Conférence - Rachida Dati
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Alors tout d'abord, avant de vous laisser la parole, Madame la Ministre qui commençait à échanger, un petit mot d'introduction du président du groupe Omnes, Marc-Henri Desportes. Madame la Ministre de la Culture, Mesdames et Messieurs les membres de CS Actu, chers directeurs, professeurs, collaborateurs, chers étudiants, c'est un immense plaisir et un grand honneur de vous accueillir ce soir au sein de l'un de nos campus parisiens pour cette nouvelle conférence organisée par CS Actu, et tout particulièrement sous le patronage de notre École de Sciences Politiques et Relations Internationales, HEIP. Madame la Ministre, votre présence est un témoignage fort de l'importance que vous accordez au dialogue avec la jeunesse et je vous en remercie très sincèrement.
HEIP, notre École des Hautes Études Internationales et Politiques, est fière de son histoire. Fondée en 1899 par la romancière et féministe Jeanne Veil, connue sous le pseudonyme de Dick May, c'était son nom de plume, Cette école est l'une des rares institutions d'enseignement à avoir été un grand témoin de l'histoire de nos sociétés depuis plus d'un siècle. La renommée de l'école doit autant à sa capacité à préparer les futurs responsables qu'à se faire rencontrer les enjeux de ce monde face à la complexité de nos environnements.
L'ADN de HEIP s'est ancré dans l'analyse des affaires publiques, initiée par sa fondatrice et visionnaire, Jeanne Veil, une pionnière qui était convaincue que l'éducation devait préparer les citoyens au grand défi de leur temps. J'aime penser qu'elle aurait été fière de vous voir ici, femme, ministre et portant le sujet de la culture devant ses étudiants. Aujourd'hui, sous l'égide du groupe Omnes Education, leader de l'enseignement supérieur privé, nous perpétuons sa mission.
Nous formons des acteurs lucides, capables d'analyser le monde complexe qui les entoure. Et notre responsabilité nous engage autant qu'elle nous honore du haut des 50 années d'existence du groupe Omnes Education. Nos 15 écoles présentes en France et en Europe avec plus de 40 000 étudiants, 215 000 alumnis et plus de 15 000 entreprises partenaires partagent une ambition, celle de l'excellence académique alliée à la formation professionnalisante, au service de la réussite de nos étudiants et de leur employabilité, sans oublier leur engagement citoyen.
Il nous appartient en effet de donner à nos étudiants les clés de lecture et de compréhension des équilibres et déséquilibres du monde actuel, avec lesquels ils devront construire les solutions de demain dont les entreprises ont besoin, les organisations internationales qui auront vocation à les embaucher. C'est pourquoi nous sommes heureux d'accueillir les acteurs et responsables comme vous, Madame la Ministre, pour témoigner de leur regard et de leur conviction auprès de nos étudiants en vue de leurs futures responsabilités. Je vais céder maintenant la parole à Richard Amalvi, qui est le directeur académique d'HEIP.
Et je vous remercie encore chaleureusement pour votre présence et au nom du groupe OMNES, d'HEIP et de tous nos étudiants. Merci Madame la Ministre. Merci, cher Marc Henry.
Madame la Ministre, Monsieur le Président Exécutif, Monsieur le Président de ces actus, cher Alexis, chers collègues, chers étudiants, Madame, Lors de votre arrivée au ministère de la Culture, le 12 janvier 2024, vous avez prononcé un discours qui résonne profondément avec l'histoire et la vocation de notre école. Vous affirmiez votre inscription dans l'héritage malrussien, ce devoir de rendre accessible au plus grand nombre les œuvres capitales de l'humanité. Rendre accessible au plus grand nombre les œuvres capitales de l'humanité.
Si cette idée d'André Malraux reste une tradition du ministère qu'il a fondée et que vous dirigez, à présent, elle refait aussi l'ambition intellectuelle de l'HEIP, car ici, depuis 1899, nous considérons que la culture n'est pas simplement un supplément d'âme. Elle est un principe d'unité, un langage commun, une manière de considérer le monde et de l'habiter. Vous avez aussi rappelé ce que vous devez, personnellement, à la culture française.
La liberté de penser, de parler, de créer, de diffuser. Cette conviction nous est familière car elle irrigue le triptyque de notre école « Penser, débattre, agir ». Penser pour ouvrir les regards, débattre, pour apprivoiser la pluralité des points de vue, agir pour transformer la société.
Ce chemin d'émancipation intellectuelle, individuelle et collective, vous l'avez décrit avec force. Et il fait partie de l'identité originelle de notre établissement. En évoquant cela, j'ai une pensée pour Boilem Sansal.
Dans le comité de soutien comprend des enseignants d'HEIP, et notamment son président, Arnaud Benedetti, qui s'excuse de ne pas pouvoir être avec nous ce soir. Comme l'a dit notre président, HEIP a été fondée par une femme, Dick May, qui a su s'imposer dans un monde d'hommes, grâce à son intelligence, sa vision et son courage. Elle a créé l'école des autres études sociales, puis l'école d'art, avec l'écrivain Romain Roland, où elle a accueilli Debussy, Ravel, Vincent Derny.
Dick May était convaincue que la culture, l'art, le journalisme et la sociologie devaient être enseignés ensemble pour former des citoyens éclairés. On pouvait donc écouter de grands juristes comme Léon Degui, des sociologues comme Émile Durkheim et Charles Seigneault-Bos, tout en croisant Charles Péguy, avec les cahiers de la quinzaine dans les étages. On y entendit aussi Aristide Briand, et c'est la raison pour laquelle le 9 décembre, dans cet amphithéâtre, nous commémorons la loi de séparation des Églises et de l'État pour le 120e anniversaire de son adoption.
Je suis persuadé, Madame, qu'une personnalité comme la sienne, audacieuse, volontaire, profondément républicaine, aurait trouvé un écho particulier auprès de vous. Et c'est à elle que l'on doit cette idée centrale, on ne transforme pas la société sans comprendre ses imaginaires. Cette intuition trouve un prolongement naturel dans le milieu même où nous nous tenons aujourd'hui, ce campus Eiffel, un campus qui abrite, aux côtés de HEIP, d'autres écoles du groupe Omnes Éducation, et qui, par ses diversités, illustre parfaitement ce que vous rappeliez dans votre discours de 2024.
La culture comme circulation, comme ouverture, comme partage. Sub de pub, dont je salue le directeur général, Etienne Porto, forme les futurs professionnels de la communication, du marketing, de la création visuelle et publicitaire. Ce sont des métiers où la culture irrigue chaque geste, la manière dont une société se raconte, se projette, débat, et imagine ses futurs.
Sub de pub est un lieu où l'on apprend que la communication n'est jamais neutre. Elle est un miroir de nos représentations collectives, une fabrique d'imaginaire, parfois pour le meilleur, parfois avec des risques, et c'est précisément en cela que la culture reste une boussole. Le CE, l'école d'ingénieurs en technologie numérique, innove dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité, des systèmes embarqués.
Dans cette grande école d'ingénierie, on conçoit les technologies qui transforment nos vies, nos échanges, nos créations. Le dialogue entre HEIP, Sub de pub et ECE sur ce campus peuvent se faire rencontrer les sciences politiques, la communication et l'ingénierie numérique. Ici, la culture rencontre la technique.
Ici, le sens rencontre l'innovation. C'est ce type d'écosystème que André Malraux, en son temps, aurait qualifié d'espace de métamorphose, où chaque discipline féconde l'autre. Votre discours de 2024 insistait également sur l'accessibilité culturelle dans tous les territoires, sur la jeunesse et sur la francophonie.
Ici encore, la résonance est immédiate. HEIP, la jeunesse est notre horizon quotidien et elle est diverse, multiple, francophone. Nous accueillons de très nombreux étudiants d'Afrique subsaharienne ou du Maghreb et d'autres continents qui apportent leurs histoires, leurs langues, leurs références et leurs aspirations.
Cette diversité culturelle est une force pour notre école et un levier décisif pour le rayonnement de notre langue. Vous aviez affirmé que la culture était au cœur du « réarmement » évoqué par le président de la République. Permettez-moi, pour terminer cette allocution d'accueil, d'ajouter un point essentiel.
Pour nous, ce réarmement repose sur la transmission du pluralisme républicain. Une école de sciences politiques, comme la nôtre, qui forme aux affaires publiques, aux relations internationales, aux métiers de la défense et de la sécurité, a pour responsabilité de former des esprits capables de discerner, de dialoguer, de comprendre, avant de juger. Le pluralisme n'est pas une complaisance, il est la colonne vertébrale de l'esprit critique.
Il s'agit donc pour nous de renforcer la capacité des jeunes qui nous sont confiés à penser librement, rigoureusement et ensemble. Pour conclure, revenons à Malraux. Il nous a légué l'image magnifique du musée imaginaire, ce lieu où les œuvres de tous les temps dialoguent au-delà des frontières, le carrefour des imaginaires, c'est ce que doit être un campus.
Un espace où les savoirs circulent, où les cultures se rencontrent, où les disciplines se mêlent et se fécondent. Un lieu où chaque étudiant agrandit la carte de l'humanité. Madame la Ministre, votre présence nous rappelle que la culture et la matrice républicaine qui relient nos disciplines, éclairent nos engagements et inspirent nos enseignements.
Nous vous remercions de porter cet héritage avec énergie et d'honorer par votre présence ce soir la vocation première de l'HEIP, former des citoyens capables de penser le monde pour mieux le comprendre, d'en débattre et d'y agir avec sens. Bienvenue. Merci.
Merci beaucoup, M. Nadine. Madame la Ministre, pour m'accompagner dans cette conférence, j'ai le plaisir d'accueillir le professeur de droit, Jonathan Eri-Soussana, qui va m'accompagner.
Et je pense, après ces premières allocutions, rentrer directement dans le vif du débat. On connaît votre parcours assez remarquable en tant que magistrat de formation, député européen, garde des Sceaux, ministre aujourd'hui. Mais dans ce parcours remarquable d'ascension sociale, la première question que je voudrais vraiment vous poser, parce qu'avec la chance qu'on a de vous avoir ici, je pense que c'est un petit peu la question que tout le monde se pose au début.
Aujourd'hui, quand on a ce parcours-là, comment est-ce que cette expérience a forgé votre vision de l'action publique et de l'engagement politique ? En quelques mots, ou en trois heures ? C'est vous qui décidez.
Moi, mon engagement politique, il est forgé, il s'est fondé sur un parcours, une expérience. Il s'est forgé sur ce que j'ai pu vivre, voire vivre d'autres. Et donc, certains ont un engagement politique par des connaissances qu'ils ont pu avoir, des connaissances académiques, des connaissances familiales, ou tout simplement par une aspiration, comme certains disent, j'ai tel ou tel hobby, certains peuvent dire, j'ai envie de faire de la politique.
Moi, mon engagement politique, il n'a pas été partisan au départ, il a été sur des causes. Et donc, aujourd'hui, si je voulais résumer, c'est de jamais renoncer, je crois à la politique, malgré toute la dépréciation qu'on peut avoir des ressources apolitiques et de leurs engagements, et des engagements à tenir ou pas, moi, je crois encore à la politique. Je n'en ai jamais été écœurée, je n'en ai jamais été dissuadée, et je n'ai jamais voulu abandonner.
Mais quelles que soient les fonctions ou les missions que j'ai pu exercer, il y a toujours une dimension politique dans les missions que j'ai pu exercer. J'ai commencé à travailler à l'âge de 14 ans, et à partir de 16 ans, non-stop à ce jour, avec des contrats ininterrompus. Et donc, même en étant aide-soignante, même en ayant vendu des produits de beauté en porte-à-porte, même en ayant été comptable, contrôleur de gestion, directeur financier, dirigeant d'une entreprise, des magistrats, et puis ensuite, les fonctions qu'on ne connaît plus publiquement ensuite.
C'est-à-dire que jamais, je me suis dit, rien n'est possible, bien au contraire. Mais avec tout ça, j'ai toujours considéré, j'ai été aide-soignante, j'ai considéré qu'il y avait une vision politique à cela, notamment sur le soin et l'accès aux soins. Et je me suis rendu compte qu'il y avait une illégalité dans l'accès aux soins, lorsque j'avais 16 ans, que j'étais aide-soignante, de jour ou de nuit. et je me suis aussi rendu compte qu'il y avait une invisibilisation de certains personnels de soins, alors qu'ils étaient fondamentaux justement dans cette activité de soins.
Donc, toutes les fonctions que j'ai pu exercer m'ont amené à un moment de ma vie de me dire, si un jour j'arrive à avoir un certain pouvoir, parce qu'il faut avoir un pouvoir pour pouvoir changer les choses, en tout cas un pouvoir politique en ce qui me concerne aujourd'hui, j'ai essayé à ma mesure de changer la vie de certains, de changer une vision, ou de réduire les inégalités là où je pouvais être, quelles que soient les missions que j'ai pu exercer. Très bien. Et justement, cette pluralité, ce parcours, dans vos fonctions actuelles de ministre ou de maire, est-ce que c'est réellement cet ensemble, du coup, je pense que oui, qui vous motive dans la prise de décision, qu'est-ce qui vous aide aujourd'hui réellement ?
Est-ce que c'est l'expérience ? Est-ce que c'est justement d'en avoir eu énormément de missions dans votre vie ? Réellement, au moment de la prise de décision, qu'est-ce qui vous inspire, motive le plus ?
C'est vrai que vous avez raison, ce qui est majeur quand vous avez une responsabilité, c'est de savoir décider et rapidement décider. Et rapidement décider, ce n'est pas la précipitation, parce que vous pouvez vous tromper. Mais décider, c'est important.
Moi, si je contribue à une décision, après j'ai été formée, moi, par des raisons de la politique, que ce soit Nicolas Sarkozy, lorsque je suis venue à son cabinet, j'ai appris à travailler très différemment. Moi, je sais qu'il m'a appris à travailler différemment. Je pensais savoir travailler, je pensais, j'étais magistrat, quand magistrat confirmé, lorsque je suis venue à son cabinet, je me disais, bon, je sais, décider.
Par définition, un magistrat, il décide. Et en fait, j'ai remis mes fondamentaux à un autre niveau. Il faut décider vite.
Il faut avoir des éléments précis pour fonder un constat rapide. Et un constat, ce n'est pas sans recommandation. C'est de voir quels sont les majeurs, je peux dire, et vous décidez rapidement.
Après, c'est un mode de vie, c'est un tempérament. Moi, je considère, et je le vois dans le ministère, et d'ailleurs, à chaque fois que quelqu'un s'exprime, un directeur général ou mes collaborateurs, ils savent qu'il faut aller très vite. Moi, je considère que, d'une manière générale, la vie est trop courte, donc il faut vite agir.
Et l'action politique devient de plus en plus rapide. L'actualité va vite. Donc, il faut vite aussi décider.
Sinon, si vous ne décidez jamais, si vous ne faites que des constats, vous devenez un expert. Et vous n'êtes plus à la rationalité politique. Et justement, j'aimerais faire un petit zoom sur votre mandat de maire.
Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il représente pour vous, vous qui êtes, on en parlera après des municipales, mais déjà, le mandat actuel que vous avez, qu'est-ce qu'il représente ? Moi, je considère que c'est le plus haut des mandats. Moi, il n'y a que ça qui m'intéresse.
Je vous le dis, je me suis lancée évidemment dans cette campagne électorale pour Paris, mais comme maire du 7e arrondissement, certains pouvaient dire que c'est confortable, une sociologie assez homogène, des enjeux finalement assez minimes, pas du tout. C'est-à-dire que, d'abord, c'est un arrondissement très patrimonial. Donc, il y a des enjeux d'urbanisme, des enjeux de mobilité, des enjeux aussi de cadre de vie.
Et donc, ce qui m'intéresse dans cette fonction de maire, c'est que vous avez à votre main la décision. Et vous avez à votre main l'administration, ceux qui vont mettre en œuvre votre décision. Et donc, je trouve que ça permet plus facilement de rendre des comptes à vous administrer ou aux citoyens dans les engagements que vous avez pu prendre.
Donc, moi, j'adore ce mandat de maire. Je trouve que c'est le plus concret, le plus politique, parce que vous voyez si vous changez votre ville ou pas, si vous changez la ville que vous administrez. Et puis, le retour est très rapide aussi.
Parce que je vous dis, les habitants, quand ils ne sont pas contents, ils vous le disent très rapidement. Donc, soit vous rectifiez votre action, soit vous expliquez votre action. Donc, c'est en cela que ce mandat de maire, moi, ça fait maintenant un certain temps que je suis maire et j'en ai pas encore fait le temps.
Bonjour, Madame la Ministre, bonjour tout le monde. Une première question pour Madame la Ministre concernant notamment l'ascenseur social. Moi, c'est quelque chose qui me parle particulièrement.
Dès le début de votre carrière, on a vu une capacité à défoncer les portes, à rentrer là où vous n'ayez pas destiné à rentrer. Est-ce que cette capacité à mettre le pied dans la porte et à vous créer des opportunités, ça a constitué ce que vous êtes aujourd'hui ? Est-ce que c'est quelque chose que vous avez conservé ?
Je pense notamment pour les étudiants qui sont aujourd'hui parmi nous et qui peuvent avoir peur de cet ascenseur social qui serait bloqué. Est-ce que vous auriez des conseils à leur donner par rapport à tout ça ? Non, mais on me résume toujours, on essaye d'expliquer mon parcours par le seul fait.
On a dit que j'avais du culot, de l'audace. Enfin, j'ai travaillé, j'ai du diplôme. Ça, on semble l'oublier.
Et l'utilisation du vocabulaire qui m'est destinée n'est pas le même qu'on peut adresser à Christine Lagarde, Michel Ayoumari ou Nathalie Kosciusko-Morizet en son temps. Et je trouve que le premier obstacle, le premier plafond de verre, il est déjà dans la manière dont on vous présente, dont on vous représente. Et donc ça, c'est le premier obstacle.
Parce qu'à chaque fois, on fait fi de mon expérience, de ma compétence et de mes qualifications. Donc moi, je veux bien qu'on dise que j'y suis allé peut-être au culot, à l'audace ou tout ce qu'on veut. Peut-être, mais est-ce que j'aurais duré autant ?
Est-ce que j'aurais pu exercer comme j'aurais pu faire si je n'avais pas une compétence ? Qui d'ailleurs, sur le fond, n'a jamais été remise en cause. On met en cause ma personne, mon mode de vie, on met en cause ma famille, on met en cause un environnement, mais on ne met pas en cause le fond.
J'ai été magistrat, j'ai un excellent dossier de magistrat, j'ai été garde des Sceaux, je n'ai pas fait de fautes techniques sur les réformes que j'ai portées, elles ont été difficiles, lourdes et très techniques. Donc ça, je tiens à le dire, je le dis pour les étudiants qui sont ici, et je pense que certains ont un peu, sans doute, la même condition sociale que la mienne d'origine, à tout point de vue. Et quand je dis condition sociale, ce n'est pas forcément une origine, c'est une condition sociale.
Moi, mes parents ne savaient pas dire me maîtriser, j'avais des parents d'origine maghrébine, certes, mais pour autant, on a fait des études et on nous a poussé à cela. Alors après, c'est la maîtrise de l'environnement, que vous ne connaissez pas. Donc c'est vrai, moi je rencontre des étudiants et des jeunes qui sont diplômés, qui sont extrêmement méritants, et qui parfois ne savent pas à qui s'adresser ou comment s'adresser.
Et donc, il est là, le plafond de verre. Il n'est pas dans le mérite ou la compétence ou sur le fond. Et donc, quelqu'un de votre promotion, ici, qui va faire du forcing pour obtenir un poste, on va dire, oh là là, il est agaçant, je l'ai entendu, ou il force les choses.
Il ne force pas les choses, il a les compétences pour, et il doit être traité au même titre que quelqu'un d'autre qui a le relais nécessaire, l'environnement, évidemment, à disposition, des parents qui aident, ou un réseau qui aide. Je pense qu'ici, vous avez tous connu un camarade dont les parents ont pu trouver des stages sans que ce soit une difficulté ou un stage. Quelqu'un qui a pu appeler une connaissance en disant, j'ai mon enfant, donc crois-moi, il a besoin d'un job, est-ce que tu peux m'aider ?
Et ça, ça existe. Pour d'autres, c'est plus compliqué. Et donc, il ne faut pas les réduire à un culot d'une audace ou quelque chose de finalement d'assez grossier, ça aussi, un truc comme ça, qu'on peut me qualifier, donc qualifier, moi, je vois certains jeunes, et il faut être attentif, évidemment, à ce qu'ils sont, et aussi à la surcapacité qu'ils ont dû déployer et l'énergie qui va avec pour être dans cette salle, par exemple.
Et moi, je suis très attentive à cela. Moi, j'ai eu la chance, c'est vrai, de rencontrer des personnalités et non des moindres qui m'ont permis d'être là. Le premier d'entre eux a été Albin Chalandon, je l'ai rencontré, il était garde des Sceaux, et j'étais soignante de nuit dans une clinique.
Et 20 ans plus tard, je l'ai remplacé dans son fauteuil de garde des Sceaux. Je n'aurais pas imaginé avoir cette vie-là, d'où je venais. Mais je le dis aussi aux étudiants qui sont ici, c'est que ne vous laissez pas maltraiter, parce que si on vous dit « oh là là, vous êtes malin », c'est une maltraitance.
J'allais dire même que c'est une injure. Non, vous avez la compétence. Et dès lors que vous avez la compétence, il n'y a pas de raison que vous n'ayez pas les mêmes chances que vous avez.
Merci Madame la Ministre. Je vais passer et ouvrir un deuxième volet sur cette conférence et parler de la Ville de Paris et de vos ambitions municipales, avec un premier sujet qui est quand même assez énorme, la dette de la Ville de Paris. Anne Hidalgo l'apporte dans son bilan.
Et ma première question serait de savoir quelles seraient selon vous les urgences concrètes pour apporter une rupture face à la dette laissée par Anne Hidalgo. Le budget de la Ville de Paris, c'est 10 milliards d'euros. C'est pratiquement le budget du ministère de la Justice.
C'est 12 milliards de dettes en mars 2026. Et donc ces 12 milliards de dettes seront supportées par les parisiens. Nous avions fait un signalement à ce moment-là, notamment le préfet de région, en disant que la Ville était en faillite.
Financièrement, elle l'est. Mais fiscalement, elle ne l'est pas. Pourquoi ?
Parce que vous avez des villes qui sont en France sous tutelle de l'État, parce qu'elles sont, évidemment, elles ne peuvent plus faire face à leurs charges. Paris, ça n'est pas le cas pour la simple raison qu'on considère qu'il y a encore un potentiel fiscal. Parce que la population est aisée et parce que les gens peuvent encore payer plus d'impôt.
Et d'ailleurs, elle ne s'en est pas privée puisque la taxe foncière a augmenté de 62% sur la dernière mandature pour avoir une augmentation de 600 millions d'euros. Alors, 600 millions d'euros, moi je dis simplement, et ça c'est les comptes que nous devons rendre aux Parisiens et aux Parisiens, comment ces 600 millions d'euros se sont-ils traduits dans le quotidien du Parisien ? Est-ce que la ville est plus propre ?
Non. Est-ce qu'elle est plus sécurisée ? Non.
Est-ce qu'on y circule mieux ? Non. Est-ce qu'on s'y loge plus facilement ?
Non. Vous êtes des étudiants, je pense, que la majorité d'entre vous, et j'ose la majorité, a des difficultés à se loger. et si on veut garder les forces vives dans une ville, il faut qu'à un moment donné on ait des politiques publiques adaptées.
Et la politique, par exemple, de logement n'est pas adaptée à la population parisienne. Aujourd'hui, la politique du logement, notamment du logement social, c'est une politique de logement pour les plus défavorisés. C'est la catégorie la plus faible.
Donc, les classes moyennes, les classes intermédiaires ou les étudiants ne sont jamais éligibles au Paris tel qu'il est conçu. Donc, moi, si demain, je suis maire de Paris, j'équilibrerai ce parc social. D'abord, la première priorité, le parc social sera donné en priorité aux gens qui travaillent.
Ensuite, s'agissant des apprentis et des étudiants, on ne peut pas avoir des jeunes qui veulent faire des alternances et des apprentissages à Paris où c'est plus facile de trouver parce que la ville est plus dense, le tissu économique est plus important. Mais ils se heurtent à quoi ? Au logement.
Et donc, moi, je vois par exemple dans l'arrondissement dans lequel je suis qui est un arrondissement où le foncier où les loyers sont élevés il y a plein de commerces et un petit tissu économique où ils sont preneurs d'apprentis ou d'alternants sauf qu'ils ne peuvent pas se loger. Et donc, il faut pouvoir réserver une partie de ce logement aux apprentis ou aux étudiants. Chose que j'ai faite puisque j'avais le site de l'ancien conseil régional de France sur l'arrondissement et je souhaitais que ces logements, cette transformation en logement soit prioritairement pour les étudiants.
Et donc, c'est le cas par exemple dans l'arrondissement. Et donc, une ville, ça se pense de manière équilibrée et de manière harmonieuse et pas les uns contre les autres. Aujourd'hui, le programme du premier adjoint quand même de Mme Hidalgo, M.
Grégoire, après 25 ans il peut changer de choses, il dit qu'on aura 40% de logements sociaux à Paris. Est-ce qu'on souhaite dans une ville comme Paris avoir une ville de logements sociaux ? Non.
C'est une ville où il faut de la mixité sociale. Et les mêmes qui se gargarisent de la mixité sociale ne le font pas puisqu'ils font la même catégorie. Donc, on crée du ghetto et on dit c'est dommage, les autres ne sont pas éligibles le jugement social.
Si vous changez la composition du parc, évidemment, vous vous rendez éligible une autre catégorie de population. Donc, les urgences, elles sont là. Et sur les marges de manœuvre, parce que je vais sortir mon projet d'ici la fin du mois, il y a évidemment, il y aura un audit des finances.
Quand on laisse 12 milliards de l'aide, il faut pouvoir tirer des marges de manœuvre de tout cela. Et le premier audit sera aussi sur les subventions. C'est en milliards le montant des subventions et parfois sans aucun intérêt ou lien soit avec la ville, soit avec les intérêts de la ville, soit avec les paris.
Donc, à un moment donné, il ne faut pas vous faire l'image. Justement, c'était une question fondamentale sur le logement et notamment le logement des étudiants. Juste avant que M.
Réry Sousana vous pose une question sur l'esthétique de la ville de Paris, je peux juste faire ce zoom-là, parce que finalement, aujourd'hui, et je pense que ça concerne énormément d'étudiants, de jeunes parisiens et parisiennes dans cet amphithéâtre, même avec une situation modeste, il est quand même compliqué pour un étudiant de se loger à Paris. et donc, c'était très important que vous nous disiez quelques mots là-dessus. Et justement, quel serait, si demain, vous êtes élue maire de Paris, le premier message, la première action que vous adresserez aux jeunes parisiennes et parisiens ?
Sur la jeunesse, parce qu'être jeune, ça ne vous échappera pas, ce n'est pas un statut. C'est un petit passage. Et puis, quand on dit qu'on est jeune, il y a plusieurs catégories de jeunes.
Vous avez les apprentis, vous avez des gens qui sont déjà installés dans la vie professionnelle, d'autres qui font des études longues, d'autres qui ont souhaité faire des années de césure et reprendre. Et donc, la jeunesse, ça n'est pas monosituation. Ce sont des situations diverses.
Et donc, c'est plutôt d'avoir une politique publique en fonction des situations et non pas en fonction d'un statut. C'est comme, évidemment, c'est pour les apprentis et l'alternance, c'est les mesures que je viens de vous indiquer. Pour les étudiants, de voir avec le CRUS comment on peut avoir des partenariats qu'on n'a pas aujourd'hui pour développer les campus.
Moi, je crois au campus. Je trouve que dans une ville où petit à petit, les forces vives quittent cette ville, 125 000 habitants ont quitté cette ville, 30 000 enfants ont quitté les écoles parisiens. Nous avons des écoles entières qui ferment.
Et donc, la mairie de Paris dit qu'on se bat pour le maintien des ouvertures de classe. Mais si vous n'avez plus d'enfants, les classes, voire les écoles, sont dans l'obligation de fermer. Moi, je voudrais maintenir et les familles, et puis les enfants, les adolescents.
Je veux qu'il y ait une vie et que ce soit, évidemment, des forces vives qui restent dans cette ville parce que ce sont eux qui tiennent cette ville. Donc, ça serait plutôt une politique de logement, donc adaptée en fonction des statuts, une politique aussi par rapport aux étudiants, notamment sur ces campus, et donc avoir des partenariats avec les universités. On a très peu bien avec les universités parisiennes et la mairie de Paris, je le regrette.
Et à la fois, pour une collectivité comme Paris, qui est la première capitale d'Europe, à la fois, c'est la plus grande capitale d'Europe et c'est la ville la plus dense d'Europe et la plus petite. Nous sommes, je vois Londres, c'est 1200 km², Paris, c'est 102 km², Berlin, c'est 900, Paris, c'est 100. C'est tout petit et c'est dense.
Donc, il faut avoir des choix de priorité et il faut avoir des leviers d'attractivité. Donc, le levier d'attractivité, vous avez raison, c'est qu'on reste des lieux de recherche, de sciences, nous avons des grandes universités, des grands noms d'universités, vous les avez rappelés dans vos propos introductifs, nous sommes connus pour notre académie, au sens le plus large du terme, et donc il faut que la ville de Paris s'en empare aussi. Parler de la culture, par exemple, je me suis aussi rendu compte que, comme ministre de la culture, il y a énormément d'équipements culturels à Paris, d'équipements nationaux et d'équipements municipaux qui ne vont pas bien.
Mais on n'a aucun échange entre les deux. Et donc, moi, je souhaiterais que le Théâtre de la Ville, le Théâtre du Châtelet soient en lien avec l'Opéra de Paris, la Comédie française ou la Philharmonie, que les liens soient beaucoup plus étroits qu'ils ne sont aujourd'hui car ils sont plus existants. Et donc, ça permet de diffuser la création d'articles aussi, et ça permet d'avoir accès à un autre type aussi de création parce que ça permet aussi cette mixité des œuvres, des arts, des artistes.
Et donc, tout cela, effectivement, c'est le projet que je suis en train d'élaborer. Et puis, ce que vous disiez au départ, il y a un sujet pour les Parisiens, c'est la mobilité. Et nous sommes la seule ville de France à ne pas avoir de plan de circulation.
Pas du tout parce qu'on pourrait se dire qu'on ne fait pas adopter un plan de circulation pour avoir l'agilité de la main sur la circulation. Vous la mettez dans un sens, vous la mettez dans un autre sens, vous avez une souplesse d'une circulation d'une ville. Là, c'est parce que la majorité actuelle ne sont pas d'accord, les écologistes et les socialistes ne sont pas d'accord entre eux, avec les communistes.
Donc, on n'a pas adopté de plan de circulation. Donc, c'est n'importe quoi. Donc, c'est le chaos.
C'est pour ça que vous voyez des pistes cyclables un peu n'importe comment, que les voitures sont en couloir du bus, que le bus, on a augmenté les délais pour la même ligne, pour les mêmes stations. Nous avons un délai maintenant de circulation et le temps de trajet qui a fortement augmenté pour le bus. Et donc, ça ne facilite pas la vie des parmi les bus.
Donc, d'abord, je ferai adopter un plan de circulation et ensuite, on mettra de l'ordre, évidemment, dans l'espace public, que le vélo soit dans son couloir, que le bus soit dans son couloir et pas entravé ni par les voitures ni par les livraisons et que ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule puissent aussi y avoir leur couloir. Et donc, tout ça participe, évidemment, à ce projet. Tout se tient.
Et aujourd'hui, tout le monde est opposé. Le vélo est opposé à la voiture, la voiture est opposée aux autres, le piéton est opposé à tout le monde et donc, ça ne va pas. La catégorie sociale, les jeunes sont opposés aux plus âgés, les personnes à mobilité réduite sont souvent les grands oubliés de cette politique municipale.
Donc, c'est important de l'avoir en tête. Et de la même manière, quand vous voyez la circulation, et vous voyez vos abords de votre école, les plots, les blocs de béton, on est la seule ville à avoir ça. Alors que maintenant, vous avez des urbanismes, j'ai fait des propositions hier d'ailleurs, qui sont sorties avec des maquettes qui ont été travaillées par des experts, des urbanismes, des architectes, qui intègrent aussi les notions de sécurité.
Ce qu'on appelle la prévention situationnelle, aujourd'hui, l'architecture d'un immeuble, d'un site, d'une circulation, d'une voie, intègre ces dispositifs de lutte contre l'insécurité ou les institutions. Par exemple, le terrorisme qui est arrivé dans le quotidien des Français a aussi changé la gestion d'une vie, notamment dans son architecture et son urbanisme. Vous parliez de la question de l'architecture, ça tombe bien, puisqu'on avait prévu de parler un petit peu d'esthétisme avec Alexis.
Je pensais de constater actuellement que Paris est en train de s'en les dire. Est-ce que, selon vous, c'est le fruit direct des politiques d'Agné d'Algout ou ça serait quelque chose de plus large ? Et si ça l'est, quelles sont les mesures que vous souhaitez mettre en place pour pallier à ce problème ?
Paris n'est pas une ville comme une autre. Paris est une ville en chantier permanent. Moi, je veux bien ne pas personnaliser sur Mme Hidalgo, mais c'est le bilan d'une majorité sortante.
Et tous ceux qui se présentent aujourd'hui sont comptables de ce résultat-là. Regardez sur la saleté. De la même manière, la collecte, les taxes liées à la propreté, normalement, sont proportionnelles.
C'était une redevance en fonction du service rendu. La mairie de Paris l'a transformée en taxes parce qu'aujourd'hui, vous êtes prélevés, les Parisiens sont prélevés d'une taxe beaucoup plus élevée que le service rendu. On paye plus cher le coût de la propreté, la collecte des déchets que la réalité.
Donc ça aussi, c'est une anomalie. Et donc, aujourd'hui, c'est de remettre de l'ordre et de mettre de l'esthétisme et du patrimonial. Par exemple, sur la rue de Rivoli ou d'autres secteurs ou d'autres quartiers, il faut qu'il y ait une charte patrimoniale pour les commerces.
Hier, j'étais encore dans le 18ème arrangissement avenue Marie-Zormois, il n'y a pas un commerce qui soit harmonieux avec son voisin ou harmonieux tout court d'ailleurs avec lui-même. Et donc, il faut une charte patrimoniale sur les commerces qui s'ouvre de devantures, de vitrines. C'est comme ça que vous avez l'harmonie esthétique et patrimoniale d'une ville.
Et Paris est une ville, nous sommes un pays, pour avoir beaucoup voyagé, on est un des pays le plus patrimonial au monde. Patrimoine historique, culturel. Et Paris, on l'a vu avec les JO, le monde entier a pu voir le patrimoine parisien.
Et donc, il faut le préserver, le protéger. Là, aujourd'hui, vous avez bien vu, c'est rafistolé, si vous avez un panneau qui tombe ou un feu rouge qui tombe, c'est rafistolé du scotch, la poubelle est raccrochée ou elle est mise à terre. Et donc, ce n'est pas ma conception de la gestion de l'espace public.
Et sous Delanoé, il y avait un contrat de maintenance, pardon de le citer, qui était donné à Decaux, qui s'occupait de la maintenance de l'espace public. Une poubelle qui est de travers, un panneau qui manque, un feu rouge qui tombe et tout était remis d'aplomb dans l'heure, en tous les cas, dans la journée. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas parce que nous n'avons tous cette maintenance de l'espace public.
Il faut la rétablir. C'est-à-dire que tout est lié. Et si c'est propre, c'est sécure.
Si c'est sécure, c'est agréable à vivre, c'est agréable à vivre, vous avez une mobilité plus libre. Et donc, tous ces enjeux-là sont lieux. Et donc, c'est pour ça que mon projet tournera autour de ces enjeux-là.
Si vous pouvez me permettre, ça fait un petit peu écho à la théorie de, je crois que c'était Giuliano, le maire de New York, qui parlait de la théorie de la vitre brisée. C'est-à-dire, si on laisse une petite vitre se briser, ça donne l'image que tout peut être brisé. Quand vous ne réparez pas tout de suite, on se dit, on attendra que tout soit cassé pour tout réparer.
En fait, vous ne réparez jamais. Et donc, c'est comme la manière de l'éclairage. Il n'est pas un parisien qui ne se plaint pas dans certains endroits d'absence d'éclairage ou de faiblesse d'éclairage.
L'absence d'éclairage ou la faiblesse de l'éclairage génère de l'intécrité. C'est démontré. Et donc, il faut qu'il y ait un éclairage là où c'est nécessaire ou plus d'éclairage là où c'est plus scrutin.
Et si, on a recensé tous les squares de Paris. Les deux tiers ne sont pas utilisables de manière normale par les parisiens. Ils sont soit scroissés, soit dégradés, soit totalement fermés, carrément livrés à des trafics en tout genre.
C'est une réalité parisienne. C'est comme les jardinières, parce que là, on en a fait une vidéo hier d'ailleurs, toutes les jardinières ont dit oui, on végétalise des rues et après, on laisse tomber. Donc, c'est devenu des endroits dévolus aux rats puisque ça se dégrade, puisque ça n'est pas entretenu.
C'est-à-dire qu'on vous met des rues fermées, végétalisées mais qui ne sont pas entretenues. Donc là, c'est open bar pour les rats et déchetterie qui va avec. Les deux bois, qui sont les deux poings verts de la ville, Bois de Vincennes, Bois de Boulogne.
Aujourd'hui, si vous regardez, je vais prendre le Bois de Boulogne, la prostitution, la fixation des campements à l'intérieur et de la délinquance. On a vu les tragédies qui sont arrivées encore récemment. Le Bois de Boulogne, le Bois de Vincennes, on a un camp de naturistes, on a un endroit où sont les SDF, nous avons un camp aussi de migrants qui se sont installés, des gens qui sont déboutés du droit d'asile qui sont installés à l'intérieur et puis de la prostitution de toute nature.
Et donc, c'est totalement, les parisiens sont dépossédés de ces magnifiques coulons verts. Dans notre projet, c'est de pouvoir tout revégétaliser, mettre de l'éclairage, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, et mettre deux antennes de police à l'entrée des devoirs. Comme ça a été Centrale-Parc, vous êtes trop jeunes, les Centrale-Parc il y a quelques années, c'était un coup de gorge.
Ça n'est plus que là aujourd'hui. Et donc, on voudrait réhabiliter ces parcs et ces jardins qui sont les deux bons verts de la question. Effectivement, on voit et on comprend bien aussi l'ensemble des changements que vous voulez mener pour Paris.
Si on devait, je ne dirais pas simplifier, mais vraiment marquer pour vous, selon vous, les trois grands points de rupture avec la politique menée par Anne Hidalgo, aujourd'hui, ce serait lesquels ? D'abord la propreté. Moi, je m'engage à ce que la ville soit propre 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Déjà, ça serait un grand changement. La fin des chantiers ouverts, interminables, ça, je veux dire, je ne vais pas proposer des aménagements où la ville repartira 6 ans en chantier. Donc, je mettrai fin au chantier et beaucoup de chantiers ne sont pas nécessaires qui existent aujourd'hui.
Vous avez des éventrations de trottoirs pendant des mois, sans qu'on sache vraiment quelle est la finalité de ce chantier. Et donc, il faut une rationalisation des chantiers et évidemment, revoir les calendriers de chantier. Alors, la mairie de Paris vous dira qu'il y a très peu de chantiers de nature publique.
Mais, ils oublient une chose, et c'est pour ça qu'il faut que les Parisiens soient informés de cela, c'est que les chantiers qui sont sur la voie publique, même s'ils sont privés, ils occupent l'espace public. et donc, la mairie de Paris a donné une autorisation. Et donc, s'agissant, par exemple, si je prends cet arrondissement qui est un arrondissement très dense, des petites rues, j'essaye de négocier en direct, parce que je n'ai pas la compétence, avec les responsables de chantier pour que l'occupation de l'espace public soit le plus réduit possible ou en tous les cas soit bien, avec une vraie chronologie, un exemple, si pour un chantier il faut cinq bases-vies, les bases-vies qui vous parfois coupent pendant des mois une rue, de dire vous n'avez pas besoin des cinq bases-vies en même temps, le chantier le nécessite mais pas en même temps, quand vous terminez une phase, vous mettez la deuxième, vous enlevez la première, vous finissez la deuxième phase, vous enlevez la deuxième, vous remettez la troisième.
Et ça permet de laisser le quartier vivre avec un chantier maîtrisé. Donc ça, ça serait évidemment un chancement majeur. Et une chose qu'ont oublié les parisiennes et les parisiens, c'est qu'un maire, ça s'occupe des gens.
Et quand moi je rencontre les parisiens, ils sont constitués en association, en collectif, en représentant, ils sont énervés, ils en veulent à l'État. Donc moi on me dit, oui, il faut faire l'État quand il y a des campements. Ils oublient qu'il y a quand même juste un maire qui a été élu pour ça.
Quand vous êtes maire, l'espace public appartient à la collectivité. Donc ce qui se passe sur l'espace public, c'est votre responsabilité. Donc si vous avez des campements ou un lieu de fixation, c'est votre responsabilité.
Le préfet peut tout à fait vous l'appeler en disant que vous dégagez le trottoir. Si la mairie laisse l'installation, c'est la responsabilité de la mairie et non du préfet. Effectivement, vous disiez tout à l'heure que le mandat de maire était celui le plus proche des citoyens et que indirectement, demain, il y a quelque chose qui ne va pas.
On peut aller tout de suite chercher son maire. une question peut-être qui va s'ouvrir sur la ville de Paris, mais surtout sur la partie culture. En 2024, la ville de Paris a connu un record de nombre de touristes dans la ville.
Des grandes réouvertures sont prévues, de grandes infrastructures, Notre-Dame, le Grand Palais. Aujourd'hui, et vous avez parlé d'accessibilité, comment est-ce qu'on peut, aujourd'hui et demain, arriver à trouver le bon équilibre à la fois entre cette ouverture internationale constante et continuer sur meilleure accessibilité pour les Parisiens et les Parisiennes ? Ça se régule.
D'abord, vous le régulez parce que le tourisme de masse, c'est bien pour la croissance économique et c'est moins bien pour les habitants ou les riverains. Et donc, quand vous êtes maire, vous régulez aussi ce tourisme. Et le tourisme de masse doit contribuer à l'entretien du patrimoine.
Alors, il y a des villes qui ont mis des péages, des droits d'entrée. La ville est trop petite pour mettre un péage. A Londres, vous pouvez le faire, la ville est plus grande.
Paris, c'est plus compliqué que le droit de péage. Et donc, moi, par exemple, à partir du 1er janvier 26, puisque j'ai pris les mesures, tous les opérateurs culturels auront un tarif différencié. Les étrangers hors Union européenne, parce qu'on est sous l'indirective européenne, paieront beaucoup plus cher que les citoyens européens.
Et donc, ainsi, ils contribueront non seulement à l'entretien du patrimoine, mais aussi au financement de la création. Et donc, ça, ça se régule, ça s'organise avec l'État et avec la collectivité, notamment sur les infrastructures. Je vais continuer un petit peu sur cet aspect culturel, notamment sur les industries de la culture et les industries créatrices qui représentent 92 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 740 000 emplois.
Face à la concurrence internationale des plateformes, quelle stratégie la France déploie-t-elle pour maintenir le leadership mais surtout continuer à supporter nos champions de la culture dans les industries que vous avez ? Vous avez différents secteurs. D'abord, le cinéma avec l'opérateur le CNC.
Nous sommes les seuls au monde et d'ailleurs, c'est l'expertise qui s'exporte puisque le financement du cinéma se fait pas sur les données de l'État mais sur la billetterie. Et donc, ça nous permet d'avoir un cinéma d'auteur qui a disparu en Europe. Moi, je me souviens du cinéma d'auteur italien mais allemand, on n'en a pratiquement plus parce qu'ils n'ont pas le même système de financement.
Aujourd'hui, comme le financement essentiellement porte sur la billetterie, donc les grands films et les grands succès américains financent nos films d'auteur sur lesquels il y a peu d'entrée mais ça permet de financer de la création, de la liberté d'expression et donc c'est un outil de financement assez unique au monde qu'on doit préserver parce que là, ça fait deux fois qu'on essaie de le supprimer ou de le plafonner et donc, j'ai refusé et le plafonnement et la suppression. Je trouve que cet outil qui marche très bien, il faut le garder et ça finance notre cinéma de manière incroyable. On a des dispositifs fiscaux et nous sommes en pleine discussion budgétaire, notamment les crédits d'impôt pour les tournages qui est vraiment à moyen d'attractivité sur tout le territoire national. comme je vous disais, la France est un pays très patrimonial donc on a énormément de demandes de tournage et donc on a des dispositifs fiscaux qui sont très attractifs pour que beaucoup de pays étrangers, de production étrangère viennent tourner en France et donc il faut le préserver.
Donc dispositifs fiscaux, dispositifs de financement assez uniques qui permettent de maintenir un secteur qui peut être en difficulté, notamment le cinéma et les tournages. Après vous avez la musique. Alors on a créé le Centre national de la musique justement pour avoir sur le modèle du CNC d'avoir un CNC de la musique qui est alimenté pour l'essentiel par la taxe streaming que j'essaye de déplafonner parce qu'aujourd'hui comme ils ne veulent pas faire un vrai CNC, ils plafonnent la taxe ce qui est au surplus dans le budget de l'État.
Nous on voudrait déplafonner pour que ce qu'on prélève sur la musique vienne à la musique. Parce que la filière de la musique qui peut être en difficulté c'est parce que les structures l'écosystème la filière n'est pas structurée. La musique c'est très divers.
Et donc la musique et la musique française nos talents français y règle le monde. Et il y a un autre domaine où on est pratiquement leader c'est le gaming. Ce qui est vidéo le gaming ça c'est une industrie créative culturelle française où le monde entier nous reconnaît.
Donc on peut aller film d'animation par exemple vous pouvez trouver des productions étrangères mais ceux qui les font ce sont des français. et on a une vraie très rare je parlais tout à l'heure sur l'enseignement c'est les écoles de formation la féminis toutes les écoles de cinéma y compris la musique cet écosystème on est quand même très fort donc il faut le préserver. Alors comme la filière est très déstructurée pas organisée donc c'est un peu compliqué donc à nous de la structurer et à nous de la soutenir.
Donc c'est ce qu'on fait par les dispositifs fiscaux notamment. Merci beaucoup et toujours sur un enjeu culturel et en même temps avec un enjeu très moderne j'aimerais vraiment avoir votre avis sur l'IA et sur son impact sur ces industries créatives. Aujourd'hui comment à l'échelle de l'État on peut continuer et accompagner nos entreprises et nos industries créatives tout en protégeant le droit de nos artistes et de ces industries ?
Alors il y a un combat moi je ne les oppose pas il y a tous ceux qui sont pour l'innovation donc sans régulation et je trouve ça tout à fait jouable parce qu'on a des champions français on a des ingénieurs français qui sont très très bons dans l'IA et donc il faut absolument promouvoir nos champions nationaux et pour autant l'IA qui est une avancée exceptionnelle rappelez-vous on avait peur d'internet maintenant des générations qui n'avaient eu connu que internet d'autres générations auront connu l'IA comme nous donc on n'a pas à en avoir peur mais il faut la réguler et donc lorsque je suis devenue ministre de la culture on avait un peu perdu le combat sur l'IA à réguler et notamment à protéger nos artistes et les droits d'auteur donc le président de la république avait annoncé un sommet international de l'IA lorsque j'ai été nommée je lui ai demandé de mettre un volet culturel important ce qui a été le cas et donc ça nous a permis de développer des solutions de régulation d'encadrement et surtout la juste rémunération des artistes et de pouvoir identifier dans les modèles d'entraînement qu'on puisse avoir sur les modèles d'entraînement de données qu'on puisse rendre à César ce qui est à César et de le rémunérer en conséquence donc le combat il est là on a gagné une partie avec le règlement sur l'IA l'IAAC qui commence à être mis en oeuvre je sais qu'il y a un lobby très fort au niveau européen pour différer sa mise en oeuvre mais si on diffère sa mise en oeuvre on perd deux ans d'utilisation de données au dépend des créateurs et des articles là j'ai un conseil des ministres européens le 28 novembre pour justement lutter contre cette volonté de vouloir différer la mise en oeuvre de ce règlement demain l'IA peut aider dans la prise de décision politique je ne m'en sers pas ni pour mes discours ni rien moi j'écris encore donc je ne m'en sers pas mais je vois ma fille comment elle l'utilise c'est assez impressionnant la prise de décision évidemment parce que ça peut vous donner des éléments majeurs pour lesquels vous n'avez pas le temps forcément de rechercher pour prendre une décision plus rapide sur la place de la culture aujourd'hui on voit forcément que dans les débats qui entrent qui sont en cours à l'Assemblée on entend peu parler par les députés de culture comment est-ce que dans une période qu'on pourrait appeler évidemment de crise on continue et quelles sont évidemment les actions menées au ministère de la culture pour continuer à porter la culture au premier plan même dans cette situation-là dans un pays quand même qui est fracturé où les oppositions sont très fortes où vous avez une polarisation de la société on ne peut plus se parler sans s'aboyer dessus ou avant même qu'on ait pu répondre qu'on puisse évidemment ne pas vous écouter je trouve que la culture elle a son sens et elle a un sens par rapport à la cohésion à l'inclusion à l'intégration au refus du repli sur soi ne serait-ce que de pouvoir avoir vous parliez tout à l'heure de la francophonie je vous invite à aller voir la cité internationale de la langue française à Villers-Cotteret et c'est impressionnant parce que cette langue française nous permet de communier même quand on ne la parle pas ou quand on ne l'a uniquement entendue et donc moi je considère que la culture elle a tout son sens en ce moment c'est pour ça que son budget n'avait pas diminué quand je suis arrivée alors qu'il y avait un fort enjeu et depuis 2017 c'est un ministère qui a bénéficié d'une augmentation de budget à un niveau assez élevé puisque c'est plus de 1,4 milliard qui a bénéficié le ministère de la culture donc ça veut dire que c'est une politique prioritaire et c'est une politique prioritaire de cohésion si je devais résumer et justement je vous en dis pas je regardais il n'y a pas longtemps sur vos réseaux sociaux où vous rendiez visite aux bouquinistes de Paris comment est-ce que demain en tant que maire de Paris on soutient ces personnes qui ont potentiellement des métiers qui sont voies disparaître alors d'abord on a été avec mes élus de mon groupe politique quand nous avions été les seuls à les soutenir pour pas que leur boîte disparaisse parce qu'il avait été question avant les JO de leur enlever leur boîte et puis qu'elles ne reviennent pas et qu'on leur donne des boîtes modernisées et eux voulaient garder leurs boîtes de bouquinistes authentiques historiques et qui sont aussi un joyau patrimonial que les touristes viennent voir et donc on s'est battus pour que ces boîtes soient maintenues on a mené un combat on a obtenu que les boîtes restent à leur place et aussi qu'elles ne changent pas de configuration ça c'est un élément patrimonial majeur ça ça fait partie vous dites bouquinistes ou pensez Paris ça ça fait partie d'un patrimoine culturel à défendre sur votre positionnement dans cette campagne que vous portez pour Paris comment est-ce qu'on n'arrive aussi je reviens sur ce que vous disiez sur cette envie de continuer à faire la politique comment est-ce qu'on arrive à avoir et à affirmer j'ai envie de dire un positionnement politique clair dans ce groupe à cette crise politique la crise politique elle est aussi sur parfois le manque de courage des politiques moi je suis de plus en plus étonnée de la lâcheté des uns et des autres alors moi c'est pas mon ADN c'est d'avoir le courage de ses convictions de mener des combats alors après on vous dit vous êtes agressif on ne le dit pas d'un homme d'ailleurs je ne suis pas agressif c'est dans l'adversité aussi que vous gagnez aussi vos combats moi je crois à la radicalité des combats peut-être que c'est ce qui me fait rejoindre certains partis politiques qui est beaucoup dans la radicalité qu'on lui reproche d'ailleurs moi je crois à la radicalité des combats les avancées majeures les avancées sociales majeures et si je pense aux femmes des avancées sociales majeures qui ne sont jamais acquises définitivement elles ont été obtenues dans la radicalité et donc moi je crois à cette radicalité sur des avancées majeures sur des convictions profondes pas pour le tout venant mais il y a des choses sur lesquelles il faut persister même je ne veux pas dire dans la brutalité ou l'agressivité mais en tout cas sous une forme de non-renoncement et qui parfois peut se faire de manière un peu dure ou brutale vous disiez justement on a une presse des parisiens qui sont opposés en classe d'âge en classe sociale demain comment on fait et notamment avec cette crise politique et ce droit vous êtes élue de maire de Paris au conseil municipal comment est-ce qu'on apaise à nouveau cette opposition entre les parisiens c'est par les politiques qu'on va porter une politique de logement plus équilibré une politique de mobilité où chacun trouve sa place une politique aussi économique il faut laisser des commerces de proximité sinon on se retrouve à débattre de la politique chine mais on oublie la cause qui a généré ça c'est que quand vous n'avez plus de commerce de proximité quand vous ne pouvez plus aller faire vos courses de manière abordable quelque part on a des plateformes parce que moi je connais des gens qui évidemment achètent sur ces plateformes parce qu'elles ne sont pas chères parce qu'elles sont pour marché c'est pas uniquement de la fast fashion et de la consommation pure et dure quand vous avez des enfants et que vous pouvez acheter un t-shirt à 90 centimes ou 3 euros alors c'est bien de vous faire des leçons de morale en disant non payez plus cher et n'alimentez pas ces plateformes bah oui mais il faut que vos revenus soient encore à la hauteur de cette consommation et de ce pouvoir d'achat donc moi je lutte pour qu'effectivement les salaires soient plus élevés que les commerces soient plus abordables et que la proximité demeure et que les gens n'aillent pas sur ces plateformes c'est aussi un combat donc pour essayer de réconcilier les uns avec les autres il faut avoir des politiques équilibrées et pour régénérer de l'harmonie par exemple là pendant toute cette mandature vraiment avec une acutée particulière sur cette mandature madame Hidalgo et ses adjoints n'ont eu de cesse et regardez aujourd'hui même sur le logement d'opposé l'Est et l'Ouest donc nous par exemple à l'Ouest on n'a que des politiques punitives donc ils pensent qu'on est contre le logement social nous y sommes favorables mais on veut une politique de peuplement équilibrée harmonieuse on ne veut pas de ghetto et donc on est favorable à condition de ne pas avoir de ghetto et donc eux souhaitent ghettoiser les gens de dire de ce côté c'est bien de ce côté c'est moins bien nous c'est pas comme ça moins de rendissement ça se gère de manière homogène et harmonieuse et il faut que tout le monde trouve sa place ce qui n'est pas le cas aujourd'hui de la politique actuelle qui est une politique punitive pour l'Ouest nous on subit à l'Ouest les maires que nous sommes en disant on entend ça va leur faire les pieds enfin les parisiens ils payent les taxes les mêmes pour certains même un peu plus que d'autres effectivement vous dites aussi dans le bilan de Mme Hidalgo il y a vraiment en plus une fracture Est-Ouest et Nord-Sud et Nord-Sud donc ville totalement fracturée dernière question vraiment avant de passer aux questions du public mais c'est assez assez passionnant demain vous êtes aussi face à des étudiants qui demain sont amenés à potentiellement être des responsables politiques vous l'avez dit en introduction de cette conférence mais il faut continuer à se mettre à la politique peu importe j'ai envie de dire aussi le projet comportant que c'est un bon projet mais qu'est-ce que vous pourriez dire à ces étudiants qui forcément regardant la classe politique pourraient être déçus pourraient se sentir un petit peu désespérés ne sauraient pas réellement quels seraient ces messages de courage parce que on voit aussi en vous avant tout une femme de courage politique le premier acte politique c'est de s'inscrire sur les listes électorales et de voter déjà parce que moi je vois beaucoup de personnes parfois résignées par résignation en disant oui ça ne sert plus à rien si ça sert moi quand j'étais au parlement européen je suis allée dans des pays où je faisais des observations d'élections je veux dire il y a des pays où le vote c'est pas un luxe c'est une denrée rare c'est-à-dire que voter c'est au péril de votre vie j'ai connu des pays où des candidats des candidats en l'occurrence ne pouvaient pas mettre leur visage sur des affiches parce qu'elles étaient menacées de mort ou condamnées à mort et donc le premier luxe que nous avons dans cette démocratie c'est de pouvoir s'inscrire sur une liste électorale et de pouvoir voter et là il n'y a pas de distinction c'est pas un vote censitaire vous soyez riches pauvres jeunes vieux ce que vous voulez vous pouvez tout le monde a le même droit de vote et donc c'est le premier acte politique que vous devez faire parce que moi ça m'arrive de discuter avec certains en disant on passe des heures à faire des réunions puis à la fin on s'en fiche on vote pas c'est désespérant moi la politique a changé même et je discutais avec des jeunes j'avais fait l'interview avec le papotin avec des jeunes qui sont atteints de handicap d'autisme et donc c'était assez intéressant parce qu'ils nous disaient oui les politiques c'est vrai rien vous dites les mensonges et puis le syndrome du tout scourri et autres et puis je leur ai dit posez moi des questions très précises je vais vous répondre sur le tout scourri sur on sert à rien et je leur prenais comme exemple sur l'inclusion sur les enfants en situation de handicap c'est pas parfait c'est vrai on a voté une loi de 2005 qui est pas pleinement mise en oeuvre parce qu'il faut mettre en accessibilité parce qu'il faut adapter mais ne serait-ce que moi je le vois comme mère de pouvoir inscrire des enfants atteints de handicap dans des classes d'école primaire avant on ne pouvait pas les inscrire on considérait qu'ils ne pouvaient pas suivre une scolarité avec d'autres enfants qui n'avaient pas de handicap et bien nous on le fait de plus en plus et ça c'est une enversée politique il n'y avait pas eu la politique ces enfants seraient toujours aujourd'hui exclus du système scolaire moi j'ai l'Institut national des jeunes aveugles dans l'arrondissement et peu à peu nous avons inscrit des enfants non voyants mal voyants parfois sans accompagnants dans des classes des écoles de l'arrondissement non seulement ça se passe très bien mais en plus ils vous font la leçon et donc ça c'est des enfants ça c'est grâce aussi à la politique donc moi j'oublie que la politique ne sert à rien mais allez voir dans des pays où il n'y a aucune liberté politique je peux vous dire que ça fait mal et donc nous avons cette liberté politique là elle n'est pas parfaite je dois dire que parfois elle n'est pas totale c'est vrai mais c'est à vous de prendre ce pouvoir politique par l'expression de votre conviction et aussi et si vous trouvez que ça ne va pas assez vite ou assez bien et bien l'engagement politique alors c'est pas facile surtout à l'ère des réseaux sociaux parce que parfois vous êtes un peu blindé de ce qu'on peut lire les caricatures les insultes les attaques donc il faut évidemment aussi passer au tour mais le combat en vaut la peine à mon avis merci beaucoup on va désormais passer aux questions du public première question bonsoir madame la ministre merci beaucoup pour votre intervention Victor Delabrif étudiant en 3ème année ici à HEIP et j'ai aussi effectué un stage au sein de votre cabinet à l'Amérique 7ème madame la ministre un sondage Harris interactive et séance publique en partenariat avec HEIP publié très récemment à révéler une nette baisse de confiance des français envers leurs parlementaires alors que les maires et élus locaux bénéficient d'une bien plus grande crédibilité comment expliquez-vous cette dualité de perception et quel rôle selon vous la culture politique peut-elle jouer pour notamment renforcer ce lien de confiance merci beaucoup d'abord c'est vrai que quand on voit le spectacle qui est donné au parlement en particulier à l'Assemblée nationale on peut comprendre les français sur le maire c'est encore l'échelon politique qui est accessible donc vous êtes content pas content mais en tous les cas il est accessible il est dans votre proximité et je voyais sur les élus actuels de la majorité municipale c'est pas une question de couleur politique mais sur les personnes il y a un fort rejet sur la majorité actuelle ça en dit long sur leur proximité avec les habitants et c'est ce que je disais tout à l'heure c'est qu'à Paris on a oublié que le maire doit s'occuper de ses habitants et donc la plus grande confiance dans son maire c'est parce qu'il est accessible évidemment tout le monde n'est pas pareil mais le maire normalement vous prenez rendez-vous il vous voit vous lui écrivez il vous répond vous avez un problème vous lui soumettez il peut vous apporter une solution et donc cette proximité permet de démontrer qu'il y a une plus grande confiance déjà quand vous prenez rendez-vous vous lui écrivez c'est que vous avez vous espérez une réponse donc vous avez déjà une deuxième question bonsoir madame la ministre je m'appelle Isonard Téliot je suis étudiant en sciences politiques à l'université Paris-Nanterre ma question est la suivante dans un contexte politique de plus en plus complexe et parfois décourageant quel message souhaiteriez-vous adresser aux jeunes qui envisagent de s'engager mais hésitent encore à franchir le pas merci beaucoup vous avez quel âge monsieur j'ai 20 ans vous avez toute la vie devant vous enfin 20 ans j'ai l'impression que moi ils sont loin mais pas à moi et j'y crois encore donc moi je trouve que ce combat en vaut la peine je vous le dis moi je crois à la politique ça en vaut la peine alors vous allez être découragé parfois on peut vous écœurer d'ailleurs on vous dit pas de partir on vous écœure et beaucoup partent par écœurement donc moi je n'ai jamais cédé à l'écœurement ni au renoncement donc je trouve que ce combat en vaut la peine en tous les cas moi de tous les combats de vie que j'ai pu mener j'ai exercé plein plein de métiers plein de fonctions je me suis retrouvée dans des situations improbables la dernière fois quelqu'un me rappelait dans un endroit où j'avais travaillé que j'avais totalement oublié et j'ai même travaillé à Londres et donc j'avais oublié certains endroits mais je trouve que la vie politique apporte alors après il faut avoir l'énergie pour ça il faut avoir l'envie pour ça c'est sûr que si vous n'avez pas l'énergie l'envie la ténacité que vous vous découragez vite c'est sûr que ce n'est pas vraiment adapté mais moi je trouve que le combat en vaut la peine même si vous vous menez une toute petite action je vois par exemple hier on était dans le 18ème le fait d'aider quelqu'un à se rescolariser ou d'aider quelqu'un je vois j'ai mon directeur de cabinet qui est là nous sommes allés dans le centre du Marais on a rencontré des gens qui dormaient à la rue il y avait tout type de profil et il y avait une retraitée de 72 ans qui avait 2300 euros net par mois mais comme elle n'avait pas de caution comme elle n'avait pas de famille elle n'avait pas de bien et elle dormait à la rue et elle disait je viens dormir au milieu de ses tentes parce que je me sens en sécurité et bien le fait de l'avoir reçu de l'avoir aidé de lui trouver un endroit où elle peut être recueillie logée dans le long terme je trouve que c'est une action politique gratifiante pas pour mon égo mais pour la politique je me dis voilà la politique ça sert à ça donc si vous avez envie d'y aller allez-y et moi je le dis à chaque fois que je rencontre alors là c'est bien tenu il y a des amphithéâtres c'est plus poussif ou poussif ou plus agité moi je m'en fiche même quand je fais campagne aujourd'hui ça m'est égal que vous ne votiez pas pour moi tout ce que je veux c'est que vous puissiez voter parce que ça donne un sens à ce pays et c'est un pays très politique et très politisé donc il faut à la fois vous inscrire sur les listes aller voter et si vous voulez vous engager si vous avez des combats à mener surtout il ne faut pas hésiter merci madame la ministre merci encore de votre présence ce soir Mathis Morel étudiant à HU ma question est la suivante madame la ministre si l'an prochain vous êtes amené à devenir maire de Paris quel serait pour vous un geste fort un geste symbolique que vous mettrez en place au sein de la capitale française merci de votre réponse le geste fort il peut y en avoir beaucoup à l'international d'abord mon élection moi je trouve que la politique c'est le symbole et c'est aussi évidemment l'engagement et donc je trouve que c'est le premier geste fort ça serait un geste du quotidien si effectivement vous rendez la ville propre très rapidement si vous pouvez circuler mieux si vous pouvez vous y loger mieux dans les trois mois moi je l'aurais dit avec l'an vous verrez le changement immédiatement parce qu'on est prêt parce qu'on a une équipe parce qu'on a un projet parce qu'on sait exactement quels sont les leviers et maintenant j'ai un peu une expérience alors j'ai des magistrats avant de faire la politique même si comme magistrat je faisais aussi de la politique pas au sens partisan mais par parce que quand vous êtes magistrat vous êtes les premiers capteurs des évolutions de la société et donc vos décisions traduisent aussi les changements de société c'est ce qui fait la jurisprudence et cette jurisprudence peut conduire aussi à une évolution législative et donc moi je trouve que la politique de ce point de vue là il faut que ça change maintenant rapidement et donc je l'ai dit demain je suis maire de Paris vous verrez le changement très très rapidement je crois que notre directeur a une question oui madame la ministre vous avez utilisé deux mots un peu magiques pour nous apprentissage et alternance dans notre pédagogie nous faisons beaucoup de simulations je vais me permettre de vous proposer une simulation vous changez de ministère vous devenez ministre du travail comment vous envisageriez justement la question de l'apprentissage et de l'alternance sachant que vous même à travers votre parcours on le voit bien vous l'avez redit ce soir vous avez finalement fait un long apprentissage et nous ici ce que nous essayons de faire par l'alternance c'est justement offrir un lieu d'apprentissage assez sécure pour les étudiants vous êtes ministre du travail comment vous abordez cette question ? pas besoin d'être ministre du travail pour promouvoir et développer l'apprentissage comme ministre de la culture moi j'ai découvert que c'est un ministère peu d'alternance peu d'apprentissage notamment dans les écoles d'art et les écoles d'art d'abord sont très chères quand elles ne sont pas publiques là j'ai exonéré les frais de scolarité pour tous les boursiers donc cette mesure je l'ai prise j'étais d'ailleurs très étonnée que les boursiers ne bénéficient pas de cette exonération en tout cas une réduction des coûts j'ai exonéré totalement les boursiers des frais de scolarité ça c'est la première mesure et j'ai demandé à toutes les écoles et là justement je faisais un bilan sur l'apprentissage et l'alternance de manière j'allais dire très autoritaire j'ai demandé ce qu'il y ait de l'alternance et de l'apprentissage partout alors c'est possible parce que ce n'est pas la culture et les écoles d'art sont très sélectives notamment les nationales et donc c'est de pousser évidemment les dirigeants de ces écoles d'intégrer l'alternance et l'apprentissage dans leur mode d'apprentissage dans leur pédagogie et aussi dans la délivrance des diplômes parce qu'aujourd'hui l'alternance et l'apprentissage sont reconnus et donc avant c'était très compliqué maintenant vous pouvez devenir ingénieur en étant alternant ce qui n'existait pas avant parce qu'on avait un peu de mépris pour l'apprentissage et l'alternance aujourd'hui c'est possible donc pas besoin d'être ministre du travail parce que pour être ministre du travail et ça a été beaucoup promu notamment sous ses mandatures encore faut-il que les corporations les mettent en oeuvre et moi j'ai découvert par mon ministère de la culture ça n'est pas une pratique donc il faut évidemment pouvoir l'introduire dans toutes les politiques publiques dans toutes les politiques de formation d'éducation et d'apprentissage bonsoir madame la ministre je m'appelle Jade je suis étudiant en sciences internationales et sciences politiques du campus de Rennes on est venu nous voir spécialement si je me permets de conclure avec cette dernière question c'est en regardant votre parcours quel moment ou quel docent vous a le plus marqué et qu'auriez-vous aimé savoir avant de vous lancer en politique la politique c'est comme monsieur Jourdain en fait j'en ai toujours fait sans m'en rendre compte parce que moi adolescente quand j'ai commencé à travailler il y a une chose c'est que moi je ne voulais pas avoir l'avis de mes parents non pas c'est pas une question de conditions sociales c'est que je voulais être libre et je me disais cette liberté je peux l'acquérir par une autonomie et l'autonomie je ne pouvais l'avoir pas uniquement en travaillant mais en ayant en ayant fait des études parce qu'on est un pays où les études ça compte encore où le statut ça compte encore et donc je me disais il faut que je fasse des études à la fois il faut que j'ai les moyens de faire ces études et puis et d'avoir cette autonomie qui me donne une liberté et donc c'est une manière de faire de la politique je voulais être libre autonome je voulais évidemment que mon parcours serve à d'autres et donc tout ça assez jeune donc j'ai fait des études j'ai eu la chance de pouvoir travailler à côté de mes études pourquoi ? parce que l'université il n'y avait pas encore d'alternance et d'apprentissage et c'était assez méprisé d'ailleurs c'était à l'époque les bacs professionnels et CAPVEP qui étaient assez méprisés donc moi j'ai fait des études générales et la seule possibilité pour moi qui me permettait de travailler à temps plein c'était l'université pourquoi ? parce que je faisais les TD soit le soir soit le samedi matin et donc ça m'a permis d'avoir une vraie liberté sur la journée ou les nuits pour pouvoir travailler à plein temps les écoles de commerce les écoles d'ingénieurs nécessitaient des prépas donc moi je n'avais pas les moyens de le faire et puis ça nécessitait d'avoir l'esprit libre pour pouvoir réviser les concours et puis les écoles de commerce et les écoles d'ingénieurs c'était à plein temps toute la journée il n'y avait pas de système ni d'alternance ni de faire un diplôme en deux ans ça n'était pas possible donc moi ma seule chance a été l'université et l'université avec des profs bienveillants parce que je voulais avoir des polycopies et des cours magistraux parce que j'ai fait la fac sans jamais assister à un seul cours magistral et donc je suis diplômée d'économie et de droit mais ça c'était aussi pour moi en me disant d'ailleurs après j'ai poussé la validation des acquis professionnels parce que j'ai gardé ça en mémoire et donc les leçons que je tire aujourd'hui de mon action politique ce sont les leçons que j'ai pu tirer de ma vie très personnelle ou plus collective parce que je ne suis pas détachée de mon milieu je ne suis pas détachée de mes amis je ne suis pas détachée de ma famille moi je suis encore très en lien avec ma collègue qui était aide-soignante avec moi moi j'ai commencé comme femme de ménage dans cette clinique je suis devenue aide-soignante j'ai un diplôme d'aide-soignante et d'ailleurs pendant le Covid je me suis mise à disposition donc tout le monde était un peu étonné et donc ces collègues qui sont mes amis elles ont fait toute leur carrière soit comme femme de ménage soit comme aide-soignante et donc on n'a pas eu le même destin mais leur vie leur vie au pluriel sont pour moi une vraie leçon pour la politique je me nourris de ça certains se nourrissent des statistiques des livres des études je me nourris de ces situations-là donc moi la plus grande leçon que j'ai appris par rapport à la politique c'est d'avoir l'ancrage que j'ai encore et d'avoir encore cette vie à laquelle je suis restée très connectée c'est pour ça que je vais partout je parle avec tout le monde j'y suis avec tout le monde quelles que soient les conditions le niveau je m'intéresse à tout je suis curieuse de tout donc si vous voulez me dire quelles sont les leçons de celle-ci en tous les cas après qu'est-ce que j'aurais imaginé avant de me lancer est-ce que j'aurais eu une prévention si c'était à refaire j'aurais refait j'ai fait des erreurs ça c'est vrai j'ai eu des échecs parfois cuisants où j'avais l'impression que c'était la fin du monde pour moi je ne voulais plus sortir de chez moi je me disais c'est fini c'est terminé et je suis sortie et je vais vous raconter une anecdote lorsque je suis magistrat il y avait un collaborateur de Jacques Chirac à l'Elysée qui me dit qui m'appelle qui me dit si Jacques Chirac est réélu en 2002 est-ce que ça vous intéresse de faire du cabinet et donc moi je dis oui je dis moi je voudrais aller au cabinet du garde des sceaux je suis magistrat parce que si vous voyez ce que je veux dire vu mon profil il y a certains qui auraient aimé que je m'occupe des banlieues des cités difficiles je considérais que j'étais magistrat et donc je voulais avoir un job par rapport à ma compétence et pas par rapport à une origine l'origine n'est pas une compétence et donc Jacques Chirac est élu et donc je dis je voudrais aller au cabinet du garde des sceaux que je connaissais bien Dominique Perven parce que c'est le maire de la ville où je suis né et donc on m'envoie voir son directeur de cabinet qui est après qui a été sous mon autorité donc je vais le voir et il me dit membre éminent du conseil d'état et je lui dis ben voilà je voudrais travailler comme collaboratrice au cabinet du garde des sceaux ah oui mais pourquoi faire je lui dis ah oui mais bon est-ce que vous êtes vraiment un magistrat comme les autres je ne savais pas qu'il y avait une école de la magistrature pour une catégorie une école de la magistrature pour une autre catégorie de population en fait il ne voulait pas mais bon on le tortillait et il a dit oui mais bon je vais vous rappeler et il ne me rappelle pas et puis en fait il ne me prend pas j'ai cru que c'était la fin du monde je suis sortie de la chancellerie du rendez-vous j'ai pleuré tout ce que je pouvais en 2002 je me suis dit j'ai raté ma vie tout ce que j'ai fait n'interdit à rien en fait je suis nulle bon alors après vous n'échappez pas à votre éducation vous êtes très peu valorisé et donc je me disais je ne voulais que ça donc et puis je suis rentrée dans mon bureau de procureur et j'étais au parquet d'Evry et j'écoute un discours de Nicolas Sarkozy sur la sécurité notamment sur la sécurité des plus fragiles et je me dis tiens ça correspond à ma vision de la sécurité de la prévention de la délinquance et donc je lui ai écrit et je lui ai demandé si effectivement je pouvais le rencontrer chose qu'il a faite et je l'ai rencontré on a discuté pendant plus d'une heure la manière dont je voyais je concevais la politique de sécurité la prévention de la délinquance on a discuté et il m'a dit je veux qu'on travaille ensemble et donc il m'en reste chez son directeur de cabinet qui était le même que celui de la chancellerie enfin pas le même mais le même modèle et en fait il ne voulait pas donc pareil il a tout dit bon ah bon pourquoi mais puis franchement est-ce que c'est utile au ministère de l'intérieur donc il m'a dit ok on vous rappelle et en fait ils ne m'ont pas rappelé et j'avais refait un petit mot à Nicolas Sarkozy en disant vous auriez dû me dire que vous ne vouliez pas me prendre c'était plus simple ça ne sert à rien de laisser espérer et il a été choqué par ça il m'a demandé de revenir et j'ai été recrutée par lui et moi c'est ma plus belle expérience de ces 50 collaborateurs d'un grand ministre de l'intérieur ministre de l'économie et donc on et j'ai été porte-parole d'une campagne présidentielle gagnante et qui était très compliquée parce que quand vous gagnez on a le sentiment tout a été simple avant une campagne extrêmement compliquée tous les sondages de données perdant jusqu'au 14 janvier 2007 c'est à dire 3 mois avant son élection et donc je suis devenue sa porte-parole je suis devenue son garde des Sceaux et qui j'ai mis sur mon autorité le directeur du cabinet du garde des Sceaux ne voulait pas me retraiter et il a eu le culot de me dire ah mais en fait j'ai pas voulu vous recruter parce que je savais que vous étiez vous étiez voué à des fonctions supérieures donc en plus il prend pour une imbécile parce que je pense qu'il pense fortement et donc voilà donc je n'ai aucun regret et c'est pour ça que parfois par provocation certains je les pousse évidemment dans le retranchement parce que leur bonne conscience en fait ils pensent des choses qu'ils ne osent pas vous dire donc je les pousse à dire ce qu'ils pensent vraiment et parfois c'est désagréable pour eux pas pour moi donc voilà donc j'ai pas de regrets et les leçons que je peux tirer c'est que la politique moi en ce qui me concerne je la tire de mon expérience je suis Simon Réveillon et je fais partie d'un contingent d'étudiants qui viennent de l'IEP de Fontainebleau on a pris le RER pour venir jusqu'ici à la conférence et j'avais une question quant à votre politique du logement car vous voulez donner un plus grand accès aux étudiants mais est-ce qu'un autre problème ne serait pas plutôt l'accessibilité des logements en général parce qu'avec 19% donc un logement sur cinq des logements qui sont inhabités à Paris est-ce que ce n'est pas un souci principal pour libérer des places et donc des logements sociaux parce que Paris est une ville avec un patrimoine immense donc faire des logements crous pour les étudiants ou des logements sociaux en rasant certains bâtiments serait un petit peu compliqué j'ajoute à cela par ailleurs que j'en ai providé pour regarder la part des logements sociaux dans votre arrondissement qui est le septième si je ne me trompe pas et je crois que c'est le plus faible de Paris et c'est 2% donc c'est pour ça que je pose la question quelles sont vos idées et vos potentiels quelles sont les possibilités de changement par rapport à ça dans une ville avec un si fort patrimoine merci vous ne trouvez pas que vous êtes contradictoire sur votre dernier constat allez-y dites-moi vous dites à la fois il ne faut pas raser des immeubles et vous dites dans votre arrondissement il n'y a que 2% c'est un arrondissement très patrimonial il n'y a pas de foncier très peu de foncier et le logement social tel qu'il est décidé je n'ai pas la main comme maire d'arrondissement donc même si demain je voulais m'opposer au logement social je n'ai pas la main et même si demain je voulais 100% de logements sociaux je n'ai pas la main comme maire d'arrondissement première remarque deuxième remarque c'est que le logement social vous le mettez là où il y a du foncier sauf l'affaire de la politique de préemption ça a coûté cette année la préemption pour préempter du logement pour le transformer en logement social et très social est-ce que c'est une politique de logement de mixité sociale et harmonieuse non je ne crois pas c'est mettre beaucoup d'argent pour avoir du logement pour très peu de personnes moi je préfère avoir un parc social plus équilibré du logement intermédiaire du logement accessible aux classes populaires du logement accessible à des gens qui ont un petit peu plus de moyens mais qui ne sont pas éligibles au logement social et qui pourraient se loger genre dans évidemment dans ce parc social et donc de dire c'est l'argument de la gauche vous avez très peu de logements sociaux j'ai pas la main il ne faut pas vous gêner moi c'est ce que je leur ai dit si vous voulez mettre 100% de logements sociaux dans le 7ème aujourd'hui vous avez la main alors il faut débourser un milliard d'euros pour acheter tous les immeubles par préemption est-ce que c'est une politique en tant que maire de Paris ma politique de logement elle serait plus équilibrée qu'elle n'est aujourd'hui aujourd'hui le parc social est composé de logements sociaux vous savez qu'il y a des catégories dans le logement social en fonction des revenus et donc aujourd'hui les catégories qui sont ciblées pour la mairie de Paris c'est les plus basses donc la classe moyenne n'y a jamais accès une aide soignante n'y a pas accès un policier n'y a pas accès une aide à domicile n'y a pas accès une gardienne d'immeuble n'y a pas accès un exemple dans mon arrondissement beaucoup de gardiens d'immeuble et de gardiens d'immeuble c'est encore un arrondissement où nous avons des gardiens d'immeuble et bien ces gens-là font 40 ans de gardiennage et quand ils partent à la retraite avec une très petite retraite ils sont à la rue ils ne sont pas prioritaires pour le logement social je veux qu'ils soient prioritaires pour le logement social et dans l'arrondissement où ils ont été gardiens par exemple moi j'ai une gardienne dans le 7ème qui va partir à la retraite je souhaite qu'elle soit éligible au logement social dans mon arrondissement elle est là la politique sociale la politique sociale ce n'est pas de l'arithmétique ou ce n'est pas de l'idéologie c'est ce que je disais ça rejoint la réponse précédente moi je fais de la politique par expérience pas sur papier pas par dogmatisme et pas par idéologie c'est ce que fait la municipalité actuelle donc ce que vous dites et sur le nombre de logements inhabités oui mais pourquoi ils sont-ils vides à qui appartiennent-ils ces logements pourquoi ils préfèrent une location saisonnière ou à la érythminologie plutôt qu'une location longue durée les logements inhabités vous avez raison par des propriétaires privés ils ne les mettent pas à la location même certains ne mettent à aucune location même pas en airbnb pourquoi ? parce que vous avez deux écueils un, vous n'avez pas de garantie de paiement des loyers et la majorité municipale ne veut pas faire expulser les gens qui ne paient pas leur loyer notamment dans le parc privé donc quand vous êtes propriétaire regardez la sociologie des propriétaires à Paris je veux dire vous avez très peu de très riches propriétaires qui laissent des appartements inhabités parce que les très riches généralement vont à l'hôtel près des grands hôtels ou les palaces qu'on connaît sur les petits appartements ce sont souvent des retraités qui ont placé leur argent dans un appartement et donc la location est un revenu complémentaire à leur retraite ils ne le font pas aujourd'hui parce que si la personne ne paye pas son loyer on ne peut pas l'expulser et c'est une perte de revenu pour eux donc moi si je suis maire de Paris demain j'apporterai une garantie à ce type de propriétaire pour mettre en location leur logement et s'il y a un défaut de paiement la mairie est soit un intermédiaire pour obtenir le paiement soit garantir une certaine somme de loyer le temps que évidemment le propriétaire récupère son appartement donc quand vous n'avez pas de garantie de loyer vous ne mettez pas votre appartement en location et quand évidemment c'est compliqué pour vous d'obtenir une expulsion s'il n'y a pas de paiement vous le mettez en saisonnier parce que évidemment la personne ne peut pas rester donc ça c'est majoritairement ce qui se passe à Paris et d'autre part l'encadrement des loyers qui peut fonctionner dans certains endroits ne fonctionne pas dans les endroits où ils l'ont mis à Paris pourquoi ? parce que l'encadrement des loyers comme il y a une pénurie de logement quand la personne veut vraiment l'appartement et bien il donne un complément un surplus malgré l'encadrement des loyers en liquide moi je ne veux pas rentrer là-dedans si il y a un encadrement des loyers il faut respecter évidemment le cadre de cet encadrement sinon comme il y a une pénurie vous gérez la pénurie si moi par exemple pour mon enfant je veux lui louer un appartement et un encadrement des loyers si vous et moi vous vous n'avez pas de caution de garantie et que ce loyer de manière encadrée vous convient mais que moi ce loyer de manière encadrée me convient je peux donner peut-être un plus sous la table la personne va me prendre moi et c'est ce qui existe à Paris c'est ça la réalité c'est pour ça que moi j'entends certains candidats qui font espèche de choses qui sont impossibles et c'est pour ça que je vous dis tout à l'heure il faut que vous regardiez les raisons de tout cela parce qu'il n'y a pas que des riches propriétaires qui spéculent et parce que ça leur rapporte alors après la réglementation moi par exemple si je suis maire de Paris demain les airbnb je vais fortement les réduire Madame la ministre je crois qu'on a une dernière question encore ça va oui bonsoir Madame la ministre Raphaël Gavary vous avez bien fait poser votre question en fait vous avez bien fait poser votre question Raphaël Gavary étudiant Paris je voulais vous demander toujours sur le sujet du logement la délibération de la mairie de Paris récemment sur l'anti-co-living a fait pas mal parler dans la presse locale et je voulais vous demander c'est quoi votre avis et quelle politique vous souhaiteriez mener sur le co-living qui est quand même une solution qui est plébiscitée par beaucoup d'étudiants et par beaucoup de jeunes actifs qui permet notamment d'avoir des locations qui demandent moins de garantie malgré que certains loyers soient plus élevés et surtout sur les grands appartements ça permet de remettre sur le marché des grands appartements qui aujourd'hui ne sont pas loués parce que c'est plutôt à Paris la recherche est plutôt sur des studios et des petites surfaces donc le co-living moi je suis plutôt sur la liberté évidemment moi je suis contre la spéculation tout ce qui génère de la spéculation je suis contre parce que vous créez une inégalité d'accès au logement donc si le co-living est une solution pour des étudiants ou par exemple j'avais passé une soirée dans un hôpital avec des personnels soignants c'était essentiel des jeunes infirmières des jeunes soignants qui commençaient et compte tenu leur salaire ils ne pouvaient pas avoir d'appartement ou à proximité et donc comme beaucoup arrivaient d'horizons différents ils voulaient avoir ce système de co-living ou le co-living générationnel ça existe aussi notamment dans l'ouest de Paris donc moi je suis plutôt sur la liberté du logement mais pas le logement pas l'allocation qui crée des rentes ou de la spéculation Madame la ministre je voudrais en deux mots du coup un petit peu clôturer cette conférence notamment en me disant parce qu'il y a pas mal de choses qui pourraient à mon avis caractériser aussi l'échange qu'on a eu mais je peux vous dire à quel point je viens aussi de me rendre compte de la capacité la force du terrain que vous aviez que vous êtes je pense une femme de terrain c'est ce qu'on peut retenir dans cette conférence et notamment vous avez rappelé votre rôle d'être soignante et notamment en vous engageant encore pendant la crise du Covid ça c'était la première et la deuxième sur laquelle j'avais pas mal de questions à vous poser c'est une femme d'espoir c'est-à-dire redonner envie de se remettre en politique avec courage panache et envie merci beaucoup je voudrais remercier évidemment toutes les équipes de CSACU les équipes studios je voudrais remercier les personnes qui ont permis de mettre en lien l'association avec votre cabinet merci à toi Manon merci à Céline Vendrome qui a énormément fait pour cette conférence merci à monsieur Richard Amalvi le directeur monsieur Marcant il est porte le président merci à tous de votre présence et à très bientôt applaudissements
Rachida Dati