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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 juillet 2019 65 min

De Rugy : peut-il tenir ? #cdanslair 12.07.2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Locuteur 8

Bonsoir à toutes et à tous. François de Rugy contre-attaque, très ému, la voix tremblante. Le ministre de l'écologie a dénoncé ce matin sur RMC une série de mensonges et une certaine presse qui veut couper des têtes, dit-il. Alors seul mea culpa, le numéro 2 du gouvernement reconnaît qu'il aurait dû rompre avec la tradition des grandes tables. Car ces grandes tables où l'on déguste du homard avec de grands vins donnent une image terrible de la politique, selon les propres mots de l'ancien porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. En attendant, Matignon demande à François de Rugy de répondre à toutes les questions. Son appartement est d'ailleurs inspecté depuis cet après-midi.

François de Rugy, lui, dit être soutenu par Emmanuel Macron. Mais pourra-t-il tenir au moment même où l'on demande aux Français de se serrer la ceinture ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir. François de Rugy peut-il tenir ? Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréhard. Vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Le Figaro qui titre aujourd'hui « Sous pression, Rugy conserve son poste mais devra se justifier ». Nous accueillons Virginie Leguay. Vous êtes chef adjointe au service politique de Paris Match.

Jérémy Marot, journaliste au service politique de l'AFP, en charge plus particulièrement de Matignon après avoir suivi La République en marche. Et vous êtes l'auteur des Apprentis de l'Elysée chez Plon. Et enfin Bruno Jambard, directeur général adjoint de l'Institut de sondage Opinion Web. Alors d'abord, première question. Ce matin, c'était le grand oral de François de Rugy qui a essayé de s'expliquer sur RMC. Yves Tréhard, comment l'avez-vous trouvé le ministre de l'écologie ? J'ai peur que la réponse soit très rude pour l'intéresser. Je ne l'ai pas trouvé bon du tout. C'est très difficile de se défendre quand on est en situation d'accusé comme ça.

Je n'ai vu qu'une personne qui n'a pas perdu son sang-froid et qui a même été à l'offensive dans ce genre de circonstances. C'était à la télévision en direct, Cahuzac, en plus à Jean-Luc Mélenchon, qui ne s'est pas privé évidemment de le pousser dans ses derniers tranchements. Cahuzac, pour le coup, il était coupable. Oui, mais c'était peu de temps avant, qu'il avoue, et je peux vous dire que c'était impressionnant. Alors, pour ce qui est de François de Rugy, si vous voulez, ce qui est malheureux, c'est qu'il dit, bon, il ne faut plus faire de grandes tables comme ça.

Je suis désolé, mais quand on a un peu d'expérience politique, ce qu'il a, et quand on est ministre numéro 2 du gouvernement, on a une conscience politique et on a une conscience politique qui vous interdit peut-être de faire certaines choses où vous savez que ça peut toujours sortir. Aujourd'hui, le problème, si vous voulez, c'est qu'on est dans un monde où la morale est très importante, peut-être plus importante que par le passé, quoique c'est encore approuvé, parce que je pense que ce n'est pas évident. Mais en revanche, aujourd'hui, tout se sait.

On est, qu'on le veuille ou non, alors je vais employer un mot un peu dur, dans une espèce de dictature de la transparence, qui fait que de toute manière, vous ne pouvez pas vous cacher, tout se sait. Autrefois, ça se faisait, mais ça ne se voyait pas ? Autrefois, ça se faisait. Alors, autrefois, je ne suis pas si vieux que ça. Mais si je... Non, mais disons que Jacques Chirac... Évidemment. Jeune journaliste politique, je me souviens très bien de table, alors c'était peut-être pas à dîner, mais à déjeuner, où on vous apportait ma main à la fin, le maître d'hôtel arrivé avec la boîte de cigare, enfin vous voyez, on avait le droit de fumer dans les palais de la République. C'était comme ça.

Et puis, je vous rappelle quand même qu'il y a eu des histoires par le passé qui ont fuité le président de l'Assemblée nationale sous la 4e République, le dernier président de l'Assemblée nationale, l'affaire Le Troquer, les balais roses avaient fait grand bruit. Alors, ça, c'était dans des extrêmes énormes. Mais si vous voulez, il y avait un rythme de vie qui était très confortable et qui aujourd'hui n'est sans doute plus acceptable par la majorité de la population. Et aujourd'hui, pourquoi ? Parce que tout se sait et que s'ils l'avaient su avant, je pense que c'était pareil pour les prédécesseurs. Les photos sont dévastateurs parce qu'on prend des photos de tout aujourd'hui. Voilà.

Et puis, les convives... Quand on est invité quelque part, on prend une photo, ça ne choque pas d'ailleurs. Vous ne pouvez être sûr de personne puisque justement, cette affaire est née de quoi ? De photos qui ont été prises par des convives de M. de Rugy. Et après, ça va sur les réseaux sociaux et c'est une traînée de poudre. Donc, il y a des comportements qui, dans le nouveau monde, puisqu'ils se revendiquent du nouveau monde, M. de Rugy, qui sont plus possibles et tolérés. Virginie Leguay, là où on l'a senti quand même très touché, le ministre de Rugy, c'est qu'il était quasiment au bord des larmes quand il a entamé cette interview, la voix très émue.

Et à un moment, on a vraiment cru qu'il allait se mettre à craquer. Ça ne vous a pas frappé ? Pour une personnalité qui est quand même un vieux de la vieille en matière politique.

5:05
Locuteur 10

J'ai effectivement senti, comme probablement tous les téléspectateurs, qu'il était très touché, très ému et très sensible à ses attaques. Il a dit, matin, midi et soir, comment voulez-vous ? J'ai réfléchi, j'ai pensé, mais je ne lâcherai pas prise. Je ne lâcherai pas prise. Cet appartement dont on lui reproche le loyer dans la banlieue de Nantes, il a expliqué qu'il avait loué une agence immobilière, qu'il ne savait pas que la propriétaire l'avait achetée sous la loi Célier. La loi Célier qui oblige le propriétaire à louer sous certaines conditions à des personnes qui ne dépassent pas un plafond, ce qui n'était pas son cas.

5:37
Locuteur 8

Il a dit qu'il était victime et qu'il ne savait pas que cette...

5:39
Locuteur 10

Alors, voilà, on peut comprendre qu'on loue un appartement à une agence immobilière et que l'agence immobilière ne vous dit pas dans quel statut est l'appartement ni le propriétaire. Ça, j'ai trouvé que c'était une explication compréhensible. Compréhensible en tout cas, convaincante. Il a dit qu'il avait l'aimé, la disposition, bon, admettons. En revanche, je l'ai trouvé beaucoup plus ambiguë ou en tout cas imprécis quand il s'est agi de la liste des invités de ces dîners. Si j'ai bien compris, il y en a eu une dizaine pendant une année scolaire entre octobre et juin, donc mettons un par mois.

Il a expliqué que certains, enfin en tout cas, que certains de ses invités avaient des fonctions tout à fait officielles et qu'il était normal qu'un président de l'Assemblée nationale exerce un travail de représentation et soit en liaison avec des gens de la société. Bon, en revanche, il a toujours semblé un peu gêné quand on lui a demandé mais effectivement, dites-nous bien si lors de ces dîners, il y avait des gens qui n'avaient pas tout à fait vocation à se retrouver là, des gens de votre famille, des amis, de la famille.

6:38
Locuteur 8

Il n'a pas voulu répondre en disant « je n'ai pas à publier la liste de tous les invités qui viennent le soir dîner ».

6:43
Locuteur 10

Mais il va communiquer cette liste à la déontologue de l'Assemblée nationale qui va examiner un par un. Là où les choses deviennent un peu plus compliquées, c'est que comment dit-on qu'une personne a vocation à être dans un dîner le soir ou une autre n'en a pas ?

6:57
Locuteur 8

La critique, c'est que c'était des amis.

6:59
Locuteur 10

Voilà, et même si c'était des amis, ces amis peuvent avoir des fonctions officielles qui justifieraient qu'elles soient à ces dîners mais ça peut malgré tout être des amis. Donc là, je trouve qu'il se met dans une situation lui-même un peu ambiguë et en tout cas très ambiguë aux yeux des Français. Ne parlons pas des photos qui, je trouve, sont dévastatrices. La photo elle-même, les airs comptants sur la photo, la mise en scène, tout ça est dévastateur et je crois que c'est ça qui, quoi qu'ils disent, quoi qu'ils fassent, restera dans les mémoires de tous les Français et c'est ça qui fait que cette affaire est empoisonnée.

7:28
Locuteur 8

Jérémy Marot, est-ce qu'il n'y a pas eu aussi quelques explications un peu maladroites ? Alors peut-être parce qu'elles étaient sincères mais quand on dit « je déteste le caviar, le champagne me donne mal à la tête », bon, c'est pas… Il faut l'avoir goûté plusieurs fois au moins le caviar pour le détester, non ?

7:42
Locuteur 4

Alors un ministre résumé ça en disant « c'est la défense de quelqu'un d'honnête ». Ah, c'est-à-dire ? Alors il voulait, je pense, soutenir avant toute chose son collègue du gouvernement et ce qu'il voulait dire par là, je pense, c'est que c'était une défense on sentait qui était épidermique quasiment. Les mots se bousculaient, ils passaient d'un sujet à l'autre, c'était parfois un peu désordonné, on l'a vu les yeux aux larmes aux yeux. Et effectivement, on se rend compte que c'est quelque chose qui vient d'assez au fond de lui.

8:11
Locuteur 8

Voilà, avec ses tripes, donc maladroitement.

8:13
Locuteur 4

L'ironie, c'est que François de Rugy défend depuis assez longtemps, enfin il prône depuis assez longtemps la transparence totale. C'est un des premiers députés à publier ses revenus et le montant de ses indemnités. Donc là, on sent bien que c'est l'ironie de l'histoire, c'est lui revient comme un boomerang alors que lui-même était le chantre de cette transparence-là.

8:34
Locuteur 8

Vous voulez dire que certains l'attendaient au tournant ? Parce que comme il a imposé la transparence totale, on a dit « Tiens, mon coco et toi, et tu es si transparent ? »

8:40
Locuteur 4

C'est le cas des commentaires qu'on entend aujourd'hui, c'est l'arroseur arrosé en fait. Ce qui se dit, c'est que François de Rugy, président de l'Assemblée nationale, a lancé des chantiers de réformes internes, y compris sur la transparence des frais de mandat des députés, etc. Et ça lui a valu quand même quelques inimitiés. Alors de là à dire que certains se délectent de ce qui lui arrive, c'est possible. Et c'est peut-être aussi pour ça qu'on sent des soutiens mesurés, y compris au sein de la majorité.

9:06
Locuteur 8

Bruno Jambard, l'objectif ce matin c'était d'éteindre l'incendie. Cet objectif est-il atteint ? François de Rugy a-t-il sauvé sa tête ce matin ? Peut-il tenir ?

9:14
Locuteur 7

Je ne pense pas qu'il ait sauvé sa tête parce que c'était effectivement, comme l'a dit Fréard, très compliqué. Il est dans une situation vraiment extrêmement difficile parce qu'il a face à lui le poids des images et des photos qui ont été publiées. Et dans le fond, si on réfléchit à tout ce qui a été dit sur cette affaire, s'il n'y a pas ces photos, s'il n'y a que les textes, si tout ça n'est que raconté dans un article, je pense que ça n'a pas du tout le même effet. Et face à des images qui jouent sur le côté très émotionnel pour l'opinion publique, lui il avance des arguments rationnels. Il répond point par point sur le fait que les invités avaient vocation à être là, sur son appartement.

Et donc c'est extrêmement difficile de répondre. Et puis en plus il y a quelques contradictions. Il nous dit qu'il veut absolument être transparent, mais il ne veut pas publier la liste. Alors on peut comprendre que cela concerne des personnes qui n'ont peut-être pas envie que l'on sache qu'elles étaient à des dîners avec le président de l'Assemblée nationale. Mais du coup, quelle transparence donner la liste à la déontologue ? Je pense que l'opinion publique ne le comprend pas. Et autre contradiction, il nous dit qu'il n'a rien fait, mais en même temps que si certains euros sont contestés, il les remboursera. Alors c'est là aussi un peu étrange. Donc c'est très compliqué.

Je pense qu'il est dans une situation, à mon avis, politiquement très difficile. Je ne sais pas s'il va réussir à convaincre ses supérieurs de le garder, mais il va quand même avoir de grandes difficultés dans les mois qui viennent vis-à-vis de l'opinion publique.

10:35
Locuteur 8

Alors François de Rugy a donc décidé de contre-attaquer. Il s'est dit ce matin très en colère contre les mensonges, alors que de nouvelles révélations sur ses dépenses s'étalent encore dans la presse. Le ministre de la Transition écologique exclut de démissionner, malgré une pression politique de plus en plus forte, y compris d'ailleurs dans son propre camp. Voyez ce sujet de Julien Launay et Aurélie Sanner. Depuis mercredi, jour des premières révélations de Mediapart, c'est une communication de crise. Ce matin, François de Rugy prend à nouveau la parole pour se défendre. Mais la carapace se fissure, au bord des larmes, lorsqu'il livre sa vérité.

Quand on est attaqué, matin, midi et soir, que tous les jours sortent des nouvelles choses qui sont fausses, eh bien évidemment, on peut avoir envie de rester chez soi. On peut avoir envie de lâcher prise. Mais je ne le ferai pas, car je suis très en colère. Au cœur d'une tempête médiatique, le ministre affirme qu'il n'a absolument pas de raison de démissionner. François de Rugy droit dans ses bottes, alors qu'il doit faire face à une nouvelle accusation depuis hier soir. Le site Mediapart, encore lui, a publié un article sur un logement qu'il n'aurait pas dû se voir attribuer.

11:55
Locuteur 1

François de Rugy, actuel numéro 2 du gouvernement avec statut de ministre d'État, loue depuis juillet 2016 un appartement à vocation sociale en Loire-Atlantique, sans satisfaire aux conditions de location. Il est notamment largement au-dessus des plafonds de revenus.

12:11
Locuteur 8

La réplique de François de Rugy ne tarde pas, via ce message posté sur Facebook.

12:17
Locuteur 5

Mediapart affirme qu'il s'agit d'un logement à loyer social préférentiel en s'appuyant sur certains témoignages. Cette information, si elle est avérée, je n'en ai moi-même jamais eu connaissance.

12:26
Locuteur 8

Document à l'appui, il assure être de bonne foi, ignorant la particularité de ce bien relevant du dispositif CELIER. Sa contre-attaque ne s'arrête pas là. – J'envisage, un, qu'on demande une enquête sur cette agence immobilière et sur les pratiques de cette agence immobilière, dont j'ai bien vu d'ailleurs dans l'article de Mediapart qu'elle était assez gênée, éventuellement sur la propriétaire, parce que si elle a sciemment accepté de louer un logement à quelqu'un qui avait des revenus supérieurs, un plafond éventuellement fixé par la loi CELIER, c'est qu'elle n'a pas respecté la loi.

Et deuxièmement, oui, j'envisage de porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre maintenant, dorénavant, tous les articles. Ils ne sont pas tous comme ça. Je ne mets pas tous les journalistes dans le même sac et je sais pertinemment qu'il y en a qui font leur travail d'enquête. Mais là, on a passé les bornes. Allégation mensongère à ses yeux,

13:14
Locuteur 2

comme cette dépense évoquée ce matin par le Parisien aujourd'hui en France.

13:19
Locuteur 8

Un sèche-cheveux doré à la feuille d'or pour la somme de 499 euros, un achat qu'aurait fait sa femme avec l'argent de l'Assemblée. Le couple, déjà épinglé pour des dîners en grande pompe lorsque monsieur était au perchoir. S'y ajoute la coûteuse rénovation des appartements privés de son ministère, plus de 63 000 euros. Hier, en déplacement dans les Deux-Sèvres, François de Rugy n'a pas échappé aux moqueries. Cette visite a dû être écourtée pour cause de convocations l'après-midi à Matignon. Le communiqué à la sortie prend la forme d'un recadrage. Edouard Philippe décide de le maintenir en poste, mais ordonne une inspection.

Si la moindre ambiguïté subsistait à l'issue du travail de vérification,

14:09
Locuteur 1

François de Rugy s'engage à rembourser chaque euro contesté.

14:13
Locuteur 2

Des affaires embarrassantes pour l'exécutif, empêtrées pendant des mois dans la crise des Gilets jaunes.

14:19
Locuteur 4

Évidemment que ça fait du mal. Évidemment que ça donne une image terrible. Évidemment qu'après l'année que nous venons de vivre, on demande des efforts. Il faut qu'on soit exemplaire. Il faut qu'on soit exemplaire à tous les étages.

14:28
Locuteur 8

Pris pour cible, y compris par les siens,

14:32
Locuteur 2

le numéro 2 du gouvernement n'entend pas céder à la pression.

14:37
Locuteur 8

J'ai une règle simple dans la vie politique. C'est que je fais ce que je peux assumer et j'assume ce que je fais. Et j'aimerais bien que ce soit pareil pour tout le monde. Parce que vous savez, les déclarations un peu à la va-vite comme ça pour essayer de se faire bien voir.

14:52
Locuteur 1

Vous parlez de Benjamin Griveaux ? Déclaration à la va-vite ? De lui ou d'autres.

14:56
Locuteur 2

Face à l'adversité, François de Rugy s'en remet à Emmanuel Macron. Il dit avoir reçu son soutien avec ces mots prononcés lors du dernier Conseil des ministres. Ne lâche pas.

15:08
Locuteur 8

Yves Tréard, c'est vrai qu'il est peu soutenu, y compris dans son propre camp. On vient d'entendre Benjamin Griveaux dire évidemment que ce sont des images terribles. On peut citer également Marlène Schiappa qui dit comprendre l'émotion et l'indignation suscitées par ces photos. Il est isolé ? Je pense qu'il y a deux choses, si vous voulez. C'est effectivement, sauf qu'il peut, et surtout pas moi, ça ne me concerne pas. Il n'y a qu'une personne qui, à l'intérieur de ce grand mouvement de La République En Marche, peut avoir le soutien de tout le monde, c'est le président de La République.

Je pense que tous les autres, ce sont des gens qui ne marchent pas en meute, mais qui marchent individuellement. Ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est parce qu'il y a une histoire, François de Rugy, si vous me permettez. François de Rugy, ce n'est pas un marcheur, ce n'est pas un macronien de la première heure. C'est quelqu'un qui était à Europe au Collège de l'Hiver, où il était déjà très contesté, parce qu'on considérait dans ce mouvement qu'il n'était pas suffisamment à gauche, qu'il avait tendance à être plutôt assez opportuniste, à chercher après un Marocain auprès de François Hollande, de François Hollande déjà à l'époque.

Et donc, il n'a jamais été beaucoup apprécié. Après, il y a eu l'épisode de la primaire du Parti Socialiste, enfin de la gauche, en 2016, 2017, où il a participé, à côté de la plupart, c'était des socialistes et de Mme Pinel, à cette primaire. Et il avait promis, en direct à la télévision, de soutenir le vainqueur de cette primaire, qui était Benoît Hamon, s'il perdait cette primaire. Il perd cette primaire, Hamon gagne, et quelques temps après, il n'a pas fallu beaucoup de temps, il ne tient pas sa promesse et il va se vendre auprès d'Emmanuel Macron, une fois élu. Ça, c'est la troisième chose.

Quatrième chose, ça fait lourd, il est président de l'Assemblée nationale, il est un président de l'Assemblée nationale extrêmement contesté, par tout le monde, par l'opposition, mais aussi par son camp. Il veut laver plus blanc que blanc. Et il veut avoir l'œil sur tout, si vous voulez, et beaucoup se disent, mais c'est une espèce de dictature qui se met en place, à l'intérieur du fonctionnement de l'Assemblée nationale. Nicolas Hulot démissionne du gouvernement et par facilité un peu, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de candidats à la succession et que c'était difficile à trouver, le président de la République choisit François de Rugy, compte tenu de son passé vers d'écologiste.

Et François de Rugy ne s'impose pas vraiment à l'intérieur de ce ministère, ne s'impose pas vraiment sur le front de l'écologie, à tel point qu'on se demande même si l'écologie est encore un sujet important pour le président de la République, ce qui n'était pas le cas, mais ce qui était devenu le cas, parce qu'il y avait Nicolas Hulot présent. Et finalement, si l'écologie est remontée à la surface, c'est grâce au Premier ministre et au président de la République. Monsieur de Rugy a toujours été dans la coulisse, je dirais. Et donc, c'est un homme seul.

Ce n'est pas du tout quelqu'un qui a des troupes, qui a des supporters, qui a, je dirais, la bienveillance, puisque c'est un mot à la mode, de ses petits camarades de jeu. Alors Jérémy Marot, pourquoi est-ce que Matignon, hier, Edouard Philippe a convoqué François de Rugy ? D'abord, sait-on ce qu'il s'est dit ? Et pourquoi est-ce qu'il a été décidé au terme de cette rencontre ? On pensait qu'il allait devoir démissionner, finalement de le garder, le soldat de Rugy.

18:51
Locuteur 4

– Pour l'heure, en fait, je crois que s'il y a quelque chose qu'Emmanuel Macron déjà déteste, c'est offert des têtes. On l'a vu l'année dernière avec l'affaire Benalla. On le voit cette année, je pense, avec l'affaire Rugy. On ne sait pas encore ce qui va se produire. Et donc, pour l'heure, je pense qu'il est temps plutôt d'avoir des vérifications, laisser le temps de l'enquête. Le chef du gouvernement hier, Edouard Philippe, a reçu pendant près d'une heure et demie François de Rugy à Matignon. Il y a eu, on le voit à la sortie, un communiqué assez laconique, assez frais, on va dire.

19:28
Locuteur 8

– Oui, je l'ai là. Edouard Philippe a rappelé que tout responsable public est astreint à la double exigence de transparence et d'exemplarité, et que son ministre devra répondre à toutes les questions que se posent légitimement les Français.

19:39
Locuteur 4

– Donc, entre les lignes, on comprend que François de Rugy n'a pas encore répondu aux bonnes questions, sa défense a été mauvaise, et que là, il est astreint, tenu, à apporter ses réponses aux Français. Et à la fin, on dit, de ce communiqué, il est dit que les Français se posent des questions légitimes et qu'il faut y répondre. Et je pense que là, François de Rugy est mis vraiment sous pression par le chef du gouvernement. On a connu le soutien plus chaleureux. Ce n'est pas un lâchage en race campagne, mais très honnêtement, ce n'est pas le soutien le plus chaleureux au monde.

20:06
Locuteur 8

– Virginie Leguay, question téléspectateur. Emmanuel Macron peut-il maintenir François de Rugy à son poste et en même temps demander aux Français de faire plus d'efforts ?

20:15
Locuteur 10

– Après cinq mois, presque six mois de gilets jaunes, franchement, c'est difficile et délicat. Et tout à l'heure, Yves Fréard disait que si les faits qui s'étaient commis hier dans la classe politique avaient été su, ils se seraient passés les mêmes choses. Moi, je ne dirais pas tout à fait ça. Je dirais que l'exigence des Français est beaucoup plus forte aujourd'hui qu'elle l'était il y a 10 ans ou 15 ans et que la classe politique se doit d'être absolument exemplaire. On a vu des exemples récents encore dans Le Vieux Monde qui n'est pas si vieux. On se souvient de l'épisode d'Aquilino Morel qui faisait cirer ses chaussures à l'Elysée.

20:48
Locuteur 8

– Il a démissionné immédiatement.

20:50
Locuteur 10

– Exactement, ça paraît une broutille. On se souvient plus longtemps encore de Christian Blanc et de ses cigares. Il y a déjà eu des alertes très sérieuses et je suis très étonnée que François Drugy qui a été un des procureurs de la transparence, de l'exigence, de l'intransigeance et qui a défendu depuis très très longtemps, quitte même à montrer du doigt ce qui était à ses yeux coupable, qui a défendu l'intégrité de l'homme politique, je suis très étonnée qu'il n'ait pas compris ça, qu'aujourd'hui ce n'est plus possible.

C'est possible de faire des dîners, c'est possible de recevoir, mais ce n'est plus possible, un, de faire des dîners aussi fastieux, ce n'est plus possible de se faire prendre en photo de cette façon-là, ce n'est tout simplement plus possible. Et je suis très étonnée que ce représentant, qu'il le veuille ou non, du Nouveau Monde, dans lequel il a tant voulu entrer, n'ait pas compris ces règles-là.

21:35
Locuteur 8

Les règles du jeu ont changé. Il peut se montrer brutale, François Drugy, puisqu'il a exigé la démission immédiate de sa directrice de cabinet qui avait un logement social dans lequel elle n'habitait pas.

21:43
Locuteur 10

Depuis fort longtemps.

21:44
Locuteur 8

Et vous avez vu qu'aujourd'hui, celle-ci qui vient d'être démise de ses fonctions assez brutalement, dans une interview à Ouest France, dit « François Drugy a voulu sauver sa tête en offrant la mienne ». C'est évident. Il y a règlement de compte à Oké Corral.

21:55
Locuteur 10

Mais de façon générale, je trouve que depuis 48 heures, on assiste à une série de règlements de compte. La solitude dans laquelle semble être François Drugy, elle est probablement liée à peut-être ses contorsions politiques passées, mais plus sûrement à son caractère, à peut-être sa brutalité, son intransigeance, sa façon de parler aux gens. Mme Klein, qui lui a répondu de cette façon-là, en lui disant « Il a offert ma tête pour sauver la sienne ». Rien ne l'obligeait à faire ça. Elle aurait pu effectivement démissionner, se taire. C'est une haute... Elle est fonctionnaire. Oui. En plus, c'est une préfète qui a été... Elle appartient à la haute fonceau publique.

Elle a une carrière tout à fait respectable.

22:33
Locuteur 8

C'est elle qui a géré Notre-Dame-de-Lande sous le gouvernement. Absolument. C'est quelqu'un qui a eu une bonne presse.

22:38
Locuteur 10

Donc, on sent à travers tous ces mots-là la rancune, quelque chose qui s'est fixé autour de François de Rugy et qui vient de tous les côtés. C'est franchement très... Ça concorde.

22:51
Locuteur 8

Bruno Jean-Barre, quelle est son image dans l'opinion ? Est-ce qu'il a une bonne cote ? Est-ce qu'il est indispensable à la Macronie en termes de popularité ?

22:59
Locuteur 7

Pas tant que ça, en fait. Parce que quand on regarde, il occupe un poste, le ministre de l'Environnement, qui est plutôt un poste populaire en général. Les ministres de l'Environnement sont généralement plutôt populaires parce que c'est une thématique assez consensuelle. Et Nicolas Hugo, l'été particulièrement, c'était un des ministres les plus populaires du gouvernement d'Edouard Philippa. Et François de Rugy, quand on regarde nos indicateurs, il est plutôt à la fin. Il est en queue de peloton des ministres avec Christophe Castaner. Ce qui est un peu plus compréhensible pour Christophe Castaner, qui a dû affronter un certain nombre de polémiques.

Et puis aussi, ce qui s'est passé dans la rue avec les gilets jaunes, les débordements. Donc, il n'a pas une opinion très solide. Et il n'a pas une opinion très solide pour lui parce que, comme l'a dit Yves Tréard, il n'a jamais eu vraiment l'ancrage ou le soutien dans un camp. Il était très clivant auprès des écologistes eux-mêmes. Il avait même participé à la scission d'Europe Écologie-Les Verts entre ceux qui avaient quitté le gouvernement avec l'arrivée de Manuel Valls et ceux qui étaient restés, qui avaient fait une petite formation politique pour rester en soutien au changement de Premier ministre dans le quinquennat Hollande.

Si vous vous rappelez aussi, il s'est probablement mis à dos quelques membres de la majorité puisque, à l'origine, quand il a été élu président de l'Assemblée nationale, il devait remettre son mandat en jeu à la moitié du mandat. Et, sitôt élu, il avait commencé un peu à écarter ce principe en disant « on verra, ce n'est pas forcément automatique ». Donc, je pense qu'il n'avait pas forcément le soutien et donc, il n'est pas très soutenu, effectivement, dans l'opinion à cause de ça. Un peu perso ou opportuniste ? Un peu perso, parce qu'il a un parcours atypique. Et puis, il est aussi, il faut le dire, il a une difficulté dans cette histoire.

C'est qu'il est en charge d'une fonction, ministre de l'Environnement, qui, en ce moment, est compliquée parce que c'est une fonction qui n'est plus une fonction aussi consensuelle qu'elle l'était par le passé puisque c'est une fonction qui commence à demander des efforts aux Français. Demande de la sobriété. De la sobriété, de la frugalité. La frugalité, ce n'est pas forcément totalement en concordance avec les images qu'on a vues de ces dînés et avec ce qui est en train d'être renvoyé.

25:00
Locuteur 8

Le homard, c'est ce pauvre animal vivant qu'on lance vivant dans une eau ébouillantée.

25:04
Locuteur 7

Et donc, ça, c'est difficile. Donc, évidemment, c'est un sujet supplémentaire. Et dans l'idée qu'ont le Premier ministre et le Président d'accélérer sur la question écologique dans les semaines qui viennent, il y a aussi la question de savoir s'il peut porter ces sujets-là.

25:19
Locuteur 8

Et bien, justement, Yves Strayard, on vient de le voir, à New York, il avait été accueilli, François de Rugy, par des gens qui scandaient « Nous aussi, on veut du homard » et avec un homard géant gonflable. Non, mais est-ce que tous les ministres en déplacement ne vont pas maintenant subir ce traitement ? Ah, tous les ministres, je ne sais pas. Ça ne va pas handicaper l'action du gouvernement ? Oui, non, mais justement, c'est là, si vous voulez, comme il est très seul et on l'a vu, tout le monde s'est à peu près désolée d'Arizé, à part le Premier ministre qui a...

le Président de la République, s'est exprimé qu'au Conseil des ministres, on connaît sa position, que par l'intermédiaire de Mme Ndiaye, il n'a pas parlé sinon. Donc là, pour le moment, il n'y a que le Premier ministre qui lui dit « Il faut vous justifier avec... donner plus de clarté à votre discours. » Vous avez l'air de dire qu'il n'est pas forcément très ferme, très assuré, le soutien du Président ? Ah, pas du tout.

Moi, je pense que, un, comme vous l'avez dit, il y a, comme dit Bono, il y a quand même ce sujet de l'écologie qui est au cœur de l'acte 2 du quinquennat, si on peut parler ça comme ça, au cœur, on va voir si ça se maintient au cœur, parce que vous savez, l'écologie, chaque fois est brandie, et puis c'est tellement compliqué qu'à chaque fois... L'écologie, ça suffit, comme disait Nicolas Sarkozy. Et Hollande après, d'ailleurs. Et donc, on va voir. Mais bon, toujours est-il qu'il y a des réformes douloureuses à faire pour que cette écologie soit réelle, sans être punitive. Enfin, c'est vraiment la cadrature du cercle. Et est-ce qu'il peut la porter ?

Je doute qu'il puisse la porter, parce qu'effectivement, il risque d'être l'objet de colibés. Enfin, c'est son autorité qui est en jeu là aujourd'hui, qui est très difficile. Deuxième chose qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on a eu l'affaire Ferrand le premier été du président de la République. On a eu l'affaire... On va revenir sur tous ces étés... L'affaire Benalla. Compliquée. Et que je ne suis pas persuadé que le président de la République et le Premier ministre veuillent encore qu'un été pourri.

27:10
Locuteur 9

Voilà, un été rugi.

27:11
Locuteur 8

Donc, ça peut très vite se... Si vous voulez, tout ça peut s'interrompre. D'autant qu'à mon avis, et ça ne va pas du tout dans sa défense, c'est une très mauvaise image, ce que vient de dire sa directrice de cabinet ou son ancienne directrice de cabinet, ne peut être pas vraiment en sa faveur, de mon point de vue. Jérémy Marot, on apprend cet après-midi que son appartement est inspecté, notamment parce qu'il y a eu 63 000 euros de travaux. Ce qui peut choquer aussi, quand même, c'est 17 000 euros de travaux pour un dressing.

27:39
Locuteur 4

Alors, effectivement, Edouard Philippe a demandé...

27:40
Locuteur 8

Et il a dit ce matin, François Dérugic, que d'autres affaires allaient sortir puisque maintenant, on en est à inventer, dit-il. Mais bref, ça feuille tonne.

27:46
Locuteur 4

Voilà, alors, effectivement, Edouard Philippe a demandé au secrétariat général du gouvernement de diligenter une inspection dès aujourd'hui. Donc, avec cette volonté, on sent d'éteindre l'incendie au plus vite. Alors, est-ce que ça va feuilletonner ? Je pense, en fait, que ce week-end, ça va être un bon thermomètre. Beaucoup de députés rentrent en circonscription, des ministres vont faire des 14 juillet, vont être sur le terrain et vont se rendre compte de ce qui leur revient, de ce qui leur remonte. Un ministre disait, moi, je suis sûr, le 14 juillet, on va me dire, alors, le homard, il est bon au ministère.

Et lundi, quand tout le monde va remonter à Paris, pouvoir prendre un petit peu la température de la majorité et savoir, alors, les députés, par nature, sont assez volatiles, gazeux, ils ressentent tout ça très fort parce qu'ils sont aux prises avec le terrain. Et on va voir si ce sujet va encore monter très fort dans la majorité. Et on ne sait pas, d'ailleurs, si Mediapart a d'autres choses encore sous la semelle à sortir.

28:37
Locuteur 8

C'est vrai que, Virginie, c'est une image qu'on n'avait pas forcément de quelqu'un qui aime bien le, j'allais pas dire le luxe, mais enfin, qui aime bien vivre dans un appartement raffiné puisqu'apparemment, Nicolas Hulot disait que l'appartement était dans son jus. Et donc, François de Rugy a éprouvé le besoin de faire 63 000 euros de travaux. Donc, ça passe pour quelqu'un qui n'est pas austère. Il y a l'heure, on dit qu'il passe du austère au homard.

28:59
Locuteur 10

Ça passe pour quelqu'un qui a envie de vivre confortablement dans un appartement qu'il n'était peut-être pas. Je ne sais pas. En tout cas, là où ça ne passe pas, peut-être, aux yeux des Français, c'est que c'est en complète contradiction avec son image. Moi, ça me rappelle l'affaire Fillon. Fillon a construit sa carrière politique sur une image de probité, de sobriété. Et quand il lui est arrivé ce qui lui est arrivé pendant la course...

29:21
Locuteur 8

Les costumes à 14 000 euros ?

29:23
Locuteur 10

Jusqu'aux costumes, parce que n'oublions pas, les costumes sont arrivés assez tard tout au long de ces développements infinis auxquels nous avons assisté pendant la campagne présidentielle. Là, je crois que ça s'en était fini. Il n'avait plus aucune chance. Il pouvait expliquer de différentes façons. C'était fini. Son image était définitivement abîmée. Et il me semble que celle de François de Rugy est très abîmée. Et que quoi qu'il fasse aujourd'hui, quoi qu'il dise, on voit bien que l'enquête est rapide. Elle a commencé aujourd'hui. Elle doit durer une semaine sur ses fameux travaux. La déontologue va éplucher.

Mais quoi qu'il se passe, il y a quelque chose qui est définitivement, à mon avis, compromis et qui pourrait entacher l'image de l'exécutif une nouvelle fois.

30:00
Locuteur 8

Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, Yves Tréard, un petit mot d'autocritique sur la profession de journaliste quand François de Rugy dit « Je suis là face à une presse, coupeur de tête ». Est-ce qu'il a un petit peu raison ou pas ? On veut se le payer. La presse veut se le payer. Enfin, une certaine presse. C'est là où la méthode a changé, à mon avis. Dans l'affaire Benalla, tout gouvernement, toute la majorité avait d'abord pris à partie la presse en disant « Tout ça, c'est la presse. » Il monte en épingle parce qu'elle n'a rien à raconter. Là, c'est différent. Il n'y a que lui qui le dit. Les autres ne prennent pas du tout à partie de la presse. Il n'y a que lui qui le dit.

Évidemment, comme il se trouve en position d'accusé et qu'il faut faire la part des choses aussi parce que c'est facile d'accabler quelqu'un dans toutes les charges qui sont lancées contre lui. Comme l'a dit Virginie tout à l'heure, l'histoire de l'appartement à Nantes, ça n'a pas l'air de tenir très bien là.

30:45
Locuteur 10

Ce n'est pas un logement social en tout cas comme la firme Mediapart. Ça, c'est clair. Ça n'a pas l'air qu'il n'est, c'est ça ? La loi s'est liée.

30:51
Locuteur 8

Il ne faut pas tout lui mettre. Il a à se justifier, à dire, puisque c'est comme ça que le Premier ministre le met en demeure. Mais dans tout ça, il y a l'histoire du sèche-cheveux plaqué or. Si vous voulez, ça paraît complètement dément cette histoire. Il y a peut-être des choses qui sont fausses. Il l'a démenti vigoureusement. Cette polémique sur le train de vie de François de Rugy annonce-t-elle un nouvel été compliqué pour Emmanuel Macron ? On se souvient, on en parlait à l'instant, de l'affaire Benalla. C'était quasiment il y a un an, jour pour jour. Affaire qui avait fortement brouillé l'image du président qui ambitionnait d'incarner une république irréprochable.

Vous voyez ce sujet de Barbara Stec et Nicolas Baudry-Dasson.

31:35
Locuteur 2

La probité en politique. Au lendemain de sa victoire à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron veut en faire une priorité, un marqueur de son quinquennat.

31:48
Locuteur 4

La moralisation de notre vie publique, la reconnaissance du pluralisme, la vitalité démocratique seront dès le premier jour

31:55
Locuteur 2

le socle de mon action. Je ne me laisserai arrêter par aucun obstacle. J'agirai avec détermination et dans le respect de chacun.

32:06
Locuteur 8

Mais voilà cette promesse ternie dès le 21 juin 2017. En ce premier jour d'été, un des hommes du président, artisan de sa victoire devenu ministre de la justice, François Bayrou, démissionne. Après l'ouverture d'une enquête préliminaire au sujet d'emplois fictifs présumés de certains assistants parlementaires.

32:28
Locuteur 6

Je choisis la liberté du jugement et la liberté de parole. Je choisis de préserver la loi de moralisation et de confiance dans la démocratie. Je choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens.

32:51
Locuteur 2

Une démission, alors même que François Bayrou

32:53
Locuteur 8

vient de présenter sa loi pour la confiance dans la vie démocratique. À la table du Conseil des ministres, le maire de Pau n'est pas le seul à être inquiété par la justice. Richard Ferrand,

33:05
Locuteur 2

ministre de la cohésion des territoires, est visé par une enquête préliminaire pour des soupçons de favoritisme dans l'affaire des mutuelles de Bretagne.

33:15
Locuteur 7

J'ai bien noté que c'est une sorte

33:17
Locuteur 5

de cadeau de bienvenue pour ma nomination au gouvernement où l'on essaye de faire d'un acte de gestion banal une pseudo à faire.

33:27
Locuteur 10

Le fidèle d'Emmanuel Macron

33:28
Locuteur 2

est exfiltré du gouvernement. Un départ contraint. Il démissionne le 19 juin 2017 et va prendre la tête du groupe de la République en marche à l'Assemblée nationale. Un an plus tard, c'est l'affaire Benalla qui va mettre à mal toute la Macronie. Un nouvel été meurtrier qui débute le 18 juillet 2018. Le journal Le Monde révèle une vidéo datant du 1er mai sur les images. Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron en charge de la sécurité, interpelle un couple avec violence alors qu'il n'est pas autorisé à intervenir. Regardez bien sa tête, il l'a tabassé par terre ! Regardez bien, il l'a tabassé par terre ! La vidéo va déclencher un scandale judiciaire et politique.

Une affaire d'État. En quelques jours, Alexandre Benalla est licencié, mis en examen.

34:17
Locuteur 8

Les travaux législatifs sont paralysés. Une commission d'enquête est mise en place au Sénat.

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Locuteur 1

Depuis la fin de semaine dernière, les langues commencent à se délier. Manifestement, M. Benalla faisait régner la terreur.

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Locuteur 2

Mais à aucun moment... Pendant les premiers jours de l'affaire, Emmanuel Macron va être mutique.

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Locuteur 8

Mais face à ses troupes, il sort de sa réserve.

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Locuteur 2

Ils cherchent un responsable. Dites-leur, dites-leur chaque jour, vous l'avez devant vous. Le seul responsable de cette affaire, c'est moi. S'il veut un responsable, il est devant vous. Qu'il vienne le chercher. Et ce responsable, il répond au peuple... Le feuilleton Benalla va durer des mois.

35:01
Locuteur 8

Soupçons d'armes non déclarées, passeports dissimulés, mystérieux contrat avec un milliardaire russe, pas un mois sans une révélation. Une affaire

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Locuteur 2

qui continue de poursuivre Emmanuel Macron.

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Locuteur 8

On en a sans doute beaucoup fait sur cette affaire. Beaucoup. Peut-être trop. Voilà comment je vois les choses.

35:27
Locuteur 2

Troisième été et début d'un nouveau feuilleton. Avec l'affaire de Rugy qui vient mettre à mal une fois de plus la République exemplaire, tant souhaitée par Emmanuel Macron.

35:39
Locuteur 8

Alors, question téléspectateurs, ne trouvez-vous pas que l'absence de réaction du gouvernement rappelle fort celle de l'affaire Benalla ? Yves Tréhard, est-ce qu'on peut... Non, je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il y a eu une réaction de la majorité d'abord. Et le Premier ministre a rappelé, il faut le rappeler, c'est assez rare quand même, il était en déplacement hier, M. de Rugy, il a été rappelé par le Premier ministre, convoqué à Matignon, il a dû écourter son voyage et donc, c'est déjà un avertissement, si vous voulez, il n'est pas... Voilà.

L'affaire Benalla, le pouvoir, c'était le président de la République qui était en cause et le président de la République a mis beaucoup de temps avant de réagir. Parce qu'il pensait que ça allait se fondre dans l'été d'une certaine façon. Si on peut faire une comparaison, l'affaire de Rugy, c'est l'affaire d'un homme qui n'a pas fait attention, qui manque peut-être un peu de conscience et comme le disait Virginie, c'est aujourd'hui des choses qui ne se font pas. L'affaire Benalla, même si je suis de ceux qui pensent qu'il y a des choses plus importantes quand même dans la politique, c'est l'échec d'une gouvernance, d'un système et c'est le président de la République qui est en cause.

C'est lui qui est fautif de ne pas avoir fait attention du sort qui était réservé et des dérives. C'était des dérives, des abus de pouvoir commis par quelqu'un qu'il connaissait, contrairement à ce qu'il a pu dire et qui savait très bien ce à quoi il était employé à l'intérieur de l'Élysée. Et contrairement à ce qui a été dit dans le reportage, il n'a pas été licencié immédiatement, il a été mis à fait 15 jours. Mais il a fini par être licencié. Oui, mais longtemps après et puis c'est un feuilleton qui feuilletonne encore si je puis dire.

Donc l'affaire est beaucoup plus importante parce que ça a pu insinuer que rien n'était maîtrisé à l'intérieur de l'appareil d'État au plus haut sommet de l'Élysée. Et c'est un peu ce qui s'est produit quand même parce qu'on a découvert que M. Benalla non seulement faisait la police alors qu'il n'était pas à sa place le 1er mai mais aussi il y avait des passeports diplomatiques en voiture, voilà, mais rencontrait des personnalités étrangères sans l'autorisation de personne et faisait la pluie et le beau temps en gros à l'Élysée et était comme chez lui. Donc ça pouvait émettre, enfin c'était un signal qui montrait qu'à l'Élysée qui était le chef en gros.

Bon depuis les choses se sont rétablies mais c'était une affaire qui était, me semble-t-il, beaucoup plus intéressante car ils disent que là, s'ils veulent vraiment l'arrêter, et bien ils démissionnent M. de Rugy et c'est fini. Donc il y a un changement de méthode avec cette affaire Rugy. C'est Brigitte Macron qui récemment sur RTL faisait cette confession. On a sans doute minimisé l'affaire Benalla. Au fond, on avait un pouvoir un peu sûr de lui, sûr de ne pas commettre d'erreurs et donc de ne pas être rattrapé par des scandales, Virginie Loguay.

38:30
Locuteur 10

Je dirais que la sous-réaction qui a prévalu au moment de l'affaire Benalla conduit aujourd'hui à une sur-réaction paradoxalement. Parce que quand l'Élysée, il y a un an, a vu cette vidéo « Place de la contre-escarpe » où on voyait Alexandre Benalla qui était là en tant qu'observateur en train de frapper un manifestant, j'allais dire la faute, la conduite inappropriée était caractérisée. Et l'Élysée aurait pu immédiatement dire « ça ne va pas, on ne peut pas le garder. » Il n'y avait pas besoin d'avoir 36 interprétations. Là, on peut considérer qu'il s'agit d'une conduite disons pas très morale, pas très abstinente de François de Rugy. Mais il n'y a pas vraiment de faute.

Il a le droit de faire des dîners. Il est légal. Il a le droit de faire des dîners à l'Assemblée nationale. Il a le droit de recevoir, il a le droit de faire des travaux. Il a le droit, comme il a cessé de le répéter. Mais la question n'est plus là aujourd'hui. La question est est-ce que François de Rugy se comporte comme un homme politique qui a ses responsabilités, doit se comporter, j'allais dire, doit se discipliner lui-même ou est-ce qu'il a dépassé des bornes qui aujourd'hui ne sont plus acceptables. Et là, il y a une faute politique.

Mais je dirais que là où l'affaire Bénal a été caractérisée d'entrée, l'affaire de Rugy, elle est plus dans l'appréciation que chacun se fait de ce que doit être le comportement d'un homme politique. Et Emmanuel Macron, qui s'est fait élire sur la promesse d'une république exemplaire, devrait penser que traîner cette affaire-là est un fardeau dont il n'a pas besoin, franchement. Comment il va faire à la rentrée pour engager des réformes aussi lourdes que celles qu'il veut engager si les Français ont encore en mémoire ses fautes de cartes parce que c'est des fautes

40:00
Locuteur 8

de cartes de ses ministres. Mais Jérémy Marot, est-ce qu'on n'est pas aussi, quand on est ministre, rattrapé par ce décorum, par ces cuisiniers qui sont à votre service, par cette cave qu'on dit exceptionnelle, finalement, on se laisse porter.

40:12
Locuteur 10

Et qu'il est depuis Jacques Chabond-Delmas.

40:13
Locuteur 8

Et qu'il est depuis Jacques Chabond-Delmas. La République irréprochable se laisse tentée par les fastes et le décorum des hôtels particuliers que sont ces ministères.

40:25
Locuteur 4

Oui, l'Ubri, c'est un alcool fort, comme on dit. Oui, alors, quand on connaît l'hôtel de l'Asset, c'est vrai, où le protocole, les ors, les lambris, c'est particulièrement imposant. On se fait vite rattraper pour ça. Et la fonction de président de l'Assemblée nationale est aussi une fonction de représentation. Et on le voit à l'image, c'est un palais qui est vraiment, voilà, solennel, imposant. Et peut-être qu'on y prend goût. Darlène Schiappa

40:51
Locuteur 8

prend un malin plaisir à dire, moi, je sers de l'eau plate en carafe et des places simples.

40:56
Locuteur 4

Oui, oui, oui. Chacun a mis en place dans mon ministère. Voilà, chacun a mis en place ses règles.

41:00
Locuteur 10

L'actuel président de l'Assemblée nationale, je crois, a dit qu'il, pour sa part, il avait une vie monacale.

41:04
Locuteur 4

Oui, probablement.

41:05
Locuteur 10

C'est admirable.

41:07
Locuteur 4

Pour mémoire, peut-être que l'erreur initiale, ou peut-être était-ce trop ambitieux, mais c'était cette idée de porter une loi de moralisation. Alors, on peut disserter philosophie sur que vient faire la morale dans la loi, mais quand on porte une loi de moralisation, on s'impose à soi, on se lie les mains sur ce comportement exemplaire. Et d'ailleurs, le Premier ministre a tenu à enlever ce mot de moralisation dans l'intitulé exact du projet de loi qui s'appelle rétablissement de la confiance dans la vie politique. Mais l'idée initiale, c'est cette loi de moralisation. Donc, les marcheurs sont arrivés au pouvoir avec cette promesse de moraliser la vie politique.

Ils se sont liés les mains sur peut-être quelque chose qu'ils n'étaient pas capables de tenir à la fin puisqu'effectivement, on se fait rattraper par...

41:50
Locuteur 8

Il s'est fait beaucoup d'ennemis. C'est Adrien Quatenas qui disait « Pendant que moi, je scanne mes tickets de la pizzeriale en face, d'autres... » Oui, mais il faut arrêter la démagogie aussi comme Madame Schiappa qui dit qu'elle ne sort plus d'eau minérale à son ministère et qu'elle sert de l'eau du robinet. Bon, il faut quand même... Au bout d'un moment, il faut quand même arrêter cette dictature de la moraline, j'ai envie de dire, et de la transparence. Mais c'est vrai qu'il y a des choses qui ne se font pas. Et même en conscience, quand on est ministre, il y a évidemment des choses qu'on doit savoir ne pas faire.

Ce qu'il faut dire, c'est que cette ambition de morale, je dirais, en politique, ce n'est pas neuf du tout, ça. C'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007. Il y a eu l'affaire Christian Blanc, il y a eu tout ce qu'on a pu lui reprocher, le côté bling-bling, tout ça. C'était un thème récurrent de la campagne de François Hollande en 2012. Et il y a eu l'affaire Cahuzac et puis d'autres histoires. C'était effectivement au cœur de la démarche d'Emmanuel Macron d'un monde nouveau en 2017. Et puis, il y a des histoires qui sortent régulièrement. Donc, c'est toujours très compliqué. C'est pour ça qu'on peut légiférer, on peut mettre des règlements.

C'est aussi une conscience d'hommes et de femmes parce qu'on n'arrivera jamais à chasser tous les démons qui existent dans la tête des hommes et des femmes politiques. Mais le démon, est-ce que ce ne sont pas tous ces fastes de la République ? Il paraît qu'à l'étranger, les déjeuners se font autour d'un plateau repas avec un verre de lait dans un réfectoire en France. Ce n'est pas ça, la politique et les ministères.

43:27
Locuteur 7

Le train de vie des ministères, ce n'est pas ça. Non, ce n'est pas ça. Mais je dirais qu'en soi, les Français ne rejettent pas cette idée-là que la République sache recevoir, qu'elle ait des attentions. Là, le sujet, c'est est-ce qu'on peut le faire pour un titre qui est visiblement de l'ordre autant privé que public ? Et c'est ça la question. Si on a la liste des invités et qu'on voit qu'il y a des ambassadeurs, des ministres étrangers ou même des grandes personnalités du monde culturel, artistique étrangère, je pense qu'on n'aura pas du tout le même regard sur ces dîners.

Ce qui est intéressant, je trouve, quand même, dans la réaction, c'est qu'elle est très loin, comme l'a dit Fréard, de celle de l'an dernier. L'an dernier, le grand discours, c'était de dire « Les Français ne nous parlent pas de ça. Ils ne s'intéressent pas à cette histoire de Benalla. Vous en faites beaucoup trop. » Je peux vous dire que ce n'était exactement pas ça qui se passait sur les marchés. Les gens ne parlaient que de ça. Là, ils ne disent pas ça parce qu'ils savent qu'ils vont entendre probablement ce week-end remonter ces éléments.

Et c'est d'ailleurs la grande crainte de beaucoup de députés de la majorité et c'est pour ça qu'il y a des tensions et il y a probablement beaucoup moins de solidarité. Au-delà du fait qu'évidemment, l'an dernier, c'était Emmanuel Macron qui était en première ligne. Donc, Emmanuel Macron, il était hors de question de ne pas le protéger. Là, François Drugy, personne ne se sent vraiment lié pour le défendre et pour le protéger à tout prix.

44:49
Locuteur 8

Alors, en matière de transparence et de sobriété, le monde politique français apparaît souvent à la traîne, on le sait, par rapport à nos voisins européens, par rapport à l'Allemagne ou à la Suède, par exemple. Au Royaume-Uni, il y a quelques années, une affaire de notes de frais des parlementaires avait défrayé la chronique et entraîné une remise à plat totale du système de contrôle. Alors, retour sur cette terrible affaire anglaise des notes de frais avec Mélanie Lunès et Christophe Roquet. Pendant des semaines, le scandale a fait la une des journaux britanniques, l'une des plus importantes crises politiques de Grande-Bretagne.

Des révélations qui vont jeter le discrédit sur les parlementaires de Westminster. En 2009,

45:29
Locuteur 2

sous le gouvernement travailliste de Gordon Brown, le Daily Telegraph révèle un système opaque à la note de frais abusives. Jour après jour, elles seront étalées dans la presse. Plus de la moitié des députés

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Locuteur 8

sont épinglés, 390 sur 646. Au total, 1 million d'euros d'irrégularités sont à rembourser. Un inventaire à la prévère de dépenses privées payées avec l'argent public. Certaines sont estimées à plusieurs milliers d'euros. Remboursement de prêts immobiliers, rénovation de résidences secondaires, installation de cuisine, cours de tennis, nettoyage de piscines ou encore de douves de manoirs. Parmi les fraudeurs, le secrétaire d'État à la justice, Shaib Malik, salle de bain, télévision, fauteuil de massage flambant neuf et 75 000 euros pour sa résidence secondaire londonienne. Je n'ai rien fait d'illégal.

Je suis surpris de me retrouver dans cette position alors qu'au moins 500 de mes collègues peuvent être accusés. Plus surprenant, dans cette longue liste, deux tapis perçants, des boîtes d'allumettes, de la nourriture pour animaux, un abri pour canards,

46:38
Locuteur 2

ou encore des films pornographiques loués par la ministre de l'Intérieur pour son mari, forcés de s'excuser à la télévision.

46:47
Locuteur 5

Je comprends parfaitement que les gens soient indignés et en colère. Nous n'aurions pas dû demander le remboursement pour ces films et bien entendu, nous avons rendu l'argent.

46:58
Locuteur 1

Le Premier ministre Gordon Brown en personne est impliqué. Il aurait dépensé

47:02
Locuteur 8

7 000 euros en frais de ménage et changement d'ampoule. acculée, la ministre des collectivités locales, elle, reverse 15 000 euros aux contribuables et brandit son chèque devant les caméras.

47:15
Locuteur 1

J'ai décidé d'envoyer au fisc un chèque dont le montant est l'équivalent de l'impôt sur les plus-values que j'aurais dû payer

47:21
Locuteur 8

quand j'ai vendu ma maison à un moment où je n'étais plus députée. Un scandale qui touche aussi l'opposition dans les rangs du parti conservateur de David Cameron.

47:31
Locuteur 5

Oliver Lethwin va rembourser les 2 200 euros perçus pour la réparation de la canalisation sous son cours de tennis. Andrew Lonsley les 3 000 euros touchés pour les travaux de sa maison. Alan Duncan va rendre les 5 500 euros de frais versés pour son jardinier.

47:46
Locuteur 8

Un grand déballage qui scandalise l'opinion publique anglaise dans ce pays en pleine crise économique.

47:53
Locuteur 5

Tous des voleurs. Partez. Partez maintenant.

47:57
Locuteur 9

Nous ne leur faisons plus confiance

47:58
Locuteur 8

y compris au Premier ministre. 11 jours après les premières révélations Michael Martin le président de la Chambre des communes démissionne comme 4 autres ministres et une vingtaine de députés. 6 parlementaires accusés de déclarations mensongères seront condamnés à des peines de prison. En pleine crise politique Gordon Brown promet plus de transparence.

48:21
Locuteur 3

Je reconnais ma responsabilité mais je ne vais pas abandonner mon devoir envers le pays. Je veux avancer sur ce dossier. Westminster ne peut plus fonctionner comme un club de gentlemen des années 80 dont les membres fixent les règles et se les appliquent à eux-mêmes.

48:41
Locuteur 8

Depuis le scandale les règles ont été renforcées. Une autorité indépendante pour gérer ces indemnités a été créée. Les notes de frais des députés sont consultables en ligne. Quant aux électeurs ils peuvent désormais révoquer en cours de mandat un député fraudeur. Yves Treher c'est vrai qu'il est sidérant ce reportage. On se console en disant que finalement c'était pire en Grande-Bretagne parce que faire rembourser de la nourriture pour chat des films X.

C'est une très grosse histoire en Grande-Bretagne mais il faut savoir que dans tous les pays il y a une suspicion vis-à-vis des hommes et des femmes politiques des élus y compris dans les pays scandinaves où à tel point qu'il y a des ministres qui ont été obligés de démissionner pour une histoire de pot de yaourt qui a été payée avec les deniers du ministère. C'est arrivé au Danemark ou en... Ou de Toblerone. Ou de Toblerone. Là pour le coup est-ce qu'on va pas trop loin ? Alors évidemment que si c'est là où il faut comme je vous le disais la dictature de cette...

Bon alors pour ce qui est de la Grande-Bretagne la vertu de ce qui s'est passé là-bas c'est qu'ils ont complètement changé leur système. Effectivement il y avait eu des abus les deux tiers du parlement étaient chambres des représentants et l'ordre les communes et les lords étaient rattrapés par la patrouille.

Il y a eu des condamnations en justice de mémoire je crois qu'il y a eu six ou sept parlementaires qui ont été traînés en justice ils ont été obligés de rembourser ça a été l'humiliation de la classe politique et qu'on retrouve un peu partout comme conséquence première c'est la défiance vis-à-vis du personnel politique et après on peut expliquer le Brexit on peut expliquer tout ça ça va très très loin tout ça. Alors après qu'est-ce qui s'est passé en Grande-Bretagne ?

C'est qu'ils ont mis en place une agence indépendante auprès de laquelle les parlementaires britanniques sont obligés de déclarer tous leurs frais et notamment sur internet on peut regarder toutes les dépenses toutes les notes de frais de chaque député c'est comme ça d'ailleurs qu'était né le scandale parce que le scandale était parti de tous ces parlementaires qui représentaient des circonscriptions lointaines de Londres et qui se servaient de l'argent qui était mis à leur disposition pour se loger à Londres à plein d'autres choses avec des abus incontrôlées Alors Virginie Loguet question téléspectateur la France devrait-elle prendre exemple sur le Royaume-Uni qui a vraiment moralisé sa politique faire en sorte que par exemple François de Rugy on puisse voir toutes ses notes de frais tout ce qui se fait rembourser sèche-cheveux quelle valeur je dis sèche-cheveux parce qu'il l'a démenti mais c'est le Parisien qui avait affirmé qu'il se serait fait acheter un sèche-cheveux plaqué or du temps où il était

51:25
Locuteur 10

à l'Assemblée

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Locuteur 8

du temps où il était à l'Assemblée nationale il l'a totalement démenti ce matin

51:27
Locuteur 10

Mais il ne faut pas non plus minimiser les efforts qui ont été faits depuis quelques années c'est vrai que la France revient de loin mais que malgré tout il y a eu beaucoup de tentatives pour moraliser rendre plus rigoureux le fonctionnement de la vie politique et les députés aujourd'hui ne sont plus du tout soumis au même régime qu'il y a seulement 10 ans et ils se plaignent d'ailleurs beaucoup d'avoir à déclarer leurs notes de frais d'avoir à scanner leurs tickets Comme dans le monde

51:56
Locuteur 8

de l'entreprise Oui

51:57
Locuteur 10

mais ils le découvrent en fait jusqu'à présent ils pouvaient simplement ne pas faire de notes de frais ils ne pouvaient ne pas justifier de qui ils employaient et gardaient s'ils le désiraient leur enveloppe de frais de représentation s'ils n'embauchaient personne pour travailler avec eux enfin il y avait une forme de liberté de souplesse dont peut-être certains ont abusé aujourd'hui c'est beaucoup plus difficile et il y a donc cette fameuse déontologue de l'Assemblée nationale qui va éplucher les dîners les listes d'invités de monsieur de Rugy qui s'est engagé à rembourser chaque euro qui aurait été indûment payé par les fonds publics donc on voit malgré tout qu'il y a des progrès on revient de très loin mais il y a des progrès Bruno Jambard ces dispositifs n'existaient pas hier

52:42
Locuteur 8

ce que dit évidemment Virginie c'est valable pour tous les députés mais c'est pas valable pour le président de l'Assemblée nationale qui n'est pas soumis à ce régime justement et c'est là la chose c'est que lui n'était pas obligé

52:53
Locuteur 10

proposer des règles qui n'est pas pour lui absolument Bruno Jambard

52:58
Locuteur 8

ça veut dire qu'être élu ça devrait être un job comme les autres donc plus de grandes tables d'ailleurs il l'a reconnu François de Rugy j'ai eu tort de faire ces grandes tables plus d'hôtels particuliers des notes de frais comme tout le monde ce à quoi les élus vous répondrez oui mais nous on est corvéable à merci 7 jours sur 7 et on n'est pas excessivement enfin dans le privé on pourrait gagner beaucoup plus eu égard à nos parcours et à nos parcours des narques et nos responsabilités etc.

53:23
Locuteur 7

Il y a une vraie contradiction c'est à dire qu'on demande énormément de transparence effectivement aux élus et effectivement il y a eu des abus sur l'enveloppe de frais en France comme ailleurs mais on a depuis quelques années essayé de mettre de l'ordre dans tout ça avec cette déontologue avec le fait de déposer les frais mais on a pris en fait une solution intermédiaire qui n'est pas très bonne c'est à dire qu'on a maintenu cette enveloppe de frais qu'on doit justifier sans vraiment complètement devoir la justifier parce que les députés ont quand même obtenu que le système soit un peu moins coercitif un peu plus souple alors qu'on aurait pu faire un autre choix qui était de dire cette enveloppe de frais en fait c'est un salaire le salaire des députés est plus élevé ils payent des impôts surtout parce que le sujet c'est que sur les frais on n'est pas imposable et on aurait mais pourquoi on n'a pas fait tout passer en note de frais voilà mais pourquoi on n'a pas augmenté le salaire parce que dans ce pays déjà les français trouvent que les élus sont trop payés sont trop favorisés les trois quarts dans nos enquêtes nous disent qu'ils sont corrompus et donc il y a eu la grande peur de l'augmentation du salaire des députés et donc on est resté dans ce système intermédiaire dans ce système intermédiaire il n'y a que deux solutions une solution à la britannique c'est à dire transparence absolue c'est à dire que chaque citoyen peut regarder chaque note de frais et juger par lui-même finalement si c'est un abus ou non et après en tant qu'électeur il choisit de sanctionner ou non son député au moment du renouvellement ça c'est le premier système ou le deuxième système c'est il n'y a pas de frais mais il y a un salaire plus important qui permet de couvrir l'ensemble des dépenses que peut avoir effectivement un député qui est dans une circonscription à 500 km de Paris et qui doit par ailleurs aussi pouvoir se loger les jours où il est à Paris et on est resté dans un entre-deux et on voit bien pourquoi mais on voit aussi que du coup cet entre-deux il continue à susciter des réactions des problèmes

55:07
Locuteur 10

j'ajouterais d'ailleurs que la déontologue pour expliquer que cet entre-deux reste bien un entre-deux que cette déontologue qui certes existe depuis peu n'a pas de pouvoir de sanction donc elle est là elle peut vérifier mais elle n'a pas de pouvoir de sanction

55:20
Locuteur 4

et elle ne vérifie pas tout le monde c'est-à-dire que c'est des contrôles aléatoires menés sur une centaine entre 100 et 150 députés on est tout à fait d'accord on est sur une contrainte légère voilà et avec une souplesse une enveloppe de 600 euros effectivement à dépenser

55:32
Locuteur 8

allez tout de suite on revient à vos questions alors un sèche-cheveux recouvert de feuilles d'or qui peut vouloir cela alors c'est le parisien mais il l'a démenti ce matin en tous les cas il a démenti le fait que ce sèche-cheveux que François Drugy avait fait acheter à l'Assemblée Nationale était plaqué or

55:52
Locuteur 7

oui alors moi je ne savais pas que ça pouvait exister donc j'ai vérifié alors effectivement ça existe il y a une marque qui fabrique un sèche-cheveux plaqué or alors ce n'est pas plaqué or c'est qu'il y a une fine couche d'or dans la notice en tout cas on n'explique en rien en quoi l'or serait bien pour sécher les cheveux mais il existe donc voilà on va s'arrêter là pour la publicité pour ce sèche-cheveux

56:14
Locuteur 8

qui en plus n'aurait pas porté chance forcément à ses acquéreurs quel rôle a tenu sa femme dans cette histoire il l'a dit ce matin François Drugy il dit ma femme est victime d'un règlement de compte c'est quelqu'un qui a publié ses photos qui voulait se venger de ma femme ça c'est à lui on ne va pas c'est difficile mais peut-être que sa femme a été un peu imprudente si vous voulez elle n'est pas dans le sa femme n'a pas une carrière politique elle ne connaît pas la politique a priori c'est une journaliste elle dit donc c'est une personne qui règle des comptes avec ma femme qui a dévoilé les photos de ce livre il faut ajouter que ce n'est pas une journaliste politique non plus et cette femme n'était peut-être pas suffisamment attentive et bien précisément à ce qu'un ministre et ce qu'un président d'Assemblée nationale un élu tout simplement peut faire ou ne pas faire et qu'il ne peut pas se comporter ce n'est pas une personne privée si vous voulez ce n'est pas comme un grand PDG d'une société privée à qui on peut reprocher quand on est salarié certains excès mais ce n'est pas de l'argent public le tout problème c'est que c'est de l'argent public et on ne se comporte pas comme ça de façon ostentatoire avec évidemment des vengeances en plus s'il y a des vengeances c'est terrible

57:29
Locuteur 10

mais se pose à propos de sa femme la question du statut du conjoint ou de la conjointe quel rôle ils ont parce qu'ils vivent ensemble ils sont logés ils étaient en tout cas logés à l'hôtel de la Seine qu'est-ce qu'elle a le droit de faire ou de ne pas faire François Drogi

57:42
Locuteur 8

a dit que ce n'est pas clair d'ailleurs quand on a été invité au Japon j'ai payé le billet enfin ma femme a payé son billet

57:46
Locuteur 10

là il y a une ambiguïté très forte dans le système français

57:50
Locuteur 8

combien de temps François Drogi peut-il tenir avec la pression médiatique Jérémy Marron on sait qu'il y a une enquête qui va déranger une semaine alors mouillez-vous il termine le quinquennat oh

58:00
Locuteur 4

bon ça c'est je ne dirais pas est-ce qu'il il termine le quinquennat voilà alors ça il a déjà fermé la porte depuis longtemps est-ce qu'il pourrait la rouvrir à la faveur de ça et trouver une sorte d'exfiltration on se rappelle que Richard Ferrand avait été exfiltré du gouvernement il n'avait pas démissionné il était parti pour briguer la présidence du groupe des députés en marche est-ce qu'on trouvera une porte de sortie honorable à François Drogi il est quand même ministre d'état numéro 2 du gouvernement la porte de sortie honorable il va falloir qu'elle soit elle-même dorée

58:31
Locuteur 8

vous disiez ça va dépendre des remontées du terrain que les parlementaires vont recueillir

58:35
Locuteur 4

lors des prochains déplacements je pense je subodore que ce week-end va être effectivement assez important les députés vont être en circonscription ils vont sentir le terrain ils vont voir ce qui leur remonte et si les remontées sont assises ferme la pince voilà comme on peut le voir sur l'accueil du ministre de Rugy Agnior avec Omar Géant si on a 577 Omar Géant dans les circonscriptions ils ont un parachute

58:58
Locuteur 8

maintenant qu'ils n'avaient pas dans le temps c'est-à-dire que quand ils sont démissionnés ou quand ils quittent le gouvernement ils redeviennent automatiquement parlementaires alors qu'avant ils devaient repasser par une élection il y avait des élections partielles c'est un avantage Nicole Klein donc la directrice de cabinet qui a été limogée de François de Rugy Nicole Klein a-t-elle servi de fusible ?

59:18
Locuteur 10

C'est ce qu'elle dit et c'est plutôt surprenant de la part de quelqu'un qui appartient à la haute fonction publique comme elle d'avoir ce genre de propos et ça dit quelque chose en tout cas des relations qu'il entretenait avec elle qui semblent mauvaises et ça dit aussi peut-être qu'elle se venge en disant mais elle a raconté la façon dont elle avait été licenciée elle a dit je n'ai eu d'une minute à l'autre plus aucun moyen d'accès à mon poste et je suis partie dans l'après-midi sans même avoir parlé avec le ministre

59:48
Locuteur 8

Alors on rappelle l'affaire c'est parce que pendant 12 ans elle a bénéficié d'un logement social à Paris alors qu'elle n'habitait plus Paris

59:52
Locuteur 10

Et il semblerait qu'elle soit partie dans des conditions très humiliantes c'est-à-dire que François André il n'a pas cru bon la recevoir lui expliquer qu'il était lui-même dans une situation compliquée et qu'il fallait qu'il se sépare d'elle Il ne l'a pas fait donc elle lui en veut mais peut-être que leur relation était mauvaise déjà

1:00:06
Locuteur 8

Tout cela ne donne-t-il pas une image terrible du nouveau monde ? Bruno Jambard est-ce qu'il est mort ce nouveau monde maintenant ?

1:00:13
Locuteur 7

Je crois qu'en fait il était déjà mort depuis l'an dernier l'affaire Benalla mais effectivement ça rajoute une seconde couche et c'est une vraie difficulté il y avait deux promesses dans l'élection d'Emmanuel Macron une promesse économique qui était de remettre la France à niveau de permettre à la France de rattraper les autres pays de faire les réformes que d'autres ont fait et pas nous et puis il y avait une promesse effectivement plus morale de changer les pratiques politiques et entre l'affaire Benalla et ses petites affaires alors Ferrand Rugy aujourd'hui effectivement cet aspect-là il est totalement effacé

1:00:43
Locuteur 8

L'un des mots clés enfin des formules clés de la campagne c'était nouveau visage nouveaux usages Alors vous qui êtes invité partout Yves Tréard François de Rugy est-il le seul à organiser ce type de dîner ? Est-ce qu'on mange du homard ? C'est vrai quand on est journaliste politique ou pas d'ailleurs puisque quand on est un journaliste international c'est pareil vous êtes souvent invité par les acteurs justement de la matière Et vous faites une différence entre déjeuner et dîner ?

Oui vous êtes rarement invité à dîner quand même généralement c'est des déjeuners qui sont d'ailleurs où on ne s'attarde pas parce que tout le monde travaille beaucoup moins que par le passé Il n'y a pas forcément du vin ? Pardon j'ai un âge plus...

Ah ben le vin ça n'a plus rien à voir maintenant il n'y a plus de vin il y a du vin mais personne n'en boit donc y compris les ministres donc ça va beaucoup plus vite avant les déjeuners ça tardait le monde a complètement changé de ce point de vue là les dîners ça peut exister personnellement je l'avoue j'ai participé à un dîner à l'Assemblée nationale pas avec François de Rugy mais avec un de ses prédécesseurs mais qu'il n'y avait rien et la table il est meilleure qu'ailleurs vous le confirmez ? moi je n'ai pas mangé de homard je n'ai pas mangé... non il y a des tables qui sont...

mais vous allez même au restaurant du Sénat où pour un prix abordable les sénateurs ont une très bonne table si vous voulez mais ça c'est à midi mais quand on n'est pas invité quand on paye de sa poche et le soir et le soir aussi quand on paye de sa poche donc ils ont des avantages quoi qu'il arrive et tant mieux après tout ça ne gêne personne et personne ne leur en veut ce qui est gênant c'est quand ça a un caractère c'est pas ouvert à tout le monde quand même la cantine du Sénat sinon on va le faire la voiture non il faut être invité par un sénateur il faut être invité voilà mais pour ce qui est...

non mais les dîners le soir écoutez c'est vraiment exceptionnel c'est très très rare d'ailleurs François de Rugy dit qu'il en faisait quoi un par mois alors ce qui peut arriver on a eu des images d'ailleurs dans le journal de Virginie ça arrive parfois vous voyez des présidents de la République dans des restaurants qui sont avec des amis avec des acteurs avec des chanteurs ça ça arrive ça qui dans son propre camp a définitivement lâché François de Rugy ?

1:02:47
Locuteur 4

Jérémie Marot alors personne ne le dira personne ne l'a soutenu personne ne l'a soutenu alors personne ne le dira publiquement qu'il l'a lâché pour l'instant sauf peut-être Benjamin Griveaux qu'on a entendu qui ce matin quand même lui a mis des coups dans les reins de manière assez forte alors Benjamin Griveaux est en campagne aussi pour Paris donc il a intérêt à aussi hausser la voix et se montrer peut-être un peu chevalier blanc pour l'instant personne ne l'a publiquement lâché en coulisses c'est autre chose il faut quand même se rappeler juste la place de François de Rugy dans l'écosystème macroniste il y a quand même un vrai dissensus entre les macronistes pur sucre de la première heure ces marcheurs qui ont accompagné Emmanuel Macron et qui s'estiment un peu gardien du temple et les ralliés comme François de Rugy qui en plus a tout de suite pris beaucoup de poids en Macronie tout de suite président rallié depuis deux mois président de l'Assemblée Nationale numéro deux ministre d'Etat donc il y en a qui seront qui ne seraient pas mécontents de le voir trébucher voilà après ce serait peut-être trop pensé à monde mais je ne suis pas sûr que ce genre de passion soit résolu

1:03:50
Locuteur 10

mais on peut noter que la jeune garde des députés marcheurs ne serait-ce que par la voix de Gabriel Attal s'est montée très vite au créneau pour dire ça nous on n'est pas d'accord

1:03:57
Locuteur 8

alors Barr Cahuzac Fillon de Rugy peut-on raisonnablement continuer à faire confiance à notre soi-disant élite le problème c'est que là ils défilent l'histoire ils font défiler l'histoire à ce moment-là ils peuvent remonter il y a des affaires je vous citais le trocker oui bah oui il y a toujours des scandales en politique le monde politique est plus que dans les autres milieux ou ça se sait plus ? je ne sais rien c'est parce que le monde politique il a deux choses c'est qu'il est élu enfin la plupart sont élus quand vous êtes élu vous avez des comptes à rendre et puis deuxièmement quand vous êtes élu vous avez aussi un exemple je ne sais pas si il ne faudrait pas oublier

1:04:29
Locuteur 10

que derrière ces scandales se cache une armée de maires de conseillers généraux de conseillers régionaux qui sont extrêmement dévoués à la chose publique et qui souffrent de cette image très abîmée

1:04:40
Locuteur 8

et bien voilà c'est la fin de cette émission merci beaucoup de l'avoir suivie c'est dans l'air ça aura diffusé ce soir à 22h40 on se retrouve demain à la même heure pour la même émission merci de votre fidélité et bonne soirée sur France 5

De Rugy : peut-il tenir ? #cdanslair 12.07.2019 — Delphine Batho · Pourquijevote