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interviewLCI· 29 août 2024 23 min

Propos de la veuve du gendarme tué : "La peine de mort, pas la solution", selon Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Clémentine Otain, soyez les bienvenus, vous êtes députée du Nouveau Front Populaire élu en Seine-Saint-Denis, vous êtes face à nos experts. Je voudrais commencer cet entretien avec les propos qui ont marqué hier de la veuve de ce gendarme qui a été tué à Mougins lundi soir. Elle dit deux choses, entre autres, mais qui ont interpellé. Elle dit un, la France a tué mon mari par son laxisme. Elle dit deux, 1981, donc la pollution de la peine de mort n'aurait jamais dû exister. Comment vous réagissez en tant que responsable politique à ces propos extrêmement forts ?

0:29
Clémentine Autain

D'abord, comme tous les Français, je suis très choquée par cet événement, par ce drame. Et je comprends la douleur, la colère de cette femme qui se retrouve veuve suite à une injustice totale et face à quelqu'un qui a tué son mari et qui était multirécidiviste. Donc forcément, ça génère de l'interrogation, de la colère, de l'envie de tout bousculer.

Pour autant, il faut toujours garder la tête froide, autant faire se peut, c'est-à-dire à la fois partager l'émotion, être aux côtés de cette femme et de cette famille terriblement touchée, et en même temps garder la tête froide pour ne pas, à chaque drame, prendre des décisions qui ne seraient pas justes sur le fond ou qui contreviendraient à des principes qui font partie maintenant de ce qu'est la France. Et notamment, le retour à la peine de mort, pour moi, n'est en aucune manière une solution.

1:19
Présentateur

Quand vous voyez que 51% des Français, 51% se disent favorables à un rétablissement de la peine de mort.

1:24
Clémentine Autain

Oui, alors 51%, après, si on refait le débat, peut-être que ce serait moins. Si on avait un débat fort là-dessus, c'est des choses qui peuvent évoluer. Et moi, je crois profondément qu'une démocratie, une civilisation émancipée ne peut pas répondre à des actes qui sont des actes criminels par la mort, la volonté de tuer. Je pense que ça, ça n'est pas possible. Et de la même manière, j'entendais, c'est vous qui disiez tout à l'heure, et c'est parfaitement juste aussi, que dans nos prisons, il faut bien sûr punir. Et punir, c'est la privation de liberté, et c'est déjà, en fait, quelque chose de très fort, de priver de liberté, mais pas de priver de la dignité.

Nous sommes normalement du côté de l'humanité. Alors après, ce qu'il faut, c'est trouver des solutions.

2:10
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il ne faut pas être du côté des victimes ? Est-ce qu'il ne faut pas être aussi du côté des victimes ? Est-ce qu'autrement dit, ce débat, je suis très opposé à la peine de mort, donc je suis très à l'aise là-dessus, mais est-ce que le fait de ne pas répondre à la demande de la société, ou pas correctement répondre à la demande de la société pour plus de sécurité, ce n'est pas alimenter, au fond, ce fonds de commerce en faveur de la peine de mort ?

2:30
Clémentine Autain

Oui, mais si la peine de mort, on était... Je suis principiellement opposée. Que les choses soient claires, je suis contre. Mais par ailleurs, ça n'est même pas efficace. Non, ça ne marche pas. Ça ne marche pas. Et là, on parle d'opinion. Mais oui, mais l'opinion, elle bouge en fonction aussi du débat. C'est pas... Moi, je ne dis pas c'est blanc ou noir, parce que l'opinion publique a décidé que c'était blanc ou noir.

2:52
Locuteur non identifié

Non, mais ce que je vous dis, c'est que la réponse pénale n'est pas manifestement la bonne. Elle ne donne pas satisfaction.

2:58
Clémentine Autain

Mais tout ne se règle pas nécessairement sur le plan pénal. C'est ça qu'il faut comprendre. Mais notamment.

3:03
Locuteur non identifié

Notamment.

3:04
Clémentine Autain

Pas seulement. Ce que je vous dis, c'est que vous pouvez alourdir des peines. Prenez un exemple qui m'est familier, les violences conjugales et les crimes sexuels. Les peines, elles sont très élevées, très très élevées, en réalité. Bon. Est-ce que vous trouvez que ça permet de lutter contre les violences conjugales et les crimes sexuels ? A l'évidence, non. Ils sont d'une banalité crasse. Donc, croire que c'est en augmentant, par une inflation sans fin des peines, qu'on empêche des délits et des crimes de se perpétrer, est une erreur factuelle. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est pas une opinion. Je ne suis pas en train de vous donner mon opinion. Je constate.

Donc, l'entrée n'est pas la bonne. C'est-à-dire, l'entrée consiste à dire, à chaque fois qu'on est face à quelque chose qui est insupportable, et je partage, je trouve ça inacceptable, qu'un gendarme, c'est-à-dire quelqu'un qui a une fonction de nous protéger, sur un enjeu qui est la route, où tout le monde doit pouvoir être en sécurité sur la route, et il est face à un délinquant, c'est-à-dire quelqu'un qui refuse d'obtempérer, qui en plus est multirécidiviste, c'est insupportable. Mais il le tue. Ça, c'est pas possible. C'est pas acceptable dans une démocratie. Donc, il faut trouver la solution.

Mais penser que la solution, ça serait de dire, on va mettre tout le monde en prison, on va tuer les gens qui refusent d'obtempérer, etc. L'opinion pense le contraire. Mais la réponse de gauche, c'est quoi ? Bien sûr, la réponse de gauche, pour chaque domaine, c'est pas forcément exactement la même chose. Il faut de la fermeté, ça c'est clair. C'est-à-dire que, dans un cas pareil, la peine doit être très sévère. J'ai pas de problème avec ça. Je ne suis pas un gendarme.

4:36
Locuteur non identifié

Non, mais la réponse politique, c'est-à-dire qu'on dit souvent, depuis quelques années, que la gauche a laissé ces sujets-là de côté, et que c'est d'ailleurs pour ça que toute une partie de l'électorat populaire s'est tournée vers le Rassemblement national. Qu'est-ce qu'on peut dire à cette femme, en étant une femme politique de gauche, ce que vous êtes aujourd'hui ? Là, vous pensez à la sécurité, bien sûr,

4:55
Clémentine Autain

vous pensez à la sécurité en général. Pour ce qui est de la sécurité en général, moi, j'estime qu'à gauche, nous avons une partie de discours. Par exemple, quand nous disons qu'il faut une police de proximité, qui aujourd'hui n'existe plus parce qu'elle a été mise à mal, eh bien, c'est une conception de la façon de sécuriser les Français, de les protéger. Ce n'est pas le discours de la droite qui pense justement qu'avec l'inflation des peines, on va réussir à régler le problème. Et que dans le tout répressif et sécuritaire, il y a une solution, je ne le crois pas. Je pense aussi qu'il faut aider les Français à ne pas détester son voisin, à ne pas détester la police, à ne pas...

Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça, c'est aussi un travail de pacification, là où, à mon sens, la droite, là où, à mon sens, les droites, ont un discours de haine, d'ériger les uns contre les autres. Et ça, ça produit de la violence et ça, ça produit de l'insécurité. Mais ce que vous dites, c'est bien en amont.

5:49
Locuteur non identifié

C'est-à-dire que la police de proximité, c'est de la prévention. Mais là, sur un... Non, la police, c'est pas que de la prévention.

5:54
Clémentine Autain

C'est beaucoup de la... Ça tient à ça aussi, ça tient à la prévention. On parle d'efficacité, on ne parle pas d'efficacité. C'est-à-dire que si le discours consiste simplement à dire vous avez peur, vous êtes effrayés, allez, on va mettre encore plus de peine, ça va être encore pire, d'un point de vue pénal, en réponse pénale, est-ce que vous croyez que ça change la situation ? La preuve que non, puisque ça fait des années et même des décennies qu'on ne cesse de faire de l'inflation sur ce terrain-là et que les Français se sentent de plus en plus en insécurité. Donc, vous voyez bien qu'il y a un truc... Madame Autain, l'actualité...

Ça ne suffit pas à régler la question, voire même, ça peut être contre-productif et ça, parfois, ça met en cause des principes très importants de notre démocratie.

6:34
Présentateur

L'actualité, elle est marquée également par la mise en examen de Pavel Durov. Alors, c'est le patron milliardaire de Télégramme qui est la nationalité française. Il est russe à l'origine, il a été interpellé à son arrivée au Bourget dans son avion privé et il est, j'allais dire, poursuivi presque pour les raisons qui l'ont conduit à obtenir sa nationalité française. Il l'a eu à travers le processus du français mérite, donc, c'est les personnalités qui font rayonner la France avec la création de son réseau social, de sa messagerie cryptée. Aujourd'hui, il est poursuivi pour complicité notamment de tous les crimes potentiels qui se déroulent sur sa plateforme.

Comment est-ce que vous regardez sa situation ? Est-ce qu'il faut poursuivre cet homme ? Est-ce qu'il doit rester français ? Quel regard vous portez sur son cas ?

7:12
Clémentine Autain

Pas évident, pas évident comme question. Je pense que le déresponsabiliser totalement n'est pas possible. On ne peut pas dire qu'un patron d'un réseau social n'a rien à voir avec ce qui se passe sur son réseau social et en même temps, mais c'est des problèmes nouveaux qu'on se pose, et en même temps, le rendre responsable de tout ce qui s'y passe n'est pas non plus possible. Donc, je pense qu'on est devant des cas juridiques qui méritent une réflexion profonde pour pouvoir dire exactement un point de vue. Enfin, moi, je ne me sens pas armée aujourd'hui pour vous donner ici une réponse claire sur son cas. Aussi parce qu'il faudrait regarder précisément ce qui lui est reproché.

Ce n'est pas très clair. Donc, j'aimerais bien savoir ce qui lui est précisément reproché. Et ensuite, sur la législation de tous ces réseaux, je ne veux pas aller à l'emporte-plèce ni d'un côté ni de l'autre parce que je pense que nous sommes devant des nouveaux cas. Donc, typiquement, il faudrait saisir le Parlement et il faudrait des commissions d'enquête sur ces sujets-là pour qu'en tant que parlementaire, on puisse se forger une opinion qui soit une opinion éclairée sur ces phénomènes qui sont des phénomènes nouveaux pour des juristes et pour des parlementaires. Il n'y a pas urgence, on en paraît ? Bien sûr qu'il y a urgence. Il y a terriblement urgence.

Il y a terriblement urgence à réguler ces réseaux. Il y a terriblement urgence à adapter notre droit par rapport à tout ce qui s'y passe. Je suis parfaitement d'accord avec vous.

8:30
Locuteur non identifié

Et vous avez soutenu la création de cette législation européenne qui vise aujourd'hui effectivement à réguler bien davantage la circulation des messages de haine sur Internet tel que l'a présenté le commissaire Thierry Breton ?

8:43
Clémentine Autain

Alors, je ne sais pas ce que nos parlementaires européens ont voté. Donc, je ne vais pas vous dire de bêtises sur ce point précis.

8:49
Locuteur non identifié

La gauche était divisée comme souvent. C'est-à-dire qu'il y avait effectivement une partie des parlementaires socialistes au Parlement européen qui trouvait qu'effectivement il fallait intervenir pour que la législation soit plus dure à l'égard de tous ceux qui propagent la haine ou la division sur les réseaux sociaux notamment. Et puis, une partie de la gauche européenne pas forcément française mais qui estime que non, il faut laisser cette liberté-là.

9:13
Clémentine Autain

C'est précisément ce que je suis en train de vous dire. Nous sommes face à des problèmes nouveaux. C'est-à-dire qu'il y a une tension là aussi entre la liberté d'expression nécessaire et en même temps le respect d'un minimum de règles par rapport à nos principes démocratiques. Et je suis désolée mais c'est une tension parce que si on met le doigt dans l'engrenage moi je suis toujours très attentive. Vous savez, même sur la loi Guesso j'ai toujours une petite gêne. Je dis à partir du moment où on commence à mettre le doigt dans l'engrenage du flicage de l'interdiction d'un certain nombre d'expressions sur les réseaux eh bien où est-ce qu'on s'arrête ?

C'est-à-dire qu'est-ce qui relève du commun et qu'est-ce qui n'en relève pas ? C'est pas si évident que ça et pourtant je suis une militante contre tous les propos racistes je déteste la violence sur les réseaux sociaux je suis très inquiète du sexisme aussi profond sur ces réseaux et même d'autres choses qui vont plus loin les violences y compris à caractère sexuel à l'égard des enfants vous avez beaucoup de choses qui sont inadmissibles l'antisémitisme le rejet des musulmans qui est massif maintenant sur les réseaux bref tout ça n'est pas acceptable mais quelle est la bonne réponse ?

c'est pas parce que vous faites taire ça le problème aussi c'est que les gens le pensent le problème aussi c'est que les gens le pensent maintenant ils l'écrivent c'est débridé et le problème c'est que ça a un effet d'entraînement c'est-à-dire que si on le lit alors moi aussi je peux le penser puisque c'est écrit donc il faut le réguler mais la police de la pensée la police des réseaux sociaux est aussi un problème

10:37
Présentateur

voilà un sujet passionnant

10:39
Clémentine Autain

pour le législateur tenir les deux bouts

10:40
Présentateur

voilà un sujet passionnant pour un nouveau gouvernement que nous n'avons toujours pas est-ce que vous dites oui à Bernard Cazeneuve Premier ministre ?

10:48
Clémentine Autain

à votre avis vous avez un doute c'est une vraie question

10:50
Présentateur

oui c'est une vraie question déjà parce que tous les gens qui nous regardent ne sont pas forcément connaisseurs fin connaisseurs de votre opinion donc est-ce que vous dites oui ou non à Bernard Cazeneuve ?

10:59
Clémentine Autain

alors écoutez moi je suis une militante acharnée du nouveau Front Populaire nous avons bâti un programme nous avons nous sommes arrivés en tête de cette élection législative et nous avons désigné une candidate pour être première ministre qui est Lucie Castet donc pour moi en dehors de ce scénario qui est un scénario qui se passerait dans n'importe quelle démocratie européenne par exemple j'ai envie de dire presque occidentale c'est-à-dire le camp arrivé en tête et bien le président de la république ou dans d'autres endroits c'est parfois le roi décide qu'il prend le nom qui vient de cette coalition-là parce qu'elle est arrivée en tête est charge à cette coalition de faire la démonstration de sa pérennité à l'assemblée du fait de ne pas être censurée et de mener une politique populaire mais c'est à charge à la coalition arriver en tête et pas au président de la république de jouer tous les rôles et de décider à la place des parlementaires de qui peut c'est une faute institutionnelle comme le dit François Hollande gravissime c'est un coup de force qui est inacceptable je vais vous dire Emmanuel Macron est vraiment un Machiavel de bac à sable pourquoi c'est un Machiavel de bac à sable ?

parce qu'il fait une dissolution dont il espère sortir vainqueur notamment en ratatinant la gauche et les écologistes qui apparaissaient aux européennes extrêmement divisées ça c'est une réalité on ne peut pas dire qu'on ait donné un spectacle d'union le moins qu'on puisse dire c'est que ça a tiré à boulet rouge mais il n'a pas pensé que dans l'histoire de la gauche le rassemblement quand il y a une menace d'extrême droite en général il est là que sur le fond ce qui nous rassemble est supérieur à ce qui nous divise et que l'intelligence politique des uns et des autres pouvait fonctionner

12:35
Locuteur non identifié

c'est ce qui a marché c'est ce que dit François Hollande hier soir il a un mâton non mais que François Hollande dit la gauche gagne c'est factuellement vrai quand les socialistes sont la partie dominante de la gauche à chaque fois qu'ils ne le sont pas la gauche perd alors là c'est historiquement vérifiable

12:53
Clémentine Autain

il y a plein de choses historiquement vérifiables qui vous savez changent à un moment donné donc l'histoire elle n'est pas linéaire elle n'est pas linéaire il faut la prendre sur son long cours aussi donc il y a un fait c'est que François Hollande à l'issue de son quinquennat n'a pas pu se représenter il y a un fait c'est que le nom de gauche a créé la dynamique du nom au traité constitutionnel en 2005 et que cette critique du libéralisme économique est au fondement de la régénération de la gauche et ça il faut bien le comprendre et bien l'entendre on n'est pas dans un temps calme on est dans un temps où y compris le moteur du nouveau front populaire et de la gauche c'est quand même sur une gauche franche mais il y a une autre réalité et ça il faut quand même l'entendre

13:34
Locuteur non identifié

il y a une autre réalité c'est que c'est la constitution c'est le président de la république qui décide du nom du premier ministre il a dit non à Lucie Castel lundi on est aujourd'hui jeudi on n'a toujours pas de premier ministre je reprends la question de Jean-Baptiste ça fait plus de deux mois qu'on n'a pas de premier ministre et pendant ce temps-là

13:51
Clémentine Autain

et vous avez remarqué pendant ce temps-là le gouvernement gouverne ce qui est un béni total de démocratie

13:57
Locuteur non identifié

il est illégitime à le faire et avoir un gouvernement qui soit aux affaires véritablement aux affaires Bernard Cazeneuve qui est issu des rangs de la gauche alors qu'il n'est pas nouveau front populaire est-ce que c'est pas mieux pour vous qu'il y ait une politique menée par Bernard Cazeneuve qui fait passer des messages ce matin dans le Parisien il dit ce sera une cohabitation si je suis à Matignon est-ce que c'est pas mieux qu'un Xavier Bertrand est-ce que c'est pas mieux qu'un Techno c'est ça la question on est dans cette situation-là aujourd'hui

14:25
Clémentine Autain

si Bernard Cazeneuve est nommé premier ministre ou quelqu'un d'autre de ce type de profil il mènera la même politique que celle qui a été menée depuis 7 ans la preuve par Elisabeth Borne Elisabeth Borne on nous a dit au début elle vient d'y rendre la gauche est-ce qu'elle a est-ce qu'elle a tressailli elle n'avait pas été première ministre de François Hollande

14:41
Locuteur non identifié

elle n'avait pas cette trajectoire-là

14:44
Clémentine Autain

c'est un enjeu de qui permet de construire ensuite les politiques sur quelle coalition il va se fonder au service de qui il est certainement pas de la politique du nouveau front populaire mais bien au contraire dans la main d'Emmanuel Macron et des siens et ce que veut faire Bernard Cazeneuve est de droite mais le problème n'est pas la personnalité de Bernard Cazeneuve le problème est que il va être s'il est nommé il l'est par Emmanuel Macron et qui soutiendrait cette politique qu'il pourrait mener

15:14
Locuteur non identifié

c'est toute la question

15:15
Clémentine Autain

mais bien sûr forcément c'est avec les macronistes et les macronistes ne sont pas de gauche et on l'a vu on le voit depuis 7 ans et pourquoi Lucie Cazene n'est pas nommée elle n'est pas nommée pour des raisons politiques c'est parce que l'augmentation du SMIC le fait de revenir sur la réforme des retraites d'Emmanuel Macron le fait d'enclencher une politique de transition écologique le président n'en veut pas et donc il cherche il cherche par tous les moyens à reconduire à maintenir sa politique et il mélange deux choses la stabilité pour le pays et la continuité de sa politique or la continuité de sa politique c'est ce qu'il veut c'est ce qu'il souhaite c'est ce qui crée de l'instabilité et c'est ce qui crée aujourd'hui de la désespérance dans le pays donc il porte une responsabilité immense écrasante et moi ça me met très en colère c'est pourquoi je serai présente le 7 septembre à la manifestation initiée par les mouvements de jeunesse et aussi à l'appel de la France insoumise

16:06
Présentateur

comment vous réagissez au fait que la CGT ne veuille pas officiellement appeler à manifester la CGT qui pour le coup à travers Sophie Binet a pris des positions politiques ces dernières semaines en soutenant par exemple le nouveau Front populaire

16:17
Clémentine Autain

alors la CGT avec d'autres appellera à des mobilisations fin septembre qui sont très importantes c'est à dire le mouvement social va se mobiliser et je serai également aux manifestations appelées par les syndicats c'est très important là c'est une mobilisation le 7 qui est politique à l'initiative des politiques par rapport à une situation

16:38
Locuteur non identifié

qui est de nature politique oui oui aussi la CGT ayant expliqué qu'elle ne rejoindrait pas elle n'appelait pas à manifester au début du mois de septembre qu'elle l'a fait auparavant elle a pris des positions politiques parce qu'il y avait un danger à l'époque elle l'expliquait

16:53
Clémentine Autain

la CGT espère que le 7 sera réussi moi ce qui m'ennuie plus avec le 7 c'est que la décision de faire cette manifestation n'ait pas été prise dans le cadre du nouveau Front populaire ça ça m'ennuie plus de la même manière que qu'est-ce qu'on fait institutionnellement si Bernard Caisse d'oeuvre ou je ne sais pas qui est nommé dimanche je m'en ai compte ça fait deux mois que ça dure c'est insupportable insupportable la censure moi je pense que la première réponse est de censurer tout gouvernement qui ne serait pas dans le cadre de la légitimité sortie des urnes et pour moi la légitimité je le redis c'est que la coalition arrivée en tête et bien c'est elle qui doit gouverner parce que si elle doit trouver

17:33
Présentateur

si elle doit censurer ou pas des idées que vous défendez avez-vous échangé avec lui

17:38
Clémentine Autain

mais le problème encore une fois n'est pas que personnel comment va-t-il faire ?

17:44
Présentateur

je vous parle des idées si Bernard Cazeneuve vous dit demain pour moi la retraite nous revenons dessus s'il vous dit demain le SMIC nous revenons dessus etc. on le votera sauf que vous savez très bien

17:54
Clémentine Autain

que chaque proposition qui sera faite et qui va dans notre sens et qui correspond à notre programme vous nous trouverez pour le voter si on nous dit demain c'est le SMIC enfin avec une hausse du SMIC et une désurgence bien sûr que nous le voterons mais vous croyez que Bernard Cazeneuve il va faire ça ?

18:09
Locuteur non identifié

vous croyez sérieusement

18:10
Clémentine Autain

que ce pôle là aura suffisamment de possibilités pour le faire mais les socialistes aujourd'hui nous disent qu'ils veulent un gouvernement nouveau front populaire c'est ça que disent les socialistes une partie des socialistes parce qu'on sait bien qu'il y a un débat interne assis la direction du parti socialiste donc j'estime aujourd'hui que c'est la voix du parti socialiste en effet pour l'instant non ?

18:32
Locuteur non identifié

donc c'est censure contre censure

18:34
Clémentine Autain

et peut-être durablement vous savez ?

18:35
Locuteur non identifié

censure contre censure parce que si Lucie Casté est effectivement nommée et qu'elle est censurée non pas forcément le lendemain mais quelques jours ou quelques semaines après après avoir pris des décisions et notamment après avoir été à Bruxelles où elle sera obligée d'aller puisqu'il y a vous le savez une procédure de dépassement budgétaire de la France et qui doit de déficit excessif et donc où la France doit mettre au clair sa politique budgétaire pour les prochaines années or il n'y a pas plus sujet controversé au sein même du nouveau front populaire que le rapport que l'on doit avoir avec Bruxelles avec les impératifs d'économie avec les déficits

19:11
Clémentine Autain

je suis heureuse de vous l'entendre dire c'est à dire voilà un gouvernement qui a tapé sur la tête des français qui n'a pas augmenté les salaires d'accord qui a donné sans compter aux grandes entreprises sans aucune contrepartie qui a baissé les impôts

19:23
Locuteur non identifié

des hyper riches des hyper riches et des grands groupes des hyper riches et des grands groupes c'est de l'argent le pouvoir d'achat

19:33
Clémentine Autain

des français arrêtez avec ça arrêtez avec ça le pouvoir d'achat global des français parlez-en français venez avec moi au marché de Sevran vous allez voir ce que c'est que la paupérisation qui est en marche l'appauvrissement des français c'est faux

19:44
Locuteur non identifié

statistiquement madame c'est faux peut-être qu'à Sevran c'est le cas mais pas ailleurs je suis désolé il y a des chiffres qui ont été publiés hier consultez-les consultez-les les salaires le salaire moyen de base augmente plus vite que les prix en France depuis un an arrêtez

19:59
Clémentine Autain

depuis un an d'accord sur 7 ans je vous parle du bilan d'Emmanuel Macron je vous parle du bilan d'Emmanuel Macron et celles et ceux qui nous regardent vous savez ils sont très en colère arrêtez ils sont pas comme vous ils sont pas comme vous ils voient bien le problème ils voient bien qu'on a un problème de salaire et de pouvoir vivre dans la dignité ils voient bien que les services publics parce que c'est pas que le problème du salaire le problème aussi c'est qu'est-ce qu'on met en commun quand vous avez les hôpitaux qui marchent plus quand vous avez l'école qui dépérit quand vous avez les transports publics qui marchent mal qu'est-ce que vous croyez vous croyez qu'on peut vivre dans la dignité pendant que pendant que les milliardaires eux s'enrichissent mais vous vivez où mais vous vivez dans quel monde

20:36
Locuteur non identifié

on n'est pas on n'est pas dans un pays pauvre madame vous allez à l'hôpital vous vous faites soigner les transports ils fonctionnent enfin la France elle marche je crois qu'on ne vivra

20:45
Clémentine Autain

non pas dans la même société

20:46
Locuteur non identifié

la France elle marche

20:47
Clémentine Autain

et bien écoutez monsieur je vous invite et d'ailleurs j'aimerais bien que également on va organiser ça Pascal Péry va venir vous voir et on va tourner ça qui ne veut pas d'augmentation des salaires moi je lui propose à Patrick Martin de venir avec moi sur le marché de Sevran vous allez voir ce que c'est que de voir des gens qui font le marché en début du mois

21:03
Locuteur non identifié

écoutez moi monsieur au marché de Sevran madame mais c'est des caricatures comme ça mais ça ne se résume pas à Neuilly

21:09
Clémentine Autain

et à vos quartiers non plus

21:11
Locuteur non identifié

que nous serions un pays en déclin enfin la France reste un pays moderne madame je vous parle d'un pays dans lequel

21:18
Clémentine Autain

les gens travaillent et ne peuvent pas vivre dans la dignité je vous parle d'un pays dans lequel des gens qui ont des familles et qui travaillent font les courses à Sevran excusez moi de vous prendre l'exemple de la circonscription dans laquelle je suis et bien des gens viennent et font les courses et n'ont que des pommes de terre dans leur panier vous savez ce que c'est que de rentrer des courses avec des pommes de terre la question c'est que Lucie Casté il n'en veut pas parce qu'il ne veut pas d'augmentation du SMIC et parce qu'il ne veut pas redonner deux années de retraite supplémentaire pardonnez moi

21:46
Présentateur

juste pour apporter une réponse en 10 secondes à François qui veut dire que dirait Lucie Casté à l'Union Européenne qui nous dit vous avez trop de déficit ça ne peut plus fonctionner que dirait Lucie Casté si elle va demain enfin elle ira à Bruxelles si elle est nommée elle n'aura pas le choix de le faire

21:57
Clémentine Autain

mais qui a fait le déficit ? c'est pas la question je vous pose c'est le moment de ce qu'elle dirait c'est ce qu'elle propose pour corriger

22:01
Locuteur non identifié

le déficit excessif de la France

22:03
Clémentine Autain

vous dites que va dire Lucie Casté mais que va dire Bernard Cazeneuve quand il y va pour continuer la même politique alors qu'il y a 1000 milliards de dettes qui ont été faites par Emmanuel Macron enfin c'est insensé cette question c'est insensé quand est-ce que vous demandez aux droites qui ont fait autant de déficits pour une situation

22:19
Locuteur non identifié

parce que vous nous dites que seule Lucie Casté doit devenir Premier ministre donc logiquement qu'est-ce qu'elle dira à Bruxelles sur comment la France envisage de réduire les déficits excessifs du budget de la France

22:31
Clémentine Autain

là l'enjeu majeur c'est pas d'abord de réduire les déficits c'est d'abord de répondre aux problèmes des Français à leur colère légitime et donc d'améliorer leur vie et ensuite vous verrez que quand on va partager les richesses et bien les comptes publics se porteront beaucoup mieux parce qu'il faut aussi être capable d'assumer que les hyper-riches et les grands groupes doivent mettre beaucoup moins pour que le service public les gens vivent dans la dignité

22:54
Présentateur

inviter des experts

22:55
Clémentine Autain

du 6-9

Propos de la veuve du gendarme tué : "La peine de mort, pas la solution", selon Clémentine Autain — Clémentine Autain · Pourquijevote