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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 30 octobre 2026 52 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesCulture, médias & sportSolidarités & famille

Éditeurs et libraires indépendants : le grand combat face à l'emprise des oligarques | Patrick Bobulesco, Marina Garrisi, Nicolas Vieillescazes

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 54 %Attaque 31 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « les groupes des oligarques ont mis la main sur la plupart des grandes maisons d'édition française »
  • 0:45InvitéFait
    « ce secteur de l'édition indépendante est particulièrement fragile. »
  • 6:54InvitéChiffre
    « il y a plus d'une centaine de maisons d'édition qui se retrouvent avec des dettes très importantes qui peuvent aller à, dans notre cas, plus d'une centaine de milliers d'euros, à parfois quelques dizaines de milliers d'euros. »
  • 7:04InvitéChiffre
    « Mais ça représente grosso modo six mois de chiffre d'affaires pour toutes les maisons d'édition. »
  • 8:29InvitéFait
    « le livre est attaqué par l'extrême droite, y compris il y a des librairies qui ont été attaquées dans le cas de leur soutien à Gaza. »
  • 12:43InvitéPromesse
    « je pense qu'il faut poser la question de l'expropriation d'Hachette et des grands groupes de distribution et de logistique du livre. »
  • 15:23InvitéFait
    « les salaires sont très mauvais, la grille vient d'être vue et les premiers échelons sont au niveau du SMIC »
  • 25:58PrésentateurChiffre
    « une maison d'édition d'une manière générale perçoit environ 30% sur le prix public hors taxe du livre. »
  • 26:35PrésentateurChiffre
    « le taux de rentabilité normal c'est de 3%. »
  • 33:57InvitéChiffre
    « les 4 gros groupes de l'édition se partagent 90% du chiffre d'affaires du milieu de l'édition »

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Invité 221 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 315 %
  • ?3 %

≈ 12,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Locuteur

Mais

0:02
Invité

on s'autorise à penser dans les milieux autorisés. Alors ça, je n

0:05
Locuteur

'en

0:05
Invité

parle pas à nos trucs.

0:07
Locuteur

Les

0:07
Invité

milieux autorisés, vous y êtes pauvres.

0:17
Locuteur

Bonjour

0:18
Invité

à toutes et tous.

0:19
Locuteur

Alors

0:20
Invité

que les groupes des oligarques ont mis la main sur la plupart des grandes maisons d'édition française, le rôle des éditeurs indépendants, plus que jamais peut-être, est absolument crucial pour la vie intellectuelle. Ces petites maisons indépendantes sont très nombreuses. Il y en a plus d'une centaine, certaines anciennes, d'autres beaucoup plus récentes. Il y

0:41
Locuteur

a

0:41
Invité

eu une prolifération des jeunes maisons depuis une vingtaine d'années. Mais bien sûr, ce secteur de l'édition indépendante est particulièrement fragile. On s'en rend compte surtout depuis le printemps dernier, le printemps l'été dernier, avec la faillite du diffuseur Macassar qui risque d'entraîner dans sa chute de nombreuses maisons et qui, en tout cas, posent des problèmes financiers à un grand nombre d'entre elles.

1:07
Locuteur

Je

1:07
Invité

reçois aujourd'hui Marina Garizzi. Bonjour. Éditrice aux éditions sociales et à la dispute. Exemple de maisons très anciennes, je crois, les éditions sociales, qui se sont regroupées avec la dispute il y a quelque temps.

1:21
Locuteur

Oui,

1:22
Invité

voilà, c'est ça. Les éditions La Dispute sont fondées à la fin des années 90 par la même équipe qui rachète le fond et la marque des éditions sociales, maison d'édition centenaire qui appartenait jadis au Parti communiste français et qui travaillait sous la direction de la Troisième Internationale.

1:35
Locuteur

En

1:36
Invité

compagnie de Nicolas Vieille-Caz, lui aussi éditeur aux éditions sociales La Dispute, après avoir été pendant plus de dix ans à la tête des éditions Amsterdam, petite maison indépendante qui avait été fondée au début des années 2000 et puis que tu as rejoint, je crois, en 2016 et que tu as quitté donc récemment pour rejoindre les éditions sociales. Et puis, je reçois Patrick Bobulesco, libraire à la librairie du Point du Jour car évidemment, ça va être aussi un des thèmes de cette émission, le réseau des librairies indépendantes est tout à fait important pour la diffusion des productions de ces petits éditeurs.

Cette librairie qui se trouvait rue Guelussac, dans le quartier latin, vous l'avez dirigée pendant plus de 40 ans, je crois ? Oui, c'est ça, nous l'avons fondée, je dis nous, parce que c'était un groupe d'amis, de camarades. Nous l'avons fondée en 1983 et donc elle a duré jusqu'à mon départ en retraite,

2:31
Locuteur

c

2:31
Invité

'est-à-dire à la fin de l'année 2025. Donc 42 ans, c'est ça, 42 ans d'activité, deux libraires indépendants au quartier latin ou disons à la frontière du quartier latin, parce que je ne

2:42
Locuteur

sais

2:42
Invité

plus si... La rue Guelussac fait vraiment partie du quartier latin, mais en tous les cas, dans le quartier intellectuel, disons parisien, à proximité de grandes institutions comme le NS, l'INRP dans le temps, le CNAM en face,

2:58
Locuteur

voilà,

2:58
Invité

dans ce contexte. C'était un lieu de sociabilité important. Historiquement, ces librairies, les librairies de ce type ont joué un grand rôle. On pense notamment à la librairie de Maspero, qui avait fermé peu avant, je crois, c

3:13
Locuteur

'est

3:13
Invité

en 1977, avant que la vôtre ouvre.

3:17
Locuteur

Oui,

3:17
Invité

bien sûr. Bon, la joie de lire... La joie de lire, c

3:20
Locuteur

'est

3:20
Invité

ça. Qui faisait partie... Enfin, qui n'a pas duré si longtemps, en fait, mais qui a laissé une empreinte extraordinaire,

3:27
Locuteur

en

3:27
Invité

tous les cas auprès de tous ceux qui l'ont fréquenté, dont moi, qui allait passer

3:32
Locuteur

une

3:33
Invité

partie de mon temps libre à la joie de lire, en particulier au sous-sol, ce fameux sous-sol où on trouvait les publications révolutionnaires de tous les pays, et où on se rencontrait, on discutait avec les autres personnes qui étaient présentes. Mais la joie de lire,

3:49
Locuteur

à

3:50
Invité

cette époque-là, faisait partie d'un paysage de librairie qui était encore très important. C'était ce que Julien Hage a appelé, par exemple, l'âge d'or des librairies engagées, des librairies militantes. Et c'était une librairie d'éditeurs, d'ailleurs, évidemment, parce qu'on connaît le rôle absolument crucial de Maspero dans l'histoire de l'édition indépendante française. Je signale un long entretien que vous avez eu avec Marina Garisi et qu'on peut lire sur le site qui s'appelle « Les armes de la critique » et qui est la revue en ligne de Révolution Permanente, si je ne me trompe pas. C'est

4:25
Locuteur

ça.

4:25
Invité

Entretien dans lequel vous revenez très longuement sur l'histoire de cette librairie et des librairies indépendantes en relation avec les éditions indépendantes depuis les années 80 en particulier. Oui, Marina

4:39
Locuteur

a

4:40
Invité

eu l'amabilité de m'interroger. Ça m'a permis aussi de faire un peu le point moi-même sur la propre histoire du point du jour. Alors, si on repart de cette actualité, la faillite de Macassar, diffuseur-distributeur, qui, au début de l'été, tout à coup a révélé qui ne pouvait plus payer une bonne partie des éditeurs indépendants et qui s'est retrouvé avec des dettes énormes qui ne peuvent pas honorer vis-à-vis de ces petites maisons, je crois que les éditions sociales et la dispute, parmi d'autres, ont été très durement frappées. Oui, tout à fait. C'est important de revenir un peu sur cette faillite de Macassar. Donc, Macassar qui est un distributeur. Ce n

5:22
Locuteur

'est

5:22
Invité

pas pour rien que tu parlais de diffuseur-distributeur parce qu'il se trouve que souvent, le diffuseur et le distributeur, c'est la même entreprise. Là, dans le cadre de Macassar, c'était différent parce que Macassar était le distributeur et travaillait avec Obo, qui est un diffuseur indépendant, qui, lui, continue d'exister. Et heureusement, parce qu'il permet à tous ces éditeurs qui, aujourd'hui, sont en difficulté de pouvoir trouver leur place en librairie. Donc, c'est quoi la différence ? Un distributeur, c'est un acteur de l'ombre de l'édition mais qui joue un rôle vraiment fondamental puisque c'est lui qui stocke déjà et qui achemine les livres en librairie.

Donc, c'est vraiment un acteur qui est au centre de la chaîne des livres puisque les éditeurs travaillent avec des auteurs sur des livres. Les libraires les rendent disponibles pour un public et, entre les deux, pour pouvoir amener les livres en librairie, on a besoin d'un distributeur. Le distributeur, c'est aussi celui qui est au centre du système de facturation dans l'édition. Et ça a son importance puisque quand un éditeur vend des livres en librairie, le libraire ne lui donne pas directement l'argent mais cet argent, il passe par le distributeur.

Et là, dans le cadre de la faillite de Macassar, concrètement, ça veut dire que des éditeurs, plus d'une centaine, tu le mentionnais, qui travaillaient, qui étaient distribués par Macassar, ont vendu pendant plusieurs mois des livres en librairie. Ces livres, ils ont trouvé leur lecteur, leur lectrice. Le libraire a rendu la remise sur ces livres aux distributeurs qui lui-même devait le rendre aux éditeurs.

6:45
Locuteur

C'est-à-dire l'argent

6:46
Invité

des

6:46
Locuteur

livres.

6:46
Invité

Exactement, de la vente des livres. Destiné aux éditeurs. Et cet

6:50
Locuteur

argent

6:51
Invité

qui a disparu avec Macassar. Et donc, ça veut dire qu'il y a plus d'une centaine de maisons d'édition qui se retrouvent avec des dettes très importantes qui peuvent aller à, dans notre cas, plus d'une centaine de milliers d'euros, à parfois quelques dizaines de milliers d'euros. Mais ça représente grosso modo six mois de chiffre d'affaires pour toutes les maisons d'édition. Donc,

7:09
Locuteur

c

7:09
Invité

'est quand même vraiment considérable. Ça veut dire qu'il y a des maisons d'édition qui, aujourd'hui, leur activité est menacée, soit parce qu'elles n'ont pas l'argent pour payer leurs salariés quand elles ont des salariés, ce qui n

7:20
Locuteur

'est

7:20
Invité

pas toujours le cas parce que les éditeurs indépendants travaillent aussi souvent bénévolement, soit tout simplement pour payer leurs imprimeurs, pouvoir sortir leurs prochains livres, etc. Pour retrouver l'ensemble de la liste des maisons d'édition, il est possible d'aller sur sauvonslesindés.fr. On se rend compte que c'est toute une partie de ce patrimoine de l'édition critique en France qui est aujourd'hui menacée et qui a besoin d'être soutenue.

7:43
Locuteur

Il

7:43
Invité

y

7:43
Locuteur

a

7:43
Invité

eu des appels aux dons, c'est ça ? Des cagnottes qui ont été constituées pour essayer d'aider ces maisons à tenir le coup ? Oui, tout à fait. Il y a plusieurs maisons d'édition qui ont déjà lancé leurs cagnottes, d'autres qui ne

7:56
Locuteur

vont

7:56
Invité

pas tarder à le faire. Les éditeurs aussi appellent à continuer à aller en librairie puisque c'est aussi... La faillite de Macassar intervient dans un contexte plus général du monde du livre qui fait face à un contexte assez hostile avec des librairies qui ferment, avec des ventes en librairie qui baissent, avec des politiques publiques du livre qui sont de plus en plus difficiles aussi. Donc le livre est attaqué par l'extrême droite, y compris il y

8:24
Locuteur

a

8:24
Invité

des librairies qui ont été attaquées dans le cas de leur soutien à Gaza. Donc on est dans un moment où le livre est attaqué, le livre de gauche est attaqué, les institutions qui permettent de faire vivre ce livre de gauche aussi, et où on y voit aussi une possibilité de mettre le projecteur pour politiser cette question-là et pour faire prendre conscience à celles et ceux qui luttent pour en finir avec une société injuste, des génocides, le capitalisme, etc., que le livre est partie prenante de ce combat et que donc on a besoin d'être soutenu aussi pour ça. Pour compléter, de mon point de vue, la question de la distribution est effectivement essentielle.

Mais ce que je ressens avec la fin de Macassar, c'est qu'en fait aujourd'hui, dans le système actuel de la chaîne du livre, le distributeur

9:16
Locuteur

qui

9:17
Invité

survit, en fait, est un distributeur qui a des moyens capitalistiques énormes parce que la distribution,

9:24
Locuteur

c

9:24
Invité

'est avant tout de la logistique. On sait aujourd'hui l'importance de l'investissement en capital dans la logistique. Et en fait, tous les grands groupes possèdent leurs propres outils de distribution qui sont les seuls à pouvoir effectivement mettre en place parce que

9:42
Locuteur

la

9:43
Invité

distribution,

9:44
Locuteur

c

9:44
Invité

'est à la fois pouvoir envoyer un livre commandé par un client au libraire, mais aussi le jour où Astérix sort, par exemple, c'est un million d'exemplaires qu'il faut mettre en vente dans la semaine. Il y a une logique d'offre, en fait, qui permet de pousser ou d'invisibiliser, évidemment, les livres. Oui, bien sûr. Du coup, ça joue effectivement là-dessus. Mais ce qu'on voit bien, c'est qu'aujourd'hui, si on réfléchit, il faut réfléchir

10:10
Locuteur

sur

10:12
Invité

l'ensemble de la chaîne du livre. Et effectivement, le gros problème, c'est que cette chaîne du livre, aujourd'hui, dans le système économique dominant, il se situe effectivement dans un système où les investissements capitalistes ou les rapports capitalistes sont dominants. Donc actuellement, beaucoup de gens réfléchissent sur la possibilité de mettre en place un autre système qui, à la fois, respecterait les droits des auteurs, des libraires, des éditeurs. Mais c'est une chose qui n'est pas facile.

10:40
Locuteur

Est

10:40
Invité

-ce qu'il y a des propositions dans les programmes politiques à ce sujet

10:44
Locuteur

? Oui,

10:46
Invité

on s'est réunis... Pour

10:46
Locuteur

les présidentielles,

10:47
Invité

notamment ? Oui, on s'est réunis avec les éditeurs ex-macassars, comme on dit un peu ces dernières semaines, pour réfléchir un peu. En fait, il y a tout un tas de mesures un peu corporatistes. On en discutait aussi avec Nicolas qui pourraient permettre de faire en sorte que ce soit moins difficile, aujourd'hui, l'édition indépendante. On mentionnait, par exemple, le rôle du CNL, le Centre National du Livre, qui voit ses budgets toujours diminués, qui, par ailleurs, ne discriminent pas les éditeurs ou les acteurs de la chaîne du livre qu'ils soutiennent.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le Centre National du Livre, avec leur budget, finance aussi bien des maisons d'édition indépendantes, petites, etc., que des maisons qui appartiennent à des gros groupes. Et il est, par ailleurs, largement contrôlé, en réalité, par des représentants de ces grandes maisons de l'OCNL. Oui, tout à fait. Et il n

11:32
Locuteur

'y a

11:32
Invité

pas de transparence. On ne sait pas exactement où et à qui sont attribués les budgets. Mais on sait qu'au moins, autant de maisons appartenant à des grands groupes sont soutenues par des aides que les petites maisons d'édition. Il y a la question aussi plus prosaïque, mais qui est importante aussi, du tarif de l'envoi spécial des livres par la Poste. Il y

11:51
Locuteur

a

11:51
Invité

des éditeurs qui mettent en avant l'idée d'un statut de l'éditeur indépendant, etc., qui permettrait de garantir des droits et tout. Bon, moi, je pense que tout ça, pourquoi pas, c'est sur la table.

12:00
Locuteur

Ça

12:00
Invité

pourrait effectivement permettre d'arranger, en tout cas, d'améliorer un peu la situation. Mais que si on voulait en venir, essayer d'arriver aux racines du problème que pose aujourd'hui la distribution avec le fait qu'aujourd'hui,

12:15
Locuteur

c

12:15
Invité

'est là où, en fait, la hiérarchie entre les gros acteurs, les gros groupes de distribution comme Hachette, par exemple, et les petits distributeurs indépendants comme Été Macassar qui essayent de rivaliser. En fait, c'est le pôle de la chaîne du livre où cet écart entre les structures qui ont un gros capital et ceux qui en ont un petit, parce que c'est des activités de logistique,

12:34
Locuteur

c

12:34
Invité

'est là où l'écart est le plus important. Et donc, si on veut vraiment en finir avec le problème de la distribution aujourd'hui qui pèse sur l'ensemble de la chaîne du livre, je pense qu'il faut poser la question de l'expropriation d'Hachette et des grands groupes de distribution et de logistique du livre. Moi, ce serait la mesure que je voudrais mettre en avant.

12:52
Présentateur

Juste pour revenir un petit peu en arrière quand même, je tiens à préciser aussi qu'il existe en France et c'est assez unique en fait dans le monde, un dispositif en fait qui permet d'égaliser relativement en fait les conditions entre les différents éditeurs qui est le prix unique du livre qui a été mis en place en fait sous le mandat de François Mitterrand je crois au

13:15
Locuteur

début C'est par Jacques

13:15
Présentateur

Lang non si je ne

13:16
Locuteur

me trompe pas ? Oui, c'est ça, par Jacques Lang

13:18
Présentateur

à la suite d'une pétition en fait déposée par Jérôme Lindon et un collectif d'autres éditeurs. Jérôme Lindon,

13:24
Locuteur

c

13:24
Présentateur

'était le fondateur en fait des éditions de Minuit donc un éditeur extrêmement important enfin un éditeur indépendant extrêmement important et que donc ce système de prix unique du livre en fait fait qu'il n

13:36
Locuteur

'est

13:36
Présentateur

pas possible en fait de faire des discounts ou des réductions en fait considérables sur le prix des livres comme celles qu'on connaît par exemple dans le monde anglophone ou hispanophone d'ailleurs c'est-à-dire où des éditeurs peuvent pratiquer par exemple 50% de réduction et voilà parce que ce sont ils ont des échelles tellement importantes en fait qu'ils peuvent réduire en fait les prix de vente

13:58
Locuteur

au

13:59
Présentateur

moins occasionnellement sur les sorties de livres qui paraissent etc. ce que ne peuvent pas se permettre les petits éditeurs. Donc si jamais le prix unique du livre sautait

14:08
Locuteur

en

14:09
Présentateur

fait c'est l'ensemble de la petite édition indépendante qui probablement disparaîtrait parce qu'elle n'aurait pas les moyens en fait de faire concurrence en fait sur les prix à ces grandes maisons.

14:18
Locuteur

Des

14:19
Invité

éditeurs mais aussi des libraires parce qu'en fait c'est aussi ça qui permet aux libraires et à des libraires marxistes de tenir aussi enfin je ne

14:26
Locuteur

sais

14:26
Invité

pas ce que t'en penses Patrick. Oui bien sûr la notion le concept de librairie indépendante il a aussi comme fonction de permettre aux libraires de mettre en avant les livres qu'ils souhaitent dans leur librairie et non pas de se voir imposer comme c'est le cas dans d'autres pays effectivement la mise en avant peut-être de gondole comme on dit par

14:49
Locuteur

les éditions qui a la force de frappe

14:51
Invité

financière mais il y

14:52
Locuteur

a

14:52
Invité

aussi

14:53
Locuteur

peut

14:53
Invité

-être un aparté que je voudrais faire en tant qu'ex-libraire c'est que là évidemment notre discussion elle concerne essentiellement l'édition mais il y a quand même une catégorie de personnes dont on oublie souvent de parler ce sont les salariés des librairies c'est-à-dire que même chez les libraires indépendants alors moi j'étais seul et j'étais gérant de ma propre de ma propre librairie mais même chez les libraires indépendants il y a des salariés qui travaillent et qui travaillent dans des conditions qui sont extrêmement mauvaises extrêmement mal rémunérées il faut bien voir que c'est un secteur dans lequel les

15:26
Locuteur

salaires

15:28
Invité

sont très

15:28
Locuteur

mauvais

15:28
Invité

la grille vient d'être vue et les premiers échelons sont au niveau du SMIC donc un libraire

15:35
Locuteur

qui

15:36
Invité

a une formation qui a des capacités qui connaît son métier qui connaît les livres qui participe à l'animation de la librairie et bien les premiers échelons il est payé au SMIC et en plus les conditions de travail sont souvent très très dures en librairie on manipule quand même des charges c'est un métier qui est assez féminisé et donc évidemment les femmes qui travaillent en librairie sont maltraitées et ce qu'on voit de nouveau j'en profite pour le dire parce qu'il y a eu pour la première fois un rassemblement de salariés de la librairie à l'appel de la CGT des salariés de la librairie un premier rassemblement qui a voulu effectivement visibiliser rendre visible effectivement cette souffrance qui existe chez les salariés libraires et qui et qui n'est pas prise en compte quand on se contente de parler des librairies comme si dans une librairie avec des salariés tout le monde avait exactement le même statut et avait voilà donc voilà

16:40
Présentateur

parce que pour pour enchaîner sur ce que tu disais Patrick il faut savoir que le métier de la librairie c'est pas qu'un métier intellectuel c'est à

16:48
Locuteur

dire

16:48
Présentateur

les libraires travaillent énormément ils lisent énormément pendant un temps leur temps non rémunéré leur temps supposait de loisirs et de repos c'est là en fait qu'ils lisent tous les livres de la rentrée littéraire par exemple et qu'ils préparent des rencontres en librairie puisque beaucoup de libraires font ça mais c'est aussi un métier de manutention c'est un métier qui abîme beaucoup les corps et c'est un métier qui effectivement est très très mal payé

17:14
Locuteur

ce

17:15
Invité

qui me fait penser à un autre secteur dans lequel il y a des gros problèmes aussi avec les salariés à savoir l'édition indépendante puisque même si c'est un secteur qui est dominé par un idéal disons plutôt d'émancipation plutôt égalitaire en réalité il est bien loin d'être à l'abri des problèmes sociaux et des problèmes de maltraitance des salariés

17:39
Locuteur

oui

17:39
Invité

tout à fait alors après ça dépend de en fait édition indépendante ou le label indépendant est précisément utilisé un peu à tort et à travers c'est

17:46
Locuteur

à

17:46
Invité

dire qu'aujourd'hui il permet de capter beaucoup de profits symboliques et donc vous avez y compris Antoine Gallimard patron du quatrième groupe d'édition qui arrive à se présenter comme un éditeur indépendant donc on voit bien qu'indépendant aujourd'hui ça sert quand même pas mal à capter des

18:00
Locuteur

profits symboliques

18:02
Invité

donc il n

18:02
Locuteur

'est

18:02
Invité

pas possédé lui-même par un groupe par un grand groupe c'est ça ? oui voilà il est lui-même un groupe non

18:07
Locuteur

seulement de maisons

18:07
Invité

d'édition mais aussi de distribution parce que ça c'est quelque chose on s'en rappelait avec mes collègues mais moi quand j'ai commencé dans l'édition il

18:13
Locuteur

y

18:13
Invité

a 6-7 ans on est arrivé dans une maison d'édition qui était privée de diffuseurs distributeurs parce que Madrigal qui a aussi son propre groupe de distribution la CDE Sodis avait viré la moitié de ses éditeurs de son catalogue d'éditeurs et donc avait mis sur le carreau tout un tas de maisons d'édition qui se voyait du jour au lendemain privé de diffuseurs distributeurs

18:31
Locuteur

Madrigal

18:32
Invité

c'est le diffuseur de Gallimard qui appartient

18:33
Locuteur

à Gallimard Madrigal c'est l

18:34
Invité

'anagramme de Gallimard et

18:35
Locuteur

c'est le

18:36
Invité

groupe dans lequel sont les maisons d'édition et aussi structures de diffusion

18:39
Locuteur

je pense

18:39
Invité

que ce que Gallimard veut dire c'est que contrairement à Editis ou Humensis il n'appartient pas à ce type de conglomérat c

18:47
Locuteur

'est ça qu'il veut dire oui

18:47
Invité

mais sauf qu'en fait c'est totalement faux ça

18:49
Locuteur

ne veut pas dire

18:49
Invité

qu'il a lui-même reconstitué un conglomérat Flammarion fait partie de Madrigal c'est énorme la différence c'est que derrière il n

18:58
Locuteur

'y a

18:58
Invité

pas un gros holding oui mais en fait c'est une différence

19:01
Locuteur

qui est relativement fine

19:03
Invité

parce

19:03
Locuteur

qu

19:03
Invité

'en

19:03
Locuteur

fait

19:03
Invité

si je ne dis pas de bêtises il y

19:04
Locuteur

a

19:04
Invité

même Bernard Arnault qui est rentré au capital de Madrigal il n

19:07
Locuteur

'y a

19:07
Invité

pas longtemps enfin en

19:08
Locuteur

fait

19:08
Invité

donc c'est l

19:09
Présentateur

'interpénétration de la famille Vertheimer qui

19:12
Locuteur

est propriétaire de Chanel

19:15
Invité

donc en fait aujourd'hui indépendamment c'est un terme qui est ambigu et qui sert à capter des profits symboliques quand bien même j'y suis quand même un peu attachée parce que quand on est vraiment dans le monde de l'édition ou de la librairie indépendante on voit tout de suite ce à quoi ça renvoie c'est

19:29
Locuteur

à

19:29
Invité

dire qu'en fait c'est effectivement des structures qui ont un rapport au livre qui n

19:32
Locuteur

'est

19:32
Invité

pas simplement un rapport comment dire économique au livre c'est à dire en fait on publie des livres on les rend disponibles en librairie pas simplement parce qu'en fait ça nous permet d'avoir un salaire quand on a un salaire et souvent assez bas on pratique ces activités rémunérées ou pas parce qu'en fait on pense que les livres sont une dimension sont une arme dans le combat politique qui nous anime et donc indépendant veut quand même dire quelque chose mais effectivement il ne faut pas quand bien même on exclut Gallimard et ceux et celles qui utilisent l'indépendance comme un label pour capter des profits symboliques il ne faut pas non plus à mon avis idéaliser le monde indépendant du livre parce qu'effectivement c'est loin d'être rose tout le temps et qu'en fait la plupart du temps et d'ailleurs c'est pour ça que là les éditeurs qui aujourd'hui sont en danger vont se battre ont besoin de soutien mais en fait en quelque sorte sont habitués à ce genre de crise parce qu'en fait on a l'habitude de bricoler de résister de gérer des crises ce qui nous permet d'être assez combatifs et de ne pas jeter l'éponge tous les quatre matins mais effectivement c'est important de ne pas idéaliser ce secteur-là non plus

20:48
Locuteur

Moi

20:48
Invité

je ne

20:49
Locuteur

me

20:49
Invité

suis jamais revendiqué vraiment libraire indépendant je n

20:52
Locuteur

'ai

20:52
Invité

pas utilisé tellement ce terme-là c'est un terme qui en plus est reconnu statutairement parce qu'on peut avoir des aides si on répond à certains critères on peut avoir des aides en tant que libraire indépendant mais je me voyais plus comme un libraire engagé un libraire qui avait un certain rôle à jouer dans la diffusion de la pensée critique la pensée révolutionnaire etc.

et je pense que parmi les libraires indépendants il y en a qui se proclament neutres c'est-à-dire qui acceptent d'avoir dans leur rayon des livres que moi je n'acceptais pas d'avoir et je ne fais pas une balance égale entre toutes sortes de publications donc indépendant effectivement ça peut avoir plusieurs sens et il peut y avoir une ambiguïté

21:35
Locuteur

derrière

21:36
Invité

ce terme

21:36
Locuteur

et

21:37
Invité

il y a un problème qu'on retrouve je crois en fait dans tout le monde associatif en fait à savoir que le dévouement les fins supérieures de l'engagement dans le travail permettent de faire passer des conditions justement qui dans le secteur privé de base ne seraient pas acceptées c'est-à-dire qu'il y a des formes de maltraitance particulières qui sont liées à l'engagement spécifique de ceux qui travaillent dans ces milieux indépendants

22:05
Locuteur

oui

22:05
Présentateur

il y a énormément en fait d'auto-exploitation dans l'édition indépendante alors après elle prend diverses formes ou alors plutôt elle existe dans différents cadres par exemple l'auto-exploitation pour quelque chose qu'on fait dans son temps libre en fait parce qu'il y a différentes formes en fait de petites éditions il y a la plupart des maisons d'édition sont des maisons disons qui sont tenues par des gens qui ont une activité annexe rémunérée donc ils ne vivent pas en fait du travail éditorial et ils font ça en fait ils publient un tout petit nombre de livres par an

22:42
Locuteur

ils

22:43
Présentateur

travaillent dans des conditions très spécifiques ils contrôlent en fait tout le processus de production et ils ne dépendent de personnes d'autres qu'eux-mêmes et ils ne font pas ça pour vivre en fait de leur travail la plupart certains voudraient en vivre mais n'y parviennent pas et puis il y a les maisons d'édition qui sont un peu plus grosses et qui peuvent avoir des salariés mais dans lesquelles en fait la dimension d'auto-exploitation est toujours très présente ou parfois d'exploitation par un petit capitaliste je suis bien placé pour le savoir et

23:21
Locuteur

qui

23:22
Présentateur

voilà peut être lui-même complètement séparé en quelque sorte du processus de production voilà parce qu

23:30
Invité

'il possède en fait il

23:31
Locuteur

possède la boîte il

23:32
Présentateur

possède tout simplement les moyens de production il possède c'est lui le propriétaire de l'entreprise et par conséquent il existe en fait le même rapport dans ce genre de cas de figure entre capital et travail que dans n'importe quelle autre entreprise personnellement c'est pour ça que j'ai choisi de rejoindre l'équipe des éditions sociales et de la dispute c'est pour ne plus simplement publier des livres politiques mais pour publier politiquement des livres c'est-à-dire le faire dans le cadre en fait d'un collectif qui

23:59
Locuteur

est

24:00
Présentateur

en quelque sorte propriétaire de ses moyens de production et qui a un contrôle entier en fait sur son activité donc on peut combiner en quelque sorte les avantages de la micro-édition ce de publier ce qu'on veut de le faire comme on le souhaite on a évidemment des contraintes

24:21
Locuteur

en

24:21
Présentateur

même temps d'avoir une activité professionnelle donc de vivre de notre travail et d'être d'avoir le contrôle aussi

24:29
Locuteur

sur

24:30
Présentateur

nos moyens de travail donc ça ça me semble extrêmement important et je pense que dans les petites maisons d'édition indépendantes c'est vers ça en fait que tout le monde tend c'est ce que tout le monde vise

24:41
Locuteur

mais

24:41
Invité

vivre de son travail c'est pas seulement le problème pour l'éditeur lui-même c'est que en amont de la publication du bouquin il

24:52
Locuteur

y

24:52
Invité

a peut-être le traducteur il y a le correcteur et moi je me souviens de telle petite maison d'édition par exemple dont l'animateur me disait je n'ai pas encore réussi à me payer mais là pour la première fois j'ai réussi à payer mon traducteur et donc pour lui c'était déjà un pas franchi vers quelque chose qui lui semblait tout à fait normal mais qu'il n'avait pas encore réussi à faire

25:17
Locuteur

ce

25:17
Invité

qui implique que le traducteur a longtemps travaillé pour rien travailler

25:19
Locuteur

gratuitement oui

25:20
Présentateur

parce qu'il faut savoir aussi que l'édition ça implique beaucoup de dépenses en fait en amont même quand on est une toute petite structure qu'on n

25:27
Locuteur

'a

25:27
Présentateur

pas de salarié et tout ça il y a un travail graphique qu'il faut rémunérer par exemple un travail de maquette de mise en page il peut y avoir comme tu le disais des frais de traduction et les frais de traduction sont très élevés d'une manière générale donc quand vous faites des tout petits tirages et des toutes petites ventes en fait vous n'amortissez jamais ces frais là il y a des coûts d'impression et ensuite quand le livre sort il y a des coûts de diffusion de distribution de sorte que une maison d'édition d'une manière générale perçoit environ 30% sur le prix public hors taxe du livre c'est à dire c

26:06
Locuteur

'est à dire que

26:06
Présentateur

sur un livre pour simplifier à 15 euros

26:09
Locuteur

on

26:10
Présentateur

touche 5 euros avec ces 5 euros il faut couvrir l'ensemble des frais

26:14
Locuteur

qui

26:15
Présentateur

sont afférents à la production du livre et éventuellement des frais fixes de location de locaux etc. voilà donc en fait c'est une activité qui mobilise du capital et qui est très peu rémunératrice en vérité dans le secteur de l'édition d'une manière générale le taux de rentabilité normal c'est de 3% c'était ce qu'on considérait comme normal comme taux de rentabilité dans le capitalisme de l'après-guerre en fait à la grande époque mais en fait aujourd'hui selon les normes du capitalisme c'est très très bas

26:46
Locuteur

c

26:46
Invité

'est totalement ridicule aux yeux des investisseurs ça n'en vaut pas la peine oui et d'ailleurs c'est d'autant plus difficile à réaliser que quand on est une maison d'édition indépendante de critique sociale parce qu'effectivement c'est un peu ce que tu disais Patrick sur la façon dont tu te pensais comme libraire pas simplement indépendant parce que l'indépendance on serait pour l'indépendance comme fin en soi mais plutôt de critique sociale ou engagée etc on fait des livres qui souvent sont des livres de fond par exemple aux éditions sociales un des projets qui nous anime c'est la GM la grande édition Marx et Engels c'est de fournir au public français une édition de référence des textes de Marx et d'Engels c'est donc basé sur des nouvelles traductions des traductions scientifiques c'est des livres qui mobilisent un temps de travail et un nombre de personnes pour travailler à cette traduction qui est colossale pour des livres qui ne vont pas se diffuser comme on diffuse des essais qui sont faits vite fait mal fait simplement pour être vendus quelques mois et ensuite on les pilonne c'est des livres qui sont faits pour durer c'est des

27:49
Locuteur

livres de fond

27:50
Invité

voilà c'est ça et je prends l'exemple de la GM parce que c'est l'exemple un peu paradigmatique mais je veux dire les maisons d'édition indépendantes celles qui aujourd'hui sont menacées ou celles qui ne le sont pas forcément parce qu'elles étaient distribuées par un autre distributeur comme Akassar on essaye de faire des livres de fond c'est-à-dire des livres dont la rentabilité quand rentabilité il y a s'éprouve sur des années et des années donc en fait effectivement c'est très compliqué parce que ça veut dire qu'on immobilise qu'on met en jeu beaucoup de temps de travail rémunéré ou pas parce qu'il y

28:20
Locuteur

a

28:20
Invité

aussi beaucoup de travail malheureusement qui n'est pas rémunéré ou qui ne l

28:23
Locuteur

'est

28:23
Invité

pas assez pour des livres dont on espère pouvoir les rentabiliser au bout d'un temps fini assez long

28:31
Locuteur

autrement

28:32
Invité

dit vous êtes des producteurs vous visez à produire quelque chose mais votre objectif n

28:35
Locuteur

'est

28:35
Invité

pas économique même si vous êtes obligé d'en passer évidemment par une logique économique de production l'objectif c'est le livre et son contenu et ça implique en réalité des investissements qui ne se mesurent pas en termes purement économiques

28:51
Locuteur

oui

28:51
Invité

même si en fait c'est difficile parce qu'en fait on jongle tout le temps entre différentes exigences en fait en quelque sorte aussi bien la crise de Macassar aujourd'hui que les mobilisations qui ont lieu contre Bolloré etc montrent que ce qu'on appelle trop souvent la guerre idéologique le combat idéologique la lutte culturelle etc en fait elle a une dimension matérielle et qu'on ne peut pas faire l'économie de cette dimension matérielle c'est ce qu'on voit quand tout d'un coup des maisons d'édition de gauche sur lesquelles on comptait pour armer nos combats elles se retrouvent privées de distributeurs et donc potentiellement en faillite ça montre que précisément on ne peut pas comme lecteur comme auteur comme autrice etc avoir un mépris pour ces questions matérielles et comme éditeur non plus parce qu'en fait quand bien même effectivement on ne fait pas des livres pour engranger un certain type de profit de toute façon il n

29:39
Locuteur

'y a

29:39
Invité

pas de profit la plupart du temps on essaye surtout de faire en sorte que les gens soient à peu près payés pour le travail qu'ils ont fourni et bien on ne

29:47
Locuteur

peut

29:47
Invité

pas non plus s'en moquer totalement parce que si on vise à construire des maisons d'édition qui soient capables de résister aux pressions du capital du contexte politique etc on a besoin d'avoir des maisons d'édition qui sont quand même suffisamment fortes pour pouvoir durer s'affronter à tous ces facteurs de déstabilisation et donc

30:13
Locuteur

c

30:13
Invité

'est quelque chose qu'on retrouve tous les jours dans la pratique si on veut faire en sorte que les maisons d'édition indépendantes puissent vivre et durer longtemps on a besoin quand même de faire en sorte que les gens qui travaillent les traducteurs les auteurs etc soient le mieux payés possible parce qu'en fait sinon c'est compliqué de pouvoir rivaliser y compris en termes de diffusion des idées donc effectivement en quelque sorte la crise de Macassar c'est aussi le retour du refoulé qui est que la bataille idéologique c'est aussi une bataille matérielle

30:45
Locuteur

il

30:45
Invité

n'y a pas de perspective de création d'un fond ou d'une entité disons publique qui permettrait justement de stabiliser le développement des maisons indépendantes et là il n

31:00
Locuteur

'y

31:00
Invité

a rien on est en enfin il n'y a pas elle

31:04
Locuteur

est fille à rien c'est le

31:05
Présentateur

CNL mais en fait

31:07
Invité

le CNL c'est juste il attribue des subventions

31:10
Locuteur

il

31:10
Présentateur

attribue des subventions et il attribue des subventions selon un principe républicain il est égalitaire mais aveugle aux différences de statut entre les maisons d'édition donc il va aider également des petites maisons indépendantes micro maisons d'édition sans moyens et des grandes maisons ou des maisons qui appartiennent à des grands groupes voilà indistinctement

31:34
Locuteur

toujours

31:35
Invité

sur projet c

31:35
Locuteur

'est

31:35
Invité

-à

31:35
Locuteur

-dire

31:35
Invité

qu'on présente un projet libre et c'est accepté ou pas par une commission

31:38
Présentateur

c'est ça et donc là là où il pourrait y avoir une différence c'est si certains certaines maisons au-dessus d'un certain chiffre d'affaires par exemple étaient exclues de la possibilité de recevoir des aides donc ça pourrait être voilà une mesure pour aller vers davantage d'égalité entre entre

31:58
Locuteur

les

31:58
Présentateur

maisons d'édition qui disposent donc de moyens très très hétérogènes

32:01
Locuteur

mais

32:02
Invité

on ne pourrait pas imaginer une structure publique qui étant donné justement le caractère absolument crucial de l'existence de maisons indépendantes pour la vie intellectuelle et pour la liberté tout court et bien permettrait à ces maisons leur offrirait en tout cas un minimum de sécurité un minimum de moyens c'est complètement utopique de penser à ce genre

32:23
Locuteur

de

32:24
Invité

structure le problème c'est que ce n

32:28
Locuteur

'est

32:28
Invité

pas du tout la direction que prend je veux dire la politique publique aujourd'hui de la culture etc Nicolas a raison de parler du CNL parce que je pense que dans l'esprit le CNL est censé permettre ce que tu dis et que dans les faits ça ne l'est pas parce que non seulement ces budgets se voient renier toujours plus la droite et l'extrême droite y compris je crois ont dans leur programme ou en tout cas ont parlé du fait qu'ils aimeraient fermer le CNL parce que le CNL ne soutiendrait que des maisons d'édition gauchistes communistes etc ce

33:00
Locuteur

qui

33:00
Invité

est complètement faux évidemment ce

33:01
Locuteur

qui est

33:01
Invité

évidemment totalement faux mais par ailleurs plutôt que de penser moi j

33:07
Locuteur

'ai

33:07
Invité

l'impression que même le CNL si le CNL avait ces mesures de discrimination qui permettaient de ne pas soutenir des gros groupes dans les faits ça ne permettrait pas d'en venir à la racine et ça resterait un espèce de pansement sur un problème qui est plus général qui est qu'aujourd'hui en France les moyens de production culturelle de l'édition des médias etc sont ouverts à la propriété privée de ces moyens et donc en fait à partir de ce moment là c'est comme dans n'importe quel secteur il y

33:38
Locuteur

a

33:38
Invité

une tendance au monopole etc l'accumulation des capitaux et que à mon avis si on voulait en finir avec les travers de l'édition aujourd'hui et notamment de cette inégalité structurelle et écrasante entre 4 grands groupes qui se partagent on n

33:55
Locuteur

'a

33:55
Invité

pas dit mais les 4 gros groupes de l'édition se partagent 90% du chiffre d'affaires du milieu de l'édition quand bien même il y a des milliers de maisons d'édition en France donc ces inégalités elles sont écrasantes et revenir à la racine serait non seulement empêcher la propriété privée de ces gros groupes empêcher la concentration qui se fait aussi bien au niveau des maisons d'édition mais aussi on parle aussi de concentration verticale c'est à dire qu'un même groupe possède non seulement plusieurs maisons d'édition mais des groupes de diffusion de distribution des réseaux de librairie puis ensuite des médias pour faire la retable de leurs livres etc donc c'est pour ça que moi j'avance l'idée d'une expropriation et d'un service mutualisé par exemple de la diffusion de distribution qui permettrait à toutes les maisons d'édition d'avoir les mêmes services un service qui serait contrôlé et géré par les travailleurs de la distribution et qui permettrait de y compris lutter contre la tendance à la surproduction des livres parce que ça c'est aussi une autre donnée très importante du marché de

34:58
Locuteur

l

34:58
Invité

'édition aujourd'hui en France vous avez en moyenne 100 livres 100 nouveautés qui paraissent chaque jour en librairie c'est absolument colossal et pourquoi il y a cette tendance à la surproduction parce que dans cette tendance à la surproduction le pôle de la distribution joue un rôle important parce que le distributeur le groupe de distribution c'est le seul acteur de la chaîne du livre qui touche de l'argent que le livre soit 100% pilonné à la fin ou pas c'est à dire qu'en France le système avec lequel les livres sont vendus c'est que les libraires achètent des livres mais ils ont la possibilité de les rendre à l'éditeur s'ils ne l'ont pas vendu à leur public et si un libraire commande un livre d'un éditeur que finalement il le rend à l'éditeur personne ne touche de l'argent sauf le distributeur et donc le distributeur a intérêt à ce qu

35:43
Locuteur

'il

35:43
Invité

y

35:44
Locuteur

ait

35:44
Invité

toujours plus de livres qui transitent d'un point A à un point B encore une fois quand bien même ce livre finalement est 100% pilonné donc ces groupes de distribution qui eux-mêmes ont un poids économique très important dans les groupes d'édition par exemple achètent livres je crois que la distribution représente 20% du chiffre d'affaires de achètent donc c'est vraiment pas tout petit ont intérêt et poussent à cette logique de surproduction qui n

36:08
Locuteur

'est

36:08
Invité

pas simplement un problème d'un point de vue rationnel on pourrait dire et écologique c'est aussi un problème parce que c'est un problème d'occupation de l'espace produire énormément de livres pour les gros éditeurs c'est aussi une façon d'empêcher les éditeurs indépendants de pouvoir être sur l'étape des libraires parce que les libraires avec l'inflation les loyers etc ils ont des locaux qui sont petits qui ont une pièce matérielle et donc si Patrick il refusait pas les livres d'achète par exemple il aurait pas la place d'avoir le livre des éditions sociales ou des éditions Smolny ou des éditions critiques sur ces étagères même si chez Patrick les livres ils étaient pas tous sur des étagères

36:40
Locuteur

c

36:41
Invité

'était aussi empilé

36:43
Locuteur

oui

36:44
Invité

tu as tout à fait raison et la question de la propriété privée se pose aussi pour les libraires parce qu'effectivement être libraire c'est déjà avoir un lieu

36:54
Locuteur

un

36:55
Invité

lieu et actuellement l'évolution des baux commerciaux c'est ce qui précipite effectivement pas mal de libraires à fermer dans la fin de leur librairie parce que au moment du renouvellement du bail on assiste depuis quelques années à des augmentations impossibles voilà à subir

37:19
Locuteur

mais

37:19
Invité

le quartier atteint c'est sûrement le meilleur exemple oui

37:22
Locuteur

oui bien sûr le nombre de

37:23
Invité

librairies qui ont fermé au quartier atteint c'était

37:24
Locuteur

un quartier de gibrairie comme son nom l

37:26
Invité

'indique le quartier atteint c'était le quartier des études

37:28
Locuteur

historiquement je parle pas de la

37:29
Invité

fermeture de grandes librairies comme Gibert mais qui

37:32
Locuteur

si

37:32
Invité

la

37:33
Locuteur

dernière ferme ça

37:33
Invité

va poser bon après il y

37:35
Locuteur

a

37:35
Invité

des opérations immobilières qui sont aussi derrière tout ça donc il y a aussi du capitalisme et de la gestion capitaliste de leur propre société mais il y a beaucoup de petites librairies qui ont je pense par exemple à une librairie qui était juste en dessous de la Sorbonne la galerie de la Sorbonne par exemple qui a dû fermer parce que le propriétaire demandait un niveau de loyer qui était insupportable voilà qui était insupportable et

38:06
Locuteur

ils

38:07
Invité

ont pu se déplacer à 500 mètres plus loin mais à Paris 500 mètres plus loin en fait leur clientèle n'a pas suivi et donc ils n'ont pas pu survivre

38:19
Locuteur

mais

38:21
Invité

ce qu'on disait sur le SNL aussi ça me faisait penser que moi quand je regardais la quatrième de couverture de certains livres et que je voyais le logo du SNL sur un livre du groupe Gallimard ou du groupe Hachette et qui avait touché une aide de 2000 ou 3000 euros pour la traduction je me disais cette aide là elle aurait dû plutôt aller à un petit parce que franchement Gallimard ou Hachette ils peuvent tout à fait avec les milliards encassés ils peuvent tout à fait payer

38:48
Locuteur

voilà

38:49
Invité

mais c'est vrai que

38:50
Locuteur

les

38:51
Invité

conditions matérielles dans lesquelles travaillent les éditeurs et dans lesquelles travaillent les libraires c'est essentiel effectivement pour comprendre la réalité concrète de ce travail culturel

39:05
Présentateur

oui parce que d'une manière générale aussi le travail de création dans l'édition il est assuré par les petites maisons en quelque sorte c'est à dire c

39:13
Locuteur

'est

39:13
Présentateur

comme s'il y avait un système dans lequel les grandes maisons externalisaient vers les petites indirectement bien sûr ce travail d'innovation

39:22
Locuteur

dans

39:23
Présentateur

tous les domaines que ce soit en littérature ou dans les essais et tout ça et ensuite se l'approprier une fois que une fois que les thématiques ou ce genre littéraire ou ce style s'était imposé

39:39
Locuteur

donc

39:39
Présentateur

c'est comme ça que ça fonctionne c'est à dire que les grandes maisons vivent sur disons un patrimoine qui peut être particulièrement glorieux je veux dire si on pense au catalogue au fond de Gallimard ou des éditions du Seuil c'est absolument brillant enfin c'est des maisons qui effectivement pendant une longue période de leur histoire ont fait un travail admirable de constitution de fond et d'innovation aussi mais aujourd'hui ça ne fonctionne plus comme ça et ça fait un petit moment que ça ne fonctionne plus comme ça et de sorte que s'il faut soutenir les petites maisons c'est parce qu'on soutient aussi en fait ce que liront les gens demain on introduit des nouvelles thématiques par exemple je crois que c'est des toutes petites maisons qui ont fait un travail d'introduction des études de genre en France même chose pour les études postcoloniales les questions d'antiracisme politique tout ça c'est le travail qui a été fait par des maisons indépendantes qui souvent ont traduit à leurs frais voilà des travaux importants des dernières décennies ou alors pour le renouvellement du marxisme puisque sur la période récente en fait les dernières décennies le marxisme a été particulièrement développé dans le monde anglophone dans le cadre universitaire anglophone et bien c'est des petites maisons d'édition qui ont fait ce

40:51
Locuteur

travail

40:51
Présentateur

voilà donc pour ne citer que ces exemples là mais donc si le CNL jouait un rôle vraiment égalitaire en fait il soutiendrait davantage en fait ce type de projet

41:04
Locuteur

c

41:04
Invité

'est à

41:04
Locuteur

dire

41:04
Invité

que si on considère la création de valeurs non économiques mais intellectuelles la plus-value intellectuelle c'est évidemment aux petites maisons d'édition qu'on s'en remet et puis quand ça devient bankable cette fois-ci économiquement les grandes maisons récupèrent

41:20
Locuteur

oui tout à fait

41:21
Présentateur

on l

41:21
Locuteur

'a

41:21
Présentateur

vu plein de fois pour

41:23
Locuteur

des auteurs

41:23
Invité

aussi

41:23
Locuteur

ou des autrices pour des auteurs

41:25
Présentateur

ou des autrices Judith Butler aujourd'hui est publiée chez Flammarion je crois alors

41:31
Locuteur

qu'au départ elle a été

41:31
Invité

traduite de manière confidentielle par de toutes petites

41:33
Locuteur

maisons

41:34
Présentateur

voilà c'est ça

41:34
Locuteur

ces

41:35
Invité

grosses maisons ne voulaient pas prendre le risque etc de fait le risque il y

41:38
Locuteur

a

41:38
Invité

une forme de division du travail où les petites maisons d'édition effectivement prennent tous les risques en allant chercher des nouvelles auteurs autrices en prenant des risques politiques etc et à partir du moment où il y

41:48
Locuteur

a

41:48
Invité

une opportunité qui se dessine et qu'en gros le risque est déjà pris les grosses maisons d'édition y compris parce qu'en fait elles peuvent rivaliser parce qu'elles leur disent si tu viens signer chez moi tu auras un plus gros t'as valoir on en revient

41:59
Locuteur

encore à ces

42:00
Invité

questions économiques et je pense qu'aujourd'hui en quelque sorte à gauche on a été un peu mal habitués ces dernières années dans la lecture politique qu'on fait de tout ça c'est pas anodin de savoir où publier un auteur c'est pas anodin de savoir quel livre on achète on a été mal habitués en quelque sorte parce qu'aujourd'hui les grosses maisons d'édition qui appartiennent à des gros groupes publient y compris des livres aux idées anticapitalistes je dis anticapitalistes au sens large c'est-à-dire les idées de gauche font vendre donc les gros éditeurs les gros groupes en publient également le problème c'est que les conjonctures idéologiques qui sont favorables à la gauche c'est des conjonctures qui peuvent aussi se refermer par exemple dans les années 60 à partir du moment où les livres de Marx ont commencé à se vendre et bien il n'y

42:44
Locuteur

avait

42:44
Invité

plus simplement les éditions sociales ou Maspero qui les proposaient dans leur catalogue il y

42:49
Locuteur

a

42:49
Invité

aussi des gros éditeurs bourgeois etc qui s'y sont mis les militants les auteurs les écrivains communistes y ont vu une opportunité parce que c'était plus prestigieux d'aller publier chez Gallimard par exemple qu'aux éditions sociales qui étaient une maison d'édition communiste etc le problème et donc ils ont déserté en quelque sorte ils ont contribué indirectement à affaiblir des structures

43:11
Locuteur

les

43:11
Invité

propres dirigeants du parti communiste eux-mêmes totalement et par ailleurs c'était aussi à une époque où pour pouvoir publier dans ces maisons il fallait aussi respecter un certain cadre de ce qu'était le marxisme mais ce que je veux dire c'est qu'ensuite vous avez les années 80 et évidemment toutes ces grandes grandes maisons-là à partir du moment où le marxisme est mort et délégitimé etc elles ont arrêté d'avoir Marx dans leur catalogue et donc on a été collectivement affaibli et je pense qu'aujourd'hui la crise de Macassar le problème que pose Bolloré etc est une occasion pas simplement pour ceux qui sont éditeurs et ont donc quelque chose à gagner de dire il faut soutenir les éditeurs indépendants mais y compris comme militante je pense que politiser correctement ces questions du monde du livre c'est comment dire ne pas se rendre dépendant des bourgeois ou des gros groupes pour mener la bataille idéologique et politique et à mon avis c'est une ligne de conduite un peu simpliste mais qui à mon avis est importante à tenir si on ne

44:11
Locuteur

veut

44:11
Invité

pas se prendre potentiellement un deuxième reflux et enfin voilà tous reculer dans la bataille culturelle comme on dit aujourd'hui il y va de la responsabilité des libraires eux-mêmes c'est évident c'est à dire que le libraire ne doit pas se laisser imposer les innombrables parutions des grands groupes mais doit effectivement savoir s'intéresser à ce qui se publie justement au marge de la grande édition et donc faire ses choix faire ses choix de mettre en avant de choisir de mettre en avant de privilégier effectivement des éditeurs ou des auteurs qui ne sont pas très connus mais qui s'il s'estime engagé dans une action politique qui consiste effectivement à défendre un certain nombre d'idées et non pas seulement à être un acteur neutre qui mettrait tout sur la table et chacun se débrouille s'il estime que cette fonction-là est indispensable c'est à lui aussi d'avoir une action qui soit cohérente avec cet objectif il

45:23
Locuteur

y a

45:23
Invité

un exemple que vous donnez dans l'entretien avec Marina pour le site Les armes de la critique c'est celui du livre d'Ilan Papé sur le nettoyage éthique de la Palestine dont vous vous êtes rendu compte donc en gérant votre librairie alors que vous vouliez le mettre en vitrine je crois après le 7 octobre que Fayard ne voulait plus vous le fournir et en creusant en écrivant en envoyant les courriers qui restaient sans réponse vous avez fini par comprendre qu'en réalité Fayard ne voulait plus le publier et il y a eu un processus de prise de conscience qui a abouti à partir de là de fil en aiguille à la réédition par une librairie indépendante non

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Locuteur

plus Fayard par un

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Invité

éditeur indépendant

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Locuteur

mais la fabrique

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Invité

par une maison indépendante pardon la fabrique du livre d'Ilan Papé qui est redevenu disponible c'est un exemple de la fonction de la fonction du libraire au

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Locuteur

sein de cet

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Invité

écosystème je pense effectivement avoir joué

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Locuteur

un

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Invité

petit rôle effectivement dans ce qui était pour moi un exemple de censure parce que la censure elle prend différentes formes et on doit sans doute aujourd'hui y être beaucoup plus attentif qu'il y

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Locuteur

a

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Invité

quelques années et notamment sur cette question de la Palestine parce qu'en librairie on a pu faire le compte cet été du nombre de librairies qui avaient subi ou des pressions ou même des attaques

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Locuteur

directes

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Invité

où les salariés ou les gérants de ces librairies avaient effectivement dû faire face parfois à des agressions des campagnes lancées sur Twitter notamment je

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Locuteur

pense à la librairie comme un roman qui a été

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Invité

agressé et

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Locuteur

harcelé à partir

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Invité

d'un compte

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Locuteur

Twitter

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Invité

et donc on voit bien que les libraires ils ont effectivement une responsabilité dans la mise en échec de cette censure la mise en échec de ces pressions qui viennent ou de l'extrême droite ou de certains milieux mais il faut le

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Locuteur

voilà

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Invité

il faut le reconnaître et il faut effectivement s'y employer à mettre en échec ces tentatives

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Locuteur

et

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Invité

l'exemple du livre de Hélène Papé c'est un bon exemple parce que c'est un exemple parmi d'autres qui montre aussi qu'une maison d'édition indépendante peut diffuser des livres à une très large échelle et ça c'est aussi important parce que sinon effectivement on pourrait avoir l'impression que comment dire on fait de la question de publier ou de soutenir des éditeurs indépendants une fin en soi et comment dire qu'on abdiquerait notre ambition de faire connaître des textes des auteurs des thématiques à un très large public or pas du tout le livre de Hélène Papé qui a été réédité où je prenais cet exemple aussi là récemment je pensais au livre de Adèle Haenel Viséjuste

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Locuteur

qui

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Invité

a été publié chez un éditeur indépendant L'Arche et qui pourtant est déjà dans les top ventes etc. et où chaque événement en librairie il y a 400-500 jeunes qui sont là pour écouter Adèle Haenel présenter son livre ça montre aussi que parier sur ces acteurs indépendants engagés c'est pas faire le choix de la marginalité et il me semble que c'est quelque chose qui est important à dire parce que quand on est engagé dans un combat politique on pense qu'on a besoin de se battre pour que ces idées elles soient réappropriées par le plus grand nombre et qu'il ne s'agit pas d'essayer de convaincre de simplement faire des publications semi comment on dit pas clandestine mais confidentielles

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Locuteur

pardon

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Invité

et il me semble que c'est aussi important mais

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Présentateur

il y a aussi quelque chose dont les libraires parlent assez souvent c'est qu'il y a tellement de petites maisons d'édition qu'ils n'arrivent pas à s'y retrouver c'est-à-dire qu'il manque des connaissances pour prendre ces livres-là ou il manque du temps pour choisir ces livres et par conséquent il y a tout un travail de formation à faire et je sais que par exemple l'école de la librairie fait ce travail notamment dans les sciences humaines parce que les libraires plus souvent sont formés en littérature ou littérature jeunesse ou bande dessinée mais désormais en fait il y

49:07
Locuteur

a

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Présentateur

vraiment des formations pour des libraires spécialisés dans les sciences humaines donc ça c'est important il y a aussi le fait que les libraires ont plutôt tendance à prendre les choses qui leur sont fournies enfin qui leur semblent le plus simple en quelque sorte à vendre et qu'est-ce qui est le plus simple à vendre c'est ce dont parlent les médias et les médias ont tendance je parle de façon très agrégée et globale ont tendance à favoriser en fait les ouvrages produits par les grandes maisons d'édition enfin les maisons appartenant à des groupes et voilà mais là aussi nous on a la chance d'avoir un diffuseur distributeur qui est excellent qui s'appelle Belle Lettre Diffusion Distribution et dans laquelle on a une équipe de représentants absolument exceptionnelle de gens qui savent vraiment promouvoir le travail qui est fait par les différentes maisons d'édition qui sont diffusées et distribuées par eux néanmoins c'est un tout petit diffuseur distributeur enfin ça nous ramène à la question de la taille de l'échelle et tout ça et ce diffuseur malheureusement n'a pas les moyens d'aller dans toutes les librairies de France en fait pour présenter le catalogue en fait des différents éditeurs

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Locuteur

merci

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Invité

beaucoup à tous les trois Marina Garisi

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Locuteur

merci

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Invité

encore pour l'invitation Nicolas Vieille-Casse Patrick Populesco et bien sûr j'invite ceux qui nous regardent à participer à l'effort de soutien de ces maisons d'édition indépendantes qui sont en difficulté avec ces cagnottes ces diverses cagnottes il y en a une notamment pour les éditions sociales La Dispute mais il y en a au moins une autre je crois qui est plus générale c'est ça ? Oui il y en a plusieurs autres qui sont lancées et il faut renvoyer le site sauvonslesindes.fr pour retrouver l'ensemble des éditeurs concernés

50:49
Locuteur

et

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Invité

je vous invite aussi à lire l'entretien passionnant un petit morceau d'histoire intellectuelle et d'histoire du livre de Marina avec Patrick Populesco à propos de l'histoire de sa librairie Le Point du Jour donc c'est sur les armes de la critique sur internet merci d'avoir suivi cet épisode d'On s'autorise à penser je vous rappelle que Le Média ne vit que de vos dons et abonnements rendez-vous sur lemediatv.fr vous pouvez retrouver nos émissions en podcast on oublie parfois de le dire et puis toujours bien sûr sur le bouquet orange et sur le bouquet des Freebox à bientôt sur Le Média

51:23
Locuteur

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