécutive. aux dernières nouvelles là quand elle a réessayé de d'imposer son projet en avril au mois de mars et d'avril, on était revenu sur une holding exécutive.

Donc en gros, je peux vous parler du de la dernière mouture en date. Euh la holding, c'est tout simplement une seule et même entité qui chapauterait effectivement donc comme je viens de le dire Radio France, France Télévision, Lila, France Méia monde, c'est toujours en débat parce que dans la majorité ça ne fait pas ça ne fait pas consensus. France revient et et repart.

Peut-être France Médiamond, il faut expliquer ce qu'il y a dans cette entité qui est elle-même une disons le résultat d'une fusion qui a eu lieu il y a plusieurs années. Il y a déjà France 24 et RFI il me semble. Est-ce qu'il y a d'autres médias qui font partie de ce groupe France médiamond ? 24 RFI et MCD qui est un petit peu moins moins importante mais c'est pas fusionné mais c'est une olive en soi déjà France Médiamonde he ça représente l'audiovisuel public français extérieur donc c'est la radio et la télévision qui émet en dehors de la France donc notamment en Afrique francophone qui est très puissante notamment bah effectivement en Afrique francophone.

Et le problème avec l'entrée ou pas de France médiamement dans la holding, c'est qu'il y a des lois européennes qui régulent qui régulent le secteur et qui disent notamment que attention si France Medéamond entrait dans cette holding, elle pouvait les les médias RFI et France 24 pourraient devenir équivalent de médias d'état euh et non plus des médias publics et ça peut mettre mettre en danger leur leur rôle à l'extérieur. Donc juste pour revenir au projet de de holding, on est sur un projet très mouvant euh qui est pas très détaillé. Tout ce qui est détaillé en fait, c'est le mode de gouvernance.

Donc combien de présidents, directeurs au sein de cette entité monstre ? Au dernières nouvelles, on avait une personne donc un président ou une présidente exécutive qui aurait sous ses ordres donc notamment des filiales avec des filiales donc par exemple une filiale France info qui regrouperait France Info Télé, France Info Radio, une filiale pour les médias locaux donc la radio locale, l'actuel réseau France Bleue ici à Radio France avec le réseau France 3 et puis effectivement le reste le reste des médias. On n'est pas on n'est pas sur un projet qui nous donne clé en main l'avenir de chacune des chaînes et c'est bien ça qui nous inquiète aussi.

Qu'est-ce c'est que l'avenir des chaînes type France Interre, France 2, France Info, France Culture, il est absolument pas mentionné. Tout ce qui est mentionné dans le projet du gouvernement, en tout cas tel qui nous a été donné de voir jusqu'à présent, c'est la gouvernance de cette Alexandre J. Est-ce que on peut s'interroger aussi sur la nature de cette fusion ?

Est-ce que il s'agit juste entre guillemets, je me fais l'avocate du diable exprès pour faire simple d'une fusion administrative tendante à uniformiser un petit peu les directions de tout ce qui est produit journalistiquement et financé par de l'argent public ou bien est-ce qu'il y a quand même un projet qui est beaucoup plus large que ce projet disons administratif on va dire ou organisationnel et qui qui constitue vraiment quelque chose qu'on peut qu'on peut définir là aujourd'hui B, c'est difficile de statuer sur l'avenir d'un projet qui est toujours pas véritablement mis en œuvre. Euh ce qui est certain, c'est que il y a une réflexion qu'on retrouve dans plusieurs pays européens euh sur la réunion des audiovisuels publics euh pour des raisons d'effet de taille qui sont invoquées et cetera. Euh et la vraie question en tout cas de de mon point de vue qu'il faut se poser, c'est est-ce que cette réunion elle vise euh potentiellement parfois à générer des économies parce que ben sur certaines fonctions support de direction, on peut faire des économies et que ce qui est économisé d'un côté, ça permettra de renforcer les rédactions de l'autre et dans ce cas-là, c'est fantastique. ou est-ce qu'au contraire, c'est les prémisses d'une rationalisation des coûts qui va finir aussi par concerner les rédaction.

Ça veut dire en gros est-ce qu'on va couper entre guillemets les têtes de de chef qui coûterait cher ou de direction qui coûterait beaucoup d'argent mais qui ne produisent pas grand-chose au bénéfice des rédactions ou est-ce qu'on va plutôt saigner les rédactions disons sans véritable bénéfice ? Si je comprends bien, c'est un peu ça le Ben voilà, ça ça de toute façon on peut pas le savoir parce que ça dépend fondamentalement de choix politique. Après la tendance ces dernières années et c'est pas que dans l'audiovisuel public hein, c'est c'est c'est plus c'est plus général.

Il y a eu quand même une injonction à la réduction des coûts, en tout cas la maîtrise des coûts, que ce soit à Radio France ou que ce soit à France Télévision. Donc si là on on optimise le fonctionnement avec la réunion des entités et que ça permet de recréer des moyens pour par exemple les rédactions ou l'achat de droit pour pour les les chaînes de télévision, bon dans ce cas-là évidemment c'est positif sur le plan éditorial mais si en revanche bah ça se traduit aussi par un moyen d'accélérer la maîtrise des coûts voir la compression des coûts, ben dans ce cas-là évidemment ce sera l'effet inverse qui va être produit. Maisidé.

Non, mais l'idée c'était quand même Rachidati défend d'ailleurs cette idée que il s'agit de créer une BBC à la française. Euh vous qui connaissez bien les autres modèles notamment dans l'Union européenne de des audiovisuels qui notamment ont été regroupés et qui le sont depuis plus ou moins longtemps. C'est quoi une BBC à la française ?

Alors, une BBC à la française, ben ce sera pas une BBC euh tout simplement parce que les audiovisuels publics en Europe euh ont tous des histoires particulières, des organisations différentes. Et donc le modèle britannique, euh il a été donné en exemple, il est beaucoup donné en exemple en France notamment depuis 2008 et la suppression de la publicité le soir sur France Télévision. Euh mais en tout cas euh le fonctionnement de l'audiovisuel public français ne n'est pas du tout euh le même que celui de la BBC au Royaume-Uni.

Euh donc quoi qu'il arrive, même si on crée euh un groupe unique comme l' BBC au Royaume-Uni, on n'ura pas nécessairement le le même type d'organisation. Je vous donne un exemple. Euh la BBC, elle a les moyens de s'autofinancer parce que notamment elle produit énormément de contenus qu'elle commercialise de donc de programmes audiovisuels, hein, qu'elle commercialise à l'échelle internationale.

Euh typiquement l'audiovisuel public français et notamment France Télévision, on lui demande depuis toujours de financer ce qu'on appelle la production indépendante, c'est-à-dire elle finance des des producteurs de documentaires, de films et cetera sans en contrôler les droits. Donc elle peut pas les exploiter économiquement ensuite. Donc obligatoirement, ce sera pas le même modèle.

Euh donc ça ressemblera à une grosse structure mais le fonctionnement sera obligatoirement différent. Il y a aussi dans le modèle de la BBC beaucoup de d'achat de programmes. Alors ça se fait aujourd'hui au sein de la télévision ou de l'audiovisuel disons télévisuel en France puisqu'il y a tout un réseau, un écosystème de société de production qui produisent des films de documentaires, des téléfilms, mais aussi notamment par exemple Artter Portage et cetera.

Tout ça c'est produit par des sociétés de production, mais pour ce qui concerne la radio et le podcast, ça n'existe pas. Donc là, j'ai j'ai lucite quelque chose pour les téléspectatricistes et auditeuristes qui nous écoutent. Euh radio-parleur et ma personne en l'occurrence, nous sommes membres du PIA.

C'est un syndicat producteur auquel au sein duquel nous débattons de ces questions justement de la production de l'audio parlé euh en en France et de son financement. Aujourd'hui, c'est ce serait très compliqué de pouvoir expliquer que dans une holding comme celle-ci, il faudrait pouvoir garantir des achats de contenu, notamment podcast à à l'extérieur, donc dans des sociétés de production puisqueaujourd'hui en France, cet écosystème, il existe pas, enfin, il existe mais il est un peu fragile. Est-ce que c'est pas Alexandre J finalement cette idée un peu mettre la charrue avant les bœux, c'est-à-dire vouloir fabriquer quelque chose sur le modèle de ce que vous avez déplié autour de la BBC mais trop vite, c'est-à-dire avant que les écosystèmes qui pourraient permettre son existence n'existe réellement.

Alors bon, pour le pour tout ce qui est podcast, audio parler effectivement là, on est sur un sur un marché qui commence à peine à se développer. sur par exemple la production audiovisuelle, le développement est fait de depuis longtemps, c'est-à-dire il y a énormément de sociétés de production et et c'est organisé de telle sorte que pour l'instant ça fonctionne. Mais j'insistais surtout sur le fait que c'est l'idée d'avoir l'équivalent de la BBC en France.

Euh tout simplement parce que bah on a justement construit euh sur le marché audiovisuel le marché sur la base des producteurs indépendants en disant il faut que les producteurs soient indépendants de ceux qui diffusent les œuvres justement pour qu'il y ait une diversité et que tout soit pas intégré au sein d'un même groupe et la production et la distribution des contenus et on a construit notre modèle de diversité de la création sur l'indépendance des producteurs. C'est c'est pas le modèle obligatoirement britannique puisque les studios de la BBC sont intégrés à la BBC. Et donc ça, typiquement en France, on peut pas le faire évidemment.

C'est-à-dire là en fait c'est un regroupement des diffuseurs de programme mais c'est pas un regroupement des producteurs puisque les producteurs sont majoritairement indépendants en tout cas dans le domaine dans le domaine de la télévision. Alors avant de vous rendre la parole Céline, je voulais vous faire écouter Éric Cocrel qui était en déplacement pour soutenir les grévistes puisqu'il y a plusieurs préavis de grève déposé dans l'audiovisuel public notamment à Radio France. On va écouter Rico Crel justement sur une dimension économique dont on va reparler sur le l'audiovisuel public.

Moi je crois qu'il y a il y a trois raisons de leur attaque. La première quand même à court terme tout de suite, c'est des économies effectivement. D'accord.

C'est-à-dire exactement l'inverse de ce que dit ce matin Rachidati le Parisien. J'ai vu elle dit c'est pas du tout un problème de budget. Bah si c'est un problème de budget.

Voilà, parce que ça a été dit et tu l'as dit l'an dernier, c'est si on tient compte de l'inflation 150 millions d'euros en moins dans le budget pour le devisel public et l'année d'avant c'est toute la part variable du budget hein qui a été également perdu pour le devisel public. Donc la question elle est bien d'abord d'essayer de faire des économies. Je vous rappelle que euh on de ce point c'est pas nouveau.

On a quand même un ministre de la défense qui pour justifier l'économie de guerre explique que l'État va devoir se recentrer sur ses missions régaliennes. C'est signé, ça veut dire très clairement que on va s'attaquer, on va réduire comme un pot de chagrin absolument toutes les missions de de de l'État et dont justement l'audiovisuel public. Alors Céline Notin, comment est-ce que vous vous pouvez vous défendre face à cette politique ?

Alors Rachida Dati expliqué longuement sur France Interre que le budget du ministère de la culture n'avait pas été amputé, qu'il ne fallait pas s'inquiéter de réduction budgétaire. Voilà, je j'imagine que si les préavis de grève vont continuer d'être émis et que la confiance en cette parole ministérière est quand même relativement limitée. Comment est-ce que vous justement vous vous dénoncez cette ce risque que et quelles en seraient les conséquences surtout sur la production éditoriale à Radio France ?

Alors, les conséquences, elles sont là déjà et parce que l'argent n'est pas là et ça fait déjà plusieurs années qu'on le ressent bien. Mais rien que pour cette année, par exemple, on a perdu 80 millions d'euros. Quand je dis, c'est l'audiovisuel public.

Radio France, on a perdu 25 millions d'euros qui étaient promis dans son contrat d'objectif et de moyens. Euh, et quelle conséquence ? Il y a quelques semaines, la direction de Radio France a annoncé la fermeture de sa chaîne Move Move qui est une chaîne à part entière he l'équivalent de de FIB France Inter, France info qui est tourné vers vers les jeunes et que la présidente de Radio France a décidé de fermer sur le réseau hertien en nous disant très clairement que c'était dû au contrainte budgétaire.

Il n'y a plus d'argent donc on enlève là où on peut. Ça fait déjà plusieurs années hein qu'on enlève tout ce qu'on peut. Les missions par exemple d'éducation au médias, elles sont ratiboisiées de tous les côtés.

Et très concrètement, par exemple quand un journaliste de radio locale veut aller faire de de l'éducation au médias auprès d'un public jeune, comme on est régulièrement sollicité ici sur le terrain par les par les classes, par les enseignants, par les rectorats, quand on veut le faire, on n plus remplacé. Donc comment on le fait ? Bah on demande au passulture qui vient lui aussi de se faire enlever un certain nombre de crédits ou bien on y va sur sur une RTT par exemple gratuitement, bénévolement.

Voilà. Donc ces missions d'éducation au média, elles en prennent évidemment aussi un coup. La fermeture de Mouve évidemment c'est c'est un autre symbole assez terrible cette année des 25 millions d'euros en moins.

Céline Notin, pardon, je vous coupe, mais euh est-ce qu'on pourrait penser, puisque c'est la promesse en fait de cette réforme que faire plus gros, c'est-à-dire réunir toutes les entités au sein des holdings, ça ne permettrait pas des économies d'échelle puisqu'il y a eu déjà disons un embrayon de ce de ce travail de de rapprochement, on va dire, pour France info Radio et France Info Télé et France Info Web. quel euh quel feedback, quel regard, quel retour vous pouvez déjà faire sur ce qui est sur ce qui existe déjà et qui pourrait préfigurer ce qui va arriver. Moi, je vais vous donner un retour sur ce qui se passe dans le réseau local puisque aussi le le rapprochement radio télé, il est en cours entre France 3 et France Bleu devenu euh la marque ici au début de l'année.

C'est le symbole d'ailleurs de ce rapprochement puisque on a vocation, on le sait, c'est dans le c'est marqué noir sur blanc dans le projet de Rachidati. euh radio et télélo local ont vocation d'être arraché l'un de Radio France, l'autre de France Télévision pour être regroupé dans une filiale qui serait la filiale de l'information locale. Bon, ce rapprochement, il est déjà en cours depuis plusieurs années.

Euh sous quelle forme ? On a euh notamment des matinales radio qui sont maintenant euh filmés sur France 3 le matin. Euh donc ça permet à France Télévision d'occuper le terrain, c'est-à-dire de diffuser de l'information à la place des dessins animés.

Euh mais regardons effectivement en l'état ce que ça rapporte aux entreprises. Est-ce que ce rapprochement il est il est pertinent ? Euh il faut bien savoir que euh c'est de la radio filmée, c'est-à-dire que on fait pas de télé le matin.

Moi quand je suis à l'antenne, j'ai une caméra face à moi, une caméra qui filme le studio. On a sous-traité la partie image à une entreprise privée. Donc on a une personne pour faire la mise en image, là où d'habitude on a quand même une équipe de France 3 à part entière qui essaie de coller des images d'illustration. sur ce qu'on entend à l'antenne.

Euh donc ça donne des choses parfois assez ubesques, c'est-à-dire que je vais vous donner un exemple de ce qui est arrivé chez moi il y a il y a un certain temps. On a été tourné un reportage dans une ferme sur la fièvre Cataraloville he qui touche qui a touché les agriculteurs il y a il y a un certain mois. On a été dans un élevage de vaches.

Bon et l'éditeur visuel, la personne qui s'occupe de la mise en image, on lui a dit la veille écoute, on va faire un reportage sur ce sujet. On sait pas trop où on va, chez qui. Euh euh on verra au fil de la journée qui va nous accueillir.

Bon, donc lui, il a pas eu l'info de où on allait précisément. Le matin, il se retrouve avec ce reportage à illustrer et les images qu'il a demandé à France 3, ça venait d'un élevage de chèvres. Donc, pendant qu'on attendait à la radio des vaches qui meuglaient, on voyait à la télé un élevage de chèvre.

Non mais voilà l'état aujourd'hui du rapprochement télé radio. Ou donc ça nuit c'est c'est nuisible pour la qualité éditorale de ce qui est produit. Ça ça fait aussi partie les contenus sont médiocres.

Et je voudrais juste aussi dire un mot sur le coût puisqu'on nous promet effectivement ces fameuses économies d'échelle. Alors combien ça coûte ces matinales filmées ? Elle coûte 200000 € par an pour chaque matinal à France Télévision comparativement à à une ça fait à peu près 120 € par téléspectateur, ça fait 8 millions d'euros pour France Télévision.

C'est un gouffre pour des résultats d'audience qui sont ridicules. On a à peu près 2 % de part d'audience pour France Télévision et cette visibilité là ne nous a apporté aucun auditeur, aucune auditrice en plus dans le réseau radio. Donc c'est un gâché.

Alexandre J, quelle est cette propension à vouloir faire gros puisque on a parlé de l'Angleterre mais il y a d'autres exemples ne serait-ce qu'au sein de l'Union européenne où il y a comme ça des rassemblements, des regroupements sous forme de holding de vouloir créer des mastodontes comme ça de l'audiovisuel. Quel est le disons l'argument ? Est-ce qu'il est d'abord économique ?

Est-ce qu'il est d'abord organisationnel ? Voilà. Comment est-ce que ça se défend en fait ce genre de projet ailleurs qu'en France ?

Alors en fait, il y a il y a plusieurs il y a plusieurs arguments. C'est pas nécessairement faire gros. En fait, il y a il y a l'idée que on réunit des médias différents, la radio, la télévision euh parce que finalement les notamment chez les plus jeunes, les comportements en terme de consommation sont en train d'évoluer et on va de plus en plus vers une consommation de contenu au sens large sur internet.

Et si on va vers une consommation de contenu sur internet, ben on va avoir une sorte potentiellement de convergence he sur un support unique des contenu mis à disposition. Ce qui fait que il y a plus nécessairement dans certains cas en tout cas euh bah de justification à séparer par canal de diffusion. la radio d'un côté, la télé de l'autre et on peut faire une offre globale de contenu qui est plutôt thématisée, typiquement une offre d'information locale, une offre d'information nationale, c'est le modèle France TV info en fait hein, et qui sur internet est une vraie réussite.

C'est-à-dire, il y a il y a un vrai public sur internet. Ça a très bien marché ce site web là et sur le média historique he France TV info en revanche a des scores d'audience comme chaîne d'information en continu qui qui sont loin d'être comparables à ceux des autres chaînes d'information en continu privé. Et est-ce que ça s'est pas lié aux usages aussi ? parce que sur quand on va consulter des contenus pour s'informer sur soit sur internet, soit via les réseaux sociaux qui sont quand même un peu des lieux sans contexte, on n'a pas du tout les mêmes pratiques que quand on est attaché à un rendez-vous avec une voix de radio, à un 20h, à des gimiic aussi de présentation qui vont aussi être bouleversants pour des auditeuristices.

Voilà, quand on leur change le présentateur de leur matinal, c'est un drame. C'est pas du tout les mêmes pratiques. Alors, est-ce qu'on peut appliquer la même recette ?

Ben en fait voilà, il y a le c'est le c'est le gros problème en ce moment dans beaucoup de médias d'ailleurs comme public comme privé hein euh qui qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on propose alors que finalement on a une audience qui est en train de de ne plus avoir des des pratiques similaires selon les générations ? Euh donc il y a encore des gens qui sont très fortement attachés aux médias radio, médias télé qui regardent le JT et cetera, mais c'est clairement par exemple à la télévision, c'est une audience vieillissante.

Euh à la radio, elle perd quand même beaucoup d'auditeurs, hein, depuis notamment depuis la crise sanitaire, depuis le développement du télétravail et cetera. Et en revanche, on voit émerger des audiences nouvelles plus jeunes sur internet. Et c'est et c'est le problème de de la plupart des médias.

Ils doivent s'adresser à toutes ces audiences sur tous ces canaux différents de distribution sans avoir un espace unique où ils arrivent à les fédérer comme comme c'était le cas auparavant. Mais ça ça Alexandre Juc c'est vraiment un argument de Rachida Dati en disant "Oui mais de toute façon les audiences vieillissent et cetera." Bon ça a beaucoup énervé Nicolas Demeran mais c'est quand même factuellement une réalité.

Mais est-ce que des projets de de fabriquer comme ça, des holdings dans lesquels on va pouvoir faire une offre thématique que comme comme vous nous expliquer, ça répond justement à ce vieillissement euh des téléspectateuristes et des auditeuristices, disons des pour faire court et simple des médias classiques. Ça y répond peut-être pour une partie de la population et ça y répond pas pour une autre partie de la population qui est encore fidèle à ces médias-là. C'est pour ça que c'est une période de transition qui est difficile.

Euh si on reprend l'exemple de la BBC, la BBC, elle envisage quand même à terme de basculer la quasi totalité de son offre sur internet. C'est-à-dire que ils ont déjà commencé de supprimer des chaînes de télévision, de supprimer des radios, donc des modes de distribution classique, hein, pour essayer de les les rediffuser, redistribuer autrement en ligne. Et la vraie question qui se pose derrière tout ça, c'est plutôt une question finalement de moi je pense d'enjeu éditorial et et aussi d'enjeux démocratique.

C'est-à-dire dans la mesure où on est conduit euh pour s'adapter finalement à l'évolution des audiences, des publics, à imaginer des nouveaux formats, est-ce que euh bah on prend pas le risque en tout cas de perdre quelque chose qui jusqu'ici fonctionnait, même s'il fonctionne avec finalement moins de personnes mais il y a toujours un public qui est au rendez-vous pour tenter des choses dont on ne sait pas à l'avance si euh finalement on arrivera à à retrouver une offre de service public qui sera vraiment plébiscité, vraiment consultée. Et il y a un risque de dilution. Il y a un risque de dilution.

Alors, je dis France TV info euh ça marche très bien. Il y a il y a un public qui est là et qui le qui consomme le site web d'information. Euh vu ce que dit Céinotin, ça a l'air d'être moins le cas.

J'ai pas les chiffres euh pour les pour le rapprochement des de de l'ex France Bleue ici et et des rédactions locales de France 3. et le risque est là en fait. C'est-à-dire que on sait que petit à petit, on va être amené à évoluer parce que les publics évoluent, mais on n' pas encore la réponse évidente.

Et là, il y a un enjeu démocratique, c'est-à-dire que effectivement, on peut pas se dire que le service public euh doit être le gardien entre guillemets des anciens médias sans se positionner aussi sur internet parce que l'avenir, on le sait, de toute façon, passera en ligne puisque les il y aura de plus en plus de publics disponibles en ligne et que en ligne principalement. Donc il faut y aller obligatoirement. On peut pas faire comme si ça n'existait pas.

Et en même temps euh bah on n pas la garantie que la manière dont tout ça ça va être fait permettra encore d'avoir une offre éditoriale comme le service public a pu en construire dans le temps. Et c'est important qu'il y ait un service public audiovisuel parce que bah on le voit, c'est quand même un enf ça a été il y a des études et recherches qui ont été faites justement en Grande-Bretagne où il y a où il y avait par exemple il y a aussi la présence de historiquement il y avait la présence de Robert Murdoc à la télévision comme aux États-Unis et le fait qu'il y a un service public fort en en Grande-Bretagne avec la BBC ben ça a limité on va dire les excès de la télévision privée des chaînes d'information en continu privé Fox contraire ça a flambé aux États-Unis sur tout ce qui était polarisation et c'est une autre c'est une autre vision du du pluralisme. Justement, on va écouter un dernier extrait qui est Julia, un extrait d'une émission de France Interre qui invitait Julia Cager qui justement explique aussi un petit peu quels sont les enjeux démocratiques puisque Julia Cager, elle est quand même très spécialiste des questions de pluralisme dans les moments où il y a des des sortes de révolutions, de modifications, de changement soit du monde du financement des médias, soit de leur organisation.

On l'écoute. Enfin, vous donnez un exemple affaire sensible. Bon, est-ce qu'on a eu besoin de la holding pour qu'affaires sensible passe à la tenir ?

Maintenant, je vais vous poser une question puisque vous dites qu'il faut additionner les forces. Est-ce que vous pouvez m'expliquer l'échec de salto ? Échec monumental de salto à un moment donné, on dit il y a les plateformes, il faut lutter contre la concurrence des plateformes.

Qu'est-ce qu'on fait ? On met ensemble TF1 M6 France Télévision pour faire une plateforme française de vidéo à la demande. Échec monumental. très bien qu' rais qui fonctionnent bien TF1 M6 France Télévision qui ont des plateformes de vidéo à la demande qui fonctionnent bien vous les mettez ensemble pour faire plus gros et ça crée un échec monumental d'ailleurs arrê l'an dernier oui mais pourquoi faire c'est ça qui est intéressant vous dites concurrence des plateformes vous voulez comparer le chiffre d'affaires de Netflix au chiffre d'affaires de France Télévision si vous prenez le chiffre d'affaires cumulé de toutes les chaînes gratuites privées et de toutes les chaînes publiques en France on arrive la moitié des dépenses totales d'investissement de Netflix chaque année.

Alors, je vais coupé la réponse de Nicolas de Moran qui est bien évidemment d'accord avec Julia Cager. Céline, est-ce que dans au sein de cette lutte qui a court actuellement à Radio France mais aussi à France Télévision mais aussi au sein de l'Ida, mais aussi au sein de France Médiamonde, est-ce que c'est euh un disons comment vous luttez aussi contre ce cette tentation de vouloir ressembler à des grosses entreprises multinationales ? dire à vouloir se rassembler pour parce que ce dont je disais je disais ça tout à l'heure, ça n'était pas très joli mais faire gros.

Comment vous luttez contre cette tentation en défendant quand même et bien l'innovation numérique, l'innovation aussi en terme de contenu qui sont quand même existantes he au sein de toutes ces entités de services public. Voilà, comment vous articulez ça justement le fait de dire "Mais il n'a pas besoin d'être gros et de ressembler à une multinationale pour être innovant, pour parler aux jeunes, pour faire des contenus qui peuvent être diffusés et diffusables sur internet et sur les réseaux sociaux ? Bah, il faut juste regarder ce qui existe en fait parce que les coopérations, elles sont déjà là et on n' pas attendu la holding euh pour travailler euh avec France Télévision ou ou nos collègues de euh de France Méia, euh France Médiia Monde, justement par exemple qui euh contribue aux offres numériques sur Culture Prime, sur Lumni, sur France Info, le site le site France Info.

Euh France Medéia qui contribue aussi à l'application Radio France quand il s'agit de podcast de produits radio. On a RFI et Radio France qui passent qui il partagent aussi des correspondants à l'étranger. Donc en fait, il faut vraiment arrêter de se dire que les sociétés de l'audiuel public travaillent en vase clos chacune l'une de leur côté.

Ça fait très longtemps qu'on a déjà mis des moyens en commun. Ça fait très longtemps qu'on fait des achats commun quand il s'agit de gros achats. Ça fait très longtemps il y a il y a par exemple des achats communs en matière de cybersécurité.

Ça, on n pas attendu une holding pour nous dire que ensemble on est effectivement plus fort sur certains créneaux. Euh voilà euh je sais plus quelle était la question du coup mais euh bah alors du coup je vais je vais profiter pour vous en poser une autre rapidement puisque on arrive quand même gentiment à la fin de notre de notre échange. Mais il y a une inquiétude aussi qui est attachée à cette holding et qui a été dénoncé par de nombreux syndicats dont le vôtre. c'est que il va y avoir un désormais aussi un patron unique et des renégociations budgétaires régulières pour cette fameuse holding qui regrouperait donc tous ces groupes de médias.

Est-ce que ça c'est aussi finalement une ça vous semble être une réponse aux inquiétudes de Rachida Dati qui sont de lutter pour exister face à Netflix et à toutes les plateformes ou bien c'est quelque chose de plus davantage politique ? Alors, c'est très politique. La question, c'est toujours de de faire des économies.

Vous l'avez dit, il va y avoir des renégociations budgétaires, notamment des renégociations de de convention collective qui touchent vraiment au métier, à nos statuts, qu'on soit journaliste, technicien, animateur, animatrice, présentateur télé et cetera. Euh et par ailleurs, alors le danger de concentrer autant de pouvoir dans les mains d'une seule personne, il est quand même relativement assez évident euh quand vous n'avez que une personne en face de vous euh pour faire pression, vous soyez un média, que vous soyez euh que vous soyez un intérêt privé, que vous soyez, je sais pas, un gouvernement illibéral, que vous soyez voilà, c'est plus facile de faire pression sur une personne qui a sous sa charge pour l'audiovisuel public français que sur euh quatre entités différentes avec quatre sensibilités différentes. Euh on défend cette diversité parce qu'éditorialement du point de vue des contenu qu'on propose, cette richesse, elle est aujourd'hui plébiscitée, elle existe et elle existe aussi sur le web.

Mais cette diversité, elle est aussi nécessaire pour l'indépendance de l'audiovisuel public français aujourd'hui. Euh je suis absolument pas spécialiste de ce qui se passe en Europe, mais quand vous avez un gouvernement illibéral en Italie qui qui qui s'attaque à la raille et qui conduit un changement éditorial fondamental, on le voit en ce moment ce qui se passe à la raille. On voit aussi ce qui se passe en Ha on n'est pas à l'abri de ça.

Donc vouloir concentrer autant de pouvoir dans les mains d'une seule personne, oui, ça semble être un danger évident. Alexandre J, justement pour toute cette tout ce qui concerne cette dimension politique, est-ce que c'est aussi quelque chose que qui se retrouve dans les autres projets sur lesquels celui qui est pr qui va être présenté là à l'Assemblée nationale est calqué ? de voir les autres projets en Europe.

Oui. Ah bah en Europe, il y a clairement des soucis avec certains audiovisuels publics et c'est ce que vient de dire Cellinota notamment en Italie où où clairement il y a il y a une influence éditoriale très forte sur la raille de de la part du gouvernement actuel. Il y a eu le en Pologne aussi hein, on a pas parlé mais au moment enfin voilà, il y a il y a eu de gros soucis aussi sur l'audiovisuel public parce qu'il y a une prise de contrôle.

Donc effectivement euh il y a un enjeu sur la préservation de l'indépendance de l'audiovisuel public, quel que soit d'ailleurs son périmètre. Euh et il peut être extrêmement vigilant. Et euh et peut-être pour aller plus loin là, je vois par rapport à ce que à ce que disait Julia Cager, je vais donner un exemple qui est qui est qui peut faire sourire.

Euh mais c'est pas si on regroupe sans projet éditorial, euh le risque c'est d'être avoir un regroupement administratif qui permettra peut-être d'optimiser par-ci, de réduire par là. Euh mais c'est dans ce cas-là, ça peut pénaliser le service public audiovisuel de le service en général. s'il y a pas le projet éditoriel parce que typiquement quand on regroupe en se disant on arrivera à créer des synergies si on les a pas imaginé avant, travaillé avant, bah ces synergies elles se mettent pas nécessairement en place.

Et il y a un groupe en France qui vient de tirer les conséquences de cette incapacité à mettre en place des synergies, c'est le groupe Vivindi. Euh alors, on s'attend pas à le comparer au services publics audiovisuel, mais Vivindi, c'était l'idée. C'est-à-dire, on met en synergie tout un tas de médias différents, la télévision, la presse, le jeu vidéo, les agences de communication et puis bah à la fin marche pas et on préfère ressinder la société et redispatcher finalement les compétences métiers dans des groupes distincts avec la télévision d'un côté, les agences de com de l'autre et cetera.

Euh et et c'est bien parce que justement il y a pas eu à un moment donné la possibilité de mettre en place ces synergies parce qu'il y avait un projet éditorial partagé et commun. Et et donc je pense que dans le service public audiovisuel c'est le mot audiovisuel qui est qui est qui est très important. C'estàd faut imaginer la proposition de télévision, de radio ou en ligne à faire au public et qui soit distinctive en tant que service public.

Si ça c'est bien défini. Après finalement le le périmètre devient secondaire parce que c'est la mission qui doit être absolument sanctuarisée. Merci beaucoup.

Je pose une toute dernière question à Céline Notin. Vraiment, vous avez une minute pour me répondre. Euh, j'aurais voulu savoir quelle conséquence sur les luttes qui sont qui étaient qui avaient déjà courts au sein notamment de Radio France, mais aussi au sein des autres groupes qui sont concernés hein par ce projet de de réforme.

Euh donc, toutes les luttes en cours sur les notamment sur la précarité euh des contrats courts, mais aussi sur les pigistes, enfin bref, il y a énormément de luttes en cours, je peux pas toutes les citer. Est-ce que ce combat contre cette réforme de l'audiovisuel public a plutôt disons mis remis remis une pile, c'est-à-dire redonner de l'énergie ou au contraire un peu éclipser tous ces combats qui sont essentiels et puis qui n'ont pas trouvé de réponse jusque jusque là. Alors, on fait en sorte que la holding n'éclipse pas effectivement tout le travail qu'on a fait par ailleurs sur, vous l'avez dit, les conditions de travail des précaires sur l'externalisation puisqu'on a parlé effectivement du modèle France Télévision à Radio France, on n'est pas encore sur ce modèle là.

On produit encore beaucoup de choses en interne, mais l'externalisation commence. Euh donc, on se bat effectivement contre ça. Et l'externalisation, elle passe aussi par exemple à France 24 par le recours à une boîte de production privée pour mettre en image des contenus avec toujours bah effectivement des conditions de travail et de salaire au rabé.

Donc non, effectivement, on se bat on se bat sur ça et le projet de de holding à notre avis ne va faire qu'amplifier tous ces problèmes là pour les personnels les plus précaires de la radio et de la télévision publique. Et c'est bien pour ça effectivement qu'on se bat contre ce projet de holding en même temps que sur tous les dossiers que vous venez d'évoquer. Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été à mes côtés virtuellement pour ce 5e épisode de pens et les luttes. saison 5, épisode 5, c'était sur l'audiovisuel et la réforme supposée de l'audiovisuel public car elle n'est pas encore votée à l'heure où nous enregistrons Cline Notin, journaliste pour Ici Picardi ici anciennement France Bleue, délégué syndical CGT et Alexandre J professeur à l'université ex-Marseille en info comme information et communication.

Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été avec nous. Je vous rappelle que ce podcast est coproduit euh cette saison par radio-parleur Média indépendant et le Média TV Média indépendant. Ces médias indépendants ont besoin de vous.

Alors soutenez-les, allez faire un don sur leur page de dons sur leur site respectif, mais regardez leur contenu, partagez-les, parlez-en et merci à vous car sans votre soutien, nous ne pouvons pas exister. Et à très bientôt pour un nouvel épisode de Penser les luttes. [Musique]

UNE FUSION DE L'AUDIOVISUEL PUBLIC ? LE VRAI VISAGE DE LA RÉFORME DATI — Rachida Dati · Pourquijevote