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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 9 mars 2022 33 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheSanté

Clôture de l'événement « Ambitions France - Arménie ».

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Président de la RépubliqueChiffre
    « Nous avions identifié 140 projets, 140 projets entre la France et l'Arménie. Nous en sommes à 200 après les échanges conduits. »
  • 3:30Président de la RépubliqueFait
    « Il y a eu l'idée, Martin Hirsch l'évoquait, du jumelage de chaque hôpital d'Arménie avec un hôpital en France. »
  • 5:00Premier ministre arménienFait
    « La France est l'un des premiers pays qui a reconnu le génocide arménien et qui, durant les quatre dernières années, a fait de la commémoration du 24 avril, un jour officiel. »
  • 5:30Premier ministre arménienChiffre
    « Nous avons vu, lors de la dernière guerre de l'Artsakh, les dizaines de médecins qui sont venus en Arménie pour aider les blessés arméniens. »
  • 7:00Président de la RépubliquePromesse
    « Nous avons également défini une feuille de route économique franco-arménienne jusqu'en 2026. »
  • 8:30Président de la RépubliqueChiffre
    « L'Union européenne a fixé un cap ambitieux de reprise, résilience, réforme, dans le cadre de l'accord de partenariat global de 2021 à 2026, qui s'appuie sur 1,6 milliard d'euros de subventions et d'investissements fléchés. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, cher [INAUDIBLE], cher Gabriel, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, beaucoup de parlementaires du Groupe d'amitié, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames les Ambassadrices, Monsieur l'Ambassadeur Franck Gellet, Mesdames et Messieurs, chers amis de l'Arménie, chers amis de la relation franco-arménienne. Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, un grand merci de nous faire l'honneur de venir clôturer les travaux. C'est le premier Forum Ambitions France-Arménie et mon petit doigt me dit que ça ne sera pas le dernier parce que l'après-midi n'a pas été de trop pour évoquer tous les projets qui foisonnent.

Vous avez fixé tous les deux la barre haute pour cette coopération entre nos deux pays. Nous sommes aujourd'hui à cet anniversaire des 30 ans des relations diplomatiques, je le disais tout à l'heure, des noces de perles. Mais ces relations sont bien plus anciennes.

Elles puisent dans nos histoires respectives et je crois que chacune et chacun ici souhaite être à la hauteur. Je ne vais pas être bien long mais je veux vraiment remercier, devant vous, celles et ceux qui ont permis ces rencontres, qui ont permis que les méninges puissent se frotter, tout au long de l'après-midi, pour faire émerger des projets féconds. Je pense, par exemple, pour l'atelier économie à Marie-Lou et Pegor Papazian, avec Bernard Dewit, avec Bertrand Walckenaer et le ministre arménien des Infrastructures.

Je pense, pour l'éducation, la jeunesse et le sport, à Youri Djorkaeff, à Kristina Aznavour, à Manuel Jobert de Lyon 3 et, pour la culture et le patrimoine, Charles Personnaz, bien sûr, de l'INP, Serge Avédikian, immense artiste et réalisateur, et Vincent Blanchard, du Louvre, ainsi que naturellement les ministres et vice-ministres arméniens et, pour la santé, Martin Hirsch, Patrick Daniel des Hospices civils de Lyon, Arsène Mekinian de Santé Arménie et Madame la ministre de la Santé. Tout cela a permis non seulement de faire le point sur l'existant, mais surtout de semer et de semer pour l'avenir parce que Monsieur le Président et Monsieur le Premier ministre, avant cette réunion nous avions identifié 140 projets, 140 projets entre la France et l'Arménie. Nous en sommes à 200 après les échanges conduits.

Tout ça a été répertorié de façon très précise et, si je me fie à ce qui s'est dit dans les ateliers, pour y avoir justement tendu l'oreille, ce que j'ai senti c'est qu'il y avait du côté arménien une envie de France et ça tombe bien parce que, du côté de la France, il y avait une envie d'aider. Ces deux envies se sont retrouvées, ce qui faisait dire d'ailleurs à une dame dans l'atelier sport : " Je ne suis pas franco-arménienne, mais presque " parce que, s'étant tant investie depuis des années et des années, elle avait épousé naturellement l'altérité et l'autre identité. Il y a là beaucoup de microprojets.

Il y a aussi des gros projets d'infrastructure qui ont été évoqués mais, ce que je veux dire, c'est l'esprit en tous les cas qui a présidé à ces travaux, un esprit de très grande fraternité. C'est vraiment un terme qui est revenu, un esprit de solidarité et de nombreux projets qui, je pense, verront le jour très vite. Il y a eu l'idée, Martin Hirsch l'évoquait, du jumelage de chaque hôpital d'Arménie avec un hôpital en France.

Il y a eu l'idée aussi de pouvoir accueillir peut-être plus d'étudiants en Santé sur certains stages et il y a naturellement les projets liés à l'éducation et à cette langue française que nous avons en partage et là, naturellement, cette pépite qu'est l'UFAR, qui a été au centre des débats mais aussi beaucoup d'autres initiatives qui ont été évoquées. Je ne suis pas plus long parce que nous sommes venus, naturellement, vous écouter aussi à l'issue de cet après-midi. Je crois que, ce qui nous réunit, c'est tout simplement quelques mots très simples : Vive la France, vive l'Arménie !

Cher Président, cher Emmanuel. Les représentants du gouvernement arménien et français... [INAUDIBLE].

Je suis très honoré d'être aujourd'hui ici. [INAUDIBLE] avec cette conférence qui a été organisée par Emmanuel Macron et son gouvernement. À cette occasion, je voudrais réaffirmer qu'entre nos deux gouvernements, les relations sont au plus haut niveau et que, durant cette période, elles continuent et continueront à travers une étroite collaboration.

Aujourd'hui, j'exprime ma reconnaissance envers les représentants de la communauté arménienne et envers le président. Nous sommes reconnaissants à la France pour les trente années de relations désintéressées et nobles. Nous n'oublions pas que la France est l'un des premiers pays qui a reconnu le génocide arménien et qui, durant les quatre dernières années, a fait de la commémoration du 24 avril, un jour officiel.

Les relations étroites entre les autorités locales sont aussi importantes. Elles donnent lieu sans cesse à de nouveaux programmes. La coopération dans le domaine de l'éducation est aussi très importante parce qu'elle permet de développer la francophonie.

On voit, par exemple, l'Université Jean Moulin III et son étroite collaboration avec l'Université d'Erevan, le lycée Anatole France et d'autres institutions encore, qui coopèrent de manière dynamique. C'est aussi ce qui lie l'Institut français à Erevan et nous vous remercions pour votre participation, Monsieur le Président. Il y a aussi le Centre Aznavour, qui donne une possibilité remarquable aux jeunes Français d'étudier.

C'est un symbole très important dans l'esprit d'Aznavour. Je souhaiterais répéter que le gouvernement arménien est prêt à encourager ces initiatives et leur réalisation. Nous remercions la France d'avoir partagé les réussites arméniennes, dans le domaine de l'éducation et à travers des coopérations, et nous voyons par exemple les centres TUMO ouverts à Paris ou à Lyon.

Dans le domaine de la santé, nous voyons les réseaux entre les hôpitaux de Lyon, de Paris et Médecins sans frontières, avec une coopération qui a donné lieu à de nouvelles coopérations dans ce domaine. Nous avons vu, lors de la dernière guerre de l'Artsakh, les dizaines de médecins qui sont venus en Arménie pour aider les blessés arméniens. Je ne pouvais pas oublier de mentionner le Congrès de la Francophonie qui a eu lieu en 2018 à Erevan, qui est, après l'indépendance de l'Arménie, le plus grand évènement qui ait été tenu dans notre pays.

Cher Président, chers membres du public, après cette guerre de 44 jours comme d'ailleurs, à l'heure actuelle, le contexte international, l'Arménie a un besoin vital de renforcer ses liens économiques et d'attirer de nouveaux programmes d'investissement. Nous sommes heureux de voir que la France a témoigné la volonté de soutenir économiquement l'Arménie et de promouvoir la coopération. Ayant un capital en Arménie avec des exemples réussis (Amundi, [INAUDIBLE], Veolia, Carrefour, Pernod-Ricard) et un certain nombre de programmes qui ont été mis en oeuvre, les accords qui ont été signés en décembre, de coopération pour une feuille de route de cinq ans, incluent de larges possibilités avec de forts piliers comme l'agriculture, la santé et les hautes technologies.

Cette conférence et son programme riche et impressionnant montrent ce qui a été accompli durant ces derniers mois et montrent que la feuille de route signée est mise en oeuvre. C'est pourquoi je voudrais exprimer combien je suis convaincu que les débats qui ont eu lieu ici entre les Français et les Arméniens donneront leurs fruits et permettront de mettre en oeuvre de fortes perspectives. Je voudrais aussi répéter que nous ne ménagerons pas nos efforts pour arriver à une coopération fructueuse.

Je voudrais aussi, à travers cet anniversaire des 30 ans de nos relations diplomatiques, répéter qu'il ne s'agit ici que d'une partie de nos relations et de la richesse de nos relations. Nos relations ont commencé au Moyen Âge. Elles sont multiples et variées et il suffit de mentionner la relation entre la Cilicie et la France et leur étroite coopération.

L'un des symboles, c'est que le dernier roi de Cilicie, Léon de Lusignan, se trouve, ses vestiges reposent à la basilique de Saint-Denis, parmi les vestiges de grands rois français. Bien sûr, il y a aussi la communauté de 700 000 personnes qui est l'un des moteurs-clés de notre coopération et qui permet qu'il n'y ait pas d'obstacle sur notre route et que notre fraternité soit longue. Je ne peux pas revenir à cette guerre de 44 jours et à la solidarité témoignée par la France au peuple arménien.

Je voudrais particulièrement souligner que le président Macron a été le premier leader mondial qui ait mentionné de manière impartiale et claire, les événements. De même, la communauté arménienne de France a soutenu l'Arménie, comme le Sénat et l'Assemblée, à travers leur résolution de reconnaissance du droit à l'autodétermination des Arméniens de l'Artsakh. Je voudrais réaffirmer la valeur que l'Arménie accorde à la France en tant que co-président du Groupe de Minsk et nous espérons qu'avec les autres co-présidents, nous arriverons à une résolution paisible pour que la paix soit établie dans la région, que les voies de communication soient ouvertes et que les liens économiques puissent être promus.

Cet événement d'aujourd'hui est très important et je voudrais revenir au gouvernement français et tout particulièrement au Président, pour le remercier d'avoir organisé et d'avoir mis sous un même toit les acteurs français et arméniens. Je me félicite d'accueillir ici les représentants de la communauté française, des départements, des autorités locales et des organisations franco-arméniennes. Je voudrais remercier toutes ces personnes pour leur contribution précieuse et pour leur dévouement à l'amitié arméno-française.

Cher Président, chers amis, je voudrais conclure mon discours en disant que, malgré les pertes de l'Arménie et malgré les défis face auxquels se heurte l'Europe, nous réussirons à surmonter tous ces défis et que nous réussirons à renforcer l'amitié entre nos pays, en allant vers de nouveaux horizons et en renforçant le bien-être de nos pays. Vive l'Arménie, vive la France et vive l'amitié entre nos deux pays ! Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, cher Nikol.

Mesdames, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Parlementaires, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs. D'abord pardon, nous vous avons fait attendre. L'actualité était lourde et avec Monsieur le Premier ministre, nous avons tâché de couvrir quelques uns des sujets du moment, et je veux d'abord remercier Jean-Baptiste Lemoyne, avec l'ensemble des équipes, d'avoir organisé ces premières rencontres qui ont rassemblé les principaux acteurs de la coopération entre l'Arménie et la France.

Je dirais qu'il y a deux raisons à ce que nous les organisions maintenant. L'une est grave et l'autre heureuse. L'une grave, c'est évidemment le contexte.

Je vous ai fait défaut il y a quelques semaines au CCF, et je le regrette. J'étais alors en négociation entre la Russie et l'Ukraine. Ça paraît être dans un tout autre monde aujourd'hui.

On avait encore des espoirs. Maintenant, la guerre est là et je le dis ici avec beaucoup de force, la guerre qui est revenue en Europe par l'agression russe ne doit pas nous faire oublier les autres guerres et ne doit pas nous faire oublier les autres lieux de déstabilisation. Et c'est aussi pour cela que je pense qu'il est très important de tenir aujourd'hui cet événement, ces rencontres et de continuer à avancer, parce que la situation demeure préoccupante, et nous en avons parlé avec Monsieur le Premier ministre, et parce que ce qui se passe, évidemment, en Ukraine aujourd'hui n'est pas sans conséquence dans le reste de la région et n'est pas sans conséquence pour l'Arménie et toute la région.

Et donc nous y sommes extrêmement vigilants. Et je voulais aussi, en étant là avec Monsieur le Premier ministre, dire haut et fort qu'une actualité ne chasse pas l'autre et que le conflit d'aujourd'hui ne nous fait pas oublier celui de l'automne 2020, parce que les choses ne sont pas non plus réglées et, j'y reviendrai, il y a aussi beaucoup à faire. La deuxième raison, elle est plus heureuse.

Vous y êtes revenu, Monsieur le Premier ministre, cher Nikol, c'est le 30ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays. Nous voulions en effet dresser un état des lieux des coopérations qui nous lient, mais surtout donner un nouvel élan. Et nous voulions susciter des rencontres entre vous tous, les artisans de la coopération bilatérale, et faire naître de nouveaux projets, et c'est le coeur de cette rencontre et de cette journée.

Alors je me souviens, à l'automne 2020, vous l'évoquiez, la France s'était mobilisée. La France aurait voulu faire plus et nous avons conscience aussi du courage et de l'esprit de résistance dont vous avez fait preuve alors, mais nous nous sommes mobilisés pour la solidarité et l'action humanitaire, et pour apporter une aide d'urgence à l'Arménie. Et je veux ici de nouveau remercier les principaux acteurs de celle-ci, Youri Djorkaeff, au premier chef, qui a pris place à la tête de cette équipe de France.

Bon anniversaire, je crois, Youri. Il n'y a pas de hasard dans la vie, il n'y a pas de hasard, et qui a accepté de remettre le maillot, si je puis dire, et d'aller au combat pour porter cette aide. Mais l'ensemble des acteurs, le ministre les citait, je ne serai pas exhaustif, mais l'Assistance publique des hôpitaux de Paris, cher Martin, les Hospices civils de Lyon, qui ont joué un rôle central, et chacune et chacun d'entre vous, plusieurs acteurs ici présents qui se sont alors mobilisés, soyez en remerciés.

Après cet effort humanitaire, nous avions souhaité mettre en place des coopérations plus profondes, plus pérennes, pour aider l'Arménie sur la durée. Plusieurs actions ont déjà été menées, qui sont le fruit de travaux engagés depuis plusieurs années. Je pense à la création de l'Institut français d'Arménie.

C'était le souhait du regretté Charles Aznavour, et dans quelques semaines, chère Christine Aznavour, il va commencer à fonctionner, et c'est aussi le fruit d'un engagement, d'un travail, et je suis extraordinairement heureux que vous soyez là aujourd'hui et que les choses continuent d'avancer. Nous allons également engager un important programme de formation, de préservation, de valorisation du patrimoine culturel et religieux arménien, conduit par l'Institut national du patrimoine, cher Charles. Les acteurs académiques et culturels ont été rappelés et cités par le ministre et je veux ici qu'ils soient toutes et tous remerciés pour leur engagement et leur travail.

Je souhaite aussi que nous puissions continuer à avancer et nous savons tous les blocages qui existent depuis un an. Je dois dire que je partage un peu votre impatience sur certains sujets, et donc je souhaite que l'UNESCO puisse apporter tout son soutien et son expertise pour préserver tout le patrimoine de la région, en dehors des considérations politiques. C'est pourquoi j'ai encouragé.

Je le dis en termes très diplomatiques. J'avais envie de le dire plus durement mais je pense que ce serait contre-productif. Et donc j'ai encouragé le président Aliyev et le Premier ministre Pachinian à recevoir la Directrice générale de l'UNESCO pour engager le dialogue nécessaire.

Aujourd'hui, tout est bloqué pour des raisons politiques au sein de l'UNESCO, qu'on ne peut pas accepter. L'un et l'autre m'ont témoigné de leur engagement et je sais pouvoir compter sur la Directrice générale et je vais faire mon maximum pour qu'on puisse [INAUDIBLE] cette situation. On doit avancer et réussir à faire.

ALIPH est aussi engagé et continuera de l'être. Nous avons également défini une feuille de route économique franco-arménienne jusqu'en 2026. Aujourd'hui c'est un pas supplémentaire, au-delà de tous ces rappels, qui est fait.

Vous venez de le dire, Monsieur le Ministre délégué, nous recensions 150 projets bilatéraux. Plus d'une soixantaine ont été apportés lors de ces rencontres, de toutes tailles, dans tous les domaines. Il y en a aujourd'hui plus de 200 qui sont sur la table et les ateliers de cet après-midi l'ont montré, que ce soit dans la santé, la culture, le patrimoine, l'éducation, la francophonie, la jeunesse, le sport, l'économie, nous continuons d'aller de l'avant et de porter des projets très concrets, et je veux saluer l'ensemble des acteurs qui se sont mobilisés : société civile, organisations publiques, associations, collectivités territoriales.

Aussi pour porter loin ces travaux, pour donner aussi un cadre à ces coopérations multiples, j'ai souhaité que nous puissions créer un fonds de concours dédié à l'Arménie. l'État amorcera ce fonds de concours et je vous encourage toutes et tous, en particulier les collectivités territoriales, à se saisir de cet instrument et à pouvoir l'abonder. Beaucoup de collectivités, souhaitaient, on le sait bien, pouvoir apporter des projets à l'Arménie, au Haut-Karabagh aussi.

C'était pleinement légitime et parfois des questions de cadre juridique ou institutionnel. Avec ce fonds de concours, nous allons donner un cadre stable, identifié, avec l'appui plein et entier de l'État, la diplomatie française, et nous pourrons ainsi abonder, mener des projets et avoir plus de vélocité et d'efficacité dans les projets communs que nous souhaitons faire avancer. Cet événement, Ambitions France-Arménie prend une dimension encore plus particulière, et je le disais à l'instant dans mon propos introductif, car encore une fois, la région vit un traumatisme majeur qui aura des conséquences sur nous tous, sur nos économies, sur notre sécurité et sur nos vies.

Et l'Arménie sait mieux que quiconque ce que représentent les ravages de la guerre. Je disais à l'instant que ce qui se passe en Ukraine n'est pas sans conséquences, et on le revoit avec à nouveau des violences avec, à nouveau, des événements inquiétants qui réapparaissent. Nous voyons aussi les liens qui existent entre ces situations.

Quand on commence à parler avec légèreté, à nouveau, de génocide et quand on commence à installer des discours politiques qui reposent sur des révisionnismes historiques, et l'Arménie sait qu'on ne peut pas parler avec légèreté de ces sujets. Elle sait que l'on ne doit pas accepter que l'on travestisse l'histoire pour servir des buts politiques. La France le sait aussi et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons instauré la journée de commémoration du génocide arménien, le 24 avril, qui fait désormais partie, vous le savez, des commémorations républicaines, pour ne jamais oublier.

Mais alors que cette guerre déclenchée par la Russie déstabilise votre environnement immédiat, Monsieur le Premier ministre, je veux ici vous dire l'engagement de la France, l'engagement de la France pour ramener la paix en Ukraine, mais aussi pour continuer d'encourager une stabilité durable dans le Caucase. Vous savez pouvoir compter sur le soutien indéfectible de la France, et c'est le sens du sommet virtuel que nous avons tenu avec Charles Michel, vous-même et le président Aliyev, le 4 février dernier. Alors je sais bien, nous obtenons à chaque fois des résultats, des petits pas dans la bonne direction.

Ça peut paraître insuffisant, il faudrait aller beaucoup plus loin. On ne négocie pas seul. Et si les choses étaient faciles, l'automne 2020 ne serait pas arrivé.

Il faut de la constance, il faut rassembler la communauté internationale, il faut mettre la pression. C'est ce que nous continuons de faire. Alors nous allons continuer.

Nous en avons longuement discuté à l'instant, à titre bilatéral, avec l'Union européenne, au titre de notre co-présidence du groupe de Minsk, de travailler à la libération des prisonniers arméniens, de soutenir les travaux sur la délimitation de la frontière, de travailler au désenclavement de la région, à la sauvegarde du patrimoine et au règlement de la question du Haut-Karabakh, car cette question n'est pas réglée. Et c'est bien un traité de paix dans la durée qui doit être construit. Le co-président français du groupe de Minsk se rendra d'ailleurs bientôt dans la région.

Par ailleurs, l'Union européenne a fixé un cap ambitieux de reprise, résilience, réforme, dans le cadre de l'accord de partenariat global de 2021 à 2026, qui s'appuie sur 1,6 milliard d'euros de subventions et d'investissements fléchés. Il s'agit de faire émerger en Arménie une économie innovante, d'améliorer les infrastructures ferroviaires et routières dans le pays, dans toute la région. C'est cohérent avec votre stratégie.

C'est cohérent avec les partenariats bilatéraux qui existent déjà, avec les projets développés par nos entreprises, vous en avez rappelé l'importance tout à l'heure, et donc cette coopération avec l'Union européenne continuera de se développer. Ce que nous allons poursuivre, c'est un chemin de normalisation. Il est plus difficile aujourd'hui que jamais.

Je le dis avec à la fois beaucoup d'engagement, mais de lucidité. La guerre revient en Europe, mais il y a plus que des velléités, des plans résolus de changer les équilibres profonds à l'est de l'Europe et dans le Caucase. Et donc ce sont ces plans qu'il nous faut contrecarrer.

Il faut le faire avec un engagement qui sera le nôtre, mais en engageant nos partenaires européens, l'Union européenne. Et les prochaines semaines et les prochains mois doivent aussi être consacrés à clarifier, d'un point de vue géopolitique, la vision que nous avons de notre partenariat oriental. Et je le dis ici aussi avec beaucoup de franchise, au moment où l'émotion après ce qui s'est encore passé à Marioupol est immense.

Les sujets d'élargissement de l'Union européenne ne peuvent pas être regardés au cas par cas. Et l'Union européenne est face à un défi aujourd'hui géopolitique, qui est de savoir comment penser ce qui était jusqu'alors sa politique de voisinage, pour rebâtir de nouveaux équilibres. Mais la question de l'Ukraine ne peut être séparée de celle de tous les partenaires du Partenariat oriental, à l'exception de la Biélorussie, qui a choisi une autre voie, et des Balkans occidentaux.

Ce défi, dans les semaines qui viennent, nous aurons à le régler en Européens, car l'Union européenne doit devenir cette puissance de stabilité sur le continent. Stabilité là où certains pouvoirs autoritaires décident le révisionnisme historique, décident les rêves d'empire et de revenir sur des frontières qui étaient établies, mais puissance aussi parce que la volonté de stabilité n'existe pas si on décide de regarder les autres faire. Ce sont deux révolutions, vous l'avez bien compris, que l'Europe a à faire pour elle-même, mais c'est le moment que nous sommes en train de vivre.

C'est ce que nous avons commencé de vivre lorsque vous avez eu à vivre la guerre et que nous avons tous été, je dois bien le dire ici, au secours, mais impuissants. C'est ce que nous sommes en train de vivre en Ukraine et c'est ce que nous ne voulons plus vivre. Tout cela implique pour notre Europe, aussi, des choix profonds.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire aujourd'hui. En tout cas, les temps sont graves et un peu lourds, mais vous avez aujourd'hui montré que la détermination de femmes et d'hommes qui ont leur coeur, leur famille entre l'Arménie et la France, qui sont les enfants de cette histoire multiséculaire que rappelait Monsieur le Premier ministre, mais qui est aussi une histoire de combat, de fidélité et d'amour, vous montrez qu'il n'y a aucune fatalité et que les projets doivent continuer d'avancer dans tous les domaines qui sont les vôtres. Aujourd'hui, d'autres projets ont réussi à advenir.

Nous les accompagnerons dans la durée et ce que je veux vous dire, c'est que l'événement d'aujourd'hui n'est pas un événement au hasard, vous l'avez compris, mais n'est pas simplement non plus une occasion unique. C'est le début d'un processus qui va renforcer notre coopération bilatérale, renforcer notre engagement aux côtés de l'Arménie, renforcer notre volonté de faire ensemble. Donc ces projets adviendront, mais chaque année, il nous faudra en faire monter de nouveaux.

Chaque année, il nous faudra évaluer les progrès, voire les échecs, et réussir à avoir un agenda exigeant pour conjurer la fatalité, mais surtout pour avancer sur l'ambition qui est la nôtre, celle de la paix dans le Caucase, celle d'une Arménie en paix, souveraine, stable, ce qui est votre projet, Monsieur le Premier ministre, et celle d'une amitié franco-arménienne qui n'a plus rien à démontrer, mais qui sera encore renforcée de ces mois et de ces années si difficiles, parce que nous avons ensemble démontré notre amitié et notre volonté de fer. Merci d'être là, Monsieur le Premier ministre, et merci à toutes et tous pour votre travail et votre engagement. Vive l'Arménie, vive la France et vive l'amitié entre nous !

Clôture de l'événement « Ambitions France - Arménie ». — Emmanuel Macron · Pourquijevote